ARD
tiolées, membraneuses, à fleurs jaunes ou d une teinte verdâtre-. L’A. acaule, A. tricolore (A. acaulis, Lin.) est une plante d’ornement qui donne en juin des fleurs radiées couleur de soufre^ pâles en dedans, rouge sanguin en dehors, disque pourpre foncé, d’un joli effet. On cultive aussi VA. rosea, à fleurs roses, etc.
ARCTURUS (Astronomie). — Etoile de première grandeur dans la constellation du Bouvier (voyez Constellations . . , .
ARCURE DES BRANCHES (Arboriculture fruitière). — - Opération qui consiste à courber les branches de façon à en diriger l’extrémité vers le sol. Ce moyen^ a pour but de diminuer la vigueur des ramifications ainsi arquées et d’y faire développer des boutons à fleurs. On sait, en effet, que la sève agit avec d’autant plus de force sur le développement des ramifications, que celles-ci sont plus rap-
Fig. 196. — foirier soumis à la forme en pyramide à branches arquées.
proclîées de la ligne verticale. On sait aussi que les boutons à fleurs sont d’autant plus nombreux sur une branche que celle-ci est moins vigoureuse; d’où il suit que les branches arquées poussent moins vigoureusement et se couvrent d’un grand nombre de fleurs. L’arcure est employée pour la mise à fruit des arbres trop vigoureux. La figure î'.'G montre un ])oirier taillé en cône et soumis à cette opération. Un cerceau A, fixé autour de l’arbre, sert de point d’attache à des ficelles liées à l’extrémité de ses branches. A. Du Br.
ARDEA (Zoologie). — Nom latin conservé par Cuvier pour désigner les oiseaux du genre Héi'on (voyez ce mot).
ARDÉIDÉS (Zoologie), du latin ardea, héron. — M. de Lafresnaye a donné ce nom à une famille de sa classification des Oiseaux., et qui répond à celle des Culirirostres de Cuvier, avec addition des Ihis, genre de la
famille des Longîrostres, et retranchement des Courlis et du Caurale placépar Cuvier comme transition entre les Grues et les Hérons (voyez ces mots, et surtout Cültrirostre).
ARDENNAIS (Cheval) (Hippiatrique). — Ancienne race très-estimée, qui a presque disparu de France, et dont on retrouve encore quelques types dans les provinces de Namur et de Luxembourg (voyez Races).
ARDENTS (Mal des) (Médecine). — Voyez Mal.
ARDISIAGÉES (Botanique), de Schwartz. —
Troisième tribu de la famille des Myrsine'es. Elle est principalement caractérisée par sa corolle gamopétale, son ovaire supère contenant des ovules en plus ou moins grand nombre. Le genre Ardisia (yoyez ce mot), Schwartz, lui a servi de type.
ARDISIE (Botanique), Ardisia., Schwartz, du grec ardis., dard. Les anthères de ce genre sont terminées en pointe aiguë. — Genre de la famille des Myrsine'es , tribu des Ardisie'es., comprenant des arbrisseaux à feuilles ponctuées, entières ou dentelées, à pétiole court. Leurs fleurs blanches ou rosées sont en panicules ou en grappes. Les espèces de ce genre sont assez nombreuses, presque toutes se cultivent dans les serres chaudes. L’A. crispée {A. crispa., Alp. DG. ) est un arbrisseau de 2 mètres , à feuilles coriaces. Ses fleurs blanches, en corymbes convexes, petites, maculées de pourpre, et ses fruits drupacés d’un beau rouge, se trouvent souvent réunis et sont d’un très-joli effet dans les serres. Cette espèce nous vient de la Chine. Les autres se partagent à peu près entre l’Inde et l’Amérique, et surtout le Mexique. G — s.
ARDOISE (Minéralogie), Schiste tégulaire de Haüy, du grec schistos, qu’on peut fendre. — Variété de schiste argileux du groupe des roches silicatées. L’ardoise, telle que nous la connaissons, est en feuillets plus ou moins grands, minces, légers, très-droits, faciles à séparer ; d’apparence homogène, sonore lorsqu’on la frappe avec un corps dur, si elle est de bonne qualité ; ne faisant pas effervescence avec les acides, d’un gris bleuâtre foncé, tirant sur le noir, qu’on a appelé pour cette raison gris d’ardoise : on trouve pourtant des gisements d’une couleur différente,, rougeâtre, violette, vert-olive. Elle se présente ordinairement en couches verticales ou très-inclinées, rarement horizontales. Le schiste ardoisier appartient aux terrains de transition, ou terrains sédimentaires primordiaux, dits terrains cumbriens : on y rencontre très-souvent des empreintes de corps organiques, surtout de végétaux, plus rarement d’animaux ; ces dernières appartiennent à quelques poissons et à des coquilles trilobites, ammonites, etc. L’ardoise a peu d’affinité pour l’eau ; elle résiste très-bien aux influences atmosphériques, à l’humidité, à la chaleur. Ces qualités Tout rendue précieuse pour certains usages domestiques ; ainsi elle a été utilisée d’une manière presque absolue pour les couvertures des maisons, et, bien que rien ne nous indique qu’elle ait été employée parles anciens, son usage remonte déjà bien loin dans l’histoire des constructions modernes, et elle est devenue, surtout en France, l’objet d’une exploitation considérable. Depuis un certain temps on fait usage dans les écoles, et même dans les maisons particulières, de tablettes d’ardoise sur lesquelles on fait écrire, calculer et même dessiner les enfants au moyen d’un crayon de schiste gris tendre, et l’on efface très-facilement les caractères tracés, avec une petite éponge humide : cet usage qui se généralisera dans un grand nombre de circonstances peut rendre des services dans une foulé de détails d’économie domestique. Toutes les masses ardoisières ne sont pourtant pas proêtre employées de cette manière, à cause de l’impossibilité de fendre en feuillets minces et légers quelques-unes de leurs variétés; dans ce cas, comme l’ardoise est susceptible de recevoir un beau poli, on s’en sert pour des dessus de tables, de guéridons, des consoles, des cheminées, des coupes, etc.
On trouve des ardoisières en Angleterre, en Suisse, en Italie dans la province de Gênes ; mais c’est surtout en France que cette industrie a pris une extension considérable, par l’importance des masses que renferme son sol : ainsi dans l’Anjou la masse s’étend de Trélaze à Avrillé sur un espace de 8 kilomètres, et à une profondeur exploitée de près de 1 60 mètres. C’est ordinairement à ciel ouvert que se fait l’exploitation de ces carrières : lorsqu’on a enlevé la terre végétale et ce qu’on appelle le mort-terrain, on trouve une ardoise solide qui se débite
près à
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difficilement en feuillets, et ce n’est guère qu’à 5 mètres qu’on rencontre le franc-quartier qu’on exploite par foncées successives jusqu’à la profondeur de 100 mètres : les talus qu’on est obligé de pratiquer pour éviter les éboulements ne permettent pas de descendre plus bas, ce qui est un grand dommage ; car l’ardoise est d’autant meilleure qu’elle vient des couches plus profondes. Pour parer à cet inconvénient, et surtout lorsque la couche de mort-terrain est trop épaisse, on a recours aux galeries souterraines qui se rejoignent par des puits creusés obliquement. C’est dans la carrière même qu’il faut diviser les blocs, parce que, suivant la remarque de Patrin et de M. Le Play, ils perdent rapidement à l’air libre la propriété de se fendre facilement en feuillets minces. Les carrières des Ardennes sont riches en ardoises d’une bonne qualité, et quelques-unes paraissent même supérieures à celles de Trélazé pour la solidité et la durée ; on les exploite ordinairement par des galeries souterraines qui vont jusqu’à 120 mètres de profondeur. Les principales ardoisières de ce pays sont à Rimogue, à 1 G kilomètres de Gharleville ; puis à Fumay, qui avait déjà dès le XI® siècle une confrérie d’ardoisiers. D’autres carrières moins productives existent encore en Normandie, en Bretagne, dans le Dauphiné, dans les départements de la Mayenne, de la Sarthe, etc. On trouve dans le Dictionnaire des arts et métiers un article remarquable de M. Pelouze sur cette matière, qu’il est bon de consulter ; il distingue huit qualités d’ardoises, dont les premières et les plus estimées sont, par ordre de qualité : 1“ la carrée fine, rectangulaire et sans tache; elle a environ 0®,20 sur 0“’,30 ; 2" le gros noir, ardoise plus petite ; 3" le poil noir, en feuillets plus minces que la précédente ; 4° le poil tachée semé de taches rousses ; 5° le poil roux; ces deux dernières sont déjà des ardoises communes ; viennent ensuite 6" la carte, plus mince et plus petite que la carrée-, 7“ Vhéridelle; enfin 8” Isucoffineh surface courbe : ces trois dernières sont rarement fabriquées. Les meilleures pour l’usage des couvertures sont dures, pesantes, de couleur bleu clair ; elles sont compactes et n’absorbent pas rhumidité ; de telle sorte que si l’on fait tremper dans l’eau une feuille d’ardoise suspendue verticalement, elle ne doit pas s’humecter au-dessus du niveau de l’eau. On a imaginé un moyen de donner aux ardoises une durée beaucoup plus longue que celle qu’elles auraient naturellement, en les faisant cuire dans un four à briques, jusqu’à ce qu’elles aient pris une couleur rougeâtre. Cette cuisson leur donne, comme à toutes les matières argileuses, une dureté considérable, à tel point qu’il faut avoir la précaution de les façonner et de les percer avant cette opération.
ARE, du latin area , surface. — Nouvelle mesure de superficie. Sa valeur est celle d’un décamètre carré, ou d’un carré dont chacun des côtés aurait 10 mètres de long. Il équivaut donc à 100 mètres carrés. On le divise en centiares ou centièmes parties de l’are, qui sont des mètres carrés. L’are équivaut à 2G toises carrées, ou 3 perches de l'ancien système des mesures agraires usité en France.
AREC (Botanique), Areca, Lin. D’après Rumphius, en appelle ainsi dans le Malabar la principale espèce du genre quand elle est âgée ; on la nomme paynya lorsqu’elle est jeune. — Genre de plantes de la famille des Palmiers, type de la tribu Arécinées. Il comprend des arbres généralement assez élevés. Leurs feuilles, sont terminales, pennées à pinnules étalées. Les fleurs monoïques dans chaque spadice sont sessiles et accompagnées de bractées. Le fruit est une drupe à chair fibreuse et à noyau mince. L’A. cachou {A. catechu. Lin.), ainsi nommé parce que Linné pensait que le cachou provenait de cette espèce (voyez Cachou), tandis qu’il est dû à un Mimosa, s’élève souvent jusqu’à 16 mètres. Il est cultivé dans les Indes-orientales, et forme la base d’un commerce considérable à cause de son fruit connu sous I ; nom de noix cVarec. Celui-ci renferme une graine dont le périsperme, âcre et styptique, entre dans la composition du bétel, employé comme masticatoire par les Indiens et les Malais. Cette matière, dont ils ne peuvent se passer, est extrêmement astringente, et son usage fréquent noircit les dents, les gâte et les fait tomber promptement (voyez Bétel). ^ Dans la Nouvelle-Zélande, on mange les jeunes spadices de VA. sapide [A. sapida, .Soland.);!’^. blanc \A. alba, Bory) eXVA.rouge (A. rubra, Bory) sont également de grands et beaux palmiers des îles de France et de Bourbon. G — s.
ARÉCINÉES (Botanique). — Tribu établie par M. de Martins dans la famille des Palmiers. Elle renferme des
végétaux à feuilles pennées ou pennatifides, à fleurs sessiles; généralement plusieurs spathes les renferment; Le fruit est quelquefois une drupe contenant de l à 3 noyaux à une graine. Genres principaux : le Chamædorea, Willd., qui comprend actuellement 42 espèces ; VEuterpe, Mart., qui possède une espèce à bourgeon comestible (chou-palmiste) et une autre à fruit très-estimé et connu au Brésil sous le nom de Cocos deJissara ; VOEnocarpus, Mart., qui fournit une huile douce ; V Areca, Lin. ou Arec, genre type; Vlriartea, Ruiz et Pav., qui fournit de la cire, VArenga, Labill., du sucre.
ARÉNAIRE (Botanique), Arenaria. — Voyez Sabline.
ARÉNATION (Médecine), en latin arenatio, de avenu, sable. — Opération par laquelle on couvre de sable chaud une partie ou tout le corps d’un malade; cette pratique, préconisée par Dioscoride, par Galien, contre l’hydropisie, par d’autres, contre l’asthme humide et la gDutte, est aujourd’hui peut-être trop oubliée. On ne l’emploie plus guère que lorsque, dans les cas de ligatures d’artère, on veut entretenir la chaleur et la vie dans un membre. On remplit alors de sable chaud des sachets dont on l’entoure : on en a fait usage aussi dans le choléra pour réchauffer les malades.
ARENG (Botanique), Labill., nom javanais. —
Genre de plantes de la famille des Palmiers, tribu des Arécinées. Il comprend des arbres élevés croissant aux îles de la Sonde, aux Philippines, aux Moluques. Leurs feuilles sont terminales, pennées, longues souvent de 5 à 8 mètres. L’espèce principale et l’une des plus importantes de la famille est l’A. à sucre (A. saccharifera, Labill.). On obtient, par une section faite à ses spadices mâles, une sève chargée abondamment de sucre. Cette espèce contient aussi une fécule analogue à celle du sagoutier. Les fibres très-résistantes de son tronc sont employées à une foule d’usages même en Europe, ainsi que les fibres de ses feuilles qui fournissent une bonne matière textile.
ARÉNICOLE (Zoologie), du latin arena, sable, et colo, j’habite. — Genre d’Annélides de l’ordre des Dorsibranches, de Cuvier, établi par Lamarck, et caractérisé par un corps allongé, mou , à tête peu distincte; la bouche est une trompe charnue, plus ou moins dilatable, sans yeux, ni mâchoires, ni antennes; l’extrémité postérieure manque non-seulement de branchies, mais encore des paquets de soie qui garnissent le reste du corps; les pieds sont dissemblables, les branchies au nombre de 13. Les Arénicoles habitent les rivages sablonneux de toutes les mers de l’Europe. L’espèce connue est l’A. des pêcheurs, de Lamarck [Lumbricus marinus. Lin.), adopté par Cuvier; elle est très-commune dans les sables des bords de la mer ; elle est longue de près de 0“,33, d’une couleur cendrée, rougeâtre, avec les soies d’un brun doré éclatant; elle répand, quand on la touche, une liqueur jaune abondante. Tous les pêcheurs de nos côtes, et ceux du Havre en particulier, s’en servent comme d’appât pour la pêche des poissons de mer. Lorsque la marée est basse, on creuse avec une bêche à une profondeur quelquefois de 0“,60 à 1 mètre pour l’atteindre.
Arénicoles (Zoologie). — Nom donné par Cuvier et Latreille à la deuxième section de la tribu des Scarabéides, famille des Lamellicornes de l’ordre des Coléoptères pentamères. Ces Scarabéides ont pour caractères : un labre coriace qui déborde le plus souvent le chaperon; les mandibules cornées, ordinairement saillantes et arquées; à quelques exceptions près, les antennes sont composées de 10 ou 11 articles. Ils vivent d’excréments, se creusent des trous profonds dans la terre, volent plus spécialement le soir, et font les morts lorsqu’on les touche. Cette section comprend trois coupes se divisant en différents genres ; le principal est celui des Géotrupes.
ARÉOLE (Anatomie), du latin area, aire, petite aire, petite surface. — On donne ce nom à de petites cavités, de petits espaces que laissent entre eux les faisceaux de
Fig. 197. Ar(':nico]e des pêcheurs. ■
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fibres, les lamelles, les mailles d’un tissu ; ainsi les aréoles du tissu cellulaire. — On appelle encore aréole un cercle plus ou moins coloré qui entoure le mamelon d’une manière permanente ou passagère ; aréole inflammatoire., celui qui entoure un point enflammé; V aréole vaccinal est celui du bouton de vaccin, etc. Dans ces différents cas, lorsqu’il s’agit d’un cercle coloré, Chaussier préfère le nom ù' auréole (voyez ce mot.) F — n.
ARÉOMÈTRES, du grec araïos., léger, metron., mesure. — Petits instruments, quelquefois en métal, plus ordinairement en verre, très-utiles dans l’industrie où on leur donne des noms en rapport avec l’usage spécial auquel chacun d’eux est destiné : pèse-acide., pèse-alcali, pèse-sel, pèse-liqueur, pèse-lait., alcoomètre., etc. Ils servent à apprécier la densité relative des corps, et particulièrement des liquides dans lesquels on les plonge, et par suite à donner des indications utiles sur la nature ou le degré de pureté de ces substances. Leur emploi est fondé sur le principe d’ Archimède (voyez Archimède) et sur sa conséquence : que tout corps flottant dans un liquide plonge d’une quantité telle que le poids du liquide déplacé par lui soit égal à son propre poids.
Les aréomètres se divisent en deux classes distinctes :
1" Aréomètres a poids constant, dont la forme extérieure est assez variable dans ses détails , mais qui se composent tous (^^. 198 et 199) d’un réservoir moyen, vide, au-dessous duquel s’en trouve un plus petit contenant du mercure ou de la grenaille de plomb formant lest, et ayant pour objet de forcer l’instrument à se tenir droit dans un liquide, le tout surmonté d’un tube droit sur lequel sont marquées des divisions.
Ces petits instruments sont à peu près pareils à ceux que les anciens connaissaient sous le nom de haryllions ou hydroscopes, et qui ont été décrits avec beaucoup de soin dans un poème de Rhemnius Palémon, contemporain de Tibère.
Volumètre. — Aréomètre [fig.
199) dont la tige cylindrique est partagée en longueurs égales, et dont les divisions sont tracées de telle sorte que le chiffre qui correspond à chacune d’elles exprime le volume de tqute la portion de l’appareil qui est située au-dessous de cette division. Pour les graduer, on les plonge d’abord dans l’eau pure, et on marque 100 au point où affleure le liquide, en représentant ainsi par 100 le volume de la portion de l’appareil qui plonge dans l’eau pure. On Fig. i«8. Ai-comèires. Fig. 199 les iiitroduitensuite dans une liqueur dont la densité connue d’avance soit, par exemple, les 4/5 de celle de l’eau. 5 volumes de cette liqueur ne pèseront pas plus que 4 \ olumes d’eau pure. L’aréomètre dont le poids est toujours le môme, devra donc y plonger d’une quantité égale en volume à i25. On marquera ce nombre au point où il affleure. L’intervalle entre 100 et 125 est partagé en 25 parties égales, et des divisions semblables sont étendues à toute la longueur de la tige.
Le volumètre donne rapidement la densité d’une liqueur. Supposons, par exemple, qu’il affleure dans un acide à la division 75; 75 volumes de cet acide pèsent autant que 100 volumes d’eau, sa densité est donc = 1 ,33.
Pèse-acide ou Pèse-alcali de Baume, destiné à titrer de • liquides plus denses que l’eau. Plongé dans l’eau pure, il y affleure en un point situé près de son extrémité supérieure et que l’on marque 0" {fig. 198). On le plonge ensuite dans une dissolution de 15 parties de sel marin sec, dans 85 parties d’eau, et on- marque 15® au point d’affleurement. L’intervalle entre les divisions est partagé en 15 parties égales, et la graduation continuée sur toute la longueur de la tige. Cet aréomètre marque CG dans l’acide sulfurique concentré. En général, si dans un liquide l’affleurement a lieu à un degré n, la
ikk
densité csi donnée par la formule D
Pèse-liqueur de Baumé, destiné à vérifier la richesse des liquides moins denses que l’eau, tels que l’alcool, l’éther, etc. Cet instrument est gradué de manière qu’il marque 10“ dans de l’eau pure et 0® dans une dissolution de 10 parties de sel dans 90 parties d’eau. L’intervalle est partagé en 10 parties et les divisions étendues à toute la tige. Gojitrairement au pèse-acide, le zéro est ici placé vers le bas de l’échelle. La densité d’un liquide, marquant
n au pèse-liqueur, est donnée par la formule D= .
Aréomètre de Cartier, servant aux mômes usages que le pèse-liqueur. Les règles de sa graduation ne sont pas bien précises ; les constructeurs le fabriquaient sur des modèles donnés par la régie. On l’a remplacé par Valcoomètre.
Remarquons que ces appareils servent non pas précisément à mesurer les densités, mais à reconnaître par une simple immersion si cette densité et, par suite, si le titre de la liqueur est ce qu’il doit être : c’est tout ce dont on a besoin dans l’industrie.
Alcoomètre centésimal de Gay-Lussac, destiné à titrer des liqueurs alcooliques (voyez Alcoomètre, Alcool).
Pèse-lait. (Lactomètre).
2® Aréomètres a volume constant. — Espèces de balances servant à déterminer la densité des corps solides ou liquides.
Aréomètre de Fahrenheit, imaginé par Fahrenheit dans les premières années du xviii® siècle. Il sert pour les liquides. Il est en verre.
L’ampoule inférieure G {fig. 201 ) contient le lest qui ‘ rend l’appareil bon flotteur. La capsule A sert à recevoir les poids complémentaires nécessaires pour faire affleurer l’appareil en un point d’affleurement D marqué sur sa tige courte et grêle. On détermine une fois pour toutes le poids de l’instrument et le poids additionnel nécessaire pour le faire affleurer au repère D : soient 20 grammes et 5 grammes ces deux poids, en tout 25 grammes. Le poids de l’eau déplacé par l’appareil est donc également de 25 grammes. Gela posé, nous le plongeons dans une liqueur et nous trouvons qu’il faut mettre 10 grammes sur le plateau pour produire l’affleurement au repère. Le poids du volume déplacé de cette liqueur est donc
30 grammes. Deux volumes égaux de liqueur et d’eau pèsent donc 30 et 25 grammes, et la densité de la liqueur par rapport à l’eau sera ^ = 1,2.
Aréomètre ou Balance de Nicholson {fig. 200), du nom de son inventeur, servant plus spécialement à prendre la densité des solides. Il est en métal verni. Il a, à proprement parler, pour objet de déterminer le poids des corps et le poids d’un volume d’eau égal à leur volume. A vide il flotte à la surface de l’eau, et il faut placer un poids complémentaire sur son plateau supérieur A pour le faire affleurer à son repère D : soient i5 grammes le poids. Mettons sur ce plateau un corps d’un poids inférieur à 15 grammes, et supposons qu’il faille lui ajouter 5 grammes pour que l’affleurement ait encore lieu. Il est clair que le corps produit sur l’appareil le même effet que les 10 grammes qui manquent, ou qu’il pèse 10 grammes.
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ARG
Recommençons l’expérience en plaçant le corps, non plus sur le plateau A dans l’air, mais sur le plateau G dans l’eau. 11 nous faudra, par exemple, 9 grammes en A pour produire l’affleurement ; le corps dans l’eau ne pèse plus que 6 grammes; donc, le poids du volume d’eau qu’il déplace est de 10 — 6 ou 4. Donc, à volume égal,
le corps pèse 10, l’eau 4, et la densité du corps est — ou
2,5 (voyez Densités).
La balance de Nicholson, à cause de son transport facile, est particulièrement employée par les minéralogistes pour mesurer la densité des roches ou minéraux. M. D.
ARÈQUE, Aréquier (Botanique). — Voyez Arec.
ARÊTE. — Intersection de deux plans formant les faces d’un polyèdre, d’un angle polyèdre, d’un angle trièdre, ou d’un angle dièdre (voyez Angle).
En général, dans un prisme on désigne plus particulièrement sous le nom d*aré(es les intersections des faces latérales entre elles. Dans une pyramide, on appelle arêtes les lignes qui joignent le sommet de la pyramide aux sommets du polygone de base.
Arête (Anatomie comparée), du latin arista^ barbe d’épi. — On donne ce nom aux os longs, minces et pointus, qui entrent dans la composition du squelette des poissons : ainsi la colonne vertébrale, armée de ses longues apophyses, constitue la grande Arête’ les côtes, les apophyses épineusés, les apophyses transverses, les os inter-épineux qui supportent les nageoires dorsales et anales, sont les Arêtes proprement dites. Les poissons cartilagineux n’ont point d’arôtes ; parmi' les poissons osseux, ceux qui n’ont que des côtes très-courtes ont peu d’arêtes qui soient incommodes : tels sont les pleuronectes (turbots, soles, etc.).
Arête (Botanique). — Filet plus ou moins roide qui accompagne souvent les glumes et les glumelles des plantes de la famille des Graminées. Ces organes sont alors dits aristés. Ils sont, au contraire, mutiques quand ils sont dépourvus d’arôtes. Palisot de Beauvois distinguait la soie de l’arête. Selon cet auteur, celle-ci ne laisse apercevoir aucun indice de son origine au-dessous de son point d’attache, tandis que celle-là est le prolongement d’une ou de plusieurs nervures. L’arête est droite dans le seigle, le blé, les bromes, tandis qu’elle est géniciilée, coudée dans l’avoine, ou torse dans l’agrostide canine. Elle est plumeuse et caduque dans la stipe plumeuse. En général elle persiste. Son origine est souvent variable. Quand elle termine le sommet, et c’est le cas le plus ordinaire, elle est apidlaire; quand elle prend naissance sur le dos de la glume ou de la glumelle, elle est dorsale^ comme, dans l’avoine, l’agrostide canine ; elle est basilaire^ c’est-à-dire naissant à la base, dans le Polypogon vaginaium. La culture fait souvent disparaître les arêtes de certaines espèces. G — s.
ARÉTHUSE (Botanique), Arethusa^ Lin,, nom mythologique. Diane métamorphosa la nymphe Aréthuse en fontaine. On a donné ce nom à une plante qui croît dans les endroits humides. — Genre de plantes de la famille des Orchidées. VA. bulbeuse {A. bulbosa^ Lin.) est une petite plante terrestre qui vient dans l’Amérique septentrionale. Elle donne à l’extrémité d’une hampe une jolie fleur purpurine. VA. à deux plumes [A. biplumain.^ Lin.) est indiquée à Magellan.
ARÉTHUSÉES (Botanique). — Tribu de plantes établie par M. Lindley dans la famille des Orchidées. Ces plantes croissent principalement dans les régions tempérées des deux hémisphères, surtout dans l’hémisphère austral. Elles ont un port très-variable ; quelquefois ce sont des espèces sans feuilles, parasites sur les racines à la manière des Orobanclies, auxquelles elles ressem- I blent pour le fades; souvent ce sont aussi des plantes I terrestres à feuilles membraneuses ou succulentes et à 1 fleurs vivement colorées et élégantes. Genres principaux: Chlorée {Chlorœa., Lindl.), Limodore [Limodorumy Tourn.), Cépha lanthère {Cephalanthera., L. G. Rich.), Sobralie [Sobralia, Ruiz et Pav.l, {Epistephium., Humb. et Bonpl.), enfin, la Vanille {Vanilla.,P\\rm.). G— s.
ARGALI DE Sibérie (Zoologie), Ovis ammon, Lin., Argali, Shaw. G’est le nom mongol donné à une espèce de grand mouton sauvage qui habite les montagnes de la Sibérie méridionale et de toute l’Asie (du mot mongol o.rga, montagne). — Il se distingue des espèces voisines, et surtout des Mouflons, par une taille plus grande, et des cornes d’une dimension extraordinaire; chez les mâles, elles sont également très grosses, à base triangulaire, aplaties en avant, striées en travers ; le poil d’été
est ras, gris fauve; celui d’hiver épais, gris rougeâtre. Il a, comme le cerf, un espace jaunâtre autour de la queue qui est très-courte. Il devient grand comme un daim. Sa chair et surtout sa graisse sont recherchées des habitants du pays où il vit. Les argalis sont très-forts et très-agiles, et ils sautent de rochers en rochers avec une légèreté remarquable.
ARGALOü (Botanique), nom vulgaire du Paliure pi~ quant {Podiums aculeatus., Lamk.).
ARGANE, Boisd’argane (Botanique), nom vulgaire du Sideroxylum spinosum.
ARGÀS (Zoologie), Aryas., Latr., Rhynchoprion, Herm., nom grec d’un animal malfaisant. — Genre d' Arachnides trachéennes., famille des Holêtres., tribu des Acarides très-voisin des Ixodes , dont elles se distinguent par la situation inférieure de leur bouche, et par les palpes qui n’engaînent pas le suçoir; elles ont une forme conique. VA. bordé [Ixodes reflexus., Fab.), d’un jaunâtre pâle, avec des lignes couleur de sang foncé. On le trouve sur les pigeons, dont il suce le sang. VA. de Perse., décrit par les voyageurs sous le nom de punaise venimeuse de Miana., d’un rouge sanguin clair, est très-redouté en Orient, où il paraît assez commun.
ARGE (Zoologie), nom d’une espèce d'insecte lépidoptère diurne du genre Satyre.
ARGÉMA ou Argémon (Médecine), du grec argos, blanc. — Maladie de l’œil caractérisée par un petit ulcère de la cornée, succédant à une phlyctène dont la rupture laisse après elle une plaie transparente, d’une teinte blanchâtre, d’où lui vient son nom. VArgéma diffère du Bothrion en ce que celui-ci est un ulcère plus profond (voyez Bothrion).
ARGÉMONE (Botanique), Argemone., Lin. Les Grecs donnaient ce nom dérivé de argema., taie de l’œil, à une plante qui passait pour guérir cette maladie. — Genre de plantes de la famille des Papavéracées. Il renferme des herbes annuelles à tiges contenant un suc jaunâtre. Leurs feuilles sont glauques, glabres, penninervées ; calice quelquefois à 3 sépales, 4-6 pétales, étamines nombreuses, capsule obovale uniloculaire, s’ouvrant par le sommet et renfermant des graines sphériques attachées sur des placentas linéaires. Ges plantes viennent la plupart en Amérique et particulièrement au Mexique. L’Asie équatoriale en renferme cependant quelques-unes. VA. du Mexique (A. Mexicana., Lin.) appelée aussi Pavot épineux à feuilles roncinées, anguleuses, épineuses, fleurs assez grandes et de couleur jaune, fruit aussi armé de piquants; ses graines administrées contre la dyssenterie" sont très-narcotiques. L’^. à grandes fleurs [A. grandiflora.. Bot. Reg.). En général, ces plantes contiennent un principe âcre et très-purgatif, qu’on utilise, en médecine, au Mexique et aux Antilles ; au Brésil, on l’emploie contre la morsure des serpents. (Viguier, Histoire des pavots et des ar g émanes. Montpellier, 1814.)
ARGÉMONÉES (Botanique). — Première sous-tribu de la tribu des dans la famille dQ^ Papavéracées.,
telle qu’elle a été adoptée par Endlicher. Les plantes qu’elle comprend se distinguent principalement par le suc laiteux très-souvent jaunâtre qu’elles renferment et qui est anodin et très-narcotique. Les genres principaux sont : VArgémone^ le Pavot., la Sanguinaire, la Glaucie., la Méconopside, etc., etc.
ARGENT (Ghimie), Ag =• 108. — Métal d’un très-beau blanc que ne peut égaler aucun autre métal ni aucun alliage métallique, pouvant prendre un poli qui ne le cède guère qu’à celui de l’acier, le plus malléable et le plus ductile des métaux après l’or, mais n’occupant que le quatrième rang pour sa ténacité. Un fil d’argent d’un millimètre de diamètre peut supporter un poids de 21 kilogrammes sans se rompre. A la filière, 1 gramme d’argent peut donner un fil de 2 4 00 mètres de longueur et se réduire sous le marteau en lames de 0,00 1 de millimètre d’épaisseur sans se déchirer. La densité de l’argent est de 10,5 ; elle est un peu plus grande pour le métal fondu, comme cela a lieu pour la glace et l’eau, car l’argent surnage un bain du môme métal; il fond vers 1000“ (30“ du pyromètre Wedgwood), et donne des vapeurs sensibles à une température plus élevée. A l’état de fusion, il jouit de la singulière propriété de dissoudre environ 22 fois son volume d’oxygène, qu’il abandonne en se refroidissant ; aussi, quand un bain d’argent fondu est en voie de se congeler, voit-on sa surface déjà solidifiée se boursoufler, crever, et donner lieu en petit à des espèces d’éruptions volcaniques qui sont dues à l’expansion et au dégagement du gaz encore contenu dans les parties centrales. On dit que l’argent roche. A l’exception du plomb, une petite quan-
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i,ité d’un métal étranger allié à l’argent suffit pour empêcher le rocliage.
L’argent est inoxydable dans les circonstances ordinaires, ce qui le rend très-utile dans les transactions sociales ; il résiste aux alcalis, môme sous l’influence de la chaleur ; l’acide sulfurique ne peut l’attaquer que quand il est concentréet bouillant; l’acide chlorhydrique l’attaque à peine, mais l’acide nitrique môme étendu le dissout rapidement.L’eau régale le transforme aussi très-vite en un chlorure blanc insoluble. L’acide sulfhydrique le noircit presque instantanément en formant à sa surface un sulfure d’argent noir. Aussi l’argenterie doit-elle être préservée avec soin des émanations sulfureuses. Un lavage à l’eau de soude lui rend toutefois tout son brillant, quand il n’a pas été attaqué trop profondément. C’est une cause semblable qui noircit l’argent mis en contact avec les œufs qui contiennent du soufre en quantité notable. Le sel ternit également l’argent en formant avec lui du chlorure d’argent ; aussi les salières d’argent doivent-elles être dorées à l’intérieur.
L’argent peut s’allier à un grand nombre de métaux, particulièrement avec le cuivre ( monnaie, argenterie, bijoux). Ilpeut entrer dans des combinaisons assez nombreuses dontplusieurs se rencontrent toutes formées dans la nature. Les principales sont des alliages; des chlorures, bromures, iodures ; des sulfures simples ou combinés avec des sulfures d’autres métaux ; enfin divers sels. '
Oxyde d’argent (AgO), formé par l’union d’une proportion ( 108) d’argent et d’une proportion (S) d’oxygène, s’obtient en décomposant le nitrate d’argent par la potasse caustique en excès, lavant à grande eau le précipité obtenu et le desséchant avec précaution ; il est gris brunâtre, est ramené à l’état métallique par l’action de la chaleur rouge ou même d’une insolation prolongée ; jouit à un haut degré des propriétés basiques et forme avec les acides des sels parfaitement neutres. En contact avec l’ammoniaque caustique, il se transforme en une poudre noire extrêmement détonante (amidure d’argent) appelée argent fulminant (AzH^Ag), et qu’il ne faut pas confondre avec le fuhninate d’argent (AgOCy^O^). La composition de cette poudre est mal connue et ses usages sont nuis. Elle est d’un maniement dangereux.
Oxydule d'argent (Ag^O), contenant le double d’argent pour la môme quantité d’oxygène; obtenu par Wœhler en décomposant le mellitate d’argent par l’hydrogène.
Bioxyde d'argent (AgO-), renfermant, au contraire, le double d’oxygène pour la môme quantité d’argent; s’obtient en décomposant par la pile une dissolution de nitrate d’argent.
Les oxydes d’argent, grâce à la facilité avec laquelle ils se réduisent, ne se rencontrent jamais dans la nature.
Chlorure d'argent (AgCl). — Composé d’une proportion (35,5) de chlore et d’une proportion (108) d’argent que l’on obtient toutes les fois que l’on verse de l’acide chlorhydrique ou une dissolution de sel marin, ou d’un chlorure quelconque dans une dissolution d’un sel d’argent. Il se forme alors un précipité blanc caillebotté de chlorure d’argent, insoluble dans l’eau, très-légèrement soluble dans l’eau salée, plus soluble dans l’hyposulfitede soude, l’ammoniaque, et surtout le cyanure de potassium, trèsaltérable à la lumière qui le noircit rapidement en le ramenant partiellement à l’état métallique, d’où ses applications en photographie. Le fer et le zinc le réduisent immédiatement avec dégagement de chaleur ; ces métaux s’y substituent à l’argent qui redevient métallique. Le mercure produit le môme effet, mais avec plus de lenteur ; il se fait un amalgame d’argent et de calomel. Il en est encore de même du protochlorure de cuivre qui réduit le chlorure d’argent. Enfin, mis en contact prolongé avec les sulfures, le chlorure d’argent échange avec ces derniers son chlore pour s’unir au soufre ; il se forme du sulfure d’argent et des chlorures des autres métaux. C’est ce qui explique pourquoi dans les gîtes métalliques sulfurifères on rencontre toujours l’argent à l’état natif ou à l’état de sulfure ; il n’existe à l’état de chlorure que près de la surface du sol.
Le chlorure d’argent fond vers 260“ et se fige en prenant l’aspect d’une matière cornée qu’on peut couper au •couteau. C’est à cet état qu’on le rencontre dans la nature soüs le nom à' argent corné. Il est peu commun dans les mines d’Europe, mais forme un des minerais les plus riches du Chili ; il s’y trouve ordinairement en petits cristaux cubiques blancs ou brunâtres et noircissant à l’air, disséminés dans des couches ferrugineuses dési-
gnées dans le pays sous le nom de pacos et de colorados.
^ Le chlorure d’argent se produit en assez grandes quantités dans les ateliers de photographie, ainsi que d’autres résidus de sels d’argent ; on peut aisément les revivifier et les transformer de nouveau en nitrate d’argent. A cet effet, les liqueurs étant mêlées avec une dissolution de sel marin, et les précipités étant recueillis sur un filtre ou par décantation, puis séchés, on les chauffe au rouge avec du carbonate de soude. L’argent réduit se réunit en culot. .On peut encore se contenter de plonger une tige de fer au milieu du précipité mouillé avec de l’eau acidulée par un peu d’acide chlorhydrique. Le fer se substitue de proche en proche à l’argent qui se dépose en poudre grise.
lodure d’argent (Agi). — Composé jaune d’une proportion (126) d’iode et d’une proportion (108) d’argent que l’on obtient en versant une dissolution d’iodure alcalin dans une dissolution d’un sel d’argent. Il est insoluble dans l’eau, un peu soluble dans les hyposulfites, plus soluble dans le cyanure de potassium et très-altérable à la lumière qui lui donne promptement une teinte bistre d’abord, puis noire. Il joue un très-grand rôle dans la photographie. Vauquelin l’a découvert dans les minerais du Mexique.
Bromure d’argent (AgBr). — Composé blanc de 80 de brome et 108 d’argent, passant instantanément au jaune sous l’influence de la lumière diffuse et conservant ensuite cette couleur, môme aux rayons solaires ; il s’obtient comme l’iodure auquel on l’associe souvent dans la photographie. Il a été découvert récemment par M. Berthier dans les minerais du Mexique, où il paraît assez commun et où on le trouve en grains verts cristallins. ,
Sulfure d’argent., argyrose, argent vitreux. — Minéral d’un gris d’acier ou de plomb, que l’on trouve dans la nature en filons ou amas plus ou moins riches, disséminés dans les terrains de cristallisation ou dans les terrains de sédiment qui les avoisinent. Il se présente quelquefois cristallisé en cubes ou octaèdres ; mais le plus souvent il est amorphe, en dendrites, en filaments contournés ou en petites masses mamelonnées. Il est un peu malléable, presque aussi noir que le plomb et se laisse couper au couteau. Il fond facilement à la simple flamme d’une bougie. Il renferme 85 parties 100 d’argent, mais il est rarement pur, et presque toujours on le trouve mélangé ou combiné à d’autres sulffires, tels que ceux de plomb, de cuivre, d’antimoine, d’arsenic (voyez plus bas).
Le sulfure d’argent soumis au grillage se décompose en argent et soufre qui se dégage à l’état d’acide sulfureux. Grillé avec le sel marin, il passe à l’état de chlorure ; il subit le même changement à froid au contact du bichlorure de cuivre seul, mais plus rapidement si le sel marin intervient ; le protochlorure de cuivre humide le réduit, donne de l’argent et du sulfure de cuivre. Toutes ces réactions sont mises à profit dans le traitement métallurgique du sulfure d’argent.
Les dépôts les plus abondants sont, en Europe, ceux de Hongrie et de Transylvanie, de Kongsbei*g en Norwége, de Sala en Suède, de Freyberg en Saxe ; mais les mines les plus riches sont au Mexique et au Pérou.
Sulfures d’argent et d’ antimoine ou d’arsenic (argent rouge). — Il en existe trois variétés :
1“ Argyrythrose, argent antimonié sulfuré, contenant 60 p. 100 d’argent pur, d’un ronge foncé tirant sur le noir, mais prenant par la pulvérisation une belle couleur rouge : ordinairement cristallisé en prismes hexaèdres présentant à la fois un éclat adamantin et métallique;
2“ Myargyrite contenant une proportion trois fois moindre de sulfure d’argent ;
3" Proustite dans lequel l’antimoine est remplacé par de l’arsenic.
Ces minerais, surtout le premier, se trouvent à Andreasberg (Hartz) , Joachimsthal (Bohême) , Freyberg (Saxe), Kongsberg (Norvvége), Schemnitz, Kremnitz (Hongrie) ; mais ils s’y trouvent en petite quantité et subordonnés aux gîtes d’argent sulfuré ; au Mexique, il forme au contraire des dépôts considérables.
Ce sulfure est quelquefois accompagné d’un sulfure analogue, mais gris et donnant une poudre noire, et qu’on appelle argent sulfuré aigre; une autre variété, appelée polybasite , contient du sulfure de cuivre, et se trouve surtout dans l’Erzgebirge saxon.
Cuivre gris argentifère. — Combinaison de sulfures d’argent, de cuivre et d’antimoine. On en trouve dans les mines de Freyberg qui contient 30 à 32 p. lOO d’argent.
Galène argentitère. — Presque toutes les galènes ou I sulfures de plomb contiennent une petite quantité d’ar-
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gent. On les considère comme riches quand elles en contiennent 0,005 de leur poids, et on peut encore en extraire quelquefois l’argent avec avantage quand cette proportion est dix fois moindre.
Argent antimonial. — Alliage blanc d’argent d’environ 77 parties d’argent et 23 d’antimoine. On le trouve à Wolfach (Forêt-Noire), et dans quelques mines du Hartz, tantôt cristallisé en prismes rectangulaires, tantôt en masses concrétionnées. Il est d’ailleurs rare.
Mercure argentai. — Amalgame d’argent, d’un blanc très-éclatant, tendre, se laissant couper au couteau. Se rencontre en quantité assez notable dans les mines du Chili (Coquimbo, Arqueros); il renferme 86 p. 100 d’argent.
Argent natif. — Il existe dans la nature de l’argent à l’état natif o\x métallique assez ordinairement allié à une petite quantité de métaux étrangers. Il s’y trouve tantôt cristallisé en cubes ou en octaèdres, tantôt en feuilles, en filets tortueux ou en dendrites, tantôt en masses amorphes ou pépites qui peuvent atteindre des dimensions considérables et peser plusieurs centaines de kilogrammes. Le plus souvent on le rencontre dans des filons, dans les terrains primitifs (granit, gneiss), plus rarement dans les schistes argileux et la grauwacke des terrains de transition, accompagné de substances quartzeuses ou calcaires et de sulfures. Les localités principales qui en fournissent sont : Kongsberg, en Norwége ; le Schlangenberg, en Sibérie ; Freyberg, Schneeberg, Johangeorgenstadt, en Saxe; Joachimsthal, Przibram, Ratisborzitz, en Bohême ; Schemnitz, en Hongrie ; Kapnik, Felsæbanya, en Transylvanie ; Andreasberg, au Hartz; Allernont, en France. Mais les mines les plus célèbres sont en Amérique, au Mexique et au Pérou.
Sels d'argent. — Combinaisons d’un acide avec l’oxyde d’argent AgO. Ils sont généralement incolores, d’une saveur métallique et astringente , noircissent par l’action de la lumière, qui leur fait subir une décomposition partielle.
Les sels d’argent solubles donnent, avec la potasse et la soude, un précipité brun clair d’oxyde d’argent hydraté; avec les carbonates alcalins un précipité blanc de carbonate d’argent ; avec le chlore, l’acide chlorhydrique, les chlorures solubles, un précipité blanc caillebotté de chlorure d’argent insoluble dans les acides, soluble dans l’ammoniaque, noircissant à la lumière ; avec les sulfures alcalins et l’acide sulfhydrique, un précipité noir de sulfure d’argent ; avec les arséniates alcalins, un précipité rouge-brique d’arséniate d’argent. Le fer , le zinc , le cuivre, l’étain... précipitent l’argent de ses dissolutions sous forme d’une poudre gris blanc, prenant l’éclat de l’argent sous le brunissoir.
Azotate d'argent., nitrate d'argent (AzO®,AgO). — Sel formé par l’union d’une proportion (54) d’acide azotique avec une proportion (116) d’oxyde d’argent. On l’obtient en dissolvant l’argent dans l’acide azotique ; une partie de l’acide est décomposée, l’autre partie se combine avec le métal oxydé aux dépens de la première. Il se dégage pendant l’opération d’abondantes vapeurs rouges d'acide hypoaiotique., et en évaporant la liqueur on lait déposer le sel sous forme de lames rhomboïdales incolores, transparentes et très-caustiques.
L’azotate d’argent fond avant la chaleur rouge , et lorsqu’il est maintenu en fusion pendant quelque temps, il noircit et donne par le refroidissement la pierre infernale., dont on fait un fréquent usage en médecine. Une température plus élevée le décompose entièrement et donne pour résidu de l’argent métallique. Il est soluble dans son poids d’eau froide et dans la moitié de son poids d’eau bouillante. Il est facilement décomposé par les matières organiques, qu’il noircit, surtout *sous l’influence de la lumière. On l’emploie en médecine pour désorganiser superficiellement les tissus malades ou la peau, sur laquelle il produit l’effet du vésicatoire quand il agit assez longtemps sur elle ; dans les usages domestiques, pour marcfuer le linge. A cet effet on humecte la partie du linge à marquer avec une dissolution de carbonate de soude, puis, quand elle est sèche, on y applique un timbre en buis portant les caractères à imprimer et trempé dans une dissolution de nitrate d’argent épaissie par de la gomme, ou on écrit simplement avec cette dissolution au moyen d’une plume d’oie. Le nitrate d’argent est décomposé par la potasse, et l’oxyde, altéré par la lumière, fait paraître en noir les caractères devenus indélébiles. Les coiffeurs vendent, sous le nom dEau de Perse ou d Eau de Chine., une dissolution de ce sel pour teindre les cheveux en noir. Mais c’est particulièrement en photographie qu’on en fait usage, et dans les labora-
toires, où il sert à préparer tous les autres sels d’argent.. Lorsqu’on le prépare soi-même avec des pièces de monnaie ou de l’argenterie, il renferme du cuivre ; pour !&• purifier, il suffit d’en précipiter le cinquième par un excès de potasse, de laver avec soin le précipité d’oxyde obtenu, de le mélanger avec le reste du sel et d’abandonner le mélange quelques heures dans un lieu tiède. L’oxyde d’argent chasse entièrement l’oxyde de cuivre, auquel il se substitue. Le nitrate d’argent n’existe pas dans la nature. C’est Glaser qui, le premier, en 1663, parla de sa préparation.
Sulfate d’argent. — Combinaison d’acide sulfurique et d’oxyde d’argent (AgO,SQ3). Peu soluble dans l’eau, qui en dissout à peine 1 p. 100 de son poids ; très-soluble, au contraire, dans l’ammoniaque. Cette dernière dissolution évaporée laisse déposer des cristaux de sulfate d’argent ammoniacal (AgOSO'^-f 2AzH3). On l’obtient soit en chauffant de l’argent métallique dans de l’acide sulfurique concentré, soit en versant de l’acide sulfurique ou du sulfate de soude dans une dissolution bouillante de nitrate d’argent. Le sulfate d’argent se précipite sous forme de petits cristaux prismatiques. Dans le second cas, il y a échange d’acide ; dans le premier, une partie de l’acide sulfurique se décompose en acide sulfureux qui se dégage et en oxygène qui s’unit à l’argent.
Hyposuîfite d’argent. — Sel composé d’acide hyposulfureux et d’oxyde d’argent. On le prépare en versant une dissolution d’hyposulfite de soude dans une dissolution de nitrate d’argent : on obtient une poudre blanche qui noircit promptement à l’air, en donnant du sulfure d’argent. En faisant digérer de l’oxyde d’argent dans une dissolution d’hyposulfite de soude, il se fait un hyposulfite double de soude et d’argent cristallisant d’une manière très-nette. Les chlorure, bromure, iodure d’argent donnent le môme résultat. C’est à cette propriété qu’est dû l’emploi de l’hyposulfite de soude pour fixer les images en photographie. Les hyposulfites doubles soumis à l’ébullition abandonnent du sulfure d’argent et se transforment en sulfate de soude.
Acétate d’argent. — S’obtient en versant de l’acétate de soude dans une dissolution chaude et concentrée d’azotate d’argent. L’acétate d’argent cristallise par refroidissement en petits prismes. On peut encore, pour l’obtenir, précipiter le nitrate d’argent par une dissolution de carbonate de soude, recueillir et laver le précipité blanc de carbonate d’argent, et le dissoudre dans l’acide acétique.
Métallurgie de l’argent. — L’extraction de l’argent de ses minerais se fait par deux procédés bien distincts : la coupellation qHq. chloruration.
La première est applicable aux sulfures de plomb ou de cuivre argentifères que l’on traite d’abord pour plomb ou cuivre; ces derniers sont repris pour en extraire l’argent (voyez Plomb, Cuivre.
La seconde est employée pour les minerais d’argent proprement dits, dont la gangue ne contient pas de métaux étrangers en assez grande quantité pour qu’on trouve avantage à les extraire.
1° Procédé américain. — Les minerais exploités en Amérique sont d’une nature assez complexe : ils contiennent de l’argent natif, du sulfure d’argent simple, des sulfures multiples, des chlorure et bromure d’argent ; on y rencontre aussi de l’arsenic, de l’anfimoine, etc. La richesse en argent y varie de 0,002 à 0,003. Le minerai bocardé, broyé en poudre fine, est réuni en tas de 50 à 70 000 kilogrammes dans une vaste cour dallée [patio)., où on le môle avec 2 ou 3 p. 100 de sel marin et de 1/2 à 1 p. 100 de magistral. Cette nouvelle substance est for mée de pyrites cuivreuses grillées, et contient de 8 à 20 p. 100 de sulfate de cuivre; on mélange la masse à la pelle, puis on la fait piétiner par des chevaux en y versant à trois reprises différentes une quantité totale de mercure égale à 1 0 fois environ l’argent à extraire, et examinant de temps en temps la marche de l’opération d’après l’aspect que prend le mercure. Si elle est trop rapide, on ajoute des cendres ou de la chaux pour neutraliser l’action trop vive du magistral ; si elle marche, au contraire, trop lentement, on augmente la quantité de magistral. Au bout de deux ou trois mois, on procède au lavage des matières dans des cuves en bois ou en ma-çonnerie ; le mercure tombe au fond et se sépare ainsi des boues, qui sont entraînées. Le mercure est passé dans une toile à voile; une partie coule à l’état liquide et est réservée pour une opération ultérieure ; 1 autre reste à l’état d’amalgame solide, d’où on retire l’argent par distillation du mercure.
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La théorie de œ procédé est assez complexe : premièrement, le sel marin et le sulfate de cuivre du magistral se décomposent et donnent naissance à du bichlorure de cuivre qui commence l’attaque du minerai. Ce hichlorure cède la moitié de son chlore à de l’argent natif, et le transforme en chlorure. Le protochlorure de «uivre restant décompose le sulfure d’argent qu’il transforme également en chlorure d’argent. On a donc en définitive du mercure, de l’argent natif, des chlorure et bromure d’argent en présence. Ces derniers sont décomposés par le mercure en calomel^ ou protochlorure, et bromure, iodure de mercure, et en argent qui s’amalgame avec le mercure. Le sel marin aide à cette réaction en dissolvant les chlorure et bromure d’argent. Dans cette méthode, il y a perte de mercure (calomel) et perte -d’argent, car les sulfures doubles résistent d’une manière presque complète à ces réactions. Des méthodes beaucoup plus parfaites ont été proposées : mais dans les conditions particulières de V exploitation mexicaine l’absence de combustibles et de voies de communication a toujours fait revenir à l’ancien procédé, tel qu’il fut inventé par Bartholomé de Médina, en 1657.
2® Procédé saxon. — Le procédé d’amalgamation de Freyberg, adopté en Europe depuis la fin du siècle dernier, est plus conforme aux indications de la théorie. Les minerais qu’on y exploite renferment au plus 0,003 d’argent dont la plus grande partie est à l’état de sulfure ; ils doivent contenir aussi de 20 à 30 p. 100 de pyrite de fer qui joue un grand rôle dans l’opération. Si le minerai en contient moins, on en ajoute; mais il ne doit pas renfermer plus de 5 p. 100 de plomb et 1 p. 100 de de cuivre, autrement il faudrait recourir au procédé par fusion.
Le minerai additionné de 10 p. 100 de sel marin est grillé dans des fours à réverbère. Sous l’influence de la chaleur et de l’air, les sulfures métalliques, notamment le sulfure de fer, se changent d’abord en sulfates; plus tard ils se décomposent en dégageant des acides sulfureux et sulfurique; ce dernier acide réagit sur le chlorure de sodium (sel marin), donne du sulfate de soude et de l’acide chlorhydrique qui attaque l’argent et les sulfures, et les transforme en chlorures. Quand le minerai est ainsi grillé, on le pulvérise et on l’introduit dans des tonneaux avec le tiers de son poids d’eau et 5 ou G fois son poids de fer en petites plaques ; on fait tourner les tonneaux pendant une heure, puis on ajoute du mercure, et on remet les tonneaux en mouvement pendant 16 ou 18 heures; le chlorure d’argent est réduit par le mercure ; il se forme du chlorure de mercure qui est réduit à son tour par le fer. Quand à l’argent, il forme un amalgame qui se rassemble au fond des tonneaux ; on le .soutire, et par la distillation on obtient l’argent.
Tableau de la production annuelle moyenne de l'argent ■ur la surface du globe (llebeffe).
'Mexique (1840) 491^000
Buenos-Ayres (république de) 300000
Amérique. ■ Pérou et Bolivie 167 500
Chili 41 250
États-Unis de l’Amérique du Nord.... 103 325
Asie . .
Furope.
Total 1 103 075
Russie d’Asie. 22 500
d’Espagne (1840) 40 000
Hongrie, Transylvanie, Banal et Bu- ) qOO
kovine. J
Saxe (1841) 16 560
Hartz (1838) 1 1 830
iNorwége (Kongsberg, Sala) 7 900
I Bohème (1841) 5 965
Prusse (1841) 5 864
Angleterre (1835) 5 325
1 Bords du Rhin (Alzan, Holzappel,
Ems, etc.) 2 000
France (1846) 3 027
Suède 1 700
Savoie et Piémont 600
Salzbourg 200
^Divers 200
Total annuel 1 247 746
représentant une valeur de 277 000 000 francs environ ou une sphère massive d’argent de G mètres de diamètre. Ces nombres déjà anciens se rapportent à l’année 1840 ; depuis la production a un peu diminué. M. D.
Argent (Minéralogie). — A l'état natif, l’argent se rencontre avec ses principaux minerais, surtout le chlorure, le sulfure d’argent et l’argent rouge. Il est souvent cristallisé, et les masses qu’il forme présentent alors, comme le cuivre natif, des pointes de cristaux sur leur surface : fréquemment aussi ce sont des morceaux ou pépites sans formes définies, et qui peuvent peser jusqu’à 1000 kil. Les cristaux d’argent appartiennent au système cubique; mais ils sont assez rares, et ceux que l’on possède comme échantillons proviennent presque tous de la mine de Kongsberg, en Norwége : ce sont presque toujours des cubes ou des octaèdres. L’argent natif est rarement pur : il contient quelquefois de l’arsenic ou de l’antimoine ; plus fréquemment il renferme du cuivre dans une proportion qui va jusqu’à 10 p. 100. L’argent se trouve encore sous une autre forme assez remarquable : il constitue à la partie supérieure de certains filons un mélange avec des matières terreuses colorées par de l’oxyde de fer : ce mélange a reçu, en raison de sa couleur, le nom de merde d’oie; les petits cristaux d’argent n’y sont pas visibles; mais on les extrait par l’amalgamation. Le mercure sépare le métal de la gangue avec laquelle il est mêlé et forme avec lui un composé d’où on l’extrait ensuite.
Les principaux minéraux argentifères sont les suivants :
Argent amalgamé. — On le trouve en cristaux ou recouvrant comme un enduit la surface de certaines roches. Sa densité est 14,12. Chauffé, il donne de l’argent par l’expulsion du mercure.
Argent antimonial ou discrase (Beudant). — Ce minéral, d’un blanc d’argent, possède une structure lamelleuse. Sa densité est ‘J,5. Au chalumeau, il donne des fumées d’antimoine et un bouton d’argent métallique.
Argent corné ou kérargyre (Beudant). — Ce nom a été donné au chlorure d’argent naturel, à cause de son aspect et de la facilité avec laquelle il se laisse couper au couteau. On l’a longtemps regardé comme assez rare ; mais il est fort répandu et exploité au Chili, où on le trouve mélangé au bromure et à l’iodure. Ce minerai est en cristaux appartenant au système cubique, ou bien en masses vitreuses. Il s’altère très-rapidement au contact de la lumière et il passe au violet. Sa densité est 5,28. Au chalumeau, il fond et donne au feu de réduction un globule d’argent. Il est très-ordinairement accompagné d’argent natif.
Argent rouge. — Ses deux espèces se distinguent par la présence de l’antimoine dans l’une, de l’arsenic dans l’autre : on leur donne les noms déargyrithrose et de proustite.
Argent sulfuré. — L’un des minerais d’argent les plus riches et les plus abondants (voyez Argyrose).
Argent (Préparations d’) (Matière médicale). — Les préparations d’argent employées en médecine sont : 1® le nitrate d’argent; 2® le chlorure d’argent; 3® l’iodure d’a 'genf ; 4® l’oxyde d’argent. Le nitrate d’argent est de beaucoup le plus employé ; on peut dire que c’est un des médicaments qui rendent le plus de services, et la liste est longue des maladies dans lesquelles il a été ad ministré avec succès. Ainsi, à l’intérieur on l’emploie en solution, et, dans ce cas, on se sert du nitrate d’argent cristallisé : dans l’hydropisie, comme purgatif drastique; dans les diarrhées à glaires sanguinolentes des enfants, dans les diarrhées chroniques des adultes ; dans certaines dyspepsies, dans certaines gastralgies ; dans l’épilepsie ; dans la danse de Saint-Guy ; dans les affections syphilitiques; dans la coqueluche, etc. Les doses doivent être extrêmement fractionnées. Un des fâcheux effets de l’emploi du nitrate d’argent à l’intérieur, surtout lorsqu’il est continué pendant un certain temps, c’est de donner à la peau une teinte brune ardoisée indélébile ; pour éviter cet inconvénient, on a proposé de remplacer le nitrate par le chlorure d’argent qui ne produit pas le môme e'I'et. L’iodure et l’oxyde d’argent ont été proposés dans les mêmes cas que le nitrate. A l’extérieur, la pierre infernale (nitrate d’argent fondu), est un des caustiques les plus employés pour réprimer les chairs fongueuses; le nitrate cristallisé en dissolution et même la pierre infernale sont d’un usage journalier dans les phlegmasies chroniques de toutes les muqueuses, de la bouche, du pharynx, du larynx, des fosses nasales, de l’utérus ; dans plusieurs inflammations aiguës d’un mauvais caractère, lecroup, l’angine couenneuse, les ophthalmies blennorrhagiques; mais surtout dans les ophthalmies purulentes. La dose du nitrate d’argent à l’intérieur est de ns^oi à 0s‘',03 et 06'’, 04 par jour, graduellement; celle des autres préparations est un peu plus forte : pour collyre, 2 gram-
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mes de nitrate pour 30 à 50 grammes d’eau distillée. A haute dose, le nitrate d’argent est un poison corrosif violent (voyez Poison). F — n.
ARGENTINE (Zoologie), Argentina^ Lin. — Poisson de l’ordre des Malacoptérygiens abdominaux^ du grand genre Saumon; elles ont la bouche petite et sans dents aux mâchoires, comme les ombres, mais cette bouche est déprimée horizontalement, la langue est armée de fortes dents crochues, comme dans les truites et les- éperlans, dont l’argentine se rapproche par son corps allongé et peu comprimé, mais dont elle se distingue surtout par ses six rayons branchiaux. La seule espèce connue est ÏA. sphyrène (A. sphyrœna^ Lin.), long de0™,20 à 0“,25, qui habite la Méditerranée et les côtes d’Italie ; sa vessie natatoire, très-épaisse, est chargée de cette substance argentée (essence d’Orient) si précieuse pour la fabrication des fausses perles ; on la trouve aussi dans d’autres parties du corps de l’animal, et surtout sur son enveloppe extérieure à laquelle elle communique un éclat argentin des plus remarquables; c’est à cause de cette substance bien plus que pour la délicatesse de sa chair que ce poisson est recherché. La manière de la recueillir ne diffère en rien, du reste, de celle qu’on emploie pour Table (voyez Able, Essence d’Obient,
Argentine (Botanique). — Nom vulgaire donné au Céraisie cotonneux [Cerastium tomentosum) et à la Polentille ansérine {Potentilla anserina) (voyez Céraiste et Potentille).
ARGENTURE. — Application d’une couche mince d’argent à la surface des objets qu’on veut argenter. On n’argente guère que le cuivre, le laiton et le maillechort. Cette opération se fait par trois procédés divers : V argenture en feuilles^ Vargenture au pouce et Vargenture électrique.
Vargenture en feuilles le procédé le plus ancien. Les pièces convenablement finies sont chauffées au rouge, plongées dans de Tacide nitrique étendu (eau seconde) pour les décaper, puis poncées à la pierre ponce et à i’eau. On les chauffe de nouveau à 1 10 ou 120° pour les remettre à Teau seconde, afin de faire naître à leur surface de petites aspérités qui retiennent l’argent ; si ces aspérités n’étaient pas jugées suffisantes, on pratiquerait sur la pièce, de petites hachures au moyen d’une lame d’acier destinée à cet usage; enfin, on fait chauffer de nouveau les pièces jusqu’à ce qu’elles prennent une teinte bleuâtre, et on les maintient à cette température pendant toute la durée des opérations suivantes. C’est alors qu’on applique à leur surface cinq ou six feuilles d’argent battu qu’on y fait adhérer en les frottant fortement avec un brunissoir en acier. On met successivement de la même manière de cinq à dix couches de feuilles •d’argent superposées. Ce procédé est dispendieux et n’est applicable qu’à certains objets ; l’usure de l’argent est assez rapide, et quand le cuivre paraît en certains points, il faut réargenter toute la pièce.
V argenture au pouce est encore moins solide, mais beaucoup plus prompte. On prend une partie de poudre d’argent obtenue en précipitant le nitrate étendu d’eau par une lame de cuivre, 2 parties de sel marin, 2 parties de crème de tartre, on broie le tout ensem.ble et on en forme une bouillie avec un peu d’eau. On s’enveloppe ensuite le doigt avec un linge fin, on le trempe dans cette pâte et on frotte la surface bien décapée de Tobjet à argenter qu’on lave ensuite dans de Teau de lessive tiède, puis à Teau pure, et enfin on essuie avec un linge blanc et on fait sécher à une douce chaleur.
On doit à M. Mellawitz un procédé d’argenture trèssolide, facile à réparer par parties et qui est applicable aux pièces les plus délicates. On humecte avec un pinceau trempé dans de Teau salée la surface de la pièce préalablement bien décapée et on tamise au-dessus une poudre formée de 1 partie d’argent précipité de son nitrate par le cuivre, l partie de chlorure d’argent lavé et séché, 2 parties de borax purifié et calciné ; on chauffe -ensuite la pièce au rouge, on la retire avec des pinces et •on la plonge immédiatement dans de Teau bouillante contenant un peu de sel marin et de crème de tartre. Cela fuit, on applique avec soin au pinceau une pâte formée «du mélange en parties égales de la poudre précédente avec du sel ammoniac, du sel marin, du sulfate de zinc, -du fiel de verre (écume qui surnage le verre fondu dans les pots de verrerie et est principalement composée de sulfate de soude), que Ton a broyés avec un peu d’eau gommée. On chauffe encore au rouge cerise et on recommence quatre à cinq fois, suivant l’épaisseur que Ton vreut donner à la couche d’argent. L’argenture est mate;
pour la rendre brillante, on la passe au brunissoir.
L’argenture des miroirs de télescopes se fait par un procédé particulier, qu’on trouvera à l’article Télescopes. Pour l’argenture électrique, on opère comme pour la dorure.
ARGILE (Minéralogie), en grec argillos. — Une des substances minérales les plus curieuses et les plus intéressantes par les services immenses qu’elle rend aux hommes. Très-répandue dans la nature, elle est composée d’un mélange d’un quart de silice environ, d’alumine en assez forte proportion et d’eau. L’argile n’est point d’une nature particulière qu’on puisse déterminer par des caractères essentiels ; elle en a peu qui soient importants et très-distinctifs : seulement elle se délaye dans Teau et peut former une pâte onctueuse, facile à couper au couteau et susceptible d’être polie avec Tongle ; elle est extensible et d’une certaine ténacité ; chauffée, elle abandonne plus ou moins Teau qu’elle contient, diminue de volume et peut se durcir au point de faire feu sous le briquet; elle est alors imperméable à Teau et ne peut plus se délayer. Ces caractères distinguent les argiles des trapps, des serpentines et d’autres pierres à cassure terne et terreuse qui ne font jamais pâte avec Teau ; ils les séparent aussi des marnes et des craies qui peuvent bien se délayer dans Teau, mais sans prendre de ténacité et sans durcir au feu. Les argiles happent à la langue à cause de la grande affinité qu’elles ont pour Teau : les espèces impures et ferrugineuses répandent une odeur particulière par l’insufflation de Thaleine. La pureté des argiles peut être altérée par différentes substances, telles que la chaux carbonatée, la magnésie, Toxyde de fer, le sulfure de fer, les combustibles en partie décomposés. On ne sait rien de précis sur la nature et la formation des argiles ; celles de la nature ne sont jamais pures et paraissent formées de plusieurs terres parmi lesquelles l’alumine est celle qui leur donne les caractères cités plus haut. Parmi le grand nombre de variétés de cette substance, il convient de citer : i°VA. commune., A. glaise, terre à potier., fguline, très-douce et onctueuse au toucher, qui forme avec Teau une pâte tenace ; plusieurs sont colorées et acquièrent par la cuisson une couleur rouge vif : elles sont fusibles. On emploie cette argile pour les faïences et poteries grossières. Celle ù'Arcueil, près Paris, d’un brun bleuâtre, devient d’un rouge assez vif par la cuisson ; les sculpteurs l’emploient pour modeler; c’est avec elle qu’on glaise les bassins. 2® VA. calcarifère, A. marne, renferme une grande quantité de carbonate de chaux (voyez Marne) ; elle se trouve à Argenteuil, à Viroflay^ à Sèvres. On rencontre à Montmartre une variété grisâtre mêlée de brun, connue à Paris sous le nom de pierre à détacher; on s’en sert pour enlever les taches de graisse sur les étoffes de laine. 3” VA. smectique, terre à foulon, est une des plus utiles par ses qualités savonneuses propres à dégraisser les draps et . autres étoffes de laine, et à leur donner le lustre; les gisements les plus remarquables sont en Angleterre, d’où l’exportation est prohibée, en Saxe, en Suède, etc. On en trouve encore à Rittenau en Alsace (v. Dégraissage). 4° VA. kaolin, friable, maigre au toucher, fait difficilement pâte avec Teau; absolument infusible, lorsqu’il est pur, au feu des fours de porcelaine. Les vrais kaolins, presque tous d’un beau blanc, sont employés à faire de la porcelaine. Les plus connus se trouvent en Chine, au Japon. En Saxe, il est d’une légère teinte jaune qui disparaît au feu. En France, les principaux gisements sont près de Limoges, à Saint-Yrieix. On en trouve aussi près d’Alençon, près de Bayonne, près de Cherbourg, dans le Bas-Rhin, dans la Loire; en Angleterre, etc. Tous ces kaolins sont dus à la décomposition du feldspath (voyez Kaolin, Porcelaine). 5° L’A plastique, compacte, douce, onctueuse, se laisse polir par le doigt, donne une pâte tenace, longue : infusibles au feu de porcelaine, ces argiles prennent une grande solidité; on les trouve en quantité à Abondant, près de la forêt de Dreux, à Maubeuge, à Montereau, où on en fait une espèce de porcelaine opaque, à Gournay et à Gisors, à Forges-les-Eaux , dans plusieurs comtés d’Angleterre, etc. On en fait des pipes, des faïences, des étuis pour cuire les porcelaines, etc. 6° Enfin on peut citer encore VA. ocreuse, crayon rouge ou sanguine (voyez Sanguine), dont une des variétés est le bol d' Arménie. Une autre, la terre de Bucaros, est employée en Portugal pour faire des vases poreux propres à rafraîchir. 7“ L’ A. ocre jaune, dont les principales variétés sont : Vbol jaune de Vierzon, Vocre jaune de Taunay, la terre de Sienne , etc. Les argiles existent assez rarement dans les terrains primitifs, on les trouve plus souvent dans ceux qui font la transition aux terrains secondaires ;
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mais c’est surtout dans les terrains calcaires secondaires | et dans les atterrissements qu’elles sont en abondance.
Indépendamment des services nombreux que les argiles rendent aux arts et à l’industrie et dont nous n’a vons pu indiquer que quelques-uns, elles en rendent encore d’immenses à nos usages domestiques et à l’agr iculture, ainsi toutes les eaux qui s’infiltrent dans la terre iraient se perdre dans ses profondeurs, si elles n’étaient retenues par des couches d’argile qui leur permettent de couler à leur surface et d’aller s’échapper au fond des vallées en sources bienfaisantes pour les besoins des êtres vivants, et fécondantes pour l’agriculture : d’un autre côté, l’imperméabilité des argiles rendrait le sol improductif et stérile, si le Créateur ne les avait mêlées à d’autres matières qui les divisent, les désagrègent et leur donnent des qualités qui les rendent propres à la production des végétaux ; aussi l’homme, profitant des leçons que lui donne la nature, a-t-il mêlé ces diverses substances aux argiles lorsque celles-ci existent en trop grande quantité dans le sol ; de cette façon il peut, d’un sol tout à fait stérile, faire à volonté des terres fertiles. Pour les différents matériaux qu’on peut mêler aux terres trop argileuses, voyez Amendement. — Un autre moyen non moins précieux et qui tend à faire écouler les eaux que ces mêmes terres retiennent en trop grande abondance, c’est le Drainage (voyez ce mot).
Pour plus de détails ilfautconsulter l’article Argile du Dictionn. des sciences naturelles par A. Brongniart ; — Traité de minéralogie par Haüy ; — Dictionn. d'histoire naturelle de Déterville, article Argile ; — Encyclopédie de l’agriculture par M. Moll, article Argile.
“ARGILOLITHE, Argilophyre (Pierre d’argile) (Minéralogie). — On donne ces noms à des roches de grès rouge, mêlé de parties argileuses plus compactes, qui passent souvent au porphyre et finissent par renfermer des cristaux de feldspath. La cassure de cette substance est compacte, quelquefois écailleuse; quelques-unes de ses variétés, surtout celles qui ont de la ressemblance avec les pétrosilex, sont translucides dans leurs parties minces. C’est V argile endurcie de Werner.
ARGONAUTE (Zoologie), Argonauta., Lin., du grec argonautês y nom des héros qui s’embarquèrent sur le
Fig. 202. — Poulpe (animal) de l’argonaute papyracé.
I. Genre de l’ordre des Mollusques céi-mant dans la méthode du Eègne animal du grand genre des Seiches (voyez ce mot).
vaisseau Argc phalopodesy fo un sous-genre
Ce sont, dit Cuvier, des Poulpes ayant deux rangs de suçoirs sur chacun des huit pieds qui entourent leur bouche, armée elle-même d’un bec noirâtre, corné, en forme de bec de perroquet ; la paire de pieds la plus voisine du dos se dilate à son extrémité en une large membrane qui semble une espèce de voile. Ces mollusques habitent une coquille mince, uniloculaire, cannelée symétriquement et roulée en spirale, dont le dernier tour est si grand, qu’elle a l’air d’une chaloupe dont la spire serait la poupe. Elle est tout à fait extérieure, et l’animal se contracte à volonté dans son intérieur, sans que pour cela son corps pénètre jusqu’au fond; il n’y adhère par aucun muscle, et la soutient avec ses bras membraneux-, c’est ce qui a fait penser que l’animal qu’on y trouve ne l’habite qu’en qualité de parasite; cette opinion, soutenue par des auteurs d’une autorité respectable, n’a pas été adoptée par les naturalistes modernes, qui lui ont opposé des objections assez fortes dont le développement dépasserait les limites de cet article, et qu’on trouvera dans tous les ouvrages de zoologie. Parmi les espèces peu nombreuses de ce sous-genre, du reste fort semblables entre elles par les animaux et les coquilles, la plus remarquable est VA. papyracé {A. J r^o. Lin.), nommé vulgairement Nautile papyracé^ quoiqu’il diffère des vrais Nautiles (voyez ce mot), qui ont une coquille multiloculaire. C’était le Nautilus des anciens, dont parlent Élien, Aristote,
Fig. 203. — Coquille de l’argonaute.
>t dont plusieurs poètes ont chanté les merveilles, comme IV ont fourni aux hommes les premiers éléments de la ibnstruction des navires et les principes de la navigation ; ;ans accorder toute confiance aux fables inventées à ce jnjet par l’ardente imagination des Grecs, si amis du aierveilleux, on ne peut s’empêcher d’admirer le spectacle qu’offrirait une troupe d’argonautes naviguant à la îui'face d’une mer calme, comme autant de petites nacelles, employant six de leurs bras en guise de rames, et relevant, prétendait-on, les deux supérieurs, qui sont élargis et palmés, pour en faire des voiles ; mais la mer devient-elle agitée, ajoutait-on encore, ou bien paraît-il quelque danger, l’animal retire tous ses bras dans sa coquille, se contracte pour s’y concentrer, redescend et s’enfonce dans les profondeurs de la mer, jusqu à ce que tout danger soit passé ; malheureusement il est prouvé que ce spectacle est tout à fait imaginaire.
ARGOUSIER (Botanique), Lin. , du grec /i?ppos, cheval, et p/md, j’éclaire. Les anciens avaient donné ce nom à une plante qui passait pour guérir les maux d’yeux des chevaux. — Genre de plantes de la famille des Éléagnées. dont l’espèce unique, VA. rhamnoide [H. rharimoides. Lin.), croît dans les parties moyennes et le sud-est de l’Europe. Il vient aussi en Asie et se plaît particulièrement dans les sables maritimes, qu’il sert ainsi à fixer. Aussi l’emploie-t-on dans certains endroits au bord de la mer pour maintenir les dunes. Il réussit aussi très-bien dans les jardins pour former des haies que son feuillage à teinte assez foncée rend plus pittoresques. G est, un grand arbrisseau très-rameux, pouvant s élever à plus de I mètres. Ses branches et ses rameaux se terminent par des épines. Ses feuilles sont alternes, lancéolées, d’un vert grisâtre en dessus et un peu argentees en dessous, avec de petites taches d’un brun roupatre. Ses fleurs, qui s’épanouissent en avril, sont blanches et trespetites ; mais ses fruits, d’un beau jaune souvent orangé, sont très -apparents. Plusieurs autres argousiers rentient maintenant dans le genre Shepherdie. Ce genre est ca-
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ractérisé par des fleurs dioîqiies, dont les mâles ont 4 étamines : fruit bacciforme en achaine enveloppé par le calice devenu charnu. (Lebret, Notice sur VHippophae rhamnoides. Rouen, 1821.) G — s.
ARGULE (Zoologie), Argulus^ Müll. — Genre de Crustacés pœcilopodes^ désigné d’abord par Cuvier sous le nom A’Ozole. Jurine fils lui a restitué son nom à'Argule que lui avait donné Millier. VA. foliacé est un petit parasite d’un vert jaune clair, long de 0“,005 qu’on trouve aux environs de Paris sur les têtards de grenouilles ou de crapauds.
ARGUS (Zoologie). — Nom mythologique qu’on a donné â plusieurs animaux appartenant à des groupes très-différents; ainsi :
Argus (Oiseau) {Phasianus argus., Lin. ; Argus giganteus., Tem.), magnifique espèce du genre Faisan. Temminck et après lui Vieillot en ont fait un genre; mais ies caractères qu’ils lui assignent n’ont sans doute pas pafu suffisants pour qu’il fût adopté par Cuvier dans le Règne animal; c’est donc, pour lui, un grand faisan du
Fi"’. 20'i. — Argus [Plias: anvs argus. Lin.).
•midi de l’Asie, à tête et cou presque nus, les tarses sans opérons, le mâle a une longue queue de plus d’un mètre, 1 animal tout entier ayant environ 1"*,50, les plumes secondaires des ailes excessivement allongées et élargies, couvertes sur toute leur longueur de taches en forme d yeux, qui, lorsqu’elles sont étalées, donnent à l’animal un aspect extraordinaire {fîg. 204), C’est de là que lui vient le nom
Argus (Poissons). — Ce nom a été donné comme spécifique â plusieurs espèces de poissons ; ainsi : 1 «> le Céphalopholîs argus, de Block, est un AcantJioptéryqien percoide du genre Serran, dont le corps est semé de pointes de couleurs plus ou moins vives ; 2® le Chœtodon argus. Lin., est un Acanthoptérygien squammipenne, du genre Chœtodon ; il passe pour dévorer de préférence les excréments humains (voyez Chetodon) ; 3® le Chro~ mis argus, Humboldt, est un Acanthoptérygien
laoToide, du genre Chromis ; enfin 4® le P leuronecte ar-
subbrachien, famille des Poissons plats, genre Pleuronecte, sous-genre Turbot (voyez ces mots).
Argus (Reptiles). — Plusieurs reptiles portent ce nom: parmi les Sauriens, famille des Laceriiens, genre Monitor, VAmeïva argus, Seb., à fond vert ou grisâtre avec des taches de couleurs plus vives, arrondies comme
des yeux; c’est le Monitor cépédien,àc,Q.\x\\c,Y', dans les Ophidiens, on trouve le Coluber argus. Lin. et Lacép., couvert de taches rondes, blanches, avec un point rouge au centre. Ce reptile appartient au genre Couleuvre.
Argus (Arachnide). — Valckenaër a donné ce nom à une espèce d’araignée appartenant aux Arachnides pulmonaires fileuses, grand genre Araignée [Aranea, Lin.), section des Sédentaires,
Argus (Insecte). — Sert à désigner le Papillon bleu des environs de Paris {Papilio alexis, Hübn., Argus bleu de Geoffroy). Lépidoptère, très-connu, de la famille des Diurnes, du grand genre des Papillons, sous-genre des Polyommo.tes,
Argus (Mollusque). — C’est une coquille appartenant aux Gastéropodes pectinibr anches, du genre Porcelaine {Cypreaargus),pxe,s,cpxe, turbinée, parsemée d’yeux avec quatre taches brunes en dessous. Dans la mer des Indes et l’Atlantique.
ARGYLIE (Botanique), Argylia, Don, dédiée au duc d’Argyle. — Genre de plantes de la famille des Bignoniacées, type de la tribu des Argylées. Il comprend quelques espèces propres au Chili. Ce sont des plantes à feuilles alternes, pétiolées, peltées, digitées. Le type du genre est le Bignonia radiata. Lin., dont les fleurs sont disposées en grappes terminales et colorées de jaune avec des ponctuations rouges.
ARGYNNE (Entomologie), Argynnis, Fab. — Genre éé Insectes lépidoptères, établipar Fabricius. Il forme dans la méthode du Règne animal un sous genre des Papillons
Fig. 20o. — Argynne Paphia, mâle (grandeur naturelle).
diurnes, dans lequel Cuvier, d’après Latreille, a compris les Melitæa. Ce sont en général de beaux papillons qui habitent les bois et se laissent difficilement approcher ; un grand nombre se trouvent aux environs de Paris. Ils ont les antennes terminées par une espèce de bouton, palpes épaisses, avec un article aigu; leurs chenilles sont épineuses et vivent sur les fleurs, particulièrement sur les violettes. La section Argynnes propres a des taches nacrées sous les ailes; les chenilles ont des épines dont deux plus longues sur le cou. Les espèces les plus communes sont : VA. tabac d’Espagne (A. Paphia, Lin., Fab.) {fig. 205), large de plus de 0“,065; ailes fauve foncé avec taches noires; VA. petite violette {A. Dia, Lin., Fab.), large de 0“,0i, fauve en dessus, avec la base et les taches noires; VA. grand nacré {A. Adippe, Fab.), qui a 0“,06 de large, ailes fauve foncé, avec des taches noires ; VA. collier argenté \A. Euphrosine, Lin., Fab.), large do
Fig. 206. — .\rgynnc Lathonia.
0'®,04, ailes fauves, base noirâtre; VA. petit nacré {A, Lathonia, Lin., Fab.) {fig. 20G), large de 0“,045, le dessus des ailes fauve, taches argentées au sommet des ailes et
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surtout des inférieures. Dans la section des Melilœa^ la chenille a de petits tubercules velus ; les ailes sont tachetées en manière de damier, le nacre est remplacé par du jaune ; on y trouve, entre autres : le Damier {A. Cinxia^ Lin., Fab.) ; VA. Athalia {A, Athalia, Fab.); le grand Damier^ VA. Phœbe {A. Phœbe, Lin.), etc.
ARGYRE (Zoologie), ,Macq., du grec arguros^
argent. — Genre à' Insectes diptères.^ famille des Tanystomes, tribu des Dolichopodes, caractérisé par un front déprimé, foce étroite chez le mâle, large chez la femelle, troisième article des antennes comprimé et pointu, yeux velus, appendices de l’abdomen filiformes : ce genre, formé de la première division des Porphyros de Meigen, a été nommé ainsi parce que plusieurs espèces ont le corps couvert d’un duvet argenté. La principale espèce connue estl’/l. diaphane {A. diaphana, Macq., Dolichopus diaphanuSy Fab.), qu’on trouve dans toute l’Europe en mai et en juin.
ARGYRÉE (Zoologie), Argyreus, du grec arguros., argent. — Genre à' Insectes formé par Scopoli dans l’ordre des Lépidoptères, famille des Diurnes^ et app'artenant au grand genre des Papillons {Papdio, Lin.). Ce genre, composé des Hespérées ruricoles, Fab. , n’a point été adopté par les naturalistes ; il est caractérisé par ses ailes ornées de bandes dorées ou argentées, avec des taches ou des points en forme d’yeux. « A peine pourrait-on, dit Latreille, fonder sur de tels caractères des divisions de genre. »
ARGYRITHROSE (Minéralogie). — Sulfure d’argent et d’antimoine. La belle couleur rouge qui apparaît lorsqu’on brise ou qu’on réduit en poussière ce minéral, et mieux encore lorsqu’on le gratte avec une pointe, lui a valu le nom d’argent rouge, qu’il partage avec la Proustite (voyez ce mot). Ce corps est fréquemment cristallisé ; il affecte des formes qui dérivent d’un rhomboèdre obtus sous l’angle de 108« 30'. Sa densité est 5,75 ; il fond au chalumeau, dégage des fumées antimoniales blanches et donne un bouton d’argent. Il accompagne le sulfate d’argent dans les mines de l’Amérique méridionale.
ARGYROLEPJS (Zoologie), du grec arguros, argent, lepis^ écaille. — Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, établi par Stephens et adopté par Duponchel, qui l’a placé dans sa tribu des Platyomides. Dans le Règne animal de Cuvier, il appartient à la sixième section des iVocturneSyl^^ Tordeuses {Phalœnœ tortrices, Lin.). Toutes les espèces de ce genre sont remarquables par les raies et les taches argentées qui diaprent leurs ailes. Une seule espèce se rencontre quelquefois aux environs de Paris, mais plus souvent dans le midi de la France, c’est l’/l. de Baumann {Pyralis baumannia, Fab.), qui se voit en plein été ; les autres espèces habitent, en général, l’Europe méridionale.
âRGYRONÈTE (Zoologie), Argyroneta, du pec arguros, argent, et nêtos, filé. — C’est V Araignée aquatique {Aranea aquatica tota fusca, Geoff.). Genre d^ Arachnides,dont la seule espèce connue entièrement aquatique est des plus intéressantes à observer ; c’est dans l’eau qu’elle vit, qu’elle chasse et qu’elle file, et cependant elle respire l’air en nature au moyen de pounions : ce phénomène, longtemps inexpliqué, a été enfin mis en lumière par le père Lignac, oratorien, dans un Mémoire pour servir à l histoire des araignées aquatiques, Paris, 1749. Voici les procédés ingénieux qu’elle emploie pour se procurer l’air qu’elle respire au fond des eaux. L’animal commence par attacher quelques fils aux herbes aquatiques dans l’eau môme; puis après cela, remontant à la surface, elle nage sur le dos, tenant au dehors son ab domen qui paraît brillant et comme enduit d’une matière argentine : bientôt elle se retire vivement dans l’eau, entraînant avec elle une bulle de l’air qui s’est attaché à son abdomen ; elle le transporte au-dessous des fils qu’elle a tendus; ceux-ci en retiennent la plus grande partie, et, en recommençant cette manœuvre plusieurs fois, elle accumule au fond de l’eau une bulle d’air assez considérable, pour construire sur cette espèce de moule une coque ovale, grosse comme la moitié d’une très-petite noix, remplie d air, tapissée de soie et fixée par des fils aux plantes aquatiques : c’est là qu’elle s’établit ; elle s’y met en embuscade pour guetter sa proie, qui consiste en petits crustacés, zoophytos, etc. Elle les transporte dans cette habitation, puis elle y dépose son cocon qu’elle garde assidûment, et s’y renferme pour passer l’hiver. Elle habite plus particulièrement les eaux dormantes ou coulant très-lentement. On la trouvait autrefois fré- <iuemment à la Glacière, à Charenton, près Paris; mais depuis quelque temps elle en a disparu; onia rencontre
encore en Champagne, mais surtout dans le nord de l’Europe. VArgyronète aquatique {Aranea aquatica, Lin.), est longue de 0“,0l0 à 0“,012, brun noirâtre, légèrement velue, abdomen plus foncé, mou, ovale dans la femelle, ayant sur le dos quatre points enfoncés. Le genre Argyronète appartient aux Arachnides pulmonaires, famille des Aranéïdes on Pileuses, gY&nd genre Araignée de Cuvier. Ses caractères sont : huit yeux rapprochés, presque égaux entre eux, formant deux lignes transversales parallèles ; filières extérieures à peu près de la môme longueur; mâchoires inclinées sur la languette dont la forme est triangulaire; mandibules robustes et verticales. F. — n.
ARGYROSE (Minéralogie). — Sulfure d’argent naturel. Ce minerai est assez abondant : on en trouve dans les mines de Saxe, de Bohême et de Hongrie ; mais la plus grande partie de l’argent qui est en circulation provient des mines d’argent sulfuré exploitées au Mexique.
Sa surface, d’un gris d’acier, ne tarde pas à s’altérer par l’action de la lumière et devient tout à fait noire. On connaît ce minéral sous forme cristalline, en morceaux amorphes et en dendriies : il se laisse entamer au couteau, fond très-facilement, se réduit au chalumeau en dégageant des vapeurs sulfureuses. Sa densité est 7 environ : il cristallise dans le système du cube et possède des \ clivages parallèles aux faces de ce solide. L*a ’gyrose se i rencontre en filons à gangue quartzeuse située dans les j schistes argileux intermédiaires.
ARHIZES (Botanique), du grec a privatif, rhiza, racine. — L.-Claude Richard, ayant basé les caractères des plantes Cryptogames sur le défaut de corps radiculaire de leur embryon, avait créé ce terme pour désigner celles-ci qui ont déjà pour synonymes les mots Acoiylé- \ dones et Inembryonées (voyez Acotylédones et Grypto- cames).
ARIANE (Zoologie), nom de la Fable. — Division d' Arachnides du genre Dysdera de Walckenaër, dont Sa- i vigny avait formé un genre. Elle appartient à la famille 'i des Pileuses, ordre des Pulmonaires (voyez Dysdère'.
ARIGIE (Zoologie), Aricia{nom mythologique).— Genre i d' Annélides dorsi branches, voisin des Néréides, à corps ' grêle, allongé, portant sur le dos deux rangées de cirrhes ' lamelleux, pieds antérieurs garnis de crêtes dentelées, i Plusieurs espèces habitent nos côtes, entre autres VA . Cuvierii, Audoin et M. Edw. VA. sertulata, Savig., est ) figurée dans l’ouvrage d’Égypte.
AniciE (Zoologie). — Genre d' Insectes diptères , tribu 4 des Mouches, section des Anthomysides, très-voisin du j genre Mouche {.Musca). On les trouve dans les lieux frais i et humides; les larves se développent sur les matières j végétales en putréfaction. L’espèce la plus commune est i VA. lordaria ou Musca, Fab.
^RIA GATTIVA (Médecine), air contagieux. — Nom par | lequel les Italiens désignent les émanations marécageuses j de la campagne de Rome, nommées aussi Malaria.
ARILLE (Botanique). — Expansion du funicule que l’on » remarque dans la graine de certaines plantes, et qui, i quelquefois, outre le test, forme un tégument envelop- j pant complètement la semence, comme dans le Nénu- I phar et dans le Fusain, où cet arille est membraneux et ;) coloré d’un jaune orangé vif. Dans le Muscadier, il est ; grand, charnu, ramifié, brodé à jour, et constitue cette h enveloppe de la muscade que nous appelons le macis. ; Dans VOxalide, l’aiille est mince, élastique, blanchâtre ; ;
il se crève quand la graine est arrivée à la maturité, et » la lance au dehors par l’efiet d’une force contractile. Les ‘ Boccania, Polygala, Sterculia ont aussi avec leurs graines a des arilles qui se présentent sous des aspects diiîérents ), dans chaque plante.
ARION (Zoologie), Arion. — M. de Ferussac divise les Limaces proprement dites (qui sont des Mo! lusques g as- téropodes pulmonés terrestres) en deux sections : les Avions et les Limas; les premiers se distinguent par la présence d’un pore muqueux situé à l’extrémité de leur corps, et par l’orifice de la respiration situé vers la partie antérieure du bouclier; il n’y a dans le bouclier que j des grans calcaires; les principales espèces sont : la i.| Limace rouge (limace des empiriques) {Limax ru fus. Lin.), la Limace blanche {L. albus, Müll.), la Limace des : jardins {L. hortensis, Müll.) (voyez Limace). d
ARISARUM (Botanique), Arisarum, Lin. Les Grecs l{ nommaientar/5 et aron, legouet. Arisarum vésude de la réunion de ces deux mots. — Genre de plantes de la ^ famille des Aroïdées, tribu des Dracunculinées ; à spadice j androgyne sans interruption ni organes rudimentaires comme dans les genres voisins; anthères à 2 valves