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niaiiifoste par la faculté de reproduire des parties plus ou moins considérables de leur corps lorsqu’ils les ont perdues; c’est ce qu’on remarque surtout chez certains Zoopliytcs. Beaucoup d’Annélides, et particulièrement les Lombrics ou Vers.de terre, se prêtent à de semblables jvgénérations. Avec l’âge, Tcuergie assimilatrice diminue dans les animaux et laisse prédominer les fonctions opposées qui rejettent hors de nous certains matériaux, et (técomposejü le corps que compose l’assimilation; c’est ainsi que ce corps s’épuise peu à peu et que la vie ne peut plus s’y exercer.
ASSIMINIER (Botanique). — Voyez Asiminier.
ASSIPONDIUM [As. libella). — Unité de monnaie chez les Romains ; première monnaie employée par les Romains, fut primitivement une masse de cuivre d’une livre, sans effigie; plus tard on y représenta une brebis {pecus, pecunin). — Vers l’an 490 de Rome (26 i av. J. G.) fut réduit à un sextant (2 onces rom.),' puis en 537 (217 av. J. G.) à une once ; l’effigie fut alors un char à deux ou quatre chevaux. L’an 563 de Rome, la loi Papiria réduisit l’as à une demi-once. Jusqu’en 536 sa valeur fut de 0^08 et de 0^05 de 536 à 7v0. Quand les monnaies d’argent devinrent communes, l’as tomba en désuétude et on compta par sesterces (vovez le Dictionnaire général des Lettres et Beaux-arts).
ASSOLEMENT (Agriculture), du mot français sole. — On nomme ainsi la division des terres d’une exploitation rurale en un nombre déterminé de parties égales qu’on appelle soles, la fixation de l’étendue qui doit être donnée à chacune d’elles, et l’ordre dans lequel les récoltes doivent s’y succéder, de manière que dans un cours de cultuT’e triennal, par exemple, la première partie soit en jachère, la deuxième en blé, la troisième en avoine, et (lu’aprcs ces trois années expirées, on reprenne pour les suivantes l’ordre que l’on a suivi pour les trois premières; c’est ce que l’on nomme encore rotation.
La nécessité de l’alternance de diverses sortes de récoltes sur le môme terrain était parfaitement connue des anciens; mais jusqu’à ces derniers temps on n’avait pu expliquer les causes qui la rendent indispensable; depuis la fin du dernier siècle, les progrès de la chimie et de la physiologie végétale sont venus jeter quelques lumières sur cette question. On avait remarqué depuis longtemps l’insuccès de certaines récoltes se succédant à elles-mêmes ou à certaines autres espèces; qu’on général, par exemple, les produits du blé, du lin, du trèfle, de la luzerne, diminuaient dans une forte proportion, quelque soin qu’on prît de fumer convenablement; que le froment réussissait mal après les pommes de terre et les betteraves : on a enfin expliqué cela par l’état dans lequel ces plantes laissent le sol qui les a nourries, et qui ne convient plus aux besoins des nouvelles récoltes. Il suffit donc de replacer le sol dans des conditions convenables ; ainsi le dépérissement du blé tient, en grande partie, à l’abondance toujours croissante des plantes nuisibles : la luzerne, le lin, le trèfle, se succédant à eux-mêmes, dépérissent, parce que leurs racines pivotantes et peu ramifiées épuisent le sol à une trop grande profondeur. Les pommes de terre et les betteraves sont un mauvais précédent pour le blé, parce que leur récolte tardive ne permet pas de semer à une époque convenable, et que ces racines ameublissant profondément la terre, celle-ci se tasse pendant l’hiver et déchausse le blé.
11 est bien prouvé que les racines des plantes absorbent indistinctement toutes les matières dissoutes dans l’eau, même celles qui leur sont nuisibles; cependant il est vrai de dire que la proportion des principes absorbés n’est pas la môme pour les diverses espèces de plantes. Ainsi on trouve par l’analyse que la pomme de terre absorbe une plus grande quantité de potasse que n’en contient habituellement le fumier, et que, quoique la terre reste chargée d’une quantité notable de principes azotés, elle ne réussira que difficilement, si on continue sa culture sans ajouter de la potasse aux engrais qu’on lui donnera. Le blé, au contraire, absorbe moins de potasse et une plus grande proportion des autres principes fertilisants. Mais les plantes ne vivent pas s eulement aux dépens du sol, elles puisent aussi dans l’atmosphère au moyen de leurs feuilles une partie des éléments qui les font vivre; si cette fonction des feuilles est très-active et l’emporte sur celle des racines, on aura des plantes qui épuiseront moins le sol que dans le cas contraire. Une autre cause d’épuisement de la terre, c’est que la môme c.^pèce de plantes sera d’autant plus épuisante qu’on devra attendit pour la couper l’époque de la maturité. Enfin, les plantes, puisent dans le sol, en raisen directe
du poids de leurs produits. On conçoit par là l’importance de ces faits, dévoilés par les travaux chimicophysiologiques modernes dans la théorie des assolements, et on voit combien il est intéressant que le cultivateur se rende un compte exact de la perte d’engrais éprouvée par la terre après chaque récolte ; de là découle aussi naturellement la connaissance de la quantité et de la nature des engrais qui devront être employés dans telle ou telle culture (voyez Engrais).
Les bornes qui nous sont imposées ne nous permettent pas d’énumérer toutes les données du problème à résoudre par l’agriculteur pour la détermination de son assolement. Ainsi la culture des plantes favorise plus ou moins la multiplication des herbes nuisibles, suivant qu’elle exige plus ou moins de façon, ou suivant que, par la nature de leur végétation, elles étouffent plus ou moins les plantes nuisibles. L’obligation de donner à la terre un degré d’ameublissement convenable pour chaque récolte annuelle, influe sur le choix des plantes qui doivent composer le cours de culture et sur l’ordre de leur succession. Il importe aussi d’adopter un assolement qui permette de répartir à peu près également les divers travaux de culture entre toutes les saisons de l’année. La quotité du capital d'exploitation, la réalisation des produits, les influences du sol et du climat, sont des considérations qui doivent être mûrement pesées par le cultivateur au moment d’opérer la division du terrain qu’il destine à une exploitation agricole. G’est sur ces idées, et sur un grand nombre d’autres, qu’il ne nous est pas possible d’exposer ici, qu’ont été formulées un certain nombre de propositions sur les assolements^ dont voici les principales :
1" A une récolte d’une espèce en faire succéder une d’une espèce différente ; on évite ainsi la multiplication des plantes nuisibles et l’épuisement des couches profondes du sol.
2° A une récolte absorbant certains principes nutritifs, faire succéder une plante avide des éléments négligés par la récolte précédente.
3" Livrer aux récoltes fourragères la moitié des terres de l’exploitation, à moins qu’on ne puisse se procurer des engrais à un prix avantageux.
4" Faire succéder les récoltes nettoyantes, soit sarclées (betteraves, pommes de terre, carottes), soit étouffantes (pois, vesces), aux récoltes salissantes (blé, orge, etc.).
5° Ghoisir une succession de récoltes qui donne entre chacune d’elles un temps suffisant pour préparer convenablement le sol à recevoir un nouvel ensemencement.
6“ Ne composer l’assolement que de plantes qui s’accommodent parfaitement du climat et de la nature du sol.
Il y a plusieurs systèmes d’assolement ou de rotation; ce que M. de Gasparin appelle cours de culture : ainsi la rotation peut être biennale, triennale, quadriennale, etc. Dans l’assolement triennal, par exemple, la première année peut être en jachère pour détruire les mauvaises herbes, ou en plantes étouffantes (légumineuses) ; la deuxième année en blé ; la troisième, en avoine ou orge de printemps. Un des plus suivis en Angleterre, c’est l’assolement quadriennal : première année, racines binées et fumées (navets, carottes, féveroles, etc. ) ; deuxième année, blé, orge d’hiver; troisième année, trèfle, pois, vesce; quatrième année, avoine, orge, blé d’hiver. Dans les terres argileuses où les plantes légumineuses réussissent mal, les assolements sont plus courts que ceux des terres légères : ainsi l ° fèves fumées et sarclées ; 2“ blé. Nous n’avons pas besoin d’ajouter que les assolements varient à l’infini, et que leur étude pratique est un des objets qui doivent le plus occuper les méditations des cultivateurs sérieux. — Voyez, sur les assolements, les Traités de Thaër et Schwertz, les travaux de de Gandole, les ouvrages de Pictet, Yvart, Morel de Vindé , de MM. Boussingault, Joigneaux, et le Manuel d*ayricultu7'e de M. Moll.
ASSOUPISSEMENT (Médecine) , en latin sopor, — G’est un état voisin du sommeil dans lequel, bien que les fonctions de relations soient suspendues, quelques-unes d’elles s’exercent encore imparfaitement. Ge phénomène s’observe dans un grand nombre de maladies, dans lesquelles il est souvent un symptôme fâcheux. La somnolence et le coma, le premier d’un degré moindre, le second plus profond, ont pourtant de grands rapports avec l’assoupissement.
ASTAGUS (Zoologie). — Nom grec et scientifique de VÉcreuisse fvoyez ce mot).
ASTARTÉ (Zoologie). — Belle coquille qui appartient à l'ordre Acéphales testacés et, qui forme un sous-genre
AST
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du genre Vénus, Elle est allongée, aplatie, seulement deux dents divergentes à la charnière, et un ligament extérieur, valves épaisses, compactes et parfaitement closes ; on en trouve plusieurs espèces dans les mers du
Nord, et jusque dans la Méditerranée.
ASTATES (Zoologie), Latr.; Dimorpha,, Jur. ; du
grec astateô, je change souvent de place. — Sous-genre â'Insecfes de la famille des Guêpes ichneumons, genre des Sphex; ils ont le corps assez court, la tete larp. On les trouve dans les lieux sablonneux, en France et dans le midi de l’Europe; leur nom vient de ce qu ils sont toujours en mouvement. L’espèce la plus connue est 1 A. ahdcminale {A. ahdominalis, Latr.). La femene, d environ 0“,009 de long, est noire, luisante, 1 abdomen r&iivG*
ASTÈFiE (Botanique), Aster, Nees, du grec asfêr, étoile. Toutes les fleurs de ce genre, élégamment radiées, ressemblent à des étoiles. — Genre de plantes de la famille des Composées, tribu des Astéracées, sous-tribu des Astérées (class. Ad. Brong.). Ce genre, qui renferme jusqu’à cent vingt espèces cultivées dans les jardins, a ete séparé en plusieurs genres par les botanistes modernes.
Il comprend, en général^, des plantes d’un très-joli effet dans les parterres, qu’elles ornent élégamment par leurs grosses touffes de fleurs de différentes couleurs. V A. Œil de Christ {A. amellus, Lin.), est une espèce européenne, qui présente des fleurs en corymbe, à disque jaune couronnées de rayons d’un beau bleu. h’A. de la Nouveue^ Belgique {A. Novi Belgii, Nees) est originaire de 1 Amérique septentrionale. Ses rayons sont d’un bleu pale. Les espèces du genre Aster se cultivent presque toutes en pleine terre. La Reine-marguerite est aipsi une Astère que Linné a nommée Aster Chinensis. Aujourd’hui cette belle plante, si répandue ainsi que ses variétés dans nos jardins, appartient au genre Callistephus ; elle a été désignée sous le nom de Cnil. Chinensis par Nees, et Call. hortensis par Cassini (voyez Reine-margüeuite). -- (Nees von Esenbeck, Généra et species Asterearum. Vratislaviæ, (Breslau), 1832.) G S.
ASTÉRIE (Zoologie), Asterias, Lin., du gvQC aster, ^^toile. — Famille de Zoophytes échinodermes, ordre des Pédicellés, ainsi nommés parce que leur corpg est divisé, en rayons, le plus souvent au nombre de cinq, comme des étoiles, ce qui leur a valu aussi le nom à' Etoiles de 'mer : au centre et en dessous est la bouche qui sert en même temps d’anus : de petites pièces osseuses, telles que des épines, des tubercules ou des écailles implantées dans une peau coriace et diversement combinées, composent la charpente de leur corps qui est déprimé et de forme orbiculaire. On les trouve^ en quantité sur toutes nos côtes, et quelquefois en si grande abondance, qu elles servent d’engrais pour les terres. La famille des Asteries comprend les genres : Comatules , Lamk {Alecto ,
Leach) ; 2" Ëuryales, Lamk [Goryonocephr ^es, Leach) ; 3" Ophiures, Lamk; Astéries proprement dites , Lamk
ou Etoiles de mer. ,
Astérie proprement dite. — Dans ce genre, chaque rayon a en dessous un sillon longitudinal aux côtés duquel sont tous les petits trous qui laissent passer les pieds rétractiles , on y voit aussi des épines mobiles. La surface est également percée de pores qui laissent passer
lis, Lin.), qui a souvent plus de 0“,30 de diamètre; VA. orangée {A. aurantiaca. Lin.), la plus grande espèce de nos pays; VA. à aigrettes [A. paposa, Link),qui a plus de cinq rayons, etc.
Astérie, Astérisme (Minéralogie), -y- On donne ce nom à un phénomène de réflexion d’une lumière vive devant une certaine variété de saphir, qui montre une étoile brillante à six rayons. On s’est aperçu qu’il en est de même en regardant la lumière d’une bougie à travers la pierre; seulement ici c’est par réfraction. On s’est assuré depuis que plusieurs substances donnaient également des étoiles à branches plus ou moins nombreuses. M. Babinet a rattaché ces phénomènes à ceux des réseaux de stries parallèles, tracées sur une lame de verre à travers laquelle on regarde une bougie.
ASTÉRINÉES (Botanique). — Sous-tribu première de la tribu des Astéroïdées, dans la famille des Composées de de Gandolle.-Elle répond à présent à la sous-tribu des Astérées de M. Brongniart dans sa tribu des Astéracées. Caractères; capitules jamais dioïques, souvent radiés ; réceptacle souvent dépourvu de paillettes ; anthères dépourvues d’appendices à leur base. Les genres principaux compris dans les Astérinées sont: Amellus, Cassini ; Astère {Aster, Nees); Bellium, Lin.; Pâquerette, Mœr- (juerite {Bellis, Lin.) ; Gerbe d’or ou Verge d'or {Solidago, Lin.); Chrysocome {Chrysocoma, Lin.); et Lifl Gtc 6tc*
ASTERNAL (Anatomie), du grec sternon, et a qui marque l’absence. — On appelle Cotes asternales, celles qui ne s’articulent pas avec le sternum ; on les a improprement appelées fausses cotes.
astéroïdées (Botanique). — Dix-septième classe de plantes dans la classification de M. Brongniart. Elle comprend des plantes Gamopétales périgynes. Corolle à préllorâison Elle rGnforniG lOî V3-st6 fQ.niillG ugs
Composées. . , t t • .
Astéroïdées (Botanique), Asteroideæ, Lessing. — C est le nom donné à la troisième tribu des Composées dans la méthode de de Candolle. Ses caractères sont ^ les suivants : capitules souvent radiés, rarement discoïdes; style des fleurs hermaphrodites, cylindrique et bifide au sommet ; celui des fleurs du rayon à branches linéaire^, un peu planes en dehors ; lignes stigmatiques saillantes, atteignant ou dépassant peu la partie moyenne des branches. Cette tribu se subdivise en quatre sous-tribus, savoir : les Astérinées, les Tarchonanthées, les Inulees et
les Buphthalmées. . . , . • ,
astéroïdes. — On désigne ordinairement ainsi les petits corps planétaires auxquels on attribue le phénomène des bolides. Quelques astronomes continuent aussi à donner ce nom aux petites planètes, c’est-à-dire aux planètes découvertes depuis le commencement de ce siècle dans l’intervalle qui sépare Mars de Jupiter. E. R.
ÂSTÉROPHYLLITES (Botanique fossile), du grec aster étoile, et phullon, feuille. — Famille de Plantes fossiles, établie par M. A. Brongniart, et distinguée de toutes les autres par des feuilles nombreuses reunies en verticilles et disposées en étoiles. Ces plantes se rencontrent en grand nombre dans les terrains houillers de l’Europe et de l’Amérique septentrionale; on n’en a encore trouvé aucune trace dans les terrains plus récents.
ASTHÉNIE (Physiologie), du grec sthenos, foixe, et a privatif. — Diminution, privation des forces. Ce mot, ainsi que TindiquG son origino, désigno une diminution générale ou partielle des forces. ^ •
ASTHME (Médecine), du grec asthma, courte haleine, asthme. — C’est une affection spasmodique, ordinairement intermittente des organes de la respiration, qui revient par accès plus ou moins fréquents, avec une lespiration habituellement gênée et haletante. L asthme est souvent le symptôme d’une maladie du cœur, des poumons ou des gros vaisseaux ; dans ce cas, il suit les ditférentes phases de ces maladies (voyez Emphysème pulmonaire, Hydrothorax, Anévrysme du ccœur). Lorsqu il est essentiel , c’est une névrose de l’appareil Respiratoire. Les principales causes prédisposantes sont 1 hérédité une conformation vicieuse de la poitrine, une vie sédentaire et oisive, la vieillesse, les travaux qui Provoquent une accélération habituelle de la respiration, etc. p.Tpmi If's causes déterminantes, on doit ranger 1 impres-
Fig. 228. — Astérie roiigeâtie (largeur o"h 23).
des tubes plus petits que les pieds, destinés probablement à absorber'de l’eau. Les principales espèces de ce genre sont: VA. vulgaire, ou rrugeàtre (/l. rubens, Lin.), la plus commune dans nos mers ; VA. glaciale {A, glacia-
Parmi les causes déterminantes, on doit ranpr sion brusque d’un air froid, la colère, violents, un excès quelconque, la suppression d une évacuation habituelle, la disparition subite d une maladie cutanée; quelquefois l’asthme survient à la suite, ae pleurésies, de pneumonies, de rhumes intenses. Lorsque la maladie est déclarée, les accès se renouvellent sous
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l’influence presque des mêmes causes; ainsi les changements de temps brusques, les brouillards, les dégels, les orages^ les grands vents, l’humidité, les grandes chaleurs, le séjour au milieu d’une grande réunion, un accès de colère, l’usage des liqueurs alcooliques, la fumée de tabac, etc. , suffisent pour les renouveler. Alors, le plus souvent aux approches ou dans les premières heures de la nuit, des bâillements, de la somnolence, le gonflement du ventre, une tristesse, une anxiété générale, des battements, des pulsations dans la région épigastrique, annoncent l’approche de l’accès ; d’autres fois son invasion est subite : il survient une gêne plus grande dans la respiration, il y a des douleurs vagues, le malade est forcé de se tenir debout, assis ou penché sur ses genoux, il recherche l’air froid, il s’agite et craint d’étouffer; la respiration est précipitée, haletante, sifflante, la toux est pénible, suffocante, la parole est entrecoupée et à peine articulée, le visage est altéré, pâle, quelquefois gonflé et rouge, les lèvres livides, le pouls est petit, serré, rarement fréquent, l’expectoration est difficile, il y a souvent émission d’une urine abondante, aqueuse; quelquefois, les pieds et les mains se refroidissent, les épaules s’élèvent fortement à chaque inspiration : ces symptômes durent ordinairement plusieurs heures, avec plus ou moins d’intensité ; enfin la respiration devient moins laborieuse, la toux s’humecte, l’expectoration est plus facile, le malade rend une urine plus foncée, et souvent sédimenteuse, et les accidents se calment ; il y a cependant encore un sentiment de constriction du thorax, qui ne cesse que par le repos. Ces accès se renouvellent plus ou moins fréquemment, suivant la violence de la maladie et le retour des causes qui les ont déterminés. L’asthme essentiel est rarement mortel. Lorsqu’il est invétéré, et qu’il est héréditaire, il est presque incurable. Le traitement de la maladie, en général, consiste surtout dans l’emploi des moyens hygiéniques, l’air pur de la campagne, un pays tempéré, assez sec sans être trop élevé, des alimentii doux, faciles à digérer, un exercice modéré, les voyages, une habitation saine, vaste, une température douce, des vêtements chauds, des frictions sur la peau, une vie calme et tranquille. Pour traitement médical, des boissons pectorales, légèrement aromatiques, quelques petites doses d’ipécacuanha, comme expectorant plutôt que comme vomitif; des frictions le long de la colonne vertébrale, avec des eaux distillées aromatiques (voyez Aromatiques [Plantes]) ; de légères saignées, s’il y a eu suppression d’hémorrhoïdes (voyez ce mot) ; des bains de pieds, etc. Pour le traitement des accès, il faut mettre le malade dans les meilleures conditions pour qu’il respire un air pur ; dans un lieu bien aéré, dans une position presque droite; on aura recours aux antispasmodiques, tels que les eaux distillées de chardon bénit, de tilleul, de fleurs d’oranger, quelques gouttes d’éther, une potion calmante ; l’ipécacuanha donné au commencement de l’accès l’a quelquefois arrêté ; on appliquera des sinapismes aux jambes; le malade fumera, s’il le peut, des cigarettes de feuilles de belladone, de stramoine, de jusquiame; les cigarettes dites d'Espic rendent souvent de grands services : les préparations de belladone surtout sont un des moyens les plus efficaces. On a employé avec succès l’eau distillée de laurier-cerise; enfin, si le malade est sanguin, s’il y a rougeur de la face, plénitude du pouls, on aura recours à la saignée du bras et môme du pied. Il ne faut tenir aucun compte des dénominations d'asthme sec et d'asthme humide; elles ne sont dues qu’à la forme^ de l’accès dont le premier se termine sans expectoration. On a décrit sous le nom d'asthme aigu des enfants une affection qui n’est autre chose qu’un spasme nerveux, dont les symptômes débutent plus brusquement ■que dans l’asthme ordinaire.
ASTICOTS (Zoologie). — Voyez Mouche.
ASTRAGALE (Anatomie), du grec astragales, osselet, talon. — C’est un des sept os du tarse dont il occupe la partie antérieure et supérieure ; cet os, d’une forme à peu près cubique, s’articule en haut et en arrière avec le tibia, en bas avec le calcanéum, en avant avec le scaphoïde; en arrière, il offre une coulisse dans laquelle passe le tendon du long fléchisseur du gros orteil; en dehors, il répond au péroné, et en dedans, à la cheville ou malléole du tibia (interne).
Dans les luxations du pied, l’astragale abandonne quelquefois ses rapports avec les autres os du tarse ; dans ce cas, il y a toujours un désordre considérable, et l’extirpation de l’astr api e devient une ressource extrême.
Astragale (Botanique), Astragalus, Lin., du grec astragales^ vertèbre, talon. Allusion à la forme de la
graine ou de la racine. — Genre de plantes de la famille des Papilionacées, tribu des Lotées; ses principaux caractères sont : Galice tubulé ou campanulé à 5 divisions ; étamines diadelphes ; gousse biloculaire. On en cultive à pp près une cinpantaine d’espèces. VA. à feuilles de réglisse {A. glyciphyllos^ Lin.) est une plante indigène qui donne en juin et en juillet des épis ovales oblongs de fleurs jaunâtres. Elle vient dans les bois, les prairies ombpgées ; on lui donne souvent les noms d' Astragale réglissier. Réglisse sauvage. Réglisse bâtarde. C’est un fourrage très-nourrissant. VA. baticus, espèce de grande taille, donne une quantité considérable de gousses contenant chacune une dizaine de grains : quoique originaire
du midi de l’Europe, elle réussit très-bien en Suèae où on l’a cultivée comme succédanée du café. On mêle les deux graines dans la proportion de deux tiers de café, on brûle et on moud comme le café ordinaire ; mais les espèces les plus intéressantes sont!' A. gummi fer, Labill., et VA. verus, Oliv., qui produisent la gomme adragante, surtout le dernier (V. au mot Gomme). Quant à l’A. de Marseille {A. tragacantha, hin.),msdgré son nom, il n’en donne pas et n’a d’autres rapports avec les deux autres qu’une grande ressemblance : ces trois espèces sont épineuses. On peut consulter, sur les plantes de ce genre, le beau travail de De Candolle sur les Astragales, Paris, 1802, in-4“, fig. G — s.
ASTRANGE (Botanique), Astrantia, Tourn., du grec aster, étoile. Les fleurs de ce genre ressemblent à une étoile. — Genre de plantes de la famille des Ombellifères, tribu des Saniculées. Il comprend des herbes vivaces aromatiques, à racine noirâtre, à feuilles radicales pétiolées ; les caulinaires peu nombreuses, sessiles ; fleurs blanches ou roses, polygames, réunies en ombellules régulières ; ombelles irrégulières ; fruit comprimé^ sur la partie dorsale. Les espèces d’Astrance habitent principalement l’Europe. Elles sont d’un très-joli effet dans les jardins. VA. grande, vulgairement Radiaire, Samcle femelle major. Lin.), croît dans les Alpes et les Pyrénées. Ses fleurs sont rosées ou rougeâtres. Sa racine a passé pour
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purgative, elle est âcre et amère. VA. mineure [A. minor^ Lin.)^*PetHe Radiaire, est moitié plus petite que la précédente. On la trouve dans les Alpes. (Slevogt, De Astrantiœ charadere. lenæ, 1721.) G — s.
ASTRAPÉE (Zoologie), Astropœus, Gravenhorst. — Sous-genre d'insedesy du grand genre Stuphylin, de Linné ; ses palpes sont terminés par un article gros, presque triangulaire. Ce sont de petits insectes qui vivent en général sous les écorces des arbres. L’espèce la plus commune est VA. de l’orme {A. ulmi^ Panz. Staphylinus idmi, Oliv.), noir, luisant, avec la base des antennes, la bouche, les étuis, l’avant-dernier segment de l’abdomen d’un fauve marron, corselet très-lisse. Sous les écorces d’orme en France et en Italie.
ASTRE, corps céleste. — Voyez Astronomie.
ASTRÉE, petite planète trouvée le 8 décembre 1845 par Hencke (de Driessen). — - 11 n’avait pas été découvert de planète depuis 1807, et l’on ne connaissait de ce groupe que Gérés, Pallas, Junon et Vesta. Aujourd’hui le nombre des petites planètes observées dépasse 100.
> Astp.ée (Zoologie), Astrea, Lamk, du grec aster , étoile. — Sous-genre de Polypes^ du genre Madrépore^ Lin., appartenant aux Polypes parenchymateux de de Rlaim ville. Ils se présentent sous la forme d’une large surface, pierreuse, épaisse, le plus souvent bombée et creusée d’étoiles lamelleuses et sessiles, dont chacune a un polype armé de bras nombreux, sur une seule rangée, au centre desquels est la bouche. Gomme ces animaux se reproduisent le plus souvent par bourgeons, il arrive que, ne se séparant pas entre eux, ils forment alors des masses épaisses agglomérées, qui encroûtent souvent les corps marins solides auxquels ils adhèrent. Ges agglomérations peuvent affecter différentes dispositions : ainsi, si c’est une surface plane, ou en larges lames, on les nomme Explanaires; si elles sont rameuses, on les nomme Parités; si la surface est creusée de lignes allongées comme des vallons, ce sont les Méandrines^ I.amk ; si les collines qui les séparent sont élevées, ce sont des Pavonies; enfin, si ces collines sont en cônes, Lamarck les appelle Monticulaires. On les rencontre en abondance dans les mers intertropicales. VAstrée annulaire de Lamarck est une belle espèce qu’on trouve dans les mers d’Amérique, ses étoiles sont cannelées en dehors; elle est d’un blanc jaunâtre.
ASTRINGENTS (Matière médicale), du latin asfringere, resserrer. — On donne le nom d'astringents à une classe de médicaments qui ont la propriété de resserrer les tissus avec lesquels ils sont mis en contact : on les emploie généralement pour arrêter les évacuations morbifiques sanguines ou humorales, et cette propriété de crisper les fibres de nos organes, de réveiller leur tonicité, les range naturellement dans la grande catégorie des toniques : ainsi ce sont des acides plus ou moins étendus ; l’alun, l’acétate de plomb, la bistorte, le cachou, la tormentille, le quinquina, le simarouba, les fleurs de roses rouges, le sumac, la ratanhia, la noix de galle, les préparations ferrugineuses et une foule d’autres substances.
ASTRODERME (Zoologie), AstrodermuSy Bonnelli. — Genre de Poissons acanthoptéry giens scombéroïdesy voisin des Goryphènes, ils ont la tête élevée et tranchante comme eux ; la bouche peu fendue, des écailles découpées en étoiles ; la seule espèce est VA. tacheté {A. guttaiiis, Bonn.), argenté, tacheté de noir, nageoires rouges ; il habite la Méditerranée.
ASTROITES (Zoologie), du grec astei\ étoile. — Nom donné par quelques naturalistes aux Polypiers à cellules étoilées y tels que les Astrées (voyez ce mot). On donne encore le nom d' As tr dites ou Astrées fossiles à ces madrépores fossiles, qu'on trouve souvent dans les marbres, dans les pierres calcaires tendres, d’où on peut les dégager assez facilement.
ASTRONOMIE. — Gette science a pour objet l’étude des mouvements, des distances, des dimensions et de la constitution physique des différents astres qui peuplent l’espace. Elle peut se diviser en trois parties : la Cosmographie ou description de l’univers, qui est l’exposition synthétique des divers phénomènes célestes ou un tableau du système du monde tel qu’il résulte de l’ensemble des découvertes anciennes et modernes; V Astronomie proprement dite comprentunt la description des instruments, leur usage, et les méthodes d’observation et de calcul ; enfin l'Astronomie mathématique ou Méca^iique céleste dans laquelle, en partant du principe de la gravitation universelle, on établit les lois du mouvement des différents astres, et les phénomènes qui résultent de leur attraction mutuelle. Ges divers sujets seront étudiés dans dos articles spéciaux ; nous allons ici présenter un résumé de
l’histoire de l’astronomie, en suivant l'Exposition du système du monde, par Laplace, à laquelle nous renvoyons pour plus de détails.
Le besoin de distinguer les saisons et d’en connaître la durée a conduit tous les peuples, dès la plus haute antiquité, à observer le lever et le coucher des astres, ainsi que la longueur de l’année par le retour du soleil à une même étoile. La durée du mois lunaire ou période des phases, la connaissance des planètes, et la division du ciel en constellations se rattachent à cette première époque de l’astronomie.
Les plus anciennes observations qui nous soient parvenues sont des observations chinoises sur l’obliquité de l’écliptique, qui datent de 1100 av. J. G., et les observations d’éclipses faites par les Ghaldéens, 720 av. J. G. Ges derniers ont connu la période Saros de 223 lunaisons ou 18 ans et 11 jours, qui ramène la lune à la même position à l’égard de ses nœuds et du soleil, et qui permet de prédire les éclipses futures, au moyen de celles qui ont eu lieu dans une de ces périodes.
Les Égyptiens ont connu la durée (3(15 j. \) de la révolution tropique du soleil; bien qu’aucune de leurs observations ne nous soit parvenue, il paraît qu’ils avaient quelques idées exactes sur la constitution de l’univers, puisque c’est chez eux que les Grecs ont puisé leurs principales connaissances astronomiques. Thalès, Pythagore, Eudoxe et Platon étudièrent en Égypte ; ils connurent la cause des phases de la lune, celle des éclipses, la rondeur delà terre, l’obliquité de l’écliptique, le mouvement des planètes. Pythagore alla plus loin : il admit le double mouvement de la terre sur elle-même et autour du soleil ; on enseignait dans son école que les comètes sont des astres analogues aux planètes, que celles-ci sont habitées, que les étoiles sont des soleils, etc. Mais ces grandes vérités manquaient de preuves, et elles étaient trop contraires aux illusions des sens pour ne pas rester méconnues.
Méton, 400 av. J. G., introduisit dans le calendrier grec, qui était basé sur le mouvement de la lune, le cycle de 19 ans correspondant à 235 lunaisons, au bout duquel le calendrier lunaire se retrouvait d’accord avec le mouvement du soleil, de jour près.
Pythéas, vers le temps d’Alexandre, observait à Marseille la longueur méridienne de l’ombre du gnomon au solstice d’été, et en concluait l’obliquité de l’écliptique. G’est la plus ancienne observation de ce genre après celle de Tcheou-Kong en Ghine; elle confirme la diminution progressive de l’obliquité de l’écliptique.
L’école d’Alexandrie, qui commence à briller vers 300 av. J. G., nous présente un ensemble d’observations régulièrement exécutées avec des instruments propres h mesurer les angles, et calculées par les méthodes trigonométriques. Le système astronomique de cette école, réellement inférieur à celui de Pythagore, a été beaucoup plus utile, parce qu’il était fondé sur l’expérience, ce qui offrait un moyen de le rectifier et d’arriver par degrés au vrai système du monde.
Parmi les astronomes qui ont illustré cette école, nous citerons Aristarque de Samos, auteur d’une ingénieuse méthode pour trouver le rapport des distances du soleil et de la lune à la terre. Il admettait le mouvement de la terre, et la considération que ce mouvement n’affecte pas sensiblement la position des étoiles les lui fait juger incomparablement plus éloignées que le soleil. Ératosthène, auquel on doit la première mesure de la terre, fixa la latitude d’Alexandrie et de Syène.
Hipparque, de Nicée en Bithynie (ne siècle av. J. G.), le plus grand astronome de l’antiquité, est remarquable par sa méthode, par le grand nombre et la précision de ses observations, par les conséquences qu’il a su en tirer» Il détermina la durée de l’année tropique, et reconmit l’avantage de se servir pour cela des observations d’équinoxes, ce qui lui donna lieu d’observer l’inégalité de durée des saisons, et par suite l’excentricité de l’orbite du soleil. Il donna des tables du soleil et de la lune. Par la comparaison de ses observations d’éclipses avec celles des Ghaldéens, il trouva les durées des révolutions de la lune relatives aux étoiles, au soleil, à ses nœuds et à son périgée. Il détermina aussi la parallaxe de la lune, d’où il essaya de déduire la distance du soleil. Une nouvelle étoile qui parut de son temps lui fit entreprendre un catalogue qui renferme 1 G25 étoiles. En comparant ses propres observations à celles d’Aristilleet de Timocharis, il reconnut l’augmentation de toutes les longitudes, et il l’explique par un mouvement direct de la sphère céleste autour des pôles de l’écliptique, ce qui constitue le phénomène de la précession des équinoxes. Hipparque a en-
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seigné à fixer la position des lieux de la terre par leur longitude leur latitude ; il se servait des éclipses de lune pour déterminer les longitudes. Il perfectionna la trigonométrie sphérique, fit un grand nombre d’observations de planètes, etc. Malheureusement il ne nous reste de ses travaux que ce que Ptolémée nous en a transmis.
Ptolémée, né à Ptolémaïs en Égypte, vivait à Alexandrie vers l’an 130 de notre ère. Il suivit les idées d’Hipparque et essaya de donner un système complet d’astronomie. îl découvrit l’une des inégalités de la lune, et donna le moyen de la représenter par des épicycles, c’està-dire en faisant mouvoir la lune, non plus autour de la terre, mais sur un cercle dont le centre lui-mème tourne autour de la terre. C’est par des systèmes analogues ou plus compliqués qu’ont été représentés tous les mouvements célestes jusqu’à Képler. Les progrès de l’astronomie finirent par surcharger d’épicycles le système de Ptolémée^ au point de justifier le mot bien connu du roi Alphonse de Castille. Copernic débarrassa le système de tous les épicycles qui tenaient au mouvement de la terre, mais il laissa subsister ceux qui expliquaient les inégalités de ce mouvement. Quant à ces derniers, Képler les fit disparaître en admettant l’ellipticité des orbites. Considéré comme un moyen de représenter les mouvements célestes et de les soumettre au calcul, le système de Ptolémée, dit Laplace, fait honneur à sa sagacité, et il a servi la science en permettant de lier entre eux les phénomènes et d’en déterminer les lois. Ptolémée a recueilli toutes les déterminations connues de longitude et de latitude, il a jeté les fondements de la méthode des projections pour la construction des cartes géographiques; il a exposé le phénomène des réfractions, et il a rassemblé ses théories et ses tables dans VAlmageste, en négligeant malheureusement d’y consigner toutes les observations dont Hipparque et lui s’étaient servis.
Avec l’école d’Alexandrie finit l’astronomie ancienne, dont les Arabes nous ont conservé et transmis les connaissances, mais sans les augmenter notablement, sauf quelques perfectionnements dans les moyens d’observation.
L’astronomie reparaît dans l’Europe moderne, grâce aux écrits de Boëce et de Gerbert, et aux encouragements d’Alphonse X et de Frédéric II, qui fit traduire de l’arabe en latin VAlmageste de Ptolémée.
Copernic (1473-1544), né à Thorn, dans la Pologne prussienne, chanoine à Frauenberg, établit enfin sa théorie du mouvement de la terre par trente-six ans d’étude et d’observations. Choqué de l’extrême complication du système de Ptolémée, il chercha dans les anciens philosophes quelque hypothèse plus simple. Il y trouva que les Égyptiens supposaient Vénus et Mercure en mouvei ment autour du soleil, que Nicétas faisait tourner la terre sur son axe, affranchissant ainsi la sphère céleste de l’in- I concevable vitesse qu’il fallait lui supposer pour accom- I plir en un jour une révolution complète ; enfin que les I pythagoriciens faisaient mouvoir la terre et les planètes i autour du soleil. Ces idées frappèrent Copernic : il les ap- ; pliqua aux observations, et les vit se plier sans effort à I la théorie du mouvement de la terre. Dès lors la révolution diurne du ciel ne fut plus pour lui qu’une illusion due à la rotation de la terre ; la précession des équinoxes, un mouvement de l’axe terrestre ; les mouvements rétrogrades des planètes, des apparences dues au mouvement de translation de la terre. Ce système de Copernic^ aussi I simple qu’évident pour un esprit non prévenu, avait malheureusement à combattre les illusions des sens, et ne pouvait être établi définitivement qu’après la découverte des lois fondamentales de la mécanique, lois dont les anciens n’eurent aucune idée.
Tycho-Brahé (154G-1601) observa pendant vingt ans à i Uraniboui'g, dans la petite île d’Huène, à l’entrée de la I mer Baltique. On lui doit un nouveau catalogue d’étoiles, j de nombreuses observations des planètes, qui ont servi I de base aux lois de Képler, une connaissance plus parfaite des réfractions, la découverte de l’équation annuelle et de la variation lunaire, la remarque que les comètes se meuvent fort au delà de la lune. Frappé des objections faites au système de Copernic, il en adopta un nouveau qui, dans l’ordre logique, aurait dû précéder celui de Copernic. Les apparences y sont les mêmes, seulement on transporte à tout le ciel les deux mouvements de la terre, qui redevient le centre immobile de l’univers.
L’ignorance absolue des lois de la mécanique justifie cette répulsion que l’on éprouvait pour le mouvement de la terre. Ainsi l’on ne concevait pas comment les corps détachés de la terre pouvaient en suivre les mouvements. Les partisans de Copernic eux-mêmes n’admettaient pas
qu’un corps pesant tombant d’une grande hauteur doit rencontrer le sol sensiblement au même point, quel que soit le mouvement de la terre. Pour établir ce principe, il suffisait cependant d’invoquer l’expérience de la pierre qu’on fait tomber du haut d’un mât sur un navire en, mouvement.
Galilée (1564-1042), né à Pise, montra que tous les corps tombent dans le vide avec la môme vitesse ; il trouva les lois de la chute des corps, des oscillations du pendule, du mouvement des projectiles. Il perfectionna les lunettes que le hasard venait de faire découvrir, et, les dirigeant vers le ciel, il reconnut les phases de Vénus, le système des quatre satellites de Jupiter; il mesura les montagnes de la lune, reconnut la nature de la voie lactée, la rotation du soleil. Toutes ces découvertes tendaient à confirmer le mouvement de la terre. Aussi Galilée adopta-t-il les idées de Copernic, mais sans pouvoir encore les faire prévaloir.
Képler (1571-1631), élève de Tycho-Brahé, qui lui légua la collection précieuse de ses observations, s’occupa d’abord de la planète Mars : choix heureux, parce que l’orbite de Mars est une des plus excentriques, et qu’ella approche beaucoup de la terre dans ses apparitions,. Képler essaya d’abord de représenter ce mouvement par des épicycles, comme Ptolémée et Copernic. Après un. grand nombre de tentatives, il osa abandonner le mouvement circulaire que les anciens regardaient comme seul possible, et il reconnut alors que l’orbe de Mars est une ellipse dont le soleil occupe un foyer. Il constata également la loi des aires, qui consiste en ce que le rayon mené du soleil à la planète décrit des aires égales en temps égaux. Plus tard il étendit ces résultats à toutes les planètes, et publia en 1626 ses tables rudolphines. Pénétré des idées pythagoriciennes sur les nombres et leur rôle dans l’univers, Képler soupçonna que les distances moyennes des planètes sont liées entre elles, de même que les durées de leur révolution. Après dix-sept ans d’essais infructueux, il découvrit que les carrés des temps de révolution des diverses planètes sont entre eux comme les cubes des grands axes de leurs orbites.
Képler eut aussi quelques vues exactes sur la pesanteur des corps, leur gravitation mutuelle, la cause des marées. On lui doit un ouvrage sur l’optique, où il donne la théorie des lunettes et de la vision. Mais, séduit par des jdées préconçues sur l’harmonie du système solaire, il s'égara dans la recherche de la cause motrice des planètes. Aussi ses contemporains. Descartes et Galilée, ont-ils méconnu l’importance de ses lois; elles ne furent généralement admises que lorsque Newton en eut fait le fondement de ses théories.
Huyghens (1629-1695) perfectionna la construction et la théorie des lunettes ; il découvrit un satellite de Saturne, expliqua les apparences de son anneau. Il appliqua le pendule aux horloges ; et par ses théorèmes sur les^ développées et la force centrifuge, il ouvrit à la mécanique une voie nouvelle. S’il eût combiné ces principes» avec les lois de Képler, il aurait enlevé à Newton la théorie des mouvements curvilignes et la loi de la gravitation.
La création de l’Académie des sciences de Paris en 1 666 marque une époque importante dans l’astronomie d’observation. Louis XIV attire en France Helvétius, Cassini, Roëiner et Huyghens ; et c’est au sein de l’Académie que prennent naissance l’application du télescope au quart de cercle pour la mesure des hauteurs des astres, l’invention du micromètre et de l’héliomètre, la découverte de la propagation successive de la lumière, de la grandeur de la terre, de la diminution de la pesanteur à l’équateur.
Picard donne le premier une mesure exacte de la terre par des procédés que l’on suit encore aujourd’hui. Richer, à Cayenne, où il fut envoyé par l’Académie, constate la diminution de longueur du pendule à seconde. Roëmer mesure la vitesse de la lumière, et invente la lunette méridienne. Dominique Cassini détermine les mouvements des satellites de Jupiter; il découvre quatre satellites de Saturne, constate la rotation de Jupiter et de Mars, signale le premier la lumière zodiacale ; il donne des tables de réfraction et une théorie complète delà libration de la lune.
Ces progrès de l’astronomie, et les progrès simultanés de l’analyse et de la mécanique, ne pouvaient laisser plus longtemps inconnues les lois fondamentales du mouvement des corps célestes. C’est à Newton qu’il était réservé de les reconnaître.
Newton (1642-1727), en possession à vingt-sept ans da calcul des fluxions et de sa théorie de la lumière, dinga