ALT
Prosper Alpini, botaniste). — Genre de plantes de la famille des Zingibéracées^ qui comprend des herbes vivaces appartenant aux régions chaudes de l’Asie. Une des espèces les plus belles pour l’ornement des jardins est VA. retombante {A. nutans^ Smith; Globba nutans^ Lin.), appelée aussi Globba penchée. Elle s’élève à l'«,50 environ et donne, en été, des fleurs en grappes pendantes ; corolle à segments extérieurs blancs ou rosés au sommet, et à limbe intérieur coloré en jaune orangé avec des lignes rouges. Cette jolie plante vient du Bengale, <i’où elle a été rapportée en 1792 par Banks, célèbre voyageur anglais. Serre chaude. G — s.
ALPISTE (Botanique). — Nom vulgaire d’un genre de Graminées., tribu des Phalaridées., qui a pour nom scientifique Phalaris^ Lin. — VA. des Canaries {Phalaris canariensis., Lin.), plante annuelle aujourd’hui naturalisée en Europe, présente des feuilles d’un beau vert, et du centre desquelles s’élance un gracieux épi ovale ou cylindrique, panaché de vert et de blanc. Elle donne un excellent fourrage pour les bestiaux et les chevaux. Ses graines, qui sont comestibles, servent surtout à nourrir les petits oif/eaux. VA. roseau {Ph. arundinacea, Lin.) se plaît dans les endroits humides, et même au milieu des étangs. C’est aussi un très-bon fourrage qui peut venir également dans les terres sèches et pierreuses. Ses variétés à feuilles panachées se cultivent pour l’ornement des jardins. Les alpistes sont des herbes à feuilles planes, à fleurs en panicules étalées ou resserrées en forme d’épi dont les épillets sont uniflores ; glume à deux folioles carénées, balle à deux paillettes dont la plus grande, placée inférieurement, embrasse 1a supérieure. Le fruit est un cariopse oblong comprimé. G — s.
ALQUE (Zoologie). — Voyez Pingouin.
ALQUIFOÜX (Minéralogie). — Galène (plomb sulfuré) brute réduite en poudre. Cette substance sert à faire le vernis des poteries grossières : dans l’opération, elle se transforme en litharge, qui fond et forme autour du vase un enduit vitreux jaune, coloré aussi en vert ou en brun par des oxydes de cuivre ou de manganèse. L’alquifoux sert encore à faire certains papiers métallifères, que l’on emploie pour couvrir des boîtes, des coffrets communs (voyez Galène). Les femmes en Orient s’en servent pour se teindre les cils et les sourcils.
ALSINE (Botanique), Alsine^ Lin., du grec nlsos^ bois sacré : Pline a dit : L’alsine croît près des bois sacrés [lucis) et elle en porte le nom. — Genre de plantes de la famille des Caryophyllées.,\Y\hw àes Alsinées. 11 est aujourd’hui réparti entre les genres Buffonie., Sagine^ Stellaire et, Sabline. Ii’espèce la plus importante est V Alsinemedia.,'Lm.., désignée sous le nom de Stellaria media de Smith, dans les ouvrages de botanique modernes. C’est la Morgeline (de morsus gallinœ., morsure des poules, la volaille étant très-avide de cette plante) ou Maurçn blanc., Mouron des petits oiseaux., qu’il ne faut pas confondre avec le Mouron anagallis, famille des Primutacées. Suivant les observations de Linné faites en Suède, ses fleurs sont ouvertes depuis neuf heures jusqu’à midi et se referment quand il pleut. Le mouron des oiseaux croît abondamment partout. C’est une des plantes qui se développent indifféremment sous les climats les plus opposés. Elle passe pour avoir des propriétés rafraîchissantes. Dans certains pays, elle trouve sa place parmi les herbes potagères; on la mange cuite à peu près comme les épinards. Ses caractères sont : tiges grêles, rameuses, diffuses, présentant une ligne longitudinale de poils fins, qui distingue aisément la plante des espèces qui lui ressemblent par le port; feuilles tendres opposées, fleurs solitaires, blanches, portées sur de longs pédoncules. G — s.
ALSINÊES (Botanique). — Tribu de la famille des Caryophyllées., que M. A. Brongniart met au rang des familles dans sa classe des Caryophy limées. Le genre A tsine lui a donné son nom. Elle a pour caractères : calice à 4-5 sépales libres ou à peine soudés par leur base 4-6 ou 10 étamines hypogynes. Parmi ses genres principaux, on remarque : les Céraistes., les Sablines, les Stellaires., les Sagines, les Spargoufes.
ALSODINÉES (Botanique). — Voyez Violacées.
ALSTRŒMÈRE (Botanique), Alstræmeria., Lin., dédiée par Linné au naturaliste suédois Alstroëmer. — Genre de la famille des An,aryi lidées, renfermant des plantes exotiques, toutes remarquables par la beauté de leurs fleurs ; racine fibreuse fasciculée, tige pleine, dressée ; G étamines, capsule presque globuleuse s’ouvrant en valves. Parmi les espèces, à peu près au nombre d’une dizaine, que l’on cultive dans les jar dins, on distingue VA. girofle (Â. caryophy llea., Jacq.), qui donne dans les
serres chaudes, en février et en mars, des fleurs ronges et blanches qui répandent une odeur très-prononcée de girofle. Les autres espèces sont presque rustiques. L’^4. jolie {A. pulchra., Sims.) est aussi une belle plante à fleurs blanches qui s’épanouissent de juin à septembre. Presque toutes sont originaires du Chili ou du Pérou. On ne les cultive qu'en serre. G — s.
ALTÉRANTS (Médicaments), Altérante (Médication) (Médecine), du latin alterare., changer. — Médicaments qui changent par des actes physiologiques insensibles l’état des solides et des liquides ; ce sont en général des toniques, des excitants, des relâchants, etc. Voici comment M. le professeur Trousseau explique l’action des médicaments altérants : « Ils dénaturent le sang et les humeurs diverses, ils les rendent moins propres à la nutrition interstitielle, et à fournir des éléments aux phlegmasies aiguës ou chroniques; peut-être agissent-ils en rendant impossible la génération des produits accidentels épigénétiques. » Les alcalins occupent une grande place parmi ces médicaments; les mercuriaux, les préparations d’iode, l’huile de foie de morue, l’arsenic, etc., sont des altérants. Mais à la tête de ces agents, il faut, sans contredit, placer la saignée, qui u a pour résultat, non-seulement de spolier le système vasculaire, et par conséquent tous les tissus auxquels il porte la vie, mais encore de changer la composition intime du sang. » (Trousseau, Traité de thérapeutique.) F — N.
ALTÉRATION (Médecine), en latin alteratio, changement. — On entend par là un changement, le plus souvent en mal, dans la nature, la manière d’être, le jeu des fonctions, les propriétés d’un ensemble d’organes, d’un organe, d’un tissu, d’un liquide, etc. On dit ; altération du sens de la vue., altération des traits, altération du sang, etc. Il se dit aussi des changements qui peuvent survenir dans des substances simples ou composées : ainsi altération des médicaments, des aliments dans l’estomac, comme condition de leur digestion, etc.
ALTERNAT (Agriculture). — On appelle ainsi la succession des végétaux sur un sol cultivé ; si l’on voulait continuer tous les ans la culture d’une même plante dans . le même champ, les récoltes diminueraient d’année en année ; aussi le cultivateur est-il obligé de changer sa culture, d'alterner ses produits : par exemple, après du blé, des plantes sarclées, telles que pommes de terre , etc., puis de l’orge, de l’avoine, du maïs, etc., pour recommencer de même. C’est ce qui constitue la pratique des Assolements (voyez ce mot).
ALTERNES (Feuilles). — Voyez Feuilles.
ALTHÉE (Botanique), Alihœa de Gavanilles, du grec althô, je guéris. — Genre de plantes de la famille des Malvacées, tribu desMalvées, connu sous le nom vulgaire de Guimauve {voyez ce mot). G — s.
ALTISE (Zoologie), Allica, Haltica, Fabr., du grec altikos, sauteur, parce que ces insectes ont la faculté de sauter. — Genre de Coléoptères tétr amères , qui appartient aujourd’hui à la tribu des f/a/f /ci de la grande famille des Phytophages. Ce sont de petits insectes, en général lisses et brillants, qu’on trouve sur les plantes dont ils se nourrissent; aussi causent-ils des dégâts considérables sur les plantes potagères, et font-ils le désespoir des cultivateurs et des horticulteurs qui n’ont aucun moyen de s’en préserver. Ils s’attaquent surtout aux plantes crucifères, aux betteraves, à la vigne, et comme ils se multiplient beaucoup, et qu’ils sont nuisibles à l’état parfait aussi bien qu’à l’état de larves, on conçoit l’étendue des ravages qu’ils peuvent causer. Ce sont d’ailleurs des insectes en général parés de brillantes couleurs métalliques, qui volent très-bien, et qui ont la singulière faculté d’exécuter des bonds et des sauts pro-
Fig. 104.— 1, Attise de la jusquiame, grossie 6 fois, — 2, Attise des bois, grossie 6 fois. — 3, Larve de l’attise des bois, grossie 6 fois en longueur.
ALU
ALU
digieux. Il en existe un grand nombre d’espèces, dont ijiielques unes sont appelées Puces de ierre, 'liqnf^ts, par les agriculteurs. En général, les larves vivent dans de petites galeries qu’elles se creusent dans l’épaisseur des
feuilles et où elles se tiennent à couvert. Parmi ces espèces, il convient de citer quelquesunes des plus nuisibles, ainsi : I’i4. des 6o/.y, qui serait mieux nommée A .
des navets^ à cause des ravages qu’elle cause à cette plante potagère, c’est l’une des plus petites espèces longue de 0“,002, elle est d’un noir vif, à reflets bleu verdâtre; VA, des choux^ plus petite ; VA. noire et cuivreuse, très-commune dans les jardins; 1’^. de la rave; VA. potagère, dite aussi Piicerotie.
Les caractères du genre Attise sont, suivant Latreille : antennes aussi longues que la moitié du corps, insérées entre les yeux, près de la bouche, et très-rapprocliées à leur base; cuisses postérieures grosses, propres à sauter ; corps tantôt ovoïde ou ovalaire, tantôt hémisphérique, toujours lisse et sans poils ni duvet. Voyez, pour les détails, l’article Altise de M. Guérin-Mttnneville, dans VEncj/ctni>édie de l'ngnculture de M. Molh.
ALÜCITE (Zoologie agricole), Alacita, Latr. — Petit papillon assez seujblable aux teignes de nos appartements et dont la chenille dévore les blés, les orges et les seigles. Il s’est tellement multiplié dans certaines parties de la France, qu’il constitue un des fléaux les plus redoutables pour l’agriculture. On le connaît dans ces contrées sous es noms de Papillon, Teigne,, Pou vnlanr, Atuedr, et même Lucite, par corruption. Il a été souvent confondu avec un autre ennemi des céréales, la Teigne des f/lés, dont l’aspect et les lufpurs ^ont dilférents. Étudiée et décrite en iKîO par Dubamel-Dumonceau et Tillet, dans l’Angouinois, où elle dévorait les grains, l’alucite n’a été classée par les naturalistes qu’en i ,8'J ûwn^V Enrydopéd te métluxt igue. C’est alors qu’elle reçut le nom èV Atucite des céréales, qui ne lui resta pas d’ailleurs dans la science. Dans le llègne aainwt de G. Cuvier, ce même insecte est rangé p-ar Latreille dans le genre ()Kcopliore, sous le nom d'()Iù.n~ phora grauetia; enfin, il est placé aujourd’hui dans le genre Hulule de Treischke, et l’alucite a pour dénomination scientifique : Butnie des céréales [Bulalis cerealella, Dupoiichel).
Conformai dm et mœurs de T Alucite des céréales. — L’alucite est un Insecte Lépidoptère nocturne de la tribu des Tinéides. 11 a onqflOO à 0‘“,un7 de long, et, dans le repos, il porte ses ailes repliées le long du coi-ps, de façon à former au dos de l’animal un toit arrondi, presfjue plat. La tête est dégarnie de poils et pourvue d’antennes filiformes; on y voit en dessous une petite trompe bien Jipparente. Entre les deux antennes se dist inguent comme deux petites cornes relevées en haut, et facilement reconnaissables. La couleur générale de l’animaient d’un giis couleur de ca é au lait. Les deux paires d’ailes sont garnies à leur bord postérieur et à leur extrémité d’une frange toulfue. Tous ces caractères distinguent l’alncite de la Teigne îles btés (voyez Teigne). La chenille de l’alucite est un petit ver blanc, long de U‘",oUü à
sur 0“’,0f)i de large; elle écFôt d’un petit œuf ronge, long de 2/1 de. millimètre, et que le papillon a déposé sur les grains; à peine née, elle cherche un gr-ain bien sain, y pénètre par un trou à peine visible, pratif|ué dans la rainure du grain, et dévore intérieurement la farine en laissant toute la coque bien intacte, de manière que
rien au dehors n’annonce sa présence. Au bout de cinq semaines environ, la farine est à peu près complètement détruite; la chenille perce dans la coque du grain un trou par lequel elle sortira sous la forme de papillon, puis elle se transforme en chrysalide dans le grain même, et enfin, six ou sept jours après, le papillon sort de cette chrysalide et prend sa volée. La vie des papillons d’alucite ne dure pas habituellement vingt jours; dès les premiers moments, les œufs sont pondus et attachés par paquets de dix ou quinze aux épis de céréales encore debout dans les champs, rassemblés en moyettes ou en meules, ou môme resserrés dans les granges; ce n’est qu’à défaut de ces conditions que les œufs sont déposés sur les grains battus et mis en tas dans les greniers. On pense que cette espèce donne par année deux générations : l’une provient des œufs pondus en automne et ne produit ses papillons que l’été suivant; l’autre provient des œufs pondus en été par la première, et donne ses papillons en automne, d’août en novembre. Les mœurs nocturnes de l’insecte empêchent la plupart des agriculteurs de veilles papillons d’alucite envahir les champs de céréales et y déposer leurs œufs. Mais en faisant les observations la nuit avec des lanternes, on a vu des nuées de papillons éclos dans les grains provenant de la récolte précédente, sortir des granges et des greniers pour se répandre dans les champs encore couverts de leur récolte sur pied et y déposer leurs œufs sur les épis.
Havages de Valucite. — La chenille de l’alucite attaque surtout le blé d’une manière désastreuse pour certaines contrées. Le blé alucité diminue de poids à mesure que sa farine est dévorée, et il perd rapidement de 40 à 50 pour 100 de sa valeur. Il donne une farine impure, grise et terreuse, infectée d’un goût de vermine intolérable. Les animaux domestiques refusent absolument de toucher aux grains de blé attaqués par l’alucite. Poulie cultivateur, la présence de l’alucite dans sa récolte sera annoncée par la vue des papillons qu’il s’étudiera à bien reconnaître, par l’existence des grains piqués qu’ils lai.ssent après leur sortie; enfin, si l’on prend une certaine quantité de grains et qu’on les jette dans un seau d’eau, tous iront au fond si le blé est sain ; si, au contraire, il y a des grains alucités, ils surnageront tous, et l’on pourra en môme temps constater le mal et évaluer à tant pour lOO son importance. Les cultivateurs accordent une grande confiance à réchauffement des tas et croient que ce signe annonce à cou}) sur fa présence de l’alucite; il y a là une erreur, un blé peut s’échauffer sans contenir aucun insecte, et réciproquement un blé mangé peut ne pas s’échauffer; mais ce qu’il y a de vrai, c’est que î’échauffement du blé active et provoque l’éclosion de tons les germes d’alucite que renfermaient les grains.
Ce fléau désole surtout, depuis 18n0, |806 et 1820, la Gascogne, le Toulousain, l’Angoumois, la Saintonge, le Poitou, la Touraine, le Berry, le Nivernais et la Limagne. Dans chacune des années i.s40 et i8 >0, le département du Cher, par exemple, a, selon l’évaluation de M. L. Doyère, perdu par les ravages de l’alucite le cinquième de sa récolte, environ 2:(),n()() hectolitres de froment.
iMogens de combattre le fléau. — Depuis près d’un siècle, on a proposé et expérimenté bien des moyens pour détruire l’alucite. Duhamel et Tillet, envoyés par le roi en i7oO pour chercher un remède au fléau dans l’Angoumois, ont surtout étudié et recommandé le chauffage des grains. Depuis l’introduction des machines à latiie, on a pu constater que le choc mécanique imprimé aux grains avec une vitesse de (iOn à 800 mètres par minute tuait les chenilles dans les grains. M. le docteur Herpin, de Metz, a construit sur cette indication un tarare l>risi;-insecles, et M. L. Doyère un appareil qui tient à la fois des tarares et des machines à battre, et qu’il a nommé tue-teignes. Ce dernier appareil, portatif comme les tarares, paraît offrir quant à présent le meilleur moyen d’assainissement des blés alucités. M. L. Doyère a beaucoup étudié l’emploi de la chaleur pour détruire l’alucite; ce procédé, qui da e de plus de cent ans, avait été si mal employé qu’il était complètement tombé en défaveur. M. Doyère lui a donné une précision scientifique qui semble lui enlever la majeure par.iede ses inconvénients ; les préventions dont il est l’objet paraissent devoir néan moins entraver l’adoption de ce moyen d’assainissement. Ouant à la conservation du blé dans les silos, ou son assainissement par l’emploi des vapeurs anesthésiques, ce snnt des questions généiales qui seront traitées aux articles Gr.vins Silo.
Les principaux ouvrages à consulter, concernant l’aiucite et ses ravages, sont : Réaumur, Mémoires pour ser^
Fig. lOS. — Jambe postérieure d’altise monlrant la cuisse Irès-l'orle comme chez les animaux sauteurs.
ALU
ALU
vir à rhisfoire des insectes^ t. II, p. 486. — Duhamel- Dumonceau et Tillet, Histoire d’un insecte qui dévore les blés dans l' Awjoumois^ 1762. — Duponchel, Suppléa ment à l’Histoire naturelle des papillons de France, t. IV, p. 444, pl. 86, fig. 3. — Bulletin de la Société d’agriculture du Cher, divers mémoires. — L. Doyère, Annales de l'Institut agronnmique, 1862, Recherches sur VAlucite des céréales, — P. Joigneaux, le Livre de la ferme et des maisons de campaqne, 1861.
ALtJDELS. — Vases de terre cuite en forme de poire allongée, ouverts aux deux extrémités, se réunissant bout à bout pour former des tuyaux continus employés, dans les mines d’Almaden en Espagne, à l’extraction du mercure (voyez ce mot).
ALUMELLE, primitivement aJamelle, du latin lamella, petite lame. — En tabletterie, lame de couteau aiguisée d’un seul côté comme le ciseau des menuisiers et servant à gratter le buis, l’ivoire, la corne, l’écaille... En marine, plaques de fer minces garnissant l’intérieur des mortaises du cabestan pour les préserver de l’usure par le frottement des leviers ou barres.
ALÜMINATE. — Combinaison de l’alumine avec une base. On rencontre dans la nature plusieurs aluminates : le spinelle, aluminate de magnésie ; la gahniie, aluminate de zinc ; la cymophane, aluminate de glucine, etc.
ALUMINE (Chimie), du latin alumen, alun, oxyde d’aluminium, verre d'alun (Al^O^).
L’alumine est une combinaison ù'aluminium avec l’oxygène : 2 proportions ou (27) de métal pour 3 (24) d’oxygène. On la trouve dans la nature à l’état de pureté (corindon hyalin) ou colorée par des traces de divers oxydes métalliques (rî/ô'5 saphir). On l’y ren-
contre aussi à l’état d’hydratation (gibsite, diaspore hydrargyrite). Elle est un des éléments de tous les sols propres à la culture, forme la base des argiles et constitue le principe actif des aluns employés dans la teinture.
L’alumine des laboratoires est une poudre blanche, légère, happant à la langue, un peu rude au toucher, résistant au plus violent leu de forge, mais fondant au chalumeau à gaz oxygène et hydrogène. C’est par ce moyen que M. Gaudin est parvenu à faire des rubis artificiels ne différant des rubis naturels que par leur opacité et qui deviendraient probablement tout aussi transparents si on pouvait les refroidir lentement. L’alumine est insoluble dans l’eau, et sans saveur, mais soluble dans les acides tant qu’elle n’a pas été trop fortement calcinée. On la prépare soit en calcinant l’alun ammoniacal, soit en précipitant l’alun de potasse parle carbonate de soude. Dans le premier cas, l’acide sulfurique et l’ammoniaque sont chassés par la chaleur ; dans le second, la soude prend la place de l’alumine ; il se dégage de l’acide carbonique, se forme du sulfate de soude qui reste en dissolution, et l’alumine se dépose sous forme de gelée transparente soluble dans la potasse et la soude caustiques. Dans cet état, l’alumine a une grande affinité pour les matières colorantes avec lesquelles elle s’unit pour former des composés insolubles appelés laques. Le précipité formé par le carbonate de soude est recueilli, lavé, séché et très-modérément calciné jusqu’à ce qu’il ne garde plus que m p. lOO d’eau. Au delà, l’alumine perdrait la propriété de se combiner avec les acides, tout en conservant celle de s’unir aux bases puissantes sous l’influence d’une température plus ou moins élevée. La teinture consomme annuellement des quantités considérables d’alumine, soit à l’état de sels simples d’alumine {s'u/fate, acétate d’a lamine), soit à l’état de sels doubles {(dans) (voyez Teintohe, Acétate d’alomiiVe, Sulfate D’ALUMl^E, Alun). Ce fut Margraflf qui en i76i reconnut la nature particulière de l’alumine; mais le métal (aluminium) qui entre dans sa composition ne fut isolé par M. Wœhler qu’en l'<v'.
Alumine (Sels d’i. — Leurs dissolutions dans l’eau sont reconnaissables à leur goût styptique et astringent, à leur action constamment acide, et au dépôt de ciistaux d’alun, auquel elles donnent lieu lorsqu’on y verse une dissolution de sulfate de potasse. Par les alcalis fixes elles fournissent un précipité soluble dans un excès d’alcali et qui prend une magnifique couleur bleue par sa calcination avec l’oxyde de cobalt.
Alumine (Acétate d’). — Voyez Acétates.
Alumine (Silicates d’). — Extrêmement abondants dans la nature, ils y Jouent un rôle très-important. Us s’y rencontrent quelquefois cristallisés ; mais c’est principalement à l’état d’hydrates qu’ils présentent de l’intérêt pour nous. Les hydrosilicates d’alumine forment en effet la base des argiles ordinaires, et du kaolin ou
terre à porcelaine. Cette dernière matière, qui résulte en général de l’altération spontanée et sur place d’une roche feldspnthique,e?>téi\x silicate d’alumine à peu près pur (AU0^Si03-t-2I10).
Les argiles ordinaires s’éloignent également peu de cette composition, mais elles sont souvent mélangées en proportions variables de sable quartzeux, d’oxyde de fer, de carbonate de chaux, qui altèrent considérablement leurs propriétés physiques et chimiques (voyez Argiles, Kaolin, Marnes, Ocres, Terre a foulon. Terre DE Sienne).
Alumine (Sulfate d’) (3S0^,A1-0^,18H0). — Combirnaison de 3 proportions d’acide sulfurique, de 1 proportion d’alumine et de 1 8 proportions d’eau, ou en poids de 16 p. 100 d’alumine, 36 p. loO d’acide sulfurique anhydre et 49 p. 1 00 d’eau. Tout nouvellement introduit dans l’industrie, ce sel tend à se substituer aux aluns et le ferait d’une manière complète si l’on pouvait le purifier à bas prix. L’alumine est en effet la seule partie utile des aluns dans la teinture. Tout ce qui est associé avec elle est donc consommé en pure perte s’il n’est pas nécessaire à sa préparation ou à son emploi.
Le sulfate d’alumine se prépare en traitant par l’acide sulfurique les argiles les plus pauvres en fer et en carbonate de chaux qu’on puisse trouver. Dans les environs de Paris on S3 sert à cet effet de l’argile de Vanves. L’argile est d’abord lavée par décantation pour en séparer les sables et graviers, puis elle est modérément calcinée dans des fours à réverbère pour augmenter sa porosité et pour suroxyder le fer qu’elle contient et le rendre moins attaquable par les acides. Elle est ensuite broyée, versée avec 45 p. lOO d’acide sulfurique à 63“ dans des cuves ou bacs doublés de plomb. La dissolution de l’alumine se fait peu à peu et se termine par l’intervention de la chaleur dans de grandes chaudières en plomb peu profondes appelées bastringues. L’attaque dure de 8 à 10 heures et fournit lOtt kil. de sulfate d’alumine pour 42 kil. de glaise employée. La bouillie que l’on obtient dans les bastringues est la,vée méthodiquement dans une série de cuviers en plomb ; les eaux de lavage sont évaporées jusqu’à ce que par refroidissement elles se prennent en masse; la liqueur est alors coulée sur une aire en plomb, concassée après son refroidissement et immédiatement mise en tonneaux, le sulfate d’alumine éteint dé l i quescent et ne cristallisant qu’avec une grande difficulté.
Le sulfate d’alumine ainsi obtenu contient du fer qui le rend impropre à la teinture en couleur claire; pour le purifier, on concentre sa solution moins qu’il n’est dit plus haut et on la traite par une dissolution de prussiate de pofa^ise qui précipite tout le fer à l’état de bleu de Prusse; mais cette dernière opération élève le prix du produit d’une manière notable.
Le prix du sulfate d’alumine est environ de 32 fr. les 100 kil., bien qu il ne renferme que 16 d’alumine, ce qui porte cette base au prix de vi4 fr. les KRi kil. A l’exposition de 1865 l’alumine extraite du kaolin par l’acide chlorhydrique était cotée 32 fr. les I0(i kil.
Sulfate double d’alumine et de potasse. — Voyez Alun.
Alumine (Minéralogie), du latin alumen,îA\xn. — On trouve dans la nature l’alumine à l’état libre, et elle constitue le corindon (voyez ce mot). L’alumine hydratée et mélangée à la silice forme les diverses variétés d'Ar gile (voyez ce mot). On rencontre aussi parmi les substances minérales un certain nombre do combinaisons nommées Aluminates, où l’alumine joue le rôle d’acide vis-à-vis de certaines bases. Enfin, l’alumine cntie comme base dans la composition d’un grand nombre de minéraux, tels que l’alun, l'alunite, la webstérite, les feldspaths, les micas, les grenats, les tourmalines, l’émeraude, la topaze, etc.
ALUMINITE (Minéralogie). — Nom employé pour désigner plusieurs minéraux alumineux (alunite, collyritc, webstérite), que l’on sépare aujourd’hui pour les rapporter aux genres indiqués ci-contre.
ALUMINIUM (Chimie). — Métal découvert en 1827 par M. Wœhler, qui l’isola sous forme de pondre grise, et obtenu pour la première fois en masse compacte par M. Deville en 1 64.
L’aluminium est blanc comme l’argent, mais d’un blanc moins éclatant et légèrement bionâtre. Il présente une résistance remarquable à l'osydation, et peut sans subir d’altération être fondu dons du nitre et porté jusqu’au rouge, température à laquelle le nitre se décompose. Il résiste également bien à l’action du soufre ou des sulfures, tandis que l’argent et même l’or se-
ALU
raient attaqués dans ces conditions. Il est beaucoup plus sensible à l’action de l’acide chlorhydrique et des chlorures, et sous ce rapport il se rapproche de l’étain ; mais son innocuité complète le rend bien supérieur à l’étain pour les usages domestiques.
L’aluminium est très-malléable , très-ductile , et possède une grande ténacité, malgré sa légèreté, qui est à pou près celle du verre ou environ 4 fois plus grande que celle de l’argent ; sa densité est 2,5, sa sonorité est remarquable. Il forme avec les métaux, et particulièrement le cuivre, des alliages qui par leur couleur présentent l’analogie la plus complète avec l’or.
Ce métal est encore d’un prix trop élevé pour qu’il pénètre dans les usages domestiques; mais déjà la bijouterie en a tiré un excellent parti. Les bijoux qu’on en a obtenus sont d’un aspect agréable ; ils se conservent bien, et quand ils se ternissent, il suffit de les laver avec de l’eau légèrement alcaline (eau de soude trèsétendue) pour leur rendre tout leur éclat.
L’aluminium s’extrait des kaolins et des argiles qui sont répandues à profusion dans la nature et en renferment près du quart de leur poids.
L’alumine est d’abord transformée en chlorure double d’aluminium et dé sodium (voy. Alumikium [Chlorure d’]). Ce sel mélangé avec du sodium en fragments est chargé à la pelle dans un four à réverbère incandescent. Au bout de quelque temps une réaction s’établit entre ces deux corps, le sodium se substitue à l’aluminium qui se dépose en plaques, en globules ou en poudre, et que l’on peut séparer du sel marin, soit mécaniquement, soit par l’action de l’eau. Les globules lavés et séchés rapidement sont introduits dans un creuset de terre chauffé au rouge; quand ils commencent à fondre, on les écrase avec une baguette en terre cuite, le tout se réunit en un seul culot que l’on coule dans une lingotière comme les plaques obtenues directement. La poudre est perdue ou à peu près, à moins qu’elle ne soit utilisée dans une opération suivante.
Aluminium (Chlorure d’) (Chimie), Al'^Cl^. — Composé de chlore et d’aluminium qui a acquis une grande importance depuis la découverte de l’aluminium. C’est un composé solide, volatil au rouge, blanc quand il est pur, mais ordinairement coloré en jaune. Il s’obtient en faisant un mélange d’alumine pure, de charbon et de goudron dont on fait une pâte qui est d’abord calcinée au rouge vif, puis introduite dans une cornue que l’on porte également au rouge. Si dans cet état on fait arriver dans la cornue un courant de chlore, sous la double influence du chlore et du charbon, l’alumine, qui résiste à l’action du charbon seul, est décomposée, il se forme de l’oxyde de carbone et du chlorure d’aluminium que l’on condense dans un récipient. Mis en contact avec l’eau, ce chlorure est décomposé ainsi que l’eau, il se forme de l’acide chlorhydrique et l’alumine est régénérée. Il doit donc être conservé bien à l’abri du contact de l’air humide. On lui préfère le chlorure double d’aluminium et de sodium. On peut cependant obtenir un chlorure d’aluminium hydraté Al-Cl^-j- 12HO en dissolvant l’alumine dans l’acide chlorhydrique et faisant évaporer dans le vide sec jusqu’à ce que la cristallisation se soit opérée ; mais par l’action de la chaleur les cristaux se décomposent, l’alumine se régénère et l’acide chlorhydrique se dégage.
Aluminium et sodium (Chlorure double d’). — Si au mélange précédent d’alumine et de charbon on ajoute du sel marin ou chlorure de sodium, on obtient par l’action du chlore un chlorure double, combinaison de chlorure d’aluminium et de chlorure de sodium. Cette substance volatile comme la précédente est de plus très-fusible, coulant comme de l’eau et se figeant à froid, ce qui rend sa préparation en grand beaucoup plus facile et la fait jiréférer dans la fabrication de l’aluminium. M.D.
ALUN (Chimie et Arts chimiques). — Sel blanc, d’une saveur âpre, un peu acide, rougissant la teinture bleue de tournesol, soluble dans I8,4 parties d’eau froide et dans 0,75 d’eau bouillante. Soumis à l’action du feu, il fond d’abord dans son eau de cristallisation et donne par le refroidissement une masse vitreuse appelée alun de roche; chauffé plus fortement, il perd toute son eau, en se boursouflant, et se transforme en une matière pulvérulente anhydre appelée alun calciné. Sa dissolution chaude, traitée par l’ammoniaque, donne un précipité gélatineux d’alumine; sa dissolution froide et concentrée, traitée de la même manière, donne une poudre blanche insoluble de sulfate tribasique d'alumine; enfin en faisant bouillir la même dissolution sur de l’alumine en gelée, une portion de celle-ci se combine avec l’alun et
ALU
forme un alun alumine insoluble qui se précipite également en poudre blanche.
L’alun se trouve dans le commerce sous forme de gros cristaux octaédriques, plus rarement cubiques. Il est formé par la combinaison de 1 proportion de sulfate d’alumine avec 1 proportion de sulfate de potasse ou d’ammoniaque et de 24 proportions d’eau, ou en poids :