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L’équilibre peut être instable, comme dans la position AB ; car si on déplace un peu le corps pour l’amener en A'B', il tend, comme il a été dit, à se placer horizontalement.

L’équilibre peut être stable. D’abord il le sera toujours quand le centre de gravité G' se trouvera au-dessous du centre de poussée 1 1 .^3) , ce qui arrivera,par exemple, en prenant un cylindre AB auquel on adapte comme lest, i la partie inférieure, une portion BG faite en métal très-

dense ; seulement, il ne faudrait pas croire que cette condition de stabilité, qui est suffisante, soit nécessaire. Ainsi, dansun bateau [fiy. 1154), il arrive la plupart du temps que le centre de poussée P soit inférieur au centre de gravité, et si cependant le bateau s’incline de manière à quitter la position ABC pour la position A'B'C', son poids et la poussée qu’il subit s’unissent pour le relever. Il faut, dans ce cas, se préoccuper de la position d’un point appelé métacentre ; ce point n’existe d’ailleurs que dans les corps qui jouissent de cette propriété qu’en les inclinant, le centre de gravité et le centre de poussée se maintiennent dans le môme plan vertical. Cette hypothèse ayant été supposée satisfaite dans la figure, on voit que la verticale menée par le nouveau centre de poussée P' rencontrerait la ligne GP, qui, dans la position d’équilibre, joignait le centre de poussée P au centre de gravité ; ce point de rencontre est le métacentre. Il est évident que, si le mé-

Pig. 1153. — Corps fluUanls.

tacentre se trouve au-dessous de G, comme cela serait dans le cas actuel, le corps est ramené à sa position d’équilibre ABC, qui est une position d'équilibre stable ;dans le cas contraire, l’équilibre serait instable.

Si l’on fait tourner sur lui-même un corps flottant, des positions d’équilibre stable et non stable se succéderont alternativement ; il existe donc pour lui un nombre pair de positions d’équilibres alternativement stables et instables.

Si le corps flottant est une sphère homogène, l’équilibre est indifférent, car le centre de poussée et le centre de gravité sont toujours sur la même verticale,

La recherche précise des conditions d’équilibre d’un corps flottant, dans un cas quelconque, est du ressort de la mécanique rationnelle. H. G.

FLOÜVE (Botanique), Anihoxanthum^ Lin. ; du grec anthos, fleur, et jaune ; à cause de la couleur

des épis. — Genre déplantés Monocotylédones përispermées, famille des Graminées^ tribu des Phaîaridées. Caractères : épillets à 3 fleurs dont 2 stériles ; la fleur fertile a 2 glumelles beaucoup plus courtes que celles des fleurs stériles; glumes carénées, la supérieure plus grande du double que l’inférieure ; glumelles presque égales; étamines, 2; ovaire glabre, et terminé par 2 styles et 2 stigmates. Ces plantes, dont on ne connaît que quelques espèces,sont des herbes odorantes, vivaces, à feuilles planes, accompagnées d’une ligule allongée. Elles croissent en Europe. La plus commune et en môme temps la plus importante est la F. odorante [A. odoratum^ Lin.), vulgairement F. des Bressants,

On la rencontre dès le printemps dans les endroits secs, sablonneux, montueux. Ses chaumes sont droits, hauts de 0'“,3() à O™, 60, naissant plusieurs ensemble, et disposés en touffe, à panicules oblongues, d’un vert jaunâtre; elle fleurit en mai et juin. Cette plante acquiert par la dessiccation une odeur aromatique agréable, due à l’acide benzoïque contenu dans ses racines. La F. amère {A, awarwm, Brotero) ressemble beaucoup à

la précédente; mais ses feuilles et ses tiges sont rudes, son épi plus allongé, ses épillets plus gros, et d’un blanc cendré. Elle croît naturellement en Portugal. G — s.

Flouve (Agriculture). — La flouve odorante est un excellent fourrage, mais qui fournit peu, et qui, à cause de sa floraison précoce, arrive à maturité avant les autres plantes fourragères; il est, du reste, fin, peu abondant, assez nutritif, et augmente la qualité du foin par l’odeur aromatique qu’il lui communique. Il convient aux prés et aux pâturages de tous les terrainset vient bien même] à l’ombre. Quelques agronomes ont essayé de cultiver cette plante seule; elle peut, de cette manière, fournir trois coupes. Mais il est préférable de la mêler avec les autres plantes fourragères, et même dans des proportions modérées : M. Demoor (De la culture des prairies) conseille, dans les terrains sablonneux ou calcaires pouvant être irrigués, delà mêler, dans la proportion de 2 sur 36, à douze autres graines; un peu moins dans les terrains argilo-sablonneux ou argilo-calcaires.On latrouve assez souvent dans les prairies de l’arrondissement d’Avesnes, dans celles du canton de Vie (Hautes-Pyrénées), etc.

FLUCTÜATION (Médecine), du latin fluctus^ flot. — Mouvement communiqué à un liquide contenu dans une cavité naturelle comme celle de la plèvre, du péritoine, ou accidentelle, comme le foyer d’un abcès dans le tissu cellulaire.

Lorsqu’un liquide, quel qu’il soit, pressé sur un des points de la poche qui le contient, vient faire un effort plus ou moins perceptible sur le point opposé, on dit qu’il y a fluctuation. Pour la rendre plus sensible, il faut que la pulpe d’un ou de plusieurs doigts d’une main étant appuyée sur un des côtés de l’abcès, par exemple, l’autre main exerce une pression légère, mais un peu brusque, afin que le flux du liquide, se déplaçant rapidement, aille heurter la main exploratrice. On renouvelle ainsi la môme manœuvre en alternant le mouvement de pression de l’une à l’autre main. Lorsque la collection est superficielle, la fluctuation est facile à percevoir; mais lorsqu’elle est située un peu profondément ou que les parties offrent un certain embonpoint, il faut procéder à cet examen avec une grande attention. Quelquefois même elle est tellement obscure que, malgré une grande habitude, et ne pouvant se rendre exactement compte de la nature de la tumeur qu’il s’agit d’explorer, on est obligé d’avoir recours à ce qu’on appelle une ponction exploratrice (voyez Ponction).

FLUOR, Phthore (Chimie). — Corps simple dont les chimistes admettent la présence dans la fluorine ou spath fluor et dans les fluorures. Il existe, en effet, entre les fluorures, d’une part, les chlorures, iodures, bromures, de l’autre, des analogies qui, sans être complètes, sont toutefois réelles. D’ailleurs, les fluorures soumis à l’action de l’acide sulfurique donnent lieu à un acide énergique analogue à l’acide chlorhydrique. D’après ces remarques. Ampère eut, le premier, l’idée de supposer que les fluorures sont des composés binaires résultant de l’union d’un métal avec un radical élémentaire analogue au chlore, auquel il donna le nom de phthore; depuis, on a adopté plus généralement celui de fluor emprunté au nom môme de la fluorine. Toutes les tentatives faites jusqu’à présent pour isoler le fluor ont été infructueuses;

Fig. 1155. — Flouve odoranle.

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cela tient à ce qne le fluor paraît attaquer avec une incroyable énergie, no-i-seuleaiont les métaux, mais toutes les substances dans ii squelles on essaye de le renfermer. MM. Knox et Louyet eurent l’idée ingénieuse de se servir de vases en spuUi fluor, et ils essayèrent de décomposer dans des vases de cette nature le fluorure, d’argent par le ebiore. Ils obtinrent ainsi un gaz incolore, d’une odeur pénétrante, attaquant faiblement le verre, gaz qu’ils supposèrent être le fluor. Il n’est pas possible de se prononcer sur ce point; il est certain même que s’il y avait dans le gaz obtenu du fluor, celui-ci était fort impur et mélangé particulièrement de chlore dont l’action sur le fluorure n’est pas complète. On a eu également recours à l’action de la pile, sans obtenir des résultats plus décisifs, car à la température élevée à laquelle commence la décomposition du fluorure, les vases dont on se sert sont très-rapidement perforés et mis hors de service. M. Frémy a fait une expérience de ce genre avec le fluorure -de potassium, maintenu à la température d’un feu de forge dans l’intérieur d’une cornue de platine. Un fil de môme métal établit la communication avec le réophore positif de la pile; quant au réophore négatif, il est en contact avec le corps môme de la cornue. Aussitôt que le courant passe, il se dégage par le col de la cornue un gaz qui décompose l’eau en produisant de l’acide fluorhydrique ; le fil de platine est d’ailleurs rapidement attaqué, ce qui met fin nécessairement à l’expérience. Le gaz obtenu dans ces circonstances est probablement du fluor.

Il est à remarquer que les diverses réactions concernant les fluorures pourraient s’expliquer en admettant que ceux-ci sont des fluates; toutefois, cette opinion n’est plus admise aujourd’hui par les chimistes. Au nombre des raisons qui l’ont fait abandonner, il faut citer l’action du chlore sur les fluorures; si c’étaient des fluates (M0,F10),le chlore devrait mettre en liberté de l’oxygène, ce qu’on n’observe point. Nous donnons ici la figure de l’appareil qui permet de faire agir le chlore sur le spath fluor. Le chlore produit dans le ballon A et purifié dans les flacons B, C, D, est ensuite desséché avec la plus grande rigueur, en traversant le tube EFGH de plus de

2 mètres de longueur, et rempli d’acide phosphorique anhydre. ni est une petite nacelle ou platine renfei'mant le fluorure de calcium; elle est maintenue à la température du feu de forge. Le gaz qui se dégage par le tube IJ est entièrement absorbable par la potasse ; il ne renferme donc pas d’oxygène. p,

FLUORHYDRIQUE (Acide) (FIH) ^Chimie). — Composé d’une proportion (19) de fluor et d’une proportion (1) d’hydrogène. Quand il est pur et privé d’eau, il est gazeux à la température ordinaire et ne se liquéfie qu’à 1.2“ au-dessous de zéro (Fremy). Il est d’ailleurs tellement avide d’eau, que sa préparation à l’état anhydre est fort difficile, et qu’on le connaît pour ainsi dire à peine sous cet état.

Combiné avec une proportion d’eau, l’acide fluorhy-

drique a pour densité 1,0G; il ne se congèle à aucune température et bout à 30“. Son affinité pour l’eau est encore si grande que chaque goutte qu’on en verse dans ce liquide y produit l’effet d’un fer rouge; aussi répand-il à 1 air d abondantes fumées blanches. 11 attaque presque tous les corps, même la silice et ses combinaisons. Cette propriété a été mise à profit pour l’analyse des silicates et pour la gravure sur verre. En recouvrant une lame de verre d’une couche de vernis des graveurs sur laquelle on trace un dessin à la pointe sèche, puis exposant cette lame aux vapeurs d’acide fluorhydrique, le verre est dépoli partout où il a été mis à nu par la pointe. Si, au lieu de vapeurs d’acide, on employait l’acide liquide luimême, celui-ci creuserait un sillon dans le verre sans le dépolir. C’est de l’une ou de l’autre de ces deux manières que l’on grave les tiges des thermomètres et les tubes ou

cloches employés en chimie. On se sert à cet effet d’une auge contenant le mélange d’acide sulfurique et de spath fluor destiné à produire l’acide fluorhydrique. On chauffe cette auge en plusieurs endroits, à l’aide de lampes à alcool jusqu’à ce que l’acide fluorhydrique commence à se dégager, puis on couche le tube sur l’auge en le recouvrant d’une feuille de papier. Après dix ou

quinze minutes d’exposition, on le retire et on enlève le vernis par le moyen de l’alcool ou de l’essence de térébenthine.

L’acide fluorhydrique se prépare en traitant dans une cornue de plomb (fig. 1 157) du fluorure de calcium minéral très-répandu dans la nature par c'e l’acide sulfurique concentré et chauffant ti-èslégèrement. L’acide vient SC condenser dans un tube en plomb recourbé en U et dont la courbure plonge dans un mélange réfrigérant. L’acide est conservé dans des vases de plomb ou de platine fermant bien hermétiquement. L’acide fluorhydrique est un des acides les plus redoutables que l’on connaisse.

Lorsque les mai ns restent trop longtemps exposées à sa vapeur, elles deviennent d’abord sourdement douloureuses, puis peu à peu les souffrances s’exaspèrent et finissent par être excessives. Une goutte de cet acide sur la peau y détermine une ulcération profonde accompagnée de douleurs trèscuisantes et se guérissant très-lentement. Si la brûlure était un peu étendue, elle pourrait devenir mortelle. Aussi doit-on le manier avec la plus grande précaution et l’étendre suffisamment d’eau pour qu’il cesse de fumer à l’air. P. D.

FLUORINE (Minéralogie), spath fluor, chaux fluatée, fluorure de calcium. — Sous ces différents noms on désigne un minéral qui se rencontre le plus ordinairement cristallisé en cubes, quelquefois en masses concrétionnées d’une structure lamelleuse. Suivant Gay-Lussac, le spath fluor est le résultat de la cembinaisou du calcium

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avec nn élément inconnu, appelé fluor : sa densité est 3,1 6; on le reconnaît aisément aux vapeurs blanches <]u’il émet, lorsqu’on le traite par l’acide sulfurique; ces • vapeurs rongent le verre. Souvent hyaline, cette substance est toujours transparente, quelquefois colorée en violet améthyste ou en vert bleuâtre: les échantillons qui possèdent la dernière teinte sont ordinairement dichroîtes : violets dans un sens, ils paraissent verts dans l’autre. Le spath fluor appartenant au système cubique possède la réfraction simple; son indice est l,43G;il polarise la lumière sous l’angle de 5° 9' avec la normale ; ses cristaux deviennent phosphorescents par la chaleur, lorsqu’on a usé une de leurs faces sur une meule de grès. La chaux fluatée est essentiellement une substance de filons; elle y accompagne tantôt l’étain, tantôt le plomb -ou le zinc. On l’emploie quelquefois comme fondant dans le traitement de quelques minerais; dans les laboratoires, le spath fluor sert à la préparation de l’acide fiuorhydrique. Les variétés à couleurs vives sont utilisées pour fabriquer des vases on des objets de fantaisie; les Tases murrhins, célèbres dans l’antiquité, étaient en fiuorine. Lef.

FLUORURE DE SILICIUM (SiFl^) (Chimie). — Composé de fluor et de silicium. C’est un gaz incolore, d’une densité égale à 3,57, répandant à l’air des fumées acides très-épaisses et se décomposant, au contact de l’eau et de l’humidité, en acide silicique ou silice (SiO^), qui a la forme d’une gelée transparente, et en acide fluorhydrique (FIH), qui se combine avec du fluorure de silicium non décomposé pour former de Voxide hydrofluosilicique 3(FlH),2(SiF13). Sa saveur et son odeur sont analogues à celles de l’acide chlorhydrique, avec lequel on l’a confondu pendant longtemps. Il se produit quand on fait agir l’acide fiuorhydrique sur le verre ; on le prépare en ■chauffant un mélange d’acide sulfurique concentré, de silice et de fluorure de calcium. Il a été découvert par Sclîéele en 1771 et étudié en 1812 par John Davy (voyez Hydrofluosilicique [acide].

FLUORURES naturels (Chimie). — Les fluorures naturels sont :

l’’e Section. Cubiques : fluorine (FlCa); yttrocérite FlLYtCe].

2« Section. Rhombiques ; cryolithe [Fl^APNa^).

FRUSTRES (Zoologie). — Suivant M. Milne-Edwaras, ■ces animaux appartiennent à l’embranchement des Mol~ lusques^ sous-embranchement des Molluscoïdes ou Tuniciers, classe des Bryozoaires ; ils forment, dans tous les cas, un genre établi par Linné [Flustra]^ et qui avait été rangé par Cuvier parmi les Polypes à polypiers celluleux, Spallanzani, Lamark, Blainville et beaucoup fl’autres ont étudié ces animaux, jusqu’à M. Miine- Edwards qui paraît avoir précisé leur véritable place dans le cadre zoologique. M. le professeur Paul Gervais résume ainsi les caractères de ce genre : « On peut dire que ce sont des polypes bryozoaires (du grec bryon, ■mousse, et zdon, animal) dont la peau externe se durcit en grande partie, et forme des polypiers d’apparence cornée, à loge ou cellule complète pour chaque animal. » La réunion de ces espèces de polypiers est fixée en forme de croûte foliacée aux corps sous-marins. On en trouve I dans toutes les mers et à toutes les profondeurs. La | F. foliacée [F. foliacea. Lin.) est une espèce grande, ifrondescente, que l’on trouve sur nos côtes. Il y en a i ipl U sieurs à Tétat fossile.

FLUTE (Zoologie). — Nom vulgaire d’un Poisson du :genre Murène^ la M. commune, et d’un autre du genre Fistulaire, la F. petimbe (E. tabacaria, Bl.)

Flûte du soleil (Zoologie) . ,-r- Ces mots paraissent être la traduction exacte de Curahi-remembi, nom par lequel les Guaranis (indigènes du Paraguay) désignent une espèce de Héron, Ardea cyanocephala de Latham, Bihoreau flûte du soleil de Lesson. Ils l’appellent ainsi, parce que, croient-ils, le sifflement doux et mélancolique qu’il répète souvent, à certains moments, annonce des changements de temps. Ces hérons sont assez communs au Paraguay, dans les plaines sèches ou humides, plutôt qu’au bord des lacs et des rivières. Ils passent la nuit perchés sur les arbres, où ils placent leur nid dans lequel la femelle pond deux œufs.

Flûte (Greffe en) (Horticulture). — Voyez Greffe.

FLUTEAU (Botanique). — Voyez Alisme.

FLUVIALES (Botanique). — Quelques auteurs, et entre autres Venlenat, ont donné ce nom à la famille des Ncdadées de Jussieu. M. Ad. Brongniart l’a adopté pour désigner sa quinzième classe de végétaux ; il la caracté aise ainsi : périanthe libre ou adhérent, double ou quel-

quefois nul, l’externe sépaloïde, l’interne pétaloïde. Etamines indépendantes du pistil, souvent dans des fleurs distinctes. Cette classe comprend les familles des Hydrocharidées, des Butomées, des Alismacées, des Naïadées, des Lemnacées.

FLUVIATILES (Botanique). — On donne quelquefois le nom de Plantes fluviatiles à celles qui croissent dans les eaux courantes; telles sont plusieurs espèces de Renoncules et de Potamots, etc.

FLUX (Médecine), fluxus , du latin fluo, je coule. — On entend par là toute évacuation surabondante de quelqu’une des humeurs renfermées dans le corps ou produites par un état morbide; ainsi la c/mrr/ice est quelquefois appelée flux de ventre. — Le flux de sang est la dyssenterie ; — on appelle flux hémorrhoïdal toute espèce d’écoulement qui accompagne hémorrhdides ,oXc. —

Plusieurs nosologistes ont aussi employé cette expression pour désigner certains groupes de maladies. Sauvages avait admis quatre ordres de flux ; les F. de sang, les F. de ventre, les F. séreux, les F. de gaz.

Flux et reflux (Astronomie). — Mouvement régulier et périodique qu’on observe chaque jour dans les eaux de la mer, et qui constitue le phénomène des marées. Dans les mers étendues, l’eau monte pendant six heures environ et s’étend sur les rivages, c’est le flux ou le flot ; après cela, elle descend pendant six autres heures, ce qui forme le reflux ou jusant. Il y a donc deux flux et deux reflux en vingt-quatre heures, ou, plus exactement, entre 24** 49“, intervalle moyen de deux passages consécutifs de la lune au méridien. Les marées sont à peu près insensibles dans la Méditerranée ; elles acquièrent, au contraire, d’énormes proportions dans certains bras de mer en communication avec l’Océan, tels que la Manche (voyez Marées).

FLUXION (Médecine), du latin fluere, couler, affluer. — On désigne par là tout afflux d’un liquide vers un point qui est le siège d’une excitation quelconque. Mais on lui donne plus particulièrement ce nom lorsque le phénomène se produit dans certaines parties de la bouche, telles que les gencives, l’épaisseur des joues, les glandes salivaires, les ganglions lymphatiques; de là plusieurs espèces de fluxions. — La fluxion des gencives reconnaît pour cause, le plus souvent, une carie dentaire, Textraction d’une dent, etc. Dans ce cas, le froid la détermine très-souvent; elle se termine ordinairement par la résolution que l’on hâte au moyen des bains de pieds, des lotions ou bains locaux avec les décoctions de guimauve et de tête de pavot, etc., ou par un petit abcès qui s’ouvre seul, quelquefois à l’aide d’un petit coup de lancette. — La fluxion des joues ^ son siège dans le tissu cellulaire de cette région ; mômes causes, même terminaison, même traitement, on y joindra des cataplasmes émollients. Lorsqu’il survient un abcès , la suppuration se fait jour ordinairement dans l’intérieur de la bouche; c’est le cas le plus heureux; rarement l’abcès s’ouvre à l’extérieur; alors, la fistule du canal de Sténon peut en être la conséquence ( voyez aux mots Digestion, Fistules salivaires). — Ce qui vient d’être dit peut s’appliquer a\x\ fluxions qui ont leur siège dans les glandes salivaires, dans les ganglions lymphatiques ; mais ici, en raison de la nature des tissus, l’inflammation est moins active, la résolution s’en fait souvent attendre plus longtemps, et lorsque la suppuration a lieu, c’est presque toujours un abcès froid (voyez Abcès, Bubon, Glande, Ganglion lymphatique, Scrofule).

Fluxion de poitrine (Médecine). — On désigne vulgairement par ce nom la pleurésie, \& pneumonie, la péripneumonie à l’état aigu.

Fluxion (Mathématiques). — Newton désignait ainsi ce que nous appelons aujourd’hui la dérivée ou le coefficient différentiel. Ce mot était, pour lui, synonyme de vitesse. Si, en effet, l’on représente géométriquement la fonction y = f{x), on pourra concevoir la courbe comme étant engendrée par le mouvement d’une droite parallèle à l’axe du y, qui se meut uniformément le long de l’axe des x, tandis qu’un point parcourt cette ligne avec une vitesse variable qui dépend de la fonction f{x). Le rapport delà

vitesse de ce point à la vitesse de la droite est égal à ^

ou à la dérivée de y par rapport à x. Pour Newton, c’était le rapport de la fluxion de l’ordonnée à la fluxion de

l’abscisse, et il la désignait par \ . Mais la considération

de vitesse et de mouvement n’étant pas essentielle au

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sujet, il est plus simple de définir la dérivée comme étant le rapport des différentielles ou la limite du rapport des difTérences finies (voyez Dérivées, Calcul différentiel).

FŒNE (Zoologie), Fœnus, Fab. — Genr^ A'' Insectes, de l’ordre des Hyménoptères , section des Térébrants^ famille des Pupivores , tribu des Evaniafes; à tarière très-saillante dans les femelles, formée de trois filets distincts et égaux, l’abdomen comprimé en massue, les jambes postérieures très grandes, les antennes filiformes, la languette entière ou simplement écliancrée. Trèsvoisins des Evanies dont ils diffèrent en ce que dans celles-ci la tête est sessile et l’abdomen excessivement court, ils se rapprochent encore des Iclineumons. Ils vivent sur les fleurs. On les rencontre aussi voltigeant dans les lieux secs et sablonneux, avec des abeilles solitaires et des sphex, et ils déposent leurs œufs dans l’intérieur de leurs larves ou à côté d’elles. Leurs petits venant à éclore dévoreront ces larves avant de subir leurs métamorplio-

ses. Le F. lancier (F. jaculatoi\ Fab.), long d’environ 0“,0l2, est d’un noir obscur, mince et long; il a le premier article des pattes postérieures blanc, avec un petit anneau blanc à la base des jambes. Les pattes postérieures, plus longues que les autres, ont des jambes très grosses. Les ailes supérieures sont transparentes avec des nervures noires ; l’abdomen est long et menu ; la tarière des femelles est presque de la longueur du corps. C’est l’espèce la plus connue. Geoffroy le désigne ainsi : Ichneumon tout noir, à pattes postérieures trèslongues et grosses. Le F. affect ateur (F. offectator, Fab. ) est noir comme le précédent, mais de moitié plus petit.

FOENICLLUM (Botanique). — Nom latin ânFenouil.

rOENÜM GRÆCüM (Botanique). — Nom spécifique de la Triqonelle fenu-grec, vulgairement Fenu-grec.

FOETELA (Zoologie). — Nom d’une variété de Poisson de Y Holocentre gaterin de Lacépède, dont Forskal et Linné avaient fait une espèce de Sciène^ sous le nom de Scicena fœtela.

FOETUS (Zoologie). — Ce mot, conservé dans la langue fj-ançaise, du même mot latin qui signifie fruit, production, sert à désigner le petit animal et particulièrement l’enfant, lorsqu’il est encore dans le sein de sa ni^ re. Il n’entre pas dans le plan de notre livre de faire riiistoire du fœtus, que l’on trouvera dans tous les traités spéciaux ; mais il y a des fonctions, telles que la circulation, et par suite la nutrition, dont l’importance, dans le fœtus, demande quelques développements que l’on trouvera au mot Reproduction.

FOIE (Anatomie liumame), en latin hepar. — Organe glanduleux, d’une couleur rouge-brunâtre, situé dans l’bypocondre droit et dans l’épigastre, et retenu dans sa position par des replis du péritoine, appelés ligaments. Il est le plus volumineux et le plus pesant de nos viscères. Sa forme est asse.z irrégulière. Par sa face supérieure, convexe et lisse, il est en contact avec le diaphragme qui le sépare du cœur, du poumon droit et des sept ou huit dernières côtes par lesquelles il est protégé. Sa face inférieure, qui regarde un peu en arrière, présente un sillon profond divisant le foie en deux lobes inégaux , grand lobe ou lobe droit, lobe moyen ou lobe gauche; un autre sillon, partant transversalement du premier, sert à loger la veine porte, V artère et le conduit hépatique, des vaisseaux lymphatiques et des nerfs; derrière ce sillon transversal, dans l’arrière-cavité du péritoine, on trouve une sorte de mamelon d’un fort volume, c’est ce

qu’on appelle le lobule , petit lobe, ou lobe de Spigel,

Le foie est en rapport, à gauche du sillon antéro-pos- ‘ térieur, avec Vestomac qu’il recouvre en pa»*tie, et à droite, avec la vésicule du fiel, le rein droit, le côlon transverse, la veine cave inférieure à laquelle il forme une gouttière. Il reçoit du péritoine une enveloppe presque complète; de plus, il possède une tunique propre, fibreuse, novoTnéQ capsule de Glisson, qui lui adhère par une foule de prolongements fibreux. Son parenchyme est constitué par les divisions de la veine porte, de Vartère hépatique et des veines sus -hépatiques , et par les canalicules biliaires, sécréteurs et excréteurs. Tous ces vais» seaux sont entre eux dans les rapports suivants : la veine porte, Vartère hépatique et un conduit excréteur sont réunis en faisceau ; autour de ces troncs principaux se trouvent placés les conduits sécréteurs de la bile; plus en dehors est le prolongement cylindrique de la capsule de Glisson, avec les capillaires qui s’y distribuent. Ces cylindres, pressés les uns contre les autres, renfermant dans leurs intervalles les veines sus-hépatiques, et unis entre eux par les anastomoses des capillaires biliaires et sanguins, se présentent à la surfacedu foie sous la forme de granulations ou éVacini diversement colorés, et dont la portion jaune est formée par les canalicules biliaires, et la portion rouge par les vaisseaux sanguins.

Le foie renferme trois ordres de vaisseaux sanguins : 1“ Vartère hépatique née du tronc cœliatiue, et apportant au foie du sang rouge qui le nourrit; 2° la veine porte formée de la réunion des veines des intestins, de l’estomac, de la rate, du pancréas, et qui, se distribuant dans le foie comme le ferait une artère, y amène le sang ayant circulé sur les parois des voies digestives et chargé de certains produits de la digestion ; 3® enfin dans le tissu hépatique naissent les radicules de plusieurs rameaux veineux, nommés veines hépatiques . qui sortent du foie par sa face supérieure pour s’aboucher immédiatement dans la veine cave inférieure.

La principale fonction du foie est de sécréter la bile. Certains matériaux qui doivent donner naissance à cette liqueur passent à travers les parois adossées des capillaires sanguins, etdes canalicules sécréteurs, coulent dans les conduits excréteurs qui leur font suite, et aboutissent, au niveau du sillon transverse du foie, à deux canaux qui se réunissent enfin pour former le canal hépatique par lequel la bile sort du foie. Le canal hépatique rencontre bientôt le canal cy s tique, auquel il se joint à angle aigu pour donner naissance au canal cholédoque (du grec chotè, bile, et dechomai, je contiens). Ce qui advient à l’embranchement des deux canaux varie suivant que l’on est à jeun ou dans la période de digestion. Dans le premier cas, la bile, parvenue à la jonction des canaux hépatique et cystique (du grec cystis, vessie), se partage en deux portions, dont l’une rétrograde par le canal cystique dans la vésicule biliaire qu’elle remplit peu à peu, tandis que l’autre continue son trajet par le canal cholédoque, et parvient dans \q duodénum; pendant la digestion, la vésicule se vide.

Les usages de la bile sont peu connus; cependant l’on sait, d’une part, qu’elle agit comme liquide alcalin pour émulsionner les graisses conjointement avec le suc pancréatique; d’une autre part, que certains de ses principes constitutifs, par exemple sa matière colorante, sont expulsés avec les excréments; on a pu la considérer comme un des réactifs du travail digestif et comme un des produits excrémentitiels de la nutrition (voyez Nutrition). M. le professeur Claude Bernard a découvert, en 1863, que le foie, outre la sécrétion biliaire, jouissait de la propriété singulière de créer du sucre de toutes pièces aux dépens du sang. Ce sucre remonte par les veines sushépatiques dans le cœur et les divers organes, où il est incessamment détruit par la combustion respiratoire ; ou a donné à cette fonction nouvelle du foie le nom de Glycogénie {voyez co moi). S — Y.

Foie (Pathologie). — Le foie est sujet à des maladies nombreuses, et presque toujours très-graves. Lorsqu’une cause quelconque détermine l’obstruction du canal excréteur de la bile, ou suspend le travail sécréteur du foie, les éléments de la bile cessent d’être retirés du sang et communiquent à ce liquide une teinte jaune caractéristique à laquelle participe la peau. Cet état morbide, désigné sous le nom à'ictère, vulgairement ôe jaunisse, accompagne un grand nombre de maladies du foie à l’une ou l’autre de leurs périodes, ou môme pendant toute leur durée. D’autres fois aussi il constitue à lui seul une affection particulière que l’on désigne sous les noms Ôl ictère o\x jaunisse (voyez Ictère).

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Le foie est sujet à une autre affection non moins fréquente que la jaunisse et moins remarquée, c’est la congesiion du foie signalée à l’attention des médecins, par le professeur Andral {Clinique^ t. II), puis étudiée en détail par : Haspel {Malad. de l'Algérie)^ L. Fleury {Hydrothérapie) , Frericlis(7’rrtj7. prat. des malad. du foie). Cette maladie se révèle par de la pesanteur et de la douleur au côté droit, une teinte jaunâtre delà peau particulièrement marquée aux pommettes, autour de la bouche, au blanc des yeux, enfin par une augmentation notable du volume du foie, que l’on reconnaît au toucher et à la percussion. Souvent l’appétit a disparu, d’autres fois il est capricieux ou excessif ; mais les digestions sont toujours pénibles. Un amaigrissement marqué accompagne ces symptômes, bien qu’habituellement il n’y ait pas de fièvre. Le plus souvent, cette affection n’est que la suite d’un embarras dans la circulation pulmonaire ou dans le jeu du cœur; aussi la congestion du foie est-elle un des accidents habituels dans les maladies organiques du cœur ; elle est aussi un des symptômes accoutumés des maladies produites par les émanations marécageuses. Parfois aussi cette congestion du foie se produit d’elle-môme, mais c’est surtout dans les pays chauds, comme on a pu l’observer en Algérie; les individus jeunes, vigoureux, et non acclimatés dans le pays, y sont particulièrement exposés. Chez les habitants des mômes contrées, vivant dans l'humidité et éprouvés longtemps par les fièvres, la congestion du foie est encore commune^et se lie souvent à une maladie du canal digestif. En tous cas, la congestion du foie consiste en une accumulation du sang dans le tissu du foie, qui est rouge ou violacé. Cette maladie a une durée très-variable, parce qu’elle se produit dans des circonstances très-diverses. La congestion simple et récente cède promptement à une large émission sanguine ; mais lorsqu’elle est le contre-coup d’une maladie plus grave, elle s’amende ou s’aggrave avec elle. Sous nos climats, cette affection est peu grave, mais il en est tout autrement dans les pays chauds. Dans sa forme aiguë, elle résiste rarement à la saignée générale ou à l’application des sangsues à l’anus, avec un régime doux, l’usage des bains alcalins et de l’eau de Vichy en boisson. La congestion chronique, beaucoup plus rebelle, a été très- heureusement combattue par les douches d’eau froide (voyez Hydrothérapie); les eaux minérales de Vichy, Hambourg, Kissingen, Carlsbad, sont aussi recommandées dans ce cas. Lorsque la maladie tient aux influences locales citées plus haut, le dépaysement est le meilleur moyen s’il est possible.

L’inflammation du foie est désignée sous le nom âé hépatite et se termine quelquefois par Vabcès du foie (voyez Hépatite).

iJ hypertrophie du foie est une maladie qui offre souvent des apparences de la congestion chronique, mais qui en est essentiellement distincte (voyez Hypertrophie).

Le foie peut aussi être attaqué à'atrophie ou de diminution de sa substance. Cette affection obscure et difficile à reconnaître ne laisse guère d’espoir de guérison ; au début, les forces et l’embonpoint déclinent peu à peu, le visage devient pâle ; un peu plus tard se déclare une ascite abdominale ou hydropisie du ventre ; en explorant la région du foie, on reconnaît un amoindrissement notable de l’organe. Cette maladie n’est pas très-commune.

On nomme cirrhose du foie (du grec cirrhos, roux) une maladie grave dont le fait principal est l’hypertrophie d’une partie des granulations du foie et l’atrophie du plus grand nombre ; les parties hypertropliiées prennent la couleur de la cire jaune. Cette affection n’a été distinguée nettement que par les médecins modernes, Boulland {Mém. de la Soc. d’émulation., t. IX), Becquerel {Archiv. de méd., 1840), Monneret {Archiv. de méd., 1852), Gubler [Thèse p. Vagrég.., 1863). La cirrhose peut être liée avec des maladies graves du cœur, des poumons, des reins, et elle se perd souvent alors au milieu du cortège d’accidents, que ces affections déterminent; elle n’est le plus souvent reconnue qu’après la mort, à l’ouverture du corps, si elle a lieu. Mais la cirrhose est aussi parfois u"e affection primitive, et voici à peu près sa marche. -Son début est insensible; les malades, sans éprouver aucune souffrance, pâlissent peu à peu, maigrissent et perdent leurs forces; le ventre devient hydropique, et cet accident persiste et s’accroît en général avec une ténacité invincible ; s’il devient considérable dans le ventre , l’épanchement séreux s’étend jusqu’aux membres inférieurs , tandis que la face, les bras s’amaigrissent, prennent une teinte terreuse ou jaunâtre. La peau est sèche au toucher; l’appétit, qui

d’abord avait été conservé, disparaît â la fin ; les urines deviennent rares et bourbeuses. La marche de cette redoutable maladie est lente, et c’est après de longs mois, ou môme quelques années, que le patient succombe à son mal ; souvent cette terminaison funeste est hâtée par quoique complication, érysipèle, pleurésie ou pneumonie. Le rôle du médecin est pénible en face de cette maladie, car son art est impuissant à en conjurer les fatales conséquences, et il ne peut que pallier les accidents qu’elle présente; quelques purgatifs énergiques diminuent l’hydropisio; la ponction devient nécessaire lorsque l’épanchement séreux est trop abondant et trouble les fonctions essentielles. La cirrhose est d’ailleurs difficile à distinguer avec exactitude de plusieurs autres affections du foie, et le plus souvent on en admet l’existence en constatant que les caractèresde ces autres affections font défaut. C’est chez l’homme et dans la période moyenne de la vie que la cirrhose s’observe le plus souvent ; la femme et surtout l’enfant y sont bien moins sujets. Peutêtre les habitudes d’user à tout propos des boissons alcooliques ou fermentées sans aller même le plus souvent jusqu’à l’ivrognerie, plus communes chez l’homme d’un âge mûr, sont-elles la cause de cette préférence. L’altération spéciale du foie, dans la cirrhose, offre trois degrés : au premier, le foie n’a pas changé de volume ou a môme augmenté, mais son tissu est d’une couleur jaune générale, marbré de lignes rouges, sinueuses et irrégulières; en môme temps, le tissu cellulaire qui joint les lobules du malade est plus dense et de consistance fibreuse. Au second degré, le foie diminue de volume, prend un aspect mamelonné et une coloration roussâtre qui rappelle celle du cuir; il est aussi plus dense et singulièrement résistant; dépouillé de la capsule de Glisson, il semble formé de petits mamelons jaunâtres, serrés les uns contre les autres. Le troisième degré s’observe rarement; il serait signalé par un ramollissement du tissu hépatique qui se convertirait en un détritus brunâtre.

Le cancer du foie est une affection assez fréquente sous nos climats (voyez Cancer) ; cette maladie incurable et inévitablement mortelle accompagne presque toujours une altération de môme nature en quelque point de l’estomac. On pourra consulter sur cette affection redoutable le travail de M. le professeur Monneret {Archiv. gén. de méd., mai 1865). Il est rare que le cancer du foie se développe seul et primitivement; les sujets où il se produit portent habituellement un cancer externe ou interne sur quelque autre point de leur organisme. En tous cas, un traitement palliatif est la seule ressource que laisse au médecin l’impuissance de son art. La vésicule biliaire est sujette également à l’affection cancéreuse.

Sous l’influence d’une violence extérieure, un coup porté, une pression énergique, une chute sur l’hypocondre droit, le foie peut éprouver une rupture; quelquefois cette déchirure du tissu du foie se produit spontanément. Dans tous les cas, il s’ensuit une hémorragie interne qui ne détermine ordinairement pas d’inflammation du péritoine. C’est, néanmoins, un accident funeste qui se révèle brusquement par une douleur locale, vive et déchirante ; la face est anxieuse et contractée, le pouls petit et accéléré ; il y a des syncopes; la mort qui peut survenir en quelques heures ne tarde jamais au delà d’une dizaine de jours. La vésicule biliaire peut se rompre, dans certains cas, avec une douleur atroce; une péritonite suraiguë emporte promptement le malade.

Il faut encore signaler, parmi les affections du foie, la production des calculs biliaires (voyez Calcul).

Le foie est donc, en résumé, sujet à de très-graves maladies ; sa position superficielle et son volume considérable le rendent très-accessible aux fâcheuses influences de la constriction de l’abdomen. C’est en effet un des organes que l’usage des corsets serrés peut offenser le plus facilement, et la coquetterie, qui a provoqué ce funeste abus, est plus tard bien cruellement punie.

Une espèce de Ver intestinal, nommé Douve, Ver plat, Distome hépatique. Ver du foie {Fasciola hepatica. Lin.), se multiplie parfois dans la vésicule et les conduits biliaires (voyez Douve) . Mais une autre affection vermineuse, commune dans le foie, est celle que caractérise la présence de vessies enkystées, remplies d’un liquide clair, nommées Hydatides et que Laënnec a plus spécialement appelées acéphalocystes (voyez ces mots). Cette affection, comme la précédente, est grave lorsque les helminthes se sont abondamment multipliés; la médecine ne les combat pas très-efficacement. F — n.

Foie (Anatomie animale). — Les fonctions du foie sont

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San?, dunte d’une grande importance dans la nutrition des animaiu, car chez l’immense majorité d’entre eux on reconnaît toujours un appareil organique sécrétant un liquide huileux, d’une couleur jaune verdâtre, en un mot offrant tous les caractères de la bile. Toutes les fois que cet appareil organique a la conformation d’une glande, c’est véritablement un foie.

Tous les animaux Vertébrés ont un foie parfaitement analogue, pour la position, l’aspectgénéral et les fonctions, au foie de l’espèce humaine; mais on s’aperçoit par une étude comparative que cet organe n’a pas chez l’homme un développement complet, et que le véritable type de sa composition complète se trouve dans les Mammifères carnivores et rongeurs . On y observe alors cinq parties ou lobes bien distincts ; un lobe principal divisé à sa face inférieure par deux scissures dont la droite loge la vésicule du fiel, et l’autre reçoit l’un des ligaments suspenseurs du foie ; un lobe gauche et un lobe droit ajoutés à droite du lobe principal; enfin un lobule gauche et un lobule droit annexés eux-mêmes chacun à l’un des deux précédents. Dans cette façon de décrire le foie, imaginée par Duvernoy {Anat. compar. de G. Cuvier, 2® édit., t. IV, 2® part.), celui de l’homme consisterait uniquement dans le lobe principal et un rudiment du lobe droit, qui serait le lobe de Spigel; les trois autres lobes ne seraient pas développés. Le chaty le chien, Vécureuil, la marmottey le rat, le lapin,\Q. lièvre, le cochon d’Inde, ont un foie complet avec ses cinq lobes. La plupart des autres mammifères ont cet organe composé d’un plus grand nombre de lobes que dans l’espèce humaine; cependant les orangs, les semnopithèques, les ruminants, les cétacés carnassiers, n’ont aussi que le lobe principal bien développé. Plusieurs rongeurs, Vaï, Véléphant, le pécari, le tapir, le daman, le rhinocéros, toutes les espèces du genre Cheval, celles du genre Cerf, celles du genre Chameau,\Qÿ, dauphins, lo. baleine, ^oi\X dépourvus de vésicule du fiel.

Les Oiseaux ont le foie comparativement plus volumineux que les mammifères; il consiste ordinairement en deux lobes égaux ou à peu près, que l’on doit considérer comme analogues au lobe principal de celui des mammifères, divisé en deux portions; parfois on trouve, comme chez les perroquets, le nandou, plusieurs palmipèdes , un lobe de Spigel ou rudiment du lobe droit. La vésicule du fiel manque chez les perroquets, les coucous, la pintade, la gélinotte, les pigeons, Y autruche di’ Afrique.

Encore plus grand proportionnellement que chez les oiseaux, le foie chez les Reptiles n’offre que peu ou point de divisions, et prend chez les serpents une longueur relativement très-considérable ; il est large et court chez les espèces d’une forme ramassée. Les grenouilles et les crapauds ont le foie divisé en deux lobes par une scissure qui loge la vésicule biliaire et reçoit le ligament suspenseur. De tous les animaux vertébrés, les Poissons ont le foie relativement le plus volumineux ; tantôt il n’offre aucune division, tantôt il présente deux lobes ou même trois, mais rarement un plus grand nombre. Les reptiles et les poissons paraissent être tous pourvus d’une vésicule biliaire.

Chez les animaux Articulés, le foie, quand il existe, a une organisation peu parfaite; ce n’est souvent qu’une agglomération plus ou moins nombreuse de tubes simples ou ramifiés, versant chacun la bile immédiatement dans l’intestin. Chez les Crustacés décapodes {crabes, écrevisses, langoustes, homards), c’est cependant une véritable glande assez comparable au foie des vertébrés. Les Insectes sont tous dépourvus de foie, mais non pas de sécrétion biliaire; le foie est, chez eux, suppléé par de longs tubes sinueux, plus ou moins nombreux, diversement groupés, et qui s’ouvrent de diverses manières dans l’intestin; ces- tubes put reçu le nom de canaux biliaires, car ils sécrètent intérieurement la bile dont la coloration est parfaitement reconnaissable (voyez Insectes).

Les ^ animaux Mollusques ont un foie généralement volumineux, qui rappelle celui des vertébrés, mais ne possède pas de vésicule biliaire. Chez les Céphalopodes {seiches, poulpes, calmars), en particulier, cet or gane est très-semblable à ce qu’on le voit chez les poissons, et un canal bien distinct verse la bile dans l’intesiin à la suite de l’estomac. Les Gastéropodes {limaces, escargots, limnées) offrent une disposition du foie analogue, mais cette glande entoure déjà plus intimement le canal digestif. Chez les autres mollusques {huîtres, moules, peignes, anodontes, etc.), le foie enveloppe l’estomac, s’unit étroitement à ses parois, et y

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I verse la bile par des canalicules multiples. La circulation spéciale de la veine porte, qui s’observe chez les vertébrés, n’existe pas chez les animaux invertébrés.

Chez les anima,ux Rayonnés ou Zoophytes, on ne trouve plus de foie; la bile est fournie par des organes simples, logés dans l’épaisseur des parois du canal digestif.’ Encore chez les espèces les plus simples ne trouve-t-on pas toujours une cavité digestive bien distincte, et alors on peut douter qu’il subsiste aucune trace de la sécrétion biliaire.

Pour étudier l’histoire du foie chez l’homme et les animaux , on consultera surtout : Sappey, Traité d’anat. descript., t. III; — Duvernoy, Leçons d’ anat. comp. de G. Cuvier, 2® édit., t. IV et V ; — Siebold, Lehrbuch {Manuel d’ anat. comp.,dn allemand) ;— Kôlliker, Anat. microscop. ; — Kiernan, The anat. andphys. of the Liver {Anatom. et physiol. du foie, en anglais) ; — N. Guillot, Ann. des sc. natur., 3® série, t. IX, 1848, Mémoire: — Huschke, Encyclop. anatom,, t. V, et Splanchnol. ; — Lereboullet, Mém. sur la struct. du foie. Ad. F.

Foie de b(Œüf (Botanique). — Nom vulgaire du genre Fistuline (Champignons).

FOIN (Agriculture) , fœnum des Latins. — L’entretien, l’exploitation des prairies naturelles ou des prés a pour but les pâturages et la récolte des herbages; dans ce dernier cas, l’herbe est fauchée pour être consommée fraîche à l’étable, ou pour être séchée sur place, convertie en Foin et conservée pour l’usage des bestiaux. Aux mots Fourrage, Prairie, on trouvera les divers modes d’exploitation des herbages de toute espèce. Il ne sera ici question que du foin.

La saison pendant laquelle se fait la récolte du foin ou la fauchaison doit être déterminée de telle façon que l’on obtienne à la fois le fourrage le plus abondant et le meilleur possible ; c’est au moment de la floraison de la plupart des espèces de plantes qui composent les prairies. Plus tôt, il y aurait perte sur la quantité et môme sur la qualité, les plantes n’ayant pas acquis tout leur développement et toute leur saveur ; plus tard, un grand nombre de tiges défleuries seraient desséchées et auraient perdu une partie de leurs qualités nutritives, plusieurs même ne repousseraient plus. C’est, en général, vers le 15 juin que la fauchaison doit être faite sous le climat de Paris, pour être dans les circonstances les plus favorables. Cependant cette époque peut varier suivant la nature du sol, les espèces qui entrent dans la composition de la prairie ; on sait aussi que si le foin est exclusivement destiné aux bêtes bovines , il doit être coupé un peu plus tôt. D’un autre côté, il est bon quelquefois de la retarder jusqu’après la fructification des espèces que l’on veut conserver, afin qu’avant la fauchaison elles puissent répandre leur semence. Nous devons dire aussi que l’époque de la fauchaison doit être calculée suivant l’importance que l’on veut donner à la seconde coupe de foin, c’est-à-dire les regains ; celle-ci doit se faire, encore assez tôt en automne, afin que l'on puisse compter sur quelques journées chaudes pour le fanage. C’est donc à la sagacité et à l’intelligence du cultivateur à peser toutes ces considérations.

Le fauchage des prairies se fait le plus souvent avec la faux (voyez ce mot), quelquefois dans les grandes exploitations avec des machines d’invention récentes, nommées faucheuses, dont les perfectionnements journaliers permettent d’espérer l’emploi presque exclusif dans un avenir prochain (voyez Instruments agricoles, prairies). Elles ressemblent beaucoup aux moissonneuses.

Le fanage est la série d’opérations qui consiste a faire sécher le foin et à le rassembler pour le mettre en meules, en bottes, ou pour le rentrer dans cette partie des bâtiments de l’exploitation, nommée fenil. Toute l’herbe coupée avant 9 ou 10 heures du matin doit être répandue sur le pré avec des fourches, des rà,teaux ou des faneuses; ce foin sera retourné à midi, puis à six heures du soir on le réunira en petits tas nommés boccotes, chevrottes. Les autres parties fauchées dans la journée resteront jusqu’au lendemain matin en andains (ce sont les rangs d’herbe coupée que le faucheur jette à terre à chaque coup de faux). Le lendemain on étendra l’herbe fauchée la veille et le matin, de plus celle qui aura été mise en tas. Le soir ou dans le jour, s’il survient de la pluie, on le remet en tas que l’on fait de plus en plus gros à mesure qu’il sèche davantage, et le troisième jour ordinairement on le réunit en très-gros tas dans lesquels le foin s’échauffe un peu, sue et acquiert plus de qualité; le lendemain, après la rosée, on le reLtre. Plusieurs moyens sont employés pour

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opérer le fanage des foins : d’abord les fourches et les râteaux que tout le monde connaît; on a aussi imaginé

1159. — Faneuse de Woburn.

Celle machine se compose de deux brancards formant limonière et liée par des barrei de fer M aux fusées de l’essieu. Chacune de ces fusées est fixée à écrou dans une pièce en fonte H, contenant les roues d’engrenage qui transmettent le mouvement des roues de la faneuse à l’axe E du hérisson ou grand tambour à râteaux faneurs. Ces engrenages sont tels que le hérisson fasse 3 tours pour 1 tour des roues de la faneuse. Sur l’axe du hérisson sont montés deux cercles en fonte soutenant les 8 râteaux C, dont les dents en fer A remuent le foin.

plusieurs espèces de faneuses parmi lesquelles nous citerons la faneuse anglaise de Woburn, « Elle se compose d’un grand tambouren forme de hérisson^ qui peut s’élever ou s’abaisser à volonté, afin d’approcher plus ou moins du sol. Ce hérisson est composé de huit râteaux à dents de fer recourbées, lesquelles, étant assujetties à la fois à deux mouvements, l’un de translation parallèlement au terrain et commun à toute la machine, et l’autre de rotation autour d’un axe, éparpillent le foin qui se trouve sur leur passage » [Traité élém. d'agriculf., par J. Girardin et X. Du Breuil). 11 existe aussi plusieurs espèces d’instruments à cheval pour ramasser le foin : ainsi le râteau à cheval de Howards, la herse hollandaise, le rafleur hollandais, le rafleur anglais, etc. Nous donnons ici la figure d’un râteau à cheval, d’un méca-

résultat que si l’on opérait à l’ombre » [Le livre de la Ferme J par P. Joigneaux).

On conserve le foin en meules ou dans le fenil, bottelé ou non bottelé. Les meules peuvent être temporaires ou permanentes; les premières [fig. 1 101) se font sur la prairie, dans la partie la plus élevée; ce sont tout simplement des tas réguliers , de forme ronde, légèrement coniques , dans lesquels on tusse et on comprime le foin aussi également que possible. On les fait ordinairement hautes et larges. Elles ne restent que quelques semaines dans le pré. Les meules permanentes {fig. 11051) doivent être faites avec plus de soin ; ordinairement elles occupent un emplacement sec dans une cour de la ferme. On les isole de terre, soit au moyen d’un appui en fonte, soit en les établissant sur un lit do paille, de colza, de chenevottes ou môme de fagots. Le plus souvent on plante en terre, solidement, une perche un peu plus haute que ne doit être la meule, et on tasse soigneusement le foin à l’entour, couche par couche. Cela fait, au sommet de la perche, -on attache fortement de la paille tout autour, en forme de chapeau, pour recouvrir la meule; il est bon de creuser à une petite distance une rigole circulaire pour les eaux pluviales. On a construit aussi des meules carrées ou d’autres formes. Le foin conservé dans les meules, et qui a été ainsi plus aéré, est préférable ; le bétail le mange mieux et il lui est plus profitable; mais il faut reconnaître que dans les climats pluvieux ce

1160. — Râteau à cheval.

nisme très-simple, mais qui demande une certaine force pour la manœuvre du levier, lorsque les dents sont chargées de foin.

Quels que soient les moyens employés, le foin qui provient d’un bon fanage se reconnaît « à sa couleur encore verte, à sa souplesse et à son parfum; le foin mal préparé a une couleur grise, le soleil l’a blanchi, l’a rendu cassant; il sonne sous la fourche; il est peu aromatique; il se reconnaît encore à sa couleur sombre, lorsque le fanage, au lieu d’avoir été contrarié par un soleil ardent, l’a été par des pluies prolongées. En admettant que le ciel soit clair et le soleil trop ardent, il faut bien se garder de trop éparpiller l’herbe avec la fourche. Si celle du dessus se dessèche trop vite, elle soustrait au moins celle du dessous à l’intensité de la chaleur solaire, et l’on obtient à peu près ainsi le même

1161. — Meule ou tas de foin temporaire.

moyen est difficile et exige beaucoup de soins; aussi c’est en Angleterre, et surtout en Hollande, que l’on a le plus perfectionné cette pratique. Le foin peut se conserver ainsi trèslongtemps ; mais alors il se tasse tellement qu il serait difficile de l’arracher avec la fourche ou avec des crochets ; on est aloi s dans l’habitude de le couper par tranches pour la consommation, soit avec une espèce d’instrument tranchant dont la forme varie.

Dans le cas où l’on serait obligé de conserver le foin en grange, il faudra aussi le tasser dans le fenil, afin que la poussière y pénètre le moins possible. En général, le foin se conserve mal de cette manière; il perd de son arôme , et souvent môme il contracte une odeur désagréable pour le bétail. Il vaut mieux, dans ce cas, le faire botteler. Du reste,

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1162. — Meule de foin.

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c’est une méthode plus facile et plus avantageuse; elle permet une distribution plus régulière au bétail, et il y a moins de gaspillage. Ùn manœuvre habile peut faire dans une journée deux cents bottes de foin, du poids de 5 kilogrammes. Depuis quelque temps, on emploie en Angleterre, et môme en France, des presses hydrauliques au moyen desquelles on comprime le foin au point qu’il n’occupe qu’une très-petite place. On fait observer avec raison que par ce procédé le foin se conserve mieux, qu’il ne se charge pas de poussière, que l’humidité ne le

Fig. 1163. — Coupe-foin.

pénètre pas, qu’il occupe infiniment moins de place, et qu’il peut se conserver pendant des années. Pour la consommation, on le tranche avec le coupe-foin.

L’emploi du foin est bien connu ; il sert particulièrement à la nourriture des chevaux, des vaches, des moutons. Lorsqu’il a été avarié par une cause quelconque, il faut le secouer à l’air et le mouiller avec de l’eau salée. On prépare avec le foin une espèce de décoction à laquelle on a donné le nom de thé de foin^ et que l’on emploie avantageusement mêlée avec du lait, dans la nourriture des jeunes veaux. On utilise aussi quelquefois les graines de foin pour la nourriture des vaches et des porcs; pour cela, après les avoir bien vannées, on les mouille avec de l’eau chaude pendant cinq ou six heures. Le regain, qui est le foin de seconde ou de troisième coupe (voyez Regain), est très-recherché par les emballeurs. On sait que le foin est souvent employé par les tapissiers, dans la confection de certains ameublements communs, où il remplace la laine ou la bourre pour faire des sommiers, des paillasses, etc.

Foin (Botanique). — On appelle ainsi quelquefois l’ensemble des tubes qui garnissent le dessous des champignons du genre Bolet. — Les aigrettes et les fleurs qui garnissent le réceptacle de V artichaut avant son épanouissement portent aussi vulgairement le nom de foin.

Foin de Bourgogne (Botanique). — On donne généralement ce nom et celui de /bm, ou simplement de Bourgogne., au sainfoin {Hedysarum onobi'ychis , Lin.), parce qu’il croît naturellement en Bourgogne. Quelques personnes ont encore appelé ainsi mal à propos la luzerne [Medicago sativa., Lin.).

Foin de mer (Botanique). — Nom vulgaire de la plante nommée Zostère marine.

FOIROLLE (Botanique). — C’est la Mercuriale annuelle, ainsi nommée vulgairement, à cause de son action légèrement purgative.

FOLIACÉ (Botanique). — Se dit des organes qui ont l’apparence, la nature et l’organisation des feuilles. Les stipules sont foliacées dans la plupart des cas, ainsi que l’involucre. La spathe est foliacée dans les glayeuls. Le terme foliacé s’emploie surtout pour qualifier certains cotylédons qui, minces et souvent relevés de nervures, ressemblent^ tout à fait aux feuilles, comme dans les belles-de-nuit et autres nyctaginées, quelques euphorbiacées, comme le sablier explosif {hura crepitans) ; tels sont encore les sterculiers, les tilleuls, etc.

FOLÏATION ou Feuillaison, Défoliation, Préfoliation (Botanique). — Cos divers termes, dérivés du mot latin folium, feuille, et des prépositions de., qui marque la chute, et prœ., qui veut dire avant, se rapportent au développement et à la chute des feuilles chez les végétaux.

Foliation. — C’est le développement des bourgeons en feuilles au retour du printemps. L’époque de la foliation varie sous bien des influences ; elle dépend des espèces,' des climats, de la température de l’année, des circonstances particulières où les individus sont placés, enfin de

certaines prédispositions héréditaires qui caractérisent les variétés d’une môme espèce. Il est donc impossible, sur ce sujet, de rien dire de général qui soit en même temps bien précis. Ad.Tiison, au siècle dernier, a dressé, pour la foliation de quelques espèces d’arbres sous le climat de Paris, la table suivante, qui résume dix années d observations :

Époque habituelle où commence la foliation.

Sureau, Chèvrefeuille ig février.

Groseillier épineux. Lilas, Aubépine 1er mars.'

Groseillier commun. Fusain, Troène, Rosier. 5 —

Saule, Aulne, Obier, Boule-de-neige, Coudrier,

Pommier 7 __

Tilleul, Marronnier, Charme 10

Poirier, Prunier, Pêcher 20

Nerprun, Bourdaine, Prunellier 1er avril.

Charme, Orme, Yigne, Figuier, Noyer, Frêne. 20 — t-bêne i*r mai.

On a remarqué, quant à l’influence de la température, que, suivant les espèces, elle varie beaucoup et que cette influence paraît considérable pour déterminer l’époque de la foliation. M. H. Lecoq cite les l^aits suivants : Le chèvrefeuille de nos haies et de nos bois montre ses feuilles à partir de -f- 3“ cent. ; le groseillier, le lilas, à partir de -f 5° ; le noisetier, +9"; le noyer, -f- 10° ; le robinier faux-acacia, -j- 14°. « La même température de 14^, ajoute cet observateur, suffit à l’acacia pour fleurir, tandis que le lilas, (lui feuille à 5°, ne fleurit qu’à 10°. Au contraire, le noisetier, qui s’épanouit dès 3°, ne peut feu il 1er avant 9°» {Botan. popul.).

Préfoliation. — Ce terme désigne la disposition des feuilles dans le bourgeon qui leur donne naissance ; on employait autrefois dans le même sens le mot vernation (du latin ver, printemps). Cet arrangement, calculé pour en tasser les jeunes feuilles dans le petit espace que leur laisse le bourgeon sous ses écailles ou feuilles extérieures, est toujours le même pour les espèces d’un môme genre ; parfois même il s’étend à une famille entière. Aussi les botanistes ont -ils dû s’en préoccuper pour mieux caractériser les groupes naturels. Pour décrire la préfoliation, il y a lieu de considérer successivement la disposition (le chaque feuille, puis celle des diverses feuilles du bourgeon, les unes par rapport aux autres.

Dans leur disposition individuelle, chacune des feuilles peut être plane ou légèrement convexe, pliée ou roulée sur elle-même. Mais le mode de plicature peut être fort varié aussi bien que le mode d’enroulement; de là beaucoup de termes distincts dont les principaux vont être définis plus bas. Quant à leur disposition relative, les feuilles d’un même bourgeon peuvent être appliquées les unes contre les autres, et alors ordinairement chacune de ces feuilles n’est ni pliée ni enroulée sur elle-même; elles peuvent être, au contraire, diversement enchevêtrées ensemble lorsqu’elles sont pliées ou enroulées. D’après ces diverses données générales, on pourra comprendre la série des termes suivants qui caractérisent les feuilles dans leur état de préfoliation : appliquées ou applicatives., lorsque les feuilles, sans être pliées ou roulées, sont juxtaposées face à face, comme on le voit chez beaucoup (le végétaux monocotylédones; dans ce cas, si elles se touchent'par leur bord sans se recouvrir, elles sont si elles ne se

recouvrent que partiellement comme des tuiles, elles sont imbriquées; elles sont réclinées oxxréplicatives., lorsque les feuilles pliées transversalement ont leur moitié supérieure appliquée sur leur moitié inférieure, en rapprochant la base du sommet (ex. ; aconit, tulipier) ; condupliquées ou conduplicatives, lorsque la plicature a lieu longitudinalement, de manière à appliquer la moitié droite de la feuille sur sa moitié gauche (ex. : hêtre, chêne). Si une feuille condupliquée en embrasse complètement une autre en chevauchant sur elle, la préfoliation est équitante ou amplective (ex. : troène, iris) ; si elle reçoit (ians son pli la moitié d’une autre pliée comme elle, ces feuilles sont demi-éqmt antes ou semi-amplectives (ex. : saponaire) ; plissées ou plicatives, lorsque les feuilles sont pliées le long de leurs principales nervures (ex. : érable, charme) ; chiffonnées oxxcorrugatives., lorsque les feuilles sont irrégulièremen t plissées et ram assées sur el les-mômes ; circinées ou circinales., lorsque les feuilles sont roulées sur elles-mêmes transversalement du sommet vers la base, de manière à rappeler l’aspect d’une crosse abbatiale (ex. : fougère, roselle, parnassière) ; convolutées ou convolutives., lorsqu’au contraire, l’axe de chaque feuille restant droit, celle-ci s’enroule en cornet sur elle-môme|

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(ex. : froment, seigle, maïs, bananier) ; si l’enroulement courbe en dedans les deux moitiés de la feuille en deux petits rouleaux parallèles, celle-ci est rnwo/efee (ex. : pommier) ; si cet enroulement a lieu en dehors, c’est-à-dire vers la face inférieure de la feuille, celle-ci est révolutêe (ex : romarin); curvatives ou courbées^ lorsque, trop étroites pour s’enrouler, les feuilles sont courbées seuleanent ; lorsqu’elles sont courbées de façon

à s’envelopper les unes les autres (ex. : abricotier).

Les dispositions que présente la préfoliaiion se retrouvent sous le nom Aa pré floraison dans les boutons à fleur, et les termes cités plus haut sont aussi employés pour l’arrangement des diverses parties de la fleur dans le bouton .

Défoliation. — Ce terme s’applique au phénomène que l’on nomme habituellement chute des feuilles. Gomme la foliation, la défoliation est soumise aux influences des climats, des saisons, de l’organisation particulière à chaque espèce de planle, etc.; mais la principale cause de la chute des feuilles est leur mortification par suite de l’arrêt du mouvement nutritif de la plante et de l’absence de la sève dans la feuille. Une fois frappée de mort, la feuille se sépare de la plante vivante comme une partie gangrenée tombe du corps d’un animal. Certains végétaux cependant conservent leurs feuilles flétries, comme, on le voit sur les chênes; on dit alors que ces feuilles sont marcescentes. L’aspect des végétaux vivaces pendant l’hiver diffère beaucoup suivant la durée des feuilles sur les rameaux. Si les feuilles se flétrissent et se détachent avant que les nouvelles soient sorties de leurs bourgeons, l’arbre reste dépouillé pendant l’hiver et on le dit à feuilles caduques. Si, au contraire, les feuilles ne meurent qu’après une nouvelle foliation, la plante conserve toute l’année sa verdure et est dite à feuilles persistantes-, on désigne ces végétaux sous le nom vulgaire de toujours verts. On a tort de dire que ces végétaux ne perdent pas leurs feuilles ; seulement ils en portent toujours parce qu’elles se succèdent sans interruption sur leurs rameaux. Dans les pays intertropicaux, la plupart des arbres ne se voient jamais dépouillés, parce que le mouvement de la sève n’est pas suspendu par une saison rigoureuse. La durée des feuilles sur la plante varie, suivant les espèces, de quelques mois à plusieurs années : le frêne commun ne garde les siennes que trois ou quatre mois; le pin, deux ou trois ans; les sapins, jusqu’à dix et onze ans; les araucaria plus longtemps encore Quant à l’époque de la chute des feuilles, elle varie suivant les espèces, les climats et l’état des saisons. Ad.' F.

FOLIE (Médecine), Insania, des Latins; Morbi mentales.^ deLinné; Fo/fc,de Sauvages; Aliénation mentale, de Pinel. — Cette dernière dénomination a été généralement adoptée, et si nous lui avons préféré celle de folie, c’est que le sens en est plus connu pour les gens du monde et pour le public auquel s’adresse notre livre. Rien n’est plus difficile qu’une bonne définition delà folie. Pour Esquirol, c'est une affection cérébrale, ordinairement chronique, sans fièvre, caractérisée par des désordres de la sensibilité, de l’intelligence et de la volonté. Selon Georget, c’est une maladie apyrétique (sans fièvre) du cerveau, ordinairement de longue durée, presque toujours avec lésion des facultés intellectuelles et affectives, sans trouble notable dans les sensations et les mouvements volontaires et sans désordre grave ou même sans désordre marqué dans les fonctions nutritives, etc. Locke avait déjà dit : Les aliénés sont semblables à ceux qui posent de faux principes, d’après lesquels ils raisonnent très-juste, quoique les conséquences en soient erronées. Nous ne pousserons pas plus loin ces réflexions ; nous ferons seulement observer combien il est difficile de saisir le point précis où la raison commence à devenir désordonnée et où la folie commence. Cette question délicate et ardue, trop souvent tranchée par les familles avec une imprudence fatale par les conséquences qui en ont été la suite, l’a été aussi quelquefois par les magistrats avec une précipitation regrettable, et dans un sens opposé à l’avis des médecins, seuls compétents, sinon infaillibles pour la résoudre, avec la sage réserve et l’expérience de leur profession. On s’est trop persuadé généralement que les aliénés ne raisonnent pas; on a pris pour des individus sains d esprit de véritables fous, des raonomanes, déraisonnant seulement sur un ou sur quelques points, sur une idée fausse, partant, comme dit Locke, d’un principe faux et en déduisant logiquement toutes les conséquences erronées, mais conservant, sous tous les autres rapports, une mémoire excellente et le jugement le plus sain, et montrant à côté d’une faculté

pervertie une série d’autres facultés intellectuelles, ii>tactes et parfaitement conservées. Ces individus, que l’on vous présentera comme des aliénés, vous étonneront par la lucidité de leur esprit, tant que vous ne toucherez pas à l’idée qui les domine, et sur laquelle l’insanité de leur esprit va se manifester au premier mot. Un aliéné causait depuis quelque temps avec un visiteur, qui, sachant avoir affaire à un fou, était émerveillé de son calme, de sa tranquillité, et surtout du charme de sa conversation ; il allait se retirer, croyant avoir été dupe d’une mystification, lorsque le nom de Jésus-Christ fut prononcé :« Oh! pour ceci, dit notre homme, on sait bien que c’est moi qui suis le Christ, ainsi n’en parlons pas! etc. » La corde sensible avait été touchée, la détente était partie, il n’y eut plus moyen d’en rien tirer de raisonnable Nous pourrions multiplier les exem-

ples à cet égard ; nous citerons seulement le suivant : un vieil employé de la Monnaie poussait l’esprit d’ordre jusqu’à la manie ; il était minutieux, morose, triste, toujours inquiet de l’avenir; il voulait que tout fût mis en place et y restât; une chaise, un livre, une plume dérangés le rendaient chagrin, furieux. Il se levait invariablement à 5 heures du matin, faisait son feu, si c’était en hiver, avec un soin tel qu’on ne voyait devant le foyer pas un atome de poussière ; il procédait ensuite à sa toilette, époussetait, essuyait, rangeait. A 9 heures précises, il partait pour son bureau, d’où il revenait exactement à 4 heures et demie. A lO heures, il se mettait au lit sans jamais retarder d’une minute. Sa cave, son bûcher, toujours bien garnis, étaient rangés comme une bibliothèque avec une propreté remarquable. 11 changeait de linge tous les lundis et avait pour les quatre saisons de l’année des vêtements qu’il prenait à jour fixe. Toute visite l’aurait importuné et aurait mis le désordre dans la symétrie de son appartement ; aussi personne n’entrait chez lui. Une barre de fer disposée en crémaillère lui permettait d’entr’ouvrir sa porte pour parler aux importuns. Gomme son médecin, j’avais seul le privilège d’être admis chez lui. Le garçon restaurateur lui apportant son dîner à 6 heures précises était reçu comme les autres par la porte entrebâillée juste assez pour passer les plats du jour et remporter la vaisselle de la veille avec le prix du repas enveloppé dans un papier contenant la commande du lendemain. Cet homme, qui avait vu la grande révolution , craignait beaucoup d’en voir une autre qui aurait pu jeter le désordre dans son existence si bien réglée, et dès 1S28, en pressentant une nouvelle prochaine, il se jeta oans la Seine après avoir écrit son nom sur un papier enfermé dans un morceau de taffetas gommé ; il fut sauvé, mais le 21 mai 1830, après une contrariété de famille, il se brûla la cervelle d’un coup de pistolet dans sa chambre. On trouva pour la première fois sa clef sur la porte d’entrée et son cercueil tout prêt et tout ouvert aux pieds de son lit ; il le gardait depuis longtemps dans un petit cabinet au bout de son alcôve. Cet homme était-il un fou ? Évidemment sa raison n’était pas saine, et s’il eût commis un crime, aurait-on pu en toute justice le déclarer coupable? Voilà donc une forme de déraison dont il est difficile de préciser la nuance.

Parmi les causes delà folie, l’hérédité tient le premier rang, surtout chez les riches, chez lesquels elle est à peu près de moitié, d’après Esquirol, et seulement du sixième chez les pauvres. Quant à l’âge, voici le tableau que nous avons extrait d’un travail de Georget basé sur 4 409 malades en France et en Angleterre : de 30 à 40 ans, 1 sur 3 aliénés; de 20 à 30, 1 sur 4; de 40 à 50, 1 sur 6; de 60 à GO, I sur 9 1/2; de 60 à 70, 1 sur 25; au delà de 70 ans, 1 sur 126. Pour le sexe, il paraît bien établi que les femmes y sont plus sujettes que les hommes. La proportion, suivant Esquirol, est de 5 hommes à 7 femmes. Le célibat joue un certain rôle dans la production de la folie. On trouve 1 homme marié sur 3 4/5 aliénés et 1 femme mariée seulement sur 4 1/3 (Besportes). 11 n’est pas difficile de concevoir que le progrès intellectuel, en imprimant au cerveau une plus grande activité fonctionnelle, a dû produire un plus grand nombre d’aliénations mentales, et dire que l’accroissement des lumières a contribué à augmenter le nombre dps fous, ce n’est pas faire le procès à la civilisation, c’est simplement mettre en lumière un fait de toute évidence, et qui n’est que la conséquence du perfectionnement de l’humanité. Ainsi, tandis qu’à Londres et à Paris on trouve I fou sur 200 individus, à Milan, c’est l sur 242 ; à Rome, 1 sur 4SI ; à Naples, 1 sur 759; à Madrid et à Saint-Pétersbourg, 1 sur 3 000 environ; au Cuire, 1 sur 23000. Par

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la môme raison, le nombre des aliénés va croissant dans une progression non interrompue ; à Paris, par exemple, le nombre des fous admis à Bicôtre, à la Salpêtrière et à Charenton, qui était de 1 012 en 1827, atteignait le chiffre de 1 445 en 1838, dans un espace de douze années. A côté des causes que nous venons d’énumérer, il faut en placer un grand nombre d’autres tenant : au tempérament, ainsi le bilioso-nerveux, le bilioso-sanguin ; aux saisons, les mois d’été, {tar exemple; aux professions, celles surtout qui exigent une grande contention d’esprit, qui excitent l’ambition, la soif du pouvoir, des richesses, etc. ; aux perturbations morales de toutes espèces ; aux veilles, aux excès de tous genres, à l’abus des liqueurs alcooliques, aux revers de fortune, aux maladiesdu cerveau, etc., etc.

Les désordres des fonctions cérébrales qui constituent la folie ou aliénation mentale, en général, peuvent se présenter sous un grand nombre de formes diverses, qui ont permis aux pathologistes de les classer en plusieurs groupes. Les anciens divisaient cette maladie en manie ou délire général, avec disposition à la fureur, et mélancolie ou délire exclusif, avec propension à la tristesse. Cullen adopte cette distinction , en faisant remarquer pourtant qu’elle ne comprend pas tous les genres de folie. Pinel en admet quatre espèces : la manie ou délire général, avec agitation, irascibilité, penchant à la fureur; la mélancolie, délire partiel avec abattement, tristesse, penchant au désespoir ; la démence, débilité des actes de l’entendement et de la volonté ; V idiotisme, ?>oviQ de stupidité plus ou moins prononcée. Esquirol , en adoptant cette division, donnait le nom de monomanie à la mélancolie, et distinguait avec raison l’idiotisme congénital de celui qui survient accidentellement.

Quelle que soit l’espèce particulière de la maladie que l’on veut étudier, la folie présente des caractères généraux essentiels à examiner; ce qui frappe d’abord, ce sont les aberrations dans la perception des objets cliez un certain nombre de malades, d’où résultent des idées, des jugements, des raisonnements faux ou ridicules, lorsque, par exemple, un aliéné prend un homme pour une femme, un inconnu pour un ami, un frère, etc. D’autres fois ce sont des perceptions sans objet, ce qui produit des hallucinations (voyez ce mot). Ainsi on en trouve qui voient des objets qui n’existent pas , c’est l’histoire des revenants ; souvent ce sont des voix bien distinctes pour eux, des odeurs plus ou moins fétides; de là des désordres dans les idées, des combinaisons intellectuelles bizarres, extravagantes, des opinions ridicules, des propos décousus. Quelques-uns refusent de manger, d’autres craignent de respirer, d’aller à la garde-robe. Il y en a chez lesquels ces désordres amènent un état de colère , de fureur môme, des cris, des menaces de casser, de tuer, etc.

Nous allons dire deux mots des caractères particuliers de la folie considérée dans chacune des espèces énoncées plus haut: l"Dans liamonomanie (Esquirol)ou mélancolie (Pinel), le délire est tellement dominé par une idée exclusive, et l’intelligence est tellement libre sous les autres rapports, que le malade peut paraître sain d’esprit tant que son attention n’est pas dirigée vers l’objet sur lequel il déraisonne. Quelques-uns sont en proie de temps en temps à une agitation, à une espèce de délire général. Les idées qui dominent chez les monomaniaques sont, le plus souvent, relatives aux passions et aux affections; ainsi celui qui était ambitieux se croit roi, p:ipe, Dieu môme; un autre, qui était très-religieux, est affecté de la monomanie religieuse; celui-ci, qui aimait les richesses, possède des châteaux, des terres, des millions, etc. Quelquefois cependant c’est le contraire, et on en a vu passer de l’irréligion la plus profonde à une dévotion extrême. Chaque espèce, chaque variété donne à celui qui en est affecté un port, une attitude, des gestes en rapport avec ses illusions. Dans la forme nommée mélancolie proprement dite, les malades sont tristes, inquiets, chagrins ; ils sont dominés par la frayeur {Lypémanie d’Esquirol, du grec lypê, tristesse). G’èst parmi les monomaniaques que l’on observe surtout les hallucinations ; \\ qw est qui sont sans cesse tourmentés, poursuivis par les voix qu’ils croient entendre. Dans une autre variété, ces malheureux s’imaginent avoir, dans quelque partie de leur corps, des ennemis, des animaux, des diables, ou bien ils sont morts, ils n’ont plus d’âme ; d’autres fois iis sont changés en individus de sexes différents, en chien, en oiseau, etc. Plusieurs aliénés, à force d'être tourmentés par ces idées incohérentes, bizarres, finissent par Vhomicide ou le suicide, quelquefois par les deux.

2'’ Dans la manie, le délire est général, sans idées

dominantes, sans passion fortement prononcée; chez les uns, l’esprit est continuellement surexcité ; ces malades parlent beaucoup et avec volubilité, mais avec suite et justesse ; ils ne peuvent rester tranquilles; ils ont des fantaisies que l’on ne peut toujours satisfaires alors ils se fâchent, le délire augmente, et ils peuvent devenir dangereux. D’autres sont tranquilles, ils raisonnent ou déraisonnent suivant les objets qui les frappent, les idées qui leur sont suscitées; ils ont des moments où ils retrouvent toute leur raison et leur aptitude intellectuelle. Quelques-uns enfin , et c’est le degré le plus intense de la rnanie, ont des idées confuses, incohérentes; ils sont agités, chantent, crient, ont des mouvements désordonnés, font des menaces; leur attention ne peut être fixée sur rien; ils sont souvent méchants, furieux, frappent, brisent et deviennent dangereux.

C’est sous une de ces deux formes de la folie que l’on rencontre surtout ces cas dans lesquels la raison paraît si peu altérée, qu’il est facile de s’en laisser imposer, si l’on ne se livre qu’à un examen superficiel. « On est surpris, dit Georget, en parcourant les divers quartiers habités par les aliénés, de rencontrer des individus qui ont conservé presque en totalité l’exercice régulier de l’intelligence, dont le sentiment de la conscience ou du wmf conserve beaucoup de force, qui ont des idées, des passions, des déterminations volontaires, qui sont accessibles à la joie, à la honte, à la colère, à la frayeur, etc., sensibles aux bons comme aux mauvais procédés, qui observent souvent avec leurs commensaux tous les égards, toute la politesse, toutes les convenances de la société. La manie la plus intense présente des intervalles plus ou moins lucides; dans la mélancolie la plus profonde, le malade peut quelquefois oublier l’idée qui le poursuit. » Ce sont ces nuances peu accusées, fugaces, difficiles à bien préciser, qui ont trompé les personnes peu habituées à observer; en effet, on se figure toujours que les aliénés sont agités, violents, furieux, proférant des mauvais propos, des injures, prêts à frapper, brisant tout, faisant du bruit, du tumulte, et ne cédant que par la contrainte et les châtiments.

3“ La démence est l’affaiblissement de toutes les facultés intellectuelles ou affectives; ainsi la mémoire, le jugement, l’attention, l’association des idées, tout s’éteint plus ou moins; ces malades sont ordinairement tranquilles, indifférents à tout ; ils parlent souvent seuls, rient ou pleurent quelquefois ; leur physionomie perd son expression ; ils tombent par degrés dans la stupidité complète, ne reconnaissent plus personne, ont à peine la conscience de leurs besoins. Mais, en général, ils n’arrivent à cet état qu’après avoir passé par toutes les phases qui signalent l’affaiblissement graduel de l’intelligence, et quelquefois par des nuances légères et de longue durée. La démence peut être primitive ; elle est le plus souvent secondaire et succède à la manie ou à la monomanie; c’est la terminaison naturelle de ces deux formes lorsqu’elles ne guérissent pas.

4“ Enfin Vidiotisme est la quatrième espèce de folie admise par Pinel et Esquirol ; il en sera question au mot Idiotisme.

M. Baillargé a signalé et décrit, dans ces derniers temps, une variété curieuse de la folie à laquelle il a donné le nom de folie circulaire. Les malades qui en sont affectés sont en proie pendant quelque temps â une période d’excitation générale comme dans la manie, puis vient une phase de l’état mélancolique, suivie d’un retour à l’état de santé. Ces périodes, qui sont quelquefois longues, se renouvellent à des intervalles plus ou moins éloignés. En voici un exemple qui nous paraît rentrer parfaitement dans la variété décrite par M. Baillargé. Unevieille demoiselle, de plus de soixante ans, vivait encommunauté avec toute sa famille composée de deux de ses sœurs, d’une nièce mariée et mère de famille et d’une autre parente; c’était une famille pieuse, d’une grande sévérité de mœurs et d’une aisance très-modeste. La malade était naturellement calme, douce, bonne et trèséconome, plutôt triste que gaie, laborieuse, d’une tenue propre, mais d’une extrême simplicité. Tout à coup son caractère changeait ; elle devenait plus gaie, s’habillait plus coquettement, parlait, riait, faisait toiletteet sortait une partie de la journée; elle, si économe, achetait des fleurs, des bonbons, des colifichets de toute espèce dont elle rentrait chargée le soir; elle s’arrêtait à toutes les portes du voisinage pour causer, bavarder, sans divaguer positivement. Cependant peu à peu cetie humeur joviale diminuait de jour en jour; elle sortait moins, s’habillait plus simplement, était plus taciturne,,

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se levait plus tard -, enfin elle devenait triste, morose, faisait cent tours dans sa chambre sans s’asseoir; elle cessait presque de manger ou ne le faisait que par la contrainte; elle répétait sans interruption , pendant des heures entières, deux ou trois mots ; c’était le plus souvent : Ha! mon Dieu, mon Dfew/sans que l’on pût en tirer autre chose ; puis elle finissait par ne plus quitter son lit, roulée dans ses couvertures, silencieuse et immobile. Au bout de quelques jours, cet état diminuait et elle revenait peu à peu à sa santé ordinaire, sans qu’elle parût avoir souvenir de ce qui s’était passé. Du reste, la période lucide était beaucoup plus longue que les autres. J’avais vu commencer* cette aliénation mentale qui a duré plusieurs années et s’est terminée par la mort, h la suite d’une période de démence assez courte.

Il nous resterait encore bien des choses à dire sur la folie ; mais cet article estdéjà bien long, et nous craindrions de dépasser les bornes d’un dictionnaire; seulement, pour faire sentir au lecteur les différentes nuances de cette cruelle maladie, nous ne pouvons résister au plaisir de citer le tableau saisissant d’une maison d’aliénés, tracé de main de maître par Esquirol. « Que de méditations pour le philosophe qui, se dérobant au tumulte du monde, parcourt une maison d’aliénés! il y retrouve les mêmes idées, les mêmes passions, les mêmes infortunes.... Chaque maison de fous a ses dieux, ses prêtres, ses fidèles, ses séides ; elle a ses empereurs, ses rois, ses ministres, ses courtisans, ses riches, ses généraux, ses soldats, et un peuple qui obéit. L’un se croit inspiré de Dieu, en communication avec le Saint-Esprit ; il est chargé de convertir la terre, tandis que l’autre, possédé du démon, livré à tous les tourments de l’enfer, gémit, se désespère, maudit le ciel, la terre et sa propre existence. L’un, audacieux et téméraire, commande à l’univers et fait la guerre aux quatre parties du monde ; l’autre, fier du nom qu’il a pris, dédaigne ses compagnons d’infortune, vit seul et à l’écart, et conserve un sérieux aussi triste qu’il est vain. Celui-ci, dans son ridicule orgueil, croit posséder la science de Newton, l’éloquence de Bossuet, et exige qu’on applaudisse aux productions dé son génie, qu’il débite avec des prétentions et une assurance comiques. Celui-là ne bouge point, ne fait pas le moindre mouvement ne profère pas un mot; on le prendrait pour une statue. Desséché par les remords, son voisin traîne avec ennui les restes d’une vie qui se soutient à peine; il invoque la mort. Près de lui, cet homme qui vous paraît être heureux et jouir de sa raison, calcule l’instant de sa dernière heure avec un sang-froid épouvantable ; il prépare avec calme, et même avec joie, les moyens de cesser de vivre. Que de terreurs imaginaires dévorent les jours et les nuits de ces mélancoliques 1 Eloignons-nous de ce furieux, il se croit trahi, déshonoré; il accuse tout le monde, et ses parents et ses amis ; dans sa vèngeance effrénée, il n’épargnerait personne. Celui-ci jouit d’une imagination qui l’irrite, est dans un état habituel de colère; il crie, menace, injurie, frappe, tue. Cet autre, que vous voyez renfermé, est un fanatique qui, pour convertir les hommes, veut les purifier par le baptême de sang ; il a déjà sacrifié deux de ses enfants. Cet insensé, dans l’explosion bruyante de sou délire, est d’une pétulance invincible; il semble prêt à commettre

les plus grands désordres, mais il ne nuit à personne

Cet autre, transporté d’aise, passe sa vie à se réjouir;

il rit aux éclats Dans une maison de fous, les liens

sociaux sont brisés, les amitiés cessent, la confiance est détruite; ... on agit sans bienséance, on obéit par crainte, on nuit sans haïr ; chacun a ses idées, ses pensées, ses affections, son langage ; chacun vit -^our soi ; l’égoïsme isole tout,.... »

La folie est une maladie grave , surtout lorsqu’elle tient à l’hérédité et à des causes morales irréparables. Elle est très-sujette à récidive.

Quant au traitement, il se réduit le plus souvent à agir sur l’intelligence, sur les passions; c’est ici que le médecin doit déployer toutes les ressources de sa science ; comme nous l’avons dit ailleurs, celui qui se livre au traitementdes aliénés doit avoir une instruction étendue; il doit posséder des qualité.s du cœur et de l’esprit d’un genre particulier, pour démêler la cause des maux dont il est témoin, pour corriger et redresser tel malade, animer et soutenir tel autre, frapper l’esprit de celui-ci, aller au cœur de celui-là, et dominer ses malades par la puissance et l’ascendant de sa volonté. A côté du traitement moral, il y a le traitement thérapeutique, très-variable, suivant les cas, et sur lequel nous ne pouvons nous étendre ; ainsi les saignées, les dérivatifs (vésicatoires,

sinapismes), les purgatifs, quelquefois les narcotiques et les calmants de toutes espèces, les bains, les douches, etc. Ces deux derniers moyens préconisés souvent outre mesure ont rendu des services réels. Les bains tièdes et froids seront adminisfrés sans qu’il y ait surprise ou immersion subite, ce qui serait très-mauvais; le malade sera placé dans un bain tiède dont on videra l’eau peu à peu d’un côté , tandis que , d’un autre, on le remplira d’eau froide. On a fait aussi abus des douches dont on n’a pas, du reste, dirigé toujours l’emploi avec prudence. La douche ne doit être donnée qu’à un petit nombre de malades, avec un mince filet d’eau, à jeun et seulement pendant quelques instants ; on a aussi eu recours avec avantage aux demi-bains tièdes, aux bains de pieds, aux affusions froides, etc. Nous avons déjà parlé du traitement moral ou psychique. La première condition et le moyen le plus propre à préparer sa réussite, c’est V isolement ; tous les médecins sont d’accord sur ce point; l’aliéné doit être soustrait à ses habitudes, à sa manière de vivre; il doit être séparé des personnes avec lesquelles il vit habituellement, avec lesquelles il raisonne, discute, s’anime, s’exaspère; des curieux qui viennent le visiter; il doit être séquestré et placé dans une habitation spéciale, soit dans son propre intérêt, au point de vue de sa guérison, soit par mesure de sûreté; et cette habitation devra être, autant que possible, éloignée de son domicile, afin d’éviter les visites trop fréquentes. Il faut qu’il vive au milieu d’étrangers qui lui en imposent toujours davantage, dans des maisons destinées à cet usage, et dont les appropriations sont organisées d’après une réglementation minutieuse et bien entendue de l’administration, comme on le verra plus loin. En général, trois principes doivent diriger le médecin dans le traitement des aliénés. « 1® Ne jamais exciter les idées ou les pas- « sions de ses malades dans le sens de leur délire; 2° ne a point combattre directement les idées et les opinions « déraisonnables de ses malades par le raisonnement, la « discussion, l’opposition, la contradiction , la plaisan- « terie ou la raillerie; 3° mais fixer leur attention sur « des objets étrangers au délire, communiquer à leur « esprit des idées et des affections nouvelles, par des c( impressions diverses » (Georget, Dicf. de médecine).

Les principaux ouvrages à consulter sont: Pinel, Traité médico-philosophique sur V aliénation mentale ou la mor nie^ 2® édit., 1809, Paris. — Esquirol, Des maladies mentales, Paris, 1838. — Scipion Pinel, Physiologie de V homme aliéné. — Broussais, De T irritai ion et de la folie, Paris, 1839. — Brière de Boismont, De Pin fluence de la civilisation sur le développement de la folie, 1839. — Falret, Des maladies mentales et des asiles d’aliénés, Paris, 1804. — Leuret, Du traitement moral de la folie, Paris, 1840. — Marc, De la folie dans ses rapp. avec les quest. médico-judiciair. — Belhomme , Considér. sur P appréciai . de la folie, etc. (Mém. 1834-1848). — Marcel, De la folie causée par P abus des boiss. alcool., thèse 1847. — Boileau Castelnau, De la folie instantanée, 1852. — Renaudin, médico-psyeolog. sur Paliénat,

ment, 1864. — Delasiauve, Journal mensuel de médecine mentale. — Considér. génér. sur Pensemhle du service des aliénés du département delà Seine, par M. l’inspect. génér. de ce service, le docteur Girard de Cailleux, {Gazett. hebdomad. de médecine, 1861). — Tardieu, Dict. d’hygièn. publique, art. Aliénés, 3e édit., 1862.— Et une multitude d’autres travaux de MM. Marc, Foville, Calmeil, Délayé, Moreau (de Tours), Lélut, Girard de Cailleux, Delasiauve, etc.

Mesures administratives. — Autrefois les aliénés étaient confondus avec les criminels et renfermés dans le fond des cachots ou dans les cellules de quelques maisons religieuses ou d’hospices, et complètement privés des soins hygiéniques et de traitement médical. Aujourd’hui, grâce à la puissante impulsion donnée par Pinel et continuée par Esquirol, la sollicitude des pouvoirs publics s’est éveillée, et les aliénés, reçus dans des maisons spéciales, sont traités par des médecins zélés, hommes de bien et instruits. La loi du 30 juin 1838 aréglé toute cette partie du service de manière à ce que tous les établissements publics et privés soient placés sous la haute surveillance de l’administration. Dès 184G, on comptait en France 52 établissements publics contenant 16 000 aliénés, sans compter 30 hospices où ils peuvent être reçus dans des quartiers particuliers, en attendant leur transfèrement dans les grands établissements. L’administration a réglé en même temps ce qui regarde la translation des aliénés, la situation et la disposition intérieure des asiles, le régime des aliénés, le travail et le genre de vie auxquels

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ils peuvent être soumis. Ne pouvant entrer dans le détail de ces différentes prescriptions , nous nous contenterons de citer quelques-unes des dispositions législatives et administratives les plus usuelles et les plus utiles aux gens du monde.

Loi du 30 juin 1838. — Art. 5. Nul ne pourra diriger ni former un établissement privé consacré aux aliénés, sans l’autorisation du gouvernement. Les établissements privés consacrés au traitement des autres maladies, ne pourront recevoir les personnes atteintes d’aliénation mentale, à moins qu’elles ne soient placées dans un local entièrement séparé

Art. 8. Les chefs et préposés responsables des établissements publics , et les directeurs des établissements privés et consacrés aux aliénés, ne pourront recevoir une personne atteinte d’aliénation mentale, s’il ne leur est remis : 1" Une demande d’admission contenant les noms, profession, âge et domicile, tant de la personne qui la formera que de celle dont le placement sera réclamé, et l’indication du degré de parenté, ou à défaut, de la nature des relations qui existent entre elles. La demande sera écrite et signée par celui qui la formera, et, s’il ne sait pas écrire, elle sera reçue par le inair^ ou le commissaire de police, qui en donnera acte. Les chefs, préposés ou directeurs devront s’assurer, sous leur responsabilité, de l’individualité de la personne qui aura formé la demande, lorsque cette demande n’aura pas été reçue par le maire ou le commissaire de police. Si la demande d’admission est formée parle tuteur d’un interdit, il devra fournir à l’appui un extrait du jugement d’interdiction. 2° Un certificat de médecin constatant l’état mental de la personne à placer, et indiquant les particularités de sa maladie, et la nécessité de faire traiter la personne désignée dans un établissement d’aliénés et de l’y tenir renfermée. Ce certificat ne pourra être admis s’il a été délivré plus de quinze jours avant sa remise au chef ou au directeur, s’il est signé d’un médecin attaché à l’établissement, ou si le médecin signataire est parent ou allié au second degré inclusivement, des chefs ou propriétaires de l’établissement, ou de la personne qui fera effectuer le placement. En cas d’urgence, les chefs des établissements publics pourront se dispenser d’exiger le certificat du médecin. 3" Le passe-port ou toute autre pièce propre à constater l’individualité de la personne à placer j

Art. 13. Toute personne placée dans un établissement d’aliénés cessera d’y être retenue aussitôt que les médecins de l’établissement auront déclaré, sur le registre énoncé en l’article précédent (art. 12), que la guérison est obtenue. S’il s’agit d’un mineur ou d’un interdit, il sera donné immédiatement avis de la déclaration des médecins aux personnes auxquelles il devra être remis et au procureur du roi (impérial).

Art. 14. Avant môme que les médecins aient déclaré la guérison, toute personne placée dans un établissement d’aliénés cessera d’y être retenue dès que la sortie sera requise par l’une des personnes ci-après désignées ; 1“ le curateur nommé en exécution de l’article 38 de la présente loi ; 2" l’époux ou l’épouse ; 3" s’il n’y a pas d’époux ou d’épouse, les ascendants; 4“ s’il n’y a pas d’ascendants, les descendants ; la personne qui aura signé la demande d’admission, à moins qu’un parent n’ait déclaré s’opposer à ce qu’elle use de cette faculté sans l’assentiment du conseil de famille; 6" toute personne à ce autorisée par le conseil de famille Néan-

moins, si le médecin de l’établissement est d’avis que l’état mental du m.alade pourrait compromettre l’ordre public ou la sûieté des personnes, il en sera donné préalablement connaissance au maire qui pourra ordonner immédiatement un sursis provisoire à la sortie..,.. Ce sursis provisoire cessera de plein droit à l’expiration de quinzaine, si le préfet n’a pas, dans ce délai, donné d’ordres contraires En cas de minorité ou d’interdiction,

le tuteur seul pourra requérir la sortie.

Art. 18. A Paris, le préfet de police et dans les départements les préfets ordonneront d’office le placement,

dans un établissement d’aliénés, de toute personne

dont l’état d’aliénation compromettrait l’ordre public ou la sûreté des personnes

Art. 19. En cas de danger imminent attesté par le certificat d’un médecin ou par la notoriété publique, les commissaires de police à Paris, et les maires dans les autres communes, ordonneront, à l’égard des personnes atteintes d’aliénation mentale, toutes les mesures provisoires nécessaires, à la charge d’en référer dans les vingtquatre heures au préfet qui statuera sans délai.

Fig. 1164. — Feuille trifoliolée du faux ébénier.

Voyez, pour de plus amples renseignements : 1“ le texte même de la loi de 1838; 2“ V ordonnance du roi portant règlement sur les établissements, du 19 décembre 1839; 3® V article Aliénés c/w Dictionnaire d’ hygiène publique^ par M. le professeur Tardieu; 4“ V article Aliénés du Dictiotinaire général d'administration, par M. Alfred Blanche. F n,

FOLIOLES (Botanique), diminutif de feuille. — On donne ce nom à chaque partie ou petite feuille qui se trouve articulée sur le pétiole commun des feuilles composées, et qui peut en être détachée sans déchirement. Il y a des feuilles qui ne portent qu’une seule foliole articulée sur le pétiole ; elles sont alors dites unifoliolées^ comme dans le citronnier, le rosier à simple feuille, les bauhiniers, etc.

D’autres ont 3 folioles, comme dans le faux ébénier, le sumac, le trèfle d’eau ; 4, comme dans la marsilée à 4 feuilles ; 5, comme dans la potentille rampante, la ronce commune; 7, dans le marronnier d’Inde, etc. On nomme

aussi quelquefois foliotes les divisions du calice (voyez Sépales) et celles de Vinvolucre (voyez ce mot).

FOLLE- AVOINE (Botanique). — Nom vulgaire d’une espèce d’avoine, X'avena fatua (voyez Avoine).

FOLLETTE (Botanique). — Nom vulgaire de l’arroche des jardins (voyez Arroche).

FOLLICULE (Anatomie), du latin /b//icM/ii5, petit sac. — Ce nom s’applique

à des organes très-sim- i 2 5

pies de sécrétion, qui sont logés dans l’épaisseurdes diverses membranes muqueuses ou de la peau. Creusés dans la membrane même par un véritable refoulement de sa substance, ils offrent une cavité en forme de culde-sac, de tube simple ou lobé, toujours terminée en cul-de-sac et s’ouvrant, d’autre part, à la surface de la membrane. L’épithélium, .dont celle-ci est revêtue à sa surface, descend dans le follicule et en tapisse tout l’intérieur. Un fin réseau de vaisseaux sanguins serpente dans le tissu de la membrane autour de chaque follicule, et apporte les matériaux d’où cet organe si simple extrait le mucus qu’il verse. La plupart des glandes proprement dites paraissent constituées par des éléments analogues aux follicules, pour la forme et la structure, mais, réunis en très-grand nombre et abouchés dans des canaux communs de déversement; c’est ce qui donne aux lobules élémentaires de ces glandes

1165. — Follicules d'une muqueuse (1).

1166. — Follicules enroulés de la peau (2).

une configuration extérieure analogueà celle d’une grappe de raisin, et leur a valu le nom de glandes à acini (du latin acinus, grain de raisin). On a donc pu, avec raison, considérer les follicules comme le type de l’élément sécréteur; mais cette forme élémentaire n’exclut pas des

(1) A, épithélium. — B, couche fibreuse de la membrane muqueuse. — C, tissu cellulaire sous-jacent. — 1 et 3 follicules simples. — 2, follicule nullilobé.

(2) aa' , épiderme. — a'b, derme. — c, tissu cellulaire.^ — s, s, glomérules formés par l’enroulement des follicules. — s\ s’ tubes excréteurs.

FON

FON

différences nombreuses entre les divers follicules, et, d’après leurs formes et la nature de l’épithélium qui les tapisse, on en distingue deux genres et plusieurs espèces : 1® les F. droits {figs 1165), tels que ceux des voies digestives, des conduits biliaires, et en général des muqueuses très-profondément situées ; 2“ les F. enroulés {fig. 1166), qui s’observent surtout dans la peau, dans la muqueuse du conduit auditif.

On a souvent confondu sous le nom de follicule des grappes simples, comme celles qui sécrètent la matière grasse ou sébacée de la peau , comme les glandes de Peyer dans l’intestin. C’est également à tort qu’on a donné parfois à l’organe qui produit le poil le nom de follicule pileux, (voyez Bulbe).

Follicule (Botanique), même étymologie que ci-dessus. — On désigne sous ce nom des fruits secs à une seule loge formée par la feuille carpellaire repliée sur ellemême et soudée par ses bords, qui constituent le placenta sur lequel sont insérées les graines dans l’intérieur. C’est dans les follicules surtout qu’on peut observer et comprendre l’origine des péricarpes , et l’analogie de leur organisation avec celle des feuilles. Les fruits des ellébores, des pieds d’alouette, des nigelles, des apocyns, etc., sont des follicules (voyez Fruit).

FOMENTATION (Médecine), Fomentatio des Latins, de fovere, réchauffer. — On appelle ainsi toutes les applications chaudes que l’on fait à la surface de la prau, autres que celles qui sont en bouillie, comme les cataplasmes^ ou tout à fait liquides, comme les lotions. Elles peuvent être sèches ou humides; dans le premier cas, on les fait au moyen de linges, de flanelles, de sachets de sable, de cendres, de farine, de briques, chauffés à un certain degré, de boules, de bouteilles d’eau bouillante, etc. Elles agissent surtout par le calorique qu’elles communiquent aux parties sur lesquelles on les applique, et sont, en conséquence, plus ou moins excitantes suivant la température à laquelle on les aura portées, et suivant le plus ou le moins d’aptitude du corps employé à transmettre le calorique. Les fomentations humides se font avec des linges, des flanelles, des éponges, que l’on imbibe avec des liquides chauds de différente nature. Elles agissent à la manière des cataplasmes comme un bain local, et sont employées surtout lorsque les parties sont très-sensibles, très-douloureuses, et supporteraient difficilement le poids de la bouillie du cataplasme ; du reste, on les fait avec des décoctions, des dissolutions quelconques, ou d’autres liquides actifs par eux-mêmes, comme le vin, l’alcool, le vinaigre, etc. Elles peuvent èirQ émollientes^ narcotiques^ excitantes.^ toniques., astringentes., etc. Celles que l’on emploie le plus souvent sont : les F. émollientes., avec les décoctions de toutes les espèces émollientes; — les F. narcotiques, avec les décoctions de pavot, de belladone, de jusquiame, de stramoine, etc.; ««les F. excitantes., toniques, avec les décoctions de quinquina, le vin chaud, l’alcool affaibli, les décoctions de plantes excitantes, etc.; — les F. ^résolutives, avec les décoctions de fleurs de sureau, de mélilot, etc., seules ou additionnées de vin, d’alcool; — les F. astringentes, avec les décoctions de quinquina, d’écorce de grenade, de chêne, additionnées de vin, d’alcool, de chlorhydrate d’ammoniaque, d’une solution d’alun, etc., etc. F — n.

FONCTION (Mathématiques). — Une quantité est dite /bnc^fo/2 d’une autre quantité a:, lorsqu’elle varie avec elle €t qu’elle acquiert une valeur déterminée pour chaque valeur attribuée à la variable x. Pour bien comprendre cette signification du mot fonction, qui est aujourd’hui employé dans toutes les parties des mathématiques, il importe de rappeler quelques définitions. Dans toute question, on a généralement à considérer deux sortes de grandeurs, les constantes et les variables. Une constante possède une valeur fixe et déterminée; une variable peut recevoir successivement diverses valeurs dans la même question. *

Prenons pour exemple la formule de géométrie A ^ui détermine l’aire d’un cercle dont le rayon est r. Cette formule est vraie, quel que soit le cercle; il s’ensuit que A et r changent de valeur suivant le cercle particulier que l’on considère : ce sont des variables. Mais tt est une constante, car on devra toujours prendre pour cette lettre le même nombre 3,14169... Les deux variables A et r sont liées entre elles par cette équation, de telle sorte que si l’on donne à r une valeur, la surface corface correspondante A se trouve déterminée. Comme les valeurs attribuées ainsi à r sont entièrement arbitraires,

on dira que c’est Invariable indépendante, et que A est variable dépendante ou fonction de r. C’est une fonction explicite, car on voit quelle opération il faut exécuter sur r pour obtenir la valeur A. Mais si l’on ignorait la nature des opérations qui lient la surface du cercle avec son rayon, A serait fonction implicite de r.

Dans l’équation y 0gt fonction impli-

cite dé X, car il en dépend manifestement, mais on ne sait pas résoudre l’équation. Si l’on trouvait moyen de la résoudre, y deviendrait une fonction explicite.

On distingue les fonctions explicites en fonctions algébriques et fonctions transcendantes. Les premières ne renferment d’autre opération que l’addition, la soustraction, la multiplication, la division, l'élévation à une puissance déterminée, ou l’extractiou d’une racine de degré connu. Voici des fonctions algébriques.

y=LX^ ax^ -f- b.

xi + i

La première est rationnelle et entière ; la seconde, fractionnaire; la troisième, irrationnelle. Les fonctions transcendantes sont celles où la variable est soumise à d’autres opérations; ainsi les exponentielles, les logarithmes, les lignes trigonométriques ou fonctions circulaires. y=a'^, log X, sin X, arc tang x, sont des fonctions transcendantes.

Toute fonction peut être représentée par une courbe qui en indique la marche et les propriétés. Si, en effet, on donne une relation y=f{x) entre deux variables x et y, on peut concevoir que la variable x prenne successivement toutes les valeurs de — oo à -H '=», et que l’on ait calculé les valeurs de y correspondantes. La géométrie analytique donne le moyen de se représenter très-nettement la succession de ces valeurs en nombre infini. Prenons deux axes rectangulaires Ox, Oy; soient OP égal à une certaine valeur de x, et MP la valeur correspondante de f(x), on détermine ainsi un point M. Si l’on marque de même les points qui répondent à des valeurs de x trèsrapprochées, on obtiendra une courbe AB qui sera la représentation géométrique de la fonction y=f[x), etquien indiquera la marche et les propriétés, bien mieux que la discussion analytique de la fonction ou qu’une table de ses valeurs numériques. Si la courbe est continue, la fonction elle même sera dite continue. La seule inspection de la courbe indiquera les valeurs de X pour lesquelles la fonction est maximum ou mi- Fîg* ne?. — Représentation géo nimum , s’annule, devient metnque d'une fonction.

infinie, ou prend toute autre valeur particulière.

Cet emploi des courbes est aujourd’hui très-fréquent. On s’en sert, en physique et en mécanique, pour représenter les lois des phénomènes, c’est-à-dire la relation constante qui existe entre deux grandeurs. Ainsi la tension de la vapeur d’eau à diverses températures, le degré de solubilité des sels, la marche des températures dans le cours d’une année, la loi des oscillations barométriques, celle de la mortalité, etc. (V. Graphiques [Tracc'y]).

Une quantité peut être fonction de plusieurs variables, c’est-à-dire dépendre de plusieurs éléments dont la connaissance est nécessaire pour que cette quantité soit déterminée. Ainsi l’aire d’une zone sphérique dépend à la fois de sa hauteur et du rayon de la sphère sur laquelle elle est tracée. La densité d’un gaz dépend de sa température et de la pression qu’il supporte. La température moyenne varie avec la latitude du lieu et sa hauteur audessus du niveau de la mer. Les fonctions de deux variables peuvent aussi être utilement représentées à l’aide des courbes. On en peut trouver des exemples dans l3 Truité de météorologie de Kaemtz (voyez Calcul différentiel. Géométrie analytique).

Fonctions circulaires (Trigonométrie). — Les fonctions circulaires ou lignes trigonométriques d’un arc x sont : le sinus, le cosinus, la tangente, la cotangente, la sécante et la cosécante de cet arc. On peut voir à l’article Trigonométrie les relations qui existent entre ces diverses lignes. Nous indiquerons ici celles qui existent entre ces lignes et l’arc, et en particulier les développements de sin x et de cos X en fonction de x.

La formule de Maclaurin (voyez Séries), étant appliquée à la fonction f{x\ = ûn x, donne

FON

FON

xx^

Sm a; = - — j g. 3 1. 2. 3.4 .5 “ ' ‘ *

Et de même on trouve pour le cosinus

Ces séries sont dues à Newton ; elles sont toujours convergentes, et, comme les termes sont alternativement positifs et négatifs, l’erreur commise est moindre que le terme auquel on s’arrête.

Il est essentiel de faire attention que, dans ces formules, X n’est pas l’angle exprimé en degrés, mais le rapport de l’arc au rayon. Elles pourront servir à former une table de sinus et cosinus naturels; puis on en calculera les logarithmes. Mais il existe aussi des formules propres à calculer directement log sin x et log cos x. On les trouvera dans V Introduction aux tables de Callet (voyez Séries). E. R.

Foxction (Physiologie), du latin fungi, s’acquitter de. — Chaque corps vivant est, en effet, une agrégation de molécules hétérogènes , groupées pour former, dans ce corps, des instruments spéciaux dont l’ensemble constitue une véritable machine animée. Ces instruments variés, dont est composé le corps vivant, se nomment des organes (du grec or^anon, instrument); la machine animée qui résulte de leur combinaison harmonieuse est un organisme ou un individu. Chaque organe accomplit un certain acte, toujours identique, qu’on nomme sa fonction.U mtrQÜQn. de la vie résulte de l’ensemble des fonctions qui s’exécutent dans un organisme. Cet organisme n’est complet qu’autant que pas une de ses molécules n’a été retranchée; chacune a son rôle plus ou moins important ; on ne peut l’enlever sans troubler l’ensemble, on ne peut en ajouter d’autres à volonté. Les matériaux qui constituent ces organes, comme la viande, la matière osseuse, la matière verte des végétaux, sont eux-mêmes des produits de la vie ; jamais i-ls ne se trouvent isolés dans la nature minérale; de telle sorte qu’il existe des matières qui, bien que formées aux dépens du monde inorganique, ne se rencontrent cependant que dans les organes des corps vivants; c’est ce que nous nommerons des matières organiques. En un mot, l’être vivant manifeste en lui une série de phénomènes spéciaux conformes aux lois de la vie, et qui lui sont absolument propres; on les nomme ses Aussi l’étude des corps vivants donne-t-elle naissance à des sciences nouvelles, qui ont pour but la connaissance de la vie. Vanatomie est la science qui décrit les organes; la physiologie est celle qui cherche à expliquer leurs fonctions.

Les fonctions des êtres vivants ou organisés se rapportent à deux grands buts : 1“ le développement et l’entretien de l’individu; 2" la conservation de son espèce. A ces deux buts correspondent deux grandes fonctions générales, que l’on rencontre chez les animaux et chez les végétaux, la nutrition et la reproduction. Les animaux possèdent, en outre, des fonctions qui leur sont propres, et qui concourent à la fois à l’accomplissement do la nutrition et de la reproduction; ce sont les fonctions de la vie animale ou fonctions de relation : la sensibilité et la locomotion (voyez Nutrition, Reproduction, Sensibilité, Locomotion).

FONDANTS (Médicaments) (Matière médicale). — Ce nom avait été donné à une classe de médicaments auxquels les médecins attribuaient la faculté de diminuer la consistance du sang, de la ]ym})he, de combattre l’épaississement de ces humeurs, de dissiper, de fondre les obstacles, les concrétions que produisent la condensation, l’agglomération de leurs molécules. Ces médicaments ont joui d’une grande réputation. « Le vulgaire lui-même, dit Barbier (d’Amiens), entendait cette explication et ne doutait pas de sa justesse, et tous les esprits croyaient saisir parfaitement en quoi consistait l’opération fondante. Aussi le terme fondant est-il prodigué dans les anciennes matières médicales. » Mais si cette théorie surannée des anciens médecins humoristes a dû être rejetée par les modernes comme fausse et erronée, if n’en reste pas moins un fait d’observation précieux, qui prouve la justesse de leur appréciation, et, loin de contester l’efficacité de ces médicaments, ni les succès qu’ils ont procurés dans une foule de maladies, telles que les gonllements atoniques des viscères, les engorgements des vaisseaux lymphatiques, les affections strumeuses, le rachitisme, etc., il faut reconnaître que les effets immédiats qu’ils suscitent expliquent parfaitement

j les avantages qui suivent leur emploi et la réputation^ dont ils ont joui. Effaçons donc du langage médical, et leterme de médicamentsfondants et la théorie qui avait donné lieu à ce nom, et remettons h leur véritable place cette classe d’agents thérapeutiques. «Nous pensons que toutes les maladies contre lesquelles on vante les fondants réclament l’usage des excitants, et nous ne voyons que des médicaments doués de cette propriété dans les agents que l’on désigne parle titre de fondants » (Barbier). Nous renverrons donc ce que nous avons à en dire au mot Excitants. F — n.

FONDULE (Zoologie), Fundulus, Lacép. — Genre de Poissons., de l’ordre des Malacoptéry giens abdominaux^ famille des Cyprinoïdes., établi par Lacépède aux dépens des loches ou cobitis. Ces poissons ont beaucoup de rapport avec les pœcilies; mais leurs dents sont en velours et la rangée antérieure en crochets ; ils n’ont que quatre rayons aux ouïes. Le F. cœniculus Valenc., Cobitis heteroclita., Cuv., est le type du genre. On le trouve dans les rivières de la Caroline. C’est le cobite limoneux de Daubenton.

FONGICOLE ou Fungicole (Zoologie), Fungicola, Cuv., du latin fungus, champignon, et colere., habiter.. — Famille éClnsectes., de l’ordre des Coléoptères., section des Trimères., caractérisés par : des antennes plus longues que la tête et le corselet ; celui-ci est en forme de trapèze ; des palpes maxillaires filiformes, à peine renflées à l’extrémité, et le pénultième article des tarses profondément bilobé. Ils vivent dans les champignons qui croissent sur les vieux arbres ou même sous l’écorce, tels que les bolets et les agarics. Cette famille se compose, d’après Latreille, du grand genre Eumorphe, subdivisé en quatre sous-genres : les Eumorphes propres ,\^?> Dapses, les Endomyques et les Lycoperdines. Mais le nombre a été beaucoup augmenté depuis, et l’on y a ajouté jusqu’à quinze nouveaux genres, parmi lesquels les Dnsycères de Brongniart, que Latreille classe dans les Xylophages.

Le nom de Fongicole avait aussi été donné par Macquart à une tribu d'insectes de la section des Tipulaires, de la famille des Némocères, ordre des Diptères; mais plus tard il a supprimé cette tribu, et l’a remplacée par celle à laquelle il a donné le nom de Mycétopjhilides.

FONGIE (Zoologie), du latin fungus., champignon, allusion à la ressemblance de l’aspect de ce polypier avec le dessous du chapeau du champignon comestible. — De Lamarck a créé sous ce nom, en 1801, un genre pour des polypiers dont l’animal lui était encore inconnu. Ces polypiers consistent en une masse pierreuse, orbiculaire ou oblongue, concave et raboteuse en dessous, convexe en dessus, et offrant au centre un enfoncement oblong d'où partent en rayonnant des lames dentées ou hérissées latéralement. Comme l'avait pensé de Lamarck, chacun de ces polypiers est la base solide d’un seul animal conformé d’une façon analogue à l’organisation des actinies. Les travaux postérieurs ont fait reconnaître que le genre Fongie était un type d’organisation autour duquel devaient être groupés plusieurs autres genres; MM. Milne- Edwards et J. llaime [Ann. des sc. nat.., 1851) en ont fait le type d’une famille étendue, à laquelle ils ont donné le nom de Fongides.

Famille des Fongides. — Elle appartient à l’embran chement des Zoophytes., classe des Polypes., ordre des P. à polypiers de Cuvier, sous-ordre des Zoanthaires^ division des Astréides, caractères : polypier simple ou composé, très-court, étendu en forme de disque ou de lames foliacées; cloisons formées de lames complètes ou faiblement perforées, à bords dentés, avec faces latérales couvertes de saillies épineuses. MM. Milne-Edwards et J. Haime subdivisent cette famille en deux sous-familles: 1” les Fongiens; 2“ les Lophosériens. Dans les Fongiens., le plateau commun ou muraille, sur lequel sont implantés les feuillets rayonnants, est dépourvu d'épiihèque., c’est-à-dire de dépôt calcaire surajouté par le travail de sécrétion des tissus mous de l’animal ; ce plateau se voit donc à nu sous le polypier, et il est fortement étoilé et toujours plus ou moins poreux. Parmi les genres de cette sous-famille figurent le G. Fongie{F ungia.,Evimk) dont les espèces proviennent de la mer Rouge, de l’océan Indien, des mers de la Chine et de celles de l’Océanie équatoriale ; le G. Anabacie {Anabacia, d’Orbig. ) dans lequel le plateau ou muraille n’est pas développé (^y. 1188), de sorte que le dessous du polypier est à lamelles rayonnantes comme le dessous. Toutes les espèces connues sont fossiles et ont été trouvées dans les terrains jurassiques.

Dans les Lophosériens, le plateau commun ou muraille

FÜN

FON

•n’est ni poreux ni étoilé. On remarque dans cette sousfainïlle les genres ; Cydolife (Cyclolites^ Lamk) dont toutes les espèces sont fossiles et ont été rencontrées dans

Fig. 1163. — Anabacie orbulite, vue en dessus.

îes terrains crétacés et les terrains tertiaires inférieurs ; Palœocycle {Palœocyclus ^ Miln.-Edw, et J. Hai.), genre fossile perdu, des terrains siluriens; Cyc/osem (Miln.-

Fig. 1169. — Cyclolite elliptique, vue en dessus.

2dw. et H.), dont les espèces sont : lesunes, vivantes, des mers australes et des mers de la Chine ; les autres,, fossiles, des époques crétacée et tertiaire ; Lophoseris (Miln.- Edw. et H.), Pavonia de Lamarck, dont les espèces nous viennent des diverses mers des pays chauds; Agaricie (Agaricia, Lamk), dont lesespèces, également vivantes, sont des mers d’Amérique, de l’océan Indien.

FONGOSITÉ (Médecine), du latin fvngus, champignon. — On appelle ainsi une excroissance produite par une végétation charnue, spongieuse, mollasse, ayant l’apparence de champignon, qui se développe souvent à la surface des plaies, des ulcères, aux orifices des trajets fistuleux, des sétons, etc. Elles sont composées de matière granuleuse amorphe, de tissus fibro-plastiques, de capillaires souvent très-nombreux, ce qui rend ces fongosités saignantes au moindre contact, etc. Elles sont déterminées quelquefois par des pansements faits sans soin et sans méthode, le séjour du pus, la présence de corps étrangers, d’esquilles osseuses, l’abus des topiques irritants ou émollients. Le traitement consiste d’abord à éloigner les causes que nous venons de signaler, ensuite on emploiera les caustiques légers (alun calciné, nitrate d’argent); quelquefois on est obligé d’avoir recours aux caustiques plus énergiques, et môme à l’excision de certaines fongosités auxquelles on a laissé prendre un développement trop considérable.

FONGUS (Médecine), du latin fungus, champignon. — On désigne sous ce nom des tumeurs de diverses natures ressemblant plus ou moins par leur forme à un champignon, et qui se développent à la surface ou dans l’épaisseur de la dure-mère, de la peau, des membranes muqucwises, du périoste, dans le sinus maxillaire, etc. On a encore donné ce nom aux végétations des ulcères cancéreux, aux tumeurs variqueuses formées par le développement accidentel des vaisseaux capillaires, artériels ou veineux, connues sous les noms à.'envie,nœvus.\\ résulte du vague de cette expression que, dans la plupart des cas, on y a ajouté une épithète pour en préciser la nature, ou le siège, ou le caractère ; ainsi on a dit fongus hématode^ fongus de la dure-mère^ etc.; d’autres ont reçu les noms particuliers de épulis, ostéosarcome^ m- . lype, etc. ^

Les fongus de la dure-mère peuvent être formés de tissu fibro-plastique ou vasculaire; d’autres fois, de matière tuberculeuse. Ils peuvent faire saillie au dehors après avoir usé et percé les os du crâne, ou déprimer le cerveau et se loger dans son épaisseur. Ils sont souvent difficiles à reconnaître. Dans tous les cas, ce sont des maladies très-graves et réputées incurables.

Les fongus du sinus maxillaire sont rares chez les enfants; ils sont déterminés le plus souvent par la récidive fréquente des fluxions dentaires, du coryza, les contusions violentes sur les os de la pommette, les blessures du sinus maxillaire, le vice scrofuleux, etc. Leur accroissement produit à la face des désordres énormes ; ainsi ils déjettent en tous sens les parois des sinus maxillaires, dépriment l’arcade alvéolaire et la voûte palatine ; les dents sont ébranlées, l’œil est chassé de l’orbite; des ouvertures se font au sinus ; la tumeur se fait jour dans la bouche, dans les narines, etc. Et la mort arrive après avoir fait languir et souffrir le malade pendant des mois, quelquefois des années. Une opération chirurgicale peut seule arrêter les progrès d’une aussi cruelle maladie. Elle doit être faite aussitôt que l’on a reconnu l’existence et la nature de la maladie, et être confiée à des mains habiles et exercées. Les bornes de cet article ne nous permettent pas d’entrer dans les détails de cette opération minutieuse et délicate.

Les fongus de la vessie se développent le plus souvent vers le bas-fond, vers le col, sur la surface du trigône ; quelques-uns naissent de la prostate. Leurs symptômes sont difficiles à distinguer de ceux du catarrhe, du cancer, de Fengorgement de la prostate. Le pronostic de cette maladie est très-grave.

Nous ne ferons que citer les tumeurs fongueuses ou les fongus de la peau, du tissu cellulaire, des muqueuses, des séreuses, du périoste. Du reste, nous devons dire que. tous ces fongus diffèrent par leur structure, leur marche, leurs modes de terminaison, etc. (voyez Envie, Epulis, Nævüs, Ostéosarcome, Polype.

Fongus hæmatode. — Voyez au Supplém.

FONTAINES (Physique). — Il y a cette différence entre unesource et une fontaine, que le mot source désigne les eaux naturelles quand elles se trouvent dans leurs conduits souterrains aussi bien que lorsqu’elles en sortent, tandis que l’expression fontaine est réservée pour indiquer un bassin situé à la surface du sol, et versant au dehors ce qu’il reçoit par des sources intérieures ou voisines. L’origine des fontaines doit être indiquée plus spécialement au mot Source; nous n’avons ici qu’à nous occuper des singularités qu’elles présentent quelquefois. Il arrive, en effet, le plus ordinairement qu’elles ont un cours soutenu et produisent sensiblement la môme quantité d’eau, du moins dans la même saison. D’autres fois l’écoulement cesse et recommence à des intervalles de temps égaux et souvent fort rapprochés. Les fontaines sont dites alors intermittentes. On distingue aussi les intercalaires dont l’écoulement, sans cesser entièrement, éprouve des retours périodiques d’augmentation et de diminution.

Le nombre des fontaines intermittentes est considérable. Pline en cite une, qui était à Dodone, dont l’écoulement cessait tous les jours à midi et reparaissait abondamment à minuit. Josèphe, l’historien des Juifs, rapporte qu’en S3^rie, entre les villes d’Arce et de Raphonées, une fontaine appelée sabbatique était à sec six jours sur sept. Brynolphe Suénon dit avoir vu en Islande, près de la capitale de l’île, une fontaine intermittente d’eau chaude qui coule une heure sur vingt-quatre. Childrey {Traité des curiosités de V Angleterre) indique dans le comté de Derby, près de Buxton, une source qui coule chaque quart d’heure, et une autre analogue située à Giggleswich, à un mille de Settle, dans la province d’York. Une autre, d’après le même auteur, est située dans le Westmoreland, près du Loder, et coule plusieursf fcKs par jour.

Dans les Transactions philosophiques^ on trouve citée une fontaine appelée Bolderborn (bruyante), située près de Paderborn, en Westphalie ; elle coule et est à sec deux fois par jour. On trouve dans le même recueil que h source de Lawyell, près de Brixam, dans le Devonshire, est intercalaire, et que, pendant la période de son maximum, il y a des intermittences dans la quantité d’eau qui se déverse, intermittences qui se reproduisent jusqu’à seize fois dans une demi heure.

Bernier, dans son Voyage de Cachemire^ parle d’une fontaine qui, au mois de mai, coule et s’arrête régulièrement trois fois en vingt quatre heures, au commence-

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ment du jour , vers le midi et à l’entrée de la nuit l’écoulement dure trois quarts d’heure et est fort abondant. . .

Près du lac de Côme est une fontaine qui, trois fois par jour, grossit et diminue. Pline le Jeune en fait mention dans la 30® épître du livre IV. En Savoie, près de Haute-Combe, sur les bords du lac du Bourget, existe la Fontaine des merveilles qui coule et cesse de couler deux fois par heure. Sur le chemin de Touillon à Pontarlier, en Franche-Comté, se trouve une fontaine intermittente; quand le flux va commencer on entend un bouillonnement, puis l’eau sort de trois côtés en formant des jets dont la hauteur augmente d’abord, puis diminue. L’eau jaillit ainsi pendant sept à huit minutes, puis cesse pendant deux minutes.

On pourrait citer encore bien d’autres exemples. Pour expliquer ces phénomènes, on suppose qu'une source arrive par un canal o dans un réservoir M, et n’en puisse

Fig. 1170. — Théorie des fontaines intermiUentes.

sortir que par un conduit abc formant siphon. L’eau s’accumule dans le réservoir jusqu’à ce que le siphon soit amorcé; la fontaine commence alors à couler par l’orifice c, mais si le débit du siphon est supérieur à celui de la source qui alimente le réservoir, celui-ci se vide et l’écoulement cesse jusqu’à ce que le siphon se soit amorcé de nouveau.

On trouve dans les cabinets de physique, sous le nom de vise de Tantale, un petit appareil fondé sur le môme principe. C’est un vase dont le pied est traversé par la longue branche d’un siphon ; on met de l’eau dans le

Fig. ini. — Vase Je Tantale.

vase et l’écoulement ne se produit qu'après que le liquide est arrivé à la plus haute courbure du siphon qui se trouve amorcé ; ce siphon est souvent formé par un tube

droit CD {fig. 1171) recouvert par un autre plus large AB. Quelquefois on place sur le haut du vase une figure dont les lèvres soient à la hauteur du coude du siphon ; il est évident que l’eau s’écoulera dès qu’elle sera arrivée à la hauteur des lèvres de cette figure, d’où le nom de vase de Tantale donné à cet appareil.

La fontaine intermittente des cabinets de physique, est totalement différente des fontaines intermittentes naturelles ; elle est due à Sturmius, et consiste en un vase A {fig. 1172) bouché à l’émeri et mastiqué dans une pièce de laiton munie de trois robinets latéraux D, D'. Le tout est porté par un tube B qui s’ouvre dans la partie supérieure du vase A. Ce tube est terminé à l’autre extrémité par un biseau et supporté par un trépieit. Tout l’appareil repose sur un bassin C, percé en son centre d’une petite ouverture. Le vase A étant plein d’eau jusqu’au niveau du tube B, l’écoulement se produit par les robinets DD' ; l’eau qui tombe s’accumule dans le bassin C et se trouve remplacée par de l’air qu’amène B; mais si le petit trou percé dans le bassin est insuffisant pour son dégagement, l’eau s’accumulant obstrue la partie inférieure du tube B, et l’air ne pouvant plus rentrer dans A, l’écoulement s’arrête jusqu’à ce que l’extrémité du tube B, étant mise à découvert, permette de nouveau la rentrée de l’air.

La fontaine de Héron est aussi un appareil qui a été appliqué quelquefois. Il consiste en deux vases sphériques B et G superposés et surmontés d’une cuvette A. Les deux vases communiquent par un tube D, tandis qu’un autre tube E réunit la cuvette au vase G. On com-

mence par remplir d’eau le vase B jusqu’à l’orifice de D ; puis on verse de l’eau dans A ; cette eau s’écoule par E, comprime l’air de G, et, sous l’action de cette pression transmise, le liquide de B est projeté par un troisième tube qui débouche au-dessus de la cuvette; l’on obtient ainsi un jet d’eau.

Héron avait adopté une disposition un peu différente. La cuvette A (/?^. 1174) était remplacée par un entonnoir. Les deux vases sphériques n’existent pl us, mais à leur place SC trouvent les deux compartiments B et C d’un vase cylindrique; le tube ah remplace le tube D, et le tube ef remplace E. Au début, l’on mettait un peu d’eau dans l’entonnoir, et alors, par suite de la pression, le liquide de B montait par le tube d dans le vase O, qui le déversait sans tarir dans l’entonnoir qui ne s’emplissait pas.

Héron transformait son appareil en une lampe ramenant toujours l’huile à la mèche. B et C sont deux coai- /

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parliments distincts; le supérieur contient de l’eau sur laquelle la pression atmosphérique s’exerce par l’orifice O ; il communique avec le compartiment G par le robinet H; l’écoulement de l’eau chasse l’air qui, par le tube E, exerce sa pression sur l’huile contenue dans A. Le réservoir A est d’ailleurs clos de toutes parts, de sorte que l’huile est obligée de monter dans la mèche par le tube FF'. La lampe hydrostatique de Girard est fondée sur le môme principe (voyez Lampes'.

C’est avec un appareil construit sur les mômes principes qu’on opère l’épuisement des eaux des galeries d’une mine de sulfure de plomb, à Schemnitz en Hongrie.

Les eaux à expulser peuvent être amenées par le robinet f dans un récipient placé au-dessous de leur niveau. D’un autre côté, une source A située à la surface du sol amène par le tube t ses eaux dans le réservoir B, d'où le tube V peut amener l’air dans le récipient. Au Fig. ins.-Lampe de Héron, début, les robinets /“et e étant ouverts et b fermé, le récipient inférieur se remplit d’eau, l’air s’échappant par e. On ferme/ et e , on ouvre b et «, l’écoulement se produit de A en B, l’air comprimé s’échappe par f', et fait monter par f" l’eau

dont on veut se débarrasser. On recommence ainsi successivement la môme opération, en ayant soin à chaque fois de vider B, ce qui se fait en fermant b et a, et ouvrant c et d. H. G.

Fontaine filtrante. — Voyez Filtr.ation.

FONTANELLE (Anatomie). — On désigne sous ce nom les espaces membraneux qui existent chez le fœtus et les très-jeunes enfants aux régionsdu crâne où se rencontreront les angles des os, lorsque leur ossification sera complète. Les fontanelles résultent de ce que l’ossification de ces os se faisant du centre à la circonférence par une progression régulière^ les points les pl.us éloignés, qui sont les angles, sont atteints les derniers par l’encroûtement osseux; pendant ce temps, ces intervalles sont complétés seulement par l’adossement du péricràne et de la dure-mère. Ce nom vient probablement de ce que ces régions paraissent plus humides que les autres parties du crâne. Celui de Fons pulsatüis des Latins leur a été donné, parce que l’absence des parois osseuses permet d’y sentir les mouvements d’élévation et d’abaissement du cerveau. On compte six fontanelles, deux en haut, savoir : une à la réunion du coronal et des angles

antérieurs supérieurs des pariétaux; c’est la plus importante et la plus connue du vulgaire, qui a soin d’éviter, et avec raison, toute compression sur cette partie; la deuxième à la réunion des angles postérieurs inférieurs des pariétaux avec l’occipital. Il y en a deux autres de chaque côté, la première située entre le pariétal, l’occipital et le temporal, au-dessus de l’apophyse mastoïde; et la seconde à la réunion du pariétal, du coronal et du sphénoïde dans la fosse temporale. «

FONTE (Affinage de la), Conversion de la fonte en FER (Chimie, Métallurgie). — Cette opération estdivisée en deux, la partie chimique et la partie mécanique. La partie chimique, qui prend plus particulièrement le nom d'affinage^ a pour but d’enlever à la fonte son carbone et quelques autres substances étrangères, de manière à obtenir du fer; comme on opère toujours sur la fonte en fusion, le fer ne s’obtient qu’à l’état d’éponge dont il faut rapprocher les parties pour les souder; c’est le cinglage. Le fer ne se livrant au commerce qu’à l’état de barres régulières, il faut en outre un étirage. On le fait soit au marteau, soit avec des cylindres; il prend alors le nom de laminage. Pour la partie chimique, on a deux méthodes différentes, la méthode allemande ou comtoise et la méthode anglaise. L’affinage allemand ou au bas foyer, très-ancien, s’est modifié en passant d’un pays dans un autre, de sorte qu’on peut compter quinze à vingt procédés différents; il se fait au contact du combustible, qui est le charbon de bois; l’affinage anglais, d’invention récente, se fait au contact de lu flamme, dans des fours à réverbère qui prennent le nom de fours à puddler, quelquefois puddling l’opération se nomme puddlage.

Dans l’affinage ajlemand, l’étirage se fait au marteau ; dans l’affinage anglais, avec des cylindres ; depuis q uelque temps on emploie un procédé mixte, qui emprunte à chacun une partie de ses opérations ; l’étirage au cylindre est beaucoup plus rapide ; l’affinage allemand, consommant beaucoup plus de combustible et particulièrement du charbon de bois, doit nécessairement disparaître dans un temps plus ou moins rapproché.

Fontes d’affinage. — Les fontes grises produites à une plus haute température que les fontes blanches (voyez Fer) sont généralement plus impures; elles contiennent plus de silicium ; de plus, les fontes blanches passant par l’état pâteux, le carbone qu’elles contiennent est combiné et, par suite, très-divisé; l’oxydation est plus facile. On peut donc dire qu’en général les fontes blanches sont plus propres à l’affinage que les fontes grises. Mais si les minerais sont très-impurs, s’ils contiennent du phosphore, du soufre, il est possible que l’oxydation du carbone allant trop vite, les autres substances n’aient plus le temps de s’oxyder ; il faut alors produire des fontes grises ou tout au moins traitées. Enfin, on n’est pas toujours maître de produire la fonte qu’on veut au haut fourneau ; on doit alors blanchir les fontes grises au moment de la coulée. On a remarqué que lorsque la fonte est refroidie brusquement, le carbone combiné à la fonte n’a pas le temps de se séparer, et la fonte reste blanche. On peut opérer ce refroidissement en jetant de l’eau à la surface, et enlevant la fonte par plaques minces. Pour les hauts fourneaux au coke, on préfère couler la fonte dans des moules métalliques dont on refroidit quelquefois le dessous par un courant'rd’eau. En recouvrant les moules d’un lait de chaux, on évite l’adhérence et on expulse un peu de soufre; un peu avant que la fonte ne soit figée, on jette de l’eau à la surface; le dégagement de gaz qui se produit rend la fonte caverneuse, et il se dégage de l’hydrogène sulfuré. On blanchit aussi la fonte par une opération spéciale, le mazéage ; on l’employait surtout pour l’affinage anglais ; il est maintenant à peu près abandonné partout.

Affinage allemand. — Une forge allemande comprend des bas foyers, des marteaux et une machine soufflante; autant que possible, il faut éviter l’emploi des soufflets à cause de leur faible rendement. La force motrice, en général, est fournie par un cours d’eau.

Foyer. — - Il est toujours adossé à un mur et se compose d’un vide prismatique de 0“,G5 à 0“,S5 de longueur, de 0“,50 à 0“,65 de largeur, et de Ü“,35 à 0”,40 de profondeur. Les cinq faces sont formées par l’assemblage de cinq plaques de fonte. Ces cinq plaques ou laques., sont : la sole, celle qui forme le fond du creuset, le contrevent opposée à la Xuyhve^Xdt. plaque de Warm du côté du mur, la haire^ ou rustine, taque de derrière, et le chio ou latéro, taque de devant, percée de deux trous pour l’écoulement des scories. La plaque de fond se pose toujours la dernière et doit êtreindépendante, car elle se change au moins

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tons les huit jours. La figure 1177 montre la position de la tufière t et la section ah delà forge ou du foyer. Celuici est surmonté d’une hotte pour le dégagement des gaz. Ce (ju’on appelle ordinairement la profondeur d’un tel foyer

Fig. 1177. — Affinage allemand ou au bas foyer.

est la .distance du fond au point d’appui de la tuyère-, elle varie de0"‘,16 à0'“,28; selon qu’on veut faire agir plus ou moins activement l’air sur la fonte, et selon la qualité des fers qu’on veut obtenir. Quand on a de mauvaises fontes , qu’on cherche seulement à obtenir rapidement le fer sans tenir à la qualité, on diminue la profondeur ; ainsi en Bourgogne, où les fontes sont phosphoreuses, elle n’est que de0“, 16 à ü'“,17, et l’inclinaison de la tuyère est de 2" 5, tandis que pour les fontes grises au bois de bonne qualité, on donne 0“,18 à, 0'“,20, et une inclinaison de 6° à7“; pour les fontes truitées au coke, 0'“,22 à 0'",23, et 10" à 1 1°.

Pour les fontes grises au coke, on arrive à 0“,28, et des inclinaisons de 0", 10" et même 15". La tuyère avance dans le foyer de 0“,06 à 0“,10.

Quant aux marteaux, on se sert surtout du marteau à soulèvement et du marteau i\ queue. Le marteau à sou-

l'ig. 1178. — Mai'teuu à soulèveiiieiil.

lèvement se compose essentiellement d’un arbre en bois suspendu à une de ses extrémités j\ un axe autour duquel il peut tourner, et portant à l’autre le marteau proiircment dit qui frappe sur rencluine. 11 est soulevé soit par

le côté, soit par son extrémité, mais alors l’enclume n’est plus aussi libre. L’arbre soulevé vient s’appuyer sur une seconde pièce de bois, nommée rabat, qui, à cause de son élasticité, le renvoie avec plus de force. Le marteau pèse environ 200 kilogrammes et a une levée de tr,70 à Ü“,80 ; il frappe 80 à 120 coups par minute. Plus la tête ou panne du marteau est étroite, plus chaque coup produit d’effet; mais les ouvriers doivent aussi être plus exercés; les pannes étroites en fer forgé ont de 0“,08 à 0“,12 de largeur.

Le marteau à queue se compose aussi d’un arbre tournant autour d’un axe, portant la tête à une de ses e.xtrémités, et le moteur agit sur l’autre ; la panne peut n’avoir que 0“,04 à 0'",08; ils frappent jusqu’à 500 à 600 coups par minute. En général, ils pèsent moins de 200 kilogrammes. On peut aussi se servir du marteau pilon.

Opération de l'affinage. — Elle comprend la fusion, le soulèvement qu’on peut diviser en deux, et l’aralage ou formation de la loupe.

On commence par rejeter dans le foyer le charbon incandescent qui reste ; on remplit de charbon frais jusqu’à 0“, 12 ou 0'", 15 au-dessus de la tuyère ; au-dessus on avance les gueuses de fonte de manière à fondre; on les place, autant que possible, fort près de la zone où il se produit de l’acide carbonique, tout en évitant d’y pénétrer. Pendant la fusion, on réchauffe dans le foyer les lopins de l’opération précédente et on les étire. On charge dans le foyer des battitures et des scories riches en fer, qui fondent rapidement; les gouttelettes de fonte traversant la zone oxydante, s’o.xydent en partie ; l’action se porte surtout sur le fer et le carbone qui sont les corps prédominants; le silicium qui s’oxyde forme avec l’oxyde de fer des silicates très -basiques, dont l’action se combine avec celle des scories basiques ; ces dernières réagissent sur les matières fondues; le carbone de la fonte réduit l’oxyde de fer et s’oxyde ; une partie de l’oxygène se porte sur le silicium, le soufre, le phosphore; on fuit écouler une partie des scories formées; l’ouverture étant percée à ü“,10 environ au-dessus du fond, il reste toujours une couche au-dessus de la fonte qui la préserve d’une action trop oxydante ; l’ouvrier avec son ringard reconnaît par le toucher l’état des matières; si la fonte est encore fluide, l’épuration n’est pas terminée, on n’a pas mis assez de scories; mais il ne faut pas que l’opération marche trop vite, car les corps étrangers, comme le soufre, le phosphore, le si licium, n’auraient pas le temps de s’oxyder ; pourbien marcher, il faut arriver à l’état pâteux après un temps, du reste, très-variable avec le foyer et la fonte.

Il reste alors très-peu de substances étrangères dans la fonte. Quand elle est assez consistante, on procède au soulèvement. On enlève la fonte figée et on la place dans le haut du foyer; on remet du charbon frais et on fond une seconde fois en accélérant plus ou moins, selon le degré d’avancement de l’épuration. Il se produit une réaction analogue à la précédente , et la décarburation se complète; l’ouvrier remue le tout pour arriver à l’homogénéité et souder; puis il procède à la formation de la loupe. En réunissant en une boule unique, les particules ferreuses, on élève la température pour bien

souder ; puis la loupe enlevée avec une tenaille est portée au marteau, divisée en parties, lopinsou massiaux, auxquels on donne la forme de parallélipipèdes. On les reporte dans le foyer et on les étire en barres. Quand on a des cylindres lamineurs, la loupe est ^souvent passée et transformée en barre d’une seule pièce.

Selon les usines, l’opération dure de 40' minutes à 8 heures; la charge en fonte est de 32 à 190 kilogrammes ; le déchetà peu près constant est de , . , 28 p. lOO; le charbon

consomme varie de 140 à 200 kilogrammes p. 100 kilogr.

On utilise maintenant les gaz du foyer à chaufifer la tonte et a produire de la vapeur pour l’usine.

On \oit que, dans cette méthode, l’air et les scories

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agissent pour oxyder les matières étrangères, l’air oxydant surtout les corps dominants, fer et carbone, les scories agissant pour oxyder les autres corps; si l’on emploie un foyer plus profond, qu’on diminue l’action de l’air, qu’on ajoute beaucoup de scories, on pourra oxyder les substances étrangères, tout en laissant une notable proportion de carbone combiné avec le fer ; ce sera de l’acier. Il faut toujours, quand on veut en obtenir, employer des fontes de choix, autant que possible manganésifères, qui seules donnent des aciers de bonne qualité ; enfin employer des laitiers très- épurants, moyennement décarburants et très-fusibles.

Méthode anglaise. — Elle comprend trois parties correspondantes aux opérations de la méthode allemande, un mazéage ou finage (fusion allemande), puddlage (affinage), enfin le réchauffage ou corroyage. Depuis quelques années, on a supprimé le mazéage. Les appareils dont on se sert sont : four à puddler, four à réchauffer, marteaux divers, cylindres lamineurs et cisailles. La vapeur, en général, fournit toute la force motrice; elle est produite par les gaz sortant des fours.

Four à puddler. — Avec le mazéage, on emploie un four à réverbère ordinaire, le mazéage en effet correspondant à la fusion allemande, avec cette seule différence qu’on opère sur des charges beaucoup plus fortes, pu-

Fig. 1179. — Four à puddler.

rîfie déjà la fonte ; le silicium est oxydé ; on peut donc, au réverbère, empêcher les scories de ronger trop fortement les parois en ajoutant des battitures et scories convenables. C’est le puddlage sec ; par opposition le puddlage des fontes non mazées se nomme puddlage gras., et le four, fuur bouillant. La sole D a à peu près '2 mètres carrés de surface, et est entourée de parois en fonte séparées desbriques réfractaires, de manière qu’elles puissent être refroidies par un courant d’air, quelquefois un courant d’eau. Elle est d’ailleurs formée d’une plaque de fonte de 4 à 5 mètres d’épaisseur, sur laquelle on a placé 6 à 6 mètres de scories battitures, et, dans quelques usines, du minerai de fer agglutiné, la sole est alors dite sole en riblons. La grille A varie avec le combustible, ordinairement elle a un mètre carré. A la suite de la grande sole s’en trouve souvent une plus petite pour

chauffer la fonte de la charge suivante; puis les gaz vont aux chaudières ou à la cheminée G. Ce four a trois portes, une B pour charger le combustible, une E pour le travail, une pour la petite sole; la cheminée est munie de registres afin de régler le tirage, à moins qu’une même cheminée ne serve pour plusieurs fours, ce qui est exceptionnel. Ces fours sont garnis à l’extérieur de plîiques métalliques et solidement armées.

Le four à réchauffer ordinaire est assez semblable à un four à puddler sans garniture de fonte; la sole est formée de briques recouvertes de sable réfractaire; elle a une pente d’environ I p. 100 pour l’écoulement des scories; un trou de coulée est à l'extrémité ; la piM*tie imporiante est la distance du pont au-dessus de la sole; elle doit être telle que les flammes ne viennent pas sur le fer et l’oxyder. Les dimensions varient avec le fer à obtenir. Pour la tôle seule, on a des fours d’une forme particulière.

Puddlage. — Une charge terminée, l’ouvrier écoule les scories, charge la grille, pique le feu pour activer, et charge 180 à 200 kilogrammes de fonte en saumons chauffés dans la petite sole et ferme la porte. Après 20 ou 30 minutes, quelquefois avant, tout est fondu ; l’ouvrier ferme le clapet de la cheminée, brise avec son ringard les fragments non fondus, cherche à maintenir la fonte pâteuse de manière à faciliter l'oxydation; le clapet lui permet de régler le tirage. Le fer est l’élément dominant; il a surtout absorbé l’oxygène; le carbone'de la fonte réduit î’oxyde formé, et donne de l’oxyde de carbone qui vient brûler à la surface ; le brassage facilite la réaction. L’ouvrier ajoute de temps en temps des battitures qui fournissent de l’oxygène; il les incorpore dans la masse ; en môme temps les corps étrangers absorbent de l’oxygène, le silicium donne des silicates, le soufre et le phosj)hore s’oxydent, les scories augmentent ('t deviennent plus fluides ; l’ouvrier, s’il le juge à propos, en fait écouler une partie; la fin de l’opération est indiquée par un dégagement abondant de gaz qui soulève la masse. C’est le bouilfonnement ; il ne se prodâit pas dans le puddlage sec. Le changement est trèsrapide; la fonte fondue est un peu rougeâtre, les particules ferreuses apparaissent avec un blanc éclatant ; l’ouvrier a de la peine à remuer les matières; il doit alors fermer la porte, charger la grilie, ouvrir le clapet pour chauffer fortement, en môme temps éviter l’oxydation; 10 minutes après environ, il soude le fer et forme les loupes en les pressant pour exprimer les scories et les roulant sur la sole pour recueillir les particules ferreuses. Il faut alors opérer rapidement pour éviter l’oxydation. On en fait 4 ou 6. On donne un dernier coup de feu, et on les porte au marteau (voyez M-auteaux de For.GE) en les traînant à l’aide de tenailles ou sur de petits chariots. Les loupes martelées sont portées aux cylindres puddleurs et transformées en barres. Un four occupe constamment 2 ouvriers; on a un déchet moyen de 10 p. 100, et on consomme environ 100 p. lOO de houille, selon la qualité. En 24 heures on produit 2500 à 3000 kilogrammes de fer puddlé. Ces barres sont pesées et cisaillées à longueur convenable ; on en forme des paquets qu’on porte au four à réchauffer; quand le fer est au blanc soudant, on les porte aux cylindre.s marchands; le carbone s’est oxydé, le silicium restant et un peu de fer; il faut éviter d’avoir dans le fer de l’oxyde. On aurait un fer brûlé. Quand les paquets sont trop gros, des ouvriers doivent saisir les barres pour les repasser par-dessus les cylindres, car la barre entre toujours du môme côté; à chaque passage on la retourne de 90° pour déiruire les bavures qui se. produisent. On a ainsi le fer corroyé. On peut le cisailler de nouveau pour le réchauffer une seconde fois, soit seul, soit en le mélangeant dans les paquets avec du fer puddlé; on obtient ainsi diverses qualités de fer. On a reconnu que le fer s’améliore jusqu’au troisième réchauffage.

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Le déchet du premier récliauffage est de 7 à 10 p. 100 ;

Fig. 1181. - Cisaille.

au second, 4 à 5 p. 100. Quant à la consommation de houille, elle est très-variable ; on doit compter au moins 600 kilogrammes pour le premier réchauffage. En tout,

on consomme environ 2600 kilogrammes de houille pour produire 1000 kilogrammes de fer marchand.

Un four à puddler ne travaille guère que 250 jours par an, et peut puddler 750 à 800 tonnes de fonte.

On distingue dans le commerce les fers forts, fers tendres et fers métis qui tiennent des deux ; les fers rouverains sont des fers sulfureux cassant à chaud.

Les fers forts plient à froid et ne se rompent qu'après avoir été pliés plusieurs fois à la môme place ; ils présentent une cassure nerveuse, ce qui les a fait appeler fers à nerfs. Les fers tendres cassent par des chocs exercés à froid : leur cassure est grenue ; on les a nommés fers à grains. On produit maintenant ces fers d’une manière courante; ils sont dits fers à gi'aîns ou aciéreux. Si dans le puddlageon emploie une plus grande quantité de scories, de manière à augmenter l’action oxydante, qu’on travaille à une plus haute température, on aura de ces fers. Enfin, si on se sert des fours bouillants, à sole plus petite afin d’avoir une plus haute température, qu’on opère sans un bain de scories avec des fontes convenables, on aura de l’acier. C’est surtout pour ce puddlage que le bouillonnement est considérable; la masse se boursoufle beaucoup, et le volume peut devenir quatre ou cinq fois plus fort; on doit à ce moment éviter toute action oxydante ; lors de la formation des loupes, opérer le plus rapidement possible et cingler immédiatement la loupe dès qu’elle est formée.

Cylindres lamineurs. — L’ensemble des cylindres qui finissent une barre forment un train. Un train {fig. 1180) comprendordinairement 2 paires de cylindres, quelquefois 4 et 5 pour les petits cylindres. On distingue les cylindres dégrossisseurs et finisseurs. Les cylindres dégrossisseurs ébauchent la barre. Les entailles ou cannelures dans lesquelles la barre passe sont entaillées dans les deux ; elles sont ogivales et la tension va en décroissant; pour les cylindres finisseurs, les cannelures sont entaillées dans celui du dessous, et souvent le cylindre supérieur entre légèrement dans l’autre. Elles sont en général rectangulaires. On distingue le train puddleur qui lamine le fer puddlé, et les trains marchands qui font le fer marchand ; on les divise en gros train, train moyen et petit train, ou gros mill, mill moyen et petit mill. Les petits mills ont souvent trois cylindres superposés; les cannelures sont entaillées dans le cylindre du milieu; on leur donne la section que doit avoir le fer marchand à fabriquer. Elle va toujours en décroissant de la première à la dernière. Une barre ne passe jamais dans toutes les cannelures. La série dont on se sert dépend des dimensions du fer à obtenir ; les cylindres sont réunis par des pièces nommées trèfles pour la communication du mouvement. Les trains puddleurs font 40 tours par minute; le gros train marchand, 50 à GO; le petit mill, de25ü à 300. Quant aux cisailles (/îy. 1181), elles sont des plus simples : un levier mobile autour d’un axe reçoit le mouvement de vaet-vieut à une de ses extrémités, et à l’autre porte un tranchant en acier, qui vient passer auprès d’un autre tranchant en acier, que porte une pièce fixe. Ce tranchant n’est autre chose qu’une petite barre à arête vive.

Procédé Bœssemer. — Nous avons dit quelques mots, à l’article Acier, de ce procédé qui, il y a quelques années, mit en grand émoi le monde industriel. La possibilité de produire à volonté et d’une façon vraiment trèsrapide de l’acier ou du fer donne à cette méthode un intérêt particulier. Tous les progrès qu’elle comporte d’ailleurs ne sont pas encore accomplis; l’homogénéité des matières obtenues laisse souvent à désirer, et dans l’état actuel de cette fabrication, elle réussit peut-être mieux pour l’acier que pour le fer. Quoi qu’il en soit, le procédé Bœssemer n’est autre chose que l’affinage de la fonte sans combustible, sous la seule action d’un courant d’air dirigé sur la matière fondue. C’est une sorte de développement de l’ancien procédé du mazéage, aujourd’hui assez généralement abandonné, comme il est dit plus haut, et qui avait pour effet la conversion de la fonte grise en fonte blanche ou fine métaf plus propre à l’affinage.

Nous donnons dans la figure 1182 une section et un plan du four de mazéage ou finerie. La sole A est préparée avec du sable et des scories reposant sur des briques réfractaires ; les parois sont formées, sur trois côtés au moins, par des doubles plaques en métal, entre lesquelles se trouve de l’eau servant de réfrigérant. Le vent fourni par la machine soufflante est

FON

FON 1039

lancé par six tuyères t. Ces tuyères sont à double paroi,

résulte de la combustion de ce dernier élément est excessivement élevée, car elle se concentre dans l’oxyde de fer obtenu, au lieu de se dissiper en partie par des produits gazeux, ainsi cpie cela arrive pour le carbone. C’est là l’originalité véritable du procédé Bœssemer,proc(' dé revendiqué d’ailleurs par Mortier, Nœsmits, Avril et autres industriels. A cette température excessivement élevée, une réaction rapide s’établit entre les produits oxydés et la fonte non encore altérée; cette dernière s’affine rapidement et on obtient du fer qui môme est parfaitement liquide et peut être coulé et moulé à la manière de la fonte.

Nous empruntons au Dictionnaire de chimie industrielle de MM. Barreswill et Girard la description et la figure de l’appareil dans lequel s’exécute le plus ordinairement le procédé Bœssemer. « Il se compose d’un petit cubilot d cylindrique construit en matériaux les plus réfractaires possible, de 1 mètre de hauteur sur 0“,55 de diamètre intérieur; le dôme e ])cut être soulevé pour l’introduction de la i'oute liquide, et il porte une ouverture par laquelle s’échappent les étincelles. Le fond est uni et incliné en avant vers l’ouverture 6, par laquelle on fait écouler après l’opération le fer liquide et les scories. Autour du cubilot se trouve un gros tuyau n, d’où partent des tuyaux en fer plus petits e, par lesquels l’air pénètre dans l’intérieur du cubilot à une petite distance du fond et dans une direction un peu excentrique pour donner à la foute liquide un mouvement de rotation très-rapide. , On commence par remplir le cubilot de

charbons allumés, dont on entretient la combustion très-active jusqu’à ce que les parois et tout l’intérieur aient acquis une température très-élevée; on nettoie bien exactement la sole, on ferme l’ouverture b et on verse 300 à 400 kilogrammes de fonte

Fig. 1182. — Four de finerie, mazéage de la fonte.

comme celles des hauts fourneaux {fig. 1183), et peuvent être constamment rafraîchies par un courant d’eau. La figure montre la manière dont l’eau coule des vases v dans le tube e, pour circuler dans le canal concentrique et de là s’écouler par e dans le vase v. Sous l’action du courant

Fig. 1183.

d’air, la fonteentre en fusion, le silicium s’oxyde presque complètement pour donner naissance à de l’acide silicique qui se combine avec l’oxyde de fer formé, pour faire du silicate de fer qui surnage la fonte en fusion. Ce silicate, ordinairement très-riche en fer, est attaqué par la fonte elle-même, dont le carbone réduit l’oxyde de fer en passant à l’état d’oxyde de carbone. 11 y a donc ainsi élimination du silicium et d’une partie du carbone. Le creuset se remplit de fonte épurée et de scories qui surnagent. Lorsque l’ouvrier suppose la réaction terminée, il ouvre le trou de coulée du creuset, et le métal coule dans une rigole plate, où il se moule sous forme de plaques. On jette de l’eau à la surface, on enlève les scories qui ont fourni une couche vitreuse sur le fonte refroidie et l’on brise celle-ci en fragments qui doivent être soumis au puddlage.

G’eist ce puddlage que le procédé Bœssemer évite, en donnant à l’ensemble des opérations qui viennent d’être décrites un degré de développement et d’efficacité dont la finerie n’était pas susceptible. Cette efficacité tient surtout à la haute température à laquelle on porte la fonte, température qui permet, quand on insuffle de l’air dans son intérieur, de déterminer une combustion immédiate des éléments combustibles de la fonte (carbone, silicium) et particulièrement du fer. La température qui

Fig. 118V. — Four Bœssemer.

liquide dans l’intérieur. Il faut donner le vent un peu avant ou au moment d’introduire la fonte pour empêcher que les ouvertures c ne soient bouchées La

mo

pression de l’air insufflé doit être telle, qu’elle puisse vaincre facilement la pression de la colonne de fonte liquide J/3, 2/i d’atmosphère). Au bout de deux mi^ mues déjà la réaction devient apparente, la fonte se boursoufle considérablement , des gerbes d’étincelles s’échappent violemment de l’ouverture supérieure et brûlent avec une flamme jaunâtre brillante. Peu à peu (au bout de dix minutes) elles prennent une teinte bleuâtre et le boursouflement diminue. Lorsque les étincelles et la flamme reprennent la teinte jaunâtre, l’opération est terminée. On débouche b et on laisse écouler le fer fondu qui est d’un rouge blanc des plus éclatants et parfaitement fluide. » L’inconvénient capital du procédé Bœssemer est de n’éliminer que trèsimparfaitement le soufre et le phosphore, et de donner ainsi des fers souillés de ces deux éléments si fâcheux pour sa qualité. En outre, la séparation du fer et des scories se faisant mal, on a souvent des produits manquant d’homogénéité. Mais si l’on a à traiter des fontes aciéreuses renfermant très-peu de soufre et de phosphore, le procédé devient excellent, et il peut être surtout appliqué à la production de l’acier d’une façon tout à fait avantageuse. Nous n’entrerons pas dans le détail de la description des appareils fort analogues à celui qui vient d’être décrit; il suffit de dire que l’injection de l’air doit être arrêtée lorsque le silicium de la fonte est éliminé et que le carbone est amené à la proportion qui correspond à la nature chimique de l’acier. M — t.

FONTICÜLE (Médecine) , du latin fonticulus , petite fontaine. — Ce mot peu usité est à peu près synonyme du petit ulcère artificiel, nommé cautère.

rONTINALE (Botanique), Foniinalis^ Lin.; du génitif latin fontis, fontaine, à cause de l’habitat de la plante. — Genre de plantes Cryptogames acrogènes., de la famille des Mousses, tribu des Bryacées, et rangées par M. Montagne dans son ordre des Pleurocarpées, tribu des Fontina/e'es . Caractères : urne latérale, presque sessile, oblongue, à peu près cachée dans le périchélion ou petite rosette de feuilles; péristome double, l’extérieur à 16 dents élargies, l’intérieur à 16 cils en réseau; coiffe campaniforme. Les fontinales habitent les eaux courantes, et leurs tiges prennent alors un allongement assez considérable. L’espèce la plus commune est la F. incombustible (F. aniipyretica. Lin.). Ses feuilles sont lancéolées, amplexicaules, aiguës, disposées sur 3 rangs. Cette plante, qui atteint souvent 0“,50, est abondante dans les eaux courantes des environs de Paris. On trouve rarement ses fructifications. Son nom spécifique lui vient de ce que l’on avait cru que le feu ne pouvait la détruire. Elle brûle lentement, il est vrai, à cause de Thumidité qu’elle retient; aussi, en Laponie, au rapport de Linnée, l’employait-on pour préserver les cheminées du feu. G — s.

FONTIS (Géologie). — On appelle ainsi certains éboulements qui se font dans les carrières. Voici comment Al. Brongniart explique la formation des fontis. « Les carrières souterraines offrent toujours des cavités considérables. Le toit de ces cavités étant souvent très-solide n’est ordinairement soutenu que par un petit nombre de piliers. Mais, au bout de quelques années, des parties de ce toit se détachent par l’influence de l’infiltration des eaux pluviales. 11 se forme dans le milieu du toit de ces vastes cavités des espèces de cônes, que les carriers nomment cloches; leur sommet se rapproche d’autant plus vite de la surface de la terre, qu’il atteint plus promptement des matières friables. Ces matières finissent par s’écrouler dans l’intérieur de la carrière ; la surface extérieure de la terre s’enfonce et présente une sorte d’entonnoir profond, que l’on nomme fontis, »

Autrefois ces fontis étaient fréquents dans les nomoreuses carrières anciennement exploitées, qui existent sous la partie méridionale de Paris ; aujourd’hui ils sont extrêmement rares depuis que l’administration a pris des mesures sévèrement exécutées pour obvier à ces accidents. Ces mesures consistent dans la construction de murs qui prolongent jusque sur le sol de la carrière les fondements de tous les édifices; de plus, on a soutenu par des piliers toutes les étendues de toit trop considérables. ‘

FORAMINÉS (Zoologie). — Dans la classification zoologique de Lamarck {Histoire des animaux sans vertèbres, Lamarck, 1816), les polypes à polypier forment le troisième ordre divisé en sept sections, dont la quatrième porte ie nom de Polypiers for aminés. De nouvelles études ont fait répartir les espèces qui la composaient dans des

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groupes très-differents, et l’on a môme reconnu que plusieurs appartenaient au règne végétal; tel est le genre des Nulltpores de Lamarck, que les travaux récents de M. le professeur Decaisne ont fait classer parmi les Algues calcifères.

FORAMINIFÈRES (Zoologie), du latin foramen, trou, et fera, je porte, à cause des pores nombreux de la coquille donnant passage aux filaments qui servent à la reptation. — Ce nom a été donné, en 1826, par M. Aie. d’Orbigny, à de petits animaux protégés par une coquille et infiniment multipliés sur les plages maritimes ? leur rôle dans la création dépasse tout ce qu’on peut imaginer. « Qui ne s’effraierait, dit Aie. d’Orbigny, en songeant que le sable de tout le littoral des mers est tellement rempli de ces coquilles microscopiques, si élégantes de forme, que l’on peut dire qu’il en est souvent à moitié composé? Plancusen a compté 6 000dansuneonce (30s*’,59) de sable de l’Adriatique, et nous en avons trouvé jusqu’à 480000 par 3 grammes de sable choisi aux Antilles..... L’étude que nous avons faite du sable de toutes les parties du monde nous a démontré que leurs restes forment, en grande partie, les bancs qui gênent la navigation, viennent obstruer les golfes et les détroits, combler les ports (nous en avons la preuve dans celui d’Alexandrie), et forment, avec les coraux, ces îles qui surgissent tous les jours au sein des régions chaudes du grand Océan. Si l’on juge du rôle actuel des foraminifères par ce qu’on voit dans les couches de l’écorce de la terre, on se convaincra de ce que nous venons d’avancer pour les espèces vivantes. Il nous sera facile de démontrer par des faits qu’ils entrent pour beaucoup dans la composition de couches entières. A l’époque des terrains carbonifères, une seule espèce du genre Fusulina a formé, en Russie, des bancs énormes de calcaire. Les terrains crétacés en montrent une immense quantité dans la craie blanche, depuis la Champagne jusqu’en Angleterre. Les terrains tertiaires plus que tous les autres viendront nous en donner la preuve évidente, témoin les Nummulites, dont est bâtie la plus grande des pyramides d’Égypte {Descript. de V Egypte; Hist. nat., t. II ), le nombre prodigieux des foraminifères des bassins tertiaires de la Gironde, de l’Autriche, de l'Italie et surtout les calcaires grossiers du vaste bassin parisien. Ces couches, dans certaines parties, en sont tellement pétries, qu’un pouce cube (0“c, 000, 01 9,386) de la pierre des carrières de Gentilly nous en a offert plus de 58 000, et cela dans des couches d’une grande puissance, résultat qui fait supposer par mètre cube à peu près 3 milliards et nous dispense de pousser plus loin les calculs. On peut donc en conclure sans exagération que la capitale de la France est presque bâtie avec des foraminifères, ainsi que les villes et villages de quelques-uns des départements qui l’avoisinent. Ainsi ces coquilles, à peine saisissables à la vue simple, changent aujourd’hui la profondeur des eaux de la mer et ont, aux diverses époques géologiques, comblé des bassins d’une étendue considérable « {Dict. univ. d’hist. nat., t. V, p. Go?).

C’est vers le milieu du xviii« siècle que sont pour la première fois signalés, parmi les curiosités merveilleuses révélées par le microscope, ces petits êtres si étonnamment répandus autour de nous. La forme de leurs coquilles engagea Linné à les rapprocher des Aynmonites et des Nautiles, et ils furent, jusqu’en 1835, rangés par tous les naturalistes parmi les Mollusques céphalopodes. Des observations de F. Dujardin, d’Alc. d’Orbigny et de quelques autres firent enfin connaître l’extrême simplicité d’organisation de ces petits êtres ; ils furent dès lors classés parmi les Zoophytes ou animaux Rayonnés, à côté des Animalcules mfusoires. Les uns considèrent maintenant les foraminifères comme formant une classe particulière; c’est l’opinion d’Alc. d’Orbigny; les autres en font un ordre de la classe des /n/w^or/w. Quoiqu’il en soit, les foraminifères sont généralement des animaux microscopiques dont le corps est tantôt une masse charnue globuleuse, tantôt composé de lobes ou segments juxtaposés et dont chacun ressemble au globule unique qui constitue tout le coi’ps chez les premiers. Ce corps, quelle que soit sa forme, est d’une seule et môme substance, sans qu’on y ait pu distinguer jusqu’ici d’organe intérieur; il porte des filaments contractiles très-extensibles, très variés de forme suivant les espèces et placés d’une manière non moins variée. C’est au moyen de ces filaments que ces petits ôtr<;s, s’attachant aux corps fixes, attirent leur propre corps et parviennent à progresser. Enfin, tout cet animal, si singulièrement simple, est recouvert d’une coquille qui reproduit sa forme simlpe ou

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segmentée et se compose d’un tissu calcaire tantôt compacte, tantôt poreux, tantôt d’aspect vitré. Les espèces ■connues de ce groupe, tant vivantes que fossiles, dépassent le nombre de 1 600 ; Aie. d’Orbigny les a classées, d’après la composition de leur corps ou le mode de grou peinent des segments qu’il peut offrir, en sept ordres :

1er ordre. Monostègues : animal formé d’un seul segment, coquille, d’une seule loge. Nos mers actuelles renferment de nombreuses espèces des genres Grornie. Orbulùie^ Ooline. D’autres espèces formant d’autres genres se trouvent à l’état fossile dans les terrains tertiaires et jurassiques.

2® ordre. Cyclostègues : animal composé de segments nombreux groupés sur des lignes circulaires, coquille discoïdale. Le genre Orbitolife représente seul cette division parmi les espèces vivantes ; les autres sont des genres perdus que l’on a retrouvés dans les terrains

Fig. 1185. •— Orbuline universelle.

Vue extérieure.

Coupe iiorixoïilale.

Fig. 1186. — Oibitoîdo moyenne, du terrain parisien.

crétacés et tertiaires (voyez la figure VOrbitoïde

moyenne).

3® ordre. Stichostègues : animal composé de segments placés sur une seule ligne, coquille formée de loges superposées bout à bout. Les genres de cet ordre sont tous représentés dans les mers actuelles et le plus souvent par de nombreuses espèces; cependant à l’état fossile on commence à rencontrer des espèces de ce groupe dans le terrain de lias, et elles se continuent à travers les

Fig, 1187. — Frondiculaire annulaire. — A, la même vue de profil.

B, la même vue debout.

couches successivement plus récentes jusqu’aux formations de l’époque présente (voyez la figure 1187, Frondiculaire annulaire).

4® ordre. JUlicostègues : animal composé de segments enroulés en spirale, loges de la coquille formant une sorte

Fig. 1188. — Robuline épineuse.

d’hélice autour d’un axe. Cet ordre est le plus riche en espèces, Aie, d’Orbigny le partage en deux familles : 1® les

Nanti loïde’es^ où il range une vingtaine de genres, les uns perdus, d’autres représentés encore dans les mers actuelles, d’autres appartenant exlusivement à ces mers.

Fig. 1189. — Fusulina cylindrica.

On peut citer les genres Robuline {fi g. 1188), Fumline [fig. 1 189), Nurnmulite [fig. 1190). — 2° Les Turbinoïdées^ dont les diverses espèces, se rapportant t\ quinze ou seize

Profil. Viiu extérieure.

Fig. 1190. — Nurnmulite nummulaire.

genres, appartiennent aussi à toutes les époques, depuis et y compris les terrains carbonifères [fig. 1191, Ckrysalidine graduée).

5® ordre. Animal composé de segments

alternes formant une spirale; coquille enroulée. On en connaît quelques genres à espèces vivantes et fossiles des étages crétacés et tertiaires.

G® ordre. Enallostègues : Animal composé de segments

Fig. IISI* “ Chrysalidine graduée, du terrain crétacé.

Fig. 1192. — Texlulaire de Meyer.

assemblés par alternance, sans former de spirale; coquille à loges alternes, rangées sur deux ou trois axes distincts, sans disposition en spirale. Ici encore, les genres assez nombreux sont distribués dans deux familles : \^\QsPolymo7'phinidées, qui vivent pour la plupart dans

ros mers actuelles; 2° les Textularidées^ qui peuplent aussi principalement nos mers (voyez la figure 1192, Textulaire deMeyn). Les plus anciennes espèces fossiles de cet ordre sont de l’époque crétacée.

7® ordre. Agathistègues : Animal formé de segments pelotonnés autour d'un axe et déterminant un arrangement analogue dans les loges de la coquille dont le test est lisse et compacte. Les genres de ce dernier ordre forment aussi deux familles : 1° les Miliolidées, qui sont de l’époque actuelle ou des terrains tertiaires parisiens; 2“ les Multilocul idées répandues surtout dans nos mers actuelles, et dont les espèces fossiles appartiennent aux époques crétacées et tertiaires.

Ouvrages à consulter : Aie. d’Orbigny, Foraminif. de la craie blanche, Mém. de la soc. de géol., t. IV ; — Foram. des Antilles; —Foram.de Vienne-, — Cours élém. de 'paléontologie.

FORBICINE (Zoologie). — Voyez Lépisme.

FORCE (Mécanique). — D’une manière générale, on appelle force toute cause qui tend à modifier l’état d’un corps sous quelque aspect qu’on l’envisage. A ce point de vue, les forces de la nature se divisent en autant déclassés qu’il existe de classes de phénomènes distincts. Les deux grandes divisions des sciences physiques (physique, histoire naturelle) correspondraient ainsi à deux grands groupes de forces : les forces vitales qui embrasseraient tous les actes de la vie organique des animaux et des plantes; les comprendraient tout ce quiesten dehors decette première classe, c’est-à-dire les phénomènes de la nature brute ou morte. Un grand nombre d’entre elles ont reçu des dénominations spéciales qui les font sortir du cadre de cet article, et nous réservons plus spécialement le nom de force, au point de vue purement mécanique, à toute cause qui tend à modifier l’état de repos ou de mouvement d’un corps. Dans cette acception restreinte, les forces sont encore très nombreuses et se divisent en forces d’attraction ou de pesanteur, forces moléculaires, forces électriques et magnétiques, forces calorifiques (dues à la chaleur), forces musculaires, etc. (voyez Attraction universelle, Gravitation, Affinité, Cohésion, Chaleur, i'legtricité, Magnétisme).

Les forces ne produisent pas toujours le mouvement; des résistances peuvent neutraliser leur action. Dans ce cas, elles donnent lieu à une pression ou à une tension. Une pierre presse le sol qui la supporte ou tend le fil auquel elle est suspendue. Toute pression ou tension donne lieu à une réaction égale et contraire dans le corps pressé ou tendu. Le sol pousse la pierre, et le fil la tire de bas en haut exactement comme ils en sont poussés ou tirés de haut en bas. Quelle que soit une force qui produit une pression ou une tension, il existe toujours un poids capable de donner lieu à un même effet; on peut donc comparer mécaniquement les forces à des poids qui leur servent de mesure. C’est ainsi qu’un cheval de roulier, qui travaille six jours par semaine et fait environ 28 kilomètres par jour, exerce une force de traction moyenne de 50 kilogrammes et que l’effort maximum qu’il puisse produire en tirant s’élève, en général, à 400 kilogrammes. L’évaluation des forces en kilogrammes s’effectue ordinairement au moyen des dynamomètres (voyez ce mot) ; elle peut se faire également, suivant les cas, au moyen de la balance ou de toute autre manière.

La direction que prendrait un point matériel, si, partant du repos, il cédait à l’action d’une force sans qu’aucune résistance ou autre force vienne en gêner l’action, est ce que l’on appelle direction de cette force. Un corps que l’on tient à la main et qu’on abandonne à lui-même sans lui donner d’impulsion, au milieu d’un air calme, tombe en parcourant une ligne droite verticale ; la verticale sera donc la direction de la pesanteur. Les corps sont très-loin de suivre toujours la direction des forces qui agissent sur eux, parce que le plus souvent chaque corps est soumis à l’action de plusieurs forces simultanées qui s’influencent mutuellement. Lorsque les forces réagissent ainsi les unes sur les autres, de telle façon que le corps se trouve, quant à son mouvement, dans le même état que s’il n’était soumis à aucune force, on dit que ces forces se font (voyez ce mot). Tel est, par exem-

ple, le cas d’un corps qui appuie sur le sol : son poids est équilibré par la résistance de son support.

En dehors des conditions d’équilibre, lorsque plusieurs forces agissent sur un même corps, comme, par exemple, lorsque plusieurs chevaux tirent sur une même voiture^ on peut ordinairement imaginer une force qui, à elle seule, produirait le même effet que toutes les autres réunies ; cette force est appelée résultante, les forces elles-

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memes sont appelées composantes. Inversement, quand une force unique agit sur un corps, on peut imaginer autant de forces qu’on voudra, qui, réunies, produiraient le meme effet que la force primitive. Les règles à suivre dans ces substitutions sont les suivantes :

1° Efoux forces agissant simultanément sur un même point O [fig. 1193) ont une résultante représentée en grandeur et en direction par la diagonale OC du pala lélogramme, dont les côtés OA, OB, représentent en grandeur et en direction les deux forces. Dans le cas particulier oü ces deux forces agiraient suivant une même ligne, dans une même direction ou dans deux directions opposées, leur résultante aurait la même direction ellemême et serait égale à leur somme ou à leur différence.

nombre des forces concourantes était supérieur ^ choisirait deux quelconques de ces forces F

et Y’ [fig. 1 194), on en construirait larésultante OR comme-

Parallélogramme des forces.

Fig. 1193. Fig. 1194.

précédemment, puis, substituant cette résultante OR à ses deux composantes, on diminuerait ainsi d’un le nombre des forces données. En renouvelant cette opération partielle jusqu’à ce qu’on ait épuisé toutes les forces, on arriverait finalement à la résultante cherchée. Dans le cas particulier où toutes ces forces agiraient suivant une même ligne, leur résultante serait égale à la somme de toutes les forces agissant dans un sens diminué de la somme de celles qui agiraient dans un sens opposé.

3° Lorsque deux forces P et Q [fig. 1195) de directions parallèles et de même sens agissent en deux points différents A et B d’un même

corps, elles ont encore ^ o

une résultante. Cette résultante est ellemême de direction parallèle aux premières et de même sens; elle est, de plus, égale à leur somme et passe entre elles, en un Fig. 1193. Composition des forces parallèles» point O tel que le produit de chacune des forces multipliées par sa distance à la résultante soit égal au produit de l’autre multipliée par sa distance à la même résultante.

4“ Lorsque deux forces semblables aux précédentes ont, au contraire, des directions opposées, leur résultante est égale à leur différence; elle est située en dehors des deux forces du côté de la plus grande, dont elle conserve la direction, et dans une position telle que les produits des deux forces par leur distance à leur résultante soient égaux entre eux. Si les deux forces étaient égales, il n’y aurait pas de résultante possible; on aurait un couple dont l’effet est de produire un mouvement de rotation sans translation du corps dans l'espace (voyez Rotation).

50 Lorsque le nombre des forces parallèles dépasse deux, on procède successivement à leur composition comme pour les forces concourantes.

6° Dans le cas où un nombre quelconque de forces agissent dans des directions quelconques, en divers points d’un môme corps, le problème est plus complexe ; mais comme, dans la pratique, ce corps est toujours assujetti à tourner autour d’un ou de plusieurs de ses points, il en résulte des simplifications qui nous font renvoyer, pour l’examen de ce cas, aux machines simples dans lesquelles il peut se présente!- (voyez Levier, Treuil, etc.).

Toutes les fois que la résultante de plusieurs forces est nulle, ces forces sont en équilibre, à moins qu’on n’ait un couple, auquel cas l’équilibre ne peut être produit que par un couple équivalent et de sens contraire. Quand cette résultante n’est pas pas nulle, une force égale et

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directement contraire à la résultante ajoutée aux composantes produit l’équilibre, parce qu’elle détruit l’effet de leur résultante. Quand une force n’est pas équilibrée sur un corps, elle le met eu mouvement et s’appelle alors force motrice^ nom que l’on donne aussi à la force qui entretîpnt dans une machine le mouvement que les résistances arrêteraient plus ou moins rapidement. La force est encore dite accélératrice ([uand elle accélère le mouvement, et retardatrice quand elle produit l’effet opposé. La pesanteur est accélératrice pour les corps qui tombent, retardatrice pour ceux qui montent.

Il existe entre les forces, les corps sur lesquels elles agissent et les mouvements qu’elles produisent en eux des relations importantes à connaître. Elles sont tirées d’une manière plus ou moins directe de l’expérience, mais toujours en accord parfait avec tous les faits observés.

P Sous le rapport du mouvement, l'action d'une force sur un corps est indépendante de l'état de repos ou de mouvement dans lequel peut se trouver ce corps. Un exemple va faire comprendre cette loi fondamentale de la mécanique. Nous jouons au billard dans un café, le mouvement de chaque bille est réglé par l’impulsion que nous lui donnons. Le billard est transporté dans le salon d’un bateau qui glisse le long d’un fleuve ; billes, billard et joueurs, tout participe à la marche du bateau, et cependant rien ne sera changé dans nos mouvements et dans notre jeu ; le môme coup de queue produira exactement les mômes effets, pourvu que le bateau marche sans oscillations ni secousses.

2° Quand plusieurs forces agissent simultanément sur un même corps., l’action de chacune d’elles est entièrement indépendante de toutes les autres. Cette seconde loi a besoin d’être entendue d’une certaine façon. Imaginons que nous lancions un corps horizontalement avec une vitesse de 400 mètres par seconde, ce qui est la vitesse moyenne des balles de munition. Si la pesanteur n’existait pas et si nous pouvions faire abstraction de la résistance de l’air, la balle se mouvrait d’un mouvement rectiligne et uniforme, et au bout d’une seconde atteindrait sur la ligne horizontale un point situé à 400 mètres. D’autre part, si la balle était abandonnée librement à elle-même sans vitesse initiale, elle tomberait verticalement d’une hauteur de 4“,9 pendant la première seconde. En réalité, notre balle pesante lancée horizontalement avec la vitesse indiquée plus haut, n’en atteindra pas moins en une seconde à une distance horizontale de 400 mètres; mais, au lieu d’être restée sur la ligne horizontale elle-même, elle se trouvera descendue au-dessous de cette ligne d’une hauteur verticale de 4“,9. Le mobile a parcouru un chemin réglé par la double influence des deux causes simultanées, mais dans l’effet complexe nous retrouvons chacun des déplacements qui eussent été produits par chacune de ces causes agissant séparément.

3° Lorsque plusieurs forces continues et constantes agissent sur un même corps pendant le même temps , elles lui impriment des vitesses gui sont entre elles dans le même rapport que les forces. Supposons, en effet, que l’une des forces soit trois fois plus grande que l’autre, nous pourrons la considérer comme étant formée par la réunion de trois forces égales entre elles et à la dernière. En vertu de l’indépendance des forces, l’effet de trois forces égales sera tri})le de l’effet d’une seule d’entre elles,

4® Si deux forces continues et constantes, agissant pendant le même temps sur deux corps, leur impriment la même vitesse, les forces seront entre elles dans le même rapport que les masses des corps. Supposons, en effet, l’une des masses double de l’autre, partageons-laen deux parts égales, partageons de même la force correspondante et supposons que chaque moitié de force agisse sur une moitié de masse, rien ne sera changé. Nous aurons alors trois forces agissant sur trois masses égales et leur imprimant une môme vitesse; ces trois forces sont donc de môme intensité et la moitié de la plus grande est égale à la plus petite.

6*^ De ces deux dernières propositions, on tire cette cinquième : St deux forces F, F' continues constantes, agissant sur deux masses M, M', leur impriment, au bout de l'unité de temps des vitesses V, F, les forces seront entre elles dans le même rapport que les produits M V, M'V des masses par les vitesses, ou ce que Von appelle

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