Le Ver à soie de l'ailante, animal industriel
Il importe de constater : l» que quatre classes seulement du règne animal nous ont jusqu’ici donné des animaux domestiques; 2° que la plupart de ces animaux sont des Mammifères herbivores et des Oiseaux gallinacés; 3° que 32 espèces, sur 47, existent actuellement en France à l’état domestique.
Parmi les questions les plus intéressantes que puisse soulever l’étude des animaux domestiques, se présentent surtout les deux suivantes : l*’ Quelle espèce sauvage a servi de souche à telle ou telle espèce domestique ? en d’autres termes, quelle est Vorigine zoologique de cette espèce 2 — 2° De quelle contrée telle espèce domestique est-elle originaire, ou quelle est son origine géographique ? Pour avoir la solution de ces questions, on devra chercher l’article correspondant à chacun des pimaux domestiques. Il suffit de dire ici que la domestication de la plupart des espèces remonte à la plus haute antiquité. Les Grecs, avant la conquête romaine, ont successivement domestiqué le faisan, l’oie, le paon et la pintade; les Romains, le lapin, le furet et le canard. Le ver à soie fut introduit en Europe du temps de l’empereur Justinien; le buffle l’avait été un peu antérieurement; au XVI® siècle, les Européens connurent le Lama, l’Alpaca, le cochon d’Inde, le serin des Canaries, le dindon, et plus récemment divers oiseaux moins connus, tels que l’oie du Canada, les faisans doré et argenté. — Voir Is. Geoffroy Saint-Hilaire, Acclimatation et domestication des animaux utiles. Paris, 4® édit. 1861. Ad. F.
Animaux et insectes nuisibles aux arbres fruitiers (Arboriculture fruitière). — Toutes les espèces d’arbres fruitiers nourrissent un nombre plus ou moins grand d’animaux ou d’insectes. Dans les circonstances ordinaires, le dommage qu’ils déterminent est peu important ; mais, sous l’influence de certaines circonstances favorables à leur développement, ces insectes se multiplient dans de telles proportions qu’il devient nécessaire de tenter leur destruction , sous peine de les voir anéantir les arbres qu’ils attaquent. Malheureusement les mœurs de ces insectes sont, pour la plupart, encore peu connues, de sorte que le cultivateur reste souvent désarmé en face de ces fléaux. Nous n’indiquons ici que les espèces dont les ravages sont les plus fréquents.
Mammifères. — Les lièvres et les dévastent sou-
vent les jeunes plantations d’arbres fruitiers pendant l’hiver, alors que la neige qui couvre le sol leur dérobe leur nourriture habituelle. Dans ce cas, ils rongent complètement l’écorce de ces arbres, qui succombent souvent à cette mutilation. Pour prévenir cet accident, il suffit, au commencement de l’hiver, de badigeonner ]a lige et les rameaux de ces jeunes arbres avec une bouillie épaisse composée de chaux éteinte et d’une certaine quantité de suie. L’amertume de cette dernière substance les éloigne complètement. Il faut bien se garder
d’employer le goudron de gaz ou coltar recommandé pour cet usage. Il éloigne en effet ces animaux, mais il détruit aussi les jeunes écorces avec lesquelles on le met en contact.
Diverses espèces de rats et de souris sont également à craindre ; ils rongent les jeunes bourgeons des espaliers au printemps et, plus tard, dévorent les fruits. Les appâts empoisonnés et les pièges, que tout le monde connaît, sont les seuls moyens de détruire ces animaux. Il conviendra aussi de boucher solidement, sur les murs d’espaliers, toutes les anfractuosités qui leur servent de refuge.
Oiseaux. — Un grand nombre 61 oiseaux causent aussi de grands ravages en mangeant les fruits. On peut en garantir les arbres, soit en les couvrant de filets à mailles assez serrées au momentdelama* turité des fruits, soit en attachant sur ces arbres des épouvantails que l’on change fréquemment pour que les oiseaux ne s’y habituent pas. L’un des meilleurs moyens consiste dans l’emploi de petits miroirs à
double face disposés comme l’indique la figure 1 4 9, qnel’on place au-dessus ou en avant des arbres et que l’on fixe sur les branches en les rapprochant assez les uns des autres.
Leur emploi répété pendant plusieurs années de suite, et pendant toute la saison, a constamment donné dè bons résultats.
Insectes. — Lépidoptères,
— Les larves d’un certain nombre de lépidoptères sont des ennemis redoutables pour les arbres fruitiers. Telles sont surtout les suivants :
Bombyce livrée {Bombyx neustria , fig. 160 et 151),
Fig. H9. — Miroir à double face pour éloigner les oiseaux.
Fig. 150 — Bombyce livrée. Fig. 151.— Larve du bombyce livrés.
dont la chenille ronge les feuilles de toutes les espèces d’arbres fruitiers. — Détruire les nids de chenilles après la chute des feuilles. *
Bombyce à cul doré {Bombyx chrysorrhæa) [fig, 152 et
Fi. 132. - Bombyce à cul doré ; Fig. 153. - Larve du bombyce à papillon femelle. ^ore.
153) attaque aussi tous les arbres fruitiers. Détruire les nids de chenilles comme pour l’espèce précédente.
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Noctuelle Psy. — La chenille ronge les feuilles et les fleurs du pommier. Le papillon femelle, qui éclôt au printemps, est privé d’ailes. On peut l’empêcher de monter sur les arbres pour y faire sa ponte en entourant la base de la tige d’une bande de papier couverte de goudron.
Pyrale de la vigne [fig^ 154 et 156). — La larve dévore les feuilles et les jeunes grappes. Les moyens de destruc-
tion sont les suivants : enlever et brûler les grappes et les feuilles attaquées; pendant l’hiver, passer les échalas au four pour détruire les œufs ; à la môme époque enlever et brûler les vieilles écorces qui couvrent les ceps; enfin, au même moment, échauder les ceps avec de l’eau bouillante.
Teigne padelle ou pomonetle. — La larve de ce petit papillon vit dans les jeunes fruits et les fait tomber avant leur maturité. Le cultivateur n’a, quant à présent, aucun moyen de destruction pour cet insecte.
Teigne de l'olivier {Tinea oleella^ fig. 156 et 157). — La larve ronge les bouquets de fleurs et s’introduit dans les jeunes fruits, qu’elle fait tomber avant leur maturité. Pas de moyen de destruction.
Fig. 186. — Teigne de l’olivier, grossie. Fig. 157. — Chenille de la
teigne sorlant de l’olive pour se métamorphoser.
Une autre espèce de Teigne attaque les feuilles des poii’iers et des pommiers. Les petites larves se glissent au-dessous de l’épiderme et rongent le parenchyme.
Feuille de poirier attaquée par les larves d une teigne.
Fig. 158. -
On voit alors apparaître de larges taches brunes semblables à celles indiquées par la figure 158. Ces feuilles
finissent bientôt par tomber. Le seul noyen de destruction consiste à enlever toutes les feuilles attaquées et à les brûler.
Piéride de V alisier {Pieris cratægi). — Papillon diurne dont les chenilles mangent les feuilles naissantes de l’amandier et font tomber les fruits. Enlever les nids de chenilles sur les rameaux pendant l’hiver.
Coléoptères. — Un certain nombre de coléoptères ne sont pas moins à craindre pour les arbres dont nous parlons.
Hanneton commun {Melolontha vulgaris., fig. 159 et 160).— Les larves, connues sous les noms de Mans^ Vers blancs., Turcs., rongent les racines des arbres
Fig. 159. — Hanneton commun. Fig. 160. — Larve du hanneton,
ou mans.
et les font périr. Les insectes parfaits dévorent les feuilles-. Enlever les hannetons en secouant les arbres. Quant aux larves, semer en mai de la graine de laitue sur les plates-bandes d’arbres fruitiers ; aussitôt que les jeunes plants commencent à se développer, visiter les plates-bandes tous les jours dans la soirée et enlever toutes les jeunes laitues qui sont fanées. On trouve au pied une ou plusieurs de ces larves, que l’on écrase. Les plates-bandes en sont ainsi, débarrassées.
Eumolpe de la vigne [Ecrivain). — L’insecte parfait
Fig. 161. — Feuille de vigne attaquée par l’eumolpe.
[fig. 162) ronge les feuilles de la vigne en y traçant des sortes de caractères [fig. 161). Il attaque aussi les jeunes raisins. A l’état de larve, il ronge les racines de la vigne. Pour détruire ces larves, M. Paul Thénard conseille de répandre sur le sol , au moment de la première façon qu’on lui donne, 1 200 kil. par hectare de tourteaux oléagineux réduits en poudre , et qui ont été peu chauffes
et peu lavés. Les enterrer Fig. 162. — Eumolpe. immédiatement. L’huile essentielle de moutarde qu’ils renferment détruit ces larves. Répéter cette opération tous les trois ans.
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