BAB
mélangés au nitrate de soude du commerce, de vapeurs nitreuses provenant d’une décomposition partielle de l’acide nitrique pendant sa préparation. Pour l’obtenir pur et concentré, on y verse un peu de nitrate de baryte qui précipite l’acide sulfurique à l’état de sulfate de baryte insoluble, et un peu de nitrate d’argent qui précipite le chlore à l’état de chlorure d’argent insoluble ; on laisse reposer, on décante, puis on distille la liqueur éclaircie en y ajoutant 1 p. 100 de bichromate de potasse qui oxyde les vapeurs nitreuses et les transforme en acide nitrique. L’appareil distillatoire doit être en verre ou en platine, sans bouchons de liège qui seraient j,ttaqués par les vapeurs acides. Le premier tiers du produit recueilli a pour densité 1,52 et pour composition AzO^,HO ; c’est l’acide monohydraté ; il est à son maximum de concentration, le reste a une densité d’environ 1,42 et une composition se rapprochant de AzO^HO+3HO. Pour transformer celuici en acide monohydraté, il suffit de le mélanger avec son volume d’acide sulfurique et de distiller avec précaution.
L’acide azotique est très- employé dans les laboratoires et l’industrie comme oxydant. II sert à la fabrication de l’acide sulfurique, du coton-poudre, de la dextrine, de l’acide oxalique, à l’entretien des piles dites de Bunsen, de Rhumkorff, etc. Les teinturiers, les graveurs sur cuivre et sur acier, les lithographes, les essayeurs, en font également un grand usage. La consommation de cet acide en France s’élève annuellement à plus de 4 500 000 kil.
Le chimiste arabe Geber au ix® siècle est le premier qui ait fait mention de l’acide azotique et de son emploi comme dissolvant. Raymond Lulle lui donna le nom A' eau-forte à cause de son action sur les métaux. Ce ne fut qu’en 1784 que Cavendish fit connaître sa composition. Son extraction du nitre (azotate de potasse) par l’acide sulfurique a été indiquée par Basile Valentin, à la fin du XV® siècle. M. D.
AZOTITES (Chimie). — Sels formés par l’union de Yacide azoteux avec une base. Ils sont reconnaissables à ce caractère que, traités par l’acide sulfurique, ils laissent dégager des vapeurs rutilantes (AzO'O tenant à ce que l’acide azoteux (AzO^) mis en liberté par l’acide sulfurique se décompose en acide azotique (AzO^) et en bioxyde d’azote (AzO^) qui par son contact avec l’oxygène de l’air se transforme en acide hypo-azotique (AzO’*).
Les azotites se décomposent par la chaleur comme les azotates; comme eux ils fusent sur les charbons allumés et déflagrent quand on les chauffe avec du charbon en poudre.
Ils se produisent en calcinant avec précaution les azotates alcalins qui perdent une portion de leur oxygène et se transforment en azotites.
AZOTÜRE (Chimie). — Combinaison de l’azote avec un
autre corps. — Ces composés s’obtiennent tous par des moyens détournés et à l’exception de Vazoture d'hydrogène (ammoniaque), ils sont tous remarquables par leur instabilité. Les principaux sont :
L’azoture d’hydrogène (voyez Ammoniaque).
L’azoture de carbone (voyez Cyanogène).
Les azotures de chlore, iode, brome (voyez Chlorures, Bromures, Iodures d’azote).
Pour les azotures métalliques (voyez les Métaux correspondants).
AZUR, par corruption du mot arabe Lazw\ bleu de ciel). Couleur d’un beau bleu clair. — Les principales matières colorantes bleu d’azur sont : Y Azur de cuivre (voyez Azurite) ; la pierre d' Azur ou Lapis Lazuli (voyez Lazulite et Bleu).
AZURITE (Minéralogie). — Cuivre carbonaté bleu naturel.— Ce minéral est reconnaissable à ses cristaux éclatants d’une belle couleur bleue. Sa densité est 3,83. Chauffé avec le borax, il donne un vert émeraude. Il cristallise dans le système du prisme oblique à base rhombe : l’inclinaison des faces latérales est de 98® 42' : celle de la base sur chaque face est de 91“ 62'. La mine de Chessy, dans le département du Rhône, fournit à peu près tous les échantillons des cristaux d’azurite. Ce minéral constitue aussi quelquefois des masses concrétionnées dont la nature se reconnaît aisément à la couleur bleue et aux réactions chimiaues du cuivre carbonaté.
AZYGOS (Veine) (Anatomie), du grec zeugos, paire, couple, et rt négatif, non paire. — Gros tronc veineux qui établit une communication entre les veines caves supérieure et inférieure. Située le long du côté droit antérieur de la colonne vertébrale, elle naît, soit directement de la veine cave inférieure, soit de la réunion des petits rameaux qui constituent la circulation veineuse vertébrolombaire et vertébro-costale ; passe presque immédiatement dans la poitrine à travers l’ouverture aortique du diaphragme, et au niveau de la quatrième côte, et s’ouvre dans la veine cave supérieure, au moment où celle-ci pénètre dans le péricarde, après avoir contourné la bronche droite; elle reçoit, dans son trajet, la bronchique droite, des œsophagiennes, médiastines, vertébro-costales droites.
Veine demi-azygos. — Au niveau de la sixième ou septième côte, la veine azygos reçoit à gauche une grosse branche nommée demi-azygos née le plus souvent de la veine rénale gauche, quelquefois d’une lombaire, elle monte le long du côté gauche des vertèbres, et va s’ouvrir dans la veine azygos, soit perpendiculairement, soit obliquement, derrière le canal thoracique.
Muscle azygos. — Morgagni a donné ce nom à la réunion des deux muscles palato-staphyîins, qu’il considérait comme un seul muscle (voyez Luette).
BABEURRE, Lait de beurre. Lait baratté, Battüre (Économie domestique). — On donne ce nom à une espèce •de liquide blanc, d’un goût aigrelet assez agréable, qui se sépare du beurre dans le battage de la crème, qui ne se concrète pas, et qui ressemble à du lait écrémé. C’est un petit-lait qui tient encore en suspension une petite quanUté de beurre et de fromage qu’on en extrait dans -certains pays. Dans d’autres , il sert d’aliment aux paysans qui y font tremper du pain pour le manger. Il faut avoir soin dans la fabrication du beurre d’en séparer entièrement le babeurre , qui lui donnerait un mauvais goût en s’aigrissant ; on y parvient par des la-^ vages à plusieurs eaux. Cette liqueur est laxative comme le petit-lait (voyez Beurre, Baratte).
BABICHON (Zoologie). — Espèce de chien épagneul (voyez Races).
BABIROUSSA (Zoologie), Sus Babirussa, Lin., de deux mots malais qui signifient cochon-cerf, nom sous lequel on le désigne encore. — Cet animal placé par G. Cuvier dans le genre Cochon {Sus, Lin.), dont il ne serait qu’une espèce, en a été détaché par F. Cuvier, pour former un genre spécial, distingué du genre Sus, par les dents au nombre de quatre incisives en haut et six en bas, douze molaires à chaque mâchoire, et quatre canines : en arrière des incisives supérieures, à la place des canines, l’alvéole se dirige en haut et donne naissance, dans le mâle, à une dent qui se projette en avant, perce la peau
du museau , s’élève de plusieurs pouces , se courbe en arrière sur elle-même en formant un demi-cercle, vient s’appuyer sur la peau du front, et s’implante sou-
Fig. 249. — Babiroussa {Sus Bahirussa).
vent dans l’os frontal ; cette disposition singulière en avait imposé d’abord, et on avait pris ces défenses pour des cornes, d’où lui est venu le nom de cerf ajouté à celui de cochon : les canines de la mâchoire inférieure