OU LES OEUFS SONT DÉPOSÉS
Saumon
Salmo salar, L
Octobre. — Janvier
Eau courante, sable et gravier.
Ruisseau à fond de gravier.
Gravier des rivages.
Eau courante, sable.
Eau doi mante, roseaux et vase.
Plantes aquatiques.
Eau dormante, herbes.
Eau dormante, herbes et vase.
Truite saumonée
Truite
— trutta, L
— fai'io. L
Novembre et Décembre
Septembre. — Janvier
Décembre — Février
Mars. — Mai
Ombre chevalier
— comm.iiie
— u?nbla, L
Salmo thvmallus, L
Brochet
Esox Indus, L
Perche
Carpe
Tanche
Perça fluvialis, L
Cyprinus carpio, L
Cyprinus iinca, L.
Avril et Mai
Mai. — Juin
Mai. — Juillet
FRE
ilH
FRE
FRAYEUSE (Zoologie). — On appelle ainsi dans quelques contrées le Rouge-gorge (Molacilla rubecula,
FRÉGATE (Zoologie), Tachypetes^ Vieill. — Genre d’0«seaux de l’ordre des Palmipèdes des Totipalmes^ classé par Linné dans son grand genre des Pélicans; ces oiseaux sont très-voisins des Cormorans dont ils diffèrent par un bec fort, à deux mandibules recourbées au bout, une queue longue et fourchue, des ailes également trèslongues, et des pieds courts avec une membrane profondément échancrée. On n’en connaît bien qu’une seule
Fig. 1294. — Frégate.
espèce nommée la Grande Frégaie {Tachypetes aquila, de Vieillot ; Pelecanus aquilus^lÀn.). Elle est de la grosseur d’une poule; ale tour des yeux rouge et nu, le bec rouge et long de0“,15, le plumage noir varié de blanc sous le cou; son envergure dépasse 3 mètres. Ces ailes, démesurées relativement à la longueur des pattes, la gênent à terre au point qu’elle se laisse quelquefois atteindre et assommer comme les Fous dans l’impossibilité où elle est de fuir; mais elle évite de se poser ainsi sur le sol et se perche généralement sur les arbres, les rochers. En revanche, son vol est rapide et soutenu ; et cette propriété, qui lui a valu son nom, jointe aux ongles robustes et au bec acéré qu’elle possède, en fait un des oiseaux de proie maritimes les plus redoutables. Sorte de milan des mers, non seulement la frégate, rasant dans son vol sûr et rapide la surface de l’eau, enlève les poissons et surtout les exocets qui ont l'imprudence de s’y hasarder ou de s’élever un instant au-dessus des flots, mais encore elle poursuit et frappe les mouettes, les pélicans même et les fous pour leur faire lâcher leur proie et s’en emparer habilement, avant qu’elle soit retombée à l’eau. « Les frégates, dit Vieillot, sont, de tous les oiseaux de mer, ceux qui se rapprochent le plus de l’aigle, elles semblent le remplacer sur cet élément. Armées d’un bec terminé par un croc aigu, de pieds courts, robustes et couverts déplumés, de serres aiguës; servies par une vue très -perçante et un vol des plus rapides, elles possèdent tous les attributs qui caractérisent un tyran de l’air. » Les observations faites par les modernes, réduisent, à leur juste valeur, ces courses lointaines à 1 ,C00 kilomètres de toute terre rapportées par les ornithologistes plus anciens; c’est une erreur et l’on sait aujourd’hui qu’elles ne s’éloignent pas à plus de 80 kilomètres des côtes.
Cet oiseau est commun sur les côtes entre les tropiques. La femelle établit son nid sur les arbres ou dans les creux des rochers, et elle y dépose un ou deux œufs blancs, lavés de rougeâtre ou tachetés d’un rouge vif. Les petits sont nourris dans le nid et ne le quittent que lorsqu’ils sont en état de voler.
Nous avons dit que la grande frégate était la seule espèce bien connue; en effet, celle que l’on a appelée Pelecanus leueocephalus^ Gm., paraît être la femelle ; le P. minor^ Pelecanus de Lath., ou Petite F)'égate^ serait (ine jeune femelle, et le P. Palrnerstonii, de Lath., un jeune mâle.
FREIN (Anatomie, Chirurgie), vulgairement Ff/ef ; repli membraneux situé au-dessous de la langue et destiné à régulariser ses mouvements en les limitant. Il se prolonge quelquefois vers l’extrémité de la langue, et empêche alors qu’elle n’exécute avec liberté tous les mouvements dont elle est susceptible. Lorsque ce prolongement
est peu considérable, il ne fait que gêner plus ou moins la prononciation, quelquefois jasqu’à l’impossibilité d’articuler certains mots, certaines syllabes. Mais il peut arriver que son étendue bride tellement les mouvements de la langue que le nouveau-né ne puisse saisir que difficilement le sein de sa mère pour teter ; on dit alors vulgairement que l'enfant a le filet. On le reconnaît en général lorsque l’enfant cherche le mamelon sans pouvoir le prendre, ou bien lorsque en portant soi-même le doigt dans la bouche, il ne peut l’envelopper avec sa langue et le sucer. On remédie à cet inconvénient par une petite opération. On se sert pour cela de ciseaux mousses et de la plaque fendue d’une sonde cannelée avec laquelle on soulève la langue pour la mainteiiirdanscette position ; le frein engagé dans la bifurcation de la plaque est coupé avec les ciseaux dont on dirige la pointe en bas pour éviter les vaisseaux. Il peut survenir une hémorrhagie due à la section d’un de ces vaisseaux, il faut toujours la craindre, et la surveiller avec soin. On y remédie par une application styptique ou un bouton de feu.
Frein dynamométrique. — Voyez Travail.
FRELON (Zoologie), Vespa crahrOy Lin. — Espèces d'insectes du genre Guêpe (voyez ce mot). — Ils sont longs de 0“,Ü26 et ont la tête fauve avec le devant jaune; le thorax noir taché de fauve et Icsanneaux de l’abdomen brun-noir bordés de jaune.
Bien qu’ils ressemblent aux abeilles, ils sont pour celles-ci de constants ennemis qui les tuent, les dévorent et prennent leur miel. Les frelons n’ont pas d’ailleurs l’industrie ni la persévérance de leurs victimes. Ils font leur nid aux environs des lieux habités, dans les greniers, les trous de mur et les troncs d’arbre. Ce nid est arrondi et composé d’une substance jaune-brun assez grossière. Les rayons peu nombreux sont attachés avec assez peu de soin les uns aux autres par des sortes de piliers dont celui du milieu est le plus épais. Le tout est enfin recouvert d’une enveloppe épaisse et friable (voyez Guêpe).
FRÉMISSEMENT (Médecine). — On désigne sous ce nom des mouvements oscillatoires, rapides et involontaires des fibres musculaires, par analogie avec le léger bruit qui se fait dans un liquide, au moment où il entre en ébullition. Ces mouvements sont ordinairement accompagnés d’une légère sensation de froid et s’observent dans la crainte, la terreur, la fureur, et dans l’invasion d’un grand nombre de maladies aiguës. Laënnec a donné le nom de frémissement cataire à l’ébranlement particulier qu’éprouve la main appliquée sur la région du cœur dans certaines affections de cet organe, lorsque l’orifice auriculo-ventriculaire gauche est obstrué de sang par l’insuffisancu des valvules. Il coïncide presque toujours avec le brait dô souffle, de râpe. C’est une espèce de bruissement que l’on a comparé au murmure de satisfaction que font ertendre les chats lorsqu’on les flatte de la main.
FLÊNE (Botanique), Fraa:mM.y,Tourn.; degvecphraxiSy séparation : allusion faite à la facilité avec laquelle son bois peut être divisé. — Genre de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes de la famille des Oléinées, type de la tribu des Fraxinées (voyez ce mot). Il comprend des arbres à rameaux souvent munis de quatre angles. Leurs feuilles sont opposées à 2- 7 paires de segments, à fleurs disposées en grappes ou en panicules et de couleur blanchâtre. On cultive environ une trentaine d’espèces de ce genre. Le F. à fleurs {F. ornus, L.; Ornus Europæa, Pers.) est un arbre de 10 mètres environ. Il se distingue principalement par la présence de pétales dans ses fleurs, ce qui l’avait fait regarder comme ui genre distinct. Cette espèce est V ornus des anciens. C’est d’elle que Virgile a dit dans sa septième églogue ; « Fraxinus in sylvis pulcherrima montibus ornus. » Le frêne à fleurs croît dans l’Europe méridionale. Il est l’une des espèces d’où se tire la manne (voyez ce mot). Le F. commun (fig. 1295), Frêne élevé, (F. excelsior, L.) est un très-grand arbre. Son écorce est cendrée. Ses feuilles sont à 5 ou G paires de folioles et ses fleurs qui sont nues sont disposées en grappe courte et compacte. Le bois de cet arbre est souple, blanc, veiné, ainsi du reste que celui de plusieurs espèces. Los excroissances qui se développent souvent sur son tronc et
FRÉ
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qu’on nomme broussin (voyez ce mot) s’emploient avec avantage dans l’ébénisterie. L’écorce et le bois du frêne possèdent des propriétés diurétiques fébrifuges. On les a quelquefois substitués au quinquina. Les feuilles sont, dit-on, purgatives et vulnéraires; elles ont été vantées contre les rhumatismes, elles fournissent une matière colorante. Dans certaines contrées en Angleterre, les
Fig. 1295. — Frêne commun.
jeunes fruits confits dans le vinaigre s’emploient comme assaisonnement. C’est le frêne de nos bois, il est répandu dans tous les climats tempérés de l’Europe; suivant de Candolle, sa limite au midi n’est pas bien déterminée, cependant on le rencontre peu en Italie ; mais au nord il atteint jusqu’au C2°, en Norwége, en Russie, etc. Dans les sols frais, mêlés de terre végétale et de sable, dans les vallées, le long des cours d’eau, dans les gorges profondes, on en trouve qui ont jusqu’à 30 et 35 mètres de hauteur et 3 mètres de circonférence. Mais les expositions chaudes, les terrains secs et sablonneux ne lui conviennent pas, non plus que ceux qui sont marécageux et trop humides. Cet arbre qui pivote d’abord, finit par développer des racines latérales qui s’étendent quelquefois dans un rayon de 5 à G ou 7 mètres, ce qui explique bien pourquoi, dans une prairie par exemple, il affame le sol. Une longue culture a donné de cette espèce un certain nombre de variétés dont les principales sont : le F. argenté dont les feuilles d’un gris cendré, sont comme argentées. Le F. à bois jaspé ^ son écorce, surtout sur les jeunes branches, est rayée de jaune. Le F. parasol ou pleureur^ dont les branches pendantes se recourbent vers la terre. Le F. horizontal, ses branches s’étendent horizontalement. Le F. doré qui a l’écorce d’un jaune assez foncé, etc. Toutes les variétés se greffent sur le frêne commun, et on les plante comme arbres d’ornement dans les parcs et les grands jardins paysagers.
Le frêne commun se reproduit, par drageons qui poussent en assez grande quantité ses racines horizontales, par marcottes; mais on préfère les semis qui produisent toujours des arbres plus vigoureux. Le bois de frêne blanc, légèrement rosé, est onctueux au toucher lorsqu’il est travaillé, il est d’une ténacité et d’une élasticité re- Hiarquables; ces qualités le font rechercher pour les pièces de charronnage qui ont besoin d’avoir du ressort et de la courbure, comme brancards, limons, etc. Les tourneurs en font des chaises, des manches d’outils, des queues de billards, il sert aussi pour la fabrication des rames, des avirons, des cercles de cuves, de tonneaux. Les gros nœuds ou broussins dont nous avons parlé et que l’on rencontre surtout sur ceux qui ont été souvent émondés et sur ceux qui sont venus dans un terrain maigre et pierreux, donnent un bois dur nuancé de veines de couleurs variées, très-estimé des tabletiers et des ébénistes pour meubles, boîtes, coffrets, etc. qui peuvent rivaliser avec les plus beaux bois exotiques.
Cet arbre dont la tige s’élance droite et cylindrique, dont l’écorce d’un jaune très-clair et un peu grisâtre est d’un aspect agréable, ferait un très-joli arbre d’ornement
dans les jardins pavsagers; sa tête régulière, son feuillage léger, d’un vert brun et luisant, contraste agréablement avec la verdure des autres arbres; mais il est sujet à un inconvénient grave. Les cantharides qui se nourrissent particulièrement de ses feuilles joignent au désagrément de l’en dépouiller rapidement presque tous les ans, celui de répandre au loin une odeur forte, piquante, extrêmement pénétrante et qui peut même devenir dangereuse.
Le F, à feuilles rondes (F. rotundi folia, Lamkl), originaire de Turquie, naturalisé en Italie et en Sicile, a les feuilles composées de 9 on 11 folioles ovoïdes, pétiolées, dentelées, d’un vert foncé, presque noirâtres en dessus. C’est principalement cette espèce qui avec le F. ornus^ produit la plus grande quantité de manne ( voyez ce mot.)
Presque toutes les espèces exotiques pourraient trèsbien être naturalisées et popularisées dans nos climats avec grand avantage pour nous. Ainsi le F. d' Amérique [fig. 129G), F. blanc, F. americana, Wild., dont le bois
très-fort, souple, élastique, paraît être de meilleure qualité que celui du F. commun, se plaît dans les localités semblables à celles où celui-ci prospère. C’est un arbre de 25 à. 30 mètres de hauteur. îl a l’avantage, dit-on, d’être moins attaqué par les cantharides que les autres espèces. Le
F. quadr angulaire , F. bleu (F. quadrangulata, Mich.y s’élève un peu moins haut. Son bois égale en qualité celui du frôfte d’Amérique. Il se distingue, ainsi que son nom
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l’indique, par ses branches et ses rameaux quadrangulaires. Nous citerons encore le F. noir ou à feuilles de sureau (F. sambuctfolia, Lamk.); le F. rouge, ou tomenteux (F. tomentosa^ Mich.), dont la lige haute de
20 mètres donne un bois d’une teinte rougeâtre, brillant et très-dur. Toutes ces espèces sont de l’Amérique du Nord.
Garact. du genre : fleurs polygames ou dioïques ; calice quadriflde ou effacé; pétales 4 ou nuis; stigmate, bifide; samare ailée au sommet, à 2 loges contenant 1 ou 2 graines pendantes.
Frêne épineux (Botanique), nom vulgaire d’une espèce du genre Xanihoxyle .
FRÊNEAÜ (Zoologie), vieux nom français de Y Orfraie^ [Haliotus nisus, Savig.).
FRÉNÉSIE et mieux PHRÉNÉSIE (Médecine), puisque ce mot vient du grec Phrên, esprit. Les auteurs ont donné ce nom au délire furieux qui accompagne le plus souvent l’inflammation du cerveau ou de ses membranes (voyez Délire^ Encéphalite, Méningite.)
FRESAIE (Zoologie). — Nom vulgaire de VEffraye commune (Strix flammea, Lin.). Suivant Salerne, ce nom est aussi donné dans l’ancienne province de Saintonge à VEngoulevent {Caprimulgus europœus. Lin.).
FRETILLET (Zoologie). — Nom vulgaire donné en Champagne à un Oiseau du genre Roitelet^ le Pouillot fitis [Motacillu. fitis, Naum.).
FRETIN (Zoologie). — Ce nom s’applique à tout poisson trop petit pour être mangé autrement qu’en friture. On l’emploie aussi comme appât pour la pêche à la ligne des poissons voraces. Il diffère de l’alvin en ce que celui-ci n’est composé que de poissons propres aux étangs que l’on veut empoissonner.
FREUX ou Fraïcne (Zoologie), Corvus frugilegus on Fregilus, Lin. — Espèce d’oiseaux, du genre Corbeau (voyez ce mot). Ils sont plus petits que les corneilles et ont le bec plus droit et plus pointu; leur plumage est d’un beau noir ; mais ils ont la peau nue à la base du bec, probablement parce qu’ils ont l’habitude de creuser la terre pour chercher leur nourriture. Celleci ne consiste guère en chairs corrompues, mais plutôt en mulots, en campagnols, ou en larves d’insectes, en grains. La longueur totale du mâle est de 0“,50; la femelle est plus petite et moins brillante. Ces oiseaux font leur nid en mars, par compagnies, de dix, quinze, vingt quelquefois jusqu’à quarante sur le môme arbre. Ils semblent y travailler en commun, avec une persévérance et une ténacité telles qu’ils les reconstruisent à mesure qu’on les détruit, sans avoir l’air de s’en apercevoir. La femelle y poad de trois à cinq œufs verdâtres ou bleuâtres, tachetés le plus souvent, longs de 0“,04. Ces oiseaux habitent en général le nord de l’Europe, ils sont défiants et difficiles à approcher, se rassemblent en grandes troupes, ne restent en hiver que dans les cantons les moins froids, et remontent vers le nord en été. Levaillant a trouvé au Gap une corneille tout à fait semblable aux freux ; seulement, elle n’avait pas le devant de la tête dégarni
de plumes; peut-être parce qu’ayant une nourriture abondante, elle n’est pas obligée d’enfoncer son bec dans la terre pour la chercher.
FRICHE (Agriculture). — Terrain non cultivé, ordinairement couvert de broussailles, d’ajoncs, de buissons et qui ne donnent qu’un produit très-minime. 11 y a trèspeu de ces terrains qui ne puissent être utilisés pour l’agriculture, lorsqu’on peut disposer de bras et de capitaux; on en a la preuve tous les jours dans les pays où l’agriculture est en progrès. Mais avant d’entreprendre de convertir en sol arable une friche qui n’a pas encore été cultivée, on devra se rendre compte de la nature du sol et procéder au défrichement avec circonspection et dans les conditions indiquées par sa profondeur , son degré de sécheresse ou d’humidité, son inclinaison, etc. (voyez aux mots Labour, Sol.)
FRICTION (Thérapeutique). — On appelle ainsi l’action que l’on exerce en frottant la surface du corps à l’aide de la main, ou de brosses, d’étoffes de laine, de chanvre, etc. à sec ou avec des liquides de différentes natures, de corps gras, pommades, onguents, etc. Les frictions sèches excitent localement la peau, elles y déterminent la chaleur, la rougeur, une affluence plus grande de sang, surtout lorsqu’elles sont prolongées et qu’elles sont faites rapidement; on augmente encore cette activité en les chargeant de vapeurs excitantes ou de liquides stimulants, volatils, etc. Les anciens faisaient un usage fréquent des frictions sèches ou humides comme moyens prophylactiques et thérapeutiques; les modernes les emploient beaucoup moins. En général on les recommande dans certaines affections nerveuses, dans les rhumatismes dans les cas d’infiltration de sérosité. On ajoute à leur effet stimulant en se servant de liniments alcalins, de teintures de plantes aromatiques, etc. Les frictions que l’on fait avec les corps gras, et qui portent plus particulièrement le nom do?ictions, doivent leurs propriétés médicamenteuses à différents agents thérapeutiques qui y sont incorporés ; ainsi les onctions d’huile camphrée s’emploient contre les atrophies, les raideurs des membres, les engorgements articulaires, etc. On se sert aussi dans les mômes circonstances des liniments que l’on rend calmants ou stimulants suivant les indications. On emploie encore les onctions ou frictions avec les pommades stibiée, iodée, iodurée, avec différents onguents, plus ou moins mous, etc.
FRIEDRICHSHALLER (Médec., Eaux minérales). — Village d’Allemagne à i5 kilomètres de Cobourg (duché de Saxe-Cobonrg). Ces eaux sont froides, sulfatées sodiques,et contiennent, d’après l’analyse deLiebig, en 1847 : acide carbonique libre, 0s*^,402 ; sulfate de soude, 6®',Oo6 ; idem de magnésie, chlorure de sodium, 7®r,955 ;
idem de magnésium, et quelques autres principes
en petite quantité; de plus, du bromure de magnésium, 02*’,ll4, et des traces de fer, de silice, de sels ammoniacaux. Cette composition indique des eaux purgatives assez fortes ; aussi, depuis quelque temps, on les emploie fréquemment , et elles remplacent assez avantageusement les eaux de la Bohême (Sedlitz, Pulna). Elles n’ont pas, comme elles, l’inconvénient de déterminer après la purgation une constipation souvent opiniâtre. Le brome et la petite quantité de fer qu’elles contiennent expliquent aussi leur usage contre les dyspepsies qui dépendent de l’inertie des fonctions digestives. Elles subissent très-bien le transport, et on ne les emploie que de cette façon: un demi- verre, au plus un verre, suffit pour provoquer une ou deux garde-robes dans la journée.
FRIGANE (Zoologie), Phryganea, Lin. emprunté du grec phryganon, broussaille, petit fagot. — Ce nom tient à une particularité des insectes qu’il désigne, et qui consiste en ce que plusieurs espèces de ce genre collent au fourreau, qu’elles filent au milieu des eaux, des brins de jonc et d’autres fragments de plantes aquatiques dont l’ensemble représente un petit fagot de broutilles (voyez Phrygane).
FRINGALE (Physiologie). — Voyez Faim, Faim-valle.
FRINGILLE (Zoologie), Fringilla. — Linné a donné ce nom à un grand genre dOiseaux, que Cuvier a adopté sous le nom de Moineaux, et qu’il a classé dans son ordre des Passereaux, famille des Conirostres. Il les caractérise ainsi : bec conique et plus ou moins gros à sa base, et dont la commissure n’est pas anguleuse ; ils vivent généralement de grains. Ils comprennent les genres suivants : les Tisserins, les Moineaux proprement dits, les Veuves, les Linottes et les Chardonnerets qui sont groupés ensemble, et dont le grand naturaliste a extrait les Serins ou Tarins, les Veuves, les Gros-becs, les Pity-
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les Bouvreuils. La difficulté d’établir, avec des caractères distinctifs précis, ces différentes coupes aussi bien que toutes celles qui forment l’ordre des Passereaux, a exercé la patience des ornithologistes; Lesson fait des fringilles une famille dans laquelle il range les Bruants, les Tisserins, les Moineaux, les Becs-croisés, les Durbecs, les Psiitacins, les Colious, les Amytis, Plusieurs de ces genres sont ensuite divisés en sous-genres, en races : ainsi le genre Moineau comprend les Veuves, les Moineaux propres, les Pinsons, les Chardonnerets et les Linottes, les Serins, les Pitylés, les Bouvreuils, et plusieurs autres groupes. Is. Geoffroy Saint-Hilairè , dans sa Classification des Oiseaux, établit une famille des Fringillidés : ce sont les genres Fringilla et Loxia de Linné; il les caractérise par : bec court, conique, épais, quelquefois croisé, d’autres fois tombé, à bords mandibulaires droits ou rentrants ; pieds médiocres ou courts; tarses non écussonnés ; ailes moyennes. Ils forment les tribus des Fringilliens et des Phy! otomiens ; les premiers ont le bec non dentelé ; les seconds ont le bec à bords dentelés. Les Fringilliens zovcvgxo,m\oxi\. les genres Tisserins, Alecto, Bruant, Plectrophane , Moineau, Gt osbec, Bouvreuil, Dur bec, Psittirostre, Bec-croisé. Enfin, le prince Cli. Bonaparte a donné le nom de Fringillidœ k une famille de son ordre des Passeres, qu’il divise en genres Ploceinœ, Emberizinœ, Spizinæ, Geospizinæ, Piiylinœ, Loxiinœ, Fringillinœ. G. R. Gray a aussi formé une'famille des Fringillidés, divisée en neuf sous-familles, parmi lesquelles une porte le nomde Fringillinées et renferme trente genres, dont celui des Moineaux. Nous ne pousserons pas plus loin cet examen ; nous nous contenterons, en finissant, de citer ces paroles de M. Gerbe {Dict. de d'Orbigny) : « Grâce à l’esprit de division des ornithologistes , une dizaine de genres en forme trois cents. Il est néanmoins une consolation au milieu de ce dédale, c’est que l’on peut regarder comme des genres assez bien délimités les sous-familles et quelquefois les genres comme des sections; il faut regretter seulement la complication inutile de la synonymie. » Conformément à la méthode adoptée par notre dictionnaire, nous continuerons, pour les diflérentes sous-divisions des fringilles, à suivre la classification de Cuvier (voyez Moineau).
FRINGILLÉES, Fringillidés, FruNGiLUENS (Zoologie). — Voyez Fringille.
FRIPPiÊRE ou Fripière (Zoologie), Trochus agglutinans. Lin, — Espèce de Mollusques du genre Toupie {Trochus de Linné), remarquable par son habitude de coller et d’incorporer môme à sa coquille, à mesure qu’elle s’accroît, divers corps étrangers, comme de petites pierres, des fragments de madrépores, d’autres coquilles; on trouve souvent son ombilic couveit d’une lame testacée. Très-semblable à toutes les autres toupies, elle a seulement la coquille plus écrasée ou déprimée, la spire fortement carénée à sa base, et assez peu ombiliquée. Denys de Mon f fort a établi sous le nom do Fripier {Phorus) un petit genre ayant pour type la Fripière, que de Roissy, son continuateur, nomme Trochus conchyliophorus, et dont toutes les espèces offrent la singulière propriété, signalée plus haut, de coller à la spire de la coquille toute's sortes de corps étrangers.
FBIQUET ou Moineau de cois (Zoologie), Fringilla montana. Lin. — Espèce d’Oweawa^ du genre des Moineaux proprement dits, du grand genre Fringilla de Linné (voyez Fringille, Moineau). Plus petits et moins familiers que les Moineaux domestiques {F. domestica. Lin.), ils s’en distinguent par deux bandes blanches sur les ailes, la tête rousse en dessus, blanche sur les côtés, avec une tache noire, la poitrine et le ventre gris blanc; la femelle a des couleurs moins vives que le mâle. Ces oiseaux sont sans cesse en mouvement, la queue toujours frétillante. Ils construisent leur nid dans des trous, sur les arbres, et parfois ils se servent du nid des hirondelles. La femelle y pond, en général, six oeufs longs de 0“,021, gris ou brun clair, striés de violet. Cet oiseau, répandu dans toute l’Europe, se tient éloigné des habitations et se môle l’hiver avec les autres moineaux, aux pinsons, bruants, etc., qui composent ces bandes de petits oiseaux que nous connaissons, et que l’on appelle en général des Moineaux. « Le Hambouvreux de Buffon {Loxia hamburgia, Gmel.) n’est, suivant Cuvier, que le friquet défiguré par Albin, Ois., Il I, pl. 24. »
FRISSON (Médecine). — Sentiment de froid vioient à la peau, auquel se joignent des agitations irrégulières, des secousses inégales de tout le corps. Le frisson est naturel lorsqu’on quittant un lieu chaud, on est saisi
par un froid vif et subit, ou lorsqu'on s’y expose avec des vêtements trop légers. Il n’en est pas de même du frisson morbide qui accompagne les maladies, ou qui en est un des premiers symptômes. Dans ce cas, il peut être partiel ou général. Ainsi dans les fièvres typhoïdes, par exemple, la chaleur et le froid sont si inégalement répartis qu’une partie est brûlante, tandis qu’une autre parmi glacée. Le malade quelquefois ne peut faire la distinction de ces deux états; d’autres fois il se plaint d’une chaleur^ ardente à l’intérieur et d’un sentiment de froid à l’extérieur. Ces symptômes annoncent, en général, un état grave. Les fièvres, les phlegmasies débutent le plus souvent par le frisson. On le remarque au début des accès de fièvres intermittentes. Lorsqu’une phlegmasie se termine par suppuration, il survient ordinairement des frissons irréguliers. Il faut craindre une terminaison fâcheuse lorsque, dans les fièvres éruptives, l’éruption étant complète, il survient des frissons violents et réitérés, accompagnés d’autres signes pernicieux. Les hémorrhagies actives sont souvent précédées de frissons aux extrémités. Dans tous les cas, lorsque le frisson se manifeste dans une certaine maladie, il faut observer avec attention sa durée, sa force, l’époque de son retour, s’il est général ou partiel, et examiner scrupuleusement les signes favorables ou sinistres qui l’accompagnent ou le suivent. F — N.
FRISSONNEMENT (Médecine). — Léger frisson qui donne lieu à cet état de la peau, que l’on nomme vulgairement chair de poule. Le simple frissonnement a moins de valeur dans les maladies que le frisson.
FRITILLAIRE (Botanique), Fritülaria, Lin., du latin friWlus, cornet à jouer aux dés : allusion faite à sa corolle profonde. — Genre de plantes Monaco tylédones périspermées, de la famille des Liliacées, tribu des Tulipacées. Les fritillaires , dont on cultive environ une vingtaine d’espèces, sont des plantes à bulbe solide, à fleurs pendantes, solitaires ou groupées au sommet de la tige, et surmontées quelquefois d’une touffe de feuilles. Elles croissent en Europe et en Asie. La F. méléagride [F. meleagris. Lin., du même mot grec qui signifie pintade), appelée aussi Damier ou Pintade, à cause de ses fleurs marquées de carrés alternativement rouges, blancs ou jaunes , est une espèce qui habite les prés humides de l’Europe moyenne. Ce sont de jolies fleurs d’ornement, à tige droite et grêle, de 0“,20 à ü”,25, feuilles alternes et linéaires, et qui, en mars et avril, donnent des fleurs semblables à de petites tulipes renversées. On les multiplie par caïeux, quelquefois j)ar graines ; un terrain gras et frais à l’ombre leur convient. On les couvre l’hiver. La F. couronne impériale {F. imperialis, Lin.), qu’on cultive fréquemment dans les jardins, a les fleurs d’une belle couleur rouge, safranée, disposées en couronne sur le haut de la tige terminée par un faisceau de feuilles, et exhalant une odeur désagréable. Cette plante a été rapportée de Constantinople etcultivée, pour la première fois, à Vienne, en 1670, par Clusius. Elle est d’un bel effet dans les parterres, et donne ses belles fleurs en avril.
Elle demande du soleil et une terre bien fumée et ne retenant pas l’humidité qui lui est contraire. On la multiplie, comme la précédente, de caïeux que l’on retire tous les trois ou quatre ans en relevant l’oignon pour le nettoyer.
Elle ne craint point nos hivers. Il existe des variétés rouges, blanches et jaunes
doubles. La plus belle est celle à grosses cloches des Hollandais, F. maxima, remarquable par sa hauteur, la grosseur et la beauté de ses fleurs. Les bulbes de cette espèce renferment un suc âcre et vénéneux, associé à une matière amylacée très-abondante, qu’on avait songé dans ces derniers temps à extraire pour l’alimentation. On a employé ces bulbes en médecine comme émollienj et résolutif, mais seulement à l’extérieur. On cultive aussi pour l’ornement des jardins la F. de Perse (F. persicat