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FIGUES NOIRES

Bourjassotte noire. — Très-bonne fraîche ; mûrit depuis le commencement de septembre jusqu’au commen- ! cernent de l’hiver ; terrains gras et frais ; diamètre, 0“,0o0 I à 0"’,055.

! Mouissonne violette. — Peau très -fine, bleuâtre et crei vassée ; chair rouge ; excellente, fraîche et sèche ; diamètre, ()‘'*,040 ; donne aussi des figues-fleurs en juillet, mais moins bonnes. Terrain frais.

Sultane. — Excellente; vient de Tunis; cultivée à Salon.

i Dans le Midi, les récoltes de figues d’automne sont toujours plus abondantes que celles de figues-fleurs. D’ailleurs, les premières sont toujours plus sucrées, moins aqueuses et font de meilleurs fruits secs. On choisit donc les variétés à fruits d’automne pour faire les grandes plantations destinées à alimenter le commerce des fruits secs. Toutefois, ce choix devra ôtre tel, pour chaque localité, que la maturité et la récolte puissent être terminées au moins quinze jours avant la saison des pluies, car ce laps de temps est nécessaire pour sécher la récolte au soleil. Sous le climat de Marseille, les meilleures variétés pour sécher sont la marseillaise, celle de Grasse et la mouisson7ie. Plus au nord, à Orange, on devra préférer la blanquette, et au delà, la coucourelle blanche. D’autres variétés, également propres à ôtre séchées, pour-

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raient être certainement préférées à celles-ci, au point de vue de la qualité; mais elles sont plus tardives, et on serait obligé, pour les faire sécher, d’avoir recours à un appareil à air chaud. Quant aux variétés fertiles en figuesfleurs, on les réserve exclusivement pour être mangées fraîches. On en forme des plantations dans le voisinage des grands centres de population ; et ces variétés sont choisies de façon que, la maturité de leurs fruits se succédant sans cesse, on puisse en manger depuis la fin de juin, époque à laquelle mûrit Vobservantine, jusqu’à la fin de juillet, où commencent les figues d’automne; on leur fait ensuite succéder les figues d’automne les plus précoces, puis viennent les variétés les plus tardives, comme la bourjassotte noire, dont la maturation se prolonge jusqu’à l’entrée de l’hiver.

Climat et sol. — Le figuier appartient surtout au climat du Midi. Il redoute le môme degré de froid que l’olivier ; mais sa végétation, beaucoup plus prompte, répare bientôt les dégâts occasionnés par la gelée. Plus la température est élevée, plus ses fruits acquièrent de qualité. La culture des figues s’avance jusque sous le climat de Paris ; mais il faut l’y abriter contre les froids de l’hiver. Au nord du climat de Paris, les figues-fleurs ne mûrissent plus. On trouve des figuiers sur tous les terrains, depuis les plus secs jusqu’aux plus humides ; nous avons indiqué, dans la liste qui précède, les besoins de chaque variété sous ce rapport. On reconnaît cependant qu’en général c’est dans les sols calcaires, riches et frais, qu’ils donnent les meilleurs produits. On dit que le figuier veut avoir le pied dans l’eau et la tête au soleil.

Culture. — Le figuier peut être multiplié au moyen des semis, des marcottes, des drageons, des boutures et de la greffe. Les semis ne sont presque jamais employés, à cause de la difficulté de se procurer de bonnes semences, de la lenteur de ce procédé et du grand nombre de variétés médiocres que l’on en obtient. Les marcottes sont d’un usage plus fréquent. On choisit des rameaux d’un à deux ans, on pratique une ligature ou une incision sur la partie enterrée (voyez Mabcottage), on sèvre à l’automne, et l’on plante immédiatement à demeure. Gomme le figuier n’aime pas à être transplanté, on peut, pour ne pas déranger les racines de la marcotte, faire celle-ci dans un panier, comme nous l’avons expliqué pour la vigne en treille, avec cette différence que le sommet du rameau qui sort de terre ne sera pas tronqué. Les drageons sont le mode de multiplication le plus simple et le plus ordinairement employé. On les enlève à l’âge de deux ans au pied des figuiers, et on les plante à demeure en automne. Mais les figuiers que l’on multiplie ainsi présentent l’inconvénient de produire à leur collet un très-grand nombre de drageons qui épuisent la tige. Aussi serait-il préférable d’employer les boutures. Ces boutures sont faites à l’automne. On choisit des rameaux vigoureux, nés depuis le printemps, longs de 0“,2ü à 0“,26, et à la base desquels on a conservé le talon. Ces boutures sont plantées à demeure et de façon que le bouton terminal excède la surface du sol de 0“,03 ou 0*“,04 seulement. Pour préserver ce bouton des intempéries de l’hiver, on le couvre d’un petit capuchon en cire, que l’on retire au printemps. La greffe n’est employée que pour améliorer la irature des figuiers. Toutes les sortes de greffes réussissent sur le figuier, mais on se sert ordinairement des greffes en fente simple, en couronne et en sifflet. La greffe en couronne est réservée pour les grosses tiges.

Les soins que réclame la culture du figuier varient suivant le climat. Nous allons donc les examiner séparément sous le climat du Midi et sous celui de Paris.

Cxdture du figuier dans le midi de la France. — Le figuier peut être planté en quinconce, dans un verger agreste, auquel on donne le nom de figuerie. Les arbres y sont placés à la distance de 6 ou 7 mètres. Ce mode de culture est toutefois peu répandu, à cause d’un champignon parasite qui, attaquant les racines, passe d’un arbre à l’autre et détruit rapidement toute la plantation. C’est pour cela que l’on préfère généralement planter le figuier en lignes isolées, entremêlées d’autres arbres, tels qu’amandiers, oliviers, etc. On les place aussi dans les vignes, de distance en distance. Dans l’un et l’autre cas, on ameublit et l’on amende le sol, à chacun des points où les figuiers doivent être plantés, sur une largeur de 1 mètre et une profondeur de 0“,80. Quelle que soit la forme de la plantation, il faut la défendre de la sécheresse pendant les deux ou trois premières années, soit par des irrigations, soit par des binages ou des couvertures.

Formation de la tige. — Dans le Levant, l’archipe grec, l’Afrique, les figuiers développent un tronc do 3 à 4 mètres d’élévation, et de 0"*,.30 à 0“,40 de diamètre ; ce sont de véritables arbres. En Provence, la température moins élevée et les gelées fréquentes s’opposent à ce qu’ils prennent ces grandes dimensions ; mais il y a avantage à leur faire développer un tronc, parce que cette disposition leur permet, en général, de prendre de plus grandes dimensions et de donner des produits plus abondants, et que l’on peut tirer meilleur parti du terrain placé sous la tête des arbres. Toutefois, les parties les plus chaudes de la Provence permettent seules de profiter des avantages des hautes tiges, car cette forme expose davantage les figuiers aux rigueurs de l’hiver. La tige devra donc être d’autant moins élevée qu’on s’éloignera davantage des bords de la Méditerranée, jusqu’à ce qu’elle disparaisse complètement aux limites de la Provence, pour être remplacée par une cépée. Cette dernière forme devra être également adoptée , môme en Provence, pour les figuiers des terrains légers non susceptibles d’être arrosés.

Quand les figuiers doivent être pourvus d’une tige, on laisse se développer librement, pendant les deux premières années, tous les bourgeons qui apparaissent sur les jeunes sujets. A la troisième année, au mois de mars, on choisit le rameau le plus vigoureux, on le dresse avec un tuteur, et l’on supprime tous les autres. A partir de ce moment, on ne conserve sur cette tige que le bourgeon terminal, jusqu’à ce qu’elle ait atteint la hauteur à laquelle elle doit se ramifier, c’est-à-dire environ 2 mètres pour les parties les plus chaudes et les mieux abritées de la Provence. Alors, au printemps, on supprime le bouton terminal et l’on fait ainsi développer vigoureusement les boutons latéraux destinés à former la tête; le développement de celle-ci est ensuite abandonné à lui-même : on veille cependant à ce qu’elle prenne une disposition à peu près régulière.

Quant aux cépées, elles se forment d’elles-mêmes par les bourgeons qui naissent sur toute l’étendue des jeunes plants, et surtout vers la base, pendant les premières années qui suivent leur plantation.

Dans l’un et l’autre cas, il est prudent d’envelopper de paille, pendant les deux premières années, les rameaux des figuiers pour les défendre des froids de l’hiver.

Taille. — Quoique beaucoup de figuiers du midi de la France soient abandonnés à eux-mêmes après leur formation, il n’en est pas moins vrai qu’une taille prati* quée avec discernement produirait les plus heureux résultats. Cette opération est d’ailleurs fort peu compliquée : chaque année , au mois de mars, on enlève lesrameaux gourmands inutiles qui se sont développés à la base des branches principales ou sur le collet de la racine. On supprime également un grand nombre des rameaux latéraux qui sont nés sur la partie du prolongement de chaque branche âgée de deux ans; on ne conserve que ce oui est nécessaire pour former des branches de second ordre destinées à combler quelque vide dans l’arbre.

Moins on usera de la serpette pour le figuier, mieux cela vaudra. Aussi il conviendra de supprimer les productions inutiles, autant que possible, lorsqu’elles seront à l’état de bourgeon. Dans tous les cas, les plaies qu’on sera obligé de faire devront toujours être recouvertes avec du mastic à greffer dès qu’elles présenteront un diamètre de 0“,02.

Bernard, qui a écrit à Marseille, en 1776, un très-bon mémoire sur la culture du figuier, parle d’un procédé déjà fort ancien et qui a pour but de hâter la maturation des figues. Il consiste dans l’application d’une très-petite goutte d’huile d’olive fine au centre de l’œil de la figue. Cette opération est encore pratiquée avec beaucoup de succès dans quelques localités de la Provence, et notamment à Martigues : l’huile est mise avec un brin de paille très-fine, de façon à ne toucher que le centre de l’œil. On la pratique aussitôt que l’œil a pris décidément une teinte rouge, et, autant que possible, le soir après le coucher du soleil. La figue, qui était verte, petite et dure, apparaît dès le lendemain gonflée, molle, avec une teinte jaune. L’œil est ouvert, la floraison commence, et l’on cueille la figue le quatrième jour au matin, au moment où les semences vont se former. On obtient ainsi un fruit qui a acquis plus de parfum et de douceur qu’avec la maturation naturelle, et qui est privé de ces nombreuses graines dont la présence est désagréable. Cette opération offre un autre avantage : c’est que l’arbre, soulagé par cette récolte anticipée^

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fournit des sucs plus abondants aux fruits Qui lui ont été laissés et qui dès lors mûrissent plus tôt. Toutefois, cette pratique a été réservée jusqu’à présent pour hâter la maturation des figues que l’on mange fraîches. On n a pas trouvé qu’elle pût être appliquée d’une manière économique aux figues à sécher.

La naissance des figues étant continue sur chaque bourgeon pendant tout le temps qu’il s’allonge, un certain nombre d’entre elles, placées vers la base de la moitié supérieure des bourgeons, sont surprises par les premiers froids avant d’être mûres, et lorsqu’elles sont déjà trop avancées pour résister à l’hiver et se développer Tannée suivante comme les figues-fleurs. Ces figues tomberont aux premiers jours du printemps; il vaut donc mieux les supprimer aussitôt qu’elles ont atteint le premier tiers de leur grosseur. On économise ainsi la sève qu’elles auraient absorbée jusqu’au moment de leur chute.

Labours, engrais, irrigation. — Dès la fin d’octobre, et même plus tôt, quand les figuiers se sont dépouillés de leurs feuilles et que la récolte est faite, on leur donne le premier labour avec la pioche ou la houe fourchue. On laisse un petit bassin autour de chaque pied pour retenir les pluies d’automne. Dans la première quinzaine de décembre, et plus tôt si l’hiver est précoce, on comble ce bassin et Ton butte le pied des arbres le plus haut pos-

sible, afin de les préserver du froid. Au commencement d’avril, après la taille, on rabat cette terre et Ton donne un second labour moins profond que le premier. Api ès Tébourgeonnement,on pratique un premier binage, qu’on répète ensuite tous les mois jusqu’à la fin d’août. Ces binages ameublissent parfaitement la surface du sol, retiennent l’humidité, font grossir les figues et accélèrent leur maturation.

Quoique le figuier donne des produits passables dans des terrains tellement maigres, que les autres arbres fruitiers ne sauraient y vivi'e, il est très-avide d’engrais, et la beauté ainsi que l’abondance de ses fruits payent largement ceux qu’on lui applique. Comme pour les autres arbres, ce sont les engrais à décomposition lente, tels que les os concassés, les cornes, les chiffons de laine, etc., qui lui conviennent le mieux. A leur défaut, les cultivateurs du Midi emploient les fumiers de mouton, de cheval, la colombine, pour les terrains frais, et le fumier de vache pour les sols légers. Ces divers engrais sont enterrés lors du labour d’automne. Les premiers engrais n’ont besoin d’être renouvelés que tous les six ou huit ans, et les seconds tous les deux ou trois ans. Pour les figuiers dont le produit est destiné à sécher, on fume légèrement, parce qu’on obtient ainsi des figues plus sucrées, moins aqueuses et qui se dessèchent plus facilement.

Certaines variétés de figuiers, notées dans la liste que nous avons donnée, supportent assez facilement la sécheresse; néanmoins on peut dire que toutes les variétés se trouvent bien de Tirrigation, pourvu qu’elle ne soit pas trop fréquente et qu’elle ne fasse qu’entretenir la fraîcheur du sol. Les figuiers dont on doit faire sécher la récolte devront être arrosés plus modérément que ceux dont les fruits doivent être mangés frais.

Le figuier dure fort longtemps lorsqu’il est placé sous an climat favorable. On trouve en Afrique des figuiers qui ont plus de deux siècles. Dans le midi de la France, la durée des figuiers en cépée est presque indéfinie, parce qu’ils se renouvellent constamment au moyen de nouveaux jets qui naissent de la souche. Mais ceux qui sont à haute tige arrivent à la décrépitude vers Tâge de cinquante à soixante ans.

Culture du figuier sous le climat de Paris, — Sous le

climat de Paris, le figuier est cultivé en cépées disposées en lignes isolées ou réunies sur un terrain spécial dit figuerie. On 'ne laisse pas acquérir aux tiges de ces cépées plus de 1”,50 à 2 mètres de longueur, afin de pouvoir les abriter facilement pendant Thiver. On ne cultive que les variétés fertiles en figues- fleurs, car les figues d’automne n’y mûrissent presque jamais.

Argenteuil et la Frette sont les deux localités les plus renommées pour la culture de cet arbre aux environs de Paris; elles fournisspnt toutes les figues fraîches que Ton voit sur les marchés.

L’introduction du figuier à Argenteuil paraît dater de plus de deux siècles. Il y est cultivé en massif dans des sols profondément ameublis, richement fumés, de nature siliceo-calcairo-argileuse, abrités des vents du nord et du nord-ouest, et exposés du midi au levant. Cette culture comprend une surface d’environ 50 hectares, qui produisent en moyenne 250000 figues. La variété cultivée est celle que nous avons décrite sous le nom de blanquette [fiq. 1094). Voici comment on procède à cette culture.

On prend des marcottes en panier : on les plante au mois de mars, dans des trous de 1“,50 de diamètre, profonds de 0“,80, et remplis de terre bien amendée. La plantation est faite de façon que la partie enracinée de la marcotte soit enterrée à 0"“,25 ou 0“,30 de profondeur, et de manière aussi à enterrer 0'“,15 ou 0“,20de la tige, dont le sommet sort obliquement du sol. Pour for.ner plus vite la cépée, on pourra planter deux marcottes dans chaque trou au lieu d’une; dans ce cas, les deux paniers seront placés en lignes parallèles à la ligne de plantation, à tt“,20 les uns des autres, et de manière que les tiges soient opposées Tune à l’autre sur cette ligne. On a soin de laisser la surface du trou à 0“,30 au-dessous da sol environnant. L’excédant de la terre est disposé en ados autour du trou, afin de retenir plus facilement Teau des pluies au pied des jeunes figuiers. Les arbres sont plantés à 5 mètres de distance les uns des autres dans les lignes, et à 4 mètres entre les lignes, de façon à former une sorte de quinconce. On abandonne ces jeunes plants à eux-mêmes pendant tout Tété, en les préservant toutefois de la sécheresse au moyen de binages ou de couvertures. Dans la première quinzaine de novembre, lorsque les premiers froids commencent, que les feuilles sont complètement tombées, et que la terre n’e^t pas trop humide, on choisit un beau jour et Ton incline avec précaution la jeune tige jusqu’au niveau du fond de la fosse ; on la couvre ensuite, ainsi que le pied, d’une couche de terre de Ü“,30à 0“,40 d’épaisseur, pour la défendre contre les froids. Vers la fin de février, lorsque le temps est devenu doux, on découvre les tiges et Ton rétablit la fosse comme elle était avant le couchage. Le développement du jeune plant est encore abandonné à lui-même pendant l’été, puis on le recouche en novembre.

Lors du troisième printemps après la plantation, par un temps doux, on coupe la jeune tige à 0“,15 ou ü'“,20 du sol, afin de favoriser, vers la base, le développement de nombreux bourgeons destinés à former les diverses branches principales de la cépée. On les couche vers le milieu de novembre.

On choisit pour cela un temps sec et le moment où la terre, bien friable, pourra s’engager facilement entre toutes les branches sans laisser de vide. Elle sera exempte de feuilles, d’herbe ou de paille, qui, se pourrissant, tacheraient ces branches et les feraient pourrir elles-mêmes. Il convient aussi d’abattre les figues d’automne qui offriraient le môme inconvénient que les feuilles. Cela fait, on divise les branches de la cépée en quatre faisceaux égaux, puis on serre chacun d’eux au moyen de ligatures.

On ouvre alors dans le sol autant de fossettes qu’il y a de faisceaux, ayant une profondeur et une largeur suffisantes pour contenir les faisceaux. Si le terrain est en pente, elles sont toutes dirigées vers le même côté de la cépée et contrairement à la pente du terrain. Lorsqu’il est horizontal, elles rayonnent également en croix. On recouvre chaque faisceau avec une couche de terre d’au moins 0“, 30 d’épaisseur et disposée en ados. La souche elle-même est abritée par la terre qu’on y accumule sous la forme d’un cône.

Vers la fin de février de la quatrième année, et par un temps doux et humide, on découvre les figuiers. Plus cette opération est faite de bonne heure, plus la végétation est précoce, ainsi que la maturité des figues ; mais aussi la récolte est souvent détruite par les gelées tardives. Les tiges sont maintenues également écartées les

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unes des antres pour empêcher la confusion, et l’on soutient celles qui resteraient placées trop bas. Ou donne au sol une disposition telle que les eaux pluviales soient retenues au pied de chaque cépée. Pendant l’été qui suit, on abandonne encore à lui-même l’allongement des jeunes tiges ainsi que le développement des nouveaux bourgeons de la souche. On fera de même chaque année, jusqu’à ce qu’on en compte, sur chaque cépée, quatorze ou seize.

Au printemps de la sixième année, les tiges les plus anciennement formées sont constituées comme l’indique la figure 1098. Alors on pratique l'éborgnage^ c’est-àdire que par un temps doux et aussitôt que les figuiers sortis de terre commencent à présenter quelques signes de végétation, on supprime le bouton terminal de tous les rameaux latéraux (A), afin de déterminer le développement des boutons à bois de la base, puis aussi de faire nouer plus facilement les figues-fleurs dont ils montrent déjà les rudiments (A, fig. 1100). On éborgné égale- i

ment la moitié environ des boutons à bois latéraux, en choisissant ceux (B) qui accompagnent le rudiment des figues. On en conserve toujours deux (D) à la base de chaque rameau, et un (G) vers le sommet, pour y attirer la sève. Quant au rameau terminal de chaque tige, on

le soumet à la même opération, seulement on doit le laisser pourvu du bouton à bois situé immédiatement au-dessous de celui du sommet, et de deux ou trois autres situés à 0“,30 environ les uns des autres, et qui donneront lieu à de nouveaux rameaux latéraux.

Lorsque les bourgeons ont atteint une longueur de 0“,05 environ, on pratique l’éb nirgeonnement sur tous les rameaux latéraux et sur le rameau terminal de chaque tige.

Sur les premiers, on ne conserve qu’un seul bourgeon G ifig. 1100), le plus rapproché de la base, pour qu’il remplace celui qui porte les fruits cette année. Sur le rameau terminal, on conserve le bourgeon du sommet qui prolonge chaque branche, et quelques-uns des latéraux destinés à former de nouveaux rameaux à fruit l’année suivante. Ges derniers sont espacés de façon qu’ils soient également frappés par le soleil. Lorsque tout ce travail est terminé on enlève également les nouveaux bourgeons qui naissent sur la souche.

Quoique les figues d’automne mûrissent difficilement.

on peut cependant, dans les années favorables, en obtenir un certain nombre. Pour hâter leur développement, on laisse à la base des rameaux fructifères les plus vigoureux deux bourgeons au lieu d’un (%. 1101). Le plus rapproché de la base (G) est destiné à la production des figues-fleurs de l’année suivante, l’autre (D) porte les figues d’automne. Pour forcer celles-ci à croître plus rapidement, on pince ce bourgeon lorsqu’il a atteint une longueur de 0”,I2 environ. Gomme cette récolte de figues d’automne épuise les arbres et diminue l’abondance des figues-fleurs pour l’année suivante, on devra ne l’employer que sur les figuiers les plus vigoureux. Lorsque, par suite de gelées tardives, la récolte des figues a été détruite, ce qui peut être apprécié vers le milieu de mai, on

Fig. ilOl. — Rameau de figuier après la récolte des figues-Ileurs

pratique la taille en vert^ c’est-à-dire qu’on coupe chacun des rameaux latéraux sur le bouton à bois le plus rapproché de la tige. Le rameau terminal est laissé intact. Il résulte de cette opération que l’action de la sève est refoulée sur le vieux bois et y fait développer un grand nombre de bourgeons. On en profite pour remplir les vides; mais on ne laissera, de ces bourgeons, que ceux qui sont réellement utiles. Get ébourgeonnement est pratiqué au moment que nous avons déjà indiqué.

L’application de l’huile, dont nous avons parlé plus haut pour avancer la maturation des figues, est aussi pratiquée à Argenteuil.

Après la récolte des figues-fleurs, chaque rameau à fruit présente l’aspect de la figure 1 100, ou celle de la figure Il 01 si l’on a réservé deux bourgeons pour en consacrer un (D) à la production des figues d’automne. Vers la fin d’août, et par un temps bien sec, on procède au nettoyage des figuiers. On coupe en B le sommet des rameaux qui ont fructifié ; on enlève les bourgeons inutiles, immédiatement au-dessus de l’œil le plus bas; si cet œil se développe l’année suivante, on l’ébourgeonne. On enlève encore les ramifications desséchées, mais tout près de la tige, et l’on couvre les plaies avec du mastic. Quelques cultivateurs ne font ce nettoyage des figuiers que l’année suivante, au printemps; mais les amputations que l’on fait à ce moment donnent lieu à une déperdition de sève plus considérable, et les plaies se cicatrisent moins facilement. Après la chute des feuilles, chaque tige du figuier ainsi opérée est constituée comme elle doit être pour l’année suivante.

Au printemps de la septième année, les rameaux latéraux de chaque tige sont traités comme ceux de l’année précédente, à l’exception toutefois des quelques rameaux qui ont donné des figues d’automne l’année précédente et qui sont coupés au-dessus du rameau inférieur. Les autres opérations sont semblables à celles de l’année précédente. On continue ainsi chaque année d’allonger les branches principales en y conservant, de distance en distance, des rameaux à fruit qui se remplacent successivement comme ceux du pêcher. Lors-

Fig. 1100. — Rameau de figuier après la récolte des figues-fleurs.

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nue les tiges ont atteint une longueur de 1“,50 à 2 mètres on cesse de les allonger, parce que la sève abandonnerait leü rameaux à fruit de la base, et que ceux-ci finiraient par se dessécher. On traite alors le rameau de prolongement de ces tiges comme nous l’avons indiqué pour les rameaux latéraux. Le couchage auquel on soumet chaque année les tiges du figuier leur impose une direction horizontale à 0“,G0 ou 0'",80 du sol, ainsi que le montrent les figures 1 102 et 1 1 03. C’est là un élément de

succès; car, d’une part, les fruits, peu éloignés du sol, reçoivent plus de chaleur et mûrissent mieux, et, d’autre part, l’action de la sève est mieux répartie entre les divers rameaux latéraux. Les figuiers d’Argenteuil commencent à fructifier à six ans; ils sont en plein rap-

Fig. 1103. — Profil des figuiers plantés sur un terrain horizontal.

port à dix. Ils vivent très-longtemps ; mais il est nécessaire de renouveler successivement les tiges qui, à l’âge de douze ou quinze ans, finissent par s’épuiser. A cet effet, on laisse naître sur la souche un nombre de bourgeons égal à celui des tiges à remplacer, et l’on coupe celles-ci à la fin d’août suivant. On donne à ces figuiers un labour chaque année, au printemps, après avoir déterré les tiges et avant de reformer la fosse qui entoure chaque pied ; on leur applique, en outre, plusieurs binages dans le courant de l’été. Ils sont fumés tons les trois ans.

La culture du figuier à la Frette paraît être postérieure à celle d’Argenteuil. Elle ne comprend guère qu’une surface de 8 hectares. La variété de figuier qu’on y rencontre est une figue violette que nous avons désignée sous le nom ù’’ Aubiquoun ou figue de Bordeaux {fig. 1096). La Blanquette y est aussi cultivée, mais exceptionnellement et dans les terrains secs, dont elle s’accommode mieux que l’aubiquoun. La différence qu’offre la culture de la Frette, comparée à celle d’Argenteuil, est due en grande partie à la variété de figuier qu’on y a choisie.

Les figuiers sont à 4 mètres au lieu de 5. On ne pratique pas l’éborgnage, car il ferait couler les fruits de cette variété. On laisse tous les bourgeons se développer, puis on enlève ceux qui sont inutiles, un mois avant la maturité des figues et par un temps doux. On ne conserve ainsi que les bourgeons indiqués pour la blanquette. Dans les étés humides, on pique souvent les figues pour y introduire l’huile, au lieu de les toucher seulement.

La maturité de l’pbiquoun est plus tardive que celle de la blanquette, mais cette figue est plus savoureuse; elle est aussi plus grosse, mais moins abondante.

Maladies. — Insectes nuisibles. — Les maladies du figuier sont déterminées soit par la sécheresse excessive du sol, soit par l’intensité des gelées.

Dans le midi de la France, la sécheresse est telle parfois, en été, que les figuiers perdent leurs feuilles, que les fruits tombent, ou que ceux qui mûrissent sont insipides et malsains. Il n’y a d’autre moyen de prévenir cet accident que d’arroser, de temps en temps, le pied des figuiers pendant le mois d’août.

Le figuier du midi de la France est aussi sensible au froid que l’olivier; mais la rapidité de sa végétation lui fait réparer bien plus vite qu’à celui-ci les dégâts causés par cet accident. Il n’en est pas de même pour les figuiers du climat de Paris : les gelées tardives frappent souvent la récolte principale, les figues-fleurs. Les figuiers atteints par les gelées réclament des soins différents, suivant qu’ils sont morts jusqu’au collet de la racine, ou que quelques branches seulement ont été frappées. Dans le premier cas, on arrache le figuier, au mois de mars, en séparant la souche des grosses racines au point où celles-ci commencent à être bien saines. On laisse l’excavation ouverte, et l’on recouvre les grosses racines de 0“,02 ou 0“,03 de terre fine bien amendée. Pendant l’été, cette excavation étant maintenue fraîche, on voit apparaître des bourgeons vigoureux qui naissent des racines. A l’automne, on conserve seulement le plus vigoureux. On referme la fosse à l’entrée de l’hiver avec de la terre neuve, et le rejeton est ensuite traité comme un jeune figuier. Dans le second cas, on supprime pendant l’été suivant tous les bourgeons qui naissent en plus grand nombre que de coutume au pied de la tige, sous l’influence de l’état maladif de la tête de l’arbre; on enlève toutes les figues dès qu’elles ont la grosseur de petites fèves, afin que toute la sève soit employée à la formation de bourgeons vigoureux. Enfin, au printemps suivant, on coupe toutes les branches sèches et l’on rappi oche les autres sur les rameaux les plus beaux.

Plusieurs insectes attaquent le figuier dans le Midi ; le plus redoutable est une espèce de kermès ou cochenille (coccus ficus caricœ ,0\\\ .) {fig. 1104). Cet insecte, déjà connu et décrit en 1733 par Cestoni, est ovale, convexe» de couleur cendrée. Les petits, qui éclosent sous la mère au mois de mai, se jettent sur les bourgeons, les feuilles et môme les figues, dont ils épuisent la sève.

Les bourgeons restent courts, les feuilles et les branches se couvrent de taches noires, les fruits tombent sans mûrir, et le figuier lui-même finit par succomber. C’est vers le mois d’août que les jeunes kermès abandonnent les feuilles pour se réunir à la face inférieure des rameaux et des brandies obliques ou horizontales. Là, ils continuent de grossir jusqu’au mois de mai suivant, et chacun d’eux donne naissance à une nouvelle génération, composée de douze cents individus environ. Le moyen le plus simple pour combattre ce fléau est de frotter les rameaux infestés avec une brosse rude trempée dans des eaux de lessive. On se sert également de l’eau bouillante, recommandée contre la pyrale de la vigne (voyez Pyrale).

Récolte. — Les figues sont mûres lorsque le suc âcre et laiteux qu’elles contiennent est changé en une eau limpide et sucrée, qu’elles ont pris la couleur qui distingue chaque variété, qu’elles sont devenues molles, charnues et pendantes. Dans le Midi, celles qui sont destinées à être mangées fraîches sont cueillies un peu avant leur maturité complète; sous le climat de Paris, elles ne peuvent jamais être trop mûres. Les figues qu’on veut faire sécher sont cueillies complètement mûres et môme un peu flétries, ce qui accélère leur dessiccation. Dans tous les cas, il faut attendre, pour les cueillir, que le soleil ait vaporisé la rosée qui les couvre.

Les figues destinées à être séchées sont placées sur des claies traites en roseaux bien secs et exposées au soleil, dans un endroit le plus chaud possible. Une remise bien aérée, éloignée de toute mauvaise odeur, les reçoit pendant la nuit et les jours de pluie. Toutefois, ceux qui en sèchent une grande quantité ne les rentrent jamais, et empilent les claies tous les soirs, en couvrant

Fig. 1104. — Ktirmès du figuier.

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iliaque pile avec une toile cirée. Tous les jours, le matin 3t à midi, on retourne les figues pour les faire sécher mr tous les points. Lorsqu’on aplatissant les figues sur eur queue, elles ne se fendent pas, on les retire; plus ;ôt, elles resteraient mollasses et se gâteraient; plus ;ard, elles deviendraient trop dures. Chaque matin, en lortant les claies, on retire les figues qui sont assez desiéchées, on les dépose sur des draps, dans une chambre lérée ei sèche, en séparant celles qui sont altérées. Lorsjue toutes les figues sont ainsi desséchées, on les aplatit, )uis on les sépare en trois qualités différentes pour les ivrer au commerce. Dans les automnes pluvieux, les jultivateurs du Midi sont obligés de faire sécher les figues lu four; mais il s’en faut de beaucoup qu’elles soieiit l’aussi bonnie qualité que celles qui ont été desséchées LU soleil. A. Dü Br.

Figuier d’Adam (Botanique). — C’est le Bananier.

Figuier de Barbarie (Botanique). — Nom vulgaire lu F. d'Inde {Opuntia ficus indica).

Figuier du Cap (Botanique). — C’est le Ficoïde cornesible, appelé aussi Figuier des Hottentots.

Figuier d’Inde (Botanique) {Opuntia ficus indica, Havorth). — On donne ce nom et celui de F. de Barbarie et F, d’Amérique à une espèce de Caciier ou Cactus, du genre Raquette {Opwdia, Tournef.) , très-commune dans tout le bassin méditerranéen. Bien qu’originaire des parties chaudes de l’Amérique, ce végétal croît aussi spontanément dans le nord de l’Africiue. On l’a transporté de là en Sicile et en Corse, où son fruit est une ressourceinappréciablepour les habitants des campagnes. A Catane, on fait sécher la figue d’Inde, et l’on en compose des' masses compactes pour s’en nourrir. On en conserve aussi de fraîches que l’on cueille avec un petit morceau de la feuille qui les porte. Ce que nous venons de dire de l’importance de cette plante pour la Sicile s’applique également à l’Algérie. Là, ces fruits seritent en outre à la nourriture des bestiaux, qui en sont très- avides, ainsi que des feuilles de l’année. Enfin, le

Fig. 1106. — Fleur du figuier d’Inde.

figuier d’Inde forme une clôture excellente pour les champs, et un moyen de défense pour les habitations.

M. Moll a remarqué en Algérie deux variétés bien distinctes de figuier d’Inde : l'une, à laquelle on donne le nom de F. du chameau, a des fruits rouges, de la gros-

seur d’un petit œuf de poule; les fruits et les raquettes sont couverts de piquants très-durs, longs de 0“,015 à 0“,020. C’est la variété qu’on choisit pour clôture. L’autre, à laquelle les Arabes donnent le nom de F. des chrétiens, offre sur ses raquettes et ses fruits des piquants plus faibles, plus petits. Elle a une végétation plus vigoureuse, des raquettes plus développées, plus succulentes, des fruits meilleurs et d’une grosseur double. C’est cette variété qu’on multiplie pour l’alimentation. Il en existe aussi en Sicile plusieurs variétés très-recommandables par la qualité et la grosseur de leurs fruits.

Le figuier d’Inde résiste bien aux petites gelées, et on le voit vivre, comme l’oranger, pendant un certain nombre d’années, dans les contrées où l’eau se congèle tons les hivers. Mais une saison un peu rigoureuse le fait disparaître. Il se développe dans tous les terrains, les creux des laves et des rochers, les limons, les calcaires ; il ne redoute que les terrains constamment humides. La multiplication du figuier d’Inde est des plus simples et peut avoir lieu en toute saison; on préfère cependant les mois d’août et de septembre. On coupe une raquette, on la laisse pendant quelques jours sur terre, jusqu’à ce que la section se soit à peu près cicatrisée, puis ou la plante à demeure, la section en bas, dans une terre ameublie par quelques coups de pioche, où on l’enfonce de ü'“,05

à 0“,06. L’arrosage n’est pas nécessaire, à moins que le terrain ne soit d’une nature et à une exposition trèssèche. Dans ce cas, on retarde la plantation jusqu’en septembre. Si, au lieu d’une seule raquette, on peut planter une branche ayant un peu de vieux bois et cinq ou six raquettes, on obtient des produits beaucoup plus promptement. Quand on plante en plein^ on dispose les lignes à 1“,60 ou 2 mètres de distance les unes des autres. Le figuier d’Inde n’exige aucune culture; cependant un ou deux labours, donnés chaque année dans l’intervalle des lignes, seront largement payés par une augmentation de produit. La taille n’est pas nécessaire à la bonne venue de la plante, mais elle est utile pour en diriger la croissance. On taille donc de façon qu’aucune branche n’intercepte le passage entre les figuiers. On supprime ainsi en juillet, août et septembre, les feuilles inférieures de l’année pour procurer de la nourriture aux animaux. Ces feuilles ou raquettes sont coupées en tranches, comme on le fait pour les racines fourragères. On peut, pour les rendre plus appétissantes, ! les saupoudrer de son. A. du Br.

Figuier des Indes (Botanique). — C’est le Papayer.

Figuier infernal (Botanique). — Nom vulgaire du Ricin et de V Aigremoine du Mexique.

Figuier maudit franc (Botanique). — Le Figuier d'Inde.

Figuier maudit marron (Botanique). — C’est le Clusier rose vClusiacées) à Saint-Domingue.

Figuier de Pharaon, F. sycomore (Botanique). — Nom vulgaire d’une espèce du genre Figuier {F. sycomorwi. Lin.), grand arbre d'Egypte, dont le bois incorruptible servait à confectionner les boîtes où nous trouvons les mo • mies égyptiennes. Ses fruits sont petits, fermes, jaunâtres, d’une saveur douceâtre peu délicate; on les mange cependant, et l’arbre lui-même est cultivé en vue de ce produit. Il sert pour l’opération de la caprification.

Figuier de Surinam (Botanique). — Nom de la Cécropie peltée ou Coulequin (Artocarpées) .

Figuier (Zoologie). — Buffon avait désigné sous ce

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nom un groupe ^'Oiseaux passereaux^ à bec droit, délié et pointu, avec deux petites échancrures vers l’extrémité de la mandibule supérieure ; mais les nouvelles espèces découvertes par les voyageurs ont ôté toute valeur à ce groupe, et Cuvier l’a abandonné en réunissant les figuiers de Buffon aux roitelets et aux poui Ilots dans le genre Roitelet {Régulas),

FIGURE DE LA TERRE (Astronomic). — Nous faisons voir à l’article Terre que la forme de notre globe ne diffère pas beaucoup d’un ellipsoïde de révolution autour de l’axe des pôles. La détermination rigoureuse de cette figure et de ses dimensions est l’objet de la géodésie. Les diverses mesures qui ont été faites conduisent, d’après Bessel, au nombre 5131 ISO toises pour la longueur du quart du méridien, au lieu de 5 130740, nombre adopté par la commission du système métrique. Le mètre légal, qui en est la dix millionième partie, serait donc un peu trop petit, mais seulement d’une fraction de millimètre, ce qui est à peu près insignifiant. Le quart du méridien, au lieu d’être exactement égal à 10 000000 mètres, vaudrait 10 00085G mètres, et le quart de l’équateur 10 01 7 594 mètres.

Le petit rayon, demi-axe des pôles est, toujours d’après Bessel, 6350 OSO mètres, et le demi-diamètre de l’équateur 6 377 898 mètres. L’aplatissement, ou la diflérence des deux axes divisée par l’axe le plus grand, est La surface de la terre est de 51000 millions d’hectares. La zone torride en comprend environ 20000, les deux zones tempérées 27 000, et les zones glaciales

Quand, en astronomie, on prend pour unité le rayon de la terre, c’est du demi-axe équatorial qu’il s’agit, dont la longueur est d’environ 6 377 400 mètres. Lorsqu’il ne s’agit pas d’évaluations bien précises, on suppose la circonférence df> 40000 kilomètres, et le rayon de 6 366 kilomètres.

Les mesures itinéraires employées vulgairement sont basées sur ces derniers nombres. Ainsi le mille marin est la 60® partie de l’arc de 1°, c’est-à-dire qu’il correspond à une minute sur un arc de grand cercle de la terre. Un arc d’un degré, étant la 90® partie de 10000000 mètres, vaut 111 lll“,ll, et un arc d’une minute, ou un mille, 1851“, 85. Cette distance, parcourue dans le sens d’un méridien, répond à une variation d’une minute dans la latitude. Parcourue sur l’équateur, cette distance répond de môme à une minute de longitude. Mais il n’en est pas de môme sur un parallèle : la longueur d’un arc de parallèle est égale à l’arc de grand cercle d’un môme nombre de degrés multiplié par le cosinus de la latitude.

La lieue marine, ou de 20 au degré, vaut 3 milles ou 5 555“, 55 ; la lieue de 25 au degré, dont les géographes font encore usage, vaut 4 444“,44. Quant à la lieue de poste, elle est de 4 kilomètres.

On peut, dans bien des cas, dans la navigation par exemple, faire abstraction de l’aplatissement et considérer la terre comme sphérique. En la supposant ellipsoïde, on se rapproche davantage de la vérité. Mais sa figure est réellement beaucoup plus compliquée. Les mesures faites sur des méridiens différents prouvent que ces méridiens ne sont pas égaux. Mais les différences sont toujours petites, et il est d’ailleurs fort difficile de les dégager des erreurs dues à l’observation (voyez Terre, Géodésie, Triangulation). E. R.

FIGURES ACOUSTIQUES (Physique). — Le son étant l’impression produite sur l’organe de l’ouïe par les vibrations des corps, on conçoit que cet état vibratoire, outre son effet acoustique propre, puisse être perçu directement ou indirectement par l’œil , et donne lieu ainsi à un phénomène optique particulier. Si, par exemple, on répand à la surface d’une plaque du sable fin, et qu’on détermine la vibration de la plaque à l’aide d’un ai’chet, le sable mis en mouvement par la vibration du corps SR déplacera lui-môme en s’accumulant dans les parties immobiles, et dessinera ainsi diverses figures dont l’étude se lie d’une manière intime à celle des sons produits par les plaques (voyez Plaques, Verges). De môme, si à un corps sonore quelconque, on vient à fixer un petit style pouvant tracer un trait sur une surface mobile, et qu’on mette le corps sonore en vibration, le |

style tracera sur la surface une courbe dont les diverses sinuosités seront une représentation fidèle du mouvement vibratoire du corps lui-môme (voyez Son, Vibrations).

M. Lissajous a fait de ce mode d’investigation des phénomènes acoustiques, une application nouvelle et intéressante dont il est parlé à l’article Diapason, et que nous allons exposer ici avec un peu plus de détail.

Supposons qu’on introduise dans une chambre obscure un faisceau de lumière solaire, qui soit réfléchi d’abord par un petit miroir m placé sur l’une des branches d’un diapason D, puis par un second miroir M, et enfin vienne

Fig. 1109. — Élude optique des mouvements vibratoires.

tomber sur l’écran E ; il se formera sur cet écran, et à un certain point I, une image du soleil, qu’on pourra rendre très-nette et très-brillante en plaçant convenablement la lentille L.

Si les deux miroirs sont immobiles, l’image I sera immobile elle-même, et occupera la môme position sur l’écran. Mais si l’on vient à faire vibrer le diapason, en l’attaquant avec un archet de manière à écarter les branches dans leur propre plan, le rayon lumineux incident fait successivement différents angles avec le miroir sans changer de plan, et par conséquent l’image réfléchie I oscillera suivant une direction verticale IT'^ A cause de la rapidité du mouvement vibratoire, l’œil apercevra une traînée lumineuse verticale IT". Si le diapason étant en repos, on faisait tourner le miroir M autour de son axe vertical, l’image éprouverait an contraire un déplacement dans le sens horizontal ; si, par conséquent, on produit ces deux déplacements à la fois, en faisant tourner le miroir pendant que le diapason vibre, on observera sur l’écran une ligne sinueuse c'c'\ dont chaque sinuosité correspond à une vibration du diapason.

Supposons actuellement qu’on remplace le miroir M par un second diapason D' {fig. 1110), dont le plan soit précisément perpendiculaire à celui de D,si on fait vibrer ce dernier diapason tout seul, l'image éprouvera un déplacement horizontal, semblable à celui que produisait la rotation du miroir M, à cette différence près que ce déplacement aura un caractère oscillatoire, et, par conséquent, l’œil apercevra sur l’écran une ligne lumineuse horizontale, dont la longueur décroîtra graduellement avec l’amplitude de la vibration. Si on fait vibrer les deux diapasons simultanément, la petite image du soleil I formée sur l’écran pourra être considérée comme animée de deux mouvements, l’un dans un sens horizontal, l’autre dans un sens vertical, et, par suite, elle aura un certain mouvement résultant, qui se manifestera par une certaine courbe dont la forme dépend du rapport des deux sons, c’est-à-dire des vitesses relatives des petits miroirs m et m'.

Considérons, par exemple, le cas où les deux diapasons seraient à l’unisson; dans ce cas, le mouvement de chacune des extrémités du diapason, et, par suite, de l’image qui en est la représentation fidèle, peut être représentée par Içs deux équations suivantes (voyez Vibrations) :

FIL

y = a' cos 2

1rs longueurs æ et y étant comptées, l’une dans le sens horizontal, l’autre dans le sens vertical.

1110. — Étude optique des mouvemenls vibratoires.

Pour avoir l’équation de la trajectoire décrite par l’image, il suffit d’éliminer t entre les deux équations précédentes, ce qui se fait très-aisément. On peut, en eftet, développer le second membre et tirer ensuite les

valeurs de cos 2tc| et sin ce qui donne

- sm 2itc — -h- sm 2itc a a

cos 2n-=

sin 2110' cos 2i:c — siu 2t:c cos 2itc'

sin 2n: - =

—, cos 2itc cos 2uc'

sin 2t:c' cos 2^0 — sin 2iic cos 2uc'

Si on ajoute membre à membre, les équations précédentes, après les avoir préalablement élevées au carré, on obtient

^ ^ ^ cos 2it(c' — c) = sin2 2it(c' — c')

a2 a'2 aa’ ^ ‘ ^ '

Cette équation représente, en général, une ellipse. Mais cette ellipse peut devenir un cercle, lorsque a et a' sont égaux, c’est-à-dire quand les mouvements vibratoires des deux diapasons ont la môme amplitude. Si, cette dernière hypothèse se vérifiant d’ailleurs, on avait en outre c'==c, ce qui veut dire que les vibrations des deux diapasons n'ont aucune différence de phase, l’équation de la trajectoire devient y = a?, ce qui n’est autre chose que l’équation de la ligne droite bissectrice de

l’angle des deux axes. Enfin, dans le cas où c' —

l’équation de la trajectoire devient y = — ce qui représente la perpendiculaire à la bissectrice de l’angle des deux axes. On voit donc que les deux diapasons étant à l’unisson, on devra apercevoir sur l’écran une figure ou elliptique ou circulaire, ou même rectiligne. Du reste, si l’imisson était rigoureux, c’est la même figure qui persisterait sur l’écran, éprouvant seulement une diminution de dimensions corresp|ondante à la diminution d’amplitude du mouvement vibratoire. Mais cet unisson rigoureux n’es^' jamais obtenu ; il y a toujours une petite différence dans la hauteur des deux sons, bien que cette différence puisse être assez petite pour échapper à l’observation de l’oreille même la plus exercée. Cette différence se manifeste optiquement par deux caractères. Premièrement, le tracé de la courbe est légèrement altéré ; mais si l’unisson est approché, cette légère altération ne modifie pas sensiblement la physionomie de la ligne lumineuf.e qui présente toujours l’une des formes carac-

téristiques de l’unisson. En second lieu, et c’est là le caractère le plus important, la petite différence de hauteur amène une différence de pluase graduellement croissante, de telle sorte qu’au lieu d’avoir une seule figure, on a une suite de figures passant les unes aux autres et se reproduisant périodiquement dans le même ordre. C’est une sorte d’oscillation de la figure acoustique, dont la durée sera d’autant plus grande que l’unisson sera plus près d'être rigoureux.

Cette circonstance permet de comparer les divers diapasons à un môme diapason normal, avec une précision infiniment supérieure à celle dont serait susceptible l’oreille la plus exercée.

C’est là l’intéi ôt le plus vif des méthodes de M. Lissajous, en ce qu’elles permettent à l’un des sens de suppléer à un ' autrê, lorsque ce dernierdevient insuffisant. L’appareil dont se sert M. Lissajous se compose du diapason normal A ( fig. 1111), dont l’une des branches est munie d’une lentille objective a. Audessus est disposé un oculaire C formant avec a un véritable microscope.

Le diapason à comparer B, disposé dans lin plan perpendiculaire à A, présente sur l’une des branches un point délié c/ tracé au diamant, et qu’on observe à l’aide du microscope. Cela posé, si l’on fait vibrer les deux diapasons, l’œil placé derrière l’oculaire apercevra une figure acoustique correspondante au rapport des sons que doivent donner les deux instruments, ^t les oscillations de cette figure elle-même donneront une idée du plus ou moins grand degré de rigueur de l’ajustement.

Fig. 1111. — Ajustement d’un diapason par là méthode de M. Lissajons.

Pour édifier plus complètement le lecteur sur ce sujet, nous plaçons plus loin {fig. 1112) le tableau des figures acoustiques correspondantes à l’unisson, à l’octave, à la quinte de l’octave et à la quinte. P. D.

FIL A PLOViB (Physique). — Appareil servant soit à déterminer la verticale d’un lieu ou la ligne perpendiculaire à la surface des eaux tranquilles, soit, ce qui a lieu le plus ordinairement, à vérifier la verticalité d’un objet. Dans ce dernier cas, le fil à plomb se compose d’une ficelle glissant librement au centre d’une petite plaque de cuivre carrée, et tenant suspendu à son extrémité un poids en cuivre façonné en forme de tronc de cône, dont la plus large base est dirigée vers le bas et a

FIL

FIL

un diamètre égal au côté de la plaque. Ce poids était primitivement une balle de plomb, d’où vient le nom de fil à plomb; actuellement le plomb, trop mou, a été remplacé par le cuivre jaune qui offre plus de résistance à

la déformation. Quand on veut, par exemple, vérifier la verticalité d’un mur, on fait toucher à la partie supérieure de ce mur l’un des côtés de la plaque tenue horizontalement ; puis, en lâchant peu à peu la ficelle, oa

Étude optique des mouvements vibratoires, par M. Lissajous.

Courbes oblenues par la composition optique de deux mouTemenls ribratoires de directious rectaugulaires.

UNISSO V.

Différence de phase.

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