‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 81 sur 385 · ARES ET CENTIARES · texte numérisé non relu

ARES ET CENTIARES

des arpents d’onlgnn.

des arpents communs.

des arpents de Paris.

ARR

ARR

ARPENTAGE. — Se dit soit de Tensemble des opérations qui ont pour but la mesure d’un terrain, soit de l’art qui enseigne à exécuter les diverses opérations qui s’y rapportent, voyez Plans au supplément).

ARPENTEUR (Zoologie). — On appelle ainsi dans quelques provinces le Grand Pluvier {OEdicnème ordinaire^ Charadrius œdicnemus^ Lin.) (voyez Pluvier).

ARPENTEUSES (Zoologie), Phalœnites^ Latr. ; Geometræ, Lin. — On donne ce nom {Règne animal de Cuvier) à la septième section du grand genre des Phalènes de Linné, appartenant aux Insectes lépidoptères nocturnes. On les appelle arpenteuses^ parce que, lorsqu’elles marchent, elles se fixent d’abord par les pattes antérieures, elles élèvent ensuite leur corps en forme de boucle pour rapprocher l’extrémité postérieure de celle qui est fixée, et elles répètent ce mouvement, comme si . elles mesuraient le terrain. Caractères : corps grêle; trompe molle ou peu allongée ; palpes inférieures petites et presque cylindriques ; ailes amples, étendues ou en toit aplati ; thorax toujours uni. Les chenilles n’ont le plus souvent que dix pattes, et les anales existent toujours. Cette section ne comprend que le sous-genre Phalène^ dans la méthode de Latreille.

ARQUÉ (Cheval) (Hippiatrique). — On dit qu’un cheval est ar^we lorsque ses genoux sont portés en avant accidentellement, ce qui détermine une grande disposition à s’abattre et à se couronner, par suite du défaut d’aplomb qui en résulte; ce défaut est presque toujours causé par une grande fatigue. Quelquefois cependant cette conformation est naturelle, et dans ce cas les conséquences en sont beaucoup moins graves : on dit alors qu’il est brassicourt.

ARQUEBUSADE, Coup d’arquebuse (Médecine). — On appelait autrefois coups, plaies d'arguebusade^lQ^ blessures faites par des armes à feu (voyez Plaie d’arme a feu). Veau d* arquebusade était une eau vulnéraire qu’on employait à l’extérieur contre les plaies d’armes à feu ; elle est encore usitée dans le peuple comme un bon résolutif. Voici la formule de Veau d’arquebusade de Theden qui j jouissait d’une grande vogue : alcool rectifié, 750 graml mes; vinaigre d’Orléans, 750 grammes; acide sulfurique faible, IGO grammes; sucre blanc, 190 grammes; mêlez : on applique des compresses imprégnées de cette liqueur sur les parties nouvellement contuses.

ARRACAGHA (Botanique), Arracacha, Bancroft. Nom que porte cette plante à la Nouvelle-Grenade. — Genre déplantés de la famille des Ombellifères. VA. comestible {A. esculenta, Dec.), qui vient à Santa-Fé de Bogota, est une herbe vivace, à racines tubéreuses très-charnues, et qui a de précieuses qualités alimentaires dont on tire parti à la Nouvelle-Grenade. Aussi avait-elle paru d’une telle importance comme aliment, qu’on la regardait déjà comme propre à remplacer la pomme de terre dans un moment où la maladie sévissait avec force sur la précieuse solanée. On a tenté de l’introduire et de l’acclimater dans notre pays ; mais on a échoué dans sa culture et les essais ont été abandonnés ; ils pourront être repris. Cette espèce a pour caractères : ombelles de 7 à 1 4 rayons, munies d’un involucre à une seule foliole ; les ombellules de J 5 à 20 rayons sont glabres, avec un involucelle à plusieurs folioles. Ses fleurs, qui s’épanouissent de juillet en octobre, sont d’un violet foncé ou jaunâtre. De Gandolle, Notice sur V arracacha. Genève, 1829. G — s.

ARRACHEMENT (Plaie par) (Médecine). — Voyez Plaie par arrachement.

Arrachement des dents. — Voyez Extraction.

En chirurgie on pratique certaines opérations par arrachement, afin d’enlever les tissus morbides.

Arrachement de polypes. — Voyez Polype.

ARRÉMON (Zoologie), du grec arrêmôn., qui ne dit pas le mot. — Genre de Passereaux dentirostres Guv., trèsvoisin des Moineaux ordinaires, établi par Vieillot dans son ordre des Sylvains, famille des Péricalles ; correspondant aux Tanagrinées ÔlQ Swainson. Il ne renferme qu’une espece, V Oiseau silencieux de Buflfon; Tanagra silens de Latham, Arrémon à collier de Vieillot, qui atteint de 0“, 1 5 à 0“,1() de longueur. Cet oiseau a le bec un peu fort, à bords recourbés en dedans ; mandibule inférieure droite, supérieure échancrée et fléchie vers le bout; il a les côtés d’un beau noir, un demi-cbllier sur le devant du cou; la poitrine et le ventre blanchâtres; les pieds d’un jaune verdâtre, les parties supérieures d’un vert olive foncé. Il habite la Guyane, où on le trouve ordinairement à terre dans les lieux couverts ; d’un naturel tranquille, solitaire et presque stupide, il se laisse prendre facilement. Sonnini prétend qu’il est constamment silencieux,

d'Azara dit lui avoir reconnu un chant agréable, diffé rence qui tient peut-être à l’époque de l’année où les ob servations ont été faites.

ARRÊT DE DÉVELOPPEMENT (Physiologie). — On dit qu’il y a eu arrêt de développement dans une partie quelconque du corps, lorsque, dans le temps déterminé par la nature, elle n’a pas atteint ses dimensions ordinaires. Par une cause qu’il n’est pas toujours facile d’apprécier, le mouvement de composition ne l’emporte plus sur celui de (voyez Nutrition) ; l’équilibre s’établit

entre ces deux actes de la vie, et l’accroissement s’arrête; c’est à ce fait qu’il faut rapporter un grand nombre de monstruosités.

ARRÊTE-BQEUF (Botanique). — Nom vulgaire d’une plante ainsi nommée parce que sa racine traçante fait souvent obstacle à la charrue ; c’est la Bugrane commune {Ononis spinosa. Lin., O. procurrens, Wallroth) (voyez Bugrane).

ARRHÉNATHÈRE [Arrhenatherum, Palis.), du grec Arrhên^ mâle, et athér, arête. (La fleur mâle de ce genre porte une arête.) — Genre de plantes de la famille des Graminées., tribu des Avénacées, et démembré des Avoines. Il comprend des herbes vivaces croissant en Europe. On la désigne souvent sous le nom de Fromental. VA. commune ou élevée [fig. 214) [A. avenaceum., Palis.;

A. elatius., Mert. etKock; Avena elalior., Lin.) est une plante haute souvent de 1“,50 et répandue très-communément dans nos prés et nos bois. VA. commune à chape ■ let., A. bulbeuse. [A. avenaceum precatorium., Palis. ; A. precatorium ; Avjsna precatoria., Thuill.) est considérée comme une variété de la précédente. Elle se distingue par sa tige renflée en petits tubercules. On

ARR

ARR

la rencontre très-abondamment dans nos moissons. Ces plantes, que l’on nomme souvent ray-grass de France^ sont employées comme fourrage. G — s.

ARRIMAGE (Marine). — Arrangement^ disposition, à bord d’un navire, de tous les objets qui servent à son armement, du matériel et des vivres nécessaires pour entreprendre une campagne, ainsi que du chargement ou de la cargaison, c’est-à-dire des marchandises qu’il doit embarquer. Au fond des flancs du navire, autrement au fond de la cale est premièrement arrimé le lest dont la quantité a été calculée d’avance de telle sorte que le bâtiment entièrement armé et ayant tout à bord, ait un tirant d’eau convenable, il est composé généralement de morceaux de fer appelés gueuses^ parallélipipèdes rectangles très-allongés, du poids de 60 et de 2b kilos. Ces gueuses se placent dans le sens de la longueur, les unes à la suite des autres en se touchant, d’un bout à l’autre du bâtiment de chacun des côtés de la quille jusqu’à une certaine hauteur des flancs. L’intérieur du bâtiment est divisé en plusieurs compartiments variant de position, suivant sa construction et l’idée du constructeur. Un de ces compartiments et un des plus vastes, situé le plus souvent sur l’arrière, la cale au vin, reçoit le vin de campagne, contenu dans des fûts en bois de 8, 6, 4 et 2 hectolitres, ainsi qu’une partie des salaisons et autres denrées de.stinées à être consommées à la mer. Également sur l’arrière, la soute aux poudres renferme les poudres contenues actuellement dans des caisses en cuivre. De chaque côté des flancs se trouvent les soutes à biscuit pour les biscuits de mer, les soutes à légumes renfermant les haricots secs^ les pois secs, et les gourganes ou fèves sèches, les soutes à charbon, etc. Sur l’avant la soute à voiles contient les voiles de rechange destinées à remplacer celles qui servent, si elles étaient enlevées par le vent, ainsi que la toile à voile nécessaire pour les réparations. Le plus grand de tous les compartiments, appelé la grande cale^ et qui s’étend du grand mât presque sur l’avant, renferme les caisses en tôle de 2000, 1 800 et 1 000 litres contenant l’eau douce; dans cette cale se trouvent les câbles et grelins en filin, les manoeuvres de rechange et presque la totalité du matériel.

Les bâtiments de commerce, ménageant l’espace autant que possible dans l’intérêt du chargement, lui consacrent presque exclusivement la grande cale, et, ne prenant qu’un matériel fort restreint, le répartissent dans les autres parties du navire.

Il serait difficile, pour ne pas dire impossible, à une personne qui n’a jamais visité de bâtiment, et même à celle qui, en ayant déjà visité, n’a pas pu bien se rendre compte de l’arrimage, de s’imaginer ce que peut contenir le corps d’un bâtiment, tant le plus petit espace y est ménagé avec soin, tant chaque chose y trouve sa place. Un bon arrimage, c’est-à-dire une bonne disposition de tout à bord, est du reste essentiel pour ne pas nuire aux qualités du bâtiment, notamment à la stabilité mécanique, qui dépend de la position relative du centre de gravité et du centre de poussée, pour rendre ses mouvements à la mer le plus doux possible, et pour que la différence de son tirant d’eau soit la plus convenable pour la rapidité de sa marche.

ARROCHE (Botanique), Atriplex^ Lin., dérivé du nom de cette plante en grec atraphaxis, qui n’est pas nourrissant; parce que ce genre fournit des aliments insipides et relâchants. — Genre de plantes de la famille des Chénopodées^ sous-ordre des Cyclolobées, tribu des Spinaciées, d’après M. Moquin-Tandon, ou type de la famille des Alriplicées^ adoptée par Adrien.de Jussieu dans sa classification. Lesarroches sont des herbes souvent farineuses ou des sous-arbrisseaux à feuilles alternes pétiolées. VA. des jardins, Arroche-épinard , follette, bonne-dame {A. hortensis,Viï\.), est une herbe annuelle glabre, qui s’élève à la hauteur de 1 à 2 mètres. Ses tiges herbacées sont rameuses, anguleuses, et ses feuilles assez grandes sont d’un vert clair des deux côtés. Cette espèce, originaire de la Sibérie, est une plante potagère qui peut remplacer répinard. Elle a une variété (A. rubra. Lin.) colorée d’un rouge sang foncé sur ses tiges, ses feuilles et ses bractées. On la cultive souvent dans les jardins d’agrément à cause de cette particularité. VA. halirne. Pourpier de mer [A. holimus. Lin.) {fig. 215), est un arbrisseau vivace qui croît spontanément dans les haies sur nos côtes de France. Ce genre a pour caractères : fleurs unisexuées, les mâles ont un calice à 3 ou 5 sépales, et 3 à 5 étamines; les femelles ont un calice semblable ; le fruit est un péricarpe membraneux. G — s.

ARROSEMENT (Hygiène). — L’arrosement des rues

a un double but : ou il est un complément, un auxiliaire du balayage, dans le but de les nettoyer et de les débarrasser des immondices; ou bien il est destiné dans les grandes chaleurs à rafraîchir l’air, à abattre la poussière. Dans tous les cas, et conformément aux règlements de police sur la matière, il est expressément défendu de se servir pour cet usage de l’eau stagnante des ruisseaux; il est également enjoint de faire écouler les eaux des ruisseaux, pour en éviter la stagnation ; sans ces sages précautions, l’arrosement des rues, laissé à la discrétion des propriétaires et des locataires, serait plus nuisible qu’utile ; en ce que, pendant les chaleurs de l’été, il convertirait les rues en flaques d’eau ou de boues plus ou moins liquides, qui ne manqueraient pas d’exhaler des miasmes cent fois plus dangereux que ne le seraient la sécheresse, l’ariditéde l’air etla poussière qui en serait la conséquence.

Arrosement, Arrosage (Horticulture). — Toutes les plantes ont besoin d’eau ; mais en général, celles qui ont des racines profondes, qui sont pourvues d’un chevelu abondant, résistent mieux à l’absence des pluies : ainsi les grands arbres, la vigne, etc.; par opposition, les plantes herbacées, et surtout les plantes annuelles ayant des racines moins étendues, souffriraient de la privation d’eau pendant l’été, si l’on n’y suppléait par l’arrosement dans les jardins ; on conçoit qu’il ne peut être question d’arroser les plantes en pleine campagne ; ceci rentre dans le système des irrigations lorsqu’il est praticable (voyez Irrigation). Les arrosages se pratiquent depuis le printemps jusqu’aux pluies d’automne :

en général les plantes à feuilles molles et velues doivent être arrosées en pluie; celles dont les feuilles sont roides et lisses, comme les choux, le seront de préférence au pied. L’eau ne sera pas épargnée dans la première période de la germination, surtout s’il s’agit de plantes cultivées pour les tiges et les feuilles ; celles qui sont destinées à produire des fleurs ou des fruits en ont un peu moins besoin.

Dans tous les cas, les meilleurs arrosages sont ceux du matin et du soir ; si on les pratiquait pendant la chaleur du jour, il faudrait que l’eau fût en rapport avec la température ambiante. On devra aussi de temps en temps arroser la tête des arbustes pour laver les feuilles, et pour cela on aura recours à une petite pompe. Les plantes de serres auront besoin aussi d’être arrosées, pendant l’hiver^ avec de l’eau qu’on y aura laissée séjourner, pendant au moins dix ou douze heures.

ARROSOIR [Zoologie), Aspergillum. — Genre de Mollusques acéphales testacés, famille des Enfermés de Cuvier, très-voisin des Fistulanes et des Clavagelles. (voyez ces mots). Il çst caractérisé par une coquille formée d’un tube en cône allongé, fermé, au bout le plus large, par un disque percé d’un grand nombre de petits trous tubuleux, et ayant quelque ressemblance avec une pomme d’arrosoir. L’animal, enfermé dans cette coquille, ne communique avec l’eau que par les tubulures de son disque. L’espèce la plus connue est VA. de Java., Martini, longue de ü“,18 à 0“‘,20.

ARS

ARS

Arrosoirs (Horticulture). — Tout le monde connaît les arrosoirs dont on se sert dans les jardins. Les plus solides se font en cuivre, quelques personnes se contentent d’arrosoirs en fer-blanc, on en fait même en zinc ; mais ils sont de peu de durée. Pour les arrosages des grandes planches, les jardiniers maraîchers se servent de pommes dont les trous sont assez grands ; mais les amateurs d’horticulture délicate emploient de préférence des arrosoirs à petits trous, pour ne pas tasser la terre et coucher les plantes; du reste ils imitent bien mieux la pluie. Les anciens arrosoirs étaient ronds, cylindriques ou à ventre plus ou moins saillant ; aujourd’hui on se sert de préférence de ceux qui ont les côtés plats et qui, par cette raison, sont plus faciles à transporter. Il y a encore une espèce d’arrosoir, dit anglais^ muni d’un long tube qui supporte la pomme, et qu’on emploie surtout pour les serres et lorsqu’on veut porter l’eau sur les plates-bandes, à une assez grande distance, au pied même des plantes (voyez Arrosement).

ARROW-ROOT (Économie domestique), mot anglais qui signifie racine à flèche, parce que les naturels du pays attribuent à la racine qui produit cette substance, des propriétés pour guérir les blessures faites par les flèches empoisonnées. — On donne ce nom à une fécule que l’on extrait des rhizomes (racine) du Maranta arundinacea^ et du M. indica. Pour l’obtenir, on râpe cette racine en laissant tomber la pulpe dans l’eau pour la laver, on recueille ensuite sur un tamis le dépôt qui s’est fait au fond de l’eau, dans laquelle le lavage a été opéré. La fécule qu’on en retire est moins blauche que celle de la pomme^de terre; mais elle se compose de grains plus fins; elle est plus douce au toucher et plus compacte; elle absorbe plus d’eau, et est très-propre à préparer des bouillies pour les enfants et les convalescents ; c’est un aliment doux et de facile digestion ; on en fait aussi des mets sucrés, délicats et très-recherchés. L’arrow-root qui nous vient de la Jamaïque est le plus estimé ; mais il est souvent falsifié.

ARS (Anatomie vétérinaire). — On donne ce nom à un sillon peu marqué qui marque [la limite entre le poitrail et le membre antérieur du cheval : ce sillon longe la veine de l’Ar^, et la peau dans cet endroit présente des plis formés par les mouvements étendus qui ont lieu dans cette partie. On dit qu’un cheval est frayé aux ars, lorsque cette partie s’est excoriée par suite de la fatigue et de la poussière, surtout pendant les grandes chaleurs ; le repos, des bains, ou seulement des lavages répétés, guérissent facilement ces petits accidents.

ARSÉNIATES (Chimie). — Sels formés par la combinaison de l’acide arsénique avec une base, et tous vénéneux à des degrés variables. Les arséniates sont généralement fusibles et indécomposables par l’action de la chaleur seule; mais par l’intervention du charbon ils donnent lieu à un dégagement de vapeurs arsenicales reconnaissables à leur odeur alliacée. Le résidu est formé d’un sous-arséniure quand le métal du sel est réductible, ou d'un simple oxyde quand il ne l’est pas. Les arséniates dont la base est insoluble sont eux-mêmes insolubles dans l’eau ; mais ils peuvent se dissoudre dans les acides forts ou dans une solution bouillante de carbonate de soude qui les transforme en arséniates soluble de soude. Les arséniates solubles se reconnaissent aux caractères suivants ; avec le nitrate d’argent ils donnent un précipité rouge brique d’arséniate d’argent; avec les sels de cobalt, un précipité couleur de pêcher caractéristique ; avec les sels de plomb, de baryte, de chaux, un précipité blanc ; par l’hydrogène sulfuré, un précipité jaune de sulfure d’arsenic qui n’apparaît quelquefois qu’ après plusieurs heures.

Le seul arséniate utilisé dans l’industrie est celui de potasse; on le prépare en grand, en Saxe, en fondant un mélange d’acide arsénieux et de nitre dans des cylindres en fonte; on l’emploie quelquefois dans l’impression des indiennes en bouillie avec de l’eau gommée et de la terre de pipe pour faire des réserves, sur lesquelles les mordants et par conséquent la couleur ne prennent pas. L’ arséniate de soude est employé en médecine en dissolution dans l’eau, sous le nom de solution de Pearson, contre certains cas de fièvre intermittente rebelle.

On rencontre tout formés dans la nature les arséniates de chaux (pharmacolithe ou arsénicite), de cobalt (érythrine), de fer (sidérétine), de plomb (mimétèse), etc.

ARSENIC (As = 75), Ôl' arrhênicon, nom de l’orpiment ou sulfure d’arsenic chez les Grecs. — Métalloïde d’un gi-is d’acier quand il est pur, mais se ternissant rapidement à l’air et y devenant noir. Il est cristallin, cassant.

volatil sans fondre sous la pression ordinaire, sans saveur ni odeur, combustible et répandant, par le grillage ou quand on le projette sur des charbons ardents, des fumées blanches d’une odeur alliacée caractéristique. On le rencontre dans la nature, à l’état natif ou métallique, soit pur, soit allié à l’antimoine, au cobalt, au nickel, au fer, etc. ; quelquefois à l’état d’acide arsénieux, mais surtout à l’état de sulfure jaune {orpiment) ou de sulfure rouge [réalgar] . 11 est surtout abondant sous ces diverses formes dans les dépôts métallifères de la Saxe, de la Bohême, de la Hongrie, du Hartz, delà Souabe. L’arsenic métallique a un emploi très-limité. En poudre il constitue la mort aux mouches; il donne avec le cuivre et l’étain un alliage dont on fait les miroirs des télescopes, et entre dans la composition de quelques autres alliages. Mais sea combinaisons chimiques, toutes remarquables par l’énergie de leur action sur les êtres vivants, ont une certaine importance dans les arts et l’industrie. On en introduit dans la composition de certains verres et on les emploie dans la peinture et dans l’impression des indiennes et des papiers peints. Les principales sont les acides arsénieux et arséniques et leurs sels, les sulfures jaune et rouge, orpiment et réalgar.

Au point de vue purement chimique, il se fait remarquer par des analogies très-grandes avec le phosphore qu’il peut remplacer dans un grand nombre de composés sans en altérer ni les formes ni les propriétés.

L’arsenic était inconnu des anciens, qui donnaient cenom à l’orpiment. Il paraît avoir été connu de Paracelse, mais Brandt est le premier qui, en 1733, l’ait bien étudié. Dans le commerce on appelle souvent arsenic, l’acide arsénieux. M. D.

Arsenic (Préparations d’) (Matière médicale). — Les^ personnes, étrangères à l’art de guérir, comprendront difficilement qu’un agent aussi redoutable que l’arsenic ait pu être employé en médecine. Rien n’est plus vrai, pourtant, et entre des mains habiles, il a rendu de très-grands services, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. C’est surtout en Allemagne, en Angleterre et bien plus tard en France, que ce médicament a été employé; on adit que dans quelques contrées de la basse Autriche et de la Styrie, les paysans avaient l’habitude de manger de l’arsenic pour entretenir la fraîcheur de leur teint et se donner de l’embonpoint. M. le professeur Trousseau,, sans nier le fait, ne l’affirme pourtant pas; voici comment il s’exprime : « Mais les données, sinon les plus positives,. au moins les plus curieuses que la science possède, sont assurément celles qui ont été recueillies sur les mangeurs d’arsenic qu’on rencontre dans ditîérentes parties de l’Allemagne. » Toujours est-il que, dans les fièvres intermittentes, il a procuré de grands succès à plusieurs médecins, entre autres à M. le docteur Boudin, en France et surtout en Algérie : au moyen de doses fractionnées d’acide arsénieux, il a pu guérir un grand nombre de fièvres intermittentes rebelles au quinquina (voyez Trait, des fièvres intermiit. des contrées paludéennes , suivi de Recherches sur l'emploi des préparations arsénicales, par le docteur Boudin. Paris, 1842). On l’a aussi administré avec succès contre les névralgies à type périodique, contre l’épilepsie, l’asthme, différentes espèces de dyspepsies ; il a été vanté aussi contre les maladies de la peau, et contrôles vérs. Lespréparations employées de préférence à l’intérieur sont ; 1“ V Acide arsénieux, oxyde blanc d' arsenic, vulgairement arsenic, qui entre dans la composition de la liqueur de Foivler; de la poudre de frère Cosme ou de Rousselot, etc. ; 2“ les Arséniates d’ammoniaque, de fer, de potasse, de soude; ce dernier entre dans la composition de la liqueur de Pearson; 3“ les Cigarettes arsenicales du professeur Trousseau contre l’asthme (voyez son Traité de thérapeutique, 5® édit., t. I®*", p. 319, etc.). A l’extérieur, les propriétés escharotiques de l’arsenic ont été utilisées de la manière la plus avantageuse, pour détruire des tumeurs de mauvaise nature, et surtout les cancers superficiels de la peau, les dartres rongeantes, etc. Dans ces différents cas, on a employé les poudres arsenicales de frère Cosme, de Rousselot, de Dubois, de Dupuytren ; la pâte arsenicale de frère Cosme, etc. Toutes les fois qu’on a recours aux préparations arsenicales, on doit agir avec la plus grande réserve, et le médecin seul doit être appelé à manier ce précieux, mais dangereux agent thérapeutique. Depuis une vingtaine d’années, on a découvert l’arsenic dans un grand nombre d’eaux minérales, d’abord de l’Algérie, puis de la France; l’expérience pratique n’a pas encore prononcé son jugement sur un faif dont tout le monde comprendra l’importance an point de vue de la thérapeutique ; les eaux minérales qu.» contiennent de

ARS

ART

no

i’arsenic en proportions notables sont : 1" la Bourboule, (Puy-de-Dôme), 0s'',008 par litre ; 2“ Bussang, 0s’’,003G ; '6" ♦'ichy (source de l’Hôpital), O^^ÜOl ; 4" Mont-Dor, 0^'',001 d’arséniate de soude; et des traces dans un grand nombre d’autres sources, telles que Luxeuil, Plombières, Cusset, Bourbonne, Forges, Royat, etc. ; en Allemagne, Wiesbaden, Spa, Pyrmont, Kissingen, etc. L’arsenic a trop souvent été employé dans un but criminel, pour ne pas en dire ici quelques mots ; en effet, plus des neuf dixièmes des empoisonnements ont lieu avec l’arsenic du commerce («c/f/eorie/neM-r) voyez pour les symptômes Poisons IRRITANTS); la première chose, dans ce cas, c’est de Taire vomir le malade avec l’émétique, « puis de le gorger de peroxyde de fer hydraté en gelée, c’est-à-dire 1 ou 2 kilogrammes; si on n’en a pas sous la main, on aura recours au safran de mars apéritif [carbonate de fer) encore à plus haute dose » (Bouchardat) ; quelle que soit la rapidité des secours, il est impossible qu’une partie du poison ne soit pas absorbée ; il se déclare alors des symptômes généraux : s’il y a fièvre, chaleur intense, ce qui est rare, on a recours à la saignée ; si au contraire il y a refroidissement, abattement, syncope, etc., on emploie les stimulants, le café, le punch, etc. (voj’^ez Poison).

ARSÉNIGITE (Minéralogie). — Nom donné aux arséniates de chaux naturels ; ils présentent de très-petits cristaux, ou des houppes blanches cristallines, le plus souvent accompagnées et même colorées par l’arséniate rose de cobalt. On lui a aussi donné le nom de pharmacolithe (poison-pierre). |

ARSÉNIÉ (Hydrogène) (Chimie). Arsénigre d’hydrogène (AsH^). — Composé gazeux, formé par l’union de 1 proportion d’arsenic et 3 proportions d’hydrogène d’une densité égale à 2,695. Il est incolore, d’une odeur repoussante et très-vénéneux. Le chimiste Gehlen périt en 1815 pour avoir flairé un vase qui en renfermait. Il brûle avec une i flamme blafarde, se décompose sous l’influence de la chaleur en hydrogène et en arsenic, abandonne à la lumière une partie de son hydrogène, et se convertit en une matière noire connue sous le nom ^hydrure d’arsenic. Le chlore, l’iode, le soufre, l’acide nitrique et l’acide sulfurique le décomposent également. On l’obtient à peu près pur et sans mélange d’hydrogène en traitant par l’acide chlorhydrique, l’arséniure d’é^tain préparé lui-même en fondant dans un creuset 3 parties d’étain et 1 partie d’arsenic. La propriété de l’hydrogène arsénié de se décomposer par la chaleur, sert de base au célèbre appareil de Marsh (voyez Marsh).

ARSÉNIEUX (Acide), Arsenic blanc. Mort aux rats (AsO®). — Combinaison d’une proportion (7 5) d’arsenic avec 3 proportions (24) d’oxygène. On l’obtient ordinairement comme produit accessoire du grillage des minerais de cobalt et d’étain, à Altenberg (Saxe). Quelquefois cependant, comme à Reichenstein (Silésie), on le prépare comme produit principal par le grillage du mispickel (fer arsenical). Ces deux localités livrent annuellement au commerce environ 150 000 kil. d’arsenic blanc, sous forme de masses compactes, vitreuses^ transparen- ; tes, d’une densité 3,73, à cassure conchoïde, presque incolores, offrant seulement une légère teinte jaunâtre; mais par le temps sa surface devient blanche^ et de proche en proche la masse prend un aspect porcelanique jusque dans les parties centrales. Ce sont deux états moléculaires différents, n’entraînant aucun changement dans la composition chimique de la substance ; on peut les reproduire à volonté. L’arsenic vitreux est amorphe; l’arsenic opaque est dû à la formation spontanée dans la masse d’un nombre infini de cristaux microscopiques, dont les facettes interceptent la lumière en la réfléchissant à la manière de la neige. Chacun de ces petits cristaux reste lui-même transparent. Sa densité n’est plus alors que 3,69.

L’acide arsénieux est dimorphe. Il cristallise par la voie sèche en tétraèdres, et en octaèdres par la voie humide. Il est peu soluble ; il ne se dissout que dans 100 fois son poids d’eau froide, mais l’eau bouillante en prend 1/8. H se dissout encore mieux dans de l’eau acidulée, par l’acide chlorhydrique.

L’acide arsénieux répand une odeur alliacée caractéristique, quand on le projette sur des charbons rouges ; mais sur une pierre chauffée au rouge, il se vaporise sans odeur. En répétant cette double expérience avec de l’arsenic métallique, l’odeur d’ail se manifeste dans les deux cas. Il n’y a point d’odeur, au contraire, quand on le vaporise dans un ballon plein d’azote. Il semblerait donc que cette odeur n’appartiendrait ni à l’arsenic ni à l’acide arsénieux, qu’elle serait un simple effet de l’oxy-

dation de la vapeur d’arsenic au contact de l’air.

L’acide arsénieux est très-employé dans les -arts, dans les manufactures de toiles ou papiers peints, dans la fabrication du verre, de i’orpiment artificiel, du vert de Schéele, etc. La dissolution d’acide arsénieux est employée dans les essais des chlorures décolorants (voyez Chlorure de chaux). M. D.

ARSÉNIQUE (Acide), AsO^. — Combinaison d’oxygène et d’arsenic renfermant 2 proportions d’oxygène de plus que l’acide arsénieux. On l’obtient en traitant l’acide arsénieux par un mélange bouillant d’acide chlorhydrique et d’acide nitrique (eau régale). Anhydre, il est blanc et amorphe, et se dissout lentement dans l’eau ; hydraté, il est en gros cristaux, et immédiatement soluble. Dans les deux cas, la chaleur le décompose en acide arsénieux et oxygène.

L’acide arsénique est plus soluble, et cependant moins vénéneux que l’acide arsénieux; il semble même qu’il n’acquière ses propriétés toxiques qu’à la condition de se transformer en acide arsénieux dans nos organes. L’acide arsénique a été découvert par Schéele en 1775. Il se rencontre dans la nature en combinaison avec plusieurs bases (voyez Arséniates).

ARSÉNITES. — Sels formés par la combinaison de l’acide arsénieux avec les bases. Ils se reconnais.sent quand ils sont solubles au précipité d’un beau vert qu’ils forment avec le sulfate de cuivre, et au précipité jaune clair qu’ils forment avec l’azotate d’argent. Traités par un excès d’aj eide chlorhydrique, puis par l’acide sulfhydrique, ils forment presque instantanément un précipité d’un beau jaune d’orpiment (AsS^) soluble dans l’ammoniaque. La présence de l’arsenic peut être constatée dans tous les arsénites en les chauffant avec du charbon, ce qui donne lieu à l’apparition des vapeurs arsenicales et de leur odeur I caractéristique, ou au moyen de X appareil de Marsh.

L’A. de cuivre entre dans la composition du vert de Schweinfart et forme le vert de Schéele, employés en peinture et dans l’impression des papiers peints. L’A. de potasse est un liquide visqueux, incristallisable, âcre et très-vénéneux; il forme la base de la liqueur de Fowler, employée en médecine.

ARSÉNIURES. — Combinaison de l’arsenic avec un métal. Il en existe plusieurs, soit simples, soit complexes, dans la nature. Les arséniures simples principaux sont : l’arséniure de cobalt (smaltine ou cobalt arsenical), et l’arséniure de nickel (nickeline ou nickel arsénical).

ARTABÉ. — Mesure de capacité des Perses, évaluée à 51*,78. — Les Égyptiens avaient une mesure portant le même nom, mais qui ne valait que 25 litres.

ARTÉMISIÉES (Botanique). — Tribu de plantes de la famille des Composées, et ayant pour type le genre Armoise [Artemisia). Elle a beaucoup d’affinité avec les sections des Hélianthées et des Ambrosiées. Caractères : capitules en forme de disque, composés de fleurs d’un seul sexe ou des deux à la fois; fruits dépourvus d’aigrettes. — Genres principaux : Armoise, genre type ; Tanaisie, etc.

ARTÈRE (Anatomie). — On fait dériver ce mot du grec aeV, air, et têrein, conserver, parce que les anciens pensaient, dit-on, que les artères contenaient de l’air. Quelques-uns d’entre eux les ont confondues avec les veines. Erasistrate paraît être le premier qui se soit servi de ce nom. Quoi qu’il en soit, les artères sont des vaisseaux qui naissent des ventricules du cœur, et qui portent le sang, soit aux poumons, soit à toutes les parties du corps : ce qui constitue deux systèmes d’artères ; l’une sort du ventricule droit, et porte aux poumons du sang 7ioir qui a besoin d’être vivifié rar l’oxygène de l’air, c’est Vai'tère pulmonaire^ l’autre tire son origine du ventricule gauche, et va distribuer dans tous les organes le sang rougeow sang artériel, c’est Vartèreaortê, la grande artère et ses nombreuses divisions. Les artères se présentent sous la forme de canaux cylindriques, d’une couleur jaune grisâtre, qui devient plus rouge dans les petites artères ; comme leurs parois ont plus d’épaisseur que les autres vaisseaux, leur calibre ne s’efface pas après la mort. Dans leur trajet, les artères subissent un grand nombre de divisions, et se terminent enfin en aboutissant au système capillaire, oû elles se continuent avec les veines. C’est pendant ce trajet que les différentes divisions de l’arbre artériel communiquent entre elles par des branches qui tantôt se détachent de troncs différents et éloignés, tantôt unissent l’un à l’autre deux rameaux d’un même tronc ; c’est ce qu’on appelle anastomose (voyez ce mot). Les artères principales ont, en général, une direction rectiligne ; un grand nombre de ces va^“^scaux

ART

ART

présentent des flexuosités plus ou moins prononcées.

Un des caractères distinctifs des artères, c’est le battement qui constitue le pouls (voyez ce mot) ; il est déterminé par l’impulsion que le cœur imprime au sang, et par l’élasticité des parois artérielles : lorsqu’une artère est ouverte par une simple piqûre, le sang s’en échappe en arcade, et le jet saccadé est en rapport exact avec les mouvements du pouls.

Trois tuniques superposées constituent les parois des artères : 1° la tunique externe^ généralement nommée celluleuse^ se continuant en quelque sorte avec le tissu cellulaire ambiant; elle est formée par un tissu filamenteux, aréolaire, et M. Cruveilhier pense qu’on doit lui rapporter tous les phénomènes de contractilité attribués généralement à la membrane moyenne ; 2“ la tunique moyenne, tunique propre, tunique élastique, tunique artérielle; c’est a elle surtout que les artères doivent leurs propriétés caractéristiques : elle est composée de fibres circulaires, élastiques, jaunes, non musculeuses; elle est extensible, fragile, se coupe sous la ligature ; 3° la tunique interne une pellicule transparente, mince, ténue; c’est celle que Bichat a nommée tunique commune du système vasculaire à sang rouge; elle se continue avec l’endocarde f voyez ce mot) ou membrane interne du cœur ; dépourvue de vaisseaux, elle est lubréfiée par de la sérosité. Quelques auteurs l’ont appelée séreuse des artères : Haller et Morgagni lui ont donné le noni de rnemhrane nerveuse. Les parois artérielles reçoivent des artères et des veines, peut-être des nerfs (voyez Circulation). F — N.

ARTÈRE (Trachée) (Anatomie). — Voyez Trachéeartère.

ARTÉRIEL (Anatomie), qui appartient aux artères. — Canal artériel; dans le fœtus, l’artère pulmonaire, après avoir donné deux petites branches aux poumons, se termine par un tronc nommé canal artériel., d’un calibre égal au sien, suivant la même direction, et qui va se joindre à l’aorte près de sa crosse ; lors de la naissance, il s’oblitère et se convertit en un cordon fibreux qu’on a aussi nommé ligament artériel et qui s’étend de la crosse aortique à l’artère pulmonaire.

ARTÉRIOTOMIE (Chirurgie), du grec artêria, artère, et tomé, coupure. — C’est la saignée pratiquée sur les artères, pour en tirer du sang artériel ; cette saignée, à peu près abandonnée aujourd’hui, ne se pratique guère que sur les artères temporales superficielles et auriculaires postérieures, parce que leur position superficielle permet de les atteindre facilement, et que les os du crâne sur lesquels elles rampent offrent un point d’appui sûr et facile pour exercer la compression lorsqu’on veut arrêter l’écoulement du sang.

ARTÉRITE (Médecine), du grec artêria, artère, avec la terminaison ite. — Inflammation des artères. Cette maladie dont la nature, la cause et les symptômes sont encore peu connus, est ordinairement bornée à la membrane externe ou tunique celluleuse, et peut dépendre d’une lésion externe ou du voisinage d’une partie enflammée. Quand il existe, dans une région traversée par une artère, une augmentation dans les battements, de la chaleur, qu’il y a un malaise indéfinissable, on peut soupçonner qu’il y a arlérite.

ARTÉSIEN (Puits). — Voyez Sources.

ARTHRITE (Médecine), du grec arthron, articulation, et de la terminaison qui indique une inflammation. — Ce mot veut dire inflammation d’une articulation; cette inflammation peut dépendre d’une cause externe ou traumatique, ou d’une cause interne et constituer le rhumatisme articulaire et la goutte ; nous ne parlerons ici que de la première espèce, l’autre ayant reçu des noms spéciaux et offrant des caractères tout différents (voyez Goutte, Rhumatisme). U Arthrite par cause externe ou traumatique est la phlegmasie des tissus fibreux et séreux de l’articulation déterminée par une blessure, un écartement violent, une chute, des coups, etc. Elle se manifeste par du gonflement , de la douleur, de la chaleur, la difficulté ou l’impossibilité d’exécuter les mouvements de cette articulation; ce qui la distingue en général du rhumatisme articulaire, c’est qu’elle ne quitte pas l’articulation sur laquelle la cause a agi, elle est fixe, et parcourt ses périodes sur le même point. Le traitement consiste dans l’emploi du repos, des antiphlogistiques (sangsues, bains, cataplasmes émollients), d’une manière d’autant plus énergique que l’articulation est plus étendue, et que la violence extérieure a agi plus fortement ; lorsque les symptômes inflammatoires diminuent, lorsque la douleur, la chaleur ont

presque disparu, on a recours aux résolutifs. F — n.

ARTHROCAGE (Médecine), du grec arihron., articulation, et cacos, mauvais. — On a donné ce nom à un grand nombre d’affections diverses, telles que carie, ostéosarcome, ulcère fongueux, ayant leur siège au voisinage des articulations ou sur les surfaces articulaires ellesmêmes. On l’a donné aussi à l’ostéite articulaire (voyez Ostéite) et à l’inflammation des surfaces articulaires.

ARTHRODIE (Anatomie), arthrôdia e,n grec; genre d’articulation où les os sont peu emboîtés. — On appelle ainsi les articulations dans lesquelles les surfaces articulaires sont planes, en presque planes : ainsi les articulations des os du carpe, des apophyses articulaires des vertèbres; elles sont maintenues par des fibres ligamenteuses irrégulièrement placées autour de l’articulation : leurs mouvements s’opèrent par glissement (voyez

ARXiCULATION).

Arthrodie (Zoologie, Botanique), du grec arthrôdia, articulation. — Ce sont des productions qui se présentent sous la forme de taches vertes flottant sur les eaux douces de la Sicile, et que M. Rafinesque considère comme un végétal, dont il avait fait un genre appartenant à la famille des Arthrodiées. Bory de Saint-Vincent les regarde comme des êtres intermédiaires entre les animaux et les végétaux, et en forme un groupe à part et tout à fait distinct (voyez Arthrodiées).

ARTHRODIÉES (Botanique), du grec arthron, articulation. — Groupe très-considérable de végétaux Cryptogames dans la classe des Algues., établi par Bory de Saint-Vincent. Caractères : filaments généralement simples, formés de deux tubes dont l’un extérieur, transparent, contenant un filament intérieur articulé, rempli de la matière colorante. Cette famille se divise en quatre tribus : les Fragillaires., les Oscillaires, les Conjuguées et les Zoocarpées. On pense qu’elle réunit quelques infusoires et qu’elle pourrait bien entrer pour cette raison dans le règne intermédiaire des végétaux et des animaux, proposé et nommé Règne psydiodiaire par Bory de Saint- Vincent. 11 arrive en effet un point, dans l’étude des êtres, où Ton ne peut pas encore établir de limites bien prononcées entre les végétaux et les animaux.

ARTHRODYNIE (MMecine), du grec arthron., articulation, et odunê., douleur. — On donne ce nom à des douleurs vagues, indéterminées, sans chaleur ni gonflement, dans une ou plusieurs articulations; on peut tout au plus les rapporter ou au rhumatisme chronique ou à quelque névralgie.

ARTHROSPORÉES (Botanique), du grec arthron^ articulation, et spora., semence. — Groupe de Champignons composés de filaments articulés dont chaque article peut se séparer et reproduire une nouvelle plante. Ces articles sont autant de spores. Les champignons ainsi organisés ont donc les organes de reproduction et de végétation confondus entre eux. Les principaux genres sont : Penicillum, Aspergillus, Oïdium., etc.

ARTHROSTEMME (Botanique), Arthrostemma, Pavon., du grec arthroô., j’ajuste, et stemma, couronne. L’ovaire de ce genre est muni de poils formant une couronne à son sommet ? (Étymologie douteuse). — Genre de plantes de la famille des Mélastornacées, tribu des Mélastomées., selon M. Brongniart, ou des Osbeckiées, suivant de Candolle. Il comprend des herbes ou des arbrisseaux habitant l’Amérique tropicale. V Arthrostemme à diverses couleurs {A. versicolor DC.), est un élégant sous-arbrisseau au feuillage teinté de plusieurs couleurs et aux fleurs solitaires, terminales, colorées de rose et s’épanouissant en septembre. L’A. luisante {A. nitida, Grah.) a les fleurs d’un beau lilas pâle. Ces deux espèces sont de serre chaude. L’une vient du Brésil et l’autre de Biienos-Ayres. Caractères du genre : calice campanulé, persistant, à 4 lobes ; 4 pétales ; 8 étamines ; capsule à 4 loges polyspermes. G — s.

ARTICHAUT (Botanique, Horticulture) , cinara , nom grec de l’artichaut. — Genre de la famille des Composées., tribu des Cinarées (voyez ces mots), dont une espèce, le Cinara scolymiis de Linné, est notre artichaut commun ; une autre espèce est l’artichaut cardon [C. cardunculus. Lin.) (voyez Cardon). L’artichaut commun est une plante potagère vivace qui vient suivant les uns de l’Éthiopie d’où elle s’est répandue en Égypte et chez les Hébreux, suivant d’autres de la Sicile, de la Toscane, etc. Quoi qu’il en soit, sa racine grosse, fibreuse, ferme, pourvue d’un long chevelu clair-semé, laisse échapper de son collet des feuilles longues, lancéolées, du milieu desquelles s’élève une tige droite, rameuse, surmontée d’un grand involucre évasé, formé d’écailles

ART

ART

charnues à leur base et terminées en pointe ; leur agglomération constitue une espèce de pomme, garnie à son intérieur d’une masse d’aspect sétacé qu’on appelle vulgairement le foin; ce foin est constitué par les fleurs petites, serrées les unes contre les autres ; on y observe t corolle quinquéfide, filets papilleux, style renflé en nœud au sommet, stigmate cohérent, fleur d’un bleu violet. La culture de l’artichaut exige une terre profonde, fraîche et

fertile ; en raison de ses racines grosses et longues, elle demande des arrosages et des binages fréquents; à la veille des gelées, on aura soin, après avoir coupé les plus grandes feuilles à 0™,30de terre, de ramasser et d’amonceler la terre autour de ces plantes, c’est ce qu’on appelle butter : en général les hivers rigoureux leur sont trèspréjudiciables et en détruisent un grand nombre de pieds.

On les multiplie par œilletons ; ce sont des rejetons qu’on enlève au printemps autour des gros pieds, et qu’on replante dans de bonne terre, profondément labourée, bien fumée et bien ameublie. Un plan d’artichaut ne donne guère que pendant quatre ans ; on en fait quelquefois des semis, mais rarement. Les principales variétés sont : le gros vert de Laon, le meilleur de tous, le plus estimé à Paris; le gros camus de Bretagne; VA. de Provence, hâtif, mais très-sensible à la gelée ; le violet, hâtif, peu gros, bon à la poivrade, etc. On a essayé en médecine l’emploi des feuilles d’artichaut comme toniques et fébrifuges; ces expériences étaient basées sur l’existence dans cette plante d’un principe amer ; elles auraient peut-être besoin d’être reprises. . F — n.

On sert sur nos tables le capitule de l’artichaut, avant la floraison ; on y distingue: le fond ou portefeuille, <\w\. est le réceptacle charnu portant les fleurs ; les feuilles ou bractées, à base charnue, del’involucre ; le foin ou la masse des fleurs non épanouies, mêlées à des poils.

ARTICLE (Zoologie). On nomme ainsi dans les insectes le mode de réunion des différentes parties qui les composent; le corps est divisé en un nombre d’articles très-variable, les myriapodes par exemple en offrent le plus grand nombre. Dans la plupart des autres ordres on distingue la tête, le corselet, le thorax, l’abdomen, qui ont un nombre d’articles déterminé : les antennes, les palpes, les tarses, sont aussi formés par des articles dont le nombre et la disposition ont été utilisés pour la classification de ces animaux.

Articlw (Botanique). — On a appelé ainsi une série de pièces placées à la suite les unes des autres et articulées entre elles ; ainsi les Prêles, certaines Algues offrent un article entre chaque nœud ; dans les Papilionacées, certains fruits sont formés de parties séparées par un étranglement, au niveau de la jonction : on dit alors qu’ils sont constitués de plusieurs articles.

ARTICULAIRE (Anatomie), qui a rapport aux articulations. — Capsules articulaires (voyez Capsules). — Ligaments articulaires (voyez Ligaments), etc.

ARTICULATION (Anatomie), en latin articulus, en grec arthron. — Mode d’union et de connexion des os entre eux, quel que soit leur degré de mobilité l’un sur sur l’autre; on leur a encore donné le nom de jointures, et on a appelé arthrologie ou sgndesmologie l’étude des articulations. On doit considérer dans cette étude plusieurs choses importantes, savoir : les surfaces articulaires, c’est-à-dire celles par lesquelles les os se touchent; les ligaments ou moyens d’union; les membranes ou capsules synoviales, qui favorisent le glissement des surfaces; enfin les mouvements dont jouit l’articulation. On a généralement distingué les articulations en 1° A. mobiles ou diarthroses [dia, préposition qui indique le mouvement, et aidhron) immobiles ou synarthroses {sun, préposition qui indique l’union). A ces deux divisions, Winslow en a ajouté une troisième sous le nom d’i4. mixtes ou amphiarthroses [amphi, des deux, c’està-dire qui participent des deux autres genres). Les diarthroses ont été divisées par M. Cruveilhier en :

énarthroses, lorsqu’une tête est reçue dans une cavité : A. coxo- fémorale ; 2° A. par emboîtements réciproques : ainsi l’A. du trapèze avec le premier métacarpien; 3“ A. condy tiennes, condyle reçu dans une cavité elliptique : VA. temporo-maxil taire ; 4«> A. trochléennes ou ginglymes, engrènement réciproque des surfaces articulaires: A. tibio- fémorale, A. cubito-humérale-, 5<> A, trocho'ide, axe reçu dans un anneau : A. radio-cubitale, A. de Vatlas ave l'axis; 6" arthrodies, surfaces articulaires planes ou presque planes: A. des os du carpe. Les synarthroses sont des articulations par surfaces articulaires armées de dents qui s’engrènent réciproquement; on leur a donné aussi le nom de sutures ; ainsi les articulations des os du crâne. Les sutures sont écailleuses, dentées ou harmoniques, suivant que les surfaces articulaires sont en écailles, disposées en dents, ou simplement rugueuses. La schindélèse, ou articulation d’une lame osseuse reçue dans une rainure, n’est pas admise par Cruveilhier, non plus que la gomphose. qui n’est pas une articulation, mais une implantation des dents dans les alvéoles. Dans les amphiarthroses, les surfaces articulaires planes ou presque planes sont en outre contiguës et en partie continues à l’aide d’un tissu fibreux : ainsi les articulations du corps des vertèbres. Ce genre d’articulation a reçu le nom de symphyse dans certaines parties : ainsi on dit la symphyse du pubis, la symphyse sacro -iliaque.

Articulation accidentelle. Articulation contre nature, Fausse articulation. Pseudarthrose (Chirurgie). — On donne ces différents noms à une articulation anormale qui s’établit soit entre les fragments d’une fracture non consolidée, soit entre la partie articulaire d’un os luxé, et la partie non articulaire de l’os voisin ou même les parties molles. De là naturellement deux espèces d’articulations accidentelles ; dans le premier cas, elle est dite surnuméraire; elle reconnaît pour cause l’indocilité des malades, des pansements trop multipliés qui dérangent la situation respective des parties, l’âge avancé, quelques maladies du système osseux, etc. Il arrive alors que tantôt les fragments ne tiennent l’im à l’autre que par des liens fibreux, qui finissent par se convertir en fibro-cartilages et permettre aux pièces osseuses de jouer l’une sur l’autre; d’autres fois leurs extrémités s’arrondissent, s’encroûtent de cartilages, ou bien l’un des fragments se creuse d’une cavité articulaire qui reçoit l’extrémité de l’autre fragment. Lorsque la maladie n’est pas très-ancienne, on tâche d’enflammer les extrémités des fragments, soit par le frottement, soit par un séton; lorsqu’elle est ancienne, on a proposé la résection des extrémités osseuses qu’on rapproche ensuite l’une de l’autre, comme on le fait dans une fracture (voyez Résection, Fracture). La seconde espèce éé articulation accidentelle s’appelle surnuméraire ; ici l’os luxé se creuse une nouvelle cavité dont le fond repose ordinairement sur une partie osseuse ; il se forme tout autour, aux dépens des parties molles, un bourrelet, d’abord fibreux, fibro-cartilagineux, enfin osseux; la cause de cet accident est une luxation non réduite, et on conçoit qu’arrivée à cet état, la maladie est incurable, et on ne concevrait la possibilité de réduire la luxation que si le travail de la nouvelle articulation ne faisait que commencer, c’est-àdire dans les premières semaines, ou à la rigueur dans les premiers mois (voyez Luxation).

Articulations (Maladies des). — Les articulations

ART

ART

peuvent être le siège d’un grand nombre de maladies ; il en sera traité aux mots suivants auxquels nous renvoyons, Ankyi.ose, Diastase, Entobse, Luxation, Plaie, Rhumatisme, Goutte, Hydarthrose , Tumeur blanche, etc. F — N.

ARTICULÉS (Animaux) (Zoologie). — Ce nom avait été donné par Cuyier à sa troisième grande division ùw Règne animal, nommée aussi Embranchement des Articulés; les Annélides s’y trouvaient naturellement compris, parce qu’ils offrent les caractères primordiaux de ce groupe et surtout la disposition du système nerveux. Cependant comme ils manquent du caractère qui a fait donner ce nom, c’est-à-dire qu’ils sont dépourvus de pieds articulés , les zoologistes modernes ont remplacé le mot Articulés par celui ôèAnnelés^ c’est-à-dire offrant une série d’anneaux plus ou moins distincts, plus ou moins complets, existant chez tous les anim-aux de cet embranchement : puis ils ont divisé ce grand groupe en deux sous-embranchements, qu’ils ont nommés : 1“ les Articulés ; 2" les Vers, qui comprennent les Annélides.

Articulés (Le sous-embranchement des) proprement dits, ou des Arthropodaira (de arthron, articulation, et du génitif podos, pied) renferme des animaux qui offrent les caractères suivants : Pieds articulés au nombre de six au moins ; chaque article est tubuleux et contient dans son intérieur les muscles de l’article suivant {fig. 217 et 218) ; le premier constitue la hanche, le second la cuisse, le

Fig. 217. — Articulé (insecte). — Fig. 218. — Articulé (crustacé). — Le charançon du blé* Cloporte {Armadillo pustulata).

troisième la jambe, et les suivants réunis forment le tarse; ils ont en général des yeux tantôt simples ou lisses, sous la forme d’une très-petite lentille ; tantôt composés ou à facettes, dont la surface est divisée en une infinité de lentilles différentes nommées facettes : un assez grand nombre d’animaux de ce groupe, les insectes surtout, ont des antennes, filaments articulés, dont il a été parlé au mot Antennes, qui tiennent à la tête et paraissent consacrés à un toucher délicat, et peut-être à quelque autre genre de sensation. Leur bouche, en apparence très-différente, offre cependant une grande analogie dans les divers groupes, comme l’a démontré Savigny, dans ses savants Mémoires sur les animaux sans vertèbres, qu’il faut consulter si l’on veut avoir une idée juste des nombreuses modifications que présente cette partie importante de l’organisation des Articulés. Leur peau est en général encroûtée d’une matière calcaire ou cornée tenant à une excrétion qui s’interpose entre le derme et l’épiderme, et dont l’analogue dans l’homme porte le nom de tissu muqueux; c’est aussi dans ce tissu que sont déposées les couleurs souvent brillantes et si variées qui les décorent. (Règne animal de Cuvier, 1829, t. IV, p. P®.)

Le sous-embranchement des Articulés est divisé par M. Milne-Edwards en quatre classes : 1° les Insectes; 2" les Myriapodes ; 3“ les Arachnides ; 4“ les Crustacés, dans ces derniers sont compris maintenant les Cirrhipèdesow détachés des Mollusques depuis les

travaux de M. le docteur Martin Saint- Ange.

ARTIFICE (Feux p’) (Arts chimiques). — Les feux d’artifice sont essentiellement formés avec les éléments de la poudre, nitre, soufre et charbon, que l’on mêle avec diverses substances destinées à donner plus d’éclat à la combustion et à colorer la lumière produite. On peut se servir pour leur préparation de poudre de guerre, soit en grains à moitié écrasés, soit réduite en poussière trèsfine. La poudre de chasse n’est pas employée, seulement parce qu’elle est d’un prix trop élevé.

Le nombre des pièces d’artifice diverses employées dans les feux est très-considérable; nous ne citerons que les plus communes en indiquant leur composition. Presque toutes sont formées d’une enveloppe extérieure ou cartouche en papier ou en carton, que l’on peut faire

soi-même en enroulant une feuille de fort papier enduit de colle sur un moule cylindrique en bois, puis en étranglant l’une des extrémités du cylindre qu’on lie avec une ficelle. On étrangle ordinairement aussi l’extrémité supérieure des cartouches, afin de donner plus de rapidité au jet de feu qui s’en échappe pendant la combustion ; on ne lui laisse toute son ouverture que lorsqu’on veut obtenir un feu lent et sans bruit. La charge est la plupart du temps fortement tassée dans la cartouche pour donner au feu plus de durée.

Fusée commune. — Poudre pulvérisée IC parties, charbon 3 parties. Quand elles sont un peu grosses, on remplace le charbon par 4 parties de limaille de fer, de fonte ou d’acier, qui donne au feu plus d’éclat en brûlant à l’air.

Feu chinois. — Brûlant avec un bouquet d’étincelles couleur jasmin. Poudre à canon lô parties, nitre 8 parties, charbon 3 parties, soufre 3 parties, tournure de fonte fine 10 parties.

Lances. — Longues fusées d’un petit diamètre faites avec des cartouches de papier chargées à la main sans aucun moule. Leur extrémité ouverte n’est pas étranglée et porte seulement une mèche. La composition de la charge est très-variable. D’après M. Ruggieri, pour les feux blancs, prenez : nitre 16, soufre 8, poudre à canon 4. Pour les feux blanc bleuâtre , prenez : nitre 16, soufre 8, antimoine 4. Pour les feux bleus, nitre 16, antimoine 8. Pour les feux jaunes, nitre 1 6, poudre à canon 16, soufre 8, succin 8; ou mieux nitre i6, poudre à canon 16, soufre 4, colophane 3, succin 4. Pour les feux verdâtres, nitre 16, soufre 6, antimoine 6, vert-de-gris 6. Pour les feux œillet, nitre 16, poudre à canon 3, noir de fumée f.

L’emploi du chlorate de potasse au lieu de nitre produit des couleurs beaucoup plus belles. La base de la préparation, d’après M. Meyer, est alors un mélange de 80 parties de chlorate de potasse et de 20 parties de soufre (mélange n" 1), auquel on ajoute, pour produire une couleur

Rouge, 30 parties carbonate de strontiane en poudre.

Rose foncé, 40 parties craie (carbonate de chaux).

Rose clair, 30 parties spath-fluor (chaux fluatée, fluorure de calcium).

Jaune, 50 parties carbonate de soude fondu.

Bleu foncé, 30 parties sulfate ammoniacal de cuivre et 30 parties sulfate de potasse.

Bleu clair, 20 parties sulfate de potasse.

Vert, 20 parties carbonate de baryte.

Vert clair, 20 parties acide borique.

Violet, 20 parties sulfate de potasse, 20 parties craie.

Orange, 30 parties carbonate de soude, 10 parties craie.

Pour les feux de théâtre qui doivent être accompagnés d’une lumière blanche très-vive qui les fasse ressortir, on forme un second mélange (mél. n“ 2) de 75 parties de nitre et 25 de soufre, que l’on combine au premier et à d’autres substances colorantes ainsi qu’il suit, toujours d’après M. Meyer :

Rouge clair, mélange 1, 50 parties, mélange n“ 2, 50 parties, craie 20. Pulvérin ou poudre à canon pulvérisée 10.

Pourpre foncé , mélange n® 1, 50 parties, nitrate de strontiane desséché 76, soufre 24.

Bleu, mélange n“ 1 , 50 parties, mélange n° 2, 50 parties sulfate de cuivre ammoniacal 40, sulfate de potasse 20.

Vert, mélange n“ 1, 35 parties, nitrate de baryte desséché 20, soufre 20.

Jaune, mélange n® I, 50 parties, mélange n® 2, 50 parties, carbonate de soude fondu 40 parties.

Violet et orange, mélange de bleu et de rouge, de jaune et de rouge.

Feux de Bengale. — Ces feux, dont l’éclat est extrêmement vif, se font avec 7 parties de nitre, 2 parties de soufre et 1 partie d’antimoine. Le mélange est fortement tassé dans des écuelles de terre, et on jette quelques morceaux de mèche à sa surface. On peut colorer ces feux comme précédemment.

Fusées volantes. — Ces fusées, qui s’élèvent avec une rapidité extrême à de grandes hauteurs, ont une structure particulière. L’enveloppe ou cartouche est faite à la manière ordinaire ; mais, en la remplissant du mélange combustible, on a soin d’introduire dans son axe une petite broche en bois, que l’on retire ensuite de manière à laisser vide une cavité centrale appelée âme de la fusée. Cet espace est ensuite occupé par la mèche ou étoupille formée d’une mèche en coton trempée dans une pâte faite avec de la poudre pulvérisée, un peu d’eau-de-vie et de gomme arabique que l’on fait sécher et qu’on enroule

ART

ART

ni

dans une feuille de papier mince. La mèche a pour objet de conduire plus rapidement le feu dans le corps de la fusée et de donner ainsi lieu à une force ascensionnelle plus vive. La fusée porte en outre un pot ou tube de carton un peu plus large que la cartouche, ayant le tiers de sa longueur et servant à loger la garniture, c’est-àdire les étoiles^ les serpents, les pétards, les pluies de f u, etc. Une baguette, ordinairement en saule, sert à diriger l’appareil dans son vol. La composition de ces fusées est de nitre 16, charbon 8, soufre 4, limaille d’acier ou tournure de fonte 4. Les étoiles les plus ordinairement employées comme garnitures des fusées volantes sont de petits corps ronds ou cubiques qui prennent feu en s’éparpillant à la fin de la course de la fusée, et dont la préparation est analogue à celle des feux colorés indiqués précédemment.

Chandelles romaines. — Ce sont des fusées volantes dont la charge est mélangée d’étoiles qu’elles abandonnent pendant leur course.

La composition des feux d’artifice est connue des Chinois depuis la plus haute antiquité. Ce sont eux qui en apprirent l’usage aux Romains, qui les employèrent au IV® siècle dans leurs représentations théâtrales. Ce sont eux également qui transmirent à Callinicus, architecte d’Héliopolis, le feu grégeois qu’il apporta aux Grecs en 678, et qui différait peu de notre poudre à canon. Ces découvertes lestèrent presque oubliées pendant le moyen âge, et les feux d’artifice ne reparurent qu’avec la poudre à canon. Les plus belles inventions dans ce genre de feux sont dues aux Ruggieri père et fils. M. D.

Artifice de guerre. — Voyez Fusée de guerre et Bombe.

ARTIFICIER. — Nom donné à celui qui confectionne les pièces d’artifice, soit de réjouissance, soit de guerre. A l’armée, la confection des artifices est confiée aux artilleurs. hQ maître artificier est un sous-officier, ayant le grade de maréchal des logis, chargé dans chaque régiment d’artillerie de la direction des travaux pyrotechniques.

ARTISON, Artüson, Artoison (Zoologie). — Nom vulgaire donné à tous les Insectes qui détruisent les substances végétales et animales, et surtout les pelleteries et les étoffes. Ils appartiennent à des ordres et à des genres différents (voyez Anthrêne, Dermeste, Teigne, etc.).

ARTILLERIE. — Le nom à' artillerie était donné, avant l’invention de la poudre, aux anciennes machines de guerre. Outre le bélier, masse énorme qui agissait par le choc sur les obstacles à renverser, on se servit primitivement de machines fort compliquées, où l’on utilisait l’élasticité des corps pour lancer des projectiles énormes à des distances assez considérables. La vitesse de ces coups était bien inférieure à celle que donnent nos bouches à feu actuelles, mais enfin la masse suppléait à la vitesse et les effets produits étaient encore assez remarquables.

« Les balistcs (Piobert, Traité d’artillerie) pouvaient « projeter des masses de à 30 kilogrammes avec assez « de force pour tuer cinq à six hommes d’un seul coup à « la distance de 250 pas. Les mangonneaux lançaient des « projectiles du poids de 150 kilogrammes; les catapul- « tes, des pierres de 500 à 760 kilogrammes, à la dis- « tance de 400 pas. On dit môme qu’avec de semblables H machines on lançait des blocs de 6 à 600 kilogrammes, « jusqu’à la distance de i 000 mètres. »

Ces machines imparfaites et grossières luttèrent avec avantage pendant plus d’un siècle contre les premières bouches à feu, parce qu’on apprit très-lentement à se servir avantageusement de la poudre.

La découverte des propriétés balistiques de la poudre ne remonte pas au delà du xiv® siècle. Employée bien avant cette époque par les Indiens et les Arabes qui la connaissaient, assure-t-on, au vu® siècle, elle ne servit d’abord qu’à confectionner des pièces d’artifice et à incendier. On croit que la poudre était connue en France dès le XII® ou le xiii*‘ siècle, mais le fait est contesté.

Quoi qu’il en soit, vers 1320, un accident découvrit la propriété que possède la poudre de lancer de grandes masses. Un mélange de salpêtre et de matières combustibles ayant été laissé dans un mortier de laboratoire et recouvert d’une pierre, prit feu par hasard et la pierre fut projetée avec une forte explosion. Telle fut l’origine de la première bouche à feu. On l’appela mortier {fig, 219).

Cette bouche à feu eut d’abord une forme évasée et put recevoir des projectiles de différentes grosseurs ; on s’aperçut bientôt que la plus grande partie de la force de la poudre, était perdue parce que dès que le projectile

était soulevé, ce qui avait lieu avant que toute la poudre fût brûlée, une large issue était laissée au gaz provenant de la combustion. On commença donc par rétrécir l’àme du côté de la bouche et l’on finit par la faire entièrement cylindrique. Ces pièces s’appelèrent bombardes. On en construisit d’énormes, lançant des projectiles en pierre d’un poids très- Fig. 219. - Mortier, considérable. En 1 380, tous les États de l’Europe étaient armés de bouches à feu de cette espèce.

Les bombardes [fig. 220) étaient composées d’un canon en fer forgé, autour duquel on soudait entre elles des barres de fer longitudinales, qui étaient entourées ensuite

de cercles en fer. La cavité qui recevait la poudre était cylindrique ainsi que l’âme, mais d’un diamètre moindre. Quand on commença à se servir de projectiles en fonte, il fut permis d’employer des 'charges plus fortes ; on augmenta les chambres dont le diamètre se rapprocha de celui de Tâme (1480), et finit par se confondre avec lui. C’est ainsi qu’on arriva, peu à peu, à la forme usitée aujourd’hui.

L’emploi des équipages d’artillerie considérables date de l’an 1500 environ. Tous les efforts tendirent depuis •lors à alléger les pièces, à augmenter leur mobilité, à rendre leur service commode. Gustave-Adolphe et Frédéric le Grand se sont beaucoup occupés de la question, avec plus ou moins de succès. Sous Louis XIV enfin, le matériel de l’artillerie acquit un très-grand développement à cause des grandes armées qu’on mit en campagne et du nombre considérable de sièges qu’elles eurent à livrer.

Personnel. — A son origine, le service de l’artillerie fut d’abord confié à des maîtres bombardiers, artificiers, etc. , formant des corporations qui avaient leurs compagnons et leurs apprentis comme un corps de métier ordinaire. Depuis et après Louis XI, ces maîtres furent soumis à l’autorité des maîtres généraux de l’artillerie.

Sous François I®®, le maître général prit le nom de grand maître de l’artillerie, et la charge de grand maître des arbalétriers lui fut réunie définitivement.

Depuis cette époque jusqu’en 1755 où la charge fut supprimée, on compte dix-neuf grands maîtres. Parmi eux se trouve Sully. Aux grands maîtres succédèrent les inspecteurs-généraux d'artillerie. Abolis en 1789, ils furent rétablis quelque temps après, et on en compte une dizaine environ depuis leur fondation jusqu’en 1815. *

Avant Louis XIV, les canons furent servis en France par les maîtres canonniers brevetés du grand maître. On en formait des compagnies à la guerre, on les licenciait à la paix. Pendant longtemps on confia la garde des pièces à de l’infanterie. Charles VIII, le premier, confia son artillerie aux Suisses, réputés la meilleure infanterie de l’Europe ; plus tard ils devinrent ennemis de la France et furent remplacés par les lansquenets. Enfin, sous François I®®, les Suisses, redevenus nos amis, reprirent la garde des canons et la conservèrent jusqu’à Louis XIV. Ce prince est le premier organisateur de l’artillerie. II créa en 1671 le régiment des fusiliers du roi, le.premier qui ait fait usage de la baïonnette. 11 y ajouta bientôt le régiment royal des bombardiers et douze compagnies de canonniers. Plus tard le régiment des fusiliers prit le nom de royal artillerie., et les canonniers lui furent incorporés;

Le 5 février 1720, Louis XV rendit une ordonnance par laquelle les bombardiers et les mineurs furent réunis à l’artillerie. Enfin, le 5 mai 1758, la dénomination à.Q régiment d’artillerie fut remplacée par celle de corps royal d’artillerie. Le train d'artillerie prit naissance le 13 nivôse an VIII par un arrêté des consuls qui organisa en corps les charretiers d’artillerie.

Gribeauval, qui fut inspecteur général de l’artillerie, lui a fait faire des progrès immenses sous tous les rapports. Il prit, pour l’organisation de l’artillerie, une base différente de celle de l’infanterie. Les six hommes servant à

ART

Page 1