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laiteux, qui est un poison très-violent connu sous le nom dCUpas aniiar, Bohon Upas. On a prétendu, sur la foi d’un chirurgien hollandais, que dans l’intérieur du pays il y avait une for-ôt de ces arbres, dont on ne pouvait approcher sans s’exposer à la mort; le souverain de Java, ajoutait-il, envoyait des condamnés pour recueillir ce poison si difficile à obtenir, et il n’en revenait qu’un petit nombre possesseurs de cette substance; mais cette histoire a été démentie, et la seule chose vraie, c’est que les naturels préparent avec le suc de VAntiaris un composé dont ils se servent pour empoisonner leurs flèches (voyez Upas}. Caractères : tige rude, droite, de 20 à 25 mètres, à feuilles alternes, entières ; fleurs axillaires, monoïques, les mâles réunies dans un réceptacle en forme de chapeau, les femelles solitaires; ovaire surmonté de deux styles ; une drupe monosperme.
ANTIDOTE (Médecine), du grec dotos^ donné, anti^ contre. — Galien appelait antidote tous les remèdes administrés à l’intérieur contre les maladies; mais cette signification a été réservée exclusivement pour désigner une substance qui a la propriété de neutraliser les poisons, soit en les décomposant simplement, soit en se combinant avec eux pour former des corps inertes et sans action sur nos organes : ainsi il suffira de citer parmi les antidotes qu’on appelle aussi des contre-poisons, le peroxyde de fer hydraté, contre l’arsenic ; le protosulfure de fer hydraté, contre le sublimé corrosif et le vert-de-gris; contre le nitrate d’argent, une solution de sel marin; contre l’opium, le tannin, la décoction de noix de galle ; et à un degré moindre, et avec moins d’énergie, l’eau albumineuse contre les sels de cuivre, de plomb, de zinc, d’étain, de bismuth. Il no faut pas oublier toutefois que, pour obtenir des succès marqués, ces moyens doivent être administrés le plus tôt possible après l’ingestion du poison. Du reste il n’y a pas d’antidote universel : chaque poison ou chaque classe de poisons doit être combattue par un agent spécial ; aussi pour plus de renseignements, nous renverrons au mot Poison. F — n.
ANTILAITEUX (Médecine). — Médicaments destinés à modérer, à supprimer même la sécrétion du lait, ou à combattre les maladies dites laiteuses. 11 n’y a pas de véritable spécifique antilaiteux, il y a seulement des modes de traitement tendant à diminuer cette sécrétion qui se tarit naturellement lorsque l’enfant cesse de téter. Tels sont : Téloignement du nourrisson, un régime débilitant, même un peu de diète, les boissons sudorifiques, diurétiques, les bains de pieds, les purgatifs, tout cela administré avec discernement. 11 y a ensuite les accidents, les maladies qui peuvent amener brusquement la perte du lait chez les femmes qui nourrissent: ainsi toutes les maladies un peu graves, un écart de régime, une indigestion, un accès de colère, etc., sont autant de causes qui produisent cet effet. Mais il importe de mettre le public en garde contre les prétendus antilaiteux qui ont eu le plus de vogue : comme la menthe, la pervenche, la racine de canne de Provence et bien d’autres aussi peu efficaces. Parmi les médicaments composés, nous devons mentionner le petit-lait de Weiss, purgatif dans lequel entrent les follicules de séné et le sulfate de soude ou de magnésie; et l’élixir américain de Courcelles, médicament très-excitant , et qui doit être interdit dans presque tous les cas. Les maladies dites laiteuses, les laits répandus, sont des aflections qui surviennent chez des femmes ayant ou non allaité, mais elles n’ont avec cette fonction qu’un rapport de coïncidence, et non de cause à effet, et ne demandent aucun traitement particulier et spécial. F — N.
ANTILOPE (Zoologie). — Genre àçi Mammifères ruminants, à cornes creuses, faisant la transition entre les cerfs d’une part, les chèvres, les moutons et les bœufs de l’autre. Les animaux de ce genre se distinguent par leurs cornes creuses, entourant un noyau osseux solide, et sans pores ni sinus comme le bois des cerfs, dont ils se rapprochent au reste par la légèreté de leur taille, la vitesse de leur course, leurs formes gracieuses; ils se distinguent du reste par la finesse de la vue, de l’ouïe et de l’odorat. Timides, paisibles et sociables, ils montrent quelquefois une audace et une vigueur remarquables en face du danger, et surtout dans le moment du rut, ou lorsqu’il s’agit de défendre leur progéniture. Quoiqu’on en trouve en Europe, en Amérique et en Asie, c’est surtout en Afrique que la plupart des espèces habitent de préférence. Ce genre, qui comprend de nombreuses espèces, a beaucoup occupé les naturalistes par la difficulté de trouver des caractères assez saillants
pour les classer ; et au milieu des divisions qui ont été proposées par les auteurs, nous choisirons de préférence la méthode du Règne animal. Cuvier partage ce grand genre en onze sous-genres, dont il donne les caractères sans leur assigner de noms : 1' Cornes annelées, à double courbure, pointes en avant, ou en dedans, ouen haut, la Gazelle, la Corinne, le Kevel, le Springbock ou Gazelle à bourse , le Saïga, le Nanguer ; 2® Cornes annelées à triple courbure, TA. des Indes, l’A. de Nubie ou Addax ; 3® Cornes annelées à double courbure, mais en sens contraire des précédentes et la pointe en arrière, le Bubale, le Gaama ou Cerf du Gap ; 4® Petites cornes droites ou peu courbées, la plupart des femelles sans cornes, l’A. laineuse ou Chevreuil du Gap, l’A. plongeante, le Sauteur des rochers, la Grimme, le Guevei ; 5® Cornes annelées, courbure simple, la pointe en avant, le Nagor ; G® Cornes annelées, droites ou peu courbées, plus longues que la tête, TA. à longues cornes droites ou Pasan de Buffon, l’Algazel; 7® Cornes annelées à courbure simple, la pointe en arrière, l’A. bleue, TA. chevaline, l’A. de Sumatra; 8® Cornes à arête spirale, le Goudous , le Canna ou Élan du Gap ; 9® Cornes fourchues, l’A. furcifera ou le Gabril des Canadiens; 10® Quatre cornes, le Tchicarra; 11® Deux cornes lisses, le Nylgau, le Chamois ou Ysard des Pyrénées, le Gnou ou Niou. (V. Gazelle).
ANTIMOINE, Régule d’antimoine (Chimie), en latin Stibium. — Métal blanc bleuâtre, très-brillant, dégageant par le frottement une odeur alliacée. Sa* densité est de 6,75. Il présente une structure lamelleuse, est très-cassant et se laisse facilement pulvériser dans un mortier. 11 fond vers 450°, se volatilise au rouge blanc, et brûle au contact de Tair en répandant une lumière vive et d’abondantes fumées blanches êê oxyde d'antimoine.UdAv sec est sans action sur lui; mais l’air humide le ternit; l’acide nitrique l’oxyde sans le dissoudre, et le convertit en acide antimonique ou antimonieux ; l’azotate et le chlorate de potasse forment avec lui des mélanges explosifs à une haute température ; le chlore l’attaque vivement en produisant l’incandescence du métal ; l’eau régale le dissout rapidement, l’acide chlorhydrique avec lenteur en dégageant de l’hydrogène : il se forme dans ces trois cas des chlorures d'antimoine.
L’antimoine s’allie à tous les métaux, augmente leur dureté et les rend cassants. Les caractères d’imprimerie, les planches à stéréotypes, le métal anglais dit métal de la reine, le métal d’Alger, l’étain de certains ustensiles de ménage, sont autant d’alliages dont l’antimoine fait partie. La facilité avec laquelle il s’unit à l’or lui avait fait attribuer une origine noble par les alchimistes qui l’appelaient regulus, petit roi.
•L’antimoine existe dans la nature à l’état natif ou métallique, mais en trop petite quantité pour être l’objet d’une exploitation régulière. Son véritable minerai est le sulfure d’antimoine que l’on rencontre en masses fibreuses ou grenues, de couleur grise et très- fusibles, dans les terrains anciens, en France, en Angleterre, en Saxe, en Suède, au Hartz, en Hongrie, en Sibérie, au Mexique, aux Indes orientales, etc. Le minerai concassé, trié, est chauffé dans des creusets ou des fours à réverbère pour séparer par fusion le sulfure de sa gangue qui est généralement formée de quartz, de sulfate de baryte ou de carbonate de chaux. Le sulfure {antimoine cru) est ensuite traité par du fer. Il se forme du sulfure de fer et de l’antimoine métallique qui se séparent pendant la fusion. On obtient un rendement plus considérable en métal en mélangeant 100 parties de sulfure d’antimoine, GO de battitures de fer, 45 à 50 de carbonate de soude, et iode charbon de bois pulvérisé. Les scories sont alors plus fusibles, plus légères et se séparent mieux du métal. Celui-ci est fondu avec un dixième de son poids de verre d’antimoine {oxij sulfure) pour lui enlever le sulfure qu’il retient en dissolution, puis livré au commerce. Il retient encore des traces de cuivre, .de fer, d’arsenic. Une nouvelle purification est nécessaire quand on vent l’appliquer aux besoins de la pharmacie. L’antimoine, en effet, donne lieu à un grand nombre de composés employés en médecine, et dont plusieurs constituent des médicaments très-énergiques. Son nom vient, dit-on, des accidents mortels qu’il produisit chez des moines qui en firent usage les premiers sur les indications de Basile Valentin, moine du xv® siècle, à qui est due la découverte de ce métal. Le sulfure d’antimoine était cependant déjà connu d’Hippocrate.
Antimoine diaphor étique. — Combinaison en proportions très-variables d’oxyde d’antimoine et de potasse. On le prépare en jetant dans un creuset préalablement
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chauffé au rouge, un mélange de 1 partie d’antimoine et 2 parties de nitrate de potasse, et continuant de chauffer pendant une demi'heure. Le produit repris par l’eau laisse comme résidu une poudre insoluble [Antimoine diaphorétique lavé). La liqueur elle-même, traitée par un acide, laisse déposer une poudre blanche appelée Magistère d'antimoine , Céruse d'antimoine , Matière perlée de Kerkringius, et qui est l’oxyde d’antimoine.
Protochlorure (Sb^Cl^), Beurre d'antimoine^ blanc gri- Scàtre, de consistance sirupeuse ; solide, volatil et cristallin quand il est anhydre; déliquescent, soluble sans décomposition dans une petite quantité d’eau, surtout quand elle a été acidulée, mais au contact de l’eau en excès donnant de l’acide chlorhydrique et un oxychlorure insoluble (Sb-Cff,?Sb-03,H0) appelé autrefois poudre d' Algarot . Il distille sans décomposition par la chaleur. On l’obti ent en traitant le sulfure d’antimoine par l’acide chlorhydrique concentré. Il se dégage de l’acide sulfhydrique. La liqueur obtenue est évaporée, puis distillée pour isoler le chlorure. Il sert à bronzer les métaux.
Perchlorure d’antimoine (Sb^Gl^). Incolore ou légèrement jaunâtre , liquide, très-volatil , et répandant à l’air d’abondantes fumées blanches et suffocantes. L’eau le transforme en acide chlorhydrique et acide antimonique. On l’obtient en chauffant de l’antimoine dans un courant de chlore sec en excès. Le liquide recueilli est saturé de chlore, puis distillé dans une petite cornue.
Oxyde d’antimoine (Sb^O^), Fleurs argentines d'antimoine^ Neige d'antimoine. — S’obtient parla calcination de l’antimoine au contact de l’air dans un creuset incomplètement fermé, ou mieux en versant par petites portions une dissolution de chlorure d’antimoine (Sb'^Ch^) dans une dissolution bouillante de carbonate de soude. L’oxyde d’antimoine se sépare sous forme de petits cristaux. Si on le chauffe à 400° et qu’on y mette le feu, il brûle comme de l’amadou en se transformant en acide antimonieux. 11 s’unit aux acides etilforme la base de Vémétique (tartrate double d’antimoine et de potasse). Il s’unit également aux alcalis pour former de véritables sels dans lesquels il joue le rôle d’acide (pour les combinaisons plus oxygénées, voyez Antimonieüx, Antimonique).
Ox-gsul t'uresd’antimoine.yerrecV antimoine,Foied' antimoine. Crocus. — Ces divers oxysulfures sont produits par le grillage plus ou moins avancé du sulfure d’antimoine naturel. Le verre d’antimoine contient 8 parties d’oxyde et 1 de sulfure ; il est rouge, vitreux et transparent. Le crocus contient 8 parties d’oxyde et 2 de sulfure; il est opaque, d’un rouge jaune. Le foie d'antimoine contient 8 parties d’oxyde et 4 de sulfure ; il est opaque et d’un brun foncé. Ces divers composés sont employés pour la préparation de l’émétique et dans la médecine vétérinaire. Le kermès minéral et le soufre doré d'antimoine. réservés à la médecine humaine, sont également des mélanges de sulfures et d’oxyde d’antimoine obtenus généralement par voie humide (voyez Kermès).
Sulfure c?’ow^2?7?ome(Sb2S®), analogue de l’oxyde d’antimoine que l’on rencontre dans la nature en filons dans les terrains anciens, et qui forme le seul minerai d’antimoine. Il est toujours cristallisé, le plus souvent en masse confuse, quelquefois en cristaux isolés, appartenant au système prismatique droit à base rhombe. 11 est gris foncé, doué d’un éclat métallique prononcé, trèsfusible, donne des vapeurs abondantes au rouge blanc et peut se distiller dans un courant d’azote. Sa densité est de 4,62.
Chauffé au contact de l’air, il se grille facilement en donnant de l’acide sulfureux et de l’oxyde d’antimoine pur ou mêlé de sulfure non décomposé.
L’hydrogène et le carbone le décomposent au rouge, en donnant de l’acide sulfhydrique ou de l’acide sulfocarbonique (sulfure de carbone) et de l’antimoine plus ou moins pur. Le fer, le zinc, le cuivre, le décomposent également, et le premier métal est généralement employé à l’extraction de l’antimoine. L’acide chlorhydrique concentré donne avec lui du chlorure d’antimoine et de l’acide sulfhydrique; l’acide sulfurique concentré et bouillant donne de l’acide sulfureux, et l’acide azotique de l’acide sulfurique et de l’oxyde d’antimoine insoluble. Les alcalis caustiques ou carbonatés l’attaquent également par voie sèche ou par voie humide en donnant des oxysulfures.
La poudre d’antimoine, appelée kolil en arabe, est employée par les femmes d’Orient pour se teindre les sourcils en noir. Les femmes grecques et romaines l’employaient au môme usage, d’où le nom de platyophthaU mon (grand œil) qu’il portait anciennement.
Sels d'antimoine. — Formés par la combinaison d’un acide avec l’oxyde d’antimoine ; ils sont tous vomitifs et vénéneux à faible dose. On les reconnaît chimiquement apx caractères suivants ; potasse caustique., précipité blanc d’oxyde d’antimoine hydraté, soluble dans un grand excès d’alcali ; par V ammoniaque et les car- < bonates alcalins., précipité blanc insoluble dans un excès d’alca,li; par le tannin, précipité blanc; par l’aciWe hydrique et le sulfhydrate d’ammoniaque, précipité 1 jaune rougeâtre de sulfure d’antimoine ; par le zinc ou | le fer, précipité noir d’antimoine en poudre. |
Antimoine (Minéralogie). — A l’état natif, on l’a ( trouvé dans la mine de plomb de Sahla, en Suède, à Al- | lemont dans le Dauphiné et dans le Hartz ; il entre dans | la constitution d’un certain nombre de minéraux dont les f principaux sont : (
Antimoine arsenical, d’un gris d’acier, d’une struc- j ture testacée et d’une densité d’environ 6,6 . i
Antimoine oxydé. Autrefois fort rare, ce minerai ar- i rive aujourd’hui abondamment des mines de Seusa,prov. 1 de Constantine (Algérie). (
Antimoine sulfuré ou stibine (Beudant), le plus im- | portant de tous parce qu’on en tire l’antimoine.
ANTIMONIALES. — Sels formés par la combinaison j de l’acide antimonique avec une base. l
ANTIMONIAUX (Médicaments) (Médecine). — Ce sont j
tous les médicaments que la matière médicale a tirés des | préparations antimoniales ; ils sont classés parmi les 4 contre-stimulants les plus employés ; et un effet à peu i près constant de leur ingestion, c’est le vomissement : ! quant aux phénomènes éloignés qu’on observe, les plus constants sont le ralentissement de la circulation et de la respiration ; la sécrétion urinaire augmente , si les 1 antimoniaux ne déterminent ni vomissements ni purga- ^ tions ; du reste, ce 5 préparations assez nombreuses et dont l’action se ressemble, à l’intensité près, produisent ; d’autant plus d’effet qu’ils sont plus solubles, à l’exception peut-être de l’antimoine métallique pur, qui agit ; presque aussi énergiquement que l’émétique, bien qu’il ; soit insoluble. Dans tous les cas, s’il existait une inflam- i mation de la muqueuse gastro- intestinale , non-seule- . ment elle pourrait être augmentée par l’administration des antimoniaux, mais encore les effets indirects des i médicaments ne seraient pas obtenus ; dans ce cas, il . faut donc s’en abstenir; mais toutes les fois que ces contre- ; indications n’existeront pas et qu’on pourra y avoir re- ; cours, ils rendront d’immenses services, dans la pneumonie ; aiguë (surtout le tartre stibié à haute dose), dans le rhu- i matisme aigu, dans certaines hémoptysies, dans le catarrhe des vieillards, dans certaines dyspnées, certaines . suffocations qui accompagnent les maladies du cœur, etc., etc. Les principales préparations antimoniales employées en médecine sont : 1° l'émétique, tartre stibié (voyez Émétique) ; 2° les oxydes (î antimoine, comme expectorants ; 3° le sulfure d'antimoine, peu actif; 4° le kermès ' minéral (hydrosulfate d’antimoine), très-employé comme expectorant: c’est Ib. poudre des Chartreux ; 5° le soufre doré d’antimoine, produit mêlé de kermès et de sulfure d’antimoine plus sulfuré : on l’emploie dans les mômes cas que le kermès ; 6° V oxychlorure d'antimoine (poudre d’Al- . garot) , préparation purgative et émétique; 7° l'antimoine diaphorétique lavé, employé dans les maladies de la peau, et surtout dans les pneumonies; c’est ce qu’on appelle généralement et improprement oxyde blanc d’antimoine; 8° le chlorure d’antimoine (beurre d’antimoine), blanc, solide, mais très-soluble dans une petite quantité d’eau, et constituant un caustique énergique beaucoup employé autrefois et négligé peut-être à tort aujourd’hui;
S° l'antimoine métallique, en poudre porphyrisée, à la dose de 0®'‘,40 à 2 ou 3 grammes, a été employé trèsavantageusement dans la pneumonie et le rhumatisme articulaire (voyez Antimoine [Chimie]). F — n.
ANTIMONIEÜX (Acide), SbO^. — Poudre blanche. Semble devoir n’ôtre considéré que comme une combinaison d’acide antimonique (Sb^O^) et d’oxyde d’antimoine ' i (Sb’-O^). Sb203-f-Sb20° = 4Sb02. En effet, l’acide tartrique lui enlève l’oxyde d’antimoine et laisse l’acide antimonique, tandis que la potasse caustique lui enlève v l’acide antimonique et laisse l’oxyde d’antimoine. C’estI un composé in fusible que l’cn obtient, soit en calcinant l’antimoine à l’air libre, soit en décomposant l’acide an- , timonique par la chaleur. , j
ANTIMONIQUE (Acide), . Bézoard minéral. — \ Combinaison de 2 proportions d’antimoine avec 6 d’oxygène. On l’obtient, soit en traitant l’antimoine par dé ■
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l’eau régale contenant un excès d’acide azotique, soit en décomposant par l’eau le perchlorure d’antimoine.
La constitution moléculaire de l’acide varie suivant le procédé employé pour sa préparation. Par le premier, l’acide est uni à i proportion d’eau et ne peut se combiner qu’avec 1 proportion de base î c est 1 acide tnetücmtiïiioniçue ^ le second fournit 1 acide (xntiYnonique proprement dit, uni à 2 proportions d’eau et pouvant se combiner avec 2 proportions de base. La chaleur enlève leur eau à l’un et à l’autre, et donne l’acide anhydre qui est jaune. Les acides hydratés sont blancs.
ANTIMONTÜRES. — Combinaisons de l’antimoine avec un autre métal ou avec l’hydrogène. On rencontre plusieurs antiraoniures dans la nature, notamment Vantimoniure d’argent {discrase), V antimoniure de plomb [plomb antimonié).
ANTI-ODONT ALGIE (Médecine), du grec anti, contre, odontos, dent, algos, douleur. — Remède propre à combattre les douleurs de dents (voyez Odontalgie).
ANTIPATHES (Zoophytes), Antipathes, Lin., du grec antipathes, contraire; vulgairempt corail noir. — Genre de Polypes à polypiers, famille des Corticaux ; ils sont constitués par un axe inlérieur dont la substance branchue et d’apparence ligneuse est simple ou rameuse, épatée et fixée à sa base; elle est recouverte d’une croûte gélatineuse qui se détruit par la dessiccation, et il ne reste plus que ces axes ou tiges solides, si communes dans les collections qu’elles ornent par l’élégance de leurs ramifications.
ANTIPÉRISTALTIQUE (Physiologie).— C’est l’opposé du mouvement péristaltique : pour faciliter la progression des matières alimentaires dans le canal digestif, l’estomac et les intestins exécutent un mouvement de contraction de bas en haut. Ce mouvement s’appelle péristaltique (voy. ce mot). Lorsque, par une cause quelconque, les intestins se contractent dans un sens opposé, les matières qu’ils contiennent sont rapportées en sens inverse, et c’est par un mouvement antipéristaltique que s’exécute cet acte anormal.
ANTIPHLOGISTIQUE (Médecine), du grec phlogistos, enflammé, et anti, contre. — On donne ce nom aux médicaments destinés à combattre les inflammations. Le traitement antiphlogistique consiste dans l’emploi des saignées locales ou générales, des boissons aqueuses, mucilagineuses et acidulés, des eaux de veau, de poulet, des bains tièdes locaux ou généraux avec les décoctions de son et de plantes émollientes, des cataplasmes, des lavements émollients, dans l’abstinence plus ou moins complète des aliments, etc.
ANTIRRHINIDÉES (Botanique). — Deuxième groupe de la famille des Scrofularinées , établie dans la méthode de De Candolle. Ces plantes ont une corolle à préfloraison imbriquée, bilabiée, à lobes non plissés ; on les subdivise en six tribus : les Calcéolariées,\es Verbascées, les Hémiméridées, les Antirrhinées, que M. Brongniart adopte comme une tribu, les Chélonées et les Gratiolées.
ANTIRRHINUM (Botanique). — On devrait, à Texemple de Pline, écrire anthirrhinon, du grec anthos, fleur, et rin, nez, museau, c’est-à-dire fleur en museau, à cause de sa forme, qui lui a fait donner en français le nom de Mufle
flp liJu fliPT
ANTISGOIiBUTIQUE (Médecine). — Médicaments employés dans le traitement du scorbut. Cette maladie, qui revêt différentes formes (voyez Scorbut), se présente le plus souvent avec des symptômes de cachexie, de mollesse des chairs, de faiblesse générale: cependant elle peut offrir parfois des symptômes inflammatoires qui réclament des moyens spéciaux ; mais ces réserves faites, on peut dire que les antiscorbutiques sont puisés généralement dans la classe des excitants et des toniques; ainsi le sirop antiscorbutique se prépare avec le cochléaria,le trèfle d’eau, la racine du raifort sauvage, le cresson ; de fontaine, les oranges amères, la cannelle, le vin blanc et le sucre; le vin antiscorbutique, en faisant macérer pendant huit jours dans 1 kilogramme de vin blanc, 30 grammes de racine de raifort sauvage, 15 grammes de feuilles de cochléaria, et autant de trèfle d’eau et de graines de moutarde noire, 8 grammes de sel ammoniac et 15 grammes de teinture de cochléaria; on passe avec expression et on filtre. Enfin ou obtient les sucs antiscorbutiques, avec parties égales de feuilles de cochléaria, de trèfle d’eau et de cresson. Quelquefois on ajoute à ces moyens le houblon, la fumeterre, le quinquina, la gentiane, la quassia amara, etc., le changement de climat, d’air, de pays sont des auxiliaires puissants des médicaments antiscorbutiques. F — n.
ANTISGROFULEUX (Médecine). — On désigne ainsi des substances employées pour combattre les scrofules ; elles appartiennent presque toutes à la classe des amers et des toniques en général. Mais celles que l’on administre avec le plus de succès aujourd’hui, sont les préparations d’iode et l’huile de foie de morue ou de squales. Parmi les principales préparations antiscrofuleuses, nous citerons : 1“ la teinture de gentiane; racine de gentiane, 30 grammes ; carbonate d’ammoniaque, 8 grammes ; alcool, 1000 grammes; faites macérer pendant huit jours, passez, filtrez; la, dose est de 1 cuillerée ou 2 par jour; 2" on prépare V Élixir antiscrofuleux de Peyrilhe, en remplaçant les 8 grammes de carbonate d’ammoniaque par 10 grammes de carbonate de soude, môme dose ; 3® on fait aussi des pilules antiscrofuleuses, dans lesquelles entrent la scammonée, le sulfure noir de mercure, l’oxyde blanc d’antimoine, le savon médicinal, et môme les cloportes préparés. F — n.
ANTISEPTIQUE (Médecine), du grec anti, contre, et septikos, qui engendre la putréfaction. — On donne ce nom aux remèdes qui s’opposent à la putréfaction ; plusieurs maladies offrent une tendance particulière à une dissolution putride ; ainsi les fièvres typhoïdes, le typhus, les fièvres des camps, des prisons, le scorbut, la gangrène, etc. Un grand nombre de moyens peuvent être employés dans ce cas, tels sont : le froid, les poudres absorbantes comme le charbon, le quinquina, le coaltar ou goudron de houille, les acides plus ou moins concentrés, les toniques tels que le quinquina, les astringents, les amers, les aromatiques, les alcooliques, etc.
ANTISPASMODIQUE (Médecine), du grec anti, contre, et spasmos, spasme. — Remède employé contre les spasmes ou les convulsions. Le spasme peut reconnaître différentes causes. Ainsi il peut tenir à une excitation générale, à la pléthore sanguine, etc. Il peut dépendre de l’affaiblissement, de l’atonie ; souvent les spasmes sont produits par les poisons âcres; enfin l’hystérie, la danse de Saint-Guy, l’épilepsie, en sont fréquemment la cause. On doit donc être extrêmement réservé dans l’emploi des médicaments propres à combattre une affection qui reconnaît des causes aussi diverses. D’après ce qui précède, nous diviserons les antispasmodiques en : 1° ceux qui ont pour effet de diminuer l’excitation nerveuse, tels que les débilitants, les calmants, les bains, les narcotiques, les odeurs fétides comme Tassa fœtida et le castoreum, la saignée ; ceux qui sont pris dans la classe des stimulants : ainsi les huiles essentielles, volatiles, empyreumatiques, ammoniacales, la corne de cerf brûlée, l’huile animale de Dippel ; 3° enfin les toniques, le quinquina, les ferrugineux, les aromatiques, et généralement les amers (voyez Spasme). F — n.
ANTISPASTIQUE (Médecine), du grec anti, contre, et spastikos, sujet aux spasmes (voyez Antispasmodique).
ANTITHÉNAR (Anatomie), du frec anti, opposé, et thénar, paume de la main, — G’est cette partie de la main qui s’étend de la base du petit doigt au poignet, à l’opposé de la paume de la main.
ANTITRAGUS (Anatomie), du grec anti, opposé, et de tragos, bouc. — Languette triangulaire qui limite la conque de l’oreille en arrière et en bas, à Topposite du tragus.
ANTOFLE ou Anthofle (Botanique). — On donne ce nom aux fruits du Giroflier [Cary ophy Uns aromaticusy Lin.), arbre de la famille des Myrtacées. Us sont oblongs, arrondis, noirâtres, de la grosseur du gland, et renferment une amande ovoïde noire, dure, fortement imprégnée d’une matière gommeuse. Ges fruits, que Ton nomme aussi clous-matrices, mère des girofles, ont une odeur agréable, aromatique, et constituent, confits dans le sucre, un excellent dessert auquel on attribue des propriétés stomachiques et digestives.
ANUS (Zoologie), mot latin passé dans notre langue et qui désigne l’ouverture terminale de l’intestin, par laquelle sont rendus les excréments. — Gette ouverture est munie d’un sphincter ou anneau musculeux qui empêche que les matières ne s’échappent involontairement. L’anus présente des différences marquées dans toute la série animale : ainsi^ dans la plupart des Mollusques, il est situé dans un point plus ou moins rap proché de la bouche (la sèche, la limace, etc.) ; d’autres fois il est sur les côtés du corps. Les Insectes et les Grustacés et en général, les Annélides, Tonl à la partie postérieure du corps. Un assez grand nombre de Zoophytes n’ont pas d’anus; ils n’ont qu’une seule ouverture par laquelle ils prennent leurs aliments et eu rejettent le résidu.