ALUN DE POTASSE
Sulfate de potasse. .. . 18,34
Sulfate d’alumine 36,28
Kau 45,46
3S03,A1203-f S03,K0 -h 24HO
ALUN d’akHIONIAQUE.
Sulfate d’ammoniaque. 12,88
Sulfate d’alumine 38,64
Eau 48,48
3S03,Al2034-S03,AzH40-i-24H0
L’alun se rencontre tout formé dans la nature, dans certaines eaux minérales des Indes orientales, et accidentellement en efflorescences superficielles dans le voisinage des volcans; mais la quantité en est extrêmement faible, et c’est à l’industrie qu’il faut demander les 4 à 5 millions de kiî. qui s’en consomment annuellement en France pour la teinture. On le prépare au moyen de la pierre d'alun ou alunite, des schistes alumineux ou des argiles.
\o Préparation par l’alunite ou pierre d’alun.— U nite est un minéral assez rare que l’on rencontre à la Tolfa près Givittà-Vecchia et à Piombino en Italie, à Bej'eghszasz et à Muszag en Hongrie, au Mont-Dor^ mais en faible quantité, en France. Elle se compose de 2 proportions de sulfate d’alumine, 2 proportions de sulfate de potasse et 5 proportions , d’hydrate d’alumine. C’est donc un véritable alun aluminé qui est insoluble. Le minerai est calciné avec précaution dans des fours à plâtre ordinaire, ou mieux dans des fours à réverbère, de manière que l’alumine perde son eau sans que, cependant, l’alun subisse de décomposition ; puis il est empilé en tas de 0“,80 à 0“,90 d’épaisseur à l’air libre et entretenu continuellement humide au moyen d’un peu d’eau qu’on y fait arriver. L’alumine déshydratée a perdu son affinité pour l’alun, qui, devenu libre, s’hydrate peu à peu, se dilate et finit par se transformer en une masse pâteuse qu’on lessive avec de l’eau chaude. Les eaux de lavage sont clarifiées par le repos et par décantation, puis évaporées et mises aux cristallisoirs. Les cristaux obtenus sont redissous dans de l’eau pure pour être purifiés par une nouvelle cristallisation. Cet alun appelé alun de Rome est cristallisé en cubes et le plus recherché des teinturiers à cause de sa pureté.
2° Fabrication de l’alun au moyen des schistes alumineux.— C’est le procédé qui fournit la plus grande partie de l’alun consommé en Angleterre et en Allemagne, où existent en abondance les schistes alumineux ardoisiers mélangés de pyrites ferrugineuses et des matières charbonneuses ou bitumineuses les plus propres à cette fabrication. Quelques localités de la France en possèdent également qui servent au même usage.
Les schistes assez riches en matières charbonneuses sont simplement calcinés ou grillés au contact de l’air; pendant cette opération, le minerai se désagrégé, et son principe argileux se modifie de manière à être beaucoup plus facilement attaquable par les acides; les pyrites de leur côté se combinent avec l’oxygène de l’air ; leur fer s’oxyde et leur soufre se transforme en acide sulfurique. Toute la portion de cet acide qui ne se combine pas avec le fer oxydé porte son action sur l’alumine du schiste et donne du sulfate d’alumine. Il se forme donc d’abord du sulfate d’alumine et du sulfate de fer ; mais par l’action prolongée de l’air celui-ci se suroxyde, se transforme en sulfate de sesquioxyde de fer qui est décomposable par l’alumine, de sorte que finalement une partie de son acide donne une nouvelle quantité de sulfate d’alumine. Pour opérer le grillage, on stratifie le schiste avec de la houille menue, du bois de fagots ou des branchages de manière à en former des tas très-étendus en surface, ayant i mètre à 1“,50 en hauteur; on met le feu au centre, et on conduit la combustion d’une manière très-lente en ouvrant çà et là des évents. Plus le schiste est riche en matière charbonneuse, moins il faut y ajouter de combustible. Les cendres provenant du grillage sont lessivées, et les lessives sont concentrées jusque vers le point où elles commenceraient à laisser déposer des cristaux. Pendant ce temps celles-ci se sont dépouillées d’une grande partie des matières terreuses qu’elles tenaient en suspension ou en dissolution, mais elles gardent encore du sulfate de fer; on y verse du sulfate de potasse ou d’ammoniaque ou du chlorure de potassium ou du chlorhydrate d’ammoniaque ; il se dépose des cristaux d’a-
ALU
ALV
lun que l’on purifie par une seconde cristallisation. Préparé de cette manière, l’alun est en octaèdres transparents, tandis que l’alunite donne des cristaux opaques et cubiques plus estimés parce qu’ils sont ordinairement plus purs. Pour transformer l’alun octaédrique en alun cubique, on en forme une dissolution saturée à 45°, on y verse une faible quantité de carbonate de potasse ; il se précipite du sous-sulfate d’alumine qu’une légère agitation fait disparaître ; en laissant refroidir la liqueur, il s’en dépose de l’alun cubique aussi pur que l’alun de Rome.
Fabrication de Valwn par les argiles. — C’est le procédé le plus généralement employé en France. De l’argile aussi pauvre que possible en carbonate de chaux et oxyde de fer est modérément calcinée dans un four à réverbère, de manière à rendre l’argile plus poreuse et à suroxyder le fer pour le rendre moins attaquable par les acides. Quand elle est ainsi rendue friable, on la pulvérise, on la mêle avec 45 p. 100 d’acide sulfurique à 53“ dans un bassin de pierre siliceuse voûté en briques; et on fait arriver sur la surface de cette bouillie la flamme d’un fourneau à réverbère en agitant de temps en temps la matière pour la chauffer également en tous ses points; au bout de quelques jours on la retire et on la dépose dans un lieu bien chaud où on laisse la réaction s’opérer pendant sept à huit semaines. On lave la matière, on évapore les lessives et on les traite comme dans le second procédé.
Le réactif le plus sensible pour constater la présence du fer dans l’alun est le prussiate de potasse qui donne un précipité de bleu de Prusse ou une coloration bleue dans une liqueur qui contient des traces de fer. La noix de galle dans les mêmes conditions donnerait de l’encre ; mais ce dernier réactif est moins sensible que le précédent.
L’usage de l’alun nous vient d’Orient. Il existait, il y a plusieurs siècles, des fabriques de cette substance à Roccha (Edessa) en Syrie, et c’est de là qu’est venu l’ancien nom diülun de roche. On le fabriqua ensuite à Foya-nova près de Smyrne et dans les environs de Constantinople, d’où on l’importa jusqu’au quinzième siècle dans l’Europe occidentale pour les teinturiers en rouge. Vers le milieu de ce siècle on commença à le fabriquer à la Toi fa, à Viterbe, à Volaterra en Italie, puis la production s’en étendit successivement en Allemagne, en Angleterre et en France; mais ce n’est que depuis les récents progrès de la chimie que la fabrication de l’alun i acquit une grande importance. A la fin du siècle dernier Curaudau établit la première fabrique d’alun artificiel à Javelle près de Paris ; vers la même époque, Ghaptal en fondait une seconde à Montpellier. La production to- I taie de l’alun en France s’élève à 3 millions de kil. dont I le département de l’Aisne fournit seul environ la moitié.
I L’alun de potasse, outre ses applications industrielles,
I a une grande importance en chimie, où il forme le type I d’une série de composés semblables désignée sous le nom I de série ou groupe des aluns. Dans ces divers composés, i I tantôt c’est l’alumine, APO*, qui est remplacée par un j autre oxyde ayant même formule, sesquioxyde de fer Fe-Q3, sesquioxyde de chrome Gr^O^ ; tantôt c’est la potasse KO qui est remplacée par un protoxyde, ammoniaque AzH'^O, protoxyde de fer FeO. Ges aluns de fer, de chrome, d’ammoniaque, renferment toujours 24 proportions d’eau et cristallisent de la même manière ; ils sont dits isomorphes. M. D.
Alun (Minéralogie), Alumine sulfatée alcaline de Haüy. — Genre minéralogique comprenant des minéraux d’ailleurs assez peu abondants dans la nature, et constitués par un sulfate double hydraté d’alumine et d’une base alcaline (potasse, soude, ammoniaque ou magnésie). Leur composition chimique est toujours parfaitement analogue, et ils affectent à l’état cristallin des formes qui dérivent du système régulier ou cubique. On en distingue quatre espèces ; 1» VA. potassique ou à base de potasse, le plus répandu dans la nature, bien qu’il n’y soit jamais qu’en masses très-peu étendues : c’est un corps blanc qui offre tous les caractères de l’alun de potasse artificiel (voyez Alun [C/iwn‘e]);sa formule chimique est; APO’^oSO^ -l-KO,SO®-f-24 Aq ; — 2'* l’^4. ammoniacal ou Ammonalun, dans les lignites de Tschermig en Bohême : il est très-rare; — 3“ VA. sadique ou Natronalun, peu commun également; — 4° ei In VA. magnésien ou A. de magnésie, dont on a rapporté des échantillons provenant de l’Afrique méridionale.
Ai.un (Matière médicale). — Les préparations d’alun employées en médecine sont ; 1<> Valun du commerce,
sulfate d'alumine et de potasse; 2° quelquefois, et dans les mêmes cas, le sulfate d'alumine et d'ammoniaque ; 3» enfin Valun calciné, ou sulfate d'alumine et de potasse desséché. L’alun est un des meilleurs astringents que nous ayons : on l’emploie à l’extérieur et môme à l’intérieur, en poudre ou en dissolution, contre les hémorrhagies des fosses nasales, des gencives, du pharynx, contre celles de l’utérus après l’accouchement, celles qui résultent d’une plaie, d’une opération, lorsqu’il n’y a pas eu lésion d’un gros vaisseau ; contre les inflammations de peu d’étendue, telles que celles des yeux, du larynx, du pharynx, des gencives, de la muqueuse buccale, qu’elles aient le caractère simplement inflammatoire, ou qu’elles soient accompagnées de fausses membranes pultacées, gangréneuses, etc. On a encore employé l’alun, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur, contre les écoulements muqueux, puriformes, simples, bénins, contre les diarrhées rebelles, etc. Plusieurs praticiens distingués, et entre autres M. Gendrin, l’ont vanté contre la colique de plomb. A l’intérieur, l’alun s’administre à la dose de 0s*’,60 à 1 gramme; dans la colique de plomb, la dose a été portée à 4 ou 5 grammes ; au delà, il agit comme un poison irritant et peut en déterminer tous les accidents (voyez Poison). Du reste, on le prescrit en potion, en boisson, en poudre, en pilules, etc. L’alun calciné s’emploie à l’extérieur, principalement lorsqu’on veut réprimer des végétations charnues, fongueuses ; et encore, dans ce cas, on peut le remplacer avec avantage par le nitrate d'argent ou pierre infernale (voyez Ap.gent). F — n.
Alun de plume. — Sulfate d’alumine naturel de texture fibreuse (voyez Alunogène).
ALUNAGE. — Opération qui a pour but d’imprégner d’alun les étoffes qui doivent être mises en teinture, et d’y fixer les couleurs en les rendant insolubles dans l’eau (voyez Teinture.)
ALUNITE, ou Pierre d’alun. — Minéral exploité pendant longtemps à la Tolfa, près de Rome, pour obtenir de l’alun. Gette pierre se rencontre tantôt cristallisée, et tantôt en masses fibreuses. Gristallisée, l’alunite affecte la forme de rhomboèdres sous l’angle de 02° 50' ; sa pesanteur spécifique est d’environ 2,7. Sous forme fibreuse, elle constitue des masses concrétionnées de couleur grisâtre. La composition chimique de ce minéral, qu’il est souvent difficile de discerner à cause des matières étrangères auxquelles il est mélangé, conduit à la formule K0,S03+3:A120^S03)-l-6H0. G’est donc un mélange I d’eau, de sulfate de potasse et de sous-sulfate d’alumine. Pour retirer l’alun de l’alunite, on la grille et on l’arrose après l’avoir étendue sur une aire : la matière effleurie n’a besoin que d’être lessivée pour fournir l’alun. On donne ordinairement le nom (Valun de Rome à celui qui a été obtenu par ce procédé : il est recherché à cause de l’excès d’alumine qu’il renferme. Les terrains trachytiques de la Tolfa, de la Hongrie et du Mont-Dor sont les gisements ordinaires de l’alunite : on la trouve aussi, mais beaucoup moins pure, disséminée dans les ! argiles.
ALUNOGÈNE (Minéralogie), du mot alun, et du grec gennaô, j’engendre. — Minéral rare, rencontré en petites masses blanches fibreuses dans quelques solfatares, et par M. Boussingault dans des schistes argileux de la Colombie. G’est un sulfate d’alumine hydraté que Beudant a nommé ainsi parce que, s’il se rencontrait abondamment, il pourrait servir à préparer l’alun vulgaire ; il suffirait de dissoudre l’alunogène et d’y ajouter du sulfate de potasse (voyez Alun).
ALURNES (Zoologie), Alurnus, Fab. — Genre de Coléoptères iétramères, famille des Cycliques, tribu des Cassidaires. Ges insectes, remarquables par leur forme et leur couleur, quelquefois d’un rouge de sang, atteignent jusqu’à 0“,02 ou 0“,03. Ils habitent le Brésil. Ils sont si voisins des Hispes, qu’Olivier et Latreille les ont réunis à ce genre (voyez Hispes).
ALVÉOLAIRE (Anatomie). — Qui a rapport aux alvéoles des dents : ainsi les arcades alvéolaires sont la réunion des alvéoles, qui constituent une espèce d’arcade. — Les artère et veine alvéolaires sont les vaisseaux qui entretiennent la circulation dans ces parties, et qui sont des branches des artère et veine maxillaires internes. — Les nerfs alvéolaires sont des rameaux du nerf maxillaire supérieur.
ALVÉOLE (Anatomie), du latin alveus, loge. — Petites loges ou cellules que les abeilles ou les guêpes se construisent pour y élever leurs larves (voyez Abeilles, Guêpes).— On a nommé ainsi, par analogie, les petites cavités dans lesquelles les dents sont enchâssées par leurs