‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 363 sur 385 · FU · texte numérisé non relu

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montre le lavage d’un précipité déposé sur le filtre que reçoit l’entonnoir F.

Les filtres en papier sont d’un usage fort restreint; ils servent dans les laboratoires, les pharmacies et la vie ■domestique. Pour des filtrations plus considérables, on emploie des carrelets et des chausses.

Le carrelet est un châssis de bois monté sur pied, et

Fig. 1116. — Lavage d’un précipité sur un filtre.

garni de pointes auxquelles on accroche une toile à mailles fines; on doit, bvant chaque opération, mouiller la toile afin de gonfler ses fibres et de serrer le tissu.

La chausse est une sorte de sac, de forme conique, fait d’étolfe de laine ou de coton croisé. Elle servait aux anciens à filtrer l’hypocras. Avant d’en faire usage, on la laisse immerger dans un liquide pareil à celui que l’on veut filtrer, ce qui resserrç les pores du tissu; on la dispose ensuite dans un entonnoir ordinairement en cuivre ou en étain. Les liquoristes en font un' grand usage, mais, en général, ils en garnissent l’intérieur avec de la pâte à papier très-blanche. Cette pâte s’attache fortement aux parois de îa chausse et concourt à la filtration.

Les eaux qui servent à l’alimentation sont souvent troubles et doivent être filtrées ; cette opération se fait chez le particulier même, dans des fontaines affectées à cet usage, ou bien encore dans des appareils qui filtrent d’un seul coup toute l’eau destinée à un grand établissement ou même à une ville entière. On se sert alors comme matière filtrante d’éponges, de pierre calcaire poreuse , de charbon pulvérisé, de sable , de laine tontisse, etc.. . Les eaux du Niger ont été de tout temps filtrées sur des éponges. En Espagne, c’est par ce moyen que l’on clarifie les sirops. Amy, avocat au parlement de Provence, paraît avoir introduit ce procédé en France, vers 1740. Les éponges doivent être choisies bien saines, d’un grain assez fin, régulier et serré ; elles doivent avoir été débarrassées au préalable de toute matière terreuse. Quand elles servent, elles doivent être plongées complètement dans la masse d’eau, et quand elles ne servent pas, on doit les dessécher parfaitement ; sans cette précaution, elles moisissent et communiquent un mauvais goût au liquide. Si cet accident se produit, il faut les faire macérer pendant quelque temps dans une solution faible d’ammoniaque. Quand les éponges sont amollies par l’iisage, on les change.

Les filtres en pierre poreuse sont aussi connus depuis longtemps, et on peut encore leur appliquer cette description donnée par Duchesne, en 1800 {Dictionnaire de l’industrie) : « Les fontaines en pierre filtrante sont de pierre de liais, rondes ou carrées, jointes ensemble par un mastic impénétrable à l’eau, et peintes extérieurement à l’huile en forme de granit ou de porphyre. Elles contiennent plus ou moins d’eau, suivant leur grandeur. Au Jieu de sable ou d’éponge, on construit intérieurement

et au fond de la fontaine une petite chambre plus ou moins grande et bien mastiquée, avec trois à quatre pierres de 0“,027 d’épaisseur, dressées de champ, pouvant contenir à peu près deux à trois pintes d’eau. Cos pierres filtrantes viennent de Picardie. C’est en passant à travers ces pierres que l’eau versée dans la fontaine filtre et s’épure, et de sale et bourbeuse qu’elle était, elle en sort claire et limpide par un robinet qui pénètre dans cette chambre fermée, dans laquelle entre un tuyau mastiqué qui, venant aboutir au haut de la fontaine, sert à donner de l’air à l’intérieur de la chambre ou réservoir, et facilite l’écoulement de l’eau. A peu près tous les trois mois, et lorsque les porcs de la pierre filtrante sont bouchés par la boue et les saletés de l’eau, on râtisse la pierre avec un racloir et on lave. C’est afin que la pierre qui couvre la petite chambre s’encroûte moins qu’elle est posée en forme de toit. »

Les moyens de filtrage que nous venons de décrire sont limités aux usages domestiques. Il faut indiquer maintenant les procédés employés en grand. La ville de Paris se sert des filtres Fonvielle {fig. 1117), modifiés par MM. Mareschal et compagnie. Ce filtre se compose de couches superposées A, A', 4'^ d’éponges, de gros sable légèrement tassé, de grès fin, de gros sable de rivière, et enfin à la partie inférieure de charbon végétal, grossièrement pulvérisé; chacune de ces substances est séparée des autres par des faux fonds percés de trous. L’eau arrive sous une pression due à l’élévation de son niveau. Ce qu’il y a de plus remarquable, c’est le mode de nettoyage employé par M. Fonvielle, et qui consiste dans l’action simultanée de courants d’eau qui pénètrent brusquement dans des directions et à des hauteurs diverses, remuent la masse des j matières filtrantes et entraînent rapidement les impuretés.

I Un autre système de filtre d’un usage assez avantageux I est le filtre Souchon. Il se compose de deux parties :

I 1® le dégraisseur ; 2® le filtre proprement dit. Le dégrais- ; seur est constitué par des caisses en bois de 0“,40 de j hauteur et 0“,80 de côté; à 0“,09 du fond est tendue ! une toile. L’eau arrive par la partie inférieure, s’élève en traversant la toile qui s’oppose au passage des sédiments trop volumineux. De temps à autre, on nettoie le fond de la caisse. L’eau se rend de là dans le filtre. Celui-ci se compose de couches superposées de laine îon-

Fig. 1117. — Filtre Fonvielle.

tisse, maintenues par des morceaux de serge et des grillages métalliques ; l’eau s’écoule de haut en bas à travers cet assemblage. Ces filtres se salissent rapidement, mais se nettoient avec une grande facilité. Lalaine, avant d’être employée, doit être parfaitement dégraissée, puis blanchie au soufre. Pour éviter le goût que peut communiquer ce mode de blanchiment, on procède à un lavage par l’eau additionnée de carbonate de soude. Sans ces précautions, les matières contenues dans la laine peuvent entrer en fermentation putride,

Un appareil qui a eu aussi beaucoup de succès et le filtre des bains chinois dû à MM. Lanay et Sormey. Le filtre est circulaire et les matières filtrantes y sont disposées en couches concentriques ; l’eau pénètre par la circonférence et s’écoule par un conduit central. Il en résulte deux avantages : 1® Au moment du changement brusque de la direction verticale en direction horizontale.

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l’ean dépose ses pins grosses impuretés. 2" La surface du filtre mise en contact avec l’eau est au début considérable. Les matières filtrantes sont du grès en poudre et du charbon pilé.

La filtration des eaux pour l’alimentation des villes n’a été encore employée que dans fort peu de cas. Elle a soulevé des objections, principalement de la part de M. Grimaud de Gaux, dans son livre intitulé : Des eaux mbliques et de leurs applications. H. G.

riMBRIARIA (Botanique), du latin /îmôj’/fl, frange. — Genre de plantes Cryptogames acrogènes., de la famille des He'pafiques, tribu des Marchantiées., établi par Nees d’Esenbeck {Hor. phys. Berol.)^ pour des végétaux qui croissent sur les rocliers, la terre ou les mousses, dans les hautes régions montagneuses des deux hémisphères, et dont cinq ou six espèces se trouvent en Europe sous la forme d’expansions verdoyantes, membraneuses, de petite taille.

FIMBRISTYLIS (Zoologie), du latin frimhria, frange, uni au mot style. — Genre de plantes Monocotylédones périspermées^éX^hW par Wahl. [Ènum. II), dans la famille des Cypéracées., tribu des Scirpées, et qui a pour type le Scirpus nutans de Malacca. Caractères distinctifs : style articulé avec l’ovaire; réceptacle dépourvu de soies; chaume sans nœuds; feuilles étroites, le plus souvent canaliculées. Les espèces sont nombreuses et répandues dans les régions tropicales. La F. pieuse de l’île Maurice est d’une belle teinte glauque; la tige est haute de 0“,65. La F. mucronée croît à l’île de Mahon.

FIINTE (Zoologie). — Espèce de Poissons^ du genre Alose (voyez ce mot); c’est le Clupea finta (Cuvier), nommé venth par les Flamands, agone par les Lombards, lachia et alachia par les autres Italiens. Plus allongé que Falose, ce poisson a cinq ou six taches noires le long du flanc. Il habite tout le bassin méditerranéen ; sa chair est bien moins estimée que celle de l’alose .

FIROLLE ou Firole (Zoologie), Ffro/tt, Péron. — Genre de Mollusques^ classe des Gastéropodes^ ordre des Héiéropodes. Ces animaux, formés d’une substance gélatineuse, transparente, sont des espèces de limaces comprimées latéralement pour nager et difficiles à voir à cause de leur transparence môme. Ils ressemblent aux carinaires par la conformation du corps, de la queue, du pied, des branchies et des viscères, mais ils n’ont pas de coquille. Leur museau s’allonge en une trompe recourbée, et leurs yeux ne sont pas précédés de tentacules. Souvent, de l’extrémité de leur queue, pend un long filet articulé, dont la nature n’est pas bien connue. La F. Cuviera^ Lesueur, Pterotrachœa coronaia (Forsk.), très-commune dans la Méditerranée, est la plus grande du genre ; mais on en connaît beaucoup d’autres espèces.

FISSILABRES (Zoologie).— Première section du grand "cnre Staphylin de Linné {Insectes coléoptères pentamères, famille des Brachélytres) ; établie par Latreille et comprenant les genres Ôxypores^ Astrapées,, Staphylim propres, Xantholins, Pinophiles, Lathrobies; ils ont pour caractères communs, la tête nue, unie par un rétrécissement bien visible au corselet, qui est carré, demiovale, arrondi ou découpé en cœur.

FISSIPARITÉ (Physiologie), du latin fissus^ fendu, et parère, produire. — Mode de reproduction observé chez un assez grand nombre d’êtres organisés, animaux ou végétaux, d’une organisation très-simple , et particulièrement chez ceux de ces êtres que l’on nomme habituellement infusoires. Le corps de l’être vivant s’étrangle par un rétrécissement spontané, de façon à se montrer bientôt conformé en deux lobes; puis, l’étranglement devenant de plus en plus marqué, l’être organisé se divise bientôt en deux êtres distincts qui, séparés l’un de l’autre, se montrent aussi complets que leur parent commun l’était avant la division. On dit que ces êtres sont fissi-

pares ou scissipares.

FISSIPÈDES (Zoologie), du latin fissus, fendu, et pes, pied. — - Ce nom a été appliqué par divers naturalistes pour désigner les mammifères ongulés, dont le pied se

compose de deux ou quatre sabots, comme les cochons, les cerfs, les bœufs, les moutons, etc.

FISSIROSTRES (Zoologie) , du latin fissus, fendu, et rostrum, bec. — Cuvier donne ce nom à une famille d'Oiseaux, de l’ordre des Passereaux, qui ont le bec court, large, aplati horizontalement , légèrement crochu, sans échancrure et fendu très-profondément. Ces

Fig, 1118. — Tête d’un oiseau üssirottre (engoulevent d’Europe).

oiseaux, essentiellement insectivores et par conséquent de passage, engloutissent dans leur large bouche une quantité prodigieuse d’insectes qu’ils .attiapent au vol. On les divise en F. diurnes ou Hirondelles, et en F. nocturnes ou Engoulevents (voyez ces mots).

FISSURE DE Glaser (Anatomie), fissura, fente. — On appelle fissure gléndidale ou de Glaser une petite fente que l’on remarque au fond de la cavité articulaire (cnüîTe glénoide) de Los temporal. Elle donne passage h. V apophyse grêle de Raw, qui appartient à l’os nommé mar^ teau, au muscle antérieur de cet os, aux vaisseaux auditifs externes, à la corde du tympan.

Fissure A l’anus (Chirurgie). — On désigne par ces mots unepetite solution de continuité ulcéreuse, allongée, superficielle, qui a son siège entre les plis de la membrane muqueuse de l’extrémité inférieure du rectum. A peine signalée par quelques auteurs, tels que Lemonnier, Sabatier, cette maladie n’a été parfaitement décrite que par Boyer. Elle semble due, suivant lui, à la constriction spasmodique du sphincter de l’anus, et est caractérisée par une douleur fixe dans un point du pourtour de l’anus. Cette douleur, d’abord légère, devient bientôt insupportable, surtout pendant la défécation et quelque temps après. La crise dureordinairementplusieursheiires et fait redouter aux malades d'aller à la garde-robe. Cette petite ulcération, que l’on aperçoit facilement en écartant les plis de l’anus, est cependant quelquefois située trop haut pour être visible ; dans tous les cas, le doigt introduit dans le rectum éprouve une constriction trèsforte et cause une douleur vive, lorsque l’on appuie sur la gerçure. Le traitement institué par Boyer consiste dans une incision qui opère la section des fibres circulaires du sphincter, et est pratiquée sur la fissure môme, ou bien sur tout autre point du pourtour. Il est bien entendu que l’on n’aura recours à ce moyen que lorsque l’on aura essayé vainement les émollients, les demibains, les injections narcotiques, les suppositoires avec les pommades opiacées, etc. On devra pendant ce temps prescrire un régime délayant, des laxatifs, etc. D’autres praticiens, MM. Bretonneau, Trousseau, etc., pensent que la maladie consiste dans le relâchement de la portion du rectum située immédiatement au-dessus du sphincter ; que, dans cette portiort relâchée, les matières s’accumulent au point que chaque fois que le malade va à la garde-robe, les efforts inouïs qu’il fait finissent par amener le plus souvent une déchirure qui constitue la fissure ; frappés de cette idée, ils ont songé à administrer la ratanhia, pour rendre à la portion inférieure du rectum le ressort qui lui manque ; non pas qu’ils en fassent un remède spécifique, car, suivant ces praticiens, il est probable que d’autres substances végétales se rapprochant de la ratanhia auraient les mômes propriétés; telle est la monésia employée par MM. Payen et Manec.

Voici comment M. le professeur Trousseau formule son traitement par la ratanhia {Traité de thérapeutique, par Trousseau et Pidoux) : « Nous faisons prendre chaque matin au malade un lavement à l’eau de son ou de guimauve, afin de vider l’intestin ; une demi-heure après que le lavement est rendu, nous administrons un quart de lavement composé de 150 grammes d’eau, et de 4 à 10 grammes d’extrait de ratanhia; nous y ajoutons 4 grammes de teinture de ratanhia. Le malade ne doit conserver ce lavement qu’un instant, et il en prend un

semblable le soir Si la fissure est profonde, on donne

des injections de solution astringente, qui seront rendues immédiatement. » Souvent , pendant les premiers jours du traitement, les douleurs sont plus vives, parce que les malades vont plus souvent à la garde-robe ; dans ces cas, on fera bien de ne donner qu’un lavement par jour au lieu de deux, pendant les premiers jours. Ce traitement, du reste, peut subir quelques modifications dont le médecin sera juge.

On appelle aussi fissure ou fêlure d’un os une solution de continuité sans déplacement, qui n’intéresse qu’une portion de l’épaisseur de l’os. F — n.

FISSURELLE (Zoologie), Fissurella, Cuv. — Genre de Mollusques de la classe des Gastéropodes, ovdvQ des Scutibranches, détaché par Cuvier de la tribu des Patelles de Lamarck. Ce sont des animaux oblongs, à tête distincte, terminée en avant par une trompe courte et arrondie à l’extrémité de laquelle est la bouche, et garnie de deux tentacules coniques très-saillants portant les yeux au côté externe de leur base. Leur manteau (m, fig. 1 119) est grand, mince, ouvert en avant pour la cavité branchiale, au fond de laquelle est l’anus, et fendu/ sur le milieu du dos; deux grandes branchies en forme de pei-

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gnes, égales et dirigées en avant, naissent de chaque côté du dos. Leur pied (p) est très-grand, ovale, épais et musculeux. La coquille est conformée en cône surbaissé, avec un sommet tronqué et muni d’une ouverture (o) un peu allongée servant à la fois d’anus et de passage pour in-

Fig. 1119. — Fissurelle (l’animal el la coquille).

troduire dans la cavité branchiale l’eau nécessaire à la respiration. Ces mollusques sont communs sur toutes les côtes; ils se fixent sur les rochers et se déplacent fort peu. La F. de Magellan {F. picta^ Lam.) a une grande et belle coquille (longueur, O'", 09) commune dans les collections. La F, squamosa est la plus grande et se trouve à l’état fossile aux environs de Paris. L’espèce la plus commune dans la Méditerranée, la F. grecque (F. grœca^ Gmel.), est connue à Marseille sous le nom ^Oreille de saint Pierre. Les pêcheurs en mangent quejquefois l’animal.

FISTÜLAIRE (Zoologie), Fistula?da, Lamk; du latin fistula^ tuyau. — Genre de Zoophytes de la classe des Échinodermes, famille des Holothuries de Lamarck ; elle est caractérisée comme il suit par cet auteur ; corps libre, cylindrique, mollasse, à peau coriace, rude et papilleuse; bouche terminale entourée de tentacules dilatés en plateau au sommet. C’est un démembrement du genre Holothurie^ destiné aux espèces dont le corps est effilé et muni de forts tubercules.

yiSTULAJRE (Zoologie), Fistularia^ Lin. — Genre de Poissons de l’ordre des Acanthoptérygiens , famille des Bouches en fiûte^ caractérisés par un corps cylindrique long et mince dont la tête forme le tiers ; cette tête est constituée par un tube long au bout duquel est une bouche horizontale et peu fendue; six ou sept rayons branchiaux, des appendices osseux s’étendent en arrière de la tête et renforcent la partie antérieure du corps; dorsale au-dessus de l’anale; canal digestif droit à deux cæcums. Cuvier divise en deux sous-genres : 1“ les F, proprement dits {Fistularia^ Lacép.), qui ont la nageoire dorsale et l’anale composées de rayons simples ; les interraaxillaires et la mâchoire inférieure garnis de petites dents et un filament mince aussi long que le corps fixé entre les deux lobes de la caudale. Leurs écailles sont très-petites. La plus grande espèce est le F. petimbre (F. tabacaria^ Lin.), qui atteint 1 mètre de longueur et vit dans les mers des Antilles; sa chair est maigre et de mauvais goût, 2" les Aulostomes^ qui ont le museau plus court et la vessie natatoire plus pande que les précédents, une dorsale précédée de plusieurs épines libres, des mâchoires sans dents et le corps écailleux et moins grêle. On en connaît une espèce de la mer des Indes.

FISTULANE (Zoologie), Fistulaua, Lam. — Genre de Mollusques de l’ordre des Acéphales, famille des Acéphales testace's, tribu des Enfermés^ se rapprochant du genre Taret et menant le même genre de vie. Ils se percent dans le sable, le bois submergé, certaines pierres ou certaines coquilles des trous qu’ils tapissent d’une matière calcaire constituant pour l’animal un tube complémentaire en forme de massue et entièrement fermé par le gros bout. Ce tube contient la coquille qui est libre et a deux valves petites et brillantes, avec un ligament extérieur droit. On en connaît plusieurs espèces vivantes et fossiles; celles qui vivent aujourd’hui sont exotiques.

. FISTULE (Chirurgie), du latin fistula. — On appelle ainsi une solution de continuité constituant un ulcère en forme de canal étroit, profond, plus ou moins sinueux, entretenu par un état pathologique des parties molles ou des os, ou bien encore par la présence d’un corps étranger quelconque. Parmi les fistules, les unes s’ouvrent seulement sur la surface de la peau par un ou plusieurs orifices; d’autres ont en même temps une ouverture à la peau et aboutissent par un ou plusieurs orifices sur des membranes qui appartiennent aux systèmes muqueux, séreux, synovial. Ce sont des affections con-

sécutives à quelque maladie primitive; ainsi le décollement de la peau, l’affaissement, la destruction du tissu cellulaire à la suite d’abcès, la situation déclive d’un foyer profond dans lequel le pus stagne, l’ouverture ulcéreuse d’un kyste, d’une grande cavité, d’un vaisseau lymphatique, les plaies avec solution de continuité des sinus frontaux, des sinus maxillaires, du larynx, etc., la carie, la dénudation, la nécrose des os, des cartilages, la présence de corps étrangers, etc. Toutes ces diverses causes doivent être prises en sérieuse considération pour le traitement. Ces trajets fistuleux fournissent par leur surface interne des liquides purulents dont la nature varie suivant les parties affectées, l’ancienneté de la fistule, son étendue, son plus ou moins grand degré d’inflammation, etc. Ils sont tapissés d’abord par des bourgeons celluleux et vasculaires qui bientôt s’affaissent et sont remplacés par une couche membraneuse rougeâtre, humide, dont l’épaisseur augmente peu à peu, et qui ont une certaine analogie avec les membranes muqueuses. Leurs orifices sont généralement entourés d’engorgements celluleux, plus ou moins durs, qui constituent des fongosités ou des callosités.

Les fistules cutanées occasionnées par le décollement et l’amincissement de la peau ou lorsque celle-ci n’a pas été entièrement dépouillée de son tissu cellulaire, cèdent quelquefois à une compression méthodique secondée par le repos et quelques injections stimulantes (eau iodée) propres à provoquer le développement de l’inflammation. Si ce moyen échoue, il faut fendre Se trajet fistuleux et le réduire à une plaie simple que l’on panse avec la charpie. Les fistules profondes guérissent quelquefois aussi par la compression et une situation qui facilite l’écoulement des liquides; on est obligé parfois aussi de fendre la paroi antérieure du foyer, si cela est possible, ou de pratiquer une contre-ouverture pour y passer un séton. Lorsque la fistule est entretenue par un kyste, s’il est superficiel, il faudra l’extirper, ou bien, s’il est trop considérable, l’ouvrir largement et y faire des injections irritantes ou appliquer un séton. Les trajets fistuleux qui communiquent avec les grandes sont graves ; ils peuvent être entretenus par une inflammation chronique de la plèvre, des poumons, du péricarde; on doit les tenir suffisamment dilatées pour faciliter l’écoulement des liquides ; on y fera des injectionsémollientes, résolutives; leur guérison est lente et très problématique. Lorsqu’elles sont entretenues par la présence d’un corps étranger, il faudra l’extraire, si cela est possible. Dans le cas où il y aurait quelque complication tenant à un vice scrofuleux, scorbutique ou autre, on aurait recours à un traitement général approprié, dans le but de modifier l’état des parties. Dans tous les cas, les fistules anciennes, pour peu qu’elles aient d’étendue et que l’écoulenient des liquides soit un peu considérable, ont toujours pour résultat un affaiblissement des forces, une atteinte souvent assez profonde à la constitution qui demande l’emploi d’une médication tonique, d’un régime fortifiant et de conditions hygiéniques favorables. Enfin, les fistules déterminées par une lésion des canaux excréteurs, quelle que soit la cause qui a produit cette lésion, constituent une classe à part dont les principales sont ; les F. lacrymales^ les F. salivaires^ les F. biliaires^ les F. à l’anus^ les F. urinaires, etc. Nous allons dire quelques mots de celles qui ont le plus d’importance et que l’on rencontre le plus souvent dans la pratique.

1° Fistule lacrymale, tumeur lacrymale. — Ces deux expressions servent à désigner les deux phases, les deux degrés d’une seule et môme maladie. La tumeur lacrymale, quiason siégeprèsdu grand angle de l’œil, se termine quelquefois parla guérison; mais le plus souvent elle ne fait que précéder la fistule. Elle est formée par le sac lacrymal distendu par les larmes et des mucosités. Plus ou moins volumineuse, de forme ovoïde, si on la comprime, elle se vide par les points lacrymaux. Le fluide qui s’écoule varie de consistance, de transparence suivant l’état plus ou moins sain de la muqueuse; la tumeur, du reste, se remplit bientôt, et si on l’abandonne à elle-même, le liquide s’altère, l’inflammation survient, il se forme un abcès au-devant du sac, l’ouverture est faite par le chirurgien ou spontanément, le pus s’écoule, la tumeur s’afiaisse; mais \^fstulelacrymaleersXé\'dA>\\e. Lescauses de cette série d’accidents sont toutes celles qui ralentissent ou empêchent le cours des larmes dans le canal nasal; ainsi l’inflammation chronique de la membrane pituitaire, l’adhérence de la valvule inférieure du sac, etc. Le canal nasal peut aussi être oblitéré par les fractures des os

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propres du nez ou de l’apophyse montante du maxillaire supérieur, par une exostose, un polype. Cependant, il existe un épiphora incommode, la vision est gônée par le liquide qui ne cesse de baigner l’œil, la narine desséchée ne permet pas au malade de se moucher du côté de la fistule.

Traitement. — Lorsque la tumeur lacrymale tienara à l’inflammation du canal et du sac, ce qui arrive le plus souvent, il faudra la traiter par les émollients et les antiphlogistiques; ainsi quelques sangsues au grand angle de l’œil, des cataplasmes, un régime approprié, etc. Si le sujet est d’une mauvaise constitution, on devra soumettre le malade à un traitement général en rapport avec cet état. Si les moyens employés ont échoué, il faudra avoir recours à un procédé opératoire. On en a proposé et préconisé successivement un grand nombre qui peuvent se résumer dans les trois propositions suivantes : l"rétablir les voies naturelles des larmes; 2® créer des voies artificielles; 3" oblitérer lesvoieslacrymales.DominiqueAnela fondé la première méthode générale, qui consiste dansle rétablissement des voies naturelles des larmes; c’est celle qui est connue sous le nom de procédé d’Anel ; il comprend le cathétérisme et V injection. Pour pratiquer le cathétérisme, on se sert d’une sonde très-mince terminée par un petit renflement olivaire qui n’excède pas le volume d’une soie de sanglier. La paupière supérieure soulevée et tirée légèrement, la sonde introduite dans le point lacrymal supérieur est poussée presque perpendiculairement de bas en haut, puis obliquement de dehors en dedans et de haut en bas; elle est tournée légèrement entre les doigts, et lorsque le malade éprouve du chatouillement et qu’il mouche quelques gouttes de sang, la sonde est arrivée dans le méat inférieur. Quelques chirurgiens préfèrent pratiquer le cathétérisme par le point lacrymal inférieur. Dareste, il ne peut guère être employé que comme moyen d’exploration et pour faciliter la voie aux injections. Celles-ci se font avec une petite seringue d’or ou d’argent ayant un siphon très-ténu; elles seront pratiquées comme le cathétérisme, le plus souvent parle point lacrymal inférieur. On les répétera deux ou trois fois par jour, jusqu’à ce que les larmes aient repris leur cours naturel. Ce procédé n’a guère réussi que dans les cas les plus simples; il a été modifié par un grand nombre de chirurgiens et, entre autres, par J. L. Petit. Celui-ci incisait le sac, y plongeait un bistouri cannelé profondément, conduisait sur cette cannelure une sonde pour désobstruer le canal et substituait à cette sonde une bougie que l’on changeait tous les jours jusqu’à ce que les larmes eussent repris leur cours naturel. Cette méthode est bien préférable à celle d’Anel. Une foule d’autres procédés ont été employés encore ; l’espace nous manque pour les signaler; nous ne ferons que citer celui de Dupuytren, au moyen de la canule à demeure, et nous renverrons pour plus de détails aux Traités de médecine opératoire. Nous citerons, en finissant, le passage suivant du professeur Sédillot. Après avoir apprécié les différentes méthodes, il ajoute : « Voici la marche à suivre dans le traitement de la fistule lacrymale inflammatoire, qui est incomparablement la plus fréquente : Antiphlogistiques, émollients et révulsifs d’abord ; ensuite, si les tissus sont trop altérés pour revenir à l’état normal, incision du sac, dilatation et détersion ou cautérisation au moyen d’une mèche que l’on rend cathérétique ou caustique et que l’on introduit de bas en haut (dans le canal nasal). Ici, d’ailleurs, comme dans tant d’autres cas, il est impossible de poser des règles absolues. » (Voyez Sédillot, Traité de médecine opératoire.)

2° Les fistules salivaires sont de deux sortes : ou elles ont leur point de départ dans la parotide môme, ou sur le trajet de son canal excréteur, nommé canal de Sténon. Celles de la glande parotide proviennent le plus souvent d’abcès critiques qui ont laissé un trajet fistuleux. Le traitement de cette affection consiste dans la cautérisation, la compression, les injections irritantes, l’excision. Celles qui viennent du canal de S/eVmn, sont plus graves, et plus difficiles à guérir; plusieurs méthodes ont été employées; la cautérisation a quelquefois i-éussi, aussi bien que la compression, l’introduction d’un fildans toute l’étendue du trajet fistuleux etduconduit excréteur. La méthode la;plus usitée est celle qui consiste à convertir la maladie en une fistule interne buccale au moyen d’un procédé dù à un chirurgien nommé Leroi et àDuphénix, perfectionné par Déguisé et adopté par Béclard. Pour la description de ces procédés, qui serait trop longue et peu utile dans

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I notre Dictionnaire, consultez les Traités de chirurgie et de médecine opératoire.

^ Fistule à Tanus.— On donne ce nom ûiix fistules de l’intestin rectum; mais on désigne aussi par la même expression des trajets fistuleux situés près de l’anus, bien qu’ils ne pénètrent pas dans l’intestin ; delà la distinction de ces fistules en : F. complètes., qui s’ouvrent d’une part dans l’intestin et d’autre part sur la surface delà peau ; F. incomplètes internes on borgnes inter nés., qui s’ouvrent dans l’intestin, mais non au dehors; F, incomplètes externes on borgnes externes, qui n’ont qu’un orifice extérieur, mais ne perforent pas l’intestin.

Dans les fistules complètes., l’orifice externe est souvent multiple, l’interne l’est rarement; le trajet fistuleux, direct le plus souvent, est quelquefois flexueux ; il s’ouvre dans l’intestin à une distance du rectum qui ne dépasse pas Ü“,010 à 0'“,012 suivant Ribes. M. Velpeau a constaté quatre fois sur trente-cinq une distance de 0“,027 à 0“,065 et une fois de 0“,080, les trente autres à la profondeur signalée par Ribes. Les causes les plus fréquentes de cette maladie sont les abcès qui se développent près de la marge de l’anus, déterminés souvent par l’inflammation et la suppuration des hémorrhoïdes et du tissu cellulaire voisin. Il faut donc surveiller avec grand soin le développement de ces abcès, leur appliquer un traitement antiphlogistique énergique et les ouvrir largement avec rinstrument tranchant dès que la tumeur proémine à l’extérieur et qu’elle offre cet empâtement qui précède la fluctuation. On panse avec une mèche de lin^e effilé enduite de cérat. Si, à l’ouverture de l’abcès ou dans les pansements, on s’apercevait de la présence des matières fécales, c’est qu’il y aurait un orifice dans le rectum, et que l’on aurait affaire, à une fistule complète. Pour constater d’une manière certaine l’existence de l’orifice interne, on introduira le doigt dans le rectum, on aura le plus souvent la perception de l’ouverture si elle est large ; dans tous les cas, un stylet flexible introduit dans l’ouverture extérieure rencontrera le doigt à une hauteur quelconque. On peut encore injecter par la fistule ou parle rectum un liquide coloré qui ressortira par l’autre ouverture si la fistule est complète. On reconnaît les fistules borgnes internes par la présence sur les matières fécales d’un pus plus ou moins épais ; quelquefois la défécation est très-douloureuse ; en pressant sur le rectum et le périnée, on peut souvent faire refluer le pus dans le rectum, le doigt peut aussi reconnaître l’existence de l’orifice interne. Contrairement à l’opinion vulgaire, la fistule à l’anus n’est pas, en général, une maladie grave; elle ne peut l’être que lorsqu’il y a de vastes foyers de suppuration et une dénudation étendue de l’intestin.

Traitement. — Cette maladie guérit rarement sans opération ; on a pourtant eu recours aux onguents, aux caustiques, à la compression, à la ligature, etc., mais presque toujours sans succès. Depuis quelque temps, on a obtenu quelques guérisons au moyen des injections avec la teinture d’iode. Mais la meilleure méthode est l’incision de tout ce qui existe entre le trajet fistuleux et le rectum, en étendant môme un peu cette incision du côté opposé, vers la fesse ; si la peau est décollée, on l’excisera; on aura ainsi une plaie plate que l’on pansera à la manière des plaies simples; on placera en môme temps dans le rectum une mèche de charpie que l’on engagera entre les lèvres de l’incision. Plusieurs moyens ont été proposés pour faire cette incision; on s’est servi autrefois d’un instrument décrit par Galien, nommé syringotome (du grec syringios, fistule). C’est un bistouri dont la lame arquée est terminée par un stylet flexible. On l’introduisait dans la fistule, et avec le doigt porté dans le rectum, on ramenait le stylet par l’anus et on faisait l’incision avec la partie trancliante. Aujourd’hui, on procède de la manière suivante : une sonde cannelée mince et flexible est introduite dans le trajet ; avec le doigt porté dans le rectum, on la ramène au dehors, et en faisant glisser un bistouri sur la cannelure, on fait l’incision (procédé de Sabatier). Lorsque l’orifice interne est très-élevé, Desault portait dans le rectum un gorgeret de bois; une sonde cannelée introduite dans la fistule vient heurter dans la cannelure du gorgeret, et en glissant un bistouri sur la cannelure de la sonde, on incise tout ce qui est compris entre celleci et le gorgeret.

La fistule borgne externe sera traitée comme un abcès ordinaire; si elle persiste, on opérera par l’incision, comme s’il y avait un orifice interne.

La fistule borgne interne sera convertie, s’il se peut, en

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fistule complète, en retenant le pus dans le foyer au moyen d’un tampon porté sur l’ouverture ; ou bien on incisera comme si l’on avait affaire à une fistule complète.

Pour les autres fistules, voyez les traités spéciaux de chirurgie et de médecine opératoire. F — n.

FIStüLINE (Botanique), Fistulina, Bull. ; diminutif du latin fistula.^ tube. — Genre de plantes Cryptogames amphigènesy de la classe des Champignons, ordre des Hijménomycées, de la section des Polyporés deM. Léveillé, que Bulliard a établi et caractérisé par les tubes placés sous le chapeau, lesquels sont libres et non soudés entre €ux comme dans les Bolets. La F» buglossoïde (F, huglossoïdes. Bull. ; Boletus hepaticus, de Cand.), appelée vulgairement Foie ou Langue-de-bœuf., à cause de sa forme, est un gros champignon à pédicule court, latéral ou nul; son chapeau est arrondi, charnu, gluant, à surface rouge foncé. Dans la jeunesse, cette surface est couverte de petites aspérités. Les tubes sont blancs, puis d’un jaune roux, et la chair, mollasse, blanche, est zonée de rose ou de rouge. Ce champignon, qui acquiert souvent un grand volume, croît sur le tronc des arbres dans nos environs. Il est comestible, mais ne doit être mangé que lorsqu’il est jeune. Sa saveur est un peu vineuse acide. On l’a regardé comme un topique calmant. Solenander l’a vanté contre les accès de goutte.

F.LABELLAIRE (Botanique), Flabellaria., Lamx ; du latin ftabellum, éventail, à cause de la disposition des feuilles. — Genre déplantés Cryptogames amphigènes éiQldi. classe des Algues, appartenant à la famille des Fucacées^ tribu des Siphonées . La F. de Desfontaines {F. Desfontainii, Lamx) est une belle plante qui habite la Méditerranée. On la trouve sur les côtes de France. Sa tige est cylindrique et émet une fronde en forme d’éventail ou spatulée frangée. Cette algue est toujours verte et se distingue ainsi des genres voisins dont la couleur varie suivant l’exposition ou la lumière. M. le professeur Decaisne a réuni cette algue aux espèces du genre Udote de Lamouroux.

FLACOÜRTIACÉES, Fl.4C0urtianées (Botanique). — Nom donné par plusieurs botanistes à la famille des Bixinées ou Bixacées (voyez ce mot et Flacoürtie),

FLACOURTIE (Botanique), Flacourtia, L’Hérit. ; dédié à Etienne de Flacourt, directeur de la compagnie française d’Orient, au xviie siècle. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales hypogynes de la famille des Bixinées, ou F lacourtiacées , parce que le genre dont il s^agit est un des types de ce groupe. Caractères : calice à 4-5 divisions profondes et persistantes; pétales nuis; étamines indéfinies sur un réceptacle hémisphérique; ovaire à 10-12 loges; stigmate persistant ; baie globuleuse. Les espèces de ce genre sont des arbrisseaux à feuilles persistantes et à fleurs blanches. La plus importante est la F. Ramontchi, L’Hérit., vulgairement nommée Ramontchi, à Madagascar. C’est un arbrisseau de 4 à 5 mètres. Il est surtout remarquable par ses fruits colorés d’abord d’un rouge vif, puis d’un violet foncé à la maturité; on les mange à Madagascar, malgré leur saveur un peu âcre. Par ses fruits, ses feuilles, son bois, son écorce, cet arbre ressemble à notre prunier.

FLAGELLAIRE (Botanique), Flagellaria, Lm. y du latin ftagellum, fouet, par allusion à la forme des feuilles. — Genre de plantes Monocotylédones périspermées , que Jussieu a rangé dans la famille des Asparagées, et Ad. Brongniart dans celle des Joncacées. Il est caractérisé par : 3 stigmates filiformes, étalés ; fruit drupacé à une seule graine ; embryon lenticulaire logé en partie dans une fossette du périsperme farineux. La F. de l'Inde {F. indica. Lin.) est une belle plante pouvant s’élever à 2 mètres. Ses feuilles sont terminées par des vrilles en spirale. Ses fleurs sont disposées en panicules rameuses. Cette espèce, appelée aussi Panumbu-valli, croît spontanément dans les Indes orientales et à Madagascar.

FLAGEOLET (Haricot) (Botanique). — Nom vulgaire donné au Haricot gonflé [Phaseolus tumidus, Sav.), connu aussi sous les noms de H. princesse, Nain d’Amérique, Nain flageolet (voyez Haricot).

FLAMANT (Zoologie). — Voyez Flammant.

FLAMANDES (Races) (Economie rurale). — La Flandre a l’heureux privilège de posséder et de fournir au mouvement agricole des races d’animaux domestiques précieuses. Ainsi la race des moutons flamands qui appartiennent au groupe des longues laines est féconde, productive et bonne pour la boucherie ; la race des chevaux flamands, dits chevaux du Nord, envoie par toute ia France de gros chevaux de trait; la race des vaches

flamandes, très-bonnes laitières, et qui est essentiellement travailleuse, est extrêmement nombreuse (voyez Races BOVINES, R. chevalines, R. ovines).

FLAMBE (Botanique). — Nom vulgaire de l’L’w germanique (/. germanica . — On a nommé aussi F. bâtarde, Ylris faux-acore (/. pseudo-acorus. Lin.), connue aussi sous les noms de I. des marais, I. jaune, Glayeul des marais (voyez Iris).

FLAMBÉ (Zoologie), Geoff. ; Papilio podalirius, Lin. — Espèce de Papillon, de la famille des Diurnes; caractérisé par : des bandes noires transverses en forme de flammes sur le dessus des ailes; corps d’un jaune pâle, avec une bande noire le long du dos et une rangée

Fig. 1120. — Le Flambé.

de petits points de chaque côté; à son extrémité, du côté intérieur, est une tache fauve, bordée de bleu par en bas. L’extrémité des queues est jaune, les antennes sont noires. C’est un des plus beaux du genre. On le trouve assez communément d’avril à août, à l’île Adam, Montmorency, Saint-Germain, quelquefois au bois de Boulogne et à Vincennes. Longueur, 0”,04.

FLAMBOYANTE (la) (Zoologie). — Nom donné quelquefois î\ une coquille du genre Cône, le C. flamboyant {Conus generalis. Lin.).

FLAMMANT (Zoologie), Phœnicopterus, Lin. — Genre ôl Oiseaux, classé par Cuvier, parmi les Echassiers à cause de la hauteur excessive de leurs jambes, et se rapprochant des Palmipèdes parles trois doigts de devant, qui sont palmés jusqu’au bout. On les nomme aussi Phénicoptères, à cause de la couleur rouge-feu de leur plumage. Ils ont en outre pour caractères propres : le doigt de derrière très-courbe; un bec très-long, formé d’une

Fig. 1121. — Le Flammant.

mandibule inférieure ovale, ployée longitudinalement en canal demi-cylindrique, et d’une supérieure oblongue, plate, ployée en travers dans son milieu, de manière à

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joindre exactement la première ; les bords de ces mandibules sont garnis de lames transversales très-fines; une langue très-épaisse, des narines longitudinales placées au milieu du bec, recouvertes par une membrane et un cou très-long. Leur plumage, fin et soyeux, est employé comme fourrure, et leur chair est assez estimée, la langue principalement. Ces singuliers oiseaux habitent les contrées chaudes et tempérées des deux continents, mais surtout l’Afrique.

On en connaît quatre espèces principales : 1" Le F. commun ou Béchorn {P. ruher^ Lin.), de l’Europe méridionale et de l’Afrique. Il a environ J“,20dehaut; son plumage, brun cendré la première année, devient rose dès la seconde, puis à la troisième il passe sur le dos au rouge-pourpre, tandis que les ailes sont roses avec des pennes noires. Leurs pieds sont bruns, leur bec jaune et noir au bout. Ils vivent en troupes, dans les plaines marécageuses du littoral de la Méditerranée, à la Camargue par exemple, se tenant souvent sur de longues lignes droites, et cherchant dans l’eau et la vase les petits poissons, les vers et les mollusques dont ils font leur nourriture. A cet effet, ils tournent le cou de manière à rendre inférieure la mandibule supérieure qui est plate, puis ils fouillent dans la vase en imprimant à leur cou des mouvements oscillatoires. Ils dorment sur un pied ; leur démarche est d’ailleurs lente et embarrassée. La femelle, gênée par ses longues jambes, place son nid sur un endroit élevé et se met à cheval pour couver. M. Crespon affirme qu’il n’en est rien et qu’elle replie ses jambes sous le ventre. 2° Le F. pygmée {P. minois Lin,), de l’Afrique centrale et méridionale ; moitié du précédent. 3" Le F, rouge (P. bahamensis^ Lin.), des Antilles, de grosseur moyenne. 4° Le F. à manteau de feu (P. ignicapillus, Lin.), de l’Amérique du Sud. Ces dernières espèces ne sont que des variétés de la première.

FLAMME (Physique). — Une flamme est une masse de gaz portée à une température suffisamment élevée pour devenir lumineuse. Elle n’est brillante qu’à la condition de contenir des particules solides dans son intérieur. Ainsi la flamme de l’hydrogène est fort peu éclairante ; mais elle le devient quand on y place de petits fragments d’amiante. Une flamme provient généralement d’une combustion, et il en résulte qu’elle doit être constituée de deux manières différentes, selon que les particules solides qu’elle peut contenir en suspension sont le produit de la combustion ou sont dues à la décomposition par la chaleur d’une partie de la matière combustible elle-même; le premier cas est celui delà flamme du phosphore, et le second celui de la flamme des hydrogènes carloonés. Mais dans ces deux circonstances il y a une différence bien tranchée. Quand le produit de la combustion est solide et se trouve porté àl’ignition dans la flamme, c’est dans la partie extérieure de celle-ci, à l’endroit où il y a combustion, et par conséquent production du corps solide, que l’on trouve le maximum d’éclat. Dans le second cas. au contraire, la flamme présente trois parties distinctes : une première partie extérieure, peu lumineuse parce que, l’oxygène y étant en quantité considérable, les particules solides combustibles ne sauraient y subsister et brûlent à mesure qu’elles y arrivent. La partie moyenne contient une grande quantité de matière qui se trouve décomposée par la chaleur même de la combustion, et s’y maintient à l’état de particules solides incandescentes, parce que la matière combustible est ici en excès sur la matière comburante. La combustion qui se produit quand on enflamme les hydrogènes carbonés qui proviennent de la distillation de la houille est tout à fait de cet ordre. La flamme de nos bougies et de nos chandelles présente aussi ces mômes caractères.

Cette propriété des corps solides de donner ainsi beaucoup d’éclat à la flamme a été utilisée pour la formation d’une lampe fixe et éclairante. Elle consiste en un bec circulaire percé de trous par lesquels sort un courant d'hydrogène mêlé d’oxyde de carbone. Ce gaz s’obtient en décomposant l’eau par une température élevée et avec l’aide du charbon. Au-dessus des trous par où sort le gaz combustible est une petite toile métallique circulaire, en fil de platine. Cette toile est portée à une vive incandescence par la chaleur de la combustion du gaz, et il en résulte une lumière parfaitement fixe et fort éclairante.

Dansl’étudedes particularités des flammes que l’on rencontre le plus ordinairement,c’est-à-dire de cellesdeseconde espèce, nous prendrons pour type la flamme d’une bougie. Elle a la forme d’un tronc de cône ifig. 1122) dont la petite base est dirigée vers le bas, et dont la grande est surmontée d’un cône. On y distingue, comme il a déjà

été dit, deux enveloppes, l’une extérieure e peu lumineuse, 1 autre moyenne i très-brillante, qui est la seule vraiment utile pour l’éclairage; enfin la partie intérieure m est complètement obscure, il ne s’y effectue pas de combustion, c est seulement le gaz combustible qui l’occupe avant de brûler. Pour se convaincre de cette constitution de là flamme, il faut la couper par une toile métallique qui intercepte la partie supérieure {figAvny, cette toile, 6H effet, refroidit assez le gaz pour empêcher Tincandes* cence de se propager d’une surface à l’autre, bien que cependant le gaz s’élève comme précédemment. Quand on a ainsi fait disparaître la partie supérieure de la flamme, on voit en regardant au-dessus trois anneaux concentriques. On peut, en faisant dans la toile une petite ouverture correspondante au point central, montrer que l’on peut introduire dans cette partie de la flamme des corps très-combustibles, du soufre, de la poudre, etc.,

I sans qu’il y ait inflammation ; il est donc parfaitement j constaté que celte portion de la flamme n’est pas plus , chaude qu’elle n’est brillante.

Il nous reste à expliquer la forme conique de la flamme. Pour cela, figurons-nous une bulle unique de gaz combustible. Cette bulle étant enflammée va subir par l’action de la chaleur deux effets. Elle va tendre à diminuer

Fig. 1122. Constitution delà flamme. Fig. 1123.

de volume par l’effet de la combustion ; d’autre part, sous l’action de la température qui s’élève, elle va se dilater; mais, en diminuant de densité, la bulle va donc s’élever nécessairement dans l’air ; l’effet de la dilatation l’emportant d’abord sur celui de la combustion, elle augmentera de volume et engendrera dans son mouvement ascensionnel une portion de cône, la petite base du tronc étant dirigée vers le bas ; mais bientôt la dilatation cessant de l’emporter sur la combustion, la bulle diminuera jusqu’à devenir nulle, et alors elle formera en s’élevant un cône dont la base coïncidera avec la base du tronc de cône du premier cas. Telle est la cause de la forme des flammes que nous employons; seulement, au lieu d’une bulle de gaz, il y en a une série, de manière que nous en voyons continuellement dans toutes les positions à la fois.

Ce qui vient d’être dit peut servir à expliquer certains phénomènes que nous observons continuellement dans nos lampes. Quand on diminue le courant d’air, la flamme s’allonge, car alors la matière combustible n’étant pas brûlée assez vite s’élève toujours jusqu’à ce qu’elle ait trouvé assez de gaz comburant pour être complètement consumée; aussi, dans ces circonstances, arrive-t-il que du charbon se dégage de la cheminée de la lampe, faute d’avoir été brûlé par l’oxygène de l’air : on dit alors que la lampe file. Si, au contraire, l’on augmente le courant d’air, le gaz combustible étant brûlé plus vite, la flamme est moins haute. Mais cette augmentation d’oxygène qui accroît nécessairement la chaleur de la flamme, et que l’on utilise pour cette raison dans les lampes d’émailleur, agit différemment sur les propriétés éclairantes, suivant les circonstances; quand les matières solides en suspension dans la flamme sont le produit de la combus- . tion, la clarté est augmentée, parce que l’excès de corn-

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buraut rendant la combustion plus complète et plus rapide augmente dans un temps donné la production de ces matières solides qui rendent la flamme lumineuse ; mais, dans le cas où la clarté de la flamme est due à une décomposition du combustible, l’afflux de l’air diminue l’éclat, car toute la matière combustible est brûlée.

Si l’on met dans une flamme un corps bon conducteur de la chaleur, ce corps refroidit la flamme et diminue son éclat; c’est un effet de cet ordre que produit dans la flamme d’une chandelle le champignon charbonneux qu’y forme la mèche au bout d’un certain temps, et d’où vient l’usage des mouchettes. C’est aussi à des causes de ce genre que sont dus les phénomènes remarquables produits par les toiles métalliques sur la flamme, et dont il a déjà été question. Une toile métallique sera d’autant plus efficace pour arrêter une flamme, que les mailles en seront plus petites , les fils plus gros, la toile plus froide. Cette dernière condition est indispensable. Telle toile arrête une flamme quand elle est froide, qui ne l’empêche plus quand elle est échauffée. Il faut aussi faire entrer en ligne de comp:e la température de la flamme; la même toile peut empêcher la flamme de l’hydrogène carboné de se communiquer, et n’arrêter nullement la flamme du mélange d’hydrogène et d’oxygène qui est bien plus chaude.

C’est en utilisant cette propriété des toiles métalliques, que Davy a construit sa lampe de sûreté des mineurs qui n’est autre chose au fond qu’une lampe ordinaire entourée d’une enveloppe en toile métallique. Voy. Lampe de sûreté.

Flamme, Flammette, autrement Phlébotome (Médecine humaine et vétérinaire), du grec phlebs, veine, et temnôfie coupe. — Instrument de chirurgie très-anciennement employé pour pratiquer la saignée. C’était une espèce de lancette (voyez Saignée) dont on se servait en appuyant la pointe sur la veine, puis, avec un petit bâton, on frappait sur l’instrument pour faire la section de la peau et de la veine en même temps. Cette pratique, ordinairement employée du temps d’Albucasis, est encore celle des vétérinaires pour saigner les chevaux. Seulement la flamme dont ils se servent a dos dimensions plus considérables. Les médecins allemands ont inventé une espèce de flamme a ressort; la lame est renfermée dans une boîte et mise en mouvement par un ressort qui la fait sortir au moyen d’une bascule dont le chirurgien lâche la détente, lorsque l’instrument a été mis en place sur la veine que l’on veut ouvrii’. Usitée dans quelques parties de rÂlIemagne, la flamme à ressort est tout à fait négligée en France, aussi bien par les vétérinaires que par les médecins.

Flamme BLANCHE (Botanique). — Nom vulgaire d'une espèce &' Iris {Iris germanica. Lin.).

- Flamme des bois (Botanique), Flamma sylvarum^ Rumph. — Espèce de plante du genre Ixora, famille des Rubiace'es^ nommée Ixora écarlate {Ixora coccinea^ Lin.). Elle est remarquable par la belle couleur de feu de ses nombreuses fleurs qui forment un corymbe éclatant et de longue durée au sommet des rameaux. Elle croît dans i’Inde, et on la cultive dans nos serres.

Flamme des bois (Petite) (Botanique). — Nom donné par Rumphius à la Pavetta de l'Inde {Pavetta indica^ Lin.), joli arbrisseau du genre Pavetta, voisin du précédent (Ixora) de la famille des Rubiacées. Il donne d’août à octobre des fleurs d’un rouge jaunâtre, à long tube, petites, très-odorantes. Il vient de l'Inde.

Flamme fétide (Botanique). — Nom vulgaire d’une espèce à' Iris, Viris fétide, le Glayeul puant.

Flamme de Jupiter (Botanique). — C’est la Clématite, droite {Clcmatis crecta. Lin.).

Flamme de mer (Zoologie) . — Nom vulgaire d’une espèce de Poisson, du genre des Rubans (Cepola, Lin.). C’est la Cépole bandelette {Cepola rubescens. Lin.), connue aussi sous le faux nom de Cepola tœnia. De couleur rougeâtre. De la Méditerranée.

ÆAMMULES (Botanique', de flamma, flamme, feu, à cause de leur effet brûlant. — On donne ce nom à deux espèces de plantes de la famille des Renonçai acées . L’une est la Renoncule petite douve {Ranunculus flammula. Lin.), et l’autre est la Clématite odorante (Clematis flammula. Lin.). Ces plantes sont aussi nommées Flammettes (voyez Clématite et Renoncule).

FLANC (Anatomie). — On appelle jflancs les deux régions latérales de l’abdomen, qui s’étendent depuis les fausses côtes où elles se confondent avec les hypochondres jusqu’aux crêtes iliaques, où commencent les ré-

i gions ou fosses iliaques. Les deux flancs sont séparés par la région ombilicale.

Flanc (Anatomie vétérinaire). — Les flancs sont une partie importante à considérer dans les animaux domestiques. Ils ont pour base principale la portion charnue du muscle petit oblique; on y distingue une partie médiane, saillante, c’est la corde du flanc; une partie déprimée située au-dessus et nommée le creux; enfin, une troisième au-dessous, et qui se continue avec le ventre. On dit que le flanc est corcfe lorsque le muscle petit oblique qui constitue la corde est très-saillant. Lorsque la partie inférieure du flanc est peu développée, on dit qu’il est retroussé. Un flanc court indique toujours la force; c’est un genre de beauté que l’on recherche dans le cheval. Au contraire, dans le bœuf et le veau, on préfère un flanc long, parce que cette région donne beaucoup de viande. L’irrégularité dans les mouvements des flancs, dans la respiration du cheval, est un signe pathognomonique de la pousse iy oyQz ce mot).

FLANDRINES (Vaches) (Economie rurale), — Dans le système de classification des vaches laitières de Guénon, les vaches flandrines forment la première classe. On leur a aussi donné le nom de Indiennes. Ce sont les meilleures laitières. Elles se distinguent par un écusson qui, partant du pis et des faces internes des cuisses, remonte sur le périnée sans interruption ; il diminue de largeur chez les moins bonnes laitières de cette classe.

FLATE (Zoologie), Flata, Fab. — Genre d'insectes établi par Fabricius, dans l’ordre des Hyménoptères,!^^.mille des Cicadaires muettes, et qui constitue le genre Pœciloptère de Latreille, très-rapprochédesFulgores. Ces insectes s’en distinguent parce qu’ils ont les élytres ordinairement plus larges, et que leur tête, le plus souvent transverse, ne se prolonge que très rarement en forme de museau ou de bec. La F. à nervures, que l’on trouve dans les bois aux environs de Paris, est longue de 0“,009, noirâtre ; elle a les ailes transparentes, avec les nervures blanches et ponctuées de noirâtre. Flatuosité. — Voy. Pneümatose.

FLAVERIE (Rotanique\ Flaveria, Juss. — Genre de plantes Dicotylédones gamopétales périgynes,i?im\\\Q des Composées, tribu des Sénécionidées, sous-tribu des Flavénées. Ce sont des plantes herbacées, annuelles, de l’Amérique australe. La F. contre-poison {F. contrayerba , Pers.) est une plante herbacée, annuelle, haute de 1 mètre, à feuilles opposées, portant des calathides terminales, agglomérées en corymbe, à corolles jaunes, velues à la base. Cette plante est du Pérou et du Chili, où on l’emploie à teindre en jaune.

FLÉAU (Botanique). — Nom vulgaire de la Fléole des prés.

Fléau (Agriculture). — Instrument dont on se sert pour le battage des céréales (voyez Egrenage).

FLÈCHE (Zoologie). — Nom par lequel Pallas désigne un poisson du genre Callonyme, le C. flèche {C. sagitta, Pall.).

Flèche d’eau (Botanique). — Nom donné par qiK.'lques botanistes à la Fléchière {Sagittaria sagitlæfolia. Lin ).

Flèche dTnde (Botanique). — On a désigné par le nom de Flèche, Roseau à flèches. Herbe aux flèches, une espèce de piaule du genre Galanga,\e. G. à feuilles de balisier {Maranta arundinacea. Lin.), parce que les Indiens se servent de ses tiges pour faire le corps de leurs flèches.

Flèche de mer (Zoologie). — On a donné ce nom vulgairement au Dauphin ordinaire {Delphinus delphis, Lin.), parce qu’il est célèbre par la vélocité de son mouvement, qui le fait quelquefois s’élancer comme une flèche sur le tillac des navires.

Flèche de pierre (Zoologie). — Nom sous lequel on a désigné quelquefois les coquilles fossiles dites Bélemniies, à cause de leur forme allongée et conique.

Flèche-en-queue (Zoologie). — Quelques naturalistes ont appelé ainsi l’oiseau nommé le Grand Phaéton {Phaet. œthereus, Lath.), appelé aussi Paille-en-queue, parce qu’il porte de chaque côté de la queue un long brin garni de barbes courtes et blanches, et qui ont quelquefois jusqu’à 0“,65 de longueur.

FLÉCHIÈRE (Botanique), Sagittaria, Lin. ; du latin sagitta, flèche, tiré de la forme des feuilles. — Genre de plantes Monocotylédones apérispermées de la famille des Alismacées, tribu des Alismées, caractérisé par : 3 sépales verts; 3 pétales colorés; étamines nombreuses; anthères à 2 loges séparées aux deux extrémités; ovaires nombreux à une loge et un ovule, et réunis

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sur un réceptacle globuleux ; fruit formé de carpelles terminés en bec. Les espèces de ce genre, au nombre d’une vingtaine environ, sont des herbes vivaces, à feuilles sagittées, hastées, à fleurs blanches réunies en assez grand nombre à l’extrémité d’une hampe. Elles habitent les eaux et les marais des régions tempérées de l’hémisphère boréal. La plus répandue en Europe est la F. à feuilles sagittées (S. sagittifolia, Lin.}, appelée Flèche d’eau. C’est une plante à rhizomes renflés, contenant une substance amylacée. Ses fleurs sont blanches, rosées vers la base. Cette espèce a passé pour vulnéraire, détersive, astringente. Les Chinois cultivent comme plante alimentaire la F . de la Chine (S. sinensis, Lin.). Ils mangent ses rhizomes crus ou bouillis comme les châtaignes. G — s.

FLÉCHISSEURS (Muscles) (Anatomie). — On a donné ce nom à un nombre assez considérable de muscles, à cause de leur fonction qui a pour but d’opérer la flexion de certaines parties. On les rencontre aux deux membres où ils ont presque partout leurs analogues.

Au membre supérieur : 1“ Court fléchisseur du petit doigt {Carpo-phalangien du petit doigt., Ch.); il manque souvent, se fixe au ligament annulaire du carpe et au bord antérieur de l’apophyse de l’os cunéiforme d’une part ; d’autre part, à la partie externe du tendon de l’adducteur du petit doigt, fléchit la première phalange. 2“ Court fléchisseur dupouce {Carpo-phalangiendu pouce., Ch.), fixé d’une part au ligament annulaire du carpe, au trapèze, au grand os et au troisième métacarpien ; d’autre part, à la première phalange du pouce et à l’os sésamoïde. Il fléchit la première phalange du pouce. Z°Long fléchisseur du pouce (Radio- phalangettien du pouce.. Ch.). Couché sur le radius sur lequel il s’insère, il se termine en bas sur la première phalange du pouce. Fléchisseur profond des doigts (Cuhito-phalangettien commun, Ch.). Fixé à la partie supérieure du cubitus, et en bas au-devant de la troisième phalange des quatre derniers doigts. Il fléchit les phalanges successivement l’une sur l’autre ; ensuite le métacarpe, puis la main sur le bras. 5" Fléchisseur sublime des doigts [Epitrochlo-phalanginien commun. Ch.). 11 naît ducondyle interne de l’humérus (épitrochlée. Ch.), de l’apophyse coronoïde du cubitus, descend verticalement et se divise en quatre portions qui se portent aux quatre derniers doigts. Il fléchit les secondes phalanges sur les premières, celles-ci sur le métacarpe, etc.

Au membre inférieur : 1° Fléchisseur accessoire des orteils. Des faces inférieure et interne du calcanéum, il va se terminer au-dessus du tendon du grand fléchisseur commun auquel il sert d’auxiliaire, Court fléchisseur commun des orteils [Calcanéo-sous-phalanginien commun. Ch.). Du calcanéum aux secondes phalanges des quatre derniers doigts, par des tendons au moyen desquels il les fléchit sur les premières, etc. 3“ Court ftéchisseur du gros orteil (Tarso-sous-phalangien du premier orteil. Ch.). Du calcanéum et des deux derniers cunéiformes à la pi emière phalange du gros orteil, qu’il fléchit. 4" Court fléchisseur du petit orteil (Tarso-sousphalangien du petit orteil, Ch.). Du cinquième métacarpien à la première phalange du petit orteil, qu’il fléchit. 5° Long fléchisseur commun des orteils (Tibio phalangettien commun. Ch.). De la face postérieure du tibia aux troisièmes phalanges des quatre derniers doigts. 6» Long fléchisseur du gros orteil (Péronéo-sous-Phalangettie7i du pouce. Ch.). Il naît du péroné et du ligament interosseux, descend verticalement derrière le péroné, se termine par un tendon qui au niveau de l’articulation tibio-tarsienne se réfléchit à angle droit, passe dans une coulisse, devient horizontal et va s’attacher à la dernière phalange du gros orteil, qu’il fléchit. F — N.

FLÉOLE (Botanique) (Phleum, Lin.), de phleos : nom que les Grecs donnaient aux plantes nommées massettes, les des modernes, ou fléau vulgairement, à cause

de la forme des inflorescences qui ressemblent en petit aux massettes. — Genre de plantes Monocotylédones périspermées de la famille des Grammées , type de la tribu Phléoïdées. Caractères : épillets à glumes égales, libres, comprimées, acuminées ou un peu tronquées; glumelle inférieure carénée, tronquée; glumelle supérieure à 2 dents et 2 carènes; 2 styles; stigmates à poils simples. Les fléoles sont des herbes des régions tempérées de l’hémisphère boréal. Le plus grand nombre se trouve en Europe. Leur inflorescence est en panicules resserrées, ayant la forme cylindrique. La F. des prés (P. prafense. Lin.) est vivace et s’élève souvent â plus de 0“,G0. Ses glumes sont tronquées brusquement.

FLÉ

Cette espèce est un excellent fourrage que les clievaux préfèrent le plus souvent à toute autre espèce de graminées; elle constitue, à elle seule ou associée au trèflerampant ou à la luzerne lupuline, une prairie artificielle d’un rapport considérable.

On la désigne souvent sous le nom de Queuede-rat, que l’on donne aussi quelquefois au vulpin des prés. Elle réussit bien dans les terres et les climats humides, et peut rendre jusqu’à 6 et 8 000 kilogrammes, par hectare, de gros foin d’assez bonne qualité. Suivant M. de Gasparin, elle donne par hectare un produit de 19 524 kilogrammes et 5 900 de regain. On l’a encore peu cultivée en France, quoique les premiers essais aient bien réussi. On la sème en septembre, octobre, mars et avril, à raison de 7 à 8 kilogrammes de graine par hectare.

C’est une espèce tardive (le Livre de la Ferme).

La F. noueuse (P.

nodosum. Lin.) est considérée comme une simple variété de la précédente. Elle ne s’en distingue que par une plus petite taille et les tiges noueuses. Ces plantes se trouvent communément aux environs de Paris, ainsi que la F. de Bœhmer (P. Bœhmeri, Wibel;

Phalaris phleoides) , remarquable principalement par ses panicules spiciformes, dont les rameaux portent plusieurs épillets.

FLET , Flételet,

Fléton (Zoologie),

Pleuronectes flesus.

Lin., nommé aussi le Picaud, Poisson qui a les formes de la Plie (voyez ce mot) dont il est une espèce; il a les taches plus pâles, et de petits grains à. la ligne saillante de la tête. Sa ligne latérale a des éca lies hérissées. Sa chair est moins bonne que celle de la plie frayiche. 11 remonte très-haut dans les rivières.

FLÉTAN (Zoologie), Hippoglossus, Cuv. — Sous-genre àe Poissons , de l’ordre des Malacopterygiens subbrachiens, famille des Poissons plats, du grand genre des Pleuronectes de Linné. Ils ressemblent beaucoup aux plies dont ils ont les nageoires et la forme ; les mâchoires et le pharynx sont armés de dents fortes et aiguës. Ils ont généralement une forme plus oblongue. Les uns ont les yeux à droite, les autres à gauche; il en est de môme de la ligne latérale. L’espèce la plus importante de ce genre, peu nombreux du reste, est le Grand F. ou Helbut (Pleuronectes hippoglossus , Lin.), très-commun dans les mers du Nord et au voisinage des îles Malouines et de Terre- Neuve ; il a les yeux à droite, la ligne latérale arquée au-dessus de la pectorale; le dessus du corps est d’un brun plus ou moins foncé. Ces poissons parviennent à des dimensions énormes. Selon Cuvier, ils atteignent '2“, 30 de longueur et peuvent peser jusqu’à 20Ü kilogrammes, et môme d’après Anderson, on on aurait pris en Norwége de près de G mètres. Ils sont très-voraces et se nourrissent de gades, de raies, de crustacés, etc. On sale la chair des flétans, qu'on mange aussi fraîche ou fumée; elle est d’une digestion difficiie. La Méditerranée en a

Fig. 1124. — Fléole des prés.

FLE

FLE

quelques espèces beaucoup plus petites, entre autres le F. macrolépidote {H, citharus, Riss.). H a des écailles, les yeux à gauche, la ligne latérale droite carénée ; sa forme est oblongue, sa couleur jaune foncé en dessus, blanchâtre en dessous. Le F. de Base {H. Bosciï), nn peu plus grand, se distingue par de grands yeux et de belles taches noires. Leur chair a un bon goût. « On connaît très-peu, dit Risso, les habitudes naturelles des flétans; habitant toute l’année les profondeurs vaseuses, ils s’approchent rarement du littoral, où les femelles déposent leurs œufs en été, et les petits individus commencent à folâtrer près de la surface de l’eau, vers la fin de septembre. Leur chair a un bon goût ; ils ne sont pas communs sur nos rivages (de Nice). «

FLEUR (Botanique), en latin flos, en grec anthos. — La fleur est l’ensemble des organes qui servent à la reproduction du végétal : une de ses parties, survivant aux autres, se développe en un nouvel organe, qui est le fruit; et enfin, dans le fruit, se trouve la ^mme, sorte d’œuf végétal où l’on voit déjà formée la jeune plante qu’elle pourra produire au grand jour. Tous ces organes ont une très-grande importance dans la vie du végétal ; ils fournissent en outre les moyens les plus faciles de distinguer les plantes entre elles. Je vais décrire la fleur la plus compliquée, ce que les botanistes appellent la fleur complète. La fleur complète se compose de quatre séries d^’organes disposés en cercles concentriques ou verticilles., à l’extrémité du pédoncule qui porte la fleur. Ces quatre verticilles sont, en allant de la périphérie au centre : 1“ le Calice; 2° la Corolle-, 3“ les Etamines; 4® le Pistil ou les Pistils.

Le calice est l’enveloppe la plus extérieure de la fleur ;

il se continue ordinairement avec l’écorce même du pédoncule , et en conserve souvent l’aspect herbacé et verdoyant. Cette enveloppe, ou verticille floral externe, est composée de folioles rappelant un peu l’apparence des bractées, et que l’on nomme les sépales du calice. Le nombre des sépales varie, et nous verrons tout à l’heure quelles modifications principales peuvent présenter ces organes.

La corolle, seconde enveloppe de la fleur, en constitue ordinairement la partie la plus remarquable, par sort développement et par l’éclat de ses couleurs. Elle est placée en dedans du calice, et se compose de folioles dé; licates, colorées et diversement figurées, que l’on nommé les pétales (du pétalon, feuille). Si l’on examine un pétale isolé, on voit que c’est une lame ordinairement rétrécie vers le point qui la fixait dans la fleur, et élargie dans la partie opposée. On nomme limbe cette expansion du pétale, et onglet la portion étroite par laquelle il se fixe.

Le calice et la corolle sont de simples enveloppes protectrices placées autour des organes plus importants qui occupent le centre de la fleur, et dont nous allons nous occuper maintenant.

Les étamines constituent le troisième verticille de la fleur, il est formé par des organes moinsvisibles aupremier

(1) Coupe verticale d’une fleur d’œillet. — re, le réceptacle ou torus. — ca, calice. — br, bractées formant un calicule à la base du calice. — co, corolle. — et, étamines. — ov, ovaire contenant les-ovules. — sty, styles. — sti, stigmate.

coup d’œil que les pétales et les sépales. V étamine se compose d’un ou lame mince et longue, portant à son extrémité X anthère, corpsrenflé, arrondi, oblongoude toute autre forme, mas qui est toujours creux, et contient dans sa cavité, le plus souventdouble, une poussière habituellement jaune, que l’on nomme \epollen. La fonction de l’étamine est précisément de produire cette poussière pour la répandre sur le pistil, où elle provoquera le développement des graines. Le pollen, en un mot, est la poussière fécondante des végétaux, et Vétamine, qui la pro-

duit , est considérée comme représentant le sexe mâle dans les plantes. Les étamines sont sujettes à des modifications très-importantes, que nous étudierons bientôt. Souvent l’ensemble des étamines est désigné sous le nom de verticille staminifère ou androcée du grec anèr, mâle, oikia, maison).

Enfin le ou les pistils, au centre de la fleur, organe tantôt unique, tantôt multiple. On y doit distinguer généralement trois parties : la plus importante est l'ovaire, renflement globuleux ou allongé, qui se voit à la base du pistil et renferme les ovules, c’est-à-dire les petits corps qui , après avoir éprouvé l’influence du pollen, se développeront pour constituer la graine,. en môme temps que l’ovaire tout entier sera devenu le fruit. Cette fonction de produire les graines fait regarder le pistil comme l’organe femelle des plantes. L’ovaire est surmonté d’un ou de plusieurs prolongements nommés styles, que termine le stigmate, organe poreux souvent enduit d’une matière gommeuse. Parfois, le style est tellement court que le stigmate repose à peu près directement sur l’ovaire, et on le désigne alors sous le nom àe stigmate sessile. Beaucoup de végétaux possèdent dans une môme fleur des pistils multiples ; beaucoup aussi n’en ont qu’un seul ; mais il en est un très-grand nombre qui, avec un pistil unique en apparence, en ont réellement plusieurs soudés ensemble d’une façon plus ou moins intime. On le reconnaît à ce que Xovaù-e, formé entièrement d’une seule masse, est creusé intérieurement de plusieurs loges. Alors on voit souvent V ovaire surmonté d’autant de styles qu’il y a de loges; parfois le style unique se termine par plusieurs stigmates, dont le nombre correspond à celui des loges ; enfin, si la soudure des pistils multiples est assez intime pour que les styles et les stigmates soient réunis comme les ovaires, au moins le stigmate composé qui en résulte atteste encore par le nombre de ses lobes celui des pistils simples que l’on doit supposer dans la fleur. En résumé donc, le pistil ne possède plusieurs loges que lorsqu’il est composé de plusieurs pistils simples ; mais il ne renferme élémentairement qu’un ovaire creusé d’une loge conique contenant Vovule ou les ovules, et au-dessus de cet ovaire un seul style, terminé par un seul stigmate. Tel est le pistil élémentaire que les botanistes nomment habituellement un carpelle (du grec carpos, fruit), et souvent pour indiquer la composition d’une fleur, ils disent, par exemple : ovaire composé de cinq, six carpelles ; cela veut dire surtout que l’on compte cinq, six loges ovariennes.

Ces quatre verticilles de la fleur sont supportés par une portion élargie du pédoncule qui forme le fond de la fleur, et que l’on nomme le réceptacle ou torus. Sou-

(I) Coupe verticale de la fleur de la giroflée. — ca, calice: montrant encore un sépale de chaque côté. — co, corolle, montrant deux pétales. — e, e, étamines. — o, pistil montrant soit ovaire fendu qui contient les ovules; U est surmonté d’uu style court et épais, et d’un stigmate conique.

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