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Fipp. 163. — AUelabe.
Altelabe de la vigne {fig. Hi3). — L’insecte parfait attaque aussi les feuilles et les bourgeons. La femelle pond ses œufs dans les feuilles, qu’elle roule comme un cigare. Enlever ces feuilles et les brûler.
Altise bleue [Altica oleracen ^ fg. 104). — L’insecte parfait et les larves attaquent les feuilles et les jeunes grappes. Pour le détruire, on emploie en mai, dès le matin, une sorte d’entonnoir en fer-blanc très-évasé, échancré sur l’un des côtés et terminé par un sac. Placer cet appareil de façon à ce que l’échancrure embrasse la base de l’arbre, secouer celui-ci brusquement; les insectes tombent alors dans l’entonnoir.
Charançons [Curculio) . — Plusieurs de ces insectes connus des cultivateurs sous les noms de Lisette^ Coupe-bourgeons ^ occasionnent des ravages assez considérables en coupant les bourgeons des jeunes arbres pendant le mois de mai. Ils rendent ainsi très-difficile la formation de la charpente de ces arbres. Les détruire à l’aide du procédé indiqué pour V Altise; remplacer l’entonnoir par un linge blanc étendu sur le sol au pied des arbres, et verser ensuite les insectes tombés dans un vase contenant de l’eau.
Hémiptères. — Quelques espèces, notamment lesPerceorcilles (Forficula auricularia).^ dévorent les fruits sur les espaliers, au moment de leur maturité. Pour les détruire, suspendre contre les murs des tiges creuses de dahlia ou de roseau dans lesquelles ces insectes se retirent pendant le jour. Secouer ces tiges tous les matins sur un vase contenant de l’eau.
Psylle rie Volivier [Psylla oleœ) (fig. 165 et 166). — Ce petit hémiptère vit à l’aisselle des feuilles et à la base des grappes de l’olivier. Ses larves couvertes d’un duvet blanc rempli de gouttelettes gommeuses et sucrées, su-
Fig. 16o.— Larve
grossie de la Fig. 166. — Psylle Fig. 167. — Colon de l’olivier
psylle de Poli- de l'olivier très- produit par la psylle.
Vier. grossie.
cent la sève au point de faire avorter les fleurs. Celles qui résistent sont rendues stériles par l’abondance de ce duvet blanc qui les enveloppe [fig. 167). On n’a pas encore trouvé de moyen efficace pour la destruction de cet insecte.
Diptères. — Plusieurs espèces, telles que Guêpes et Frelons (Fe^spa), Mouches {Musca)., doivent aussi être éloignées des arbres fruitiers dont elles attaquent les fruits. Les raisins de table sur les treilles ont surtout à souffrir de leurs atteintes. Le seul moyen de les en préserver consiste à envelopper chaque grappe dans un sac en crin ou en canevas.
Mouche de l'olive [Dacus oleœ) (fig. 168). — La larve de cette mouche se nourrit de la pulpe de l’olive ; elle s’y transforme en cocon, et celui-ci éclôt lorsque les olives, complètement mûres, tombent sur le sol. On détruirait tous ces insectes si la récolte était faite avant la maturité complète des fruits. On perdrait un peu sur la quantité d’huile; mais on gagnerait sur la qualité.
Fourmis. — Les fourmis rongent les jeunes pousses des arbres en espalier au printemps, et entament les fruits lorsqu’ils sont mûrs. Le procédé suivant nra toujours réussi pour les détruire. Suspendre de place en place, contre les murs, des bouteilles d’une contenance de l/4 de litre environ ; les remplir jusqu’aux 2/3 de deux parties d’eau et d’une partie de miel. Renouveler le liquide tous les cinq ou six jours. Des fourmis
g. 169. — Mouche de l’olive faisant sa ponte, et fourmi à la recherche des œufs.
.Fig. 168. — Mouche de l'olive, très-grossie.
rempliront bientôt chacune de ces bouteilles. Lorsqu’elles se fatiguent de cet appât, le remplacer par du sucre brut déposé déplacé en place, au pied du mur entre deux couches de ouate serrée entre deux planchettes ; tous les jours secouer cette ouate sur un seau plein d’eau.
Pucerons (A phis). — Plusieurs espèces de pucerons. Pucerons verts., Pucerons noirs., sont très-redoutables pour les arbres fruitiers. Ils s’attachent à la face inférieure des jeunes feuilles, piquent les tissus et déforment ainsi ces feuilles, qui se plissent, se contournent
Fig. i70. — Bourgeon de pêcher, déformé par les pucerons.
dans tous les sens, cessent leurs fonctions et suspendent la végétation (fig. 170).
Si quelques bourgeons seulement sont atteints, les plonger dans une décoction refroidie de tabac. Si le mal s’étend sur toutes les parties de l’arbre, mouiller complètement toutes les parties vertes avec de l’eau ordinaire, puis envelopper l’arbre de toutes parts avec une toile à tissu serré et que l’on a mouillée. Introduire au-dessous le petit appareil indiqué par la figure I71 et y faire brûler du tabac un peu humide. Laisser la fumée se condenser pendant cinq ou six heures, enlever la toile et mouiller de nouveau très-fortement. Si le mal est très-intense, renouveler cette opération huit jours après.
Puceron lanigère (Misoxylus mali) (fig. 172). — Remarquable par le duvet blanc qui l’enveloppe, l’individu femelle n’attaque ordinairement que le pommier. Il pique l’épiderme des jeunes rameaux, il y fait naître des exostoses (fig. 173) qui rendent l’arbre languissant. Pour détruire cet insecte, appliquer de l’huile de poisson sur tous les points qu’il occupe, et cela aussitôt après la chute des feuilles.
Tigre (Tingis). — Ce très-petit insecte s’attache à la
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face inférieure des feuilles et ronge l’épiderme. Ces feuilles tombent bientôt en très-grand nombre, et l’arbre
Fig. 172. — Puceron lanigère grossi.
A, Individu mâle. B, Individu femelle.
Fig. 173. — Exostoses produites par la piqûre récente du puceron lani-
rvÀT*/! iinû Vtmn.
Fig. 171. — Soufflet fumigatoire.
peut succomber par suite de cet accident. On ne connaît malheureusement aucun moyen pratique pour la destruction de cet insecte.
Kermès, Gallinsecte, Cochenille {Coccus) ifig. 174). — Plusieurs espèces appartenant à ce genre, sont très-funestes aux arbres fruitiers. La vigne {/ig. 174), les figuiers dans le Midi {fig. 175), l’olivier, les orangers, les arbres à fruits à noyau en espalier sont particulièrement envahis par cet insecte. Les individus femelles offrent l’aspect de petites coquilles de couleur brune appliquées sur les jeunes rameaux. Au printemps, les œufs renfermés sous cette enveloppe desséchée de l’individu femelle éclosent et donnent lieu à des myriades de nouveaux individus qui se répandent sur toutes les parties vertes et les épuisent en y suçant les fluides qui y circu-
Fig 173. — Kermès du figuier.
lent. Le meilleur mode de destruction consiste dans l’emploi d’une bouillie épaisse composée de chaux viv3
rendue plus alcaline au moyen de lessive et de savon noir employé dans la proportion de 600 gr. pour 4 liti’es de lessive. On applique ce mélange, en hiver, sur toutes les branches et les rameaux.
Une autre espèce de très-petit Kermès [fig. 176) attaque aussi les pommiers et les poiriers. On le détruit de la môme façon.
Enfin certaines espèces de Limaces et de Limaçons [Hélix] causent des ravages considérables dans les vignobles , en dévorant les jeunes pousses de la vigne, au printemps. On les enlève lorsqu’ils sont attachés sur les ceps ou les échalas.
A. Du Bbeuil.
ANIMÉ (Résine) (Botanique). — Sorte de résine qui découle du tronc d’un arbre de la Guyane, V Hymenæa Courbaril ou Caroubier de la Guyane (voyez Courbaril,
Résine).
ANIS (Botanique), de ânisùn, son nom arabe. — Espèce de plantes appartenant au genre Boucage [Pimpinella, Lin.), famille des Ombellifères. C’est le Pimpinella anisum^ Lin., dont les tiges sont annuelles, glabres, hautes de G™,30. Ses feuilles radicales sont cordiformes, arrondies, lobées, dentelées; dans la partie intermédiaire, elles se rétrécissent et deviennent tout à fait linéaires supérieurement, Les fleurs sont petites, blanches et disposées en ombelles. Les graines, de couleur grisâtre, sont recouvertes d’une fine pubescence dans leur jeunesse. L’anis croît en Égypte, dans le Levant et en Sicile. On le cultive en grand dans plusieurs provinces de la France, près d’Angers et de Bordeaux , en Espagne , à Malte, à cause de ses graines d’une saveur aromatique et d’une odeur douce et suave. Celles-ci sont employées en médecine. Mais la confiserie et la parfumerie en font surtout un très-grand usage. Recouvertes d'une sorte de sucre, elles constituent de petites dragées qui facilitent la digestion, et répandent dans la bouche un parfum très-agréable; celles de Verdun surtout sont très-renommées, ainsi que celles de Flavigny (Côte-d’Or). La liqueur de table connue sous le nom à'anisetle, est souvent composée avec l’essence de ces graines; mais celle qui est faite avec VAnis étoilé ou Badiane anisée est bien préférable (voyez Badiane)^ VAnisette de Bordeaux surtout jouit d’une grande réputation; quelques personnes lui préfèrent celle d’Amsterdam. On extrait aussi des graines d’anis, une huile essentielle, utilisée fréquemment dans la préparation de certains parfums. Enfin, dans quelques pays, particulièrement en Italie et en Allemagne, on mange souvent l’anis avec du pain, on le mêle aussi k la pâte avant la cuisson, et partout il est employé dans la confection de quelques pâtisseries. En médecine, les semences d’anis ont joui d’une réputation assez méritée : ainsi elles ont été recommandées comme cordiales, stomachiques, carminatives ; on les a prescrites dans, l’asthme, dans les toux tenaces : mais c’est surtout dans les coliques, chez les enfants et môme chez les adultes, qu’on en a retiré de bons effets, lorsqu’elles sont causées par la présence des gaz dans l’estomac ou dans les intestins.
JJAnis de Paris est la graine du Fenouil [Anethum fœniculum., Lin.) que l’on cultive à Paris, où elle est employée surtout par les confiseurs, qui *Ia substituent A celle de l’anis, pour faire des dragées et des liqueurs da table.
Anis étoilé est la Badiane anisée (voyez ce mot).
U Anis âcre ou Anis aigre est une espèce de Cumin (voyez ce mot). G — s.
Anis (Essence d’) (Chimie), — L’essence
brute qu’on retire des semences d’anis est un mélange de deux corps, l’un liquide à la température ordinaire, l’autre solide. Ce dernier peut être isolé par l’élimination du liquide à l’aide de la pression exercée sur l’essence brute entre des doubles de papier sans colle et par une cristallisation dans l’alcool. Les cristaux obtetenus constituent l’essence d’anis pure. Elle a, sous cette forme, une odeur agréable d’anis; elle fond à 18® et bout sans altération à 220. Sous l’influence de l’acida
poirier.
ANN
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•sulfurique, elle ; e transforme en un corps isomërique, VAnisoine. Sous l’action de l’acide azotique très-diîué, ■elle se convertit en deux produits distincts, l’un liquide, huileux, d’une couleur d’un brun rougeâtre : c’est Vhy- <lrure d'anisjjle, l’autre, plus oxygéné que
le précédent, solide et cristallisable : c’est l’acide anisique,
ANISIQUE (Acide). — Corps résultant de l’oxydation •de Vhydriü e d’anisyle par l’oxygène ou les corps oxygénants.
C16H’70MI -b 20 = C16H70S,H0 Hydr. d’anisyle. Ac. auisique.
Par la potasse, l’hydrure d’anisyle est converti en anisate de potasse. L’acide anisique ressemble beaucoup à l’acide benzoïque; il fond à ! 7 ô*' et se volatilise sans décomposition. Par l’acide azotique un peu concentré, il donne l’acide nitranisique Gi®H’' (Az0‘) O'’ dérivant de l’acide anisique par substitution (de AzO'*)
A H. C’est principalement à M. Gahours qu’on doit la connaissance de l’hydrure d’anisyle et de ses dérivés. B.
AMSOPLIE (Zoologie), Anisoplia., du grec anisos.^ inégal, et oplê., ongle des animaux, à cause de l’inégalité des crochets qui terminent les tarses. — Ce sont des Coléoptères pentamères lamellicornes., tribu des Scarabéides. Confondus avec le genre Hanneton., ils en ont été séparés à cause de la forme de leur corps qui en diffère parleur chaperon rétréci antérieurement; l’écusson est :p?tit, arrondi ; les pattes postérieures sont robustes. Nous avons dans notre pays VA. des champs [A. arvicola., Fab.), de la taille variable de O*", 009 à 0“,015 qui mangent avidement, à l’état parfait, les jeunes feuilles des arbres et les pétales des fleurs.
ANISYLE (Hydrure d’). — Corps analogue à Vhydrure de benzoïle pouvant être considéré comme résultant de l’union du radical G'®H^O'^ [anisyle) avec l’hydrogène.
ANKYLOBLEPHARON (Médecine), du grec ankulos., resserré, et blépharon., paupière. — On donne ce nom à l’union contre nature, complète ou incomplète, du bord libre des deux paupières, qu’elle soit congénitale ou accidentelle ; quelles qu’en soient la cause et la nature, il est urgent d’en opérer la séparation au moyen de l’instrument tranchant.
ANKYLOSE (Médecine), en grec ankule\ roideur d’une articulation. — Maladie des articulations, dans laquelle il y a perte plus ou moins complète du mouvement. L’ankylose peut être vraie ou complète., fausse ou incomplète. Dans le premier cas, les surfaces articulaires sont soudées irrévocablement, et, quelle qu’en soit la cause, il n’y a plus rien à faire ; toute tentative pour ramener les mouvements serait non-seulement inutile, mais dangereuse. Dans l’ankylose incomplète au contraire, le mouvement est possible à un certain degré , si la maladie est survenue à la suite de l’immobilité exigée pour le traitement d’une fracture, d’une luxation, d’une contusion, d’un abcès; s’il n’y a plus de douleur dans l’articulation, alors la difficulté des mouvements tient à la rigidité des muscles, à l’épaississement des ligaments, au défaut de sécrétion de la synovie ; le traitement consiste dans ce cas à imprimer des mouvements légers, souvent répétés, à avoir recours aux bains tièdes, aux fumigations émollientes, aux bains gélatineux, aux eaux de Balaruc, de Baréges, de Bourbonne, d’Aix-la- Chapelle, etc. Mais si l’ankylosc incomplète reconnaît pour cause une maladie de l’articulation, telle que carie des os, gonflement et inflammation des extrémités de ces mômes os, maladie, érosion des cartilages, des ligaments, etc.; alors’ une des plus heureuses terminaisons de la maladie sera la soudure complète ou l’ankylose complète, et l’art doit tendi’e à la favoriser le plus possible par le repos le plus absolu (voyez Tumeur blanche). Cette maladie peut être due au progrès de l’âge; on a vu aussi des sujets chez lesquels l’ankylose comjdète s’est étendue à presque tous les membres; on conçoit, dans ce cas, la gravité de la maladie, et le peu d’efficacité des moyens emjiloyés. F — n.
■ ANNEAU (Zoologie), du latin annulas. — On adonné ce nom aux pièces qui forment, par leur réunion , la partie extérieure du corps des animaux, que pour cette raison on a nommés annelés. Ces anneaux, unis par une membrane, sont disposés en recouvrement de manière que le premier s’enchâsse dans le second et ainsi de suite. Des muscles leur impriment des mouvements
qui permettent à la plupart de ces animaux de s’allonger et de se raccourcir à volonté. Cette disposition qui se remarque au plus haut degré dans les Annélides et les Insectes., n’est guère apparente dans les Crustacés et encore moins dans les Arachnides.
Anneau (Anatomie). — On nomme anneaux des ouvertures naturelles, circulaires ou ovales, que présentent certains muscles ou aponévroses, et qui, le plus souvent, donnent passage à des vaisseaux, des nerfs ou d’autres conduits : ainsi V Anneo.u inguinal ou sus-pubien est l’orifice externe du canal inguinal, creusé dans l’épaisseur du muscle grand oblique (costo-abdominal), et par lequel s’engagent les viscères dans la hernie inguinale : V Anneau ombilical est celui qui donne insertion au cordon ombilical que traversent les vaisseaux ombilicaux dans le foetus, et dont la cicatrice forme l’ombilic. Ghaussier a donné le nom ^Anneau diaphragmai i<^ue à l’ouverture par laquelle la veine cave inférieure traverse ce muscle. Plusieurs anatomistes ont appelé Anneau crural ou fémoral., le canal crural par lequel se font les hernies crurales (voyez Inguinal, Ombilical, Diaphragme, Crural). On a aussi appelé Anneau ciliaire., lecercleou corps ciliaire (voyez OEil). F — n.
Anneaux colorés (Physique). — Colorations généralement très- vives que présentent tous les corps diaphanes solides, liquides ou gazeux lorsqu’ils sont réduits en lames suffisamment minces. Ces colorations sont dues à l’influence mutuelle des rayons lumineux réfléchis- par les deux surfaces de la lame. On les observe dans les fissures du verre, entre les lamelles de certains cristaux, sur des feuilles très-minces de mica; à la surface des métaux polis qui se recouvrent d’une pellicule d’oxyde ou d’un autre corps. Une goutte d’huile étalée rapidement sur une grande masse d’eau, présente ainsi toutes les nuances du spectre ; mais c’est surtout sur les bulles de savon que le phénomène acquiert un éclat remarquable. Ces bulles, à mesure qu’on les gonfle davantage, se nuancent des plus vives couleurs qui se succèdent dans un ordre constant à partir du point le plus élevé de la bulle jusqu’à ce que celui-ci devienne noir et que la bulle éclate. Newton est le premier qui ait donné l’explication de ce phénomène. Comme pour y parvenir il l’étudiait en plaçant une lentille de verre convexe sur un plan poli, de manière que la lame d’air interposée entre eux s’accrût régulièrement tout autour de leur point de contact, les irisations formaient des anneaux concentriques, qui ont servi à dénommer le phénomène dans toutes les conditions où il se produit. Newton reconnut ainsi : 1“ que dans chaque substance les couleurs changent avec l’épaisseur de la lame et avec l’obliquité des rayons réfléchis ; dans tous les cas elles disparaissent quand la lame est trop mince ou trop épaisse ; 2° que quand on opère avec de la lumière homogène, c’est-à-dire exclusivement composée de rayons d’une même couleur, rouge, jaune, bleue..., les anneaux sont alternativement brillants et obscurs ; 3" que ces anneaux sont espacés de telle sorte , que les épaisseurs de la couche d’air qui produit les anneaux brillants croissent comme les nombres impairs : 1 , 3, 5, 7, 9, tandis que les épaisseurs correspondant aux anneaux noirs suivent la série des nombres pairs : 0, 2, 4, G; 4° qu’en passant d’une couleur à une autre, les diamètres d’un anneau de même rang sont d’autant plus grands que la lumière employée est moins réfrangible, ou que dans la série des couleurs du spectre on va du violet au rouge ; 6” que conséquemment lorsqu’on opère avec de la lumière blanche qui est formée par la réunion de toutes les couleurs du spectre, ces diverses couleurs, donnant autant d’anneaux brillants qui ne se superposent pas exactement, produiront les irisations qui nous occupent; G° qu’enfin, pour une môme épaisseur de la couche mince, la couleur de l’anneau produit change avec la nature de cette couche ; mais que l’épaisseur de celle-ci, décroissant de la même manière, les anneaux s’y succèdent dans le môme ordre. Si au lieu d’une lame d’air d’épaisseur variable, on opère sur une lame à faces parallèles, elle sera teintée uniformément de la même nuance que le point de la couche variable qui a même épaisseur que cette couche uniforme.
Le phénomène des anneaux colorés est très-fréquemment reproduit dans la nature, car c’est à lui qu’il faut rattacher les couleurs si brillantes et si variées des ailes des papillons et du plumage des oiseaux. La couche qui lui donne naissance est une pellicule épidermique (lui recouvre chaque écaille de papillon ou chaque barbe de plume.
ANN
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Les anneaux colorés peuvent également être vus par transmission au travers des lames minces. Ils sont alors beaucoup plus pâles, parce qu’ils se trouvent lavés dans une grande quantité de lumière non modifiée.
Newton est aussi parvenu à reproduire ces anneaux au moyen des lames épaisses, en se servant de miroirs concaves en verre étamé. Un rayon de lumière entre dans une chambre noire par une ouverture circulaire de 0“,004 à 0“,0U5 de diamètre. Il tombe sur un miroir concave de verre étamé qui le renvoie exactement dans sa direction d’incidence; on voit apparaître autour de l’ouverture, sur un carton blanc disposé à cet effet, une série d’anneaux très-éclatants. C’est un des plus beaux phénomènes de l’optique, lorsque l’on a soin de placer le miroir à une distance de l’ouverture double de sa distance focale principale, et que l’on a terni légèrement la première surface du miroir, soit en y projetant son haleine ou une poudre fine comme de la farine, soit en la couvrant d’une couche de lait étendu d’eau qui y adhère en séchant.
Ces divers phénomènes avaient été expliqués par Newton au moyen de sa Théorie des accès. Cette théorie suppose que les molécules lumineuses passent alternativement d’un état physique qui les rend propres à être réfléchies, à un état opposé où elles sont propres à être transmises, ou d’un accès de facile réflexion à un accès de facile transmission , c’est évidemment une hypothèse gratuite calquée uniquement sur le fait qu’il s’agit d’expliquer. Aujourd’hui la théorie des ondulations^ généralement admise, permet de s’en rendre compte d’une manière rigoureuse et complète (voyez Lumière , Ondulations, Interférences).
Table des épaisseurs de la lame d’air correspondant aa milieu de la partie brillante de l’anneau du premier ordre pour chacune des couleurs.
Épaisseur de la couche
Couleurs. d’air en millionièmes de
millimètres.
Rouge extrême Orangé rouge., Jaune orangé..
Tert jaune
Bien vert
Indigo bleu
Violet indigo. .
Violet extrême,