C8H406,2H0 — 2HO
Acide succinique Acide succinique hydraté, anhydre.
Les acides anhydres de la seconde catégorie ne peuvent être obtenus d’une manière directe ; M. Gerhardt les a produits dans ces derniers temps seulement, par un procédé remarquable auquel il a été conduit par cette considération théorique : que les acides monobasiques peuvent être assimilés pour leur équivalent à un double équivalent d’eau dans lequel un équivalent d’hydrogène est remplacé par un radical composé correspondant à l’acide hydraté que l’on considère. Ainsi l’acide acétique ordinaire peut être écrit
radical acétyle.
De même que l’eau s’écrit : 02
Maintenant substituez à l’équivalent d’hydrogène restant dans l’acide acétique un métal plus métallique le potassium par exemple, vous avez l’acétate de potasse.
Mettez en présence de ce dernier corps le chlorure du môme radical acétyle G^H30^Gl,le chlore s’emparera du potassium, et vous aurez
j CH1302 (’>h302c1 = KCl -f 02 j ^^^302 «« 08H6O6
('e potasse.
Chlorure d’acétyle.
2 équivalents d’acide acétique anhydre.
Gette méthode est applicable à tous les acides monobasiques. Si môme on met en présence du sel correspondant à un certain radical le chlorure d’un autre radical, on obtient un sel anhydre double. Ainsi ;
+ C4H302C1 = KCl + 02 )
Benzoate Chlorure Anhydride acéto-
de d’acétyle. benzoïque
potasse. Cl'^H503,r>H303. B.
ANHYDRITE ou Karsténite (Minéral.). — Sulfate de chaux naturel anhydre que l’on rencontre tantôt cristallisé, tantôt en masses fibreuses ou saccharoïdes. Les cristaux dérivent d’un prisme droit rhomboïdal et possèdent la double réfraction à deux axes. Il est assez abondant dans les Alpes et est employé quelquefois comme marbre à cause de sa dureté ; il ne peut servir à fabriquer du plâtre (voyez Gypse).
ANI (Zoologie), Crotophaga, Lin. — Genre d' Oiseaux de l’ordre des Grimpeurs ; c’est le nom indigène qu’il porte à la Guyane et au Brésil ; celui de Crotophagus a été imaginé par Brown, parce qu’à la Jamaïque il vole sur le bétail pour prendre les taons et les tiques, en grec krotôn. Dans nos colonies de l’Amérique méridionale, on l’apj)elle Bout de petun ou Bout de tabac ^ Oiseau diable, Perroquet noir, etc. Ils ont le bec gros, comprimé, arqué^ sans dentelures, et surmonté d’une crête verticale et tranchante. Toutes les espèces sont d’un noir intense, les plumes bordées la plupart de vert ou de bleu luisant. Ge que ces oiseaux offrent de plus remarquable, c’est un instinct social très-développé ; ainsi vivant par troupes de dix, vingt, trente, ils se tiennent sans cesse ensemble, le temps des couvées môme ne les sépare pas, et leur société ne paraît jamais troublée par des discordes. Les mâles et les femelles travaillent ensemble à la construction d’un nid qui puisse servir à plusieurs femelles à la
fois'; la plus pressée de pondre n’attend pas les autres, qui agrandissent le nid pendant qu’elle couve. Quelquefois les œufs se mêlent, et à l’éclosion des petits la même intelligence continue à régner ; les mères donnent à manger indistinctement aux premiers venus, et les mâles aident même à fournir les aliments. Ges oiseaux vivent d’insectes, de grains, de petits reptiles, etc. Parmi les quelques espèces connues, on doit citer VA. des palétuviers {Crotophaga major, Lath.), qui est de la grosseur d’un geai, et VA. des savanes [Crotophaga ani, Lath.), moitié moins gros.
ANIL (Botanique). — Espèce du genre Indigotier (voyez ce mot).
ANILINE (Chimie). — Ce corps tire son nom du mot portugais anil, qui signifie indigo, parce que ce fut en étudiant les produits de la distillation sèche de l’indigo qu’Unverdorben en fit la découverte. L’aniline est un liquide incolore, d’une odeur aromatique, d’une saveur âcre et brûlante, exerçant sur l’économie animale une action énergique ; à dose minime, elle détermine des spasmes violents suivis d’oppression et de paralysie complète. Sa densité est de 1,0:28; elle est peu soluble dans l’eau, soluble en toutes proportions dans l’alcool et l’éther. Son point d’ébullition peut être fixé à 187" environ. L’aniline joue le rôle d’une base faible, susceptible néanmoins de se combiner avec tous les acides en donnant des sels parfaitement définis et cristallisables. La formule qui représente sa constitution est la suivante :
Ci^H^Az qu’on peut écrire Az H exprimant ain^îi
qu’elle appartient à cette classe remarquable de com-
posés donf l’ammoniaque Az | H peut être considérée
comme le type ; dans cette manière de voir on arriverait à l’aniline par la substitution d’une molécule du radical phényle G'^H^ à une molécule d’hydrogène H dans l’ammoniaque.
Parmi les différents procédés au moyen desquels on peut se procurer l’aniline, nous citerons le suivant, qui est le plus avantageux au point de vue économique, et le seul employé aujourd’hui pour la préparation industrielle.
La distillation de la houille dans la fabrication du gaz d’éclairage donne lieu, entre autres produits secondaires, à une grande quantité de goudron condensé dans des appareils spéciaux : ces goudrons distillés à leur tour fournissent des huiles de différentes densités; les plus légères contiennent une certaine quantité de benzine, sorte de carbure d’hydrogène liquide; la benzine soumise à l’action de l’acide nitrique donne la nitrobenzine, substance douée d’une odeur agréable analogue à celle de l’essence d’amandes amères, et d’un emploi assez fréquent dans la parfumerie, où elle est connue sous le nom d'essence de Mirbane. Enfin l’hydrogène naissant, produit par un mélange de limaille de fer et d’acide acétique, transforme la nitrobenzine en aniline. Malgré l’importance de ses propriétés chimiques, l’aniline était restée jusqu’à ces derniers temps sans aucune application industrielle. Berzelius, Gerhardt, Hoffmann et plusieurs autres chimistes avaient observé toutefois les remarqua- : blés phénomènes de coloration auxquels donnent lieu un i grand nombre de corps en réagissant sur l’aniline ou sur scs sels ; quelques-un^ même étaient considérés comme caractéristiques de la présence de l’aniline : il était naturel de chercher si parmi ces réactions diverses quelques- j unes ne donnaient pas lieu à des corps stables et capa- , blés de se combiner aux tissus, de manière à constituer > de véritables matières tinctoriales. Les travaux dirigés ■ dans ce sens furent couronnés d’un plein succès. En 1856 : M. Perkin obtenait par l’action du bichromate de potasse sur le sulfate d’aniline une magnifique couleur violette ) pouvant s’appliquer sur la soie, la laine et le coton, et , résistant mieux à l’action de l’air et de la lumière que < la plupart des teintures violettes employées auparavant. 1 G’est en Angleterre que fut réalisée cette première et ) importante application des dérivés colorés de l’aniline; i mais un succès pareil était réservé aux recherches des 1 chimistes et des manufacturiers français. En 1859 M. Ver- ’ gain, de Lyon, en faisant réagir le bichlorure d’étain i, anhydre sur l’aniline, obtint une magnifique couleur rouge || cramoisi capable de s’appliquer avec la plus grande faci- I lité sur les tissus : on lui donna le nom de fuchsine à cause de sa couleur assez semblable à celle de la fleur de ü fuchsia. — Bientôt après divers expérimentateurs démon- ;
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trèrent que l’iode, l’acide arsénique, l’acide nitrique, les nitrates de mercure et un grand nombre d’autres corps, pouvaient donner lieu à des matières semblables ou analogues. Tous ces produits se présentent à l’état solide sous la forme de petits cristaux, d’un vert doré, semblable à celui des ailes de scarabées. Ils se dissolvent en grande quantité dans l’alcool, et la dissolution est tantôt d’un rouge franc, tantôt d’une nuance plus ou moins violacée, suivant le mode de préparation employé. Disons er^fin, pour compléter cetexposé très-sommaire, qu’en faisant réagir l’aniline en excès sur le composé rouge dont nous venons de parler, MM. Girard et Delaire ont obtenu une série de teintes de plus en plus violacés, et ont pu passer par tous lestons delà gamme du rouge au bleu pur. Toutes ces substances sont remarquables, sinon par une grande solidité, au moins par leur richesse, par l’éclat de leurs reflets et par l’extrême intensité de leur pouvoir colorant. On comprend facilement l’importance des résultats que nous venons de mentionner; c’est un nouvel exemple de l’intérêt que peuvent prendre au point de vue pratique des composés regardés longtemps comme de simples curiosités de laboratoire, et des ressources imprévues que la science théorique peut fournir aux arts et à l’industrie. La.
ANIMAL (Zoologie). — Être organisé, vivant et sentant, et généralement doué d’organes distincts chargés des fonctions de nutrition, de sensibilité et de locomotion. Ces organes toutefois s’effacent de plus en plus à mesure que l’on descend dans la série animale, et vers les derniers degrés il devient souvent difficile d’établir une limite entre elle et les points extrêmes de la série végétale.
L’existence d’un système nerveux forme le caractère fondamental de l’animalité. Ce système est d’autant plus abondant et plus varié que l’animal est plus élevé dans l’échelle des êtres ; il est en effet l’organe essentiel de la sensibilité, et il diffère des autres éléments organiques par sa nature anatomique, en rapport avec son rôle spécial ; il préside à toutes les fonctions des animaux, et il en est le régulateur aussi bien que le premier mobile. Les autres organes du corps lui sont subordonnés dans leurs fonctions, et leur rôle consiste surtout à exécuter les ordres qu’il leur transmet, et qu’il varie suivant ses propres perceptions. Eux-mêmes servent, sous sa direction, à l’élaboration des principes alimentaires que l’animal s’est procurés ; ils charrient dans les différentes parties du corps les fluides alibiles que leur a fournis l’absorption ; ils se développent , se multiplient et se spécialisent, s’accroissent en dimensions, se transforment, renouvellent leurs matériaux chimiques, ou, dans certaines conditions, assurent la propagation de l’espèce tout en restant les auxiliaires ou les esclaves de ses propres besoins. Quant à la locomotion, ses rapports avec l’innervation sont très-faciles à démontrer, puisqu’on peut, dans la plupart des cas, la suspendre ou l’abolir en comprimant simplement ou en coupant les nerfs (|ui sont chargés de la diriger. Elle permet aux animaux leurs mouvements de translation, et ils lui doivent aussi la faculté qu’ils ont de transporter, dans une partie de leur enveloppe constituant ce tube digestif dont nous avons déjà parlé, les substances qu’ils ont recueillies pour se nourrir,^ c’est-à-dire pour réparer les pertes occasionnées par l’activité vitale dans leur propre substance ou pour acquérir les matériaux de leur accroissement. C’est cette espèce de locomotion nutritive que l’on désigne par le mot, très-convenablement choisi, de digestion (signifiant transport) que l’on donne à cette autre fonction caractéristique des animaux.
Le tube digestif n’est qu’une simple modification de l’enveloppe extérieure des animaux, une sorte de rentrée de cette enveloppe dans l’intérieur du corps comparable à celle de la cavité d’un manchon. A cette enveloppe, ainsi modifiée pour l’usage delà digestion, s’ajoutent des organes divers, les uns sécréteurs (comme les glandes salivaires, le foie, le pancréas, etc.) ; les autres triturants (dents). La peau proprement dite, ou l’enveloppe extérieure des animaux, présente aussi des parties accessoires. Indépendamment des qualités de dureté, d’épaisseur, de perméabilité, de mobilité et de sensibilité générale qui la distinguent, elle doit d’autres propriétés à certains organes particuliers comme les glandes de la sueur, celles du mucus, les écailles, les boucles dans les raies, les plumes, les poils, et même les bulbes sensoriaux, tels que l’œil et l’oreille qui en multiplient les fonctions, surtout chez les espèces supérieures; au contraire, chez les animaux moins parfaits, on remarque qu’elle est de plus en
plus simple et de plus en plus uniforme, et qu’elle est à peine différente suivant les âges. P. G.
Animal (Règne) (Zoologie). — Voyez Règne. ANIMALCULES (Zoologie). — Animaux tellement petits qu’on ne peut guère les observer qu’au microscope ; on les a, pour cette raison, nommés animaux microscopiques ; et, comme ils ont été observés surtout dans les eaux où l’on avait fait infuser des matières organisées, on les a plus spécialement désignés sous le nom A' animaux on animalcules infusoires. C’est sous ce dernier nom qu’ils sont aujourd’hui plus généralement connus : il en sera traité au mot Infusoires.
ANIMAUX domestiques (Économie domestique). — Les animaux domestiques sont ceux qui partagent le genre de vie de l’homme, naissent, vivent et meurent près de lui, font pour ainsi dire partie de sa maison {domus, en latin, maison). A l’article Domestication seront indiquées les modifications que produit chez les espèces animales cette cohabitation avec l’homme. Les services que ces espèces rendent à la nôtre sont de plusieurs genres, et, d’après cette considération , Is. Geoffroy Saint-Hilaire a divisé comme il suit les espèces domestiques. Leur nombre, suivant lui, s’élève à 47 ; il nomme auxiliaires, celles qui nous aident dans nos travaux; alimentaires, celles qui nous fournissent des aliments; industrielles, celles dont notre industrie tire des matières premières ; il nomme enfin animaux domestiques accessoires, ceux que nous a fait rechercher leur beauté seule ou quelque autre circonstance étrangère à nos besoins. Voici la liste dressée par le môme zoologiste, et classée dans l’ordre méthodique des naturalistes.
N. B. — Dans cette liste, on a fait suivre d’un astérisque le nom des espèces domestiques communément répandues en France.