‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 376 sur 385 · TÔ · texte numérisé non relu

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e est plus petite que 4 cent-millionièmes, et la fraction

Y^^est plus petite que 50 cent-millionièmes, de sorte

que l’erreur totale est moindre que 54 cent-millionièmes et à fortiori moindre que 1 millionième. Maintenant revenons au quotient des nombres décimaux proposés; en supprimant la virgule du diviseur, nous avions mul-

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tipliûle diviseur par 1 000; il faut donc, pour compenser, multiplier le quotient par 1 000, et alors on a pour le quotient demandé :

liO

On a augmenté d’une unité le dernier chiffre de manière que l’erreur finale soit moindre qu’une unité de l’ordre du dernier chiffre.

On peut remarquer, d’après cela, que l’erreur qui provient sur un quotient de m chiffres de l’emploi du procédé delà division abrégée, cette erreur, dis-je, a pour

limite de l’unité inférieure de deux ordres à celle

du chiffre. Par suite, tant que la fraction complémentaire ne dépasse pas 1 — elle sera négligeable,

sans que le quotient cesse d’avoir l’approximation voulue.

Si le contraire arrivait, il faudrait alors ne faire les réductions sur le diviseur que lorsqu’on aurait déjà trouvé par la règle ordinaire les trois premiers chiffres du quotient, etc.

Nous renverrons encore pour plus de détails à la Théorie générale des approximations numériques de M. J. Vieille, qui nous a servi de guide dans cet article.

Transformation des fractions décimales en fractions ordinaires et réciproquement des fractions ordinaires en fy'actions décimales. — Nous avons vu qu’une^ fraction décimale est équivalente à une fraction ordinaire ayant pour numérateur le nombre formé par l’ensemble de ses chiffres à droite de la virgule, et pour dénominateur l’unité suivie d’autant de zéros qu’il y a de chiffres déci-

maux. Par exemple, 0,255 peut s’écrire . Mais cette

fraction n’est pas la plus simple qui soit équivalente à la fraction décimale donnée; on la réduira à sa plus simple expression suivant la méthode ordinaire, qui consiste à diviser ses deux termes par leur plus grand commun divi-

seur. Ici on peut diviser par 225 et la fraction devient - •

Le problème réciproque est de beaucoup le plus fréquent dans la pratique, et nous savons aussi le résoudre d’après ce que nous avons vu, car une fraction ordinaire quelconque peut être regardée comme représentant le quotient de la division de son numérateur par son dénominateur. Si donc on peut trouver ce quotient en décimales, on aura la valeur de la fraction en décimales. Mais il est facile de voir qu’il y a des fractions ordinaires dont on ne pourrait jamais trouver la valeur exacte en fractions décimales, quelque loin qu’on poussât la division. En effet, la division du numérateur par le dénominateur se fera exactement toutes les fois qu’en ajoutant un ou plusieurs zéros au numérateur, c’est-à-dire en le multipliant par une puissance de lU convenable, on peut en faire un multiple du dénominateur. Or, la multiplication d’un nombre par une puissance quelconque de 10 n’amène jamais comme nouveaux facteurs premiers que les nombres 2 et 5 ; par conséquent, si le dénominateur contient d’autres facteurs premiers que 2 et 5 qui ne lui soient pas communs avec le numérateur, il est clair qu’il ne pourra jamais diviser le numérateur, par quelque puissance de 10 que ce dernier nombre soit d’ailleurs multiplié.

Dans ce cas on pourra approcher autant qu’on le voudra de la valeur décimale du quotient, mais on ne pourra jamais l’atteindre. La forme de ce quotient est remarquable ; au bout d’un certain nombre de divisions partielles, une môme série de chiffres se reproduit indéfiniment au quotient et dans le môme ordre. Pour que cela ait lieu, il est évident qu’il faut et qu’il suffit que le reste repasse par une valeur qu’il ait eue déjà ; et c’est ce qui aura lieu forcément au bout d’un certain nombre d’opérations, car le reste doit toujours être plus petit que le | diviseur.

Le quotient a reçu, dans ce cas, le nom de fraction \ décimale périodique., et on appelle période la série de chiffres qui se reproduit d’une manière régulière.

Soient par exemple les fractions X, ir, —, 7^.

O i ' 1 0 1 il

Parmi ces fractions, les deux premières sont telles que la période commence immédiatement après la virgule, tandis que, dans les deux dernières, la période commence un ou plusieurs chiffres après la virgule. Les deux premières sont dites périodiques simples.^ les deux dernières périodiques mixtes.

Nous démontrons plus loin que la fraction périodique est simple toutes les fois que le dénominateur de la fraction irréductible qui lui donne naissance ne contient aucun des facteurs 2 ou 5 ; que la fraction périodique esimixte lorsque le dénominateur de la fraction ordinaire génératrice contient l’un ou l’autre des facteurs 2 et 5, et que le nombre des chiffi-es qui précèdent la période est précisément égal à l’indice de la puissance de 2 ou de 5 qui entre dans ce dénominateur.

Proposons-nous maintenant de trouver la fraction ordinaire qui, si on la réduisait en décimales, donnerait naissance à une fraction décimale périodique.

Soit d’abord une fraction décimale périodique simple, telle que 0,424242....; soit f la fraction décimale limitée à trois périodes :

et par suite

ou f= !

c’est-à-dire qu’une fraction décimale périodique simple limitée à trois périodtsest équivalente à une fraction ordinaire ayant pour numérateur la période et pour dénominateur un nombre composé d’autant de 9 qu’ii y a de chiffres dans la période, moins une petite fraction de la dernière période.

Si on avait pris dix périodes, la fraction décimale vaudrait encore -|4, moins la 99® partie de la dernière période ; il est clair qu’à mesure que le nombre des périodes augmente, la valeur de la fraction tend vers H, de manière à en différer d’une quantité moindre que toute quantité donnée, mais sans jamais l’atteindre. On peut donc dire que la fraction périodique illimitée, qui est la limite de f, a pour valeur et on en conclut l’énoncé suivant :

La fraction ordinaire génératrice d’une fraction périodique simple a pour numérateur la période et pour dénominateur un nombre formé par autant de 9 qu’il y a de chiffres dans la période.

On peut souvent simplifier la fraction ainsi obtenue ; mais, quoi qu’on fasse, son dénominateur ne contenant que des 9 n’est divisible ni par 2 ni par 5, et la réduction de la fraction à sa plus simple expression ne saurait introduire dans les termes de cette fraction aucun nouveau facteur. Nous pouvons donc conclure de là que le dénominateur de la fraction génératrice d’une fraction périodique simple ne contient ni le facteur 2 ni le facteur 5.

Prenons maintenant une fraction périodique mixte, et en raisonnant d’une manière analogue nous trouverons également un résultat simple dont le précédent n’est qu’un cas particulier.

Soit 0,23454545. . . . Appelons f cette fraction limitée à quatre périodes, on aura :

d’ou f= —

et haute de / =

Ainsi la limite de f ou la fraction génératrice de notre fraction périodique mixte a pour numérateur le nombre formé par la partie non périodique suivie d’une période, moins le nombre formé par la période, et pour dénominateur un nombre formé par autant de 9 qu’il y a de

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chilTres dans la période suivis d’autant de zéros qu’il y a de chiffres non périodiques.

Ileinarquons encore qu’en général la fraction trouvée sera susceptible d’ôtre simpliliée, mais qu’il y aura toujours au dénominateur une puissance soit de 2, soit de 5, égale au nombre des zéros, c’est-à-dire au nombre des chiffres qui précèdent la période. En effet, pour que ces deux nombres à la fois se trouvassent dans la fraction réduite à une puissance moindre que le nombre des zéros, il faudrait que le numérateur de la fraction génératrice fôt terminé au moins par un zéro, ce qui exigerait que le dernier chiffre de la période fût le même que le dernier de ceux qui précèdent la période. Gela ne peut pas arriver, sans quoi on n’aurait pas fait commencer la période au chiffre convenable. Par exemple, supposons dans l’exemple précédent que le chiffre ô qui termine la période fût remplacé par un 3, alors la période serait ;j'i,34. Gela permet donc de dire à l’inspection d’une fraction ordinaire combien il y aura de chiffres avant la période de la fraction décimale périodique équivalente. R.

Fractions rationnelles (Algèbre). — Une fonction est dite rationnelle lorsque la variable dont elle dépend ne s’y trouve affectée d’aucun radical, ou, en d’autres termes, n’y entre qu’à des puissances entières. Une fonction rationnelle peut être entière ou fractionnaire. On

appelle fraction rationnelle une expression dont les

deux termes sont des polynômes entiers. Si l’on effectue la division, on obtient un quotient entier et un reste

f{x] ; on ramène ainsi la fraction à une autre où le

numérateur est, par rapport à a?, d’un degré inférieur au dénominateur.

Une fraction rationnelle se décompose en fractions simples. Gette décomposition est toujours possible et ne peut se faire que d’une seule manière. Elle suppose qu’on ait trouvé les racines de l’équation F(a;)=0 et s’exécute d’une manière différente suivant la nature de ces racines.

Cas des racines réelles et inégales, — Désignons par a, 6, c... k ces racines en nombre w?, on aura

I iL. I 1 ^

(Fx) X — a'x — b^’”~'x — k'

A, B,... K sont des nombres que l’on peut calculer par deux procédés difféients.

1" Par la méthode des coefficients indéterminés. Si dans l’égalité ci-dessus on chasse le dénominateur F(æ), on aura au premier membre f (æ), et dans le second un polynôme, du degré m — 1. On exprimera que l’égalité des deux membres a lieu quel que soit a-, en identifiant les coefficients des mômes puissances de x, et comme ces puissances sont en nombre m, on obtiendra autant de relations qu’il y a de coefficients à calculer.

2“ On peut aussi trouver directement chacun de ces coefficients. L’équation précédente s’écrit

Elle doit avoir lieu pour toute valeur de a, et en particulier pour x—a, b,... k. Pour a = a, elle se réduit à

[fa) = A

La fraction se présente sous la forme sa vraie valeur est F'(g). Donc

de même B =

, etc.

Ex.

Cas des racines imaginaires , — On pourrait opérer comme précédemment, mais il s’introduirait alors des coefficients imaginaires qu’il est facile d’éviter. Les racines imaginaires sont conjuguées deux à deux, soit a-j- — 1 ,a — py/ — 1. Le produit des facteurs binômes correspondants est [x — On prendra pour la

fraction simple correspondante

Mæ 4- N

(æ— a)'2-fp2*

Et l’on détermine M et N par la méthode des coefficients indéterminés.

Cas des racines égales. — Supposons-les d’abord reelles, si F(a:) contient trois racines égales à a par exemple, on posera

(/*^) ^3 , A2 , Al

(Fa?) [x — 0)3"^ (æ — a)2 + æ-a*

Ex. JL___=J ! L i

Si les racines égales sont imaginaires^ on opère de même, mais en groupant deux à deux les facteurs binômes correspondant aux racines conjuguées.

Ex. ^ 1. ^ ^

La décomposition en fractions simples est nécessaire à opérer quand on veut intégrer une fraction rationnelle (voyez Galcul intégral). e. R.

FRAGTURE (Ghirurgie), Fractura., du participe latin fractus^ brisé, venant de frangoy je brise. — On désigne par ce nom une solution de continuité d’un ou de plusieurs os produite presque toujours par une violence extérieure, quelquefois, mais rarement, par la contraction forte et subite des muscles.

§ I. Des fractures en général. — Les fractures présentent de nombreuses différences relativesà diverses circonstances que nous allons rapidement énoncer. 1° L’os fracturé peut être long, large ou court. G’est sur les os longs qu’on rencontre le plus fréquemment les fj*actures; leur conformation, la nature des fonctions qu’ils remplissent les y exposent bien plus que les autres. Parmi les os plats, les os du crâne viennent en premier lieu; cela tient surtout à leur peu d’épaisseur et à leur situation superficielle. Les os courts se fracturent rarement à cause de leur forme ramassée, de leurs articulations multiples qui décomposent les mouvements et de la nature de leurs fonctions qui les exposent moins aux chocs extérieurs. 2“ Les fractures se font le plus souvent sur un des points de la partie moyenne des os longs, plus rarement vers les extrémités. Quelquefois il eu existe plusieurs sur le môme os. 3" Elles peuvent être transversales ou en rave., obliques ou en bec de flûte plus ou moins allongé ; elles sont quelquefois comminutives ou compliquées. On a nié l’existence des fractures longitudinales, mais quelques faits bien observés les ont mises hors de doute, aussi Lien que les fractures in complètes, c’est-à-dire dans lesquelles l’os n’est brisé que dans une partie de son épaisseur (J. Gloquet). 4° La position des fragments établit de grandes différences entre les fractures. Quelquefois il n’y a aucun déplacement : par exemple, quand il n’y a qu’un seul os fracturé à la jambe ou au bras, ou dans quelques fractures transversales. Lorsque le déplacement a lieu, il peut se faire suivant l’épaisseur des os; suivant leur longueur, de là raccourcissement; suivant la direction, dans ce cas, le membre semble coudé, parce que les fragments forment à leur rencontre un angle saillant, etc. La cause la plus puissante du déplacement dans les fractures est l’action musculaire; elle peut expliquer presque tous ceux que l’on rencontre .

Suivant l’importance et la gravité des fractures , on les a divisées en simples , composées, compliquées» Les fractures sont simples quand il n’y a qu’un seul os brisé et que les parties molles sont peu endommagées. Elles sont composées lorsqu’un os est rompu en plusieurs endroits ou que les deux os d’un membre sont fracturés. Enfin une fracture est compliquée lorsqu’il y a contusion profonde, plaie, déchirures par les fragments, blessures des gros vaisseaux, luxation, corps étrangers, etc., ou bien qu’il existe chez l’individu un vice scrofuleux, scorbutique, qu’il y a des convulsions, tétanos, etc. Dans le nombre des fractures composées et des fractures compliquées, il faut comprendre les fractures comminutives ou avec esquilles, dans lesquelles la cause vulnérante a détaché plus ou moins complètement du corps de l’os fracturé un ou plusieurs fragments comprenant tout on partie de son épaisseur, de sa largeur et pouvant, dans la majeure partie des cas, être enlevés sans grand préjudice pour la consolidation et pour les fonctions du membre.

Les causes des fractures peuvent être prédisposantes; ainsi les os placés superficiellement, la position de certains d’entre eux et la nature de leurs fonctions, par exemple, le radius, la clavicule ; viennent ensuite la vieil-

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lesse, les maladies scrofuleuses, scorbutiques, la goutte, le cancer, etc. Les causes efficientes sont les violences plus ou moins directes, d’où l’on a distingué les fractures appelées directes de celles par contre-coup. Dans ces dernières, le choc a exercé son action sur un point plus ou moins éloigné de la fracture. De violentes contractions musculaires peuvent fracturer la rotule, le calcanéum, i’apophyse olécrane, comme on l’a vu dans les convulsions tétaniques, l’épilepsie, ou bien lorsque la résistance des os se trouve diminuée par quelque maladie.

Les symptômes rationnels des fractures sont la douleur, l’impossibilité de mouvoir le membre et la sensation de craquement que les malades éprouvent quelquefois au moment d’une fracture. Mais ces signes, qui manquent souyent en partie, qui n’appartiennent pas exclusivement aux fractures, sont fort incertains et n’ont pas une grande valeur. Il faut donc avoir recours aux signes sensibles pour établir un diagnostic sérieux. Ce sont : la déformation du membre lorsqu’elle est portée très-loin, à moins qu’elle ne tienne à un gonflement considérable produit par la lésion des parties molles et qui peut, dans certains cas, gêner la précision du diagnostic; le raccourcissement du membre ; il faut, dans ce cas, examiner s’il ne tiendrait pas à une difformité antérieure ou à une luxation. Mais le symptôme le plus important est celui que l’on tire de la crépitation ; on appelle ainsi le bruit particulier qui résulte du choc de deux corps durs frottés l’un contre l’autre et dont le mot de crépitation offre une idée parfaite. Pour donner à ce signe toute sa valeur, ilfaut commencer, lorsque cela est possible, par suivre avec les doigts les contours de Los soupçonné, surtout du côté où il est le plus superficiel ; quand on ne rencontre aucune inégalité, aucun endroit douloureux, aucune dépression anormale, aucunes traces fie crépitation, il faut saisir avec les mains les parties supérieures et inférieures du membre, en laissant entre les deux, l’endroit où l’on pense qu’existe la fracture, imprimer des mouvements en sens opposé avec ménagement, et on obtiendra presque toujours par le frottement des fragments l’un sur l’autre le bruit qui constitue la crépitation et par là la constatation d’une mobilité contre nature. Cependant, lorsque les os sont recouverts d’une grande épaisseur de parties molles ou qu’il existe un gonflement considérable, la crépitation devient très-difficile à percevoir. C’est dans ce cas que Lisfranc a conseillé l’emploi du stéthoscope.

Le pronostic des fractures est ti ès-différenî suivant l’importance de l’os fracturé, la nature de la fracture, la lésion des parties molles, le déplacement plus ou moins considérable, l’âge du malade , son état de santé, etc. Ainsi il y a des nuances infinies entre une fracture simple du radius chez un sujet jeune, bien portant, qui guérit avec la plus grande facilité, et une fracture comminutive du fémur ou du tibia, avec saillie des fragments au dehors, hémorrhagie, etc., qui peut entraîner la mort ou tout au moins la perte du membre.

Le traitement des fractures repose sur deux indications principales : 1° réduire la fracture; 2“ la maintenir réduite tout le temps nécessaire à la consolidation des fragments.

La réduction s’opère au moyen de V extension , de la contre-extension et de la coaptation. Vextension se fait en tirant le membre fracturé par son extrémité inférieure pour l’allonger et pouvoir mettre les fragments dans un contact exact. Au moyen de la contre- extension^ on retient le tronc et la partie supérieure du membre dans l’immobilité, pour que les parties ne soient pas entraînées par les efforts que nécessite l’extension. Pour faire la coaptation, le chirurgien placé au-devant du malade applique la main sur le lieu même de la fracture afin d’affronter les fragments, pendant que les aides pratiquent l’extension et la contre-extension. Ces deux derniers actes de la réduction devront exercer leur puissance ie plus loin possible de la fracture. La force à employer doit être en raison de l’étendue du déplacement et de l’énergie des muscles qui le produisent. Des aides aussi intelligents que possible pratiquent l’extension et la contreextension. Au chirurgien seul est réservée la coaptation; c’est lui qui surveille et dirige l’extension et qui juge des efforts qu’il faut y employer.

La fracture réduite, il faut maintenir les fragments exactement affrontés et dans une immobilité parfaite; la position, le repos, les bandages, les attelles, les fanons et différentes pièces d’appareils sont appelés à remplir ce but. On placera le membre fracturé de manière à ce qu’il demeure dans un repos parfait pendant tout le temps du

traitement ; aussi dans les fractures de membres supérieurs, les moyens contentifs une fois appliqués, on permettra au malade de se lever et de marcher, s’il n’y a aucune complication. Pour les fractures des membres inférieurs, il faut absolument garder le lit, à moins que la fracture ne soit contenue au moyen d’un appareil inamovible. Le lit doit être peu élevé, garni de matelas de crin, jamais de lits de plume; il sera presque horizontal, la tête aussi basse que possible, sans dossier au pied; un bon moyen pour le rendre plus solide, c’est de mettre sous le premier matelas une planche qui s’étende depuis la partie inférieure du dos jusqu’aux pieds. On fixera au plafond une corde qui descende à portée du malade, afin qu’il puisse s’en aider pour satisfaire ses besoins. Le malade étant posé sur ce lit, le membre fracturé sera placé de manière à ce qu’il repose également dans toute sa longueur. Ce précepte doit être surveillé avec une attention extrême. Le lecteur s’apercevra que nous ne donnons pas les raisons des prescriptions que nous formulons ici ; cela nous entraînerait beaucoup trop loin ; qu’il sache seulement que Cf'S préceptes sont le résultat de la pratique de tous les chirurgiens. Dans les fractures compliquées de la cuisse surtout, les difficultés pour bien coucher le malade, pour le panser, pour satisfaire à ses besoins, etc., sont quelquefois très-grandes; plusieurs appareils ont été imaginés pour ces cas graves ; nous citerons surtout les matelas perforés avec obturateurs de M. le D' Gariel, le lit de M . Rabiot, celui de M. Pouillien, le matelas de M. Galante, fait d’après les indications de M. le D*" Demarquay et rempli d’eau entre deux lames soudées de caoutchouc vulcanisé, etc. Le malade une fois placé dans la position convenable doit rester dans le repos le plus absolu pendant tout le temps nécessaire à la consolidation de la fracture. Si des pansements sont nécessaires, ils seront faits avec les plus grandes précautions pour éviter tout mouvement, et le bandage contentif aura dû être appliqué dans cette prévision.

Nous ne nous étendrons pas sur les appareils des fractures; il faudrait, pour en avoir une idée un peu exacte, entrer dans des détails minutieux, longuement développés, qui nous entraîneraient bien au delà des bornes qui nous sont imposées ; nous sommes, à regret, obligés de renvoyer aux traités de chirurgie indiqués à la fin de cet article ; et particulièrement au Manuel de petite chirurgie de Jamain; nous dirons seulement un mot des accessoires. 1° Les attelles sont des lames minces, étroites, de bois, de carton, de zinc, de fer-blanc, dont on se sert pour maintenir les fractures ; elles sont peu flexibles; celles de carton peuvent se ramollir et se mouler sur les parties; elles sont de différentes formes, en général droites ; elles peuvent être coudées, comme l’attelle cubitale de Dupuytren pour les fractures de l’extrémité inférieure du radius. Quelques-unes sont en gouttières, d’autres élargies en palettes; il y en a qui sont percées de trous, de mortaises; d’autres fois, on leur donne la forme du pied, on les appelle semelles. Celles que l’on est obligé quelquefois de faire avec do la paille entourée d’un fourreau ou d’une bande de toile, avec une baguette de bois flexible au milieu, portent le nom de fanons.

Les coussins sont des espèces de fourreaux de toile étroits, plus ou moins longs, que l’on remplit aux deux tiers environ de balle d’avoine autant qu’on le peut ; ils servent à remplir les vides formés par les attelles. Depuis quelque temps, on en fait avantageusement avec du caoutchouc vulcanisé que l’on remplit d’air autant qu’on le veut; ils sont doux, souples, ne s’échauffent pas trop, et on peut les vider en partie en ouvrant un robinet sans déranger l’appareil lorsqu’il est trop serré. M. Gariel leur a donné toutes les formes désirables. Enfin M. Dempquay a dernièrement proposé des coussins remplis d’èau et faits en lames de caoutchouc.

Les appareils de fracture sont ordinairement attachés et maintenus au moyen de lacs ou rubans; on les emploie aussi quelquefois pour pratiquer l’extension et la contre-extension ; ils sont ordinairement en fil. M. Gariel a également imaginé des appareils extenseurs et contreextenseurs en caoutchouc pour pratiquer la réduction des fractures.

Une modification heureuse faite aux appareils ordinaires pour les fractures des membres surtout , ce sont les bandages inamovibles. Ils ne sont pas d’invention moderne, puisqu’on en trouve des traces dans les médecins arabes Rhazès, Albucasis, et que plus tard Lanfranc, Guy de Chauliac les ont employés. Le plâtre, la chaux, l’albumine, etc., entraient dans leur com-

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position. Ambroise Paré se servait de farine, de blanc , d’œuf; Moscali imprégnait ses appareils de blanc d’œuf [ battu/ Enfin, vers le commencement du siècle, Larrey renouvela, perfectionna cette pratique, qui s’est généra- 1 sée depuis; le blanc d’œuf formait la base de ses appareils. MM. Seutin et Laugier ont employé l’amidon; M. Burggrave confectionna un bandage ouaté et cartonné avec la pâte d’amidon ; M. Velpeau se sert de la dextrine; de plus, M. Seutin a eu l’heureuse idée d’établir à son bandage des solutions de continuité au moyen desquelles

peut visiter et panser les plaies qui compliquent quelquefois les fractures; et MM. Matbiessen et Van de Loo ont complété ce perfectionnement par l’invention de leur appareil bivalve.

I.orsque les fractures sont simples, le traitement général consiste à surveiller avec soin la manière dont l’appareil est supporté parle malade, à parer aux accidents inflammatoires, au gonflement anormal, aux douleurs vives, à la fièvre qui peut survenir : la diète qui aura été prescrite dans les premiers jours sera prolongée ; les émissions sanguines, les lavements émollients, les boissons laxatives seront employés suivant les indications. On agira de même dans le cas où la fracture sera compliquée de contusion violente ; s’il existait une plaie peu profonde, elle serait pansée simplement; si elle est profonde, produite par des fragments de l’os fracturé, on examinera s’il n’y a pas des esquilles détachées, des corps étrangers, on les enlèverait avec soin et on panserait la plaie qui ordinairement se cicatrise assez facilement. Mais il peut arriver aussi qu’il survient des abcès, des suppurations profondes qui nécessitent un traitement spécial (voyez Phlegmon) ; ces cas sont graves. Si un des fragments fait saillie, on le fera rentrer ou on le réséquera si la réduction est impossible. Les fractures peuvent encore être compliquées d’hémorrhagies, de luxations, de décollement des épiphyses, etc.

Quelquefois, malgré tous les soins donnés aux malades, mais le plus souvent lorsque les prescriptions du médecin n’auront pas été suivies exactement, les fractures ne se consolident pas. On sait qu’au bout de deux mois, en général, souvent trois mois pour les fractures compliquées, la consolidation est opérée. Un état de débilité générale, le scorbut, le rachitisme, les maladies intercurrentes peuvent retarder ou empêcher cette consolidation. D’autres causes encore peuvent avoir le même résultat : ainsi le défaut de coaptation, la mobilité des fragments jointe à l’indocilité des malades, les corps étrangers interposés entre les fragments, la carie, la nécrose, le cancer, etc. Le traitement, dans ces difiérents cas, est indiqué par la nature des accidents : le séton, la résection des fragments ont donné de bons résultats lorsque l’immobilité complète avait échoué.

Toutes les fois que le médecin est appelé pour donner des soins à un blessé, deux cas peuvent se présenter ; ou bien il est encore sur le lieu de l’accident, ou bien il a été mis au lit, déshabillé, et, dans ce dernier cas, il s’agit de l’examiner, d’apprécier la nature des blessures, leur gravité , de constater s’il y a fracture ; nous avons dit plus haut comment il fallait se conduire. Il n’en est pas de même dans le premier cas, lorsque le blessé est encore sur le lieu de l’accident; si la blessure existe aux membres supérieurs et que le malade puisse marcher, on placera le membre blessé dans la position la moins douloureuse, et on le conduira au lieu où il doit être soigné, sans procéder à aucun examen minutieux qui n’aurait pour effet que de faire souffrir le malade sans profit pour lui et seulement pour satisfaire une vaine curiosité des assistants. Si la blessure a lieu aux membres inférieurs, si l’on a lieu de soupçonner qu’il yait fracture, on tâchera de tenir les membres aussi droits que possible, on déposera le malade sur un matelas avec la précaution défaire soutenir le membre blessé par une personne intelligente, qui suivra avec vigilance tous les mouvements de celui ou de ceux qui portent le malade. Ce matelas aura été placé bien horizontalement sur un brancard, et le transport aura lieu avec le moins de secousses possible. Le chirurgien a quelquefois pu constater par un examen très-simple qu’il y a fracture, tant les symptômes sont évidents; d’autres fois, le cas est plus douteux. Mais il faut toujours commencer par déshabiller le malade, découdre et même couper les vêtements, si l’on craignait de déterminer des mouvements trop douloureux, ôter les souliers, couper les bas, les bottes, afin d’éviter tous les tiraillements qui pourraient devenir dangereux. Une fois la fracture bien constatée, le lit étant préparé comme il a ét.é dit plus haut, une personne forte et vigoureuse

j prendra le malade à bras le corps, le chirurgien s’emparera du membre malade pour le soutenir convenablement, et il sera déposé de manière à pouvoir êîre pansé.

§ II. Des fractures en particulier. — Nous décrirons sommairement, parmi les fractures, celles qui se présentent le plus fréquemment et qui ont le plus d’importance.

1” La fracture de la mâchoire inférieure., quoique rare, est la plus fréquente de celles de la face; les chocs violents, les chutes, sont les causes ordinaires; elles peuvent affecter le corps de l’os ou les branches. Une difformité, quelquefois légère, et la crépitation, en général facile à obtenir, la font reconnaître assez promptement. Le bandage appelé chevestre, et mieux encore la fronde., servent à maintenir cette fracture. MM..Bouisson, Houzelot, Morel-Lavallée, Malgaigne, ont aussi appliqué des appareils de leur invention. Le point important, c’est de maintenir les mâchoires rapprochées ; lorsque les dents sont irrégulièrement placées ou qu’elles ont été brisées, on placera de chaque côté, entre les mâchoires, un morceau de liège taillé et creusé pour recevoir les dents supérieures ; l’intervalle sert â introduire avec un biberon les médicaments et les aliments liquides destinés à nourrir le malade.

2“ Fractures des côtes; elles sont fréquentes, résultent généralement de chocs, de pressions violentes, et ont lieu le plus souvent à la partie moyenne de la poitrine, plutôt au milieu et en avant qu’en arrière. On rencontre souvent plusieurs côtes fracturées en même temps. On les reconnaît par une mobilité anormale, la crépitation, qui manque pourtant quelquefois, le stéthoscope ; souvent une douleur vive, bien localisée, accompagne le mouvement inspiratoire; il y a toux, dyspnée, etc. Elles se compliquent parfois d’emphysème. Le traitement consiste à comprimer la poitrine au moyen d’un bandage de corps appliqué très-méthodiquement; M. Malgaigne se sert d’un bandage fait avec le sparadrap. Ces fractures sont peu graves, s’il n’y a pas de complications.

3“ Fracture de la clavicule; elle est fréquente en raison de la position superficielle de l’os, de sa double courbure, du point d’appui en arc-boutant qu’il présente à tous les mouvements si multiples du membre supérieur. Elle est déterminée par des chocs directs ou par une chute sur le coude ou le moignon de l’épaule. Plus fréquentes à la partie moyenne de l’os, ces fractures peuvent se rencontrer sur tous les autres points. Elles peuvent être dentelées et sans déplacement, quelquefois avec un angle saillant en avant, ou obliques avec chevauchement, le fragment externe tiré en bas et en dedans, le fragment interne porté en haut. Elles offrent rarement des complications ; cependant on a observé dos lésions des parties voisines, ainsi de la veine ou de l’artère sous-clavière, du plexus brachial. En général, elles sont peu graves, faciles à réduire, mais difficiles à maintenir. On les réduit en portant l’épaule en haut, en arrière et en dehors. C’est sur ces données que doivent être conçus les moyens contentifs. On a eu successivement la croix de fer d’Heister, le corset de Brasdor, enfin le procédé de Desault, modifié par Boyer, Dupuytren, Gerdy, etc. La pièce principale de cet appareil est un coussin en forme de coin, fiiit avec des mprceaux de linge usés et cousus avec soin ; on le fixe sous l’aisselle, la base en haut, au moyen de deux cordons cousus aux deux côtés de cette base et attachés sur l’épaule opposée. Ce coussin étant placé le plus haut possible, le bras qu’un aide tenait horizontalement est ramené contre la poitrine, de telle sorte qu’il exécute un mouvement de bascule qui porte l’épaule en dehors; le coude est un peu relevé et dirigé en avant et en haut. On fixe le bras solidement au tronc, soit au moyen d’une ceinture de toile piquée, et que l’on serre par trois boucles et trois courroies (Boyer), soit au moyen de bandages de corps (Gerdy), ou bien tout simplement par des tours de bandes circulaires (J. Cloquet). Le tout doit être maintenu par une grande écharpe passant sous le coude qu’elle élève, et que l’on fixe sur l’épaule opposée. M. Velpeau a imaginé un bandage dextriné qu’il emploie pour les fractures de la clavicule et pour celles de l’extrémité supérieure de l’humérus, seulement, dans ce dernier cas, il ajoute au bandage un coussin sous axillaire. (Voyez la Petite Chirurgie de Jamain.) Cette fracture guérit en général trèsbien; mais il est souvent difficile d’éviter un peu de chevauchement et une légère difformité.

4® Fractures de l'omoplate ; la quantité de parties molles qui le protègent, sa mobilité et son déplacement facile sous l’influence des chocs qu’il reçoit, rendent les

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fractures de cet os assez rares, et n’ayant guère lieu que par une force énorme dont les résultats sont une violente contusion et des désordres plus graves que la fracture môme. Aussi celle-ci guérit-elle en général assez bien, et n'étaient les complications indiquées, le pronostic ne serait pas très-grave, surtout lorsque l’accident frappe le corps de l’os. Il n’en est pas de môme lorsque l’on a affaire à la fracture de l’apophyse coracoïde ou du col de l’omoplate ; dans ce cas, les désordres occasionnés par la violence extérieure qui a agi sont si considérables, que souvent les malades succombent, que d'ailleurs il est impossible de maintenir les fragments en place, et que, si la guérison a lieu, il y a toujours roideur de l’articulafion, souvent atrophie et paralysie du membre. La fracture de l’acromion situé superficiellement se rencontre encore assez souvent ; elle est beaucoup moins grave. On la reconnaît à la dépression observée au sommet du moignon de l’épaule, à l’abaissement de cette apophyse, à la position du bras pendant, à la crépitation, etc. Pour la réduire, on élève le bras, on appuie sur le scapulum pour le maintenir en place, et môme l’abaisser. On maintient au moyen d’un bandage roulé autour du corps et du bras, de plusieurs tours passés sous le coude et croisés sur l’épaule du côté opposé, ou bien on se sert d’une large écharpe dans laquelle on embrasse le coude, le bras et l’avant-bras. Cette fracture est peu grave. On peut en dire autant de la fracture de l’angle inférieur de l’omoplate; ici le fragment est entraîné en avant et eu bas; il faut abaisser l’épaule en portant le bras en dedans et en avant, et l’assujettir contre le tronc avec une longue bande.

5“ Fracture de l'humérus; elle peut exister sur un ou plusieurs points de la longueur de l’os ou aux extrémités ; elle peut être transversale , oblique, simple , compliquée, etc. Lorsque c’est sur la longueur du corps de l’os que la fracture a lieu, elle est en général facile à reconnaître à l’aide de la crépitation et du déplacement qui existe toujours plus ou moins. La réduction a lieu par la contre-extension que fait un aide en maintenant solidement l’épaule avec ses deux mains, tandis qu’un second fait l’extension sur le coude, le bras demi-fléchi. Un bandage roulé en spirale depuis la main jusqu’à l’articulation du pouce a été placé avant la réduction; il est ensuite continué jusqu’à l’épaule; puis on place quatre petites compresses recouvertes de quatre attelles garnies de linge, et mouillées; les tours de bande sont ramenés sur ces attelles également en spirale; le tout fixé solidement doit être surveillé, afin qu’il ne soit pas trop serré. Le malade pourra marcher au bout de quelques jours; l’appareil sera changé tous les sept à huit jours, jusqu’au quarante ou quarante-cinquième qu’il sera retiré. En général, cette fracture guérit bien.

La fracture peut exister à Vextrémité inférieure de V humérus i quelquefois même, mais rarement, le fragment inférieur est divisé verticalement; il n’y a pas toujours déplacement ; cependant le plus souvent l’olécrane forme une saillie en arrière, et l’on sent en avant une saillie formée par les deux fragments qui soulèvent le biceps et le brachial antérieur. Cette fracture peut être confondue avec une luxation ; les signes qui l’en distinguent sont : la crépitation ordinairement distincte; mouvement de l’articulation possible; pas de raccourcissement de l’humérus. D U reste, il y a toujours une douleur vive, un gonflement considérable ; la maladie est grave, ét après la guérison il y a le plus souvent une ankylosé complète ou incomplète. Après la réduction, on mettra le bras dans la demi-flexion ; deux attelles de carton mouillé seront appliquées, l’une en avant, l’autre en arrière, sur le bras dont elles prendront la forme exacte; elles seront maintenues par un bandage dextriné ou amidonné. S’il y avait écartement des condyles, on appliquerait préalablement un bandage en huit de chiffre.

La fracture de Vextrémité supérieure de l'humérus a preique toujours lieu au point nommé col chirurgical, c’est-à-dire au-dessus de l’insertion des muscles grand pectoral, grand dorsal et grand rond ; aussi le fragment inférieur auquel ils s’attachent est-il tiré en haut et en dedans vers le creux de l'aisselle par ces muscles et par d’autres encore, et le fragment supérieur entraîné au dehors par les sus-épineux, sous-épineux et petit rond. Quelquefois, lorsque la fracture est dentelée, il n’y a pas do déplacement. On a souvent confondu cette fracture avec la luxation. Voici les signes principaux de la fracture : en enfonçant le doigt au-dessous de l’acromion, on trouve la tête de l’humérus; tumeur irrégulière sous l’aisselle, au lieu de la tumeur volumineuse et arrondie qui

existe dans la luxation; réduction facile dans la fracture; mobilité des fragments ; presque toujours crépitation. Cette fracture est grave, en raison de ce qu’on n’obtient souvent la guérison qu’avec du raccourcissement et la roideur de l'articulation. Après la réduction, on applique l’appareil qui consiste en un coussinet en coin, de la longueur du bras, que l’on place, la pointe dans le creux de l’aisselle, de manière à tenir le coude éloigné du corps ; trois attelles placées, l’une en avant, une autre en dehors, la troisième en an ière ; des bandes suffisamment longues pour fixer le tout au tronc, ou un bandage de corps ; une écharpe ; c’est le procédé de Desault Les fractures du col anatomique de l’humérus sont trèsrares.

G" Fracture des os de Favant-bras; les deux os peuvent être fracturés, le plus souvent, au même niveau, et surtout dans la moitié inférieure ; quelquefois la fracture est multiple. 11 y a toujours déplacement ; le fragment supérieur du cubitus enclavé dans l’extrémité inférieure de l’humérusYeste seul immobile. On la reconnaît au changement de forme de l’avant-bras, à sa mobilité à l’endroit de la fracture, à la crépitation, etc. La réduction est facile; lorsqu’elle est faite, on applique sur la face palmaire et sur la face dorsale de l’avantbras deux compresses graduées, aussi longues que les os fracturés, et qui ont pour but surtout de tenir les deux os écartes l’un de l’autre et de conserver l’espace interosseux; on met sur ces compresses deux attelles de bois garnies de linge, et on assujettit le tout au moyen d’un bandage roulé que l’on étend jusque sur la main; on soutient l’avant-bras demi-fléchi avec une écharpe. La fracture est ordinairement guérie au bout de trente, à quarante jours.

Les fractures du radius seul sont les plus fréquentes de l’avant-bras. Il n’y a pas déplacement suivant la longueur, le cubitus servant d’attelle; mais les fragments sont entraînés vers ce dernier os. Le bandage est le môme que celui qui est employé pour la fracture des deux os. Si la fracture a lieu près de l’extrémité supérieure, le diagnostic est quelquefois difficile; dans ce cas, la tête du radius reste immobile lorsque l’on imprime les mouvements de rotation de l’avant-bras. La fracture de l’extrémité inférieure du radius est quelquefois difficile à reconnaître, et cela est d’autant plus fâcheux que lorsqu’elle est méconnue le poignet reste difforme et les mouvements de la main imparfaits. Le déplacement en dedans, dans ce cas, est à peine marqué, la dépression qui l’indique est à peine sensible, la crépitation souvent très- obscure ; il y a un léger déplacement des fragments en avant ou eu arrière. Le membre est déformé, le poignet, renversé vers le bord radial, a une forme cylindrique. Il y a une douleur vive au poignet; les mouvements sont très-difficiles. La réduction se fait par des tractions doucement exercées sur le poignet, pendant lesquelles on pousse le fragment supérieur en arrière et le fragment inférieur en avant. Plusieurs procédés ont été employés pour maintenir cette fracture ainsi réduite : 1“ L’attelle de Dupuyfren ; elle est en fer, recouverte de basane, et, à sa partie inférieure, qui, mise en place, correspond au niveau du poignet, et est recourbée en demi-arc, elle porte dans sa concavité cinq boutons situés à égale distance. Lorsque l’appareil ordinaire des fractures de l’avant-bras est en place, on fixe le long du cubitus cette attelle par quelques tours de bandes, en garnissant de petits coussinets les points qui pourraient être blessés; puis, au moyen d’un lacs, on ramène fortement la main en dehors, et on fixe les extrémités du lacs sur les boutons indiqués plus haut (Dupuytren, Leçons orales, 2* édit,, t. I®''). Go procédé, perfectionné par Blandin, a le défaut de ne pas remédier aux déplacements en arrière. 2 Celui de M. Nélaton remplit mieux ce but. Il consiste en deux compresses graduées, assez épaisses, placées l’une sur la face dorsale du poignet, l’autre sur la face palmaire de l’avant-bras, et deux attelles applicjuées sur ces compresses et maintenues au moyen d’un bandage roulé. On conçoit l’action de ces deux compressions qui ont pour effet de ramener en avant les fragments déplacés.

Lorsque le cubitus est seul fracturé, les mêmes phénomènes se présentent que pour le radius; les symptômes sont les mêmes, excepté qu’il faut reporter au cubitus ce que nous avons dit pour le radius, et qu’elle est beaucoup plus rare, bien entendu qu’il s’agit de la fracture du corps de l’os. L’apophyse olécrane, en raison de sa position superficielle, de l’attache qu’elle donne à un tendon très-fort du triceps brachial, est souvent affectée

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de fracture; le malade est tombé sur le coude, a reçu un coup violent, il y a eu un craquement particulier; il est probable qu’il y a fracture; la chose sera évidente si le coude est gonflé et douloureux, l’avant-bras demifléchi, s’il y a un enfoncement à la pointe du coude. La réunion se fait le plus souvent par un cal fibreux, parce que les fragments n’ont pas pu être maintenus en contact. Le traitement consiste à obtenir cependant ce résultat le plus possible. On conseille généralement de mettre le bras dans la demi-flexion, d’appliquer un bandage roulé depuis la main jusqu’au-dessous du coude, en faisant relever par un aide la peau du coude; après cela, le chirurgien pousse en bas l’olécrane avec le doigt, et il le soutient par plusieurs tours de bande passés en huit de chiffre au-devant du pli du coude. Nous n’indiquons pas tous les autres procédés et les modifications qu’on y a apportées.

1" Fracture du fémur. Le corps du fémur ne peut être fracturé que par une violence extraordinaire, quelquefois par une chute très-forte sur les genoux. La fracture a lieu le plus souvent à la partie moyenne ; elle peut être multiple; ou la reconnaît à une douleur très- vive, mobilité insolite, crépitation, convexité de la partie antérieure de la cuisse, raccourcissement qui peut aller jusqu’à 0®,05 ou Û“,UG. Le pronostic est doublement grave à cause du long séjour au lit qu’exige le traitement, et du raccourcissement qui est presque inévitable. Dans les fractures comminutives avec plaie, on est quelquefois obligé d’avoir recours à l’amputation , surtout lorsqu’elles sont causées par un coup de feu. Après la réduction, qui est quelquefois difficile, on applique l’appareil ; c’est le plus souvent le bandage de Scultet ou à bandelettes séparées. 11 se compose : i" d’un porte-attelles ou drap-fanon^ pièce de linge de la longueur du membre, et assez large pour pouvoir rouler une attelle trois ou quatre fois dans chacun de ses bords; 2" d’un nombre de lacs en fil, tel qu’ils ne soient pas à plus de Ü“,10 de distance l’un de l’autre; ils seront placés préalablement sous le drap-fanon ; 3“ de bandelettes séparées de grandeurs décroissantes depuis le haut de la cuisse jusqu’au pied, et placées de telle manière que leur application commence par la plus inférieure; 4“ de deux attelles dont l’une plus longue pour le côté externe du membre, et une troisième en avant, qui s’étendra depuis ^le pli de l’aine jusqu’au bas de la jambe; 5° de compresses longtiettes que l’on place au niveau de la fracture; G" trois sachets de balle d’avoine, de la longueur des attelles, pour remplir les vides après l’application des bandelettes. Tout étant ainsi préparé, on passe avec précaution cet appareil sous le membre fracturé, on l’imbibe d’un liquide résolutif, et on fait maintenir l’extension pendant tout le temps de son application; alors le chirurgien et l’aide chargé de l’assister, étant placés de chaque côté du malade, et les bandes longuettes fixées au niveau de la fracture, chacun d’eux saisit un bout de la dernière bandelette du bas; le chirurgien glisse son extrémité sous celle que tient son aide, en donnant à ces deux chefs une direction oblique de bas en haut, de manière qu’elles se croisent à angle très-aigu; la même manœuvre se renouvelle jusqu’à ce que toutes les bandelettes soient appliquées; après cela, on place les attelles, les coussins et les liens, que l’on serre convenablement. L’appareil à extension continue de Boyer est employé dans les cas graves; il en sera question plus loin à l’occasion de la fracture du col du fémur.

Le co/ du fémur se fracture assez souvent, surtout chez les vieillards, ordinairement par une chute sur le grand trochanter. Elle a lieu quelquefois dans l’intérieur de la capsule articulaire, plus fréquemment en dehors, il peut y avoir un déplacement considérable, généralement moindre dans les fractures intra-capsulaires, quelquefois même il n’en existe pas, et on l’a vu survenir seulement quelques jours après. Les principaux symptômes sont : impossibilité de mouvoir le membre, raccourcissement plus ou moins considérable (il manque rarement) ; la cuisse portée dans l’adduction, la pointe du pied tombant en dehors. La crépitation manque assez souvent, surtout dans les fracturés intra-capsulaires ; du reste, il ne faut pas la chercher avec trop de persévérance, dans la crainte d’augmenter le raccourcissement. Cette fracture se consolide très-lentement, surtout si elle est intracapsulaire; le traitement est long, et il reste presque toujours du raccourcissement ; ces conditions rendent le pronostic grave. Deux modes de traitement ont été proposés : 1“ La demi-flexion sur un plan doublement incliné; si ce traitement cause moins d’incommodité, s’il

peut être supporté beaucoup plus facilement parles malades, il a le grave inconvénient de n’obtenir la guéri.soa qu’avec un raccourcissement considérable. 2^ L’extension permanente guérit quelquefois sans raccourcissement, mais elle est très-fatigante pour le malade. La description de l’appareil de Boyer, telle qu’il la donne dans son Traité des maladies chirurgicales, ne, peut entrer dans le cadre de notre Dictionnaire, et elle a besoin de tous ces développements pour être bien comprise ; nous y renverrons donc le lecteur. Plusieurs autres appareils ont encore été employés, entre autres celui de M. Demarquay et celui de M. Nélaton, qui sont tous deux des corrections d’un procédé américain, modifié par M. Charrière. Quoi qu’il en soit, l’appareil de Boyer, appliqué et surveillé avec soin, a rendu et rend tous les jours de très-grands services, lorsqu’il a pu être appliqué et supporté sans danger. Il permet d’obtenir la guérison sans raccourcissement des fractures du col du fémur dans un certain nombre de cas. On doit aussi à Baudens un très-bon appareil à extension, employé non-seulement dans les fractures de la cuisse, mais encore dans certaines fractures compliquées de la jambe; on en trouvera la description détaillée, avec planches, dans le Manuel de petite chirurgie de Jamain, 4® édit., pag. 257. Mais la consolidation est toujours longue à obtenir, quelle que soit la méthode employée ; et lorsqu’on applique un appareil, il ne devra être levé qu’au bout de deux mois, et le malade ne pourra guère marcher avec des béquilles qu’après trois mois, en supposant toujours qu’il n’y a eu aucune complication sérieuse.

Les fractures de Textrémité inférieure du fémur varient suivant qu’un seul des condyles se trouve détaché, que les deux condyles sont détachés l’un de l’autre, ou qu’ils sont tous les deux séparés ensemble du corps de l’os. Elles sont très-graves, en raison de la violence qui les détermine et du voisinage d’une grande articulation. On réduira la fracture, on combattra les accidents inflammatoires énergiquement et on maintiendra le membre étendu; un carton mouillé sera placé en arrière l’articulation et fixé au moyen d’un bandage roulé.

8" Fractures de la rotule ; elles sont le plus souvent transversales, quelquefois obliques, rarement longitudinales. Les causes sont des coups ou chutes, des contractions mùsculaires violentes. Si la fracture est transversale, le genou est déformé , la rotule paraît allongée, aplatie; si l’on applique le doigt, on sent l’écartement des fragments marqué par un enfoncement qui augmente dans l’extension, tandis que l’écartement diminue. La crépitation ne peut être perçue que loi'sque, dans la plus grande extension possible, on rapproche les fragments l’un de l’autre. La fracture transversale de la rotule est difficile à maintenir, à cause du triceps fémoral qui entraîne en haut le fragment supérieur. On a vanté la position qui consiste à étendre la jambe sur la cuisse, et à la maintenir ainsi à l’aide d’un plan incliné pendant tout le temps du traitement (Sabatier, Bicherand, Dupuytren, Gloquet). On a employé aussi le bandage nommé kiaslre, espèce de huit de chiffre dont les tours de bande se croisent sous le jarret; enfin un grand nombre d’appareils ont été imaginés : ainsi celui de Boyer, composé d’uræ gouttière qui s’étend depuis la partie moyenne de la cuisse jusqu’au tiers inférieur de la jambe, présentant de chaque côté une rangée de boutons sur lesquels on fixe deux courroies qui embrassent les deux fragments en haut et en bas; celui de M. Laugier, qui remplace la gouttière par une planche, etc. En général, la consolidation n’a guère lieu avant deux mois et demi, trois mois ; une quinzaine de jours déplus chez les vieillards.

b® Fractures des os de la jambe. Il peut y avoir fracture des deux os ou d’un seul; dans le premier cas, on l’appelle fracture de la jambe. On la rencontre fréquemment. Les deux os peuvent être brisés en plusieurs endroits à la fois; lorsque la fracture est unique, c’est ordinairement au tiers inférieur. Quelquefois les deux os ne sont pas rompus au même niveau. Lorsque la fracture est transversale, le déplacement peut ne pas exister, surtout si c’est à la partie supérieure. Si elle est oblique, il peut être considérable. On les reconnaît assez facilement par la crépitation, la mobilité, la courbure de la jambe en avant, et le plus souvent parle raccourcissement. Le traitement le plus généralement employé est le bandage de Scultet, rendu inamovible.

La fracture du tibia seul est absez fréquente. Elle peut affecter le corps de l’os ou ses extrémités. Dans le premier cas, elle est quelquefois difficile à reconnaître.

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lorsqu’il n’y a pas de déplacement, ce qui arrive le plus souvent, le péroné servant d’attelle ; cette attelle est peu solide à la vérité ; car il arrive assez fréquemment que, ne pouvant supporter l’effort qui agit sur lui, cet os se brise consécutivement. On applique, pour cette fi-acture, le même appareil que pour la jambe. Dans les fractures de Vextrémité supérieure du tibia^ il y a souvent une contusion violente ; quelquefois elles communiquent avec l’articulation et déterminent un épanchement considérable. Le pronostic est plus grave que dans les fractures du corps de l’os. Les fractures de l'extrémité inférieure communiquent souvent aussi avec l’articulation; on observe alors une légère inclinaison du pied en dehors; après la guérison, il reste toujours une roideur qui se dissipe très-lentement. Celles qui ne pénètrent pas dans l’articulation sont peu graves. Môme traitement que pour les précédentes.

Les fractures du péroné sont assez fréquentes. Elles peuvent avoir lieu dans tous les points de la longueur de l’os, mais surtout à son extrémité inférieure; elles peuvent avoir lieu par adduction forcée du pied, dite aussi par arrachement; le déplacement, dans ce cas, est quelquefois nul, ou bien le fragment inférieur est porté en dehors et en arrière, et laisse entre lui et le fragment supérieur, qui fait saillie, un enfoncement à pic, que Dupuytren appelait le coup de hache; il y a déviation du pied en dehors. Lorsque la fracture se fait par l’abduction forcée du pied qui se trouve porté en dehors, il n’y a pas de déplacement, la crépitation s’obtient très-difficilement, le pied est à peine déformé, il y a une ecchymose énorme. M. Maisonneuve décrit encore une fracture par divulsion, une fracture par diastase. Dans tous les cas, il est important de reconnaître ces fractures pour éviter une consolidation vicieuse. Lorsque la tuméfaction est trop considérable, il faut avoir recours aux antiphlogistiques, au repos, et ne faire les recherches nécessaires pour préciser le diagnostic, que lorsque le gonflement sera dissipé. Lorsqu’il n’y a pas déplacement, on emploie un simple appareil contentif. Mais dans celles qui présentent la déviation du pied en dehors, que nous avons signalée plus haut, il faut ramener et maintenir le pied dans sa rectitude naturelle, et l’appareil imaginé par Dupuytren atteint parfaitement ce but {Petite Chirurgie^ p. 240); — Dupuytren, Leçons orales; — Maisonneuve, Recherches sur la fracture du péroné [Archiv» génér. de médec.)^ février et avril 1840.

On devra encore consulter, indépendamment de ceux que nous venons de citer, les ouvrages suivants ; Boyer, Traité des mal. chirurgicales ; — Roux, Remarq. et observ. sur les fract. du fém. [Revue rnédico-chirurgic.y t, V, 1849); — Gerdy, Traité des pansem. et de leurs oppar.^ 2* édit., t. P'; — Mayor, Bandag. et appar. à pansem,^ 3* édit., pag. 250, 1838; — Sanson, article Fractures du Diction, de méd. et de chir. pratiq., t. VIII ; — Velpeau, Nouv. Elém. de médec. opérât, et Leçons orales^ t. II; — Moscati, Fract. du col du fém, {Mém. de l'Âcad. de chirurg.), t. IV; — Burggraëve, Appareils ouatés, Bruxelles, 1858 ; — Malgaigne, Traité des fract. et des luxât,, 1847-1855; — Bleu, Des fract. non consolid, (Thèse), Paris, 1848 ; — Merchie, Appareils modèles, Gand, 1858 ; — Trélat, Fract, de Vextrém, infér. du fémur (Thèse), Paris, I854, n" 70; — Vidal, Traité de patholog. externe, 5® édit., 18GI ; — Voillem\cx, Cliniq. chirurg ., 1861. F — n.

FRAGARIA (Botanique). — Nom latin du fraisier, du mot fragrare, avoir une bonne odeur. On l’a aussi donné plus tard à des plantes qui ont de l’analogie avec les fraisiers, telles que plusieurs espèces de Potentilles, entre autres là Potentille fraisier [Fr agaria sterilis,'Lm.), et plusieurs botanistes avaient même placé ces espèces dans le genre Fragaria de Linné ; mais ce genre ne comprend véritablement que les fraisiers (voyez ce mot).

FRAGON Botanique), Ruscus, Lin., mot corrompu d’un mot celtique qui veut dire buis et houx; les espèces de ce genre tiennent de ces deux plantes. — Genre de plantes Monocotylédones périspermées, de la famille des Liliacées, tribu des Asparagées (Brongniart) ou, suivant certains auteurs, de la famille des Smilucinées ,Xyç>Q delà tribu des Ruscées. Caractères : fleurs dioïques petites, verdâtres, naissant sur des ramules dilatés en lames qui ont la forme de feuilles et nommées fausses feuilles; 3 sépales; 3 pétales plus petits que ceux-ci ; 3 étamines à filets soudés ; ovaire à 3 loges renfermant chacune 2 ovules ; baie globuleuse. Les fragons sont des arbustes rameux, toujours verts, à tiges anguleuses. Le F, hypophylle [R.

hypophyllum, Lin . ; du grec hypo ,^om,ÇiXphyllon, feuille, parce que les fleurs naissent sous la surface inférieure des fausses feuilles), appelé vulgairement Laurier alexdndrin, a la tige herbacée, les fausses feuilles non piquantes et les fleurs d’un blanc verdâtre avec les anthères violettes. Cette espèce est originaire d’Italie. Le F. épineux [R. aculeatus. Lin.), nommé aussi Petit houx, Myrte épineux, Buis piquant, est élevé de 0®,60 à 1 mètre. Ses fausses feuilles sont ovales et terminées en épines. Ses fleurs sont par deux et naissent de la face inférieure des fausses feuilles ; elles sont petites et peu remarquables, mais ses fruits gros comme une petite cerise, rouge de corail et qui restent sur les tiges pendant l’automne et l’hiver, font un joli effet, sous les grands arbres, dans les jardins paysagers. Sa racine et ses fruits sontemployés en médecine comme diurétiques. Dans certains pays on torréfie ses graines, qu’on emploie comme le café. Le F. à languette [R.hypoglossum, Lin.) se distingue principalement par la bractée allongée, coriace, à l’aisselle de laquelle sortent les fleurs sur les fausses feuilles.

FRAI (Zoologie). — On appelle ainsi les œufs des Pois~ sons, des Batraciens et de quelques autres animaux inférieurs.

Les œufs des Poissons sont ordinairement réunis en masses plus ou moins grandes, au moyen d’un enduit muqueux, et déposés par les femelles dans des endroits qu’elles recherchent comme des abris sûrs et ayant une température convenable, des fonds plus commodes et une eau adaptée à leur état. En général, les poissons qui habitent la haute mer s’approchent des rivages, d’autres remontent les grands fleuves; quelques-uns quittent les lacs pour se rapprocher des sources des rivières et des ruisseaux ; les carpes cherchent les fonds herbus ; la tanche, l’anguille, préfèrent la vase et les eaux dormantes ; les truites, les perches, les goujons, les loches, aiment les eaux vives et coulant sur le gravier. On voit souvent les saumonsremonter par bandes nombreuses les grandes rivières, telles que la Meuse, par exemple, pour aller retrouver les frayères sableuses qu’ils avaient déjà fréquentées auparavant. Du reste, le temps du frai ou de la ponte varie suivant les espèces ; ainsi c’est de novembre à mars pour la truite - saumon , le brochet , la lotte, etc. Mais le grand temps du frai est d’avril à août, ainsi c’e.st celui des cyprins, carpes, goujons^ gardons, chevannes, tanches, ables, perches, etc. Quant aux anguilles, la première montée arrivant en mai, on croit qu’elles pondent en mer vers décembre ou janvier (voyez Poisson, Frayère).

Parmi les Batraciens, les grenouilles et les crapauds jettent aussi un frai composé de bulles d’une substance albumineuse, transparente, avec un point noir au milieu de chacune d’elles; c’est le rudiment de l’embryon. Tout le monde connaît les frais de grenouille qui existent en si grande quantité dans certaines mares. Complètement abandonné aujourd’hui en médecine, le frai de grenouille était autrefois considéré comme émollient. Son eau distillée était employée en collyre.

Plusieurs coquillages univalves et bivalves laissent aussi échapper un frai gélatineux . Il en est de même, en général, des autres animaux aquatiques ovipares.

Frai ou Fray (Botanique). — Nom du frêne dans quelques contrées.

FRAISE (Botanique). — C’est le fruit du fraisier.

Fraise (Zoologie). — Nom vulgaire de la Caille de la Chine (Fe^rao sinensis, Lin.).

Fraise (Zoologie) — Nom marchand de deux espèces de Coquilles du genre Cardium, le C. fragrarium et le C. vnedo.

FRAISIER (Botanique), Frop'0?’m, Lin.; du latin fragrans, odorant. — Genre de plantes Dicotylédones dia~ lypétales périyynes, de la famille des Rosacées ; caractérisé ainsi : calice tubuleux, à 5 divisions accompagnées de 5 petites bractées ; 5 pétales ; étamines indéfinies ; ovaires nombreux, avec les styles latéraux ; fruits composés d’akènes sur un réceptacle succulent qui constitue la fraise.

Le F. des bois (F. vesca. Lin .) est l’espèce la plus commune. C’est une herbe sans tiges émettant des stolons ou rejets traçants, qu’on appelle aussi fouets ou courants. Ses feuilles sont à 3 folioles velues, à dents grossières. Ses fleurs sont blanches et disposées plusieurs au sommet des pédoncules. Les variétés jardinières, trèsnombreuses de cette espèce, sont divisées en six sections. La première comprend les F. communs (F . vesca. Lin.) : feuillage blond, petit ou de moyenne grandeur ; fleurs petites; fruits ronds ou oblongs,très-sapid 'S. La seconde, les F. étoilés ou craquelins : feuillage petit, vert sombre

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ou bleuâtre; fruit rond sur lequel le calice est rabattu et forme une étoile. La troisième , les F. capronnievs clatior, Lhth.); feuillage vert blond, grand; fruits gros, arrondi, rouge foncé, à saveur souvent musquée. La quatrième, les F. écarlates (F. virginiana^ Duch.) : très-grand feuillage, d’un vert bleuâtre; fruits petits et moyens, écarlates, carpelles enfoncés dans de grandes alvéoles, plus hâtif que les autres. La cinquième, les F. ananas : feuillage très-grand; fleurs très-grandes; calice rabattu sur le fruit qui est gros, arrondi ou allongé, rouge-rose ou blanc, et très-succulent. Enfin la sixième, les F. chiliens (F. chilensis, Ehrh. ) : feuillage soyeux; fleurs grandes; fruits redrcs'és à la maturité.

Ces six sections ont produit un grand nombre de variétés, qu’on évalue aujourd’hui à plus de quatre cents. Nous citerons quelques-unes des principales et des plus communes aux environs de Paris, Dans la section des F. communs^ nous trouvons surtout ; la F. des bois^ petite, la meilleure et la plus parfumée de toutes, presque abandonnée aujourd’hui , parce qu’elle ne donne qu’une fois, et remplacée par la F. de Montreuil, plus grosse et plus productive, mais surtout par la F. des Alpes, des quatre saisons, de tous les mois, la plus précieuse de toutes à cause de son fruit gros, allongé, presque égal pour le goût à la F. des bois, et qui donne depuis avril jusqu’aux gelées, et même en hiver sous châssis ou en serre chaude. La F. des Alpes, sans filets, ou de Gaillon, est une excellente variété que l’on peut mettre en bordure à cause de cette absence de coulants ; elle donne toute l’année comme celle des Alpes, et môme plus en seconde saison. Elle a été trouvée en 1820 dans un semis de F. des Alpes. On connaît encore une autre variété sans coulant, c’est la F. des bois, sans filets, ou F. buisson, sous-variété de la F. des bois, ne donnant, comme elle, qu’une fois un fruit bon et parfumé. Bonne aussi pour bordures. Dans la section des F. écarlates, la seule remarquable est la F. Prince de Cuthil, la plus hâtive des fraises connues; elle est d’un ronge foncé, et a la chair fine et de bonne qualité. Elle donne de la première année de sa plantation.

La plus intéressante parmi les autres sections est la F. ananas; c’est ici que l’on trouve les fraises de luxe : grosses, parfumées, elles ne viennent pourtant qu’au second rang, après la F. des Alpes, peut-être parce qu’elles ne produisent qu’une fois; du reste, très-succufentes et d’un parfum variable suivant le terrain. Parmi les nombreuses variétés de cette section , les plus importantes sont : la F. ananas proprement dite, à fruit gros, arrondi , écarlate très-vif ; pédoncules gros et épais ; la F. de Bath, fruit gros, lavé de rose sur fond blanc, peu parfumé; la F. de Barner, fruit rond, très gros, blanc de ciie, chair ferme, assez parfumée, productive, très- tardive; la F. Swainstone’s Seedling, fruit gros, ovale, rouge écarlate, chair blanche, sucrée, très-bonne; la F. Keen’s Seedling, rouge très-foncé, chair rouge très-parfumée , très productive, Tune des meilleures ; la F. Elton, allongée, colorée, à chair rouge foncé , beaucoup d’eau parfumée , très-productive ; la F. Princesse-Royale, fruit allongé, très-coloré, chair trèspleine, saveur peu relevée, produisant beaucoup et de très-beaux fruits; très-abondante sur le marchéde Paris; la F. Myat, fruit conique, gros, rouge clair, la plus parfumée des fraises anglaises, mais peu productive. On rattache généralement à cette variété , la F. Elisa Myatt, plus grosse, donnant pendant deux mois, excellente pour les confitures ; la F. British Queen, très-grosse, trèsparfumée ; et la F. Duchesse de Trévise, plus grosse encore, allongée, rouge clair, â chair blanche, savoureuse, produit peu. Plusieurs de ces variétés, et d’autres que nous n’avons pas nommées, nous viennent d’Angleterre, ce qui leur a fait donner, en général, le nom de F. unglai<es; cependant au grand nombre d’entre elles ont été obtenues par nos horticulteurs. Plusieurs de ces variétés ont des sous-variétés à fruits blancs. Dans l’immense quantité des variétés et de sous-variétés des fraisiers ejui se rattachent plus ou moins aux sections indiquées plus haut nous citerons encore : le F. de Versailles ou à feuilles simples, le F. à crochet, les F. dits Majaufes, Breslinges, Quomios, sous-divisés en une loule de sous-variétés ; tels que le F. de liargemon, le F. vineux, le F. de Long -champs, le Quomio de Bath, etc. Pour terminer tout ce qui a trait à ce sujet, nous croyons ne pouvoir mieux faire que de citer l’opinion d’un juge qui fait autorité en cette matière. « Parmi les petites fraises, on devra préférer à toutes les autres la race du Fragaria vesca, nommée F. des Alpes ou

des quatre saisons; c'est le plus parfumé et le meilleur de tous les fraisiers ; il pourrait môme tenir lieu de tous les autres ; il ne demande que peu de soins et son produit dure pendant toute la belle saison; il préfère un terrain frais et siliceux, mais vient à toutes les expositions, môme les plus sèches, si on lui donne quelques arrosements » {Encyclopédie de Vagric., article Fraisif.r, par madame E.- L. Vilmorin).

Culture du fraisier. — Quelles que soient les petites différences que les horticulteurs ont remarquées dans les conditions de sol et de culture des variétés diverses des fraisiers, on peut les résumer toutes dans les préceptes suivants, quant au sol : terre riche, substantielle, siliceuse, plutôt légère que compacte, quantité modérée d’engrais ; cette culture exige des arrosements fréquents, et le renouvellement du plant tous les trois ans. La multiplication s’opère ordinairement par les coulants qu’on 'laisse s’enraciner un mois ou six semaines avant l’époque de la plantation, qui se fait ordinairement au commencement d’octobre. Quelquefois elle se fait par des éclats du pied, particulièrement pour les variétés sans filets. Un mode de reproduction souvent employé dans ce dernier cas, c’est celui des semis; on recueille les graines sur les plus beaux fruits qu’on laisse arriver à maturité complète; on les écrase dans l’eau, et, par des lavages successifs, on extrait les graines; celles-ci, un peu ressuyées, sont mêlées avec de la terre fine et sèche, semées dans une terre bien labourée et bien ameublie, terreautéeet mouillée; on recouvre ensuite ce semis avec un peu de terreau tamisé ou de terre de bruyère. Les petits fraisiers lèveront au bout de quinze jours, suivant la température, et pourront être repiqués six semaines après. Il est à remarquer que ce mode de multiplication reproduit franches et sans variétés les fraises des bois et des quatre saisons seulement, tandis que les autres varient, surtout les ananas et les écarlates. La plantation se fera en automne, mais surtout au printemps pour les fraisiers sans coulants. Immédiatement après, souvent même avant, il sera bon de les pailler, soit avec du fumier long, soit avec de la paille ordinaire coupée en plusieurs morceaux, que l’on étend d’une manière uniforme entre les plants. Les fraisiers qui aiment beaucoup l’eau préfèrent celle des arrosages à la pluie, et surtout à celle des orages; on conseille même de les arroser largement à l’approche de ceux-ci. Dans le courant de l’année, on renouvellera les paillis, selon le besoin ; on donnera en général deux binages, on enlèvera les mauvaises herbes, les coulants et les feuilles mortes ou jaunies. Lorsque les feuilles se fanent sans raison apparente, on se hâte d’arracher le fraisier et de fouiller la terre; on y trouve presque toujours un ver blanc qui mangeait sa racine dont il est très-friand, et que l’on tuera pour éviter qu’il n’aille attaquer le voisin. On replantera de suite un autre fraisier à cette place. Les fraises que l’on cultive principalement dans les environs de Paris, à Romainville, Bagnolet, Montreuil, Fontenay aux-Roses, Glamart, sont: les quatre saisons ou des Alpes, l’ananas, Princesse-Royale, Myatt, Elisa Myatt, Elton, etc. La fraise de Montreuil, très-cultivée autrefois à Saulx les-Chartreux, Ghâtenay, Auuay, Montreuil, etc., est presque abandonnée aujourd’hui.

La saveur exquise de la fraise, son parfum délicisux, font de ce fruit un des meilleurs et des plus recherchés de nos climats. Mangées avec du sucre et arrosées d’un peu de vin, elles font partie de tous nos desserts dans les mois d’été. Gomme elles sont naturellement froides, cette manière de les relever et de les assaisonner les rend plus faciles à digérer. G’est cette propriété rafryîchissante que l’on utilise en en faisant une boisson agréable, que l’on prépare tout simplemement avec leur suc étendu d’eau et sucré agréablement. G’est une boisson d’agrément que l’on emploie aussi avec avantage dans les maladies inflammatoires. On en fait aussi des confitures, des sirops, des liqueurs, des glaces, des pastilles, etc. Le célèbre Linné assure s’être débarassé, par l’usage des fraises, d’une goutte qui l’avait tourmenté pendant plusieurs années. Les feuilles et les racines sont encore employées en médecine comme diurétiques et apéritives.

Le travail le plus remarquable sur les fraisiers est l’article de Duchesne, inséré en I7GG dans VEncyc'opédie méthodique . Quoique déjà ancien, il sert encore de base à tout ce qui a été écrit depuis, et sera consulté avec fruit.

Fraisier en arbre (Botanique). — Nom vulgaire de V Arbousier unedo, connu aussi sous le nom de Frôle,

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à' Arbre aux fraisés, et en Provence sous celui de Fraîsier de montagne^ (Voyez Arbousier).

Fraisier de l’Inde (Botanique), Fragana moico, Andrews ‘Duchesnea fragiformis, Smith. — Ce dernier nom a, été donné par Smith, pour honorer la mémoire de Duchesne et rappeler son travail sur les fraisiers, à une plante des Indes orientales, que Jussieu ne pense pas devoir séparer des fraisiers. Elle a des fleurs jaunes, assez | semblables à celles de la PotentiUe rampante. Le fruit, d’un rouge foncé, est inodore et insipide.

Fraisier stérile (Botanique). — C’est la Pc, lentille fraisier, que l’on appelle encore Faux fraisier.

FRAISSE ou Fraysse (Botanique). — Nom du frêne en Languedoc.

FRAMBOISE (Botanique). — Fruit du framboisier.

FRAMBOISIER ( Botanique) , de franc et de boise, buisson en celtique. — Espèce d’arbrisseau du genre Ronce (voyez ce mot), de la famille des Rosacées. C’est le Rubus idœus de Linné, ainsi nommé, parce qu’on le dit originaire du mont Ida en Crète. Cet arbrisseau peut atteindre jusqu’à 2 mètres, à tiges garnies d’aiguillons de peu de résistance, à Luilles composées de 3-6 folioles pubescentes en dessous, à fleurs blanches et à fruits odorants, formés par la réunion d’akènes succulents, rouges à la maturité. Le framboisier est naturalisé (on pourrait môme dire indigène) en Europe. On le cultive pour ses fruits dont le goût est agréable et parfumé, et dont les propriétés sont rafraîchissantes. On prépare avec les framboises des confitures, des gelées, des sirops très estimés. On en fait aussi avec du vinaigre blanc, le vinaigre de framboise employé comme rafraîchissant après avoir été étendu d’eau à laquelle on ajoute du sucre. Dans certains endroits, on obtient des framboises une liqueur par la fermentation. La Ronce à feuilles de rose {Rubus rosœfolius, Smith) porte aussi quelquefois le nom de Framboisier, ses fruits sont mangeables, comme plante d’ornement, elle donne tout l’été des fleurs doubles qui ressemblent à une petite rose. Cet arbuste est originaire de l’île Maurice. G — s.

Framboisier (Arboriculture). — \j,ei framboisier {Rubus idœus. Lin.) {fig. 1289) croît spontanément sur toutes les montagnes de l’Europe. On le rencontre jusqu’en Lapo- | nie. Son fruit, doué d’un arôme très-* agréable, est recherché sur toutes les tables.

Variétés. — F. des Alpes ondes bois.

Fruit rouge, petit, mais plus aromatique que les autres. Bois très-épineux.

F. ordinaire à fruit rouge. Bois jaunâtre, presque sans épines. C’est la variété que l’on cultive surtout aux environs de Paris.

Double-Bearing. Fruit gros, rouge.

C’est la meilleure et la plus belle des variétés bifères ; ce qui caractérise ces variétés, c’est que le sommet des bourgeons radicaux donne quelques grappes de fruits vers la fin de l’été..; ce qui n’empêche pas les mômes tiges de fructifier de nouveau l’année suivante.

F. du Chili, à gros fruit jaune. Bois jaune, assez épineux.

F. du Chili, à gros fruit rouge. Bois brun, à peine épineux.

F. Falstaff. Fruit rouge.

F. Gambon. Fruit rouge.

F. Souchetii.

F. César blanc. Fruit blanc, gros.,

F. Barne. Fruit d’un rouge noir, très-gros.

Climat et sol. — Le framboisier croît spontanément dans toute l’Europe, maison le rencontre toujours à une hauteur d’autant plus grande au-dessus du niveau de la mer, qu’il se rapproche davantage du Midi ; il faut donc le cultiver dans un lieu, non pas ombragé, comme on le fait souvent à tort, mais qui ne soit pas non plus exposé à un soleil brûlant. Le sol qui convient le mieux à cet arbrisseau est une terre légère, un peu graveleuse et assez fraîche.

Culture. — Le plus grand nombre des jardiniers n’apportent presque aucun soin à la culture du framboisier, à cause sans doute de son peu d’exigence et de sa végétation active. Mais ses produits sont alors bien loin d’être aussi beaux et aussi abondants que lorsqu’on lui applique les opérations qu’il réclame. C’est surtout aux environs de Paris que l’on a consacré à cet arbrisseau de grandes surfaces. La commune de Plombières, près de Dijon, est aussi renommée par l’excellence de. ses

! framboises, qui sont expédiées dans de petits barils jus- ! qu’à Londres, pour en faire des sirops. On cultive le j framboisier soit en lignes continues, soit en cépées distinctes. On préfère le premier procédé pour le jardin fruitier, et le second pour la culture en plein champ, comme on la pratique aux environs de Paris et à Plombières.

Plantation, — Les lignes de framboisiers peuvent être

plcV'ées au milieu d’une plate-bande en plein vent (E, fig. 1290 et 1291). On peut également employer au môme

usage les plates-bandes placées au pied de murs peu élevés et exposés au nord. Dans l’un et l’autre cas, le terrain étant préparé comme pour les autres arbres fruitiers, on ouvre au milieu de la plate-bande une tranchée (A) large de 0“,50 et profonde de 0“,40, au fond de laquelle les drageons de framboisier sont plantés de manière que la profondeur de cette tranchée soit encore, après la plantation, de 0“,25 environ. Ces drageons, enlevés au pied d’anciennes cépées, auront dû être repiqués en pépinière pendant un an, afin qu’ils soient mieux enracinés et plus vigoureux. La terre que l’on en a extraite est placée en ados de chaque côté de la rigole ; les drageons sont plantés à 0“,30 les uns des autres. On ne coupe sur chaque drageon que le tiers environ de la longueur de la tige, et l’on a soin de supprimer sur cette tige toutes les fleurs qui apparaissent pendant l’été suivant ; c’est le moyen de favoriser le développement des feuilles, partant celui de nouvelles racines, et, en définitive, la formation de bourgeons radicaux vigoureux.

Taille. — Le framboisier présente le mode de végétation suivant ; un drageon vigoureux étant planté ( C, fig. 1292), chacun des boutons placés sur cette jeune tige développe un petit bourgeon mixte B {fig. 1293) qui fructifie; puis on voit bientôt naître des boutons radicaux de la buse {fig. 1292) un ou plusieurs bourgeons radicaux A {fig. 1293), Ces bourgeons radicaux continuent de s’allonger pendant tout l’été. Aussitôt après la maturité des fruits, la tige fructifère C {fig. I293) devient languissante ; elle est complètement desséchée à la fin

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Fig. 1290. — Framboisiers plantés en lignes.

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de l’automne. On a alors le résultat que montre la figure 1292. L’année suivante, la nouvelle tige G fructifie comme la première; elle développe à sa base de nouveaux bourgeons radicaux qui naissent du bouton A; elle se dessèche ensuite, et est remplacée l’année suivante par les bourgeons radicaux formés pendant l’été précédent, et ainsi de suite chaque année. Voici la taille qui s’harmonise le mieux avec ce mode de végétation.

Pendant l’été qui suit la plantation, les boutons radicaux placés à la base de la tige (A, fig, 1292) donnent lieu à des bourgeons radicaux (A, fig. 1293). Lors du printemps suivant, les tiges primitives {fig. 1292), qui portaient les fleurs, sont desséchées ; on les coupe rez terre. Les rameaux radicaux (G), qui fructifieront à leur tour l’année même, sont coupés à 1 mètre du sol. Cette section a pour but de concentrer l’action de la sève sur un moins grand^ nombre de boutons et de faire que ceux-ci donnent lieu à des bourgeons fructifères plus vigoureux. Il en résulte aussi que, la sève étant refoulée vers la base, les nouveaux bourgeons radicaux acquièrent un plus grand développement. Il y a inconvénient à tailler ces rameaux radicaux plus court; car alors les boutons inférieurs qui sont restés endormis se développent, et les fruits qu’ils produisent, étant salis par la terre, ne peuvent être utilisés. Gomme les jeunes bourgeons du framboisier redoutent les gelées tardives, on attend, pour les tailler, que ces abaissements de température ne soient plus à craindre. En opérant ainsi, le

sommet des tiges, qui est toujours plus précoce et qui doit être supprimé, sera seul exposé à cet accident. Lorsque les rameaux radicaux ont été ainsi taillés, on

les incline sur une petite -- rampe en bois 1 290 et 1291) fixée à 0'“,50 de la ligne des framboisiers, et dirigée parallèlement à cette ligne. Elle doit être placée à 0“,75 au-dessns du sol. Gette opération, que nous n’avons vu pratiquer nulle part, est destinée à empêcher les bourgeons radicaux qui se développent pendant l’été de se confondre avec les tiges fructifères. Gelles-ci restent alors isolées et ne présentent aucune confusion ; les fruits reçoivent mieux rinfluence do la lumière, et l’on en effectue beaucoup plus facilement la récolte.

Pendant l’été, les bourgeons radicaux (A, fig.

1 293) s’allongent progressivement. Lorsqu’ils ont atteint une longueur de 0"’,G() environ, on commence à les attacher sur une traverse {C, fig. 1290

Fig. 1292. — Frambroisier. — A b.outons 1^291) fixée à, ü"',30 de radicaux. la ligne de plantation et

à 0“,40 au-dessus du sol.

Ces bourgeons ayant atteint une longueurde 1^,50, on les

! attache de nouveau sur une seconde traverse D placéeà 1">,5Ü au-dessus du sol et à 0*“,50 de la ligne de framboisiers.

Si ces arbrisseaux sont plantés dans une plate-bande située au pied d’un mur, on peut se dispenser de ces deux dernières traverses; les framboisiers étant plantésà 0“,50 du mur, on y fixera les bourgeons radicaux. Il résulte de ce soin que ces bourgeons radicaux sont complètement isolés des tiges fructifères, et que les uns et les autres parcourent plus facilement les diverses phases de leur végétation.

On doit encore veiller, pendant la naissance de ces bourgeons radicaux, à ce qu’il ne s’en développe pas un trop, grand nombre. En effet, plus ils sont abondants sur chaque souche, moins ils sont vigoureux et moins ilsdonnent de fruits l’année suivante. G’est lorsqu’ils ont une longueur de 0“,20 à0"',25 qu’on supprime les bourgeons surabondants; on choisit pour cela les plus faibles,, les plus éloignés de la ligne, et de façon que ceux qui restent, étant inclinés sur la traverse, soient placés à 0”,10 ou 0“,l5 les uns des autres.

Au printemps suivant, c’est-à-dire au commencement de la troisième année qui suit la plantation, les rameaux fructifères de l’année précédente sont coupés rez terre.

Fig. 1293. — Framboisier. — A, bourgeon radical. — B, Dourgeon mixte. — C, rameau radical.

Les rameaux radicaux qui fructifieront pendant l’été sont détachés de la rampe (D, fig. 1290 et 1291) ou du mur et taillés comme nous l’avons indiqué pour les premiers ; on les incline ensuite pour les attacher sur la traverse B. On répète pendant l’été les soins déjà indiqués pour les nouveaux bourgeons radicaux qui naîtront du sol, et chaque année on recommence la même série d’opérations. Toutefois, au commencement de la troisième année, on doit placer au fond de la tranchée A environ 0“,08 de la terre qui en a été primitivement extraite et qu’on a déposée sur les côtés de la plate-bande, après l’avoir mélangée avec une certaine quantité de terreau consommé. A partir de ce moment, on devra, à chaque printemps, couvrir le pied des framboisiers d’une semblable quantité de terre engraissée jusqu’à ce que la tranchée soit comblée, ce qui a lieu au bout de trois ans. Gette addition successive de terre est destinée à faciliter la formation de boutons radicaux vers le collet de la racine. On obtient alors des tiges beaucoup plus vigoureuses.

Les framboisiers cultivés avec ces soins peuvent donner de beaux fruits pendant huit à dix ans. Au bout de ce temps, la souche commence à se fatiguer; le sol de la plate-bande est épuisé; les bourgeons radicaux deviennent chétifs, et la production diminue. Il devient alors nécessaire de renouveler la plantation, après avoir préalablement enlevé 0“,60 de terre sur la plate-bande,

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l’avoir remplacée par une égale quantité de terre neuve et avoir défoncé et fumé le tout.

Aux environs de Paris, dans les communes de Louveciennes, Boiigival, Marly, Vincennes, etc., et h Plombières, près de Dijon, on cultive le framboisier en plein champ, et voici en quoi ce mode de culture diffère de celui que nous avons conseillé pour les jardins. Les framboisiers y sont également plantés au fond de rigoles continues ; mais on en forme des cépées en plantant deux drageons à chaque place. Les cépées sont placées à 1“,35 les unes des autres, et on met un espace de P“,G6 entre chaque ligne. Les autres soins d’entretien sont les mômes que pour la culture en lignes décrite plus haut. Toutefois, les bourgeons radicaux et les tiges fructifères sont laissés libres, sans appui. On ne conserve, au pied de chaque cépée, qu’environ cinq bourgeons radicaux pour remplacer annuellement les tiges fructifères.

Aux environs de Harlem (Hollande), les framboisiers sont aussi cultivés en cépée, mais avec des soins différents de ceux que nous venons d’indiquer. Nous ne pouvons entrer ici dans les détails de ce mode d’opérer; on le trouvera exposé dans le Cours d’arboriculture, par A. Du Breuil, 5® édit., p. 851.

La production des framboises ne dure ordinairement qu’un mois environ ; mais, pour la prolonger pendant tout l’été et Tautomne, il suffit de couper tout près de terre, au printemps, une partie des tiges fructifères, au lieu de les tailler à 1 mètre ou 1“,30 de longueur. Cette opération fera développer plus tôt et beaucoup plus vigoureusement les bourgeons radicaux. Ceux-ci se couvriront alors, vers leur sommet, d’un certain nombre de fruits qui, commençant à mûrir peu après l’époque où ceux des tiges fructifères conservées auront terminé leur maturation , se succéderont jusqu’aux premiers froids. Cette production anticipée n’empêche pas ces tiges de pouvoir être taillées comme les autres au printemps suivant et de donner une seconde récolte. Nous pensons qu’il vaut mieux employer ce procédé que de planter des framboisiers de Malte, ou bifères, parce que la seconde récolte de cette variété vient trop longtemps après la première. Toutefois, quel que soit le procédé clioisi pour obtenir de cet arbrisseau des récoltes tardives, les fruits ainsi obtenus, privés d’une partie de la chaleur de l’été, sont toujours moins savoureux.

Insectes nuisibles. — Recolle, — Le framboisier est souvent attaqué par les chenilles, et surtout par une espèce dont les œufs sont disposés en forme de bague autour des tiges. On doit, en faisant la taille, enlever ces bagues avec soin. Les larves du hanneton sont aussi trèsavides de ses racines. Des champs entiers en sont souvent dévorés complètement. On trouvera au mot Hanneton les moyens de diminuer les ravages de cet insecte. Il arrive aussi que, lorsque les fruits ont dépassé un certain degré de maturité, ils sont attaqués par des vers et par une sorte de punaise qui leur donne une odeur trèsdésagréable. Lorsque le moment est venu d’opérer la cueillette des framboises, il ne faut pas la différer d’un seul jour, car ce fruit tourne promptement, et le moindre vent qui agite les tiges le fait tomber,

FRAMBQESIA (Médecine). — Voyez Pian.

FRANC (Arboriculture). — Ce mot s’emploie pour désigner le sujet sur lequel on veut placer une ou plusieurs greffes, lorsqu’ils sont tous les deux de la même espèce ; ainsi on dit qu’un poirier est greffé sur franc, lorsque le sujet est lui-même un poirier. Les arbres ainsi greffés sont généralement plus vigoureux, deviennent plus beaux et durent plus longtemps que ceux que l’on a greffés sur des sujets d’espèces différentes, comme le pêcher sur prunier par exemple; mais leur première fructibeation se fait plus longtemps attendre, et leurs fruits sont généralement moins beaux et de moins bonne qualité. On appelle franc de pied^ l’arbre qui n’a pas été greffé et qui provient le plus souvent de graines d’un fruit cultivé. Ils sont plus vigoureux que les arbres greffés, mais leurs fruits sont de médiocre qualité. Ils se distinguent des sauvageons, en ce que ceux-ci sont nés ordinairement de graines de fruits sauvages. Voyez Greffe.

FRANC (Unité de monnaie). — Voyez Poids et mesdres.

FRANCHIPANIER ou Frangipanieu (Botanique), de l’italien Frangipani, nom donné à un parfum inventé par Frangipani ; c’est le genre Plumeria (dédié par Linné à Charles Plumier, religieux et botaniste distingué du xvii® siècle). — Genre de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes, de la famille des Apocynées^ type de la tribu des Plumériées. Caractères principaux : calice entier; corolle cylindrique à gorge nue, quinqué-lobée ;

5 étamines à filets courts, 2 ovaires enfoncés dans un disque; fruit à 2 follicules oblongs, un peu charnus; graines ailées. Les franchipaniers sont des arbrisseaux à feuilles alternes, à fleurs grandes répandant une odeur agréable. Ces végétaux croissent dans les régions chaudes de l’Amérique méridionale. Tous contiennent un suc abondant, épais, très- caustique, en général très-suspect, qui découle de leurs feuilles et de leurs rameaux lorsqu’on les coupe. Le Franchipanier à fleurs rouges (P. rubra, L. ) s’élève jusqu’à 5 mètres. Ses feuilles sont oblongues, aiguës, et ses fleurs à corolles arquées longues de 0“,05 ont la gorge jaunâtre. Cet arbrisseau se trouve à la Jamaïque. Ses fruits longs de 0“,16 à 0“,20 et composés de deux longues capsules ont leur surface rugueuse. Serre chaude. Le Franchipanier à fleurs blanches (P. olba, L.) atteint quelquefois aux Antilles plus de 10 mètres. Son écorce est grisâtre, ses feuilles sont luisantes et ses fleurs disposées en cymes sont très-odorantes. La racine de cette espèce passe pour apéritive et le suc très-laiteux, âcre et brûlant s’emploie contre différentes maladies de la peau, les dartres, des ulcères, etc. G — s.

FRANCOA (Botanique), Francoa, Cavan. dédié à Fr. Franco, médecin espagnol du xvi* siècle. — Genre de \>\a.nXQ%Dicotylédones dialyyétales pe'rigynes, famille des Francoacées, qui ne renferme que quelques espèces du Chili. Ce sont des herbes vivaces à fleurs généralement en épi. Le Fr. appendiculé {Fr. appendiculato, Cavan.) a une tige de 0“,50 terminée par un épi de fleurs roses striées. Le Fr. à feuilles de laiteron {F. sonchi folia , Will.) a une tige de 0'“,7 0 à 1 mètre, surmontée d’un épi de fleurs lilas, plus grandes. Ces deux espèces fleurissent en mai, juin et juillet. Serre chaude l’hiver, pleine terre l’été. Terre à oranger.

FRANCOACÉES (Botanique), Francoaceæ. — Nom d’une famille de plantes qui a pour type le genre Francoa (voyez ce mot) et qui appartient à la classe des Saxifraginées voisine des Crassulinées. Ce sont des plantes herbacées du Chili à feuilles rapprochées en rosette vers la tige, à fleurs roses, blanches, lilas, disposées en grappes ou en épi. Elles ont le calice profondément quadrifide, les pétales alternes, les filets insérés avec les étamines vers la base du calice. Ovaire libre à quatre loges opposées aux pétales. Graines menues. On n’en connaît' qu’un petit nombre de genres dont les principaux sont : Francoa, Cav. Tetilla, de Gand,

FRANCOLIN (Zoologie), Francolinus, Temm. — Sousgenre à' Oiseaux, ordre des Gallinacés, grand genre des Tetrao, de Linné, du groupe des Perdrix, caractérisé par un bec plus fort et plus long que celui de la perdrix ordinaire; une queue plus longue ; et des tarses hauts, armés d’un ou doux forts éperons cornés et aigus. Leurs mœurs sont à peu près celles des perdrix ; seulement ils préfèrent les plaines marécageuses dans le voisinage des bois, et ils se perchent la nuit.

En Europe on ne connaît de ce genre que le F. à collier et à pieds rouges {Tetrao francolinus, Tem.) du sud de la France, de la Sicile et de Chypre. Les autres espèces sont de l’Afrique, de l’Asie et de l’Océanie. Tel est le F. ensanglanté, du Népaul [Perdix cruenta, Tem.), au plumage élégant, aux couleurs vives ; il a trois et jusqu’à quatre éperons; l’abdomen et la queue sont rouges de sang.

FRANKÉNIAGÉES (Botanique), Frankeniaceœ. — Famille de plantes, de la classe des Violinées de M. Ad. Brongniart, ayant pour type le genre Frankénie (voyez ce mot), à calice tubuleux, régulier, persistant ; 4 ou 5 pétales onguiculés ; 4 ou 5 étamines ; ovaire à une seule loge. Ce sont des sous-arbrisseaux ou des herbes vivaces, des bords de la mer, dans les régions tempérées, à fleurs rosâtres ou violacées. Genres princip. Frankenia, Lin., Nothria, Berger., Beatsonia, Roxb.

FRANKÉNIE (Botanique), {Frankenia, L., — dédié à Jean Frankenius, botaniste suédois du xvii® siècle. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales hypogynes, type de la petite famille des Frankéniacées, voisine des Garyophyllées ; caractérisé par un calice presque cylindrique, quinqué-denté, pétales 5, onguiculés concaves, 6-6 étamines, un style trifide; capsule accompagnée du calice persistant, à une loge, s’ouvrant en 3-i valves et renfermant de nombreuses graines. Les Frankénies sont ordinairement des herbes à feuilles opposées ou verticillées. On en compte une vingtaine d’espèces. Elles habitent principalement l’Europe méridionale et l’Afrique. On trouve en France sur les côtes la F. lisse (F. lœvis, L.), plante à tiges menues, couchées et à fleurs axillaires j violettes ou rosées; la F. poudreuse (F. pulverulenta, L.) î remarquable par ses feuilles pulvérulentes cendrées en

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dessous; et la F. hérissée (F. hirsufa^ Lin.) qui a des fleurs violettes, réunies deux à quatre ensemble au sommet des rameaux.

FRANZENSBAD ( Médecine, Eaux minérales). — Bourg des Etats autrichiens en Bohême, à 6 kilom. N. -O. de la ville d’Eger ou Egra; d’où vient que les eaux minérales de Franzensbad avaient été appelées eaux d’Eger, bien à tort, puisque cette ville n’en a jamais possédé. Quoi qu’il en soit, on trouve dans cebou’g six sources minérales, sulfatées sodiques (ferrugineuses), dont les principales sont Franzensquelle^ WiezenqueVe, Luizenquelle Neu~ quelle. Elles sont toutes froides; leur composition diffère peu. On y trouve en moyenne, acide carbonique libre, 917,78 centim. cub. par litre ; sulfate de soude, 2®'‘,678; chlorure de sodium, Ü®',941 ; carbonate desoude,0s%7 33; carbonate de chaux, Cs^lGÜ; plusieurs autres carbonates parmi lesquels on doit ^ignaleren moyenne, carbonate de protoxyde de fer, 0®*‘,045 environ ; et de la silice en quantité assez notable (06%047). ~Lo. Franzensquelle est la source la plus importante. En général ces eaux moussent et pétillent à leur sortie, elles sont très-limpides, d’une saveur piquante et salée, qui laisse un arrièregoût légèrement styptique. Employées principalement en boisson à la dose de deux à six verres le matin à jeun, elles agissent comme laxatives, et la présence du fer et de l’acide carbonique explique leurs propriétés toniques et excitantes; les différents principes minéralisateurs énoncés plus haut, rendent raison aussi de leurs vertus dissolvantes qui les rendent si utiles dans les catarrhes chroniques des bronches, du larynx, des voies urinaires, dans les scrofules, les engorgements du foie, de la rate, dans les convalescences longues et difficiles. On associe souvent à la médication interne l’usage des bains d’eau, de gaz très-bien établis dans cette station, et de boue. Ces derniers sont très-en vogue dans toute l’Allemagne, et l’on n’en donne pas moins de 4,000 par an ; c’est môme, dit-on, cette médication qui constitue la partie la plus importante de ces eaux. Ces boues, très-riches en principes actifs, tels que sels de soude, de chaux, de fer, argile, matières végétales, produisent une stimulation énergique à la peau, et une dérivation puissante; aussi les emploie-t-on souvent dans les rhumatismes chroniques et dans les paralysies qui en sont la suite, dans les dépôts goutteux, dans l’anémie, la chlorose, le rachitisme, etc.

Ces eaux, mises en bouteille aux sources, avec le plus grand soin, se conservent parfaitement et peuvent trèsbien être employées au loin. F — n.

FRAbÈRE (Botanique), Frasera., Walter; dédié au botaniste voyageur Fraser. •— Genre de plantes Dicofijlédones gamopétales hypogynes, de la famille des Gentianées^ tribu des Chironiées; caractères: calice à 4 divisions profondes; corolle à 4 divisions acuminées, munies chacune d’une glande orbiculaire; 4 étamines, plus courtes que la corolle et insérées sur le tube ; capsule à une loge, bivalve et contenant de 8 à 12 graines. Les frasères sont des herbes vivaces à feuilles opposées ou verticillées. Elles habitent l’Amérique septentrionale. La F. de la Caroline (F. Carolmiensis., Walt.), qui croît dans les lieux marécageux de la Caroline, est une plante herbacée qui peut atteindre jusqu’à l'",50. Scs fleurs sont d’un jaune verdâtre, ponctuées de bleu. Sa racine est amère et porte, bien à tort, le nom de racine de Colombo ou plutôt faux Colombo ;\q\y'a\ Colombo (voyez ce mot) est la racine de plantes delà famille des Ménispermées, qui est beaucoup plus amère.

FRAXINÉES (Botanique), tribu de plantes de la famille des Oléinéeson Oléacées. Elle a pour type le genre F rêne (Fraæinus) et ses caractères sont : fruit sec in-

déhiscent, ailé, à deux loges; graines périspermées; fleurs polygames apétales ou à 2-4 pétales. — Genre princip. Frêne {Fraxmus., l’ourn.).

FRAXIINELLE (Botanique) [à^Fraxinus, nom du frêne avec lequel cette plante a de l’analogie par le feuillage). — Espèce de plantes du genre Dictamne (voyez ce mot). G’estle Dictamnus fraxinella,GQv&. (D.«/ôî<5,L.), plante vivace extrêmement résineuse, élevée environ d'un mètre. Sa tige est brune, velue ; ses feuilles sont pennatiséquées, luisantes, finement dentées ; ses fleurs disposées en grappes allongées sont blanches ou purpurines, marquées de stries rouges. Cette plante croît dans les endroits rocailleux de l’Europe méridionale et en Orient. On la cultive pour l’ornement. Elle répand une odeur trèsaromatique due à la lésine qu’elle renferme enabondance et qui donne lieu à un phénomène très-intéressant observé pour la première fois par la fille de Linné. Lorsqu’après une journée chaude on approche la flamme d’une bougie de la fraxinelle, il se produit autour de la plante une auréole lumineuse provenant de l’inflammation du fluide éthéré que dégage l’huile volatile des vésicules de la plante. L’écorce de la racine de cette espèce s’employait autrefois comme vermifuge, diurétique et sudorifique. On la faisait entrer dans la composition de certains opiats. Avec les fleurs, on prépare une eau distillée qui sert de cosmétique dans certaines localités. G — s.

FRAXINÜS (Botanique). — Nom latin du Frêne.

FRAYE (Zoologie). Un des noms vulgaires de la Grive drenne ou draine {Turdus viscivorus., Lin.).

FRAYËRE (Zoologie). — On appelle ainsi le lieu où les femelles des poissons viennent déposer leurs œufs. Ces endroits sont presque toujours plus ou moins éloignés de leurs habitations ordinaires. Dans ce cas les poissons quittent leur séjour habituel quelquefois isolément, d’autres fois par bandes nombreuses pour aller trouver les fray ères déjà fréquentées ou pour en chercher de nouvelles. Cette migration n’a jamais lieu le jour. Les uns quittent la mer, remontent les fleuves, les rivières, les ruisseaux même pour chercher les eaux vives ; d’autres gagnent les gués, les étangs pour trouver des eaux tranquilles et d’une température plus douce. Les crues d'eau, les variations brusques de température nuisent au développement des œufs et en perdent un grand nombre. Mais dans chaque localité choisie par les femelles des poissons, la place n’est pas indifférente, et l’on a vu, par exemple, des bandes de saumons « remontant à leurs frayères situées dans quelques cantons paisibles de la rivière, caillouteux et Ùen exposés, ordinairement dans un ou deux pieds d’eau; et la pratique a constaté que là où sur une petite gravière, il y avait une fosse, un lit de saumons, on était certain d’en trouver tous les ans » {Encyclopédie de l'agriculture). D’autres poissons recherchent les petits fonds vaseux, herbus, etc. Les pêcheurs, au fait de ces habitudes, ont soin d’en profiter pour assurer la réussite de leur pêche. D’autres fois, et ceci a lieu surtout lorsqu’on veut faire de la pisciculture (voyez ce mot), « on récolte, à l’exemple des Chinois, les herbes couvertes d’œufs fécondés, ou bien on détermine les poissons d’un cours d’eau, d’un étang, etc. à venir déposer leur couvée à l’endroit qu’on leur ménage. L’époque habituelle où les poissons établissent leurs frayères, diffère non-seulement pour les genres d’une même famille, mais encore suivant les circonstances pour les membres d’une môme espèce; le tableau suivant, que nous empruntons au Livre de la ferme, est dressé pour les principaux poissons de l’Europe centrale {Livre de la ferme, t. ], p. 097). Quant aux Frayères artificielles, voyez l’art. Pisciculture de ce Dictionnaire. On peut consulter aussi le Livre de la ferme {loc. cü.).

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