H8 ARD
Arbre a la pistache. — Voyez Staphylier.
Arbre au poivre. — Nom vulgaire de \' A gnus castus (voyez ce mot), et du Poivrier du Pérou (Schinus molle, Lin.). Arbrisseau de la famille des Anacardiacées, et dont les fruits ont une saveur aromatique poivrée ; cet arbre n’a rien de commun avec le Poivrier [Piper, Lin.).
Arbre puant. — Voyez Fétidier, Stergulier.
Arbre aux quarante écur. Le Ginko bilobé ou Salisburia à feuilles de capillaire [Ginko biloba, Lin., Salisburia adiantifolia, Smith). — Arbre du Japon nommé ainsi, parce qu’à l’époque de son introduction en Europe, en 1754, les pépiniéristes le vendaient 40 écus. On l’a nommé aussi Arbre de Gordon, parce que Gordon passe pour le premier botaniste qui l’ait fait connaître en Europe (voyez Ginko).
Arbre saint. — L’un des noms vulgaires de VAzédarach (voyez ce mot).
Arbre a sang. — Voyez Millepertuis.
Arbre de soie. — Nom vulgaire de l’Acacia julibrissin, Willdw (voyez Acacia), qui lui a été donné à cause des longs et soyeux filaments de ses étamines.
Arbre a suif. — Espèce de Stillingie [Stillingia sebifera, Michx, Croton sebiferum, Lin.). Genre de plantes de la famille des Euphorbiace'es. Les graines de cet arbre sont entourées d’une épaisse couche de matière grasse trèsblanche qui, mélangée avec de l’huile de lin et de la cire, est employée à la confection des bougies en Chine et au Japon. L’arbre à suif est aussi cultivé aux États- Unis pour cet usage.
Arbre de Saint-Thomas. — Les chrétiens de l’Inde avaient donné ce nom au Bauhinier panaché [Bauhinia variegata. Lin.), parce qu’ils croyaient que les fleurs pourpres de cet arbre avaient été teintes du sang de saint Thomas (voyez Bauhinia).
Arbre triste [Ai^bor tristis, Lin.). — Espèce du genre Nyctanthes appartenant à la famille des Apocynées. Ses belles fleurs blanches et d’une odeur suave restent constamment closes pendant le jour. A peine la nuit est-elle venue, que leur épanouissement commence. Le mot nyctanthes vient du grec nux, nuit, et anthos, fleur. Cet arbre est originaire de l’Inde.
Arbre aux tulipes. — Voyez Tulipier.
Arbre a la vache ou Arbre a lait. — Espèce du genre Brosime [Brosimum, Swartz), appartenant à la famille des Artocarpées. C’est le Brosimnm galactodendron, D. Don [Galactodendron utile, Humb. et Bonpl.). — Galactodendron vient de deux mots grecs qui signifient littéralement arbre à lait. Cet arbre atteint une grande dimension. Ses feuilles sont alternes, oblongues, pétiolées ; ses fruits sont verts, globuleux, de la grosseur d’une noix. C’est à Caracas que croît abondamment l’arbre à la vache, duquel on obtient par incision un liquide qui a beaucoup d’analogie avec le lait de vache. Il est alimentaire comme ce dernier et sa saveur est un peu balsamique. MM. Rivero et Boussingault ont fait une étude très-savante de ce suc.
Arbre a velours. — Nom donné au Veloiitier ou Pittone argentée [Tournefortia argeniea. Lin.), à cause du duvet blanc, soyeux et très-épais, qui recouvre cet arbrisseau.
Arbre au vermillon. — Nom vulgaire du Chêne au kermès (voyez Chêne).
Arbre au vernis. — Voyez Vernis, Badamier.
Arbre de vie. — Nom donné aux espèces du genre Thuya (voyez ce mot), à cause de leur verdure perpétuelle.
Arbre du voyageur. — Ainsi nommé parce que lorsque l’on coupe ses feuilles au bas du pétiole il s’en écoule un liquide limpide très-rafraîchissant, qui est d’un grand secours aux voyageurs à Madagascar. Cette espèce, qui appartient à la famille des Musacées, est le Ravenale de Madagascar [Ravenala Madagascafiensis, Poiret, Uriana ravenala, L. C. Richard). G — s.
Arbre de Diane ou Arbre philosophique (Chimie). — Nom donné par les alchimistes à un amalgame d’argent cristallisé en petites houppes brillantes réunies en forme de végétations, que l’on obtient en abandonnant pendant quelques jours du mercure dans une dissolution un peu concentrée de nitrate d’argent. Le mercure décompose peu à peu le nitrate, s’y substitue à l’argent, et l’argent réduit, s’unissant au mercure en excès, forme ces végétations.
Arbre de Saturne. — Dépôt de plomb métallique et cristallisé présentant quelque apparence d’une végétation minérale, et que l’on obtient en abandonnant une lame de zinc suspendue dans une dissolution d’acétatc de plomb.
Arbre de couche. — Voyez Mouvements (Transformation des).
Arbre de vie (Anatomie). — On donne ce nom à l’aspect que présentent certaines coupes du cervelet; en effet, si on le coupe verticalement d’avant en arrière, il résulte des dispositions particulières de la substance grise et de la substance blanche, une figure élégante connue sous le nom à' Arbre de vie, probablement à cause de sa ressemblance avec le feuillage du Thuya ou Arbre de vie; d’autres pensent que c’est à cause de l’importance donnée à cette structure du cervelet. Cette coupe peut s’exécuter de deux manières : ou sur la ligne médiane, et on : a V Arbre de vie médian; ou sur les côtés, et on a V Arbre de vie des lobes latéraux. F — n.
Arbres (Économie rurale). — Les arbres peuvent être classés de la manière suivante, au point de vue de la nature des produits qü’on veut en obtenir :
Arbres et arbrisseaux forestiers, cultivés pour leur : bois :
A feuilles caduques (Hêtre, etc.); ;
A feuilles persistantes (Chêne-vert, etc.); '
Résineux (Pins, etc.). |
Arbres et arbrisseaux d'' ornement, cultivés pour l’or- i nementdes parcs, jardins et promenades publiques.
Arbres et arbrisseaux économiques, cultivés pour des ; usages autres que ceux indiqués dans les autres divisions :
A soie (Mûrier, etc.);
A écorce (Chêne-liége, Sumac, etc.);.
A parfums (Rosiers, Jasmins, etc.). i
Arbres et arbrisseaux fruitiers, cultivés pour leurs ' fruits : j
A fruits propres aux boissons fermentées (Pommier» j Vigne, etc.); j
A fruits de table ; j
A fruits oléagineux (Olivier, etc.). A. du Br. i Arbres verts (Botanique). — On donne ce nom aux arbres dont les feuilles, se conservant pendant l’iii- i| ver, sont dites persistantes . Tels sont le Lierre, le Laurier- jj cerise, les Yeuses, l’Arbousier, les Houx, certains Chê- l| nés, etc., etc. Ces feuilles devraient plutôt être nommées | bisannuelles ou trisannuelles, car elles finissent toujours | par tomber à leur deuxième, ou, au plus tard, à leur j troisième année. Si ces arbres ou arbrisseaux sont nom- i més arbres toujours verts [sempervir entes), c’est que J leurs feuilles, au lieu de tomber toutes à la fois en automne, comme celles de la plupart des végétaux, se re- i nouvellent graduellement et partiellement, en sorte que j le feuillage a toujours le môme aspect. :
Ce sont surtout les arbres de la famille des Conifères, les Pins, les Sapins, les Ifs, les Cèdres, les Cyprès, etc.» j etc., qui sont Arbres verts, parce que le carao 4
tère des feuilles persistantes se trouve général dans la ! famille. G — s. i
ARBRISSEAU (Botanique). — On nomme ainsi des ^ végétaux ligneux» ramifiés de la base, comme les arbres, 1 mais différant par la taille beaucoup moins élevée que j celle des arbres proprement dits. On n’a pas de carac- | tères bien tranchés pour différencier les arbrisseaux d’a- j vec les arbres. Le caractère de ramification, dès la base, î ne peut pas être adopté, car il arrive souvent que les I arbrisseaux ont une tige ou tronc simple, tandis que des ‘ végétaux qui, par leurs dimensions, peuvent être classés j dans les arbres, présentent des ramifications dès leur ' partie inférieure. Les Lilas, les Noisetiers, le Sureau, i sont des arbrisseaux. Dans le jardinage, on est convenu *■ de donner le nom d'ai'brisseau à tout végétal ligneux i présentant les caractères de l’arbre, mais offrant une élévation de 0“ ,50 à 4 mètres. On tient compte, bien entendu» ; de la dimension proportionnée de la tige.
Arbrisseau (Sous-) (Botanique). — Terme par lequel on désigne tout végétal un peu ligneux, mais ne dépassant 3 pas la moitié de la hauteur d’un homme. Les sous-arbrisseaux tiennent le milieu entre les arbustes et les plantes herbacées. Leurs tiges sont ligneuses inférieure- < ment, se ramifient dès la base et 'persistent, tandis que ) les jeunes rameaux herbacés se détruisent tous les ans. d La Vigne-vierge, le Mille-pertuis, la Rue, etc., sont des i sous- arbrisseaux .
ARBUSTE (Botanique). — On désigne sous ce nom les végétaux dont la tige ligneuse, ramifiée, ne dépasse guère | 1 mètre de hauteur. Les arbustes représentent le port 5 d’un arbre en miniature. Ce qui les distingue des arbris- i-( seaux, avec lesquels on les confond souvent, c’est leur 4 développement, qui ne se fait pas par des bourgeons ‘ comme dans ces derniers.
ARC
ARC
ARC (Anatomie), du latin arcus^ arc. — U arc du côlon est cette portion du gros intestin qui s’étend du côlon lombaire droit au côlon lombaire gauche; on la nomme aussi côlon transverse.
Arc sénile (Pathologie), altération de la cornée qui paraît résulter d’un dépôt de granulations graisseuses : il se développe toujours également sur les deux yeux.
Arc (Géométrie). — Portion limitée d’une ligne courbe quelconque. La droite qui joint les deux extrémités d’un arc s’appelle sa corde. La flèche est la perpendiculaire abaissée sur la corde, du point de l’arc qui en est le plus éloigné; dans le cas d’un arc de cercle, la flèche joint le milieu de l’arc au milieu de la corde.
Les arcs de cercle (qu’on devrait appeler des arcs de circonférence) sont l’objet de plusieurs théorèmes que la géométrie démontre, et dont voici les énoncés :
Dans un môme cercle ou dans des cercles égaux (c’està-dire de môme rayon), deux angles au centre égaux comprennent entre leurs côtés des arcs égaux, et vice versâ.
Dans un môme cercle ou dans des cercles égaux, deux arcs égaux sont sous-tendus par des cordes égales , et vice versâ. On appelle arc d’un degré un arc égal à la 3G0® partie de la circonférence à laquelle il appartient ; Varc d’une minute est la 60® partie de l’arc d’un degré, et Varc d’une seconde^ la 60® partie du précédent. La longueur d’un arc s’estime donc parle nombre de degrés, de minutes et de secondes qu’il renferme.
Deux arcs de cercle qui ont le môme centre sont dits concentriques. Le centime d’un arc de cercle s’obtient par le point de rencontre des perpendiculaires élevées aux milieux des cordes de deux parties quelconques de cet arc.
Deux arcs semblables sont deux arcs de cercle qui renferment le même nombre de degrés ou fractions de degré.
Un arc de courbe quelconque est dit convexe quand il ne peut être coupé par une droite qu’en deux points.
La coMrÔMre (voyez ce mot) d’un arc convexe quelconque est l’angle des tangentes aux deux extrémités de cet arc, eu, ce qui revient au môme, l’angle des deux normales (voyez ce mot) à ces extrémités. Si cet angle est, par exemple, d’un degré, on dit que l’arc lui-m.ême est un arc d’un degré.
ARG-EN-GIEL, Iris (Météorologie). — Arcs lumineux teints des couleurs du prisme, dont le centre est situé sur le prolongement de la ligne qui va du soleil à l’œil de l’observateur; on les voit apparaître quand un nuage se résout en pluie dans la région du ciel opposée à celle qui est occupée par le soleil, et que ce nuage est frappé par les rayons solaires. Ges arcs sont généralement au nombre de deux. L’arc intérieur est celui dont les couleurs sont les plus vives et les plus pures; le violet s’y montre en dedans, le rouge en dehors. La disposition inverse a lieu dans l’arc extérieur, qui manque souvent et est toujours plus pâle.
L’arc-en-ciel est produit par la réfraction des rayons solaires dans des gouttes d’eau ; aussi peut-on l’apercevoir près des cascades, des jets d’eau ou derrière les roues des bateaux à vapeur.
Des rayons solaires tombent sur des gouttes d’eau {fg. I9t); une partie en est réfléchie, l’autre pénètre dans l’eau, après avoir subi une déviation dans sa direction, et éprouve dans l’intérieur de la goutte une ou deux réflexions, comme on voit sur la figure en u, r pour Tare intérieur et vs et rt pour l’arc extérieur. Les rayons solaires qui couvrent la goutte d’eau émergent ainsi dans les directions les plus diverses, et leur divergence les rend bientôt iniperceptibles ; mais il existe pour chaque goutte une position du rayon incident telle que les rayons les plus voisins émergent dans des directions parallèles et conservent par conséquent leur intensité à toute distance. Ge sont ces rayons appelés efficaces qui produisent l’ arc-en-ciel. Pour les rayons rouges, l’angle formé par les rayons incidents et la droite qui va à l’œil de l’observateur O est de 42“ 2', s’il n’y a qu’une réflexion intérieure, d’où il suit que toutes les gouttes d’eau qui sont situées sur la surface d’un cône dont l’axe passerait par le soleil et par l’œil de l’observateur et dont l’angle au sommet serait de 42“ 2' enverront à cet observateur des rayons rouges efficaces, et dessineront pour lui un arc lumineux rouge. Ghacun des rayons colorés qui constituent la lumière blanche donnera lieu à un effet semblable ; mais comme ces rayons sont inégalement réfractés par l’eau, l’angle de déviation changera pour chacun d’eux; il ne sera plus que de 40“ 17' pour les rayons
violets. A chaque couleur correspondra donc un arc distinct, et la juxtaposition de tous ces arcs concentriques constituera l’arc-en-ciel intérieur. L’arc-en-ciel extérieur est dû à une semblable cause; seulement les rayons effi-
Fi?:. 191 — Arc-cn-ciel.
caces ont subi deux réflexions dans chaque goutte d’eau avant d’éprouver leur seconde réfraction, ce qui renverse l’ordre des teintes et en diminue considérablement l’éclat.
Le point culminant de l’arc-en-ciel intérieur faisant dans le plan vertical un angle de 42“ 2' avec la direction des rayons solaires, si le soleil est élevé au-dessus de l’horizon d’un angle supérieur à 42“, l’arc-en-ciel sera compris en entier au-dessous de l’horizon et deviendra invisible pour nous, à moins que l’on n’observe d’une position très-élevée; aussi ne voit-on habituellement le phénomène que le soir ou le matin.
La lumière de la lune donne lieu quelquefois, mais rarement, à des ai’cs-en-ciel toujours pâles.
Antonio de Dominis, archevêque de Spalatro, est le premier qui ait tenté d’expliquer le phénomène de l’arcen-ciel par une réflexion de la lumière à l’intérieur des gouttes de pluie, dans son traité De radiis visûs et lucis (Venise, 16 1 1 ). Mais la véritable théorie en a été donnée pour la première fois par Descartes, dans sa Dioptrique^ sauf en ce qui regarde la cause des couleurs, qui ne fut révélée que par la grande découverte de Newton sur l’inégale réfrangibilité des divers rayons colorés.
ARGAGÉES (Zoologie), du latin area, coffre.— Famille de Mollusques, que deBlainville a formée du grand genre Area, de Linné. Elle se compose des Nucules, des Pétoncles, Arches et des Cucullées, auxquelles plusieurs auteurs ont ajouté les Trigonies, queLamarck, toutefois, n’a pas voulu y admettre. Guvier, dans le Règne animal, a conservé la division de Linné, en plaçant le genre Arche [Area) dans les Acéphales testacés, famille, des Ostracés à muscles valvaires (voyez Arche).
ARGADE (Anatomie). — On nomme Arcade alvéolaire ou dentaire, l’espèce d’arc que forment les alvéoles et les dents sur le bord libre des os maxillaires; A. orbitaires, les bords saillants des orbites; A. sourcilières, les saillies du coronal qui répondent aux sourcils. L’A. crurale est un repli formé par l’aponévrose abdominale à sa partie inférieure, qui est fixé d’une part à l’épine iliaque antérieure, de l’autre au pubis. Les A. palmaires profonde et superficielle sont formées dans la paume de la main par les veines et artères radiales et cubitales; les A. plantaires par les veines et artères plantaires. L’A. zygomatique est formée par la réunion de l’angle postérieur de l’os malaire avec l’apophyse zygomatique du temporal .
ARGANSON (Agriculture). — On donne vulgairement ce nom à la résine de térébenthine, ou résine commune du comn.erce (voyez Colophane).
ARGHANGÉLIQÜE (Botanique), Archangelica,^oVim., du grec archos, chef, c’est-à-dire la meilleure des an- . géliques. — Genre de plantes de la famille des OmbellifèreSj tribu des Angélicées. Il comprend des herbes vivaces à feuilles pennîséquées, pétiole très-ample, 5 pétales, 6 étamines alternes avec eux {fig. 192, A). Les fleurs, blanches ou verdâtres, ont un involncre souvent peu apparent et un invoUicelle polyphylle latéral. L’.4.
ARC
ARG
officinale, Angélique des boutiques, Angélique cultivée (a, officinalis, Hoffm., Angelica archangelica, Lin.) est une plante qui s’élève souvent jusqu’à 1“,50. Ses tiges sont glabres, arrondies, striées {fig. i92j; ses feuilles
Fij. 192. — Ardiaiigcliqiie officinale (vulgairement Angélique). A, une fleur de grandeur naturelle.
penniséquées, sont à segments larges ; la gaine du pétiole est très-dilatée ; fruit biloculaire, en deux coques qui restent suspendues au sommet de la columelle B. Cette espèce croit particulièrement dans le nord de l’Europe. Cependant on la rencontre aussi dans les montagnes de la Suisse et dans les Pyrénées. Elle est très-aromatique, et dans certains pays on emploie ses tiges comme aliments. On les fait confire, et ainsi préparées, elles sont un condiment tonique et stomachique. Des semences de cette plante on tire une teinture, un baume et une huile suivant différentes préparations. La racine est employée en médecine comme diurétique et sudorifique. Elle entre dans la composition de l’eau de mélisse des Carmes et dans plusieurs autres médicaments. G — s.
ARCHE (Zoologie), Area, Lin. — Genre éé Acéphales famille ÙQsOstracés; elles ont deux muscles aux
Fig. 193. — Arche bistournée.
valves, qui sont égales, transverses ; la cliarnière est sur le long côté, elle est finement dentée, pour làciliter l’en-
grènement; ligament extérieur; la plupart vivent enfermées dans le sable, à peu de distance des côtes. Toutes les espèces sont marines. Ce genre comprend comme sous-genres les A. proprement dites, les Cucullées, les Pétoncles, les Nucules.
Arche proprement dite. — Un des sous-genres du genre précédent, caractérisé par la charnière rectiligne ; coquille plus allongée dans le sens parallèle à la charnière ; le milieu des valves ne ferme pas bien ; un ruban tendineux lui tient lieu de pied, pour adhérer aux corps sous-marins. On en trouve quelques espèces dans la Méditerranée. Les plus remarquables et les plus recherchées des amateurs sont VA. bistournée {A. tortuosa, Chemn.) {fig. 193); elle est de couleur roussâtre ou d’un blanc sale, et VA. demi-torse, plus grande que la précédente et qu’on trouve à la Nouvelle-Hollande.
ARCHÉE (Physiologie), du grec archê, principe, pouvoir. — Ce nom, inventé selon les uns par Basile Valentin, selon d’autres par Paracelse, fut adopté par Van Helmont qui en étendit la signification. Pour lui l’archée représente à l’esprit le principe intérieur de nos mouvements et de nos actions; l’archée et la matière sont les causes naturelles de tout. La matière reçoit de l’archée le mouvement, l’ordre, la disposition, la figure; c’est l’agent intérieur qui la pénètre, l’esprit qui l’agite, l’élabore, la transforme, l’altère, la change. Elle préside à l’odorat, au goût, au choix des aliments, au jeu régulier de tous les organes, à l’exécution de toutes les fonctions. Outre cette archée dominatrice dont Van Helmont place le siège à l’orifice supérieur de l’estomac, il y en a d’autres secondaires dans chacun des viscères, et qui sont dans la dépendance de l’archée principale. Les ordres de celle-ci sont ponctuellement exécutés, et si par hasard quelques-uns de ces subalternes manquent à l’obéissance, il en résulte des troubles, des désordres dans l’économie, qui peuvent engendrer des maladies. On voit que sous la forme poétique que Van Helmont a su leur donner, ces idées diffèrent bien peu de celles des animistes, des vitalistes, etc. 11 n’y a guère de changés que les mots, et c’est toujours, en dernier résultat, le grand problème tant cherché et à jamais insoluble du principe de la vie. F — n.
ARCHÉR (Zoologie), Toxotes, Guv., motgrec qui signifie archer. — Genre de Poissons acanthoptérygiens squammipennes, voisin et à la suite du groupe des Chœtodons dont ils ont encore les nageoires écailleuses (voyez Ghetodon, et Squammipenne) ; ruais ils en diffèrent par les dents qui revêtent les palatins et le vomer. Gorps court et comprimé ; dorsale très-reculée sur le dos, à épines très-fortes; 0 rayons aux ouïes, des dentelures très-fines au bord inférieur du sous-orbitaire et du préopercule. La seule espèce connue, VA. sagittaire {Toxotes jaculat or, Guv., Labrus jaculator, Shaw), de Java, est devenu célèbre par l’instinct qu’il a de lancer quelquefois à 1 mètre de hauteur des gouttes d’eau sur les insectes qui se tiennent sur les herbes aquatiques et de les faire tomber dans l’eau pour s’en saisir. Il partage du reste avec le Chœtodon rostratus. Lin., cette propriété, qui le fait rechercher des habitants de Java et des Ghinois; ils l’élèvent comme objet de curiosité, afin de lui voir exercer son adresse, en mettant sur des fils ou des bâtons suspendus à sa portée les mouches et les fourmis qu’ils lui destinent. 11 a 0”“,12 à 0“,l5 de longueur.
ARGHIATRE (Médecine), du grec aixhé, puissance, et iafros, médecin. — Ge mot d’Archiâtre veut- il dire le premier médecin ou le médecin du prince ? Gette dernière opinion a prévalu, et déjà sous les empereurs romains, Andromaque, médecin de Néron, portait le titre à' Archiâtre : il en avait été de môme d’Antonius Musa, médecin d’Auguste, auquel le sénat avait fait élever une statue en face de celle d’Esculape, pour avoir guéri l’empereur d’une maladie grave; cette marque de la reconnaissance publique mérite d’être citée de nos jours. Ghariclès, médecin de Tibère, n’était pas tout à fait aussi bien traité, car ayant un jour saisi la main de l’empereur pour la baiser en signe de reconnaissance, celui-ci, croyant qu’il voulait lui tâter le pouls, lui intima durement l’ordre de rester tranquille. Si des empereurs romains nous passons aux rois de France, il paraît certain que le môme titre a été accordé à leurs médecins, dont quelques-uns ont môme reçu celui de Archiatrorum cornes : nous citerons parmi les archiâtres, Tranquillinus, médecin de Glovis ; le juif Sédécias, médecin de Gharles le Ghauve; Adam Fumée, maître des requêtes et garde des sceaux, médecin de Gharles VII et de Louis XI ; le fameux Jacq. Gottier ou Goctier ou Goitier, président de la chambre des comptes, médecin du môme Louis XI ; François Mi-
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ron, médecin de Charles VIII ; Jean Fernel, de Henri II; Vidus Vidius, de François I®''; Charles Bouvard, de Louis XIII; Fagon, de Louis XIV; Lemonnier, de Louis XVI ; Corvisart, de Napoléon Ier. F — pj,
ARCHIMÈDE (Principe d’) (Physique), ainsi désigné du nom du philosophe grec qui le découvrit le premier. — Ce principe consiste en ce que un corps plongé dans un fluide quelconque (air, eau, etc.) est poussé de bas en haut avec une fo'n'ce égale à celle du poids du fluide qu'il déplace. Si le poids du corps est supérieur au poids d’un môme volume du fluide, ce corps tombe avec une force égale à la diflérence des deux poids. Un décimètre cube de houille pèse dans l’air l’‘,3‘28, un décimètre cube d’eau pèse 1 kilog. ; la houille placée dans l’eau n’y tombera donc qu’avec une force de 01^,328, et semblera n’y peser que 0“,328. Si le poids du corps est moindre que le poids d’un égal volume de fluide, comme cela a lieu pour le liège et l’eau, pour un ballon plein d’hydrogène et pour l’air, ce corps étant poussé de bas en haut avec une force supérieure à son poids, qui tend à le faire tomber, s’élèvera au contraire jusqu’à ce que l’équilibre se soit rétabli entre les deux forces. C’est sur ce principe que sont fondées la théorie des corps flottants et celle des ballons, l’explication du mouvement ascensionnel de l’air dans les cheminées, la détermination des densités des corps, etc.
On peut donner du principe d’Archimède une démonstration purement expérimentale. L’appareil employé
Fig. 19k — Domoiistiatioii du principe d’Archimède.
à cet usage se compose {fig. 194) d’un cylindre creux A et d’un cylindre plein B dont le volume est égal à la capacité du premier. Le cylindre plein est attaché par un fil audessous du cylindre creux, et celui-ci est suspendu à l’un des plateaux M d’une balance E, dont l’autre plateau est chargé de poids de manière à ce que l’équilibre soit établi. Si dans cet état on passe un bassin V au-dessous des cylindres et qu’on y verse de l’eau, dès que l’eau atteint le cylindre inférieur, l’équilibre est rompu, la balance incline du côté des poids, comme si les cylindres étaient devenus moins lourds ; on peut rétablir cet équilibre en versant de l’eau dans le cylindre creux à mesure que le cylindre plein baigne davantage. On trouve à la fin que l’équilibre persiste lorsque, le cylindre inférieur plongeant tout entier dans l’eau, le cylindre supérieur a été en entier rempli d’eau. La perte de poids du cylindre immergé est donc exactement compensée par l’addition d’un volume d’eau égal au volume de ce cylindre.
On peut également rendre sensible par l’expérience la perte de poids apparente éprouvée par les corps, par 1 effet de leur immersion dans l’air ou les gaz. Aux deux ex-
Baroscope.
trémités du fléau d’une balance très-sensible, on susp'end une petite balle de cuivre et une boule de liège beaucoup plus volumineuse, d’un poids tel que l’équilibre existe entre ces deux corps. Si l’on introduit sous une cloche de verre ce petit appareil appelé baroscope (/î^MOS), et qu’on fasse le vide autour de lui, la balance incline d’une manière trèssensible du côté de la sphère de liège. Celle-ci pèse donc plus dans le vide que la balle de cuivre, et si l’équilibre a lieu dans l’air, c’est que le liège, déplaçant un volume de gaz plus considérable que la balle, est plus fortement poussé do bas en haut ou subit une perte de poids plusgrando que cette balle. Si , après avoir fait le vide dans la cloche, nous la remplissions d’acide carbonique, nous verrions la balance incliner, au contraire, du côté de la balle de cuivre, parce qu’à volumes égaux l’acide carbonique pèse plus que l’air. M. D.
Archimède (Vis d’]. — Voyez au Supplément .
ARGTIE (Zoologie), du grec arktos, ours. — Genre à' Insectes lépidoptères , famille des Nocturnes, dépendant du grand genre des Phalènes de Linné, section des Faux Bombyx de Cuvier, établi par Schrauk, qui lui a donné ce nom parce que, dans plusieurs espèces, la chenille est noire et velue comme un ours. Ce genre constitue le sous-genre des Écailles de Geoflroy, adopté par Cuvier, et des Chélonies de Godard ; il a été conservé par Latreille ; il diffère des Bombyx par la présence d’une trompe, et des Callimorphes par ses antennes qui sont pectinées dans les mâles, avec les deux filets courts et ordinairement disjoints : les ailes sont en toit, les palpes inférieurs très-velus et la trompe courte. Les chenilles ont IG pattes. U A. chrysorrhée, Écaille queue ii’or de Cuvier, {Bombyx chrysorrhœa , Y déo.]. Phalène blanche à cul brun d’Engramelle, longue d’environ 0"*,02, a les ailes blanches, sans tache ; sa chenille, désignée sous le nom de Commune, parce qu’on la trouve abondamment dans nos bois, dans nos jardins, dépouille quelquefois de leurs feuilles des forêts entières ; c’est un vrai fléau. VA. cul doré {Bombyx auriflua, Fab.), est la Phalène blanche à cul faune; sa chenille vit sur les arbres fruitiers, dont elle ronge les boutons. VA. caja {Bombyx caja, Fab.), Ecaille martre d’Engramelle; aies ailes supérieures brunes, les ailes inférieures et le dessus de l’abdomen rouges. Sa chenille vit sur l’ortie, la laitue ; on l’appelle aussi Y Hérissonne, YOurs, le Lièvre.
ARCTIQUE (Pôle). — C’est le pôle nord ou boréal, seul visible en Europe ; le pôle sud ou austral s’appelle aussi antarctique (voyez Ciel).
ARCTOMYS (Zoologie), du grec arktos, ours, et mus, rat, rat-ours. — Nom donné par Gmelin au genre Marmotte (voyez ce mot).
ARCTONYX (Zoologie), du grec arktos, ours, et onux, ongle. — Nom donné à un Mammifère carnassier plantigrade, plus connu sous le nom de Bali-Saur, blaireau de l’Inde (voyez ce mot).
ARCTOTIDÉES (Botanique). — Sous-tribu des Calendulacées, dans la famille des Composées, d’après M. Brongniart. De Candolle en fait une sous-tribu de la tribu des Cinarées. Ce sont des plantes à capitules multiflores, à fleurs femelles ou neutres, akènes turbinés ; aigrettes entourées d’un rebord saillant. Cette sous-tribu, qui a pour type le genre Arctotis, Gærtn., comprend des plantes la plupart originaires du cap de Bonne-Espérance et qu’on cultive dans nos serres. Elles ont l’aspect du souci. Genres principaux : Arctotis, Gærtn. ; Venidium, Less. ; Gærtn. ; Gazania, Gærtn. (Voyez
Thunberg, Arctotis, Ûpsaliœ, 1799.) G — s.
ARCTOMYDES (Zoologie) , du grec arktos, ours, et mus, rat. — Nom donné par Latreille, dans sa classification, à une famille de Mammifères, qui a pour type le genre Arctomys, Marmotte (voyez ce mot).
ARCTOTIS (Botanique), Arctotis, Gærtn., du grec arktos, ours, et ous, génitif ôtos, oreille, à cause de la forme et de la surface velue du fruit. — Genre type de la sous-tribu des Arctotidées ( voyez ce mot) famille des Composées, Ce sont des plantes herbacées à feuilles pé-