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roues des voitures. Tels sont les cistes, les bruyères, les ajoncs, le buis, les tontures de haies, le genévrier, les jeunes pins. Enfin, les sarments de la vigne sont euxmêmes l’un des meilleurs engrais.
Marc de raisin. — Cette matière produit d’excellents effets sur la vigne. On l’emploie de préférence après en avoir extrait l’alcool par la distillation. Cet engrais est en usage dans plusieurs vignobles renommés, notamment dans ceux de Chambertin, de Nuits, de Vougeot.
Terreaux. — Les feuilles, les mousses, les herbes, les gazons, réunis en grande masse et abandonnés pendant une année ou deux aux effets de la fermentation, donnent naissance à des terreaux très-précieux pour les vignes. On se sert aussi des vases des rivières, des étangs, des fossés, exposées à l'air pendant une année et remuées plusieurs fois; on peut y ajouter des lits alternatifs de vieux fumiers. Dans les localités où le sol est dépourvu de principes calcaires, on mêle à ces terreaux, au commencement de leur préparation, une certaine quantité de chaux ou de cendres de chaux. Cette substance a pour effet de hâter la décomposition des matières végétales et d’augmenter la fertilité du terrain.
Cendres. — Les cendres vives, celles qui n’ont pas été lessivées, ne sont que bien rarement employées, et cependant leurs bons effets sur la vigne sont incontestables, témoin certains crus de Volnay et de Pomard. On peut se procurer une grande quantité de ces cendres dans les localités voisines ou terres incultes, en enlevant les gazons de la surface du sol et en les brûlant sur place. Les cendres lessivées sur lesquelles on a jeté les eaux de lessives, les rinçures de futailles, les eaux de savon, peuvent aussi servir au même usage.
Disons, en terminant ce qui a trait aux engrais proprement dits, un mot d’un nouveau mode de fumure proposé par M. Persoz, professeur au Conservatoire impérial des arts et métiers. Ce chimiste a constaté, par des expériences directes, que, dans les engrais propres à la culture de la vigne, il est des matières qui servent, les unes exclusivement à l’accroissement du bois, les autres au développement du fruit, et que l’action de ces substances, au lieu d’être simultanée, doit être successive. Par l’application de ces principes, on peut arrêter à volonté l’accroissement du bois au profit des fruits, tandis que, dans les procédés habituels, on ne peut le maîtriser que par des moyens artificiels et empiriques.
Les matières azotées sont, d’après M. Persoz, celles qui concourent au développement du bois, et, parmi celles-ci, il conseille surtout l’emploi des os grossièrement pulvérisés, les débris de cuir ou de corne, le sang, etc. Les sels de potasse favorisent au contraire la production du fruit.
Lors donc qu’on pratique une nouvelle plantation de vignes, on doit, pour déterminer promptement la formation d’une souche vigoureuse, mélanger, avec la terre qui entoure les jeunes plants, une suffisante quantité des matières indiquées plus haut et y ajouter une petite quantité de plâtre. Dès que le résultat sera produit, c’està-dire après trois ou quatre ans, on fournira aux racines les sels de potasse qui détermineront la production du raisin. L’auteur conseille, pour cela, l’emploi du silicate de potasse, du phosphate double de potasse et de chaux, mélangés avec le sol, à peu de profondeur au-dessous de sa surface.
Après avoir reconnu l’utilité de la fumure pour le plus grand nombre des vignobles, nous devons faire remarquer que cette fumure ne doit pas dépasser certaines limites, au delà desquelles elle exercerait une influence fâcheuse sur les produits. Le moyen d’échapper à cet inconvénient est de maintenir la vigueur de la vigne dans un état moyen, en ne fumant la même surface que tous les cinq ans au plus tôt, ou tous les douze ans au plus tard, selon que le terrain est plus ou moins aride.
L’usage où l’on est, dans quelques localités, de fumer toute l’étendue d’une vigne en une seule année doit être aussi considéré comme vicieux. Il vaut mieux ne fumer chaque année qu’un cinquième ou un dixième de la surface, si la vigne ne doit être fumée que tous les cinq ou tous les dix ans, de façon qu’au bout de chaque période toute l’étendue ait été également fertilisée. Il y aura à cela deux avantages : le premier, c’est qu’on réunira plus facilement la quantité d’engrais nécessaire; le second, c’est que la moins bonne qualité des produits obtenus de, la surface nouvellement fumée sera masquée par la qualité supérieure des produits récoltés sur les autres parties.
Quant aux amendements proprement dits^ destinés surtout à modifier la composition élémentaire du sol,
ilssont aussi d’une grande utilité; voici les plus importants:
Marne, chaux. — Tous les terrains compactes, argileux, et, en général, ceux qui sont dépourvus de l’élément calcaire, se trouvent bien du marnage ou du chaulage. La marne est répandue à la surface du sol avant l’hiver; la chaux, qui agit à la fois comme amendement et comme engrais stimulant, est mélangée avec la terre. Les boues calcaires de routes, mélangées comme la chaux, produisent les mêmes effets que la marne. Ces amendements calcaires, et surtout la chaux, auront pour effet d’augmenter la production des raisins.
Sables, graviers. — Lorsque, malgré la présence d’une certaine proportion de matière calcaire, le sol est encore compacte, on augmente sa perméabilité au moyen de terres siliceuses, de graviers, et surtout de pierrailles, résultant des pierres broyées sur les grandes routes.
L’automne est le moment le plus convenable pour le transport dans les vignes des engrais et des amendements. On s’en occupe aussitôt après la vendange, à mesure que l’on taille, et immédiatement avant le labour qui suit cette opération, soit à la fin de l’automne, soit au printemps. Les engrais ou les amendements sont répandus uniformément sur toute la surface du sol, et mélangés avec la terre, au moyen de ce labour. C’est une pratique vicieuse que de répandre les engrais seulement au pied des ceps, car ce n’est pas au collet de la racine que sont situés les organes absorbants, mais bien à l’extrémité des radicelles. A. du Ba.
rUNAIRE ( Botanique) , Funaria, Hedwig ; du latin funis, corde. — Genre de plantes Cryptogames acrogènes, de la famille des Mousses, établi par Hedwig dans la tribu des Bryacées, Brong. Dans la classification de M. Montagnes, elles font partie de la tribu des Funariées, ordre àQÿ, Acrocarpes.
Caractères ; péristome double, l’intérieur membraneux à IG cils planes, l’extérieur à 16 dents soudées par leur partiê supérieure ; coiffe ventrue à 3 angles à sa base, se fendant de côté et se détachant obliquement. Ce sont de jolies petites mousses qui habitent les régions du nord de l’hémisphère b^oréal. La plus commune est la F. hygrométrique {F. hygrometrica, Hedw. ;
Mnium hygrometricum , Lin.).
Ses feuilles sont oblongues, pointues, étalées, entières, et présentent une nervure médiane. Sa capsule est grande, brun-rougeàtré à la maturité, et portée sur un pédicelle présentant un phénomène d’hygroscopicité fort remarquable. Il est tordu pendant la dessiccation et se déroule à la moindre humidité. Cette espèce est très- commune dans nos environs, sur les murs, les rochers. Elle paraît en hiver. G — s.
FUNARIÉES (Botanique). — Tribu de plantes de la famille des Mousses, ordre des Acrocarpes de M. C.^ Montagne, qui a pour type le genre Fu?iaire. Elle est caractérisée ainsi : capsule pyriforme, droite ou oblique, lisse ou striée; péristome nul, simple ou double; coiffe ventrue, mucronée, fendue une ou plusieurs fois à la base. Ces mousses habitent, en général, les zones tempérées et septentrionales. Elles renferment les genres F unaire {Funaria, Hedw.); Physcomitrium, Brid. ; Eniosthodon, Schwæg.
FUNGICOLE (Zoologie). — Voyez Fongicole.
FÜNGIE (Botanique). — Voyez Fongie.
FÜNGUS (Médecine). — Voyez Fongus.
FUNIGULE (Botanique). — On donne ce nom au cordon vasculaire qui, partant du placenta de l’ovaire, aboutit à la graine et est destiné à servir de conduit aux sucs nourriciers. Ce cordon est désigné souvent sous le nom de cordon ombilical. Certains auteurs ont aussi nommé cet organe podosperme (du génitif grec podos, pied, et sperma, graine). Il est quelquefois très-développé comme dans certains magnolias. Dans les asclépiades, il est formé de filets soyeux qui composent une aigrette. Le funicule est un faisceau de fibres et de vais-
(\) f, feuilles. - u, urne portée sur un long pédicelle. — o, opercule. — c, coiffe qui a persisté sur une seule des deux urnes*
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seaux détachés du placenta ou trophosperme. Destiné à nourrir l’embryon comme il a été dit, il pénètre à travers l’épisperme jusqu’à l’amande; dans ce trajet, il franchit l’épaisseur de la testa en un point nommé le hile, et celle du tegmen ou membrane interne en un autre point nommé la chalaze.
FÜRGELLAIRE (Botanique), Furcellaria, Lmx. — denre de plantes Cryptogames amphigènes^ de la classe des Algues, ordre des Aplosporées, famille des Fucacées, établi par Lamouroux et caractérisé par une tige et des rameaux cylindriques dépourvus de feuilles, et une fructification siliqueuse, le plus souvent simple, subulée, à surfiice unie. Les espèces très-peu nombreuses de ce genre ne dépassent guère une longueur de 0“,25. Leur couleur est ordinairement olivâtre et devient noire par la dessiccation. Elles croissent au-dessous de la ligne des marées dans les mers tempérées. On trouve assez communément sur les côtes de France la F. fastigiée (F, fastigiata) At la F. lumbricalis. Cette dernière s’étend jusqu’aux côtes méridionales d’Espagne.
FÜRED ou Balaton-Füred (Médecine, Eaux minérales). — Village de Hongrie, sur le lac Balaton ou Platten, près du bourg de Topolcsan, à 26 kilomètres N. de Neitra, 130 kilomètres N.-O. de Bude, dans une situation très-pittoresque. On y compte trois sources d’eaux minérales bicarbonatées calciques, dont une, dite source de François-Joseph {Franz-Josefsquellé), n’est employée qu’en boisson ; les deux autres le sont en bains. Ces eaux renlerment une certaine quantité d’acide carbonique libre (2®"^, 879 par litre) ; plus, sulfate de soude, 06^,879; chlorure de sodium, 0®^099 ; carbonatede chaux, 0®%924 ; carbonate de soude, 0®‘‘,117 ; un peu de carbonate de fer et de manganèse, 0®',007 ; matière organique, O®', 478, etc. On administre aussi en bains les eaux du lac Balaton, dont les principes minéralisateurs sont en moindre quantité, si ce n’est le fer (plus de 0®%Ü10). Les boues du lac sont aussi recueillies pour bains et pour frictions. En général, cette station jouit d’une grande vogue en Hongrie. Les bains froids dans le lac, avec l’exercice de la natation, sont aussi très-recherchés. La médication de Fured n’a rien de spécial; elle rentre tout à fait dans les moyens toniques et reconstituants. F — N.
FURET ou Nisme (Zoologie), Putorius furo, Less. ; Mustela furo, Lin. — Espèce de Mammifères du sousgenre Putois, appartenant au grand genre des Maries XMustela, Lin.). 11 semble être une variété du putois, perpétuée par une longue domesticité, et ses yeux roses en feraient une variété albine ; en effet, on en élève beaucoup qui n’ont pas les yeux roses. Du reste, il a la forme et les instincts du putois, dont il se distingue par une taille un peu moindre et un pelage jaunâtre, varié de blanc. Sa longueur est d’environ 0“,66, la queue comprise. On ne le trouve en Franeequ’à l’état domestique; il est en effet originaire d’Afrique et ne s’est acclimaté qu’en Espagne. Chez nous, il souffre du froid ; nos hivers le font périr à l’état de liberté, et il reste généralement plongé dans un état de somnolence et de torpeur dont il ne sort que pour manger avec la voracité qui caractérise les animaux du genre auquel il appartient. Il est pour le lapin un ennemi mortel, et il lui fait une guerre acharnée. Cette haine est tellement innée, que si l’on présente un lapin mort ou vivant à un jeune furet qui n’en a jamais vu, il sujette dessus et le mord avec rage. Les chasseurs utilisent cette particularité des mœurs du furet en la faisant servir à rendre leurs recherches moins pénibles et plus fructueuses. A cet effet, ils l’élèvent dans une cage ou un tonneau contenant une certaine quantité de filasse dans laquelle l’animal s’enfonce et dort. Là, ils le nourrissent de pain, de lait, d’œufs, mais rarement de viande; puis, le jour de leur expédition, ils le musellent et le portent devant l’ouverture d’un terrier. Le furet, guidé par ses instincts carnassiers depuis longtemps inassouvis, pénètre dans la retraite des lapins et les force à s’échapper par une issue au -devant de laquelle le chasseur a eu soin de tendre scs lacets. S’il n’était pas muselé, il saisirait l’un des lapins par le nez ou le cou, lui sucerait le sang, et. après s’en être repu, s’endormirait auprès du cadavre de sa victime. Dans ce cas, il est quelquefois difficile de le faire sortir du trou, môme en l’enfumant comme un renard ou en tirant un coup de fusil à l’entrée du terrier. Quoique le furet vive en domesticité, il est rarement bien apprivoisé, et on est toujours obligé de le tenir à la chaîne. Il ne reconnaît pas son maître, n’obéit à personne et mord toutes les fois que l’occasion s’en présente, même la main qui lui donne à manger. La femelle, un peu plus petite que le
mâle, porte six semaines et met bas cinq on six petits. Ses portées ont lieu deux fois par an, quelquefois trois. Ces animaux exhalent une odeur désagréable, surtout lorsqu’ils sont dans un état d’irritation.
Furet (Grand.) de d’Azzara. — C’est le Grison {Viverra vittata, Lin.), espèce de Mammifères du genre Glouton.
Furet (Petit). — D’Azzara a donné ce nom à une autre espèce du genre Glouton, le Taira {Mustela barbara^ Lin.).
Furet des Indes. — C’est la Mangouste de l’Inde (Fiverra, mungos. Lin.).
FURETAGE (Sylviculture^ — Mode d’exploitation de, s taillis, qui consiste à couper les plus gros brins, en laissant subsister les petits jusqu’à l’époque où ils auront atteint 1a dimension des premiers. Voyez au mot Forêts le chapitre qui traite de ['exploitation.
FUf.FÜRACÉ (Médecine), du latin furfur, soî>7 — On dit qu’il y a des écailles furfuracées, une desquamation furfuracée, lorsqu’il se détache de l’épiderme de petites parties minces et qui ressemblent à du son. Cet adjectif sert à caractériser certaines affections cutanées, dans lesquelles il se détache de l’épiderme de petites parties minces qui ressemblent à du son ; ainsi on dit dartre furfuracée, teigne furfuracée.
FURNARINÉES (Zoologie). — Voyez Fournier, Gnm-
PEREAUX.
FURONCLE (Médecine), Furunculus. — Tumeur inflammatoire superficielle, dure, rouge, chaude, douloureuse, circonscrite, peu volumineuse, saillante, ce qui lui a fait donner vulgairement le nom de clou, de forme conique, développée dans le tissu cellulaire graisseux que renferment les aréoles delà face inférieure du derme, et qui se termine toujours par suppuration. Lorsqu’un seul de ces paquets graisseux est malade, c’est le furoncle ; on l’appelle vulgairement orgelet, et plus vulgairement encore compère loriot, lorsqu’il a son siège sur le bord libre des paupières. Mais lorsque l’inflammation s’étend à plusieurs de ces paquets graisseux, lorsque la suppuration se fait jour par plusieurs ouvertures à la peau, la maladie prend le nom à'anthrax bénin {voyez ce mot), pour le distinguer du charbon ou anthrax malin. Du reste, dans ces deux affections que l’on pourrait avec raison considérer comme deux variétés d’une même maladie, les causes, le siège, les symptômes, la marche, la terminaison, sont analogues, les indications curatives sont les mômes. Seulement le furoncle est moins gros, sa base s’étend moins profondément, la tumeur ne s’ouvre qu’en un seul point, tout au plus en deux; il ne se détache qu’un seul paquet auquel on a donné le nom de bourbillon. On a dit depuis longtemps que c’était du tissu cellulaire gangrené par la violcuce de l’inflammation, qu’il y avait eu étranglement dans les aréoles qui le contiennent. Cette opinion n’est pas partagée par M. Denonvilliers. « Ce qu’on prend, dit le savant professeur, pour du tissu cellulaire adipeux gangrené, n’est qu’un produit de sécrétion qu’on pourrait ?k'^pe\ev matière bourbilloymeuse {1 hèse, 1837). » M. Nélaton le regarde comme un produit analogue aux fausses membranes. Le plus souvent il existe à la fois ou successivement plusieurs furoncles chez le môme individu ; rarement cette affection vient isolément. Les causes sont à peu près ignorées ; on se contente de dire que la maladie tient à une disposition particulière. Le furoncle débute par un petit point inflammatoire sur une partie quelconque de la suiface cutanée, avec démangeaison, rougeur ; au bout de peu de jours, il se développe une tumeur d’un rouge vif, dure, à base large, sommet saillant en pointe; en deux ou trois jours cette pointe blanchit, se perce par une petite ouverture qui donne passage à très-peu de pus; bientôt le bourbillon se montre à cette ouverture par laquelle il s’échappe quelquefois spontanément par lambeaux, le plus souvent par la pression exercée sur la tumeur avec les doigts. La cicatrice ne tarde pas à se faire. Le traitement consistera dans l’emploi des cataplasmes émollients, que l’on pourra rendre maturatifs vers la fin. On pourra aussi, vers cette époque, avoir recours aux onguents de môme nature, tel que l’onguent de la mère, etc. Lorsque la tumeur est volumineuse, que l’ouverture spontanée trop étroite rend la sortie du bourbillon difficile, on se trouvera bien de faire une incision simple, ou mieux une incision cruciale sur la tumeur, afin de la débarrasser du bourbillon et du pus épais qu’elle contient; on devra en même temps tâcher de découvrir la cause interne qui a produit la maladie, ce qui n’est pas toujours facile; dans tous les cas, il est utile, lorsque la suppuration est terminée, de
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prescrire de légers purgatifs, des bains simples ou sulfureux, des amers, etc. F — n.
FUSAIN (Botanique), Evonymus, Tourn.; du grecew^, bon, ouymo, nom : bien nommé, ou diEvonyme^ mère des Furies : allusion faite aux propriétés vénéneuses d’une espèce. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales hypogynes^ de la famille des Célastrinées. Les fusains, dont on cultive une quinzaine d'espèces, sont des arbrisseaux assez élevés, à feuilles simples. Ils habitent les régions tempérées de l’hémisphère boréal. Le F. d'Europe {Ë. europœus^ Lin.), nommé aussi bonnet de prêtre^ à cause de la forme de ses fruits, et quelquefois bois à lardoirOy s’élève souvent à plus de 5 mètres. Ses fleurs sont petites, verdâtres, et ses capsules sont d’un beau
rouge. Cette espèce est très-abondante dans nos forêts. Son bois sert à faire le charbon qui entre dans la composition de la poudre à canon. Ce charbon est aussi, comme on sait, très-employé par les dessinateurs. Le bois de fusain est jaunâtre ; il a le grain fin et serré, ce qui permet de l’utiliser dans les ouvrages de tour ou de marqueterie; on en fabrique aussi des vis, des fuseaux, des lardoires. Mais son usage est assez restreint, parce qu’on ne lui voit guère atteindre des^dimensions considérables. Du reste, il n’est pas sans inconvénient pour les ouvriers qui le travaillent; il leur cause, dit-on, des nausees et des vomissements. Ses fruits sont émétiques et purgatifs. Ses capsules, séchées et réduites en poudre, servent à faire mourir la vermine dans quelques cantons. On en plante quelquefois dans les haies où ils ne servent pas beaucoup de défense, mais depuis le mois de septembre jusqu’à l’hiver, ils restent chargés de leurs fruits rouges et font un joli effet. Le F. d’Europe possède une variété à fruits blancs et à feuilles panachées. Le F. à larges feuilles [E. latifoUa, Scop.), considéré par quelques-uns comme une variété du précédent, se distingue par ses feuilles grandes, ovales, acuminées, par ses fleurs d’un vert rougeâtre en cymes, et ses fruits à cinq angles tranchants, minces comme des ailes. On le trouve en Suisse, en Autriche, eu Hongrie, et dans les bois montagneux du midi de la France. Ces deux espèces sont souvent attaquées par la larve d’un insecte du genre Tenthrède ou mouche à scie, qui les dépouille complètement de leurs feuilles.
On emploie quelquefois dans les bosquets quelques es pèces exotiques, ainsi : le F. toujours vert [E. americanus. Lin.), à fruits rouges couverts d’aspérités; le F. nain (F. nunus^ Manch.), à fleurs brunes, nombreuses; rameaux retombants, d’un bel effet; le F. noir pourpré {E. atro-purpureus^ Jacq.), à fleurs d’un pourpre obscur. Ces espèces, sensibles au froid, gèlent souvent sous le climat de Paris. Ils demandent beaucoup de soins. — Caractères du genre: calice persistant, à 5 divisions prolondes; 4-5 pétales insérés autour d’un disque; 4-5 étamines ayant la môme insertion; ovaire à 4-5 loges contenant chacune 2 ovules; capsule colorée, à 4-5 côtes* graines accompagnées d’un arillc coloré en rouge. G — s.
Fü.SANE (Botanique), Fusanus, Lin. — Genre de
plantes Dicotylédones dialypétales périgynes, famille des Scintalacées ; calice supérieur à 4, rarement ô découpures; 4 étamines; ovaire inférieur; drupe monosperme. La F. comprimée (F. compressas. Lin. ; Evonyrnus colpoon, Lamk.) est un petit arbre du cap de Bonne- Espérance, très- rameux, à feuilles opposées, ovales, assez semblables à celles du buis ; fleurs en petites grappes, rameuses, terminales. On les cultive pour l’ornement.
FUSEAU (Zoologie', Fusus, Brug. — Genre de Mollusques gastéropodes, ordre des Pectinibranches, famille des Buccinoïdes, du grand genre des Rochers {Murex, Lin.); ce sont des coquilles, peu distinctes des Fasciolaires et des Turbinelles, fusiformes, spire allongée, à canal saillant et droit, dépourvues des varices qui caractérisent les murex proprement dits. D’après les travaux de Quoy et Gaimard, qui ont eu l’occasion d’observer l’animal du genre Fuseau, il rampe sur un pied petit, épais, ovale ou quadrangulaire; sa tôte est petite, aplatie, étroite; deux tentacules courts, portant les yeux en dehors et à la base; manteau court; fente buccale étroite, par laquelle l’animal fait sortir une trompe plus ou moins longue. Le nombre des espèces placées dans ce genre par Lamarck est assez grand. Nous citerons ; Le F. quenouille (F. colus, Lamk), de l’océan Indien, assez commun dans les collections ; coquille striée, noueuse sur les tours de spire, blanche. Le F. d'Islande (F. islandicus, Lamk), de 0“,10 à 0“,12 de longueur, toute blanche sous un épiderme brun. Commun dans les mers d’Islande. Le F. géant (F. colossus, Lamk), coquille de 0“,i8 à 0“,20 de long, fusiforme, striée dans les deux sens. Le F. trompette (F. tuba, Lamk), espèce des mers de Chine, très-rare dans les collections. Striée en travers et blanche; spire hérissée de tubercules pointus.
Fuseau ^Géométrie). — Portion de la surface d’une sphère comprise entre deux demi-circonférencesde grands cercles aboutissant aux extrémités d’un môme diamètre. L’angle des deux plans des grands cercles qui détermine ces circonférences s’appelle angle du fuseau. Il existe plusieurs théorèmes de géométrie sur les fuseaux; nous allons citer les principaux ;
1” Dans une môme sphère ou dans des sphères égales, les fuseaux sont dans le môme rapport que leurs angles.
2“ La surface d’un fuseau est égale à celle de la sphère dont il fait partie, multipliée par le rapport de l'angle du fuseau à quatre droits.
3" Le rapport d’un fuseau au triangle sphérique trireclangle est égal au double du rapport de son angle à l’angle droit.
FUSÉE (Médecitie). — On appelle ainsi des trajets plus ou moins longs et sinueux, que parcourt le pus dans certains cas d! abcès avant de se porter au dehors; on dit alors que le pus fuse. Le chirurgien doit surveiller avec grand soin ces fusées qui s’étendent quelquefois fort loin dans les tissus.
Fusée (Vétérinaire). — On donne ce nom à la réunion de plusieurs suros placés les uns près des autres, et on appelle suro une tumeur osseuse qui se développe sur le canon du cheval ou du bœuf, le plus souvent à la suite d’une contusion.
Fusées de guerre (Artillerie). — Une bouche à feu tirée sans projectile recule sous l’action des gaz de la poudi*e*
Une fusée est une bouche à feu servant de projectile, et qui agit par son recul.
L’emploi des fusées remonte au ix* siècle. On s’en servit en Asie. Abandonnées du xiii* au xvii* siècle, elles furent reprises plus tard, et en 1799 employées par les Anglais au siège de Seringapatnam. Depuis, Congrève les a perfectionnées, et aujourd’hui leur utilité incontestable les rend l’objet d’études et d’expériences sérieuses.
On emploie les fusées soit pour servir de signal, soit pour lancer un projectile ou une matière incendiaire sur un point donné. Les fusées de signaux ne renferment aucun projectile et sont en carton ; les fusées à projectile sont construites en tôle. Le principe est le môme pour les deux espèces, et nous ne parlei ons que de la dernière.
Gomme nous l’avons déjà dit, une fusée est un projectile qui porte en lui le principe de son mouvement. Quelles sont les cirêonstances qui ont motivé sa forme et le choix de la matière dont il a été rempli?
Forme des fusées. — Puisque le projectile doit fendre l'air, il faut, autant que possible, le rendre insensible à la résistance de ce dernier; on lui a donné une forme allongée. Un cylindre d’un petit rayon offre peu de prise
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à l’air, sêcîjarge commodément et résiste très-convenablement aux pressions intérieures.
Choix de la matière. — Le mouvement de la fusée ne peut êti« produit que par des gaz agissant sur elle. Or, la poudre non tassée brûle trop rapidement et donne une tension trop grande; la poudre tassée, au con'raire, brûle trop lentement (0“,013 par seconde environ pour un prisme en poudre tassée). Il a donc fallu employer une composition particulière, et, pour favoriser et accélérer sa combustion, on a ménagé dans la fusée un vide central, appelé âme de la fusée. Ce vide permet en outre aux gaz produits d’agir directement sur la tête de la fusée. Dans une enveloppe en tôle, appelée le cartouche de la fusée., on place le projectile ou le pot plein de matières incendiaires que la fusée est destinée à lancer. Dans la partie cylindrique de l’enveloppe, on tasse autour d’une broche conique, qu’on relire ensuite , une composition formée de 2 de salpêtre, I de pulvérin, 1 de charbon de bois dur (orme ou chêne) et | de soufre environ. Si on laissait les gaz se dégager librement par la partie inférieure, le mouvement serait trop lent, parce que leur action sur la tête de la fusée serait trop affaiblie. On ferme alors l’extrémité du tube, et l’on pratique des évents destinés à laisser écouler les gaz.
Comme projectile devant s’élever dans l’air, la fusée est complète ainsi; comme projectile devant atteindre un but déterminé, elle ne l’est pas. 11 lui faut une baguette qui lui serve de gouvernail et la maintienne dans la direction qu’on lui a donnée. Cette baguette se visse au culot dans l’axe du cartouche. On la nomme baguette d irectrice.
Il existe une relation obligée entre la vitesse de production des gaz, la surface de l’âme et celle des évents. La variation de ten.sion dépend de la quantité de gaz produit et de la surface des évents. Cette tension augmente d’abord, puis reste stationnaire, puis diminue et s’annule. Si donc on connaissait la tension à chaque instant de la combustion, en comptant les temps sur une ligne horizontale et représentant les tensions par des lignes verticales, on obtiendrait une courbe représentative de la variation des tensions.
On a essayé d’obtenir directement cette courbe par l’expérience. Sur un cliariot animé d’un mouvement rectiligne et uniforme on place la fusée et un dynamomètre sur lequel sa tête agit. On comprend que pendant la combustion, la branche du dynamomètre munie d’un crayon trace une courbe sur une feuille de papier mobile. Mais la vitesse étant très-grande , l’expérience manque de précision. En opérant sur les fusées de 0“,07, on a trouvé que la pression sur la tête était de 110 kilogrammes.
Mouvement des fusées. — A l’origine et au moment du départ, il y a peu de gaz produit, le mouvement est lent et la trajectoire a une forte courbure. La fusée ayant son maximum de vitesse se meut presque en ligne droite, puis elle commence à descendre et tombe très-rapidement. Nous exagérons dans notre figure les différences
l^omhe
de courbure qui existent entre les trois parties de la trajectoire pour mieux la comparer à celle d’une bombe de môme portée.
Influence de la baguette. — La baguette dans un air calme dirige la fusée; dans un air agité, elle est une cause de déviation.
Une fusée est soumise A trois forces ; l’action des gaz agissant en^ R, le poids agissant en G au centre de gravité, la résistance de l’air agissant en un certain point de la surface du corps. Dans un air calme, tant que la fusée s’élève dans la direction qu’on lui a donnée au départ, la résistance de l’air a son point d’application sur la tête ; dès que par une cause quelconque la fusée est déviée, la résistance agissant encore pendant un certain temps dans le sens primitif tend à ramener le corps dans la position dont il s’est écarté. Plus la dis-
tance du point d’application R' de cette force au cartouche sera grande, plus son effet sera considérable. Or, en allongeant la baguette, il est clair qu’on recule ce
point d’application. Les longues baguettes assurent donc une direction presque invariable dans un air calme.
11 est bien évident que dans un air agité la baguette est une cause de déviation. Tout vent agissant dans le sens R'N relèvera la fusée ; tout vent agissant dans le sens R'S la couchera.
Quand le vent souffle perpendiculairement au plan de tir, la baguette fait dévier la fusée à droite ou à gauche.
Emploi des fusées de guerre. — En campagne, on les lance contre la cavalerie par le tir en rideau, c’est-àdire en en faisant partir en même temps plusieurs placées en ligne sur des châssis très-bas et peu inclinés. Leur tir isolé ne produit aucun effet. Dans l’attaque d’une place, elles servent à rendre une brèche praticable en enfonçant un projectile dans des terres, à jeter des projectiles ou des pots incendiaires dans la ville. Dans la défense des places, elles peuvent être employées à raser l’étage supérieur d’un cavalier de tranchée, etc...
Les fusées de signaux portent leur baguette sur le côté et sont lancées aussi verticalement que possible.
Fusée des projectiles creux. — On appelle ainsi le tronc de cône en bois qu’on enfonce dans les obus et les bombes. Il est rempli d’une composition que la poudre de la pièce enflamme, et qui, communiquant le feu à la poudre dont le projectile creux est chargé, détermine son éclatement. On coiffe la fusée (on bouche l’orifice extérieur) jusqu’au moment où le projectile est introduit dans la bouche à feu qui doit le lancer.
FUSIFORME (Histoire naturelle). — Qui a la forme d’un fuseau, renflé vers le milieu et s’amincissant par les deux bouts. On rencontre assez souvent cette forme en zoologie et en botanique; ainsi plusieurs espèces de coquilles sont fusiformes, la racine d’une variété de Rave [Raphanus sativus, lÀn.) est fusiforme, etc.
FUSIL (Artillerie). — Arme à feu portative. On appelle, en général, arme à feu, toute machine propre à utiliser la force motrice résultant de l’inflammation delà poudre., On réserve le nom de bouches à feu, aux armes non portatives, tels que les canons et mortiers (voyez Canons). Dans toute arme à feu portative, on distingue quatre parties principales: I® le canon destiné à recevoir la charge et à diriger le projectile ; un canal étroit pratiqué dans l’épaisseur du canon et appelé lumière, débouche sur la charge et établit la communication entre la partie intérieure du canon appelée âme et l’extérieur; 2® la platine ou le mécanisme destiné à produire le feu qui doit enflammer la poudre par l’intermédiaire de la lumière; 3® la monture, dont l’objet est de relier les différentes parties de l’arme, d’en faciliter le maniement et de permettre au tireur de la maintenir au moment du tir; 4° les garnitures. Dans certaines armes à feu portatives, on trouve une cinquième partie, la baïonnette, qui permet de faire de l arme à feu une arme de main.
Notions historiques. — Les premières armes à feu remontent à l’origine du xiv* siècle. Elles se composaient de deux parties: 1® un tube creux en fer ou canon destiné à diriger le projectile ; 2® une boîte contenant la poudre. On assemblait les deux parties, an moment du tir, à l’aide de bandes et d’étriers en fer. Le poids de ces armes variait de 20 à 30 kilogrammes. Elles étaient encastrées sur un tréteau et il fallait deux hommes pour les manœuvrer.
Pour assembler la boîte et le canon ou volée, on eui d’abord recours à un grand nombre de moyens. On songea enfin à faire autour de la boîte des filets se vissant dans la volée qui fut taraudée. La boîte prit alors le nom de culasse et les canons qu'on avait appelés jusque là
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canons à main^ prirent celui de serpentines , sans doute à cause des filets de la culasse. Il y avait les serpentines et les demi-serpentines.
En 1344. on eut l’idée d’encastrer les canons dans un fût en bois qui se terminait par une poignée. Un seul homme suffisait pour maintenir l’arme pendant que l’on chargeait et que l’on pointait. On donne à cette arme le jiom d'arquebuse^ à cause de l’analogie de sa forme avec une ancienne arme de jet. Un peu plus tard, on allongea la boîte et la volée fut supprimée. L’arme était longue de C“,40 à 0“',G0. C’est à cette époque, 13G0, que remonte la fabrication des premières couleuvrines^ ainsi appelées à cause de leur forme générale et de la couleur du métal qui servait à leur fabrication. En employant un métal fusible comme le bronze^ on put couler la culasse et la vclée d’une seule pièce. Cette disposition permit de diminuer les épaisseurs et de rendre l’arme plus légère, tout en la faisant plus longue et plus résistante. Sous le règne de Louis XII, on introduisit dans nos armées l’usage de Varquebuse à croc. Dans cette arme, le canon en fer était forgé d’une seule pièce. Pour s’opposer à l’effet du recul, on avait adapté à la partie inférieure du canon un croc qu’on appuyait, au moment du tir, contre un obstacle fixe. La longueur de cette arme variait de l“,30à 2“,3Üet son poids de 5 à 25 kilogrammes. Elle lançait des balles de 25 à 250 grammes.
L’emploi du croc était fort incommode. Le fût ayant été prolongé avec une légère inclinaison, le tireur put viser en appuyant l’arme contre le plastron de sa cuirasse, d’où le nom de poitrinoL Le soldat armé du poitrinal portait en même temps un bâton ferré par le bas et garni en haut d’une fourchette. Lorsqu’il voulait tirer, il plantait son bâton en terre, posait le canon sur la fourchette et appuyait la crosse contre le côté droit de Ja poitrine. Cette arme était très-répandue du temps de •François PL
Bientôt, de 1520 à i530, on modifia le fût de telle sorte qu’il pût s’appliquer contre l’épaule. L’arme prit alors le nom de mousquet et l’application au mousquet de la platine à silex, lui fit donner le nom de fusil, du mot italien fucile, pierre.
De la platine à silex. — Dans le canon à main, on mettait le feu à la charge avec une mèche enflammée que l’on approchait d’une traînée de poudre aboutissant à la lumière. Mais lorsqu’on fabriqua des armes qui purent être appuyées contre la poitrine, on adopla un moyen qui permettait au soldat de tirer, tout en maintenant son arme en joue. On eut successivement recours â la platine à mèche, à la platine à rouet et à la platine à silex dont voici le principe. Une pièce appelée chien sert à fixer entre ses mâchoires la pierre qui doit produire le feu en frappant contre la face de la batterie. Le moteur €st un grand ressort qui communique au chien un mouvement de rotation assez rapide pour que le choc de la pierre sur la batterie' produise des étincelles qui enflamment l’amorce. Le grand ressort agit sur le chien par l’intermédiaire de la sur l’arbre de laquelle le chien est solidement fixé. Sur le contour de la noix sont pratiqués deux crans dans lesquels s’engage le bec ou crochet de gâchette qui est maintenu par le ressort de gâchette. En passant la queue de la gâchette par l’intermédiaire de la détente, son bec se dégage dii cran dans lequel il pénétrait, et la noix cédant à l’action du ressort entraîne le chien. Voici d’ailleurs la nomenclature complète de la platine à silex du fusil d’infanterie modèle 1822. c/e sur lequel s’assemblent les
pièces qui composent la platine. — Bassinet servant à contenir la poudre qui doit communiquer le feu à la charge. — Vis de bassinet. — Batterie. Elle ferme le bassinet et par le choc de la pierre contre sa face produit les étincelles qui allument l’amorce. — Visde batterie. — Ressort de batterie; il sert à fermer le bassinet en appuyant sur le pied de la batterie, et tient celle-ci renversée lorsque le bassinet doit rester ouvert. — Vis du ressort de batterie; — Chien; — Noix; — Vis de noix; — Bride denoix; elle maintient la noix parallèlement au corps de platine. — Vis de bride ; — Gdchette; — Vis de gâchette; — Ressort et vis du ressort de gâchette ; — Grand ressort et sa vis; — Pierre. Deux grandes vis appelées vis c/e p/u/me servent à ajuster la platine sur la monture.
Système à percussion. — L’idéedusystème â percussion remonte, pour ainsi dire, à l’époque de la découverte des sels fulminants en 1785, mais les premiers essais furent infructueux. Ce ne fut qu’en 1812 qu’un ar-
murier appelé Pauly prit le premier brevet d’invention pour une arme â amorce fulminante. Cette arme fut rapidement modifiée et perfectionnée. Huit ans après, la platine à silex était abandonnée pour les armes de chasse et des expériences étaient commencées pour appliquer le système percutant aux armes de guerre. Ces expériences conduisirent à la création du fusil, modèle 1842. Nous nous occuperons spécialement de cette arme en examinant successivement ses quatre parties principales. Sa longueur totale est de 1“,957 et son poids de 4^o7.
Canon. — On distingue dans le canon: la longueur, la partie intérieure ou âme, le tonnerre et les pans, la partie extérieure, la culasse, la masselotte et la cheminée, la hausse, le guidon et le tenon. Les canons fabriqués primitivement enfer forgé sont aujourd’hui en acier pudlé fondu ; chaque longueur de G“,05 subit deux chaudes de forge, et le canon est ensuite foré, alésé, dressé, raboté et poli à l’extérieur.
La longueur du canon repose sur des considérations théoriques et des considérations de service. D’après legénéral Piobert, une charge de poudre égale au tiers du poids du projectile est complètement brûlée, lorsque le projectile a parcouru un espace égal à dix-huit fois son diamètre. Or, le diamètre de la b^alle sphérique étant de 0“,01G7, on arrive pour la longueur minimum du canon à 0“,0I67 X 18 ou 0‘“,30. Pour rendre possible l’exécution des feux sur plusieurs rangs, le canon des hommes du dernier rang devant déborder suffisamment la ligne des hommes du premier rang, la longueur du canon a été portée à i“,029.
L’âme a la forme d’un cylindre droit à bases circulaires; son diamètre qui constitue le calibre de l’arme est de 0“,018. On donne le nom de vent à la différence entre le diamètre de l’âme et celui du projectile.
La partie postérieure du canon porte le nom de tonnerre. Cette partie étant destinée à recevoir le premier effort de la charge, on lui a donné une grande résistance. Les surfaces planes qui lui sont circonscrites ont reçu le nom ÙQpans. Dans le tonnerre se trouve pratiqué un taraudage intérieur appelé boite du tonnerre, qui reçoit le bouton de culasse.
Les gaz qui proviennent de l’inflammation de la poudre exercent sur les différentes parties du canon des efforts inégaux qui vont en diminuant depuis le tonnerre jusqu’à la bouche; aussi, les épaisseurs du canon varientelles de la même manière. Pour égaliser la résistance à la rupture, les surfaces intérieure et extérieure sont exactement concentriques et le canon a été composé d’une série de troncs de cône se raccordant entre eux. De cette façon on a pu réduire le poids du fusil et rapprocher son centre de gravité du tireur.
Le canon est fermé par la culasse qui sert â le fixer sur la monture. L’assemblage du canon et de la culasse se fait au moyen du bouton fileté qui se visse dans la boîte du tonnerre. Le bouton porte sept filets dont la section est un triangle équilatéral. A sa partie postérieure, la culasse est terminée parla queue et le talon de la culasse au moyen desquels on fixe le canon sur la monture, par une vis dite vis de culas.se.
Le canal de lumière pratiqué dans le tonnerre Communique avec le canal de cheminée; celle-ci s’appuie sur le tonnerre à l’aide d’un taraudage pratiqué dans une pièce en acier appelée masselotte. La cheminée est en acier fondu; le cône qui reçoit la capsule offre un tranchant capable de briser la couche de vernis qui recouvre la composition fulminante contenue dans l’alvéole de la capsule.
Le pointage du fusil se fait à l’aide de la hausse et du guidon ; la hausse est placée à la partie postérieure de l’arme et le guidon vers la bouche. Le sommet du guidon et le fond du cran de mire de la hausse déterminent une ligne droite appelée ligne de mire naturelle, dont la deuxième intersection avec la trajectoire se nomme le but en blanc naturel.
Le tenon sert à fixer la baïonnette. Il est brasé sur l’arête inférieure du canon à 0“,027I d“ la bouche; sa saillie est de 0"‘,0034.
Platine. — Nous savons déjà que le mécanisme qui enflamme l’amorce porte le nom de platine. Celle du fusil, modèle 1842, ne diffère pas notablement de celle qui a été précédemment décrite ; elle présente avec la platine usuelle dont nous donnons la figure, quelques différences; on l’appelle platine à chaînette. Le moteur principal est la grande branche du ressort qui agit sur la noix par l’intermédiaire d’une pièce articulée appe-
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lée chaînette. La noix transmet au chien l’aciion du moteur et est maintenue parallèlement au corps de platine à l’aide de la bride de noix.
Fig. 1327. — Platine du fusil ordinaire.
Comme dans la platine à silex, la noix présente deux crans, dits cran débandé et cran de sûreté, dans lesquels vient s’engager le bec de la gâchette. Celle-ci, mobile autour d’un double pivot, est assurée dans son action parla petite branche du ressort ; elle présente une partie coudée perpendiculaire au corps de platine qu’on appelle queue de gâchette, sur laquelle le tireur agit par l’intermédiaire de la touche recourbée de la détente et de la lame de détente.
Monture. — La monture se compose de deux parties principales: \e fût et la cowc/îc. Celle-ci se subdivise en deux parties: la qui commence à la naissance
du fût et finit au buse et la crosse.
On distingue en outre dans la monture un grand nombre de parties dont voici la nomenclature :
1" Le logement du canon ; 2® le logement de la queue de culasse; 3° les embases des boucles de garnitures; 4® les logements des ressorts de garnitures ; 5® le canal de baguette ; 6® le logement du ressort de baguette; 1®le logement ou encastrement de la platine; 8® le logement ou encastrement de la rosette ; 9° le logement ou encastrement de l’écusson; 10® le logement ou encastrement de la plaque de couche ; 11® les trous pour vis à bois et pour la goupille du battant de sous-garde .
En France, on emploie exclusivement le bois de neyer pour la confection de la monture des armes de guerre.
Garnitures : 1° La baguette^ son ressort et la goupille du ressort. La baguette sort à introduire la balle dans le canon et à décharger ou nettoyer l’arme à l’aide du tire-balle et du tire-bourre. Lorsqu’elle est mise dans le canon, son petit bout dépasse la tranche de la bouche de toute la partie taraudée, c’est-à-dire de 0“,008 à 0“,010. Quand elle est dans le canal, le gros bout affleure la tranche de bouche. Depuis 1766, la baguette est en acier trempé ; elle a la forme tronconique et est terminée par une tête en forme de clou. Elle est maintenue dans son canal à l’aide du ressort de baguette qu’on fixe sur le bois par une goupille.
2° Les trois boucles. Elles servent à maintenir le canon sur le fût, conjointement avec la vis de culasse, et à soutenir la baguette dans son canal. Ce sont : Vembouchoir,\di, grenadine et capucine.
Z° La plaque de couche et ses deux vis. Elle a pour but de protéger contre les chocs l’extrémité de la crosse et de permettre au tireur d’appuyer solidement son arme contre son épaule ; deux vis à bois servent à la maintenir.
4° La rosette. On appelle ainsi une pièce qui sert d’écrou à la vis de platinei
6° sous- garde. Elle comprend Ve'cusson sur lequel s’assemblent toutes les autres pièces de la sous-garde, la détente et le pontet de sous-garde qui sert à préserver la détente des chocs accidentels.
Baïonnette. (Voyez ce mot.)
Le fusil dont nous venons de donner la description coûte 35 fr. 47 c.
but des armes rayées. — Le défaut d’homogénéité des projectiles est le renf, c’est-à-dire la différence entre le diamètre de l’âme du canon et celui de la balle, déterminent nécessairement pour celle-ci un mouvement de rotation en même temps que les gaz de la poudre lui impriment un mouvement de translation. Or, il a été démontré que pour qu’un projectile n’éprouve pas de déviation par suite de son mouvement de rotation, il faut que ce mouvement ait lieu, pendant toute la durée du trajet, autour de la direction du mouvement de translation. C’est afin de s’opposer à tout autre mouvement de rotation qu’on a imaginé les armes rayées dont le but est
d’imprimer aux projectiles un rapide mouvement de ro|r talion autour de l’axe du canon. Les rayures peuvenr être droites, héliçoïdales ou paraboliques. Dans le premier cas, elles ont la même direction que les génératrices du canon ; dans le second, elles ont une inclinaison constante sur les génératrices ; dans le troisième, leur inclinaison sur les génératrices varie d’un point à l’autre de la longueur du canon. L’âme des canons de nos fusils d’infanterie porte quatre rayures en hélice tournant de gauche à droite et dont le pas est de 2 mètres. La largeur des rayures mesurée perpendiculairement à l’axe égale 0“,0()7. Elles sont arrondies et leur profondeur uniforme est de 0“,0002.
Carabine des chasseurs à pied. — La carabine des chasseurs à pied était munie dans le principe d’une tige en acier vissée dans le bouton de culasse ; cette tige servait au forcement de la balle oblongue sous l’action de la baguette. L’adoption de la balle au colonel Nessler (voyez le mot Balle) fit supprimer la tige et les nouvelles armes prirent le nom de carabines sans tige. Leur longueur totale est de 1“,835 et leur poids de 6’‘,040. Elles coûtent 52^,04.
Voici les différences principales qui existent entre la carabine sans tige et le fusil que nous avons décrit précédemment. La longueur du canon, depuis la tranche de la bouche jusqu’à celle du tonnerre, est de 0“,868. Le calibre est de 0“,0 17 8. L’âme porte quatre rayures hélicoïdales ayant 0“,0005 de profondeur au tonnerre et 0“,00U3 à la bouche. Enfin, le canon porte une hausse à curseur mobile et un tenon de forme particulière pour fixer le sabre-baïonnette.
Armes se chargeant par la culasse. — On désigne sous le nom général d’armes se chargeant par la culasse celles dans lesquelles on place directement la charge et la balle dans le tonnerre au lieu de. les introduire par la bouche du canon. Ce mode de chargement î^.^^ésente évidemment de grands avantages; la baguette devient inutile, le chargement est prompt et facile, et la vitesse de tir est considérable. L’inconvénient de ces sortes d’armes tient à la difficulté qu’on éprouve d’obtenir un mécanisme solide et durable et une fermeture exacte du tonnerre.
On a divisé en trois groupes principaux les armes qui se chargent par la culasse. Dans le premier, le plus défectueux, le tonnerre s’ouvre à la partie supérieure du canon; le second groupe comprend les armes dans lesquelles le tonnerre se délacliant du canon présente une
soite de petit canon dans lequel on introduit la charge. Enfin, dans le troisième groupe, sont comprises les armes dans lesquelles le mécanisme découvre la tranche postérieure du tonnerre. Ce résultat peut être obtenu par suite du mouvement du canon ou sans aucun mouvement de celui-ci. Les armes du système Julien Leroy , du système Lepage et du système Lefaucheux^ appartiennent au troisième groupe. Dans le système Lefaucheux^ par exemple, le canon peut tourner autour d’un axe perpendiculaire à sa longueur. La monture restant fixe, on peut, en rabattant un verrou, faire pivoter l’arme dans le plan vertical de tir. La bouche de l’arme s’abaisse, tandis que la culasse se relève et la charge peut alors être introduite dans le tonnerre laissé à découvert. On remet ensuite le tout en place par une opération inverse.
Le fusil Robert appartient aussi au troisième groupe, mais, dans cette arme, le tonnerre est mis à découvert sans aucun mouvement ducanon. Un levier à poignée faisant l’office de culasse sans bouton peut tourner autour d’un axe perpendiculaire à celui du canon. Lor.-qu’on veut charger, on place le levier dans une position verticale et on introduit la cartouche dans le tonnerre mis à
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découvert. Un mécanisme particulier arme le chien lorsqu’on rabat la culasse de sorte que l’arme se trouve prête à faire feu. La cartouche porte à sa partie postérieure uu petit cylindre renfermant la pondre fulminante. Lorsqu’on presse la détente, le chien vient écraser ce petit cylindre contre une partie saillante de la culasse mobile.
Les lecteurs qui voudraient avoir des notions plus complète? sur les armes portatives de guerre pourront consulter le cours de tir de M. Cavelier de Cuverville. P.
FCSION (Physique). — Passage d’un corps de l’étatsolide à l’état liquide. — L’état de solidité et de liquidité est un état relatif dépendant uniquement de la température à laquelle le corps est soumis. On peut broyer la glace par des actions mécaniques, mais non pas la rendre liquide, si on n’élève pas sa température; si la glace fond quand elle est exposée aux rayons du soleil, c’est par suite de la chaleur de ces rayons et non par l’action de la lumière. Si le plomb se liquéfie quand on le bat rapidement sur une enclume, ce n’est pas l’action mécanique, mais la chaleur développée par la percussion qui cause ce changement d’état.
On a pu faire passer tous les corps de l’état solide à l’état liquide sous l’influence de la chaleur, sauf certains composés organiques qui se détruisent avant de se fondre. 11 existe d’ailleurs une grande différence entre les différents corps dans la facilité avec laquelle on peut amener ce changement d’état. Voici un tableau des températures auxquelles fondent certains corps.