‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 9 sur 385 · ABC · texte numérisé non relu

ABC

pratique tantôt sur des arbres ou futaies^ tantôt sur des taillis. On emploie deux procédés principaux pour Xahatage des futaies : — 1° La coupe à blanc, jadis pratiquée à l’aide de la cognée seule et pour laquelle Monteath a proposé l’emploi de la scie dite passe-pojiout {Forester's guide, par Monteath). Quel que soit l’instrument mis en œuvre, le procédé est au fond toujours le môme : tout à fait à la base de la tige et du côté où l’on veut faire tomber l’arbre, on pratique une entaille pénétrant à peu près jusqu’au centre du tronc ; on en fait ensuite une seconde, du côté opposé, jusqu’à ce que l’arbre s’abatte. Dans la méthode de Monteath, la cognée sert à commencer chaque entaille, et la scie, mue par deux ouvriers, achève l’opération; en outre, dans la seconde entaille, on introduit un coin que l’on chasse lentement avec un maillet et qui provoque la chute de l’arbre. — 2° La coupe en pivotant donne un peu plus de longueur au bois (40 à 50 centimètres de plus), et cette raison la rend préférable aux yeux de certains forestiers. On pratique une tranchée dans le sol tout autour du pied de l’arbre et l’on coupe successivement toutes les racines latérales qui le fixent, jusqu’à ce qu’il tombe faute de soutien.

Lorsqu’on abat un arbre, il importe de prendre certaines précautions, dont la principale est de diriger sa chute de façon que les arbres réservés, placés à l’entour, ne soient pas encroués, c’est-à-dire endommagés. On doit veiller aussi à ne pas écraser ou mutiler les jeunes plants sur lesquels l’arbre pourrait s’abattre. Il convient pour cela d’élaguer d’abord l’arbre que l’on veut couper; cela a l’avantage de prévenir les dommages que pourraient éprouver les branches de quelque valeur. Voici les sa-laires qu’il est d’usage d’accorder aux bûcherons : Eêtre ou chêne de 0“,70 à 1 mètre de tour, abatage à la cognée, 0^,18 ; à la scie, 0^,36 ; en pivotant, 0^54, par pied d’arbre; Chêneowhêtre de 1“,75 à 2“,50 détour, abatage à la cognée, 0^70; à la scie, ; en pivotant, 2^00. Pour les bois tendres, ces prix diminuent d’un quart.

Uabatage des taillis doit être fait en vue de ménager la production des nouveaux jets qui peuvent partir de la souche et régénérer le taillis. On coupe habituellement les brins de taillis sur la souche, sans toucher à celle-ci; mais il paraît préférable de ravaler ou retrancher la souche immédiatement au-dessus du collet, ou de la couper entre deux terres, c’est-à-dire, au-dessous du niveau du sol; les brins nouveaux prennent alors racine et peuvent survivre à' la souche-mère, si elle venait à périr. Il ne faut pas ravaler ou couper entre deux terres tous les taillis indistinctement, car il arrive parfois que beaucoup de souches ne repoussent pas : on appliquera ce procédé avec succès aux souches de charme, d’orme, de tremble et aux vieilles souches de chêne et de frêne.

L’époque préférable pour l’abatage des bois est l’hiver; on abattra les taillis vers la fin de cette saison pour que la coupe ait moins à souffrir des rigueurs du temps et repousse plus vigoureusement. Contrairement à une opinion reçue, les forestiers les plus instruits ne pensent pas que les phases de la lune doivent être prises on considération pour fixer l’époque de l’abatage.

ABATARDISSEMENT (Hygiène). — Toute espèce animale ou végétale s’abâtardit dans une de ses races, lorsque celle-ci s’écarte du type qu’elle doit à la nature ou de celui que les soins de l’homme lui ont fait prendre. L’abâtardissement d’une race dépend essentiellement des conditions qui président à sa reproduction ; des parents mal conformés ou placés dans de mauvaises conditions transmettent alors aux nouveaux êtres leurs défauts plutôt que leurs qualités. On voit souvent l’abâtardissement se produire chez l’espèce humaine, soit chez certaines familles, soit môme chez des peuples entiers (voyez Homme) ; cette altération de la race est due à des causes physiques ou morales, et se manifeste à la fois par une décadence des forces et de la beauté corporelles et par un amoindrissement de l’énergie morale et du caractère. Chez les animaux domestiques l’abâtardissement résulte tantôt d’inexpérience ou de maladresse dans le choix des parents d’où doivent provenir les nouveaux animaux (voyez aux articles Races, Reproducteurs); tantôt de l’insuffisance des soins donnés aux jeunes, pendant l’élevage ; tantôt enfin de la transplantation d’une race loin du pays où elle s’est formée. — L’abâtardissement des plantes cultivées se produit par des causes analogues, mauvais choix des graines, des boutures, etc. ; imperfection dans les procédés de culture ; impropriété du sol où les végétaux sont placés. On abâtardirait infailliblement une espèce végétale en employant, pour ensemencer un terrain.

les graines récoltées sur ce môme terrain ; il importe de régénérer l’espèce en la reproduisant par des graines venues dans des circonstances différentes de celles où on se propose de les faire développer. Ad. F.

ABAT-FOIN (Agriculture). — Terme usité pour désigner des ouvertures que l’on ménage souvent dans le plancher supérieur de l’étable ou de l’écurie, au-dessus des crèches ou des râteliers. Elles servent à distribuer les fourrages sans perte de temps, le grenier étant alors situé au-dessus du local occupé par les animaux. Il importe d’adapter aux abat-foin des trappes pour les fermer hermétiquement après le service; car’, outre les chutes qu’elles pourraient occasionner, ces ouvertures laissent monter dans le grenier les émanations animales, qui échauffent les fourrages. Mais le plus souvent la négligence des gens de service rend cette précaution inutile, et beaucoup d’agriculteurs préfèrent supprimer ces ouvertures.

ABATS (Économie rurale). — Voyez Boucherie.

ABATTEMENT (Médecine). — L’abattement physique ou moral est toujours le symptôme d’un trouble dans la santé ou d’une commotion violente de l’âme. Il ne faut le combattre, ni par des fortifiants, ni par une alimentation plus abondante, avant d’en avoir recherché la cause. Cet état se produit très-facilement chez les personnes nerveuses, et il n’y a pas lieu de s’en alarmer beaucoup. Mais il faut y faire la plus sérieuse attention lorsqu’il se manifeste chez des êtres habituellement actifs et énergiques, et surtout chez de jeunes sujets. L’abattement annonce alors très-souvent l’apparition prochaine de quelque maladie ou révèle l’influence de quelque émotion morale très-puissante. — Ces réflexions s’appliquent aussi bien à la santé des animaux domestiques qu’à celle de l’homme, et elles doivent prémunir contre le danger d’avoir trop tard recours aux conseils d’un médecin.

ABATTOIRS (Hygiène publique). — Voyez les Dictionnaires de Biographie et d’ Histoire de MM. Dezobry et Bachelet, et des Lettres et des Beaux-a?is de M. Bachelet. — L’aménagement des abattoirs doit surtout être conçu en vue de conjurer les causes d’insalubrité qu’entraîne nécessairement l’accumulation, en un môme lieu, d’un grand nombre d’animaux vivants et des débris de tous genres provenant des animaux abattus. A ce point de vue le service des eaux a, dans la construction des abattoirs, une importance prépondérante. Ces établissements rendent beaucoup plus facile la surveillance que l’autorité doit exercer pour garantir la bonne qualité des viandes livrées à la consommation, et ils préviennent les dangers que présente dans les grandes villes l’abatage d’un grand nombre de bestiaux dans des maisons particulières. Les ouvrages les plus importants à consulter, sur ce qui concerne les abattoirs, sont :

Sur les abattoirs généraux de la, ville de Paris et sur les viandes qui en proviennent (Annales d’hyg. et de rnéd. légale, t. XXXIX, p. 380). — Collection officielle des ordonnances de police de 1800 jusqu’en 1844, t. I et II. Documents fournis par M. le Préfet de police sur le commerce de la viande, Paris, juin 1851. — Dictionnaires de l’industrie manufacturière ; — Général d’administration, articles Echaudoir, Fondoir ; —

Du commerce de la boucherie et de la charcuterie de Paris par Bizet, Paris, 1847.

ABATTRE (Art vétérinaire). — Il est certaines opérations chirurgicales qui exigent que l’animal soit abattu, c’est-à-dire couché à terre, pour les supporter. On choisit avec soin le lieu où l’on doit abattre et on le recouvre préalablement d’un lit de paille pour que l’animal ne se blesse pas. — Abattre du pied d’un cheval, c’est retrancher assez de corne du sabot, pour le préparer à recevoir le fer.

ABBECOURT (Médecine, Eaux minérales). — Source minérale ferrugineuse bicarbonatée située à 24 kilomètres ouest de Paris, canton de Poissy, commune d’Orgeval, dans les domaines d’un monastère aujourd’hui ruiné. Ces eaux, légèrement laxatives, n’ont qu’une célébrité local^

ABCÈS (Médecine) , du latin abcessus, séparation ; apostème des Grecs. — Accumulation de pus (vulgairement nommé humeur) dans une partie quelconque du corps, presque toujours avec un gonflement bien apparent de la partie où ce liquide s’est rassemblé. — On appelle abcès chaud, celui qui est précédé de douleurs vives, de fièvre, de chaleur, puis de rougeur : au contraire l’abcès prend le nom d’abcès froid, lorsqu’il ne présente pas ces symptômes, qu’il s’est formé lentement et qu’on n’aperçoit pas de changement de couleur à la peau. On distingue encore Vabcès par congestion ou symptomatique.

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