‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 85 sur 385 · AST 188 ATE · texte numérisé non relu

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ses pensées vers le système du monde. Il soupçonne que la pesanteur est la cause du mouvement de la lune autour de la terre et cherche à confirmer cette idée ; mais l’imperfection d’une mesure des dimensions du globe faite ■en Angleterre l’empêche de la vérifier. Plus tard, la mesure effectuée en France par Picard lui permet de constater l’exactitude de sa supposition, et d’affirmer que la lune tombe à chaque instant vers la terre en vertu d’une force 3 GOO fois moindre que celle qui produit la chute des corps pesants à sa surface. En étudiant le mouvement d’un projectile qui serait lancé autour d’un centre, il reconnaît que sa trajectoire est effectivement une ellipse ayant ce centre pour foyer et satisfaisant à la loi des aires proportionnelles au temps. La comparaison de ces résultats avec les lois de Képler lui indique immédiatement que le mouvement des planètes autour du soleil est dû à leur vitesse initiale combinée avec une force par laquelle chaque planète pèse et tombe vers le soleil; la nature elliptique de leurs orbites démontre l’égale pesanteur de toutes les planètes vers cet astre. On verra à l’article Mécanique céleste comment Newton a étendu la loi de la gravitation à toutes les parties de la matière, en établissant ce principe général, que chaque molécule attire toutes les autres en raison de sa masse, et réciproquement au carré de sa distance à la molécule attirée.

Parvenu à ce grand principe. Newton en voit découler les grands phénomènes du système du monde, l’attraction des sphères, l’aplatissement de la terre, les lois de la variation des degrés et de la pesanteur à sa surface, la cause des marées, la précession des équinoxes. Ces dernières découvertes ne sont, il est vrai, qu’ébauchées dans îe livre des Prmeipes de la philosophie naturelle publié en 1C87 ; près d’un siècle devait s’écouler avant que ces conséquences du principe de la gravitation, fussent développées par les successeurs de Newton.

L’astronomie pratique continue à se perfectionner : Flamsteed construit ses cartes et ses catalogues d’étoiles. Halley calcule, d’après les méthodes de Newton, l’orbite ■des comètes connues, et reconnaît ainsi la périodicité de la comète qui porte' son nom, et dont il annonce le retour pour 1759. Il indique également le passage de Vénus sur le soleil en 1761 comme pouvant servir à déterminer la parallaxe du soleil.

Bradley découvre en 1727 V aberration des étoiles et en donne l’explication. En 1745 il reconnaît la nutation de l’axe terrestre et ses lois.

Lacaille, l’un de nos meilleurs observateurs, vérifie la méridienne de France, construit des catalogues d’étoiles et de nébuleuses du ciel austral, des tables du soleil et de réfraction. Il mesure un degré du méridien au cap de Bonne-Espérance, et y observe la parallaxe de la lune.

C’est l’époque des grandes expéditions envoyées par la France en Laponie et au Pérou pour la mesure du globe terrestre dont l’aplatissement se trouve mis hors de doute. Quelques années plus tard, les passages de Vénus en 1761 et 1769 donnent lieu à d’autres voyages scientifiques auxquels diverses nations prennent part, et qui concourent aux progrès de la géographie et de la navigation.

Les télescopes de Newton et de Grégory avaient remplacé les lunettes depuis longtemps, lorsque la découverte de Vachromatisme par Dollond rend la supériorité à ces derniers instruments. Citons encore le perfectionnement des tables lunaires, celui des montres marines, la construction du cercle répétiteur de Borda, pour les services rendus à la navigation dont les progrès sont intimement liés à ceux de l’astronomie.

La fin du xviii® siècle est surtout célèbre par les travaux d’Herschell, dont on trouve une analyse détaillée dans V Annuaire du bureau des longitudes pour 1842, et parmi lesquels nous mentionnerons seulement la découverte d’Uranus en 1781, et les recherches sur les nébuleuses et les étoiles doubles.

Le XIX® siècle s’ouvre par la découverte de Cérès par Piazzi à Palerme. C’est la première de ces petites planètes toutes comprises entre Mars et Jupiter, dont le nombre est sans doute très-considérable, puisqu’on en connaît déjà plus de 60.

La mesure de la méridienne occupe encore les astronomes. A l’occasion du nouveau système des poids et mesures dont le mètre devait former la base, Méchain et Delambre avaient repris la triangulation de la France de Dunkerque à Montjouy, près de Barcelone; Biot et Arago la continuent jusqu’à Fermentera. Depuis lors, de nouvelles mesures ont été effectuées en d’autres contrées, notamment en Russie. On a ainsi mis en évidence

les irrégularités des divers méridiens et déterminé avec plus de précision l’aplatissement terrestre.

L’application de la télégraphie électrique à la détermination des longitudes a réalisé de nos jours un perfectionnement important pour la construction des cartes et la connaissance de la forme de notre globe ; mais on ne l’a utilisé jusqu’ici que pour le calcul des longitudes relatives de Paris, Greenwich et Bruxelles.

Nous n’avons pas à parler dans cet article des travaux de Lagrange, Laplace, Poisson, Le Verrier, travaux qui se rapportent particulièrement à la mécanique céleste. Nous signalerons seulement les recherches modernes sur les étoiles doubles, sur les parallaxes et la distance des étoiles, les comètes, les petites planètes, etc. ; elles seront exposées à chaque article spécial avec l’indication des principaux astronomes qui y ont pris part.

Il existe un très-grand nombre d’ouvrages consacrés à la science qui nous occupe ; nous citerons parmi les plus utiles à consulter le grand Traité de Lalande en 3 volumes in-4®, celui de Delambre et les abrégés qu’en ont àonnéscQSdiütronomes, A' Expositiondusystème du monde, par Laplace, le Traité élémentaire d’astronomie ùq Biot. Pour l’astronomie descriptive , V Astronomie populaire d’ Arago, et le Cosmos de Humboldt. Enfin, comme traités élé^mentaires, la Cosmographie de M. Faye, celle de M. Briot, le Cours d’ astrojiomie àQ M. Delaunay, VUrU' nographie et VAstronomie pratique de Francœur, les ouvrages d’Herschell fils, de Quetelet, etc. E. R.

ASYMPTOTES (Géométrie). — Vasymptote d’une courbe est une droite dont une branche de cette courbe se rapproche indéfiniment sans jamais l’atteindre. La figure 229 nous présente l’hyperbole comprise entre deux droites qui sont ses asymptotes. Cette particularité de deux lignes s’approchant constamment sans se rencontrer, étonne toujours les personnes peu familiarisées avec les notions mathématiques; ce n’est , en réalité , autre chose qu’une forme de l’idée de la divisibilité d’une grandeur à rinfini.

On conçoit que si un point, par exemple, se meut vers un autre, de façon que dans chaque unité successive de temps, il ne parcoure que 229. — Hyperbole,

la moitié ou en général une fraction quelconque de l’espace qui lui reste à parcourir; le mouvement se continuera toujours sans que le second point soit atteint. Le nom à’asymptote vient du grec a privatif, et sympiptem, se rencontrer.

ATAXIE (Médecine), du grec taxis., ordre, et a privatif, sans ordre, désordre. — État de désordre des phénomènes nerveux dans certaines maladies, et particulièrement dans la fièvre dite ataxique (voyez Ataxique). C’est toujours un symptôme fâcheux et qui indique une complication plus ou moins grave du côté du cerveau ; on observe alors une perversion des sensations ; des convulsions ou une immobilité anormale, l’irrégularité du pouls, les soubresauts dans les tendons, le délire, l’insomnie ou la somnolence, la stupeur, etc.

ATAXIQUE (Fièvre) (Médecine). — Pinel a consacré ce nom, qui avait déjà été employé par Sydenham, pour caractériser cet ensemble de phénomènes dont il a été question au mot ataxie qui s’applique aux fièvres nommées autrefois malignes, nerveuses, à cause des irrégularités et des anomalies qu’elles présentent dans leur marche. Aux symptômes cités plus haut, il faut ajouter une indifférence- apathique, un air hébété, quelquefois une crainte excessive de la mort, absence de douleurs, fièvre irrégulière, langue aride et souvent sans soif, d’autres fois humide, quelquefois une soif ardente, sécheresse de la peau sans chaleur, etc.

ATÈLE (Zoologie). — Genre de Mammifères quadrumanes, établi par Et. Geoffroy Saint-Hilaire dans la section des Singes du nouveau continent, sous-genre jous, caractérisés surtout parce que dans leurs mains antérieures le pouce manque, ou qu’il est caché en grande partie sous la peau ; c’est ce qui leur a valu leur nom (en grec atélès, imparfait); ensuite leur queue, très-longue et très-mobile, est essentiellement prenante et est tout à fait dépourvue de poils en dessous à son extrémité. Ils habitent tous l’Amérique méridionale, vivant en troupes sur les arbres, où ils se tiennent aussi bien avec leur

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