‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 78 sur 385 · A RL · texte numérisé non relu

A RL

163 ARM

inégales ; baie presque sphérique contenant de 2 à 8 graines. Les herbes de ce genre ont le rhizome tubéreux, la spathe colorée d’un pourpre livide. VA. commun {A. vu/gnre, Arum arisarum, Lin.) se trouve dans l’Europe méridionale et dans l’Afrique septentrionale.

ARISTOLOCHE (Botanique), Aristolochia, Tourn., du grec aristos, très-bon, et locheïa, accouchement, plante très-bonne pour l’accouchement. — Genre de plantes type de la famille des Ai'istolochiécs. Il comprend des plantes herbacées, vivaces et souvent ligneuses inférieurement. Leurs feuilles alternes, entières, ont quelquefois, outre la côte médiane, deux fortes nervures latérales qui s’étalent dans un sens ou dans un autre. Parmi les espèces principales, on peut citer 1’^. serpentaire ou Serpentaire de Virginie {A. serpentaria. Lin.), plante médicinale; aux États-Unis, les médecins emploient sa racine dans la fièvre typhoïde, contre les vers intestinaux, et surtout contre la morsure des serpents venimeux (voyez Serpentaire). VA. siphon [A. sipho, L’hérit.), vulgairement Pipe de tabac, est une superbe espèce grimpante, dont les grandes feuilles, les fleurs irrégulières, ornent les murs et les tonnelles de nos jardins. Elle est originaire de l’Amérique méridionale. VA. clématite, sarrasine, aristoloche {A. clematitis,TAn.), est une plante indigène qui vient souvent dans nos cultures ; il ne faut pas la confondre avec la clématite commune (voyez Clématite). Elle est employée en médecine comme apéritive, tonique et vulnéraire. Le genre Aristoloche, qui ne comprend pas moins de quarante espèces cultivées dans les jardins ou dans les serres, en possède dans ce nombre qui atteignent d’énormes dimensions en hauteur. Leurs fleurs présentent aussi des proportions gigantesques. C’est même dans ce genre que l’on rencontre les plus grandes fleurs du règne végétal. Telles sont surtout celles de l’.4. grandiflnra et de VA. labiosa. Les aristoloches ont une corolle colorée, tubuleuse, G étamines, une capsule à 6 loges contenant des graines nombreuses. (Baier, De aristolochia. Altdorfi, 1819.) G — s.

ARISTOLOCHIÉES (Botanique). — Famille de plantes Dicotylédones que différents auteurs placent comme intermédiaires entre les Monocotylédones et les Dicotylédones, et que M. A. Brongniart range dans sa classe des entre celle des Santalinées etcelledes Cucurbitinées. Ce sont des plantes à feuilles alternes, à fleurs axillaires, étamines 6 ou 12’gynandres, fruit capsulaire ou un peu charnu. La plupart des Aristolochiées habitent l’Amérique tropicale et la région méditerranéenne. Genres principaux : VAsaret, et V Aristoloche, type de la famille.

ARISTOTÈLE (Botanique) , Aristotelea , établi par L’héritier en l’honneur d’Aristote. — Genre de plantes nommé vulgairement Maqui, au Chili où il croît spontanément. C’est un petit arbrisseau à feuilles persistantes ; ses fleurs sont blanches, disposées en grappes axillaires, et ses baies, noirâtres, comestibles, légèrement acides, servent à préparer une boisson qui passe parmi les Chiliens pour un bon fébrifuge.

ARKOSE (Géologie . — Ce sont des roches dont les éléments très-divers, produits de fragments primitivement désagrégés, ont été de nouveau agglutinés et plus ou moins consolidés par différentes causes, telles que l’infiltration d’un ciment siliceux aidée de l’influence de la chaleur : on conçoit dès lors la variété et la nature des éléments qui les composent ; ainsi 1’^. friable couvre des surfaces assez étendues de terrains à l’état d’arène ou sable granitique. Quelquefois ce sont des bancs solides formés de jaspes roulés, empâtés par la barytine ou spath pesant. D’autres fois, dans l’.i4. grunitdide, par exemple, l’empâtement offre des grains de quartz hyalin, de feldspath et de mica. L’extrême dureté de quelques arkoses de roches cristallines permet de les exploiter comme meules de moulin. On en a construit aussi des cheminées, des hauts fourneaux.

ARLEQUIN (Zoologie). — Ce nom a été donné à plusieurs animaux ; ainsi, en ornithologie, il a servi à désigner une espèce de Colibri, le C. arlequin {Trochilus multicolor, Gm.) (voyez Colibri). Klein a aussi donné ce nom à un oiseau d’Asie, qu’il dit être un rossignol. En entomologie, 1“ l’A. de Cayenpe est un bel Insecte coléoptère de la tribu des Lamiaires, genre Acrocine; c’est VAcrocine longimane {Cerambyx longimanus. Lin., Oliv.); 2"!’^. doré est le nom donné par Geoffroy à la Chrysornèle céréale [Chrys. cerealis) (voyez ce mot) ; 3“ VA. velu de Geoffroy 3st la Cétoine velue {Cetonia hirta) (voyez Cétoine). Enfin plusieurs coquilles ont reçu le nom d’^rleqaine; ce sont deux porcelaines, la Cyprœa histrio, et

la Cyprœa arabica, nommée aussi fausse Arlequine (voyez Porcelaine).

ARLES (Médecine) (Eaux minérales). — Voyez Amélieles-Bains.

ARMADILLE iZoologie', Latr. — Genre de

Cru<itacés isopodes, grand genre Cloporte de Linné, section des Oniscides de Latr., ou des Cloportides de Cuvier; ils ont de très-grands rapports de forme et de manières de vivre avec les Cloportes (voyez ce mot), dont ils se distinguent surtout parce que leur corps se roule en boule. VA. commun {Oniscus armadillo. Lin.) est d’un gris plombé, le bord postérieur des anneaux blanchâtre ; on le trouve très-souvent sous les pierres ; 1’^. mélangé [Onisc. variegatus, Villers. ) est noir, avec des taches blanchâtres; midi de la France. VA. des boutiques, espèce d’Italie, a été employé autrefois en médecine comme diurétique et pectoral.

ARMARINTHE (Botanique). — Voyez Cachrys.

ARMATURES ou Armures. — Pièces de fer doux dont on munit ordinairement les aimants pour leur conserver leurs propriétés magnétiques. Dans tout aimant, les forces magnétiques tendent à disparaître par l’effet même des attractions qui s’exercent entre leurs deux pôles; elles ne se conservent qu’en vertu de l’inertie de l’acier, ou de ce qu’on appelle sa force coercitive; il en résulte que les chocs, les ébranlements quelconques, les variations de température les affaiblissent et les feraient peu à peu disparaître entièrement. On arme les aimants pour les faire mieux résister à ces influences fâcheuses.

Les aimants artificiels prismatiques sont réunis deux par deux, disposés parallèlement, les pôles de noms contraires en regard, dans des boîtes et réunis à leurs deux extrémités par des morceaux de fer doux. Ces fers s’aimantent, les pôles qui s’y forment, agissant par attraction sur les pôles des aimants, contribuent à leur conserver leur puissance.

Les aimants artificiels isolés sont ordinairement recourbés en forme de fer à cheval, et leurs deux extrémités réunies par un barreau de fer doux. Ils présentent dans cet état un phénomène curieux et encore inexpliqué. Si un aimant peut porter d’emblée 10 kilogrammes, par exemple, en le chargeant avec lenteur pendant plusieurs jours, on peut parvenir à lui en faire supporter 15 à 16; puis, si l’on dépasse la limite extrême et que l’armature se détache, l’aimant ainsi nourri retombe immédiatement même au-dessous de son intensité primitive, et pour la lui rendre, il faut le nourrir de nouveau de la même manière.

Les aiguilles aimantées ne s’arment pas; on se contente de les laisser suspendues librement sur leur pivot et se diriger sous l’influence de la terre. Les aimants naturels sont garnis sur leurs deux faces polaires de lames de fer terminées par une masse de métal appelée talon. Les deux talons deviennent, par influence des pôles, de môme nom que les faces qui leur correspondent. On obtient ainsi une espèce de fer à cheval que l’on arme à la manière ordinaire.

ARME A FEU (Médecine). — Voyez Plaie par arme a

FEU

ARMEPi (S’) (Hippiatrique). — Parce mot, on entend la résistance que met un cheval à se soumettre à l’action des mors de la bride, en se défendant contre son cavalier ou contre ses aides ; on dit alors qu'il s’arme. Ce vice peu dangereux tient, ou à une mauvaise adaptation du mors, et dans ce cas il est facile d’y remédier, ou à un caractère craintif, et on vient à bout de le guérir par la douceur et la patience (voyez l’article Hippologie).

ARMERIA (Botanique), A rmeria, Willd. , du celtique ar mor, au bord de la mer. — Genre déplantés gazonnantes delà famille des Plomhaginées à feuilles linéaires, lancéolées, ou oblongues. VA. maritime (A. ?nari ti ma, Wïïld., Statice maritima, Laterr.) est une herbe gazonneuse à fleurs rosées. Elle est très-employée pour former des bordures dans les jardins où on la connaît sous le nom do Gazon d’Olympe, et offre un fait assez rare dans la géographie botanique; ainsi l’on a rencontré le Gazon d’Olympe aussi bien sur les côtes maritimes de l’Océan qu’au sommet des Alpes et des Pyrénées.

ARMES BLANCHES. — Voyez Sabre, Baïonnette. — Voy. supplément.

Armes a feu. — Fusil, Pistolet, Revolver. Les canons obusiers, mortiers, pierriers s’appellent plutôt Bouches à feu (voyez ces divers mots).

Armes (Botanique'. — On nomme parfois ainsi en botanique ces pointes plus ou moins dures et aiguës, nommées épines ou aiguillons (voyez ces mots), qui nais-

ARM

sent sur différents organes de certains végétaux, tels que les rosiers. Ces armes servent en quelque sorte à préserver les plantes des attaques de leurs ennemis. Girardin pense « qu’on devrait aussi mettre au nombre des armes des végétaux ces enveloppes dures , solides et ligneuses qui recèlent entre leurs parois, comme dans un fort qui paraît inexpugnable, l’amande de certaines espèces de fruits. On pourrait également compter parmi les armes des plantes l’odeur de quelques-unes d’entre elles, qui souvent est si fétide, qu’elle repousse les animaux qui veulent en approcher. » G — s.

ARMILLAIRE (Sphère). — Voyez Coordonnées.

ARMOISE (Botanique), Artemisia, Lin., d’Ar/emw, nom que donnaient les Grecs à la Diane des Latins. Par corruption, nous en avons fait armoise en français. — Genre de plantes de la famille des Compose'es,

tribu des Sénecionide'es^ sous-tribu des Anthémidées, ou, selon certains auteurs, type de la tribu des Artémisiées. Il comprend des herbes ou sous-arbrisseaux contenant un principe amer et une huile essentielle, aromatique, et dont les propriétés toniques sont utilisées en médecine.

On compte plus de soixante espèces de ce genre. Les principales sont : VA . estragon [A. dracimcu-

Fisç. 207.

Armoise cotninune (artemisia vulgaris).

lus^ Lin.), vulgairement herbe

de l’Europe méridionale dont une variété très-odorante est cultivée. On s’en sert surtout pour aromatiser le vinaigre et les salades. U A . aurone, citronelle, garde-robe (A. abrofaniim, espèce d’Italie , que l’on cultive dans les jardins à cause de son odeur agréable. L’yl.

commune {A. vulgaris, Lin.) {^g. 207) est vivace et indigène.

D’une odeurpeu agréable, d’une saveur amère, cette plante a passé pour un puissant emménagogue dans les temps les plus anciens; elle a beaucoup perdu de sa vogue aujourd’hui ; on emploie ses sommités en infusion comme antispasmodiques et toniques. Elle passe aussi pour vulnéraire etdétersive. VA. de Judée {A. Judaïca, Lin.) donne, par ses capitules et ses pédoncules, le médicament connu sous le nom de semen-confra de Barbarie, lequel forme la base de plusieurs préparations vermifuges. VA. en épis {A. spicata, Jacq. ; A. rupestris, Vil.) est une espèce très-estimée en Suisse pour ses propriétés vulnéraires. Enfin VA. absinthe [A. absinthium Lin.; Absinthium vulgare, Lamk) pour laquelle nous renverrons au mot Arsinthe. Le genre Armoise a des feuilles alternes diversement découpées, à capitules flosculeux, petits, disposés en épis ou en grappes paniculées. Ils sont en forme de disques; les fleurs de la circonférence sontunisériées, celles du disque, à 5 dents, hermaphrodites ou stériles par avortement, involucre à écailles imbriquées, réceptacle plan ou convexe, dégarni de paillettes, quelquefois frangé ; akènes comprimés sans aigrettes. G — s.

ARMORAGIA (Botanique), Cochlearia armoracia., Lin. Dérivé du mot Armorique., nom de la Basse-Bretagne où cette plante croît particulièreii}ent. — Espèce du genre Cochlearia dans la famille des Crucifères., tribu des Alyssinées. Elle est désignée vulgairement sous les noms de moutarde dJ Allemagne, moutarde des Capucins, cochléaria rustique, cranson rustique., mérédick, raifort sauvage (qu’il ne faut pas confondre avec le raifort cultivé, rafanus sativus). C’est une plante vivace à racines charnues; sa tige atteint jusqu’à 1 mètre de hauteur;

ARM

celle-ci est dressée et rameuse au sommet. L’armoracia croît dans les lieux humides, sur le bord des ruisseaux dans le nord de l’Europe. Il est abondant en France et en Angleterre. La racine de cette plante est douée depropriétés antiscorbutiques. On l’a administrée comme stimulante et vermifuge. Dans certains endroits, on la mange comme de gros radis, ou bien on la râpe trèsmenue, et l’on s’en sert en place de moutarde pour l’assaisonnement. Sa saveur est si forte et si piquante que mêlée avec du vinaigre, elle peut produire l’effet d’un vésicatoire. Elle se distingue par des feuilles radicales pétiolées, oblongues, crénelées, des feuilles caulinaires lancéolées, dentées, des fleurs blanches en grappe. Le fruit est une silique elliptique. G — s.

ARMURES (Arboriculture). — On donne ce nom aux appareils dont on entoure les arbres à haute tige pour les défendre, pendant leur jeune âge, contre les mutilations auxquelles ils sont exposés. Dans les vergers consacrés en même temps au pâturage, la tige des arbres fruitiers est souvent mutilée ou ébranlée par les animaux domestiques. Le meilleur mode d’armure est celui indiqué par les figures 208 et 209. Quatre lattes en bois de chêne A,

Fig. 208. — Armure Lelong déployée.

Fig. 209. — Armure Lelong placée autour d'une tige.

longues de 1“,C0 sur 0“,03 de largeur et 0“,0I6 d’épaisseur, garnies de quatorze pointes de Paris n" 1(>. Réunir entre elles ces quatre lattes, en les maintenant à 0“, 1 1 l’une de l’autre par trois fils de fer B n" l4. En former une sorte de cylindre dont on entoure la tige des arbres et qui s’appuie sur le sol. Un bourrelet en vieux chanvre G est fixé au sommet et à la base de l’armure pour empêcher l’arbre d’être blessé par le frottement. Cette armure coûte environ 1 franc et peut durer huit ans. Dans les terres labourées ou sur le bord des chemins très-fréquentés, les arbres à haute tige sont exposés au choc des instruments aratoires, des voitures ou à la malveillance des passants. Dans ce cas, la meilleure armure est celle que montre la figure 210. Deux pieux en bois dur, de Ü“,08 carrés sur une longueur de l'",80 et un peu cintrés à leur base. Les placer de chaque côté de la tige en les inclinant un peu l’un vers l’autre. Les maintenir à l’aide de six traverses A. Attacher une poignée de paille B sur la tige, au point où elle sort de l’armure, pour l’empêcher d’être meurtrie par le frottement. Cette armure peut se conserver en bon état pendant dix ans. Au bout de ce temps, les arbres plantés dans les terres labourées ont acquis assez de force pour ne plus être renversés parles instruments aratoires, mais leur écorce peut encore être déchirée par le choc. On remplace alors l’armure précédente par une corde en

ARM

Page 1