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Fièvre entéro-mésentérique. — Voyez Entéro-mé-
SENTÉRiQUE (Fièvre).
Fièvre éphémère. — Voyez Éphémère (Fièvre).
Fièvres éruptives. — Genre de Fièvres aiguës qui se distinguent par une marche déterminée, très- peu variable^ à type continu, et suivie au bout de quelques jours d’une «éruption à la peau ; ce sont : la variole et la varioldide, Ja varicelle^ la rougeole., la scarlatine et la suette ou miliaire .
Fièvre gastrique. — Nom donné par plusieurs auteurs à la lièvre que Pinel a appelée F. méningo-gastrique ; ■c’est aujourd’hui la forme dite bilieuse ou gastrique de la F. typhoïde (voyez Typhoïde [Fièvre]).
Fièvre hectique. — Voyez Hectique (Fièvre).
Fièvre d’hôpital. — Nom donné quelquefois au Typhus des hôpitaux encombrés.
Fièvre inflammatoire. — Voy. Inflammatoire (Fièvre).
Fièvre INTERMITTENTE. — Voyez iNTERMITTENTE(Ffèure).
Fièvre jaune. — Voyez Jaune (Fièvre).
Fièvre de lait. — On appelle ainsi le mouvement fébrile qui se développe chez la femme, quelques jours après l’accouchement, pour préparer la sécrétion du lait ; elle s’annonce ordinairement du troisième au quatrième ou cinquième jour, quelquefois plus tôt, d’autres fois plus tard, par l’augmentation de la chaleur, le gonflement des seins, qui, léger d’abord, peut devenir considérable, au point de rendre les mouvements très-difficiles et douloureux ; il survient bientôt de la fièvre, de la soif, 'de l’agitation, quelquefois un léger délire; il y a de la céphalalgie, perte de sommeil, diminution ou môme cessation des suites de couches. Cependant, au bout de vingt-quatre ou trente-six heures, les symptômes commencent à diminuer, les seins s’affaissent, la fièvre tombe peu à peu, la peau est moins sèche, s’humecte, et bientôt une sueur abondante vient terminer cette courte maladie; alors aussi les seins, qui jusque-là n’avaient donné qu’une petite quantité d’une sérosité sucrée nommée colostrum (voyez ce mot), commencent à fournir du lait. Ce mouvement fébrile est quelquefois peu marqué, surtout lorsque les soins hygiéniques et particulièrement le régime alimentaire auront été surveillés avec soin. 11 •est moins fort,en général, chez les femmes qui accouchent pour la première fois et chez celles qui allaitent leur enfant. Le traitement d’une maladie aussi légère et qui n’est même qii’une des phases d’une fonction normale, l’accouchement, consiste à éloigner les causes capables d’entraver le mouvement fluxionnaire qui se prépare du côté des seins; ainsi les organes digestifs seront maintenus dans le calme par une abstinence qui sera réglée suivant les forces et l’état de santé général de la nouvelle accouchée ; elle sera maintenue dans une température douce, sans être trop chaude, ce qui serait très-mauvais ; on lui recommandera le plus grand calme physique et moral ; elle prendra quelque boisson douce, telle que : eau de gomme, de mauve, de violette, et on se gardera bien de tous ces prétendus antilaiteux prônés par les bonnes femmes et les commères et qui ne sont le plus souvent que des excitants et des toniques réprouvés par tous les médecins sages et éclairés. Nous ne saurions trop recommander aussi les plus grandes précautions pour éviter la suppression intempestive des sueurs critiques qui suivent la fièvre de lait ; c’est un précepte sur lequel nous devons appeler l’attention la plus sérieuse. Quelquefois ce mouvement fébrile se trouve dérangé ou' dévié par une cause quelconque ; le médecin doit veiller avec soin à ce que tout se passe d’une manière normale et, s’il survenait quelque complication perturbatrice, y remédier au plus tôt.
Fièvre larvée, du latin /«rua, masque. — On adonné ce nom à des affections de différentes natures qui, bien qu’elles ne présentent aucun des caractères des fièvres intermittentes, en sont cependant rapprochées par une certaine analogie, basée sur les circonstances de leur développement, de leur périodicité et surtout de leur guérison par le médicament spécifique des fièvres intermittentes, le quinquina.
Fièvre maligne; Fièvre ataxique de Pinel. — C’est une des formes de la Fièvre typhoïde.
Fièvre des marais. Fièvre paludéenne. — Voyez Intermittente (Fièvre).
Fièvre méningo-gastrique — Nom donné par Pinel à la Fièvre gastrique des auteurs, une des formes de la Fièvre typhoïde.
Fièvre miliaire. — Voyez Miliaire, Suette.
Fièvre muqueuse. Fièvre adéno-méningée de Pinel.— Voyez Typhoïde (Fièvre).
P^IÈVRE nerveuse. — G’est une des formes de la Fièvre
ataxique de Pinel et de la Fièvre typhoïde des modernes.
Fièvre nosocomiale. — C’est la Fièvre d'hè>intal.
Fièvre ortiée. — Voyez Urticaire.
Fièvre paludéenne. Fièvre des marais. — Voyez Intermittente pernicieuse (Fièvre).
Fièvre pernicieuse. — Voyez Intermittente (Fièvre),
Fièvre de la peste. — Voyez Peste.
Fièvre pituiteuse. — C’est la Fièvre muqueuse, •
Fièvre des prisons. — Voyez Intermittente pernicieuse (Fièvre) et Typhoïde (Fièvre).
Fièvre pseudo-continue, du grec faussement.
— Espèce de fièvre observée dans les pays marécageux et dont le type est généralement continu, bien que les causes, les symptômes généraux, la nature de la maladie, son traitement, offrent la plus grande analogie avec les intermittentes à infection paludéenne. Rare dans nos climats, on l’a observée dans les pays chauds et surtout en Algérie. Elle peut être continue dès le début; d’autres fois, elle commence par des accès intermittents quotidiens qui se prolongent de jour en jour et se rapprochent jusqu’à ce qu’il n’y ait plus ni intermittence ni rémittence. On la voit souvent dégénérer en fièvre typhoïde, le plus souvent à forme adynamique. Cette maladie, signalée par Sydenham, n’avait guère été observée par les médecins français avant la conquête de l’Algérie, et l’expérience n’a pas encore prononcé d’une manière définitive sur la marche du traitement à suivre; la base de cette médication est bien évidemment le quinquina; mais si dès le début il ne paraît aucune complication d’un caractère pernicieux, on pourra avec avantage recourir à la saignée, aux ventouses scarifiées ou aux sangsues dans le cas où il y aurait des signes de congestion ou de phlegmasie vers un organe important ; puis on administrera le sulfate de quinine. M. Grisolle voudrait môme qu’on associât les deux médications pour peu que les accidents pernicieux parussent imminents.
Fièvre puerpérale. — Voyez Puerpérale (Ffèwe), Péritonite.
Fièvre putride, Fièvre adynamique de Pinel. — G’est une des formes de la Fièvre typhoïde.
Fièvre quarte, double quarte, quintane, etc.— Voyez Intermittente (Fièvre).
Fièvre a quinquina. — Le quinquina ôtant le médicament héroïque employé contre les fièvres intermittentes, rémittentes ,pseudo- continues , larvées et même continues à forme pernicieuse, plusieurs médecins ont désigné tout ce groupe de fièvres sous le nom collectif de Fièvres à quinquina.
Fièvre quotidienne. — C’est la forme des fièvres intermittentes dont les accès reviennent périodiquement tous les jours (voyez Intermittente [Fièvre],
Fièvre rouge. — Voyez Scarlatine.
Fièvre sub-intrante. — On a donné ce nom aux fièvres périodiques dans lesquelles les accès se succèdent sans laisser d’intervalle complètement libre. Elle ne diffère pas de la Fièvre rémittente.
Fièvre synoque. — Synonyme deFièvre inflammatoire.
Fièvre typhoïde. — Voyez Typhoïde (Ffèure), Typhus.
Fièvre tierce. — C’est une fièvre intermittente dont les accès reviennent tous les deux jours.
Fièvre traumatique, du grec trôma ou trauma, blessure. G’est la fièvre qui accompagne les blessures et la suppuration des plaies.
Fièvre vernale, du latin vernalis, de printemps. — Ce sont les fièvres qu’on a l’habitude d’observer au printemps; telles sont surtout les Fièvres inflammatoires, intermittentes, etc.
Fièvre vitulaire (Médecine vétérinaire). — Espèce de fièvre que l’on observe sur les vaches à la suite du vêlage. Les symptômes de cette maladie présentent quelque analogie avec la fièvre puerpérale de la femme et consistent en un affaiblissement rapide des forces, un coma profond, respiration lente, pouls grand, peu fréquent. Elle est presque toujours mortelle. On conseille les excitants diffusibles, quelques laxatifs salins, quelquefois le quinquina, le camphre, etc.
Parmi les nombreux ouvrages que nous pourrions recommander, nous nous contenterons de citer quelquesuns de ceux qui traitent des fièvres en général, renvoyant à chacun des grands groupes des fièvres particulières, pour l’indication des ouvrages spéciaux; nous nous dispenserons aussi de citer les traités généraux de médecine qui tous s’occupent longuement des fièvres.
Notice bibliographique. — Bordeu, Œuvres complètes, réunies par Richerand, 2 vol., Paris, 1818 (vassim)', —
Selle, Elém. de pyrétologie {fin latin, Berlin, 1773, trad. en français par Nauche, 1802, 3® édit., 1817, avec des notes de Chanssier; — Sîoll, Aphorismes.... sur les fièvres (en latin, Vienne, 1785), trad. en français par Mahon et Corvisart, 18i)9; — Grimaud, Cours complet des fièvres., 3 vol. in-8”, Montpellier, 1791 ; — Pinel, Nosographie philosophique, 3 vol. in-8®, édit, de 1818 ; — Prost, La médecine éclairée par C observation et les ouvertures du corps, 2 vol. in-8“, Paris, 1804; — Broussais, Examen des doctrines médicales, 2 vol. in-8®, édit, de 1821, et Histoire des phlegmasies chroniques., 3 vol. in-8®, édit, de 1822; — Chomel, Pyrètologie physiol. , 2® édit.; — Caffîn, Traité analyt. des fièvres essent., 2 vol. in -8®, 1811 ; — Boudin, Traité de géographie et de statistique médic. et des maladies end ém., 2 vol. in-8", 1857; — Dutroulean, Traité des maladies des Européens dans les pays chauds, in 8“, 1861. F — N.
FIGITE (Zoologie), Figites^ Lat. — Genre ^'Insectes de l’ordre des Hyménoptères., famille des Pupivores ,Xr\b\x des Gallicoles, groupe ou grand genre linnéen des Cynips. Les figites se distinguent des autres cynips par leurs antennes grenues, plus grosses vers l’extrémité, leur abdomen ovoïde et la disposition des nervures des ailes supérieures. Ce sont des insectes le plus souvent noirs, longs de quelques millimètres et que l’on rencontre souvent sur les vieux murs dans l’intérieur des villes, sur les fleurs et quelquefois sur les excréments humains. Selon plusieurs observateurs, les larves des figites vivraient en parasites sur d’autres larves; tel est le F. du syrphe (insecte diptère) (F. syrphi., Newman).
FIGUE (Botanique). — C’est le fruit du Figuier (voyez ce mot).
Figue (Zoologie). — Nom d’une espèce de Coquille du genre Pyrulc, dont la forme rappelle celle d’une figue. On a proposé d’en faire le type d’un genre spécial sous le nom de Ficus.
Figue-bacove (Botanique). — Fruit d’une variété du Bananier des sages {Musa sapientium. Lin.) , connu aussi sous le nom de figue banane. Sa chair est fraîche, délicate et fondante; elle se mange toujours crue.
Figue-caque ou Figocaque (Botanique). — Nom vulgaire du fruit d’une espèce de Ploqueminier de la Chine, dont on fait usage comme aliment.
Figue de mer ou Figue marine (Zoologie). — Espèce d’animaux marins du groupe des Alcyons.
Figue de mer ou Figue marine (Botanique). — Noms d’une espèce de Ficoïde ou Mésembryanthéme, la F icoîde comestible, nommée aussi Figuier des Hottentots.
FIGUIER (Botanique), Ficus, Lin.; altération probable du nom grec sykè. — Genre de plantes de la famille des Morées, caractérisé ainsi : fleurs unisexuées et polygames réunies dans un réceptacle commun, concave, creux, pyriforme, charnu, ouvert au sommet, muni àsabasedebrac-
téoles écailleuses et fermé 5 son orifice par d’autres petites écailles; ce réceptacle porte dans sa cavité les fleurs staminées en haut et les pistillées en bas; les premières ont un périanthe à 3 divisions, 3 étamines à filets capillaires; les secondes ont un périanthe à 5 dentelures, ovaire posé sur un court gynophore et un style latéral continu avec celui ci, un stigmate à deux branches inégales ; la fructification se compose d’utricules membraneuses insérées au dedans d’un réceptacle succulent ; c'est ce qu’on nomme une figue (voyez l’article Figuier [Arboriculture]). Ce genre, qui renferme plus de cent espèces, comprend des arbres élevés et des arbrisseaux grimpants à suc laiteux, à feuilles rudes au toucher, entières, lobées ou dentées. Ces végétaux habitent les régions chaudes de l’Asie et de l’Afrique. On en trouve aussi dans le midi de l’Europe. L’espèce la plus importante est le F. commun (F. carica. Lin.), ainsi nommé parce qu’il passait pour être originaire de la Carie, mais que les botanistes regardent volontiers comme n’étant autre qu’un petit arbre de l’Europe australe, le F. sauvage ou Caprifguier, amélioré par la culture. On connaît beaucoup de variétés de cette espèce, parmi lesquelles certains botanistes ont distingué plusieurs espèces et même deux genres comprenant,
(1) /, fleurs iusérées sur toute lasuiface interne du réceptacle r.
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l’un, les F .domestiques, et l’autre, les F. sauvages. Les anciens avaient établi déjà cette distinction. Aujourd’hui, on est porté à croire que ces figuiers proviennent d’un
seul et même type ; on pourra, sur ce point, consulter la monographie du genre Figuier àc M. Gasparrini.
Les figues ont joui, chez les anciens, qui habitaient les contrées méridionales de l’Europe, d’une estime qui étonne parfois les peuples des contrées plus septentrionales ; manger des figues était, aux yeux des anciens, un des traits d’une existence molle et somptueuse. Les Athéniens, parmi les Grecs, avaient fait de la culture du figuier une des sources de leur commerce d’exportation. Leurs figues sèches se vendaient sur tous les marchés de l’Asie occidentale et figuraient avec distinction sur la table des opulents monarques des Perses. Ce fruit précieux, dont les variétés communes fournissaient l’aliment habituel des gens des campagnes et dont les variétés exquises étaient l’objet d’un commerce lucratif, fut placé dans l’origine sous la surveillance d’inspecteurs spéciaux, nommés sycophantes, et chargés d’en régler l’exportation en temps de disette. Les exactions arbitraires de ces agents singuliers firent abolir leur charge et immortalisèrent leur nom comme synonyme de délateur, hypocrite et imposteur. Les historiens grecs n’ont pas craint d’affirmer que, dans ses attaques contre les Grecs, Xerxès ne fut pas insensible au désir de conquérir le pays qui produisait les figues. Les figues de l’Afrique septentrionale eurent l’honneur d’être appelées en témoignage pour exciter les Romains à la troisième guerre punique qui se termina par la conquête de Carthage. On se rappelle, en effet, que, pour y décider le sénat, longtemps sourd à ses obsessions persistantes, Caton, selon Plutarque et Pline l’Ancien, apporta dans un pli de sa toge des figues d’Afrique, renommées dès cette époque pour leur beauté, et les jeta au milieu delà salle du sénat, puis, profitant de l’admiration qu’elles excitaient chez ces austères ancêtres des Vitellius et des Apicius : « La terre qui porte ces fruits, leur dit-il, n’est éloignée de Rome que de trois journées de navigation ; voilà la distance qui nous sépare de l’ennemi. » Pline nous apprend par quel procédé les anciens tiraient dos figues une sorte de vin et même du vinaigre. Ces habitudes se sont conservées traditionnellement jusqu’à nos jours dans la Grèce et les îles de l’Archipel, en Italie, en F.spagne. Un article spécial fera connaître l’importance actuelle et la culture du figuier en France. Les figues forment d’ailleurs un aliment sain; elles sont légèrement émollientes et laxatives; on les regarde comme favorables pour combattre les affections de poitrine, les maux de gorge. Galien vante l’usage des figues comme aliment adoucissant; et dans leur enthousiasme pour le figuier, les anciens nous ont transmis, dans les écrits de Dioscoiide et de Pline, une foule de recettes où entrent, comme médicaments, /'’écorce, les jeunes pousses, les feuilles, les cendres du figuier. Aucune de ces recettes n’a été conservée en usage jusqu’à nos jours. Quant au bois du figuier commun, il est blancjaunâtre, tendre, très-élastique lorsqu’il est bien sec. Les seiTuriers, les armuriers utilisent sa texture spongieuse pour en faire des polissoirs à huile et à poudre d’émeri. Dans le Midi, on fabrique des vis de pressoir avec les gros troncs bien secs. On l’emploie aussi pour le chauffage. Le ti’onc et les branches du figuier donnent par incision un suc laiteux, âcre, caustique et qui contient environ un dixième de son poids, de caoutchouc. Cette matière précieuse est bien plus abondante dans le suc des espèces de figuiers qui croissent sous les climats
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tropicaux. C’est précisément ce qui a valu son nom à une espèce des montagnes du Népaul, le F. élastique {F, elasiica), grand arbre à feuilles elliptiques qui doit être cité parmi les végétaux fournissant le caoutchouc au commerce. Le figuier commun vient et fructifie trèsfacilement dans les contrées du bassin Méditerranéen ; mais il réclame dans le nord une culture laborieuse. On mange les figues fraîches, mais dans le Midi, la préparation des figues sèches est une ressource considérable et fournit à la fois un aliment abondant aux cultivateurs et un objet de commerce d’une assez grande importance.
On a beaucoup parlé, sous le nom de caprification^ d’une opération destinée à hâter la maturation des figues tardives et rjui, très-usitée dans l’antiquité, le serait encore de nos jours dans certaines parties de l’Archipel grec et de l’Asie Mineure. La caprification consiste à provoquer la piqûre d’un certain insecte sur les figues que l’on veut faire mûrir. Pour cela, on récolte en juin et juillet les figues des figuiers sauvages ou caprifiguiers, qui sont à cette époque remplies des petits insectes en, question prêts à sortir ; on suspend ces figues réunies en chapelets aux rameaux des figuiers cultivés, et à mesure que les moucherons sortent, ils vont piquer les figues de ces arbres, et celles-ci, comme nos pommes et nos poires piquées des vers, mûrissent beaucoup plus rapidement. Tournefort a, le premier des écrivains français, décrit cette opération dans son Voyage du Levant et d’autres auteurs anciens l’avaient eux-mêmes longuement expliquée. L’utilité de cette pratique longue et pénible est aujourd’hui fort contestée ; mais, en tous cas, elle n’est nullement employée dans nos cultures. On a beaucoup disputé pour savoir quel est l’insecte qui intervient dans la caprification ; c’est un cynips, mais on ne saurait préciser sûrement quelle espèce.
Le singulier mode de floraison du figuier a fait longtemps méconnaître ses fleurs, et on le regardait comme donnant des fruits sans avoir fleuri préalablement. C’est seulement en 1712 que de La Hire décrivit et figura les fleurs mâles et femelles enfermées dans ce réceptacle en forme de poire {fig. 1090), si semblable à un fruit ordinaire. Linné donna un peu plus tard l’explication complète du mode de reproduction des figuiers.
Plusieurs espèces de figuiers exotiques méritent d’être signalées. Le F. des pagodes (F. religiosa^ Lin.) est en grande vénération dans l’Inde; ce bel arbre, dont le tronc atteint plus de 1 mètre de diamètre, a une cime rameuse étendue horizontalement et un ombrage épais remarquablement étendu. C’est sous cet abri majestueux que, selon les traditions religieuses de l’Inde, le dieu Vichnou a vu le jour. Cette croyance a rendu l’arbre sacré; on le plante autour des pagodes, les prêtres le soignent et nul ne peut y toucher. Le F, du Bengale ou F. des Indes (F. indica^ Lin. ), vulgairement Pipai et Arbre de pagode^ est un arbre vraiment merveilleux d’aspect qui croît dans les mêmes contrées. Son tronc, fort gros, s’élève à 10 ou 15 mètres et sa cime étale au loin ses vastes branches horizontales ; les plus voisines du sol émettent de longs jets cylindriques, pendants, nus, semblables à des câbles, qui, s’allongeant vers la terre, y prennent racine dès qu’ils y parviennent, forment comme des troncs supplémentaires soutenant et alimentant les branches inférieures et deviennent le point de départ d’arbres nouveaux groupés autour de la souche commune. Ainsi se forme une sorte de monument végétal couronné de verdure et porté sur de nombreuses colonnes. Souvent les Indiens s’étudient à diriger ces rejetons des branches en arcades régulières, puis ils installent leurs idoles sous ces temples de verdure. Les deux espèces qui viennent d’être citées fournissent de la laque (voyez ce mot). Beaucoup d’autres espèces intéressantes de l’ancien et du nouveau monde pourraient encore être citées ici, si les bornes de cet article le permettaient. Ad. F.
Figuier (Arboriculture). — Le figuier {Ficus carica, Lin.) croît spontanément dans toutes les parties chaudes de l’Europe, en Asie et dans le nord de l’Afrique. C’est à la colonie grecque qui fpnda Marseille que nous devons l’introduction du figuier dans la Provence. Aujourd’hui cette culture est générale dans le midi de la France^ en Algérie et dans toute l’Europe méridionale.
Pendant cinq mois, la figue entre pour une part notable dans le régime des habitants des contrées méridionales. Desséchée, elle y joue encore un rôle important, et ce qui n’y est pas consommé devient l’objet d’un commerce considérable avec le Nord.
Mode de fructification et de végétation. — Si l’on examine au printemps un jeune bourgeon de figuier, on
voit, à l’aisselle de chaque feuille, un petit bouton pointu, écailleux (A, fig, 1092) : c’est le rudiment d’une
Fig. 1092. — Bouton à bois et bouton à fleur à l’aisselle d’une feuille de
figuier.
nouvelle pousse qui se développera l’année suivante. Le plus ordinairement on trouve à côté de cet œil, et quelquefois à son exclusion, un autre bouton (B) également écailleux, mais un peu plus volumineux, de forme arrondie et déprimée : c’est le rudiment des fleurs ou jeunes figues. Ces boutons à fleur sortent bientôt de leur enveloppe écailleuse, grossissent assez rapidement et apparaissent sous forme d’une figue qui atteint sa maturité vers la fin de l’été.
Dans les contrées où la température moyenne ne descend pas au-dessous de -|-12®, la végétation et la fructification du figuier sont continues ; là où la température moyenne s’abaisse au-dessous de cette limite, le figuier perd ses feuilles, et sa végétation est interrompue. Il se passe alors un phénomène assez remarquable ; le bourgeon (B, fig. 1093), né au printemps, ne peut développer complètement et mûrir qu’un certain nombre des figues qu’il porte, celles de la base (A). Celles du sommet (C), qui ne sont encore qu’à l’état rudimentaire,sont arrêtées dans leur évolution par les premiers froids; elles restent stationnaires pendant tout l’hiver, reprennent leur accroissement au printemps suivant, et mûrissent au milieu de l’été sur des rameaux dépourvus de feuilles (D). On donne à ces figues le nom de de premières figues, figues d’ été ow figuesfleurs. Celles qui ont commencé à se former au printemps, à la partie inférieure des bourgeons (A), et qui mûrissent au commencement de l’automne, prennent le nom de secondes figues ou figues d'automne. On voit que, sous le climat du Midi, le figuier donne annuellement deux récoltes. Comme les figues d’ajtomne naissent sur le même bourgeon que celles qui ne mûriront que l’été suivant, on conçoit que plus on récolte des premières, moins les figues-fleurs sont abondantes. Aussi les variétés précoces, c’est-à-dire qui peuvent mûrir un grand nombre de figues d’automne avant les premiers froids, donnent elles, en général, moins de figues d’été que
Fig. 1093. — Rameau et bourgeon de figuier portant des figues-fleurs (D),des figues d’automne (A) et des figues rudimentaires (C).
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Jes variétés tardives. Par la môme raison, les figues fleurs sont d’autant plus abondantes sur les arbres, que l’on s’éloigne davantage du Midi vers le Nord. Sous le climat
de Paris, les variétés, môme les plus précoces, ne peuvent donner que des figues-fleurs ; ce n’est qu’exceptionnellement, et dans des années très-chaudes, qu’on peut y obtenir quelques figues d’automne.
Variétés. — Le figuier offre un grand nombre de variétés. Nous indiquerons ici quelques-unes des meilleures parmi celles qu’on cultive en Provence.