‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 108 sur 209 · HYDROPHOBIE · texte numérisé non relu

HYDROPHOBIE

HYDROPISIE

riiannonic ou Jcs proportions qui doivent exister entre ces deux principes de sa constitution physique. De môme dans les maladies bilieuses proprement dites, on ne guérira jamais, si on n'enlève la cause matérielle qui s est accumulée dans Testomac ou les intestins, et qui par sa présence produit la réaction vitale, qui se traduit par les sjrmptômes morbides qu'on a sous les yeux. Ainsi, en pathologie médicale, comme en médecine clinique, il faut toujours rechercher si les fluides pèchent par surabondance ou par paueUé; si tel l'emporte beaucoup trop sur tel autre; si l'un ou l'autre ou plusieurs sont altérés dans leurs coiiditions ph)^siologiques, aûn d'y remédier. Il ne faudrait pas pourtant que cette étude nous éloignât entièrement de la recherche des altérations des solides, toute thérapeutique exclu-sive tirée du vice des humeurs, a vitio ftumorum^ comme s'exprimaient les anciens , étant incomplète.

flyoUARTHUOSE.— Quand,àlasuiled'un refroidissement, d'une métastase goutteuse ou rhumatismale, d'une entorse, d'une lésion physique des articulations ou de leur inflammation, une collection de sérosité se forme entre les surfaces articulaires, soit par une exhalation trop abondante de la synovie, soit par le défaut d'absorption des humeurs exhalées, cette collection de sérosité prend le nom d'hydrarthrose. O.i la reconnaît à la tuméfaction de la partie qui vient former comme un bourrelet plus ou moins prononcé, et à la fluctuation qu^on y sent.

^ovir en obtenir la résolution, on emploie les topiaues rubéûants, les frictions mercurîelles, les vésicatoires volants, le moxa ; on fait des douches excitantes avec les eaux salines, sulfureuses, ou ferrugineuses ; et si, malgré tous ces moyens, la maladie persiste, on pratique la ponction par la méthode souscutanée, le point important étant d'empêcher la pénétration de l'air dans l'articulation.

HYDROCÈLE, s. f. -- C'est le nom qu'on donne à l'hydropisie du scrotum. Voy. Hy-

DROSARGOCàlE.

HYDROCÉPHALE, s. f. — Ce mot est synonyme d'hydropisie du cerveau. Voy. Hïdhopisik.

HYDROPHOBIE, s.L.hydrophobia, de C^yypf6€oÇf crainte de l'eau, horreur de l'eau. — Ce qui caractérise cette maladie, c'est l'aversion insurmontable que le malade éprouve pour Teau et les autres liquides, avec impossibilité d'en avaleç aucun , quoiqu'il conserve bien la faculté d'avaler los solides ; mais ce qui en constitue principalement le tableau symptomologique, ce sont en général, un sentiment de constriction à la gor^e (i{ui explique l'impossibilité de la déglutition), une sorte diiébétude, le crachotement fréquent d'une salive écumeuse, des envies de mordre, le grincement des dents, et des inouvements convulsifs plus ou moins violents. En outre, le malade a le regard élincelant> la respiration précipitée, irré^ulière, le pouls intermittent à peine sensible; il

Eousse parfois des hurlements affreux, es symptômes reviennent de temps en temps par accès, dont la durée varie ; dans l'intervalle, les fonctions reprennent à peu

Srès leur rhythme naturel, mais à l'aspect 'un liquide, et quelquefois par le simple eff'et d'une lumière un peu vive d'un corps brillant, les convulsions et tous les symptômes de l'hydrophobie se renouvellent. A leur approche, le malade prie quelquefois ceux qui l'entourent do s'éloigner, et il en est qui ont tendu tristement leurs bras, pour qu'on les chargeât des liens qui devaient les empêcher de mordre ; d'autres au contraire en sont saisissi violemment, qu'ils se jelteraiont môme sur leurs plus proches parents, s'ilïi n'en étaient empêchés.

L'hydrophobie peut être le résultat de la contagion, et elle est alors un symptôme de Rage {Voy. ce mot), ou bien elle nai( spontanément après une frayeur vive, un emportement violent, Tinsolation, etc. Dans ce dernier cas, elle constitue une névrost; d'autant plus dangereuse, qu'elle tue en troi:;! ou quatre jours, rarement parvient-elle au septième.

Dans le traitement de cette névrose, tous les antispasmodiques directs et indirects, et parfois aussi les antipblogistiques conviennent, mais généralement ils sont impuissants. C'est pourquoi nous avons été étonné de tout temps qu'on n'emploie pas habituellement le sulfate de quinine, associé è l'opium en pilules, ce médicament se montrant si utile contre certaines névroses périodiaues, et pouvant sauver le malade, si sa maladie n'était autre qu'une ûèvre pernicieuse bydiophobique. C'est surtout dans le cas où le malade n aurait point été mordu par un chien enragé, dans les cas d'hydrophobie spontanée proprement dits, que ce remède devrait être tenté, et pour notre pari nous nous proposons de saisir la première occasion qui s'otfrira à notre observation, pour en faire l'essai. Nous l'administrerons è haute dose, et entre chaque accès s'il nous est donné ùj faire cette expérience; et nous la tenterons d'autant plus volontiers que le cas est desespéré, et que nul remède n'a, jusqu'à présent, réussi. Quant à l'hydrophobie par empoisonnement rabiéïque, voy. Rage.

HYDROPHTHALMIE, hydropisie de l'œil.

Voy, Htdropisie •*

HYDROPISIE, s. Uhydropsy d'a«-/>5|', ce qui veut dire, eau, aspect, apparence de l'eau. — Hydropisie est le terme générique que l'on a adopté pour désigner tout épancheiueut de sérosité dans une cavité quelconque du corps, ou dans le tissu cellulaire. Celui de toute rhabitude du corps est-il rempli de sérosité, la maladie prend le nom d'ona^^arque ou de (eucophlegmaiie; est-elle bornée, c'est l'œdème; la sérosité s'épanche^t-elle dans le crâne, c'est V hydrocéphalie: s'accuinule-t-elle dans l'œil, c'est Yhydrophlhalmifi dans la cavité pectorale , c'est rhydropisK; de poitrine, ftvdroMorox proprement dite, f]U>

(•oniprend l'hydropéricardite; dans le l^as* ventre, c'est l'ascite; dans les bourses, cesi

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riiydrocèle ; bref, elle change de nom sans ruanger de nature, suivant le siège de Téiwincneinent. Un mot sur chacune d'elles h rendroit des causes qui les produisent el de leur sjmptomatologie.

Htdrocéphàlb. Cette maladie, oui mérite à son tour qu'on s'en occupe d une mauière spéciale , varie dans les phénomènes qui la constituent suivant qu'elle est à Tétat aigu, ou qu'elle prend la forme chronique ; e( néaumoins comme ce sont les mômes causes oui la déterminent à l'un ou à l'autre de ces états, nous allons faire connaître d'abord leur étiolo^e commune, et nous nous «Kicuperons ensuite de leurs tableaux symptomalologiques respectifs.

Parfois 1 ùjdrocéphale est congéniale et on ncD connaît point la cause; plus tard, elle affecte plus particulièrement les enfants k \>^que de la vie qui sépare les deux denti^ ti'QS, ce qui a fait penser que l'enfance, sur* M quand le sujet est vigoureux, qu'il a le li'inl animé , prédispose h l'hydrocéphale aiguë; s'il est laible et maladif, a Thjdrocél>hale chronique. Dans tous les cas, elle peut être la suite a'une lésion physique qui aura agi sur l'enveloppe osseuse du cerveau (coups, chutes, etc.); de la rétropulsion des exanthèmes du cuir chevelu, de la suppression d'une évacuation habituelle ou criticjuc, delà rentrée subite d'une éruption variolique, rubéolique, de l'inflammation du cer- Trau ou de ses membranes, etc.; et quelquesfois aussi d*une impression morale, vive, une forte frayeur, une violente colère, etc. Quand l'hydrocéphale se manifeste à Tétai «igu, on peut, malgré sa marche rapide, distinguer dans sa formation trois périodes assez tranchées : dans Iti. première période ^ ie malade se plaint de céphalalgie avec un mouvement de rotation de la tôle presque continuel ; il éprouve des nausées, des vomissements avec constipation ou diarrhée , fl alors les déjections alvines sont vertes et f<^lides ; la fièvre se manifeste et prend sou* vent la forme ou les caractères de la gastri* ciié; en outre le sujet est tourmenté par des uouleurs plus ou moins vives dans la nuque «lies extrémités; son sommeil est agité, *on esprit morose, il est dans une agitation tonlinuelle, il grince des dents, il se réveille fn sursaut, et sent à ses narines une dénjangeaison semblable à celle qui est occasionnée par des vers intestinaux; sa face wl tantôt pâle et abattue, tantôt momentanément animée ; ses yeux égarés, et trèssensibles à l'impression des rayons lumi- ^^^h sont affectés tout à la fois de strabisme J^ de mouvements convulsifs , ses urines jïéposent un sédiment blanchâtre, son appert est presaue nul, etc.

Dans la deuxième période^ la céphalalgie , ^ nausées, les vomissements acquièrent ^c intensité nouvelle, l'inauiétude est injcssante, des sueurs partielles ou générales \r6s-ftbopdantes se manifestent, et se mêlent J'i prurit de certaines parties du corps, au ï?^^ aux pieds, etc. Le strabisme et les wnvulsions des yeux continuent, ou bien le

regard est fixe ou égaré, les pnpilles restent immobiles è l'impression de la lumière ,

auoiqu'en los regardant attentivement penant longtemps on reconnaisse qu'elles se dilatent et se contractent alternativement d'une manière spontanée. Le pouls est lent et irrégulier, tous les autres symptômes de la première période se prononcent davantage, et le malade resterait continuellement assoupi si on l'abandonnait à lui-môme; rien n'est plus facile que de le relirei de son assoupissement, il est vrai, mais c'est pour y retomber aussitôt; il rouvre les yeux, il répond à la question qui lui est adressée, el se rendort. Partant son sommeil est léger, il s'accompagne de gémissements et de convulsions dans différentes parties du corps.

Durant la troisième période enfin , tous les symptômes arrivent à leur apogée; aussi observe -on assez souvent la paralysie d'une moitié du corps, pendant que l'aïitre moitié est agitée de mouvements convulsifs. le pouls est fréquent et faible, les battements du cœur irréguliers, la respiration convulsive, interrompue par des hoquets; la mort met un terme aux souffrances du malade. Elle arrive du cinquième au quator-zième jour.

Hudrocéphale chronique : les symptômes qui la caractérisent sont ceux qu'on observe généralement dans l'encéphalite chronique, et plus particulièrement un fond de tristesse et de mélancolie qui n'est pas ordinaire è l'enfance, époque de la vie où l'imagination est active, 1 esprit inconstant, où l'on quitte tout pourlos plaisirs. C'est pourquoi, il faut observer avec beaucoup d'attention les enfants et surtout les jeunes personnes qui sont ^W* raisonnables, trop raisonnables pour leur âge: leurs coûts pour la solitude, pour l'intérieur de la famille, leur dégoût pour les amusements n'étant souvent qu'un commencement d'hydrocéphale qu'on ne reconnaît qu'alors, hélas I qu'il n'est plus temps.

Cela n'a point lieu quand l'hydrocéphale est congéniale; alors elle prend la forme chronique et passe de l'enfance à l'âge adulte, parfaitement reconnaissable au volume de la tê:e et au défaut du développement de l'intelligence du sujet; et elle finit par donner au crâne un volume énorme, sans pour cela que l'enfant meure immédiatement. Au contraire, il vit, il grandit physiquement, peiFdant que son moral n'est susceptible d'aucun développement ; aussi l'individu restet-il dans le plus complet idiotisme.

Cette terminaisonfâchcuse arrive aussi aux adultes quelquefois deux années avant qu'ils meurenl, et les parents ont la douleur d'avoir journellement sous leurs yeux un être naguère plein de vie, d'avenir, de raison, el qui n'est plus qu'un idiot qu'il faut diriger et se résigner à voir mourir plein de jeunesse.

Le traitement de l'hydrocéphale consiste dans l'emploi dos moyens recommandés dans l'encéphalite chronique, secondés par ceux qui sont propres à combattre les collections

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séreuses en général, quel que soit le lieu où elles se forment.

Hydrotuorax. L'hydropisie de poitrine offre moins de danger que l'hydrocé- Ehale, et cependant, comme on ne .peut en ien établir le diagnostic que lorsque Tépanchement a déjà acquis un développement considérable, il en résulte qu'elle n est pas facile à guérir; d'où la nécessité de bien connaître les symptômes par lesquels elle décèle son existence.

lis consistent en général dans la dyspnée et une grande oppression de poitrine, surtout quand le malade exécute des mouvements, dans la matité de toute la cavité pectorale, ou tout au moins de la partie qui est le siège de l'épanchement existant, et parfois avec le gonflement œdémateux du même côté distinct et séparé de celui des membres ; dans Tenflure des mains ou de la face et principalement du pourtour des yeux ; dans une toux ordinairement sèche et spasmodique, des douleurs ou contractures très-fréquentes et fort vives au dos, entre les omoplates ; la faiblesse et la mollesse des battements du cœur et des artères ; des palpitations, la pâleur du visage et des lèvres , Taspect terne et languissant des yeux. Il arrive aussi, quand le liquide est abondant, qu'on peut sentir ou môme entendre la fluctuation du liquide, lorsque le malade se retourne brusquement, ou qij'on le secoue par succussion. Bref, les principaux signes de Tépanchement sont : le réveil en sursaut la nuit, avec le sentiment d'une anxiété extrême et menace de suO'o- <j;atioo tout comme dans l'accès d'AsTHME (Voy* ce mol). C'est pourquoi le malade saute à l)as de son lit, court ouvrir la fenêtre et s'y place avec bonheur pour respirer de l'air fiais. Enfin, sur les derniers temps, il ne peut plus rester couché, il dort assis daYis son lit, et mêmeà la Gn de ses jours, ce n'est qu'assis et accoudé devant une table qu'il peut goûter quelque repos ; l'urine diminue sans perdre quelquefois de sa limpidité.

Les causes qui produisent l'hydrothorax proprement dite étant les mêmes que celles qui déterminent l'hydropéricarde, nous les iudiquerons dans la description que nous allons donner de cette hydropisie.

Hydropérigardr. Les symptômes caractéristiques de l'hydropisie du péricarde ont la plus grande analogie avec ceux de l'hydrothorax proprement dite, à laquelle du reste elle s'associe fort souvent. Néanmoins ceux par lesquels elle est plus particulièrement caractérisée sont : les palpitations du cœur, plus manifestes encore dans une forte inspiration que pendant l'expiration ; la petitesse et l'intermittence du pouls, une anxiété des plus vives, des défaillances ; parfois la face est violette, les lèvres noires et livides comme dans ranévrisme,avec amincissement des )>arois du cœur {Voy. Anévrishie).

L'hydrothorax en général et l'hydropéricarde en particulier sont généralement consécutives à une phlegmasie locale ou à une altération organique antérieure ; cependant

elles peuvent également être le résultat d'une débilité générale, débilité qui résulte elle-même soit de pertes de sang spontanées ou artificielles, soit de la constitution du sujet, de sou genre de vie, etc. ; circonstances qui facilitent singulièrement rexhalation séreuse par laquelle l'épanchement est formé»

AsGiTE, ou hydropisie du bas-ventre. Déterminée par des boissons froides abondantes alors que le corps est en sueur, par la suppression des hémorragies habituelles par la rétropulsion des exanthèmes, par la mauvaise habitude qu'ont les malades de boire beaucoup pendant la chaleur des fièvres d'accès , l'ascite se manifeste encore à la suite de Tinflammation chronique des intestins, du péritoine, etc.

On la reconnaît à la tuméfaction plus ou moins grande de l'abdomen (tuméfaclioD qui change de place selon la position que

frend le malade), avec fluctuation sensible la percussion : c'est-à-dire que si le malade étant couché sur le dos, les jambes relevées, on applique une main étendue à plal sur un des côtés du bas-ventre, et qu'avec l'indicateur de l'autre main, qu'on fait glisser sur le doigt du milieu, on vienne percuter vivement et fortement le point opposé du bas-ventre correspondant à celui sur lequel la main repose , on sent contre celle-ci le choc que le liquide, en se déplaçant, imprime aux parois abdominales; c'est là son signe caractéristique. Dans ces circonslaoces l'urine est peu abondante, et a quelquefois la couleur de la bière, tant elle est bruae et foncée; les selles sont rares, et les matières sèches et moulées. S'il y a de la fièvre, elle s'accompagne de chaleur générale e( de sécheresse à la peau, à la langue, à la bouche avec soif ; symptômes qu'on ne remarque guère quand la fièvre' ne se montre pas. Enfin plus le ventre grossit, plus la dyspnée augmente par le refoulement en haut du diaphragme, et plus aussi les membres maigrissent ; vers la fin, les extrémités inférieures et le scrotum chez J'homme, les grandes lèvres et la vulve chez la femme, s'infiltrent, la fièvre hectique se déclare, et le malade meurt suffoqué, ou il s'éteiut par manque de réaction vitale, comme dans toute terminaison gangreneuse.

A quoi reconnaît-on que l'hydropisie est enkistée? On la reconnaît à la circonscription de la tuméfaction qui, dans le commencement surtout, est partielle, graduée, et offre des inégalités très-manifestes avant de devenir uniformes. Elle n'occupe qu'un seul point de l'abdomen, et la sécrétion de l'urine eil moins rare et moins foncée en couleur que dans l'ascite non enkystée.

Anasarque ou hydropisie cutanée. Cesl habituellement chez les personnes débilitées par un séjour prolongé dans des lieux privés des rayons du soleil, froids et humides, par une vie oisive, une mauvaise nourriture, des chagrins cuisants, etc., que cette bydro; pisie se déclare . Nous l'avons vue éclater aus'>i spontanément soit à la suite de la scarlatine, chez les enfants qu'on a laissés sortir trop

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tôt, soit après un refroidissemcnl prolongé,

elf.

Ce qui la constitue, c'est Taccumulation de sérosité dans ie tissu cellulaire sous-cutané: et ce qui la caractérise, c'est que cette enflure de la peau, que la sérosité produit, cède sous le doigt et en conserve 1 impression. Avec cela (ou'e la surface du corps est pâle 1 1 frjide, quelquefois mèroe d'un blanc laiteux.

Nous avons dit que ce qui caractérise Tanasarque, c'est l'infiUration du tissu cellulaire sous-cutané; nous ajouterons maintenaut que cette infiltration, au lieu d'ôtre générale, peut être bornée à une partie du nms (les pieds, les mains), et constituer ïmrne. Cet œdème , généralement sjmptômatiquede Thydrothorax, alors qu'il se borne à i'eDflure des mains, est également symptomatique soit d'uneascite, soit d'une faiblesse lotale, et il peut être critique, comme on le Voilà la fin des fièvres intermittentes; dans (« cas les pieds seuls sont oedématiés. On rtoçoit que ces circonstances diverses doirent jouer nécessairement un rôle bien différent, et qu'il serait dangereux de les loécoDoaitre.

Reste que pour traiter l'hydropisie en général il faut nécessairement remonter h sa cause prochaine, qui consiste toujours dans an défaut d'activité entre le système exhalât et le syslènae absorbant, défaut d'haruouiequi dépend ou de l'atonie du système absorbant, qui n'aspire pas la sérosité à mesure gue les exhalants la laissent échapper, oud un état de spasmedesorifices absorbants, Qui les empêche encore de remplir leurs lonclions: c'est-à-dire, en deux mots, que l'hydrooisie peut être essentielle et se déclarer cnez des personnes bien constituées, ayant les forces radicales dans un for( bon étal (Foy. Forces), ce qui constitue l'hydropisie active des nosologies ; ou bien la col- Itclion séreuse Quoique essentielle aussi, se jnauifesler chez les anémiques, et constituer Ihydropisie passive. C'est donc à ce double point de vue que nous avons à la considérer. Je ne parle pas des hydropisies symptomatiques, puisque le traitement direct ne leur est point applicable, si ce n'est comme prophvlactique.

Revenant aux hydropisies actives, nous lirons observer, V que la fièvre et la réaction Inflammatoire qui les accompagne, 2* que '«tat pléthorique général ou accidentel qu on "^iparque, 3* que les irritations organiques P en favorisent la formation, fc* que la force « la dureté du pouls, sa résistance qu'on owerve chez les malades, sont une indication ;?7«Dle de l'emploi des antiphlogistiques, : p"^"^ire de la saignée générale, des sang- •"Y ^ ^3 vulve ou à l'anus, suivant que les "îSiesouleQuxhémorrhoïdal sont supprimés; ^7^»iulsions nilrées, des bains, etc. Cette «eidode a eu tant de succès dans la pratique, J^s^u'Hippocrate a recommanoé la saimift V » '^^ sujets jeunes et vigoureux, alors H^p 1 affection se manifeste au printemps, i!r S,P® «aurait trop s'empresser de l'adop- •-f' Elle réussit d'ailleurs parfaitement dans

les pays septentrionaux, puisque M. Armel, médecm h Valenciennes, raconte qu'ayant donné des soins à quarante Russes, atteints d'hydropisie, il leur fit pratiauer jusqu'à quinze saignées dans l'espace ae cinq à six semaines; et ils guérirent tous^ excepté un seul qui ne fut pas saigné. Pour nous qui avons eu à nous louer d'avoir employé avec beaucoup plus de réserve, mais non moins d'avantage, les évacuations sanguines par la lancette et les sangsues, la diète lactée, etc., chez les malades qui avaient une irritation

(;a8tro-intestinale, suite des boissons alcooiques dont certains individus abusent, nous ne craignons pas d'en préconiser remploi» en v associant, nous le répétons, les bains, les boissons nilrées, etc.

A propos des bains, nous ferons observer que, si l'on en croit Tissot, Marcard et quelques autres médecins, le bain tiède devrait être reieté du traitement de l'anasarque, par exemple, (fltendu qu'ils l'ont vu augmenter l'intensité des symptômes et le volume do l'épanchement. Assurément, nous ne nierons pas ce que d'autres affirment, mais nous airons que, toutes les fois que Thydropisie dépend d'un resserrement spasmodique inflammatoire du système absorbant interne, le bain doit être prescrit, dût-on, par précaution, oindre d'huile le corps du malade avant de le plonger dans l'eau. Nous signalons ces frictions huileuses avant le bain, parce qu'il parait, d'après les expériences de Barthez, que l'huile, en bouchant les orifices des vaisseaux absorbants de la peau, calme celte espèce de faim canine vitale que les orifices absorbants ont pour l'eau, et, cette faim calmée, l'absorption n'a pas lieu : le bain produit alors des elTets avantageux.

Après l'emploi du régime antiphloçislique, les moyens les plus actifs pour stimuler l'action résorbante du système lymphatique sont les vomitifs répétés, les purgatifs (hors les cas d'ascite par irritation ou in*^ flammation gastro-intestinale), le calomel et la digitale, seule ou associée à la scille et au nitre. Nous nous solnmes toujours servi avec succès, dans toutes sortes d'hydropisies, depillules composées ainsi :

Pr. : a'extrait de digitale, 1 gramme ; — de scflle, 50 centigr ; de nitrate de potasse, S gramm.

de conserve de tilleul, S. Q.

Pour vingt pillules à prendre, une le matin à jeun, et Vautre le soir eu se couchant, buvant par dessus un verre de petit-lait clarifié : on augmentait tous les cinq jours d'une pilule.

fi Les frictions sur le bas-ventre ou sur les parties engorgées, et aussi à la partie interne des cuisses avec la teinture de digitale; les applications sur le bas-ventre d'un mélange d une partie de teinture de scille, d'une partie de teinture de digitale et de deux parties d'eau, m'ont procuré des succès si cens? tantsquej'en ai faille sujet d'un mémoire qui a été inséré dans le Journal des Sciences médicales de Montpellier. Voici ce que les

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faits consignés dans ce mémoire éïablissent : 1" la leinlure de digitale en frictions, à la dose d'une onoe pour chaque friction, répétée trois fois par jour sur les cuisses et les bras ou sur le bas-ventre, dans Tanasarque ou rascîtc; 2" le mélange dont il vient d'être parlé appliqué continuellement sur Tabdouien au mojen d'un grand carré de flanelle imprégnée du liquide et recouverte d'une toile cirée, pour empocher Tévaporation du mélange et son absorption par la chemise et les draps; ont provoqué d abondantes évacuations d'urine et concouru à la guérison (le rhydropisie.

Il y a peu d'années encore, qu'à l'aide de ce moyen et d'un traitement approprié, nous avons guéri deux enfants qui avaient été atteints d'anasarque après une scarlatine. Le seul reproche qu'on puisse faire à cette méthode, et nous avons signalé le fait en 183V, c'est que l'application continue des teintures de scille et de digitale mêlées à Peau, détermine à la longue une éruption miliaire qui incommode beaucoup les by« dropiques. On calme ces éruptions et les cuissons qu'elles déterminent, à l'aide des embrocations huileuses camphrées, des fomentations émollientes ; mais mieux vaut les prévenir en plaçant la flanelle qui en est imbibée tantôt sur un point et tantôt sur un autre de la poitrine et de l'abdomen, et tantôt aussi sur les cuisses, etc.

Enfin les vésicatoires sont, à leur tour, d'un très-grand secours. Plusieurs fois, eîi les entretenant pendant quelque temps, il est survenu des escarres gangreneuses h la place qu'ils occupaient; mais, comme il y avait excès de vie dans la plaie, les émoilients et le cérat simple ont suffi pour faire détacher les escarres et amener la cicatrisation des plaies.

Pour les hydropisies passives ou atoniques, c'est différent ; c'est-à-dire que, d'une part, au lieu du régime adoucissant, des antiphlogist'iques, etc., il faut des mets restaurants, des viandes rôties, du vin, les ferrugineux, les bains salés, le quinquina, etc., conseillés contre la faiblesse générale que nous avons signalée, comme favorisant l'exhalation et nuisant à l'absorption; et que, d'autre part, si la gangrène se manifeste, elle doit être traitée par le cérat saturnisé ou contenant vingt crains de sulfate de quinine par once d'excipient. Mais, attendu que la faiblesse ne doit point empêcher d'employer les moyens d'amener la résolution de l'épanchement en favorisant la sécrétion urioaire, on peut encore se servir de la scille et de la digitale intérieurement et extérieurement, du petit-lait vineux, etci Du reste, si en donnant la scille et la digi- .ale à l'intérieur, on craignait d'irriter l'estomac, ce qui ne nous est jamais arrivé, on pourrait se servir de ces substances par la méthode endermique, ainsi que le recommande Hufeland.

A cet effet, on pose sur un point queicouque de la cuisse ou du bas-ventre un vésicaloire de la valeur d'un centime, et.

après avoir enlevé l'épiderme, on saupoudre la plaie trois fois par jour avec trois grains de poudred'oxtraitde scille oude digitale. C<i

f praticien vante aussi les frictions mercuriel^ es sur la bas-ventre, l'eau froide mêlée avec un peu de vin du Rhin et bue abondamment. Les purgatifs sont sans doute contr indi^ qués par. l'état de faiblesse, alors surtoul qu'elle est constitutionnelle ; mais si iej forces ne sont pas entièrement épuisées, If jalap, l'aloès, la coloquinte pourraient être tentés. Il en est de même des scariGcations non sanglantes ou mouchetures pratiquées à la peau des hydropiques, moyen pronosé

fmr le docteur Roucher, de Montpellier, dont e nom fait autorité, et qui ne les a cod^ seillées, d'ailleurs, qu'après que ses essais ont été confirmés par des expériences répétées et des succès bien constatés. Nous pensons que les scarifications, ainsi pratiquées et aidées par une compression mélboaique exercée à l'aide d'un bandage roulé que 1 ou arroserait de temps en temps avec du ?ia aromatique ou toute autre liqueur tonique, pourraient produire des effets avantageux dans tous les cas d'engorgement des meDh bres abdominaux.

Terminons ces considérations sur le traitement de rhydropisie en général, par quelques mots sur chacune des hydropisies on particulier, afin de mentionner les modiOritions que le siège de l'épanchement peut apporter, non aux règles générales que nous avons posées, car elles sont invariables, mais quant à certains moyens particuliers

3ui ont été préconisés. Et, par exemple, ans Y hydrocéphale congéniale^ la règle veut qu'on admette en principe un état infIama}^ toire, ou, tout au moins, une fluxion cérébrale intense, la congestion du cerveau, et qu'en conséquence on applique des sangsues derrière les oreilles, on donne journellement le calomel à dose purgative, oûmme dans l'encéphalite; en un mot, qu'on combatte la phlegmasie par tous les moyens généraux et locaux indiqués {Ypy, Encéphaute). Et si les applications reitérées de sangsues, les affusions froides qu'on répète toutes les deux heures d'une hauteur cfe plus en plus considérable, jusqu'à ce que, par s^^ cris, l'enfant sorte de sa somnolence, les frictions mercurielles, elc», sont inefficaces, on en vient à l'application d'un vésicaloire à la nuque, qui a produit quelouefois des effets exlraordinaires contre l'état soporeui. N'oublions pas que l'hydrocéphale aigué étant sujette à récidiver, chez les scrofuleui surtout, le meilleur préservatif des rechutes est l'application d'un cautère au bras, l'usaçe journalier des affusions d'eau froide sur u tête (matin et soir), et, tous les quinze jours, une purgation avec parties égales de mercure doux et de jalap.

Le traitement ne diffère guère quand 1 hydrocéphale se développe d'une manière chronique : les affusions froides, répétées plusieurs fois par jour et pendaDl longtemps ; les frictions mercuriefies sur le çuij chevelu préalablement rasé, les fomeptatiow

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IIYDRORACHIS

sur le crtne afoc lo vinaigre scilliquc, paraisseoC convenir et elles agiront surtout efficacement dans riiydrocëphale externe ou oedème de la tète, si elles sont unies aux eiutoires au cou, dont on entretient longtemps la suppuration.

0Àds les nydropiHes de poitrine, en géné« rai, on obtient de bons effets de Tassociatioa de TiDÇt-cinq grains de sel de nitre avec un grain de soufre doré d'antimoine, adroinisirés trois fois par jour ; des pilules avec relirait de la digitale, Tassa-fcetida et la jusqniame en extrait (un grain de chaque), à

Kendre une le matin et une le soir, des JDs de pieds sinapisés, des exutoires aux bnsou sur la poitrine, des frictions sur le thorai avec la pommade émétisée ou Thuile de croton tiglium. Et dans les cas où la fluc* mm est bien distincte entre les côtes, s*il yidanger de suffocation, en pratiquant la f^facenthère, palliatif puissant dans tous tes a< et moven curatii dans quelques-uns.

l'eau diSiiliée de laurier-cerise avec l'extrait gommeux d'opium, agit efficacement pour calmer l'anxiété.

Vaseite sera traitée en partie par les diurétiques et les purgatifs, dont l'association est très-avantageuse ; mais, attendu qu'ils De réassissent pas toujours, on doit en suspendre l'emploi durant quelgues jours pour ne douner alors que des fonaants (extrait de pissenlit, de chéi idoine, de tartre tartarisé] ; après quoi on revient aux diurétiques, qui agissent alors plus puissamment. On a proposé encore, dans les cas rebelles, Tacu- Kncture pratiquée au bas-ventre, surtout en ssociant au galvanisme. Ne l'ayant jamais employée, je ne puis que la mentionner.

Reste enQn la ponction abdominale : c'est up palliatif d'autant plus avantageux que ce n'est souvent qu'après qu'elle a été pratiquée, que les vaisseaux absorbants et les nerfs étant débarrassés du liquide qui les coiD[)rimait, ils reprennent un peu de leur activité. Tout le monde sait, d'ailleurs, au^elle convisnl principalement dans Thydropisie enkystée, et retarde de beaucoup la mort des malades, puisqu'on peut la répéter bien des fois (de quarante a cinquante) «i à des intervalles assez éloignés. L'important est de ne pas y recourir trop tara, de

a pratiquer avec les précautions convenables, et de soutenir les forces du malade par 1^ toniques.

l'anasarque étant produite par un refroi- <iissemeDt subit et la suppression de la transpiration, il est nécessaire, dans le prinape, d'administrer les sudoriflques. Nous >^oas citéi dans un autre ouvrage, l'histoire <le cet individu qui s'éveilla enilé de la tête aux pieds pour avoir dormi la nuit àThu- DHdité, et que Broussonnetavait guéri spontanément en le faisant coucher dans un lit et en plaçant sur les côtés de son corps, à une petite distance, des pains sortant du four et parta- K^ par le miheu : la vapeur exhalée par ces 1^108 ayant déterminé une abondante diapuurèse, l'hydropique se désenfla aussi rapidement qu*i] s*était enflé. En vilie, oii l'on

Dirriofi!!. PB MÉiwGiifE.

a des appareils, oi peut prendre un bain do va|»eur; mais à la campagne, où il est plus facile de trouver du pain chaud que toute autre chose, c'est un procédé à imiter. Somme toute, administrés à l'intérieur, ics sudorifi-

3ues agissent efficacement, et nous avons onné avec succès la poudre de Dower, l'ammoniaque, etc. Voy. SCDORIFIQUES.

OEdeme des femmes grosses. Certaines femmes, quand elles sont arrivées à une époque plus 'OU moins avancée de la grossesse, sont sujettes à une infiltration séreuse des extrémités inférieures, occasionnée par le poids que la mairice exerce sur les veines cru« raies ; il est même rare qu'une femme enceinte de deux jumeaux ne soit pas plus ou moins infiltrée (j'en ai vu deux qui ne l'étaient pointj, ce qui les rend nlus disposées à l'éclampsie. Or, comme celle-ci est une des conséquences les plus communes des grossesses gémellaires, nous avons voulu signaler ce fait en passant, ne fût-ce que pour mémoire.

Il n'en est pas de même do l'œdème qui se manifeste chez les femmes récemment accouchées; cette infiltration séreuse des membres abdominaux, à laquelle elles sont sujettes et qui a été attribuée à l'inflammation du système lymphatique de l'aine et quelquefois même à celle de la fosse iiiaqhe, s'accompagne habituellement d'unn réaction fébrile qui prend bientôt le tjrpe intermittent, irrégulier, quoiqu'elle puisse se montrer sans fièvre. C'est pourquoi elle réclame dans son traitement qu*on ait égard aux deux périodes de la maladie, à savoir : celle où il va une inflammation locale, qu'il faut calmer par les antiphlogistiques généraux et locaux; par les diaphorétiques légers, sans l'application locale d'aucun résolutif; et celle où, l'inflammation étant dissipée, il faut tenter d'obtenir la résolution de l'épanchement : dans ce dernier cas, les moyens indiqués contre i'anasarque doivent être employés.

On peut prescrire également alors, car Gardien l'a beaucoup vanté, un gros ou un gros et demi d'acétate de potasse dans une tasse de cerfeuil, qui sollicite une abondante évacuation d'urine; ou bien une once de crème de tartre dans un bouillon, etc. Et comme un préjugé vulgaire fait croire à certaines personnes qu'il y a métastase laiteuse, on peut, par déférence, prescrire le petit lait ae Weiss et tout autre laxatif réputé antilaiteux, non qu'ils soient plus efficaces que ceux précédemment indiqués, mais pour la satisfaction des accouchées, qu'il est nécessaire de tranquilliser, et de la famille, qui, si la guérison n'arrivait point, saurait mauvais gré au docteur de son opiniâtreté.

HYDRORACHIS. — C'est Thydrocéphalo, ou du moins une maladie analogue, située à la partie inférieure du rachis, et s^accompagnanc de l'impotence ou paralysie des membres pelviens. On reconnaît Texistence de l'épaiichement ï la saillie qu'il forme k travers une fissure de la colonne vertébrale. Nous ne savons rien de particulier à lui opposer,

HYDRO'SARGOCELE

IlYDROSAUCOCLLE

Kacupunciure combinée avec la compression n>«nl été jusqu'à présent sans avantage.

HYDRO-SAkCOCÈLE, sarcocèle ou cancer du testicule compliqué d'hydropisie.

Nous verrons al article SARcocàtK {Voy.

ce mot) les déductions symptomatologiques que Ton peut tirer pour le diagnostic et le traitement du sarcocèle, de la présence d'un liquide dans les bourses ; mais nous sommes ft)rcés de nous arrêter à l'élude de Thydrocèle simple, h cause du traitement spécial qui lui est affecté.

Et d'abord il est indispensable de distinguer, dans celte sorte d'hydropisie, si le liquide qui le constitue est épanché dans les mailles du tissu cellulaire des bourses, Aydrocile par infiltration; ou si Tépanchement s'est formé dfans la tunique albugmée du testicule, hydrocHe de la tunique vaginale. La première variété n'est qu unsimpleœdème des bourses, qui cède aux moyens généraux et locaux que nous avons mentionnés contre l'hydropisie en général ; tandis que, pour guérir la seconde, il faut en venir iiarfois à une opération chirurgicale dont nous aurons à apprécier les avantages.

Un mot sur rétiologie de cette dernière. Ses causes en sont fort obscures ; cependant on a cru pouvoir lui assigner les froissements, les contusions répétées du scrotum, accidents auxquels les cavaliers sont fort sujets, un froid violent sur les bourses pendant que le corps est en sueur, tout ce qui, en un mol, peut déterminer la phlegmasie du testicule uu de ses enveloppes ; on Ta vue se former K la suite d'un violent effort, nous en avons un exemple sous les yeux, et alors elle s établit d'une manière très-rapide.

La forme sous laquelle Thydrocèle se présente ordinairement, c'est celle d'un ovoïde ayant sa grosse extrémité tournée en bas, comme une poire, ou bien celle d'un boudju, et quelquefois celle d'une gourde ; et si la tunique vaginale est divisée en lo^es multiples, la tumeur a alors un aspect inégal et bosselé. Mais, quel:e que soil sa forme, on conçoit que son volume variera suivant la quantité de liquide accumulée, ce qui fait qu'on la rencontre de la grosseur d un œuf de poule seulement, tandis qu'elle peut acquérir celle de la tète d'un adulte. Quoi qu il en soit, le diagnostic devient extrêmement facile, car en plaçant une bougie d'un côté du scrotum et en regardant de Tautre, on peut non-seulement en constater la transparence, mais encore quelle est la position du testicule, qui, communément, forme comme un point noir en arrière des parties transparentes; mais on le reconnaît beaucoup mieux eu exerçant avec les doigts une pression légère sur ce corps, par la sensation de douleur énervante que le malade ressent.

L'accroissement de l'hydrocèle se fait diversement, selon les individus et les circonstances : très-lent chez les uns, il reste quelquefois bien des années sans produire o'au- Ire incommodité que celle qui résulte de son poids ot de son volume, ce à quoi. on remé- (jic communément à l'aide d'un suspcnsoir

bien fait ; d'autres fois, au contraire, il se développe avec rapidité. Dans ce cas et dans tous ceux où elle occasionne une incommodité gênante, si l'âge avancé ou la faiblesse du sujet ne s'y opposent pas, on peut eu venir h l'opération. Toutefois, avant de h tenter, il serait bon d'essayer de la pommade iodurée, des résolutifs, et enlia si, à l'aide d'un vésicatoire appliqué sur les bourses, on ne dissiperait pas la tumeur. Dupuytreaa guf^ri par ce moyen des hydrocèles déjà anciennes; d'autres ont obtenu le même résultat de cet exutoire, appliqué après une ponction ; donc il est bon de tenter la cure de l'inGhration scrotale par rapplicalioo du vésicatoire.

Nous avons dit que si les moyens externes ne suffisent pas, il faut en venir à l'opération ; plusieurs procédés opératoires ont été proposés, savoir : la ponction ^ Vincision^ IVxcisionj la cautérisation du sac, rintruduction d'un séton ou d'autres corps étrangers, et en^ fin les injections. La dernière de ces opérations étant celle qui produit les résullais les plus constants et les plus avantageux nous en ferons la description, attendu qu elle n'est pas très-difBcile à pratiquer et qu'elle réunit d'ailleurs le premier et le dernier des modes proposés, la ponction aux injections.

Un mot sur la manière de pratiquer la ponction, qui, soit dit en passant, est une opération qu'on tente seule dans la cure de l'nydrocèle, ne lui adioignant les injections que lorsque la maladie récidive après l'opération.

Le malade étant assis ou couché, on saisit le scrotum à pleine main, laissant saillir entre le pouce et l'indicateur la partie antérieure et inférieure de la tumeur, et tenant cachée dans la paume de la main la partie supérieure et postérieure , où se trouvent le cordon et le testicule ; on plonge ensuite le trocart à la partie antéro-iniérieure,etde bas en haut, et un peu d'avant en arrière, puis on ôte la tige et on dirige la canule de nia^ nière qu'elle ne s'échappe pas de la tavile vaginale durant Técoulement du liquide:

faute de celte précaution, celui-ci pourrait s'extravaser dans le tissu cellulaire des bourses. Quand on se borne à la ponction, on recouvre les parties de compresses trempées dans une liqueur résolutive (sureau, ou eau tiède animée avec de l'eau-de-vie camphret:), afin de s'opposer au trop prompt retour de la sérosité.

Mais quand, au contraire, on veut proûter de la ponction pour faire des injections, n faut, avant d'enfoncer le trocart, avoir je soin de préparer du vin très-chaud et du vm froid, de manière à pouvoir donnera leur mélange, au moment de Tinjection, une teuipérature de 32 à 33% c'est-à-dire une temperature telle que le doigt puisse à peine « supporter. Ce liquide aspiré dans une sern^ gutî d élain pouvant en contenir de mà^J urammes, et dont la canule s'adapte parwitement à lorifice de celle du trocûf^.o^ pratique la ponction comiae il a été dit, ci

]lït;iENE

HYGIENE

IK)inçon retiré, la canule profoiulémonl enfoncée daos la tunique vaginale, et le liquide évacué par des pressions ménagées » on nousse le liquide d'une manière douce et ii^nlinue, jusqu'à ce que la tumeur ait rejirjs le Tolume qu'elle avait avant d'être vidl^^et pas davantage.

L*iiije(5ion jugée suffisante, on retire la seringue, et on place le doigt sur l'ouverture de la canule pour la boucher ; on laisse le liquide séjourner dans la tumeur trois ou quatre minutes, puis on Tévacue. Deux injeclioDS saflisent daus presque tous les cas : re n^est que quand la tumeur est fort voluluJDeuse et la sensibilité obtuse, qu'il con- TjeDt de les réitérer et même d'élever la tem- |)érature rfu liquide. Le signe que l'irritation est au degré convenable, c est lorsque i( malade éprouve un sentiment de pression ^\irle testicule, une douleur vive dans tout )« tnjet du cordon spermatique, et même jusguo dans la région lombaire. On évacue alors la dernière injection en comprimant légèrement la tumeur, puis on pompe avec k seringue adaptée k la canule tout ce qui restait d'air et de liquide, pour en faire sortir les dernières gouttes.

Plusieurs accidents graves peuvent suivre ia[K)nction de l'bjdrocèle; mais nous n'en parlerons point, parce que nous ne voudrions pas que cette opération fût confiée à des mains inhabiles (peut-être, à cause de cela, aurions -nous mieux fait de ne pas la décrire ), et qu'un chirurgien qui se décide à la pratiquer doit connaître ce qu'il faut faire avant, pendant et après l'opération.

Je n'ai point parle de l'hydrocèle enkystée, Tuqa'elle ne demande pas d'autre traitement que les kjstes ordinaires ; on la reconnaît aux bosselures que forment les kystes séreux, placés sur le trajet du cordon.

HYGIÈNE, s.i.fhygienej ou Oyctcvv, d'vyuia, santé.— L'hygiène est cette partie de la médecine qui s occupe des choses utiles et nuisibles à l'homme, dans un but de conservation pour sa santé. En conséquence, elle détermine la manière dont chaque être doit faire usage des choses qui lui sont néces- »»««, et ériter celles qui lui sont nuisibles, soit en les modifiant, soit en détruisant liuOuence pernicieuse de ceitaines d'entre ^^K. Etle^ va plus loiut puisqu'elle indique luème quelle est la direction me nous devons donner à nos facultés intellectuelles et anectives, pose les bornes dans lesquelles ^^ affections doivent rester, et cela afin de contribuer à la conservation, à l'accroisseo^ent et au perfectionnement du physique et ua moral de chacun, et de prévenir par là les Qialadies. Elle aide aussi très-puissamment a les guérir quand elles ont éclaté.

HAné, k qui nous devons de si importants jcrits sur lliygiène. Ta divisée en trois parties. \insi, pour lui, l'homme sain, êujet de hygiène, doit d'abord être étudié dans ses relations et dans ses différences, c'est-à-dire ^lisocjétéet individuellement; puis l'homme usent, jouissant et abusant des choses né- ^^ssaii es, indispensables à son existence, ou

étant inévitablement placé sous leur infiùence, choses très-improprement appelées non naturelles : il faut étudier ces causes i4 leur action matérielle sur les organes et sur lés constitutions individuelles, ce qui forme la matière de Hiygiène. Or, parmi les choses qui constituent cette matière, il place tes et ncnmfusa^ les applicata^ its ingeata^ les ex^ creta^ les gesta et les percepia ou animi pa* themata ; on y a ajouté plus tard les gmiteh lia.

Enfin, la troisième partie de l'hygiène détermine la mesure, ou pose les règles d'après lesquelles on doit user de ces dioses dites non naturelles^ ou se soustraire à leur influenoe dans un but de conservation de l'être isolé, ou des êtres collectifs réunis en société.

L'hygiène ainsi comprise, si l'on réfléchit un instant à tous les dangers dont l'homme est environné, depuis l'instant où il a fait entendre son premier cri, jusqu'au moment où il rend le dernier soupit ; si l'on considère que rien ne prouve plus évidemment Yegaliié de tous les hommes que cette égale soumission aux lois de la vie (nattre, souffrir et mourir), et que, courbés sur le manche de la charrue ou portés au timon de l'Etat, vaincus par l'amour ou vainqueurs dans les combats, ennoblis par l'abnégation de nous-mêmes ou abrutis par la débauche, la même fin, la mort, nous est réservée , avec ses consolations pour les uns, avec ses terreurs pour les autres, on comprendra nécessairement tous les avantages des connaissances hygiéniques. Hais ce qui en fait le mieux sentir l'importance, c'est la comiMraison entre les peuples que la civilisation n'avait point encore dégradés et rabougris physiquement et moralement, et les peuples des sociétés actuelles, plus développes, plus instruits (en tant que peuples, et |)arce que l'instruction y est plus répandue), mais plus passionnés, moins vertueux et moins forts. Or l'histoire nous enseigne que, dans les premiers siècles de la création, nos pères, qu'aucun désir ambitieux n'agitait , trouvaient, dans le calme de la vie champêtre et la paix de la solitude, de quoi satisfaire leurs désirs. Quelques fruits pour nourriture, une eau courante et pure pour se désaltérer, une cabane pour abri, un lit de mousse ou de feuille^ pour se délasser, le soir, des iktigues du jour; une femme dans l'âge mûr pour compagne, une famille nombreuse et vertueuse pour ornement : voilà tout ce qui était nécessaire à leur bonheur; aussi leur vie était sans ora^, leur constitution vigoureuse, leur conscience sans reproche, et ils voyaient leur fin approcher aans trouble ni effroi. Mais, par les progrès de la civilisation et par les nouveaux et nombreux besoins queTnomme s'est créés, il est désormais asservi à toutes les passions, il aspiro à toutes les jouissances matérielles ; la soif des richesses le dévore, le venin de la haine et le fiel de l'envie l'aigrissent contre ceux qui s'élèvent et que la fortune favorise de ses dons ; l'amour de la gloire lui fait braver

HYGIENE

HYGIENE

tous les dangers, rainour des sens vaincre SOS répugnances ; el si queUiue lutte s'étalilit entre YinleUigence et les organes ses serviteurs, ceux-ci remportent le plus souvent, la constitution se ruine, les forces s'épuisent, la vie languit et s'éteint. Aussi, plus on se rapproche de Torigine du monde, pi us rares étaient les maladies, et si simples elles se inontraienti que la nature seule en triomphait; tandis que, de nos jours, tant de causes troublent la santé des hommes, minent leur (rôle existence e( tendent à détruire leurs facultés physiques et morales, qu'il faut nécessairement s*en préoccuper ; d'où h nécessité des éludes hygiéniques, et plus particulièrement le besoin de fortifier, par une éducation reli{^ieuse,les bonnes et saines tendances de Tâme.

Nous n'avons pas l'intention de traiter dans cet article de l'hygiène proprement dite, les objets qu'elle embrasse ayant été l'objet d'une élude S()éciale aux articles Agb, Aib, Ali-

MBNTS, fiOlSSON, CUMATS, EaUX, PASSIONS ,

Tbmpêeambnt, V&tbmbnts , etc. , auxquels nous renvoyons ; mais ce à quoi je m'arrêterai, c'est h établir l'heureuse influence de l'enseignement religieux sur la conservation, Taccroissemeot et le perfectionnement de rhomme physique el moral. Cet enseignement forme le complément de l'hygiène, sous le rapport des influences morales ; etf qui plus est, chez la plupart des individus comme chez les nations policées, rhygiène serait souvent impuissante, sans le secours des sentiments religieux, ou du moins sans la force qu'ils lui donnent. Pour prouver cette proposition, qu'il nous soit permis de produire un article qui servira d'introduction à un ouvrage d'hygiène publique et privéct que je me propose de publier plus tard. On verra, par cet avant-pro- |K)s anticipé de mon livre, l'esprit dans lequel il doit être conçu.

L'esprit humain est ainsi fait en France qu'on y rit de tout, et qu'un écrivain, n'im- |K)rte son genretqui veut se créer des lecteurs et les conserver, doit avoir le bon esprit d'amuser en instruisant, et le mérite d'être court.

Malheureusement, il n'a pas été donné à tous les auteurs d'avoir le talent de passer à leur gré du plaisant au sévère et réciproquement, de joindre l'utile à l'agréable et de beaucoup dire en peu de mots. Hais tous l'eussent-ils ce talent, que soumis à des relaies non moins rigoureuses que celles que je viens d'indiquer, la plupart d'entre eux seraient condamnés, par la nature du sujet dont ils s'occupent, à ne point s'écarter de la gravité de langage du moraliste.

. Telle est ma position. Aussi, eussé-je le désir d'être caustique ou railleur, comme les spirituels réiiacleurs des revues théA« traies, scientifiques ou artistiques ; intéressant et sympathique, comme un feuilleton ou un roman , il m arrivera souvent, du moins je le crains, d'être sérieux, grave et froid, j'ai presque dit ennuyeux comme un pédagogue ou un rhéteur.

Est-il possible, enefl^et, d'être eracieui el léger en parlant de rob(!*silé au gastronome et des moyens de la diminuer ou, ci qui serait bien mieux pour lui, d'en préveuii le retour? Devrai-je mettre de la chaleui dans mes récits, quand je m'occuperai d( l'humidité froide de l'atmosphère, des maui qu'elle occasionne et des précautions h prendre pour s'en garantir ? Faudra-t-ii m exprimer avec élégance et noblesse en vantant kt avantages du gilet de flanelle et des bas de laine ? Non assurément, et ce serait trop exiger de moi que de m'assujettir à être, ) tout propos , plaisant et original : ne Test pas qui veut et quand il veut T

Du reste, on sera d'autant moins en droit de l'exiger de moi, je crois, qu*en prenant la plume, je n'ai d'autre dessein que d'enseigner à ceux qui l'ignorent e^ de rappeler à ceux qui le savent, mais qui l'oublient un peu trop ou feignent de l'oublier, comaiem on peut arriver au perfectionnement de l'homme physique et de l'homme moral; c'est-à-dire comment, à l'aide d'une éducation bien entendue et bien dirigée, on peut donner à la patrie des citoyens forts et rigoureux, des défenseurs dévoués et intrépides ; comme aussi procurer à la famille soit des chefs (le père et la mère) qui, connaissant les devoirs de la paternité et de la maternité, s'efforceront d*assurer à leur progéniture le bien-être du corps avec le calme de 1 ime, en l'habituant de bonne heure À la pratique de toutes les vertus sociales et domestiques ; soit des enfants tendres, soumis, heureux et fiers de transmettre pur et sans tache le nom qu'ils portent, nom toujours glorieui quand on a su l'ennobiir en acquêt aut |)ar son amour pour son pays, par son lespeit pour les institutions nationales, par sa charite, par son mérite, en un mol par une vie irréprochable, l'estime et la cgnsidération des gens de bien, sentiments, hélas 1 si difiiciles à obtenir de ses concitoyens, et bien plus dif* ticiles à conserver.

Il en sera de même toutes les fois qu il me faudra lancer l'anathème sur ces vieillards de vingt ans, vicieux et corrompus; sur ces jeunes ienimes coquettes, frivoles, déjà usées par la débauche ; sur tous ceui entia qui, dans leur aversion pour les choses utiles» leur penchant pour les jouissances moudai* nés, leur goût et leurs préférences pour les lectures licencieuses, les romans immoraux» les habitudes du vice, leur inclination h imiter les mauvais exemples ou à en donner; sont un véritable fléau pour la société, qui s'infecte à leur contact, se corrompit se pn grène et périt, faute d'un aliment saJulaire; aliment si rannu, si facile à trouver et dont nédinmoins on ne veut point faire usage.

Oui, je le dis avant d'aller plus loin, car c'est une condition aine qua non de conservation, de développement et de perfecliooflement de l'être humain Unt au pbjsique qu'au moral : .

Tant que l'enseignement religieux ne i^ niera point la base de l'éducation et ne p uétrera pas dans les masses, pour Jcs cela»-

HYGIRNE

H\G1RNE

mi

rerparles Jeçons terribles du passé, les exigences impérieuses du présent et les espérances si consolantes de Tavenir, la voix qui parlera à la multitude ou à l'être isolé dont 00 voudra assainir et fortifier le corps, élerer et préparer TAuie à ses nobles et saintes (iestinees; cette voix, dis-je, ne sera point écoulée : elle se perdra dans le vide, emportée par les vents déchaînés de la corruption. Que peuvent, en effet, contre la fièvre délirante des passions et les désirs brûlants et iosatiabtes des sens, les avertissements amis et désintéressés d*un père, d*un philo- $i)pbe, d'un médecin, quelque douces que «oient leurs paroles , quelque sages que s^iieot leurs avis , quelque épouvantables ()ue soient leurs menaces? Qu'on ne s'y Mpe pas : sans la foi qui nous soutient, ikitoseocourase et nous fortifie quand nous mms dans Te bon chemin; sans la foi qui Me le remords et inspire à Tftmo la rrainle des châtiments éternels chez celui (jui fait fausse route, rien ne ]:)eut arrêter les |>n)grès du mal; et une fois infecté par le ?iceou le crime, l'homme doit tomber en l'ourriture et mourir empesté. Et dire que celle vue ne corrige personnel

J'insisterai peu en ce moment pour démontrer la vérité de cette proposition, professée du reste par tous les amis sincères et ntilables de l'humanité; toutefois, comme rertains esprits prévenus, revêches et fana- 'ist^Si pourraient crier au jésuitisme, je suis l'ien aise de leur faire observer immédîalero«*nl que l'idée de placer les préceptes moraui et hygiéniques sous la sauvegarde de *à religion est aussi ancienne que le monde, 'u qu'on la retrouve chez tous les peuples et ^m tous les âges. En veut-on des exemples? prenons I histoire : elle nous dira (}uo "iChaldéens, et surtout les Egyptiens, étaient •"fis l'usage d'associer toutes les sciences utiles et toutes les institutions publiques »ui mystères religieux; que Moïse, ce pand législateur des Hébreux, donna aux ''^<s qui règlent les détails de la vie et les pra- ^H^es les plus minutieuses de la salubrité, la niéme origine qu'aux préceptes du décalo- ^>^ ; que, dans Tlnde , on a imaginé le ^l^^me de la transmigration des Ames (doc- 'nae transportée en Grèce par Pylhagore et S.UÇ suivirent long-temps ses nombreux dis- ^ip'es), afin que les Indous s'abstinssent de in^nger de certains animaux dont la chair, ^u dire des magistrats, leur était nuisible, '^'^i» Thistoire de l'antiquité nous enseigne ^^^i sitôt que les premiers peuples se sont nrmés en société, les hommes qu'ils ont ^nargés de leurs destinées, dirigeant leurs efj^rts sur les moyens d'améliorer le sort de *<?urs semblables,* non - seulement ont érigé ^ lois l'observation de certains préceptes W^uiques; mais encore, que, pour les faire ms rigoureusement observer, ils ont fait inwemr Tautorité sacrée delà religion, celle- ^'«yant plus d'empire que les lois sur des ^îP.Mts ignorants et grossiers , incapables u ailleurs du comprendre l'utilité de ces pré-

ceptes. Donc ridée que j'ai émise n'est [Kii nouvelle.

Nouvelle ou non, toujours est-il que la né • cessité do donner aux populations une éducation religieuse n'avait jamais été si bien sentie et plus opportune que dans ce siècle de dégradation morale où certains esprits inquiets, malades, mal intentionnés, quoique se disant philanthropes, tendent à matérialiser l'homme et à l'abaisser au niveau do là brute, ce qui n'est pas nouveau non plus.

Reste que, pour toutes les personnes sensées et convaincues que dans les grandoii crises de la civilisation tous les grands développements intérieurs de l'homme ont tourné au profit delà société; pour ces penseurs, dis-je, la philosophie religieuse doit l'emporter sur toute autre philosophie, puisqu'elle élève l'homme en développant en lui toutes les facultés intellectuelles et aSectîves, identiques à sa nature, et en fait comnm un être à part qui s'humilie sans an^rtume devant les décrets de la Providence; vit^ sinon content de son sort, du moins résigné à rester sans se plaindre (s'il n'en peut sortir sans se rendre coupable) dans la condition que sa naissance ou les événements lui ont faite. Oui, tous ceux qui ont eu le bonheur d'être initiés dès le berceau à la morale du christianisme, et habitués tout enfants, par une mère attentive,, à la pratique des vertus qu'il commande ; tous ceux-là, dis-je, qu'ils soient philosophes, littérateurs, poètes, magistrats, hommes de science ou d'épée, rentiers^ commerçants, artisies, ou-» vriers ou agriculteurs, quand ils sont dominés par des sentiments qui leur viennent d'en haut, ils se vouent avec passion au culte de la vérité qu'on leur a montrée ; ils obéissent volontiers aux lois dont ils n'ont pas à redouter les rigueurs (elles n'ont pas été faites pour eux), font à leurs sens une guerre implacable, fuient les plaisirs dont ils redoutent les dangers, ou ne les goûtent qu'avec une extrême modération, s'cubreeul avec persévérance à réprimer ou à détruire leurs mauvais penchants, è se corriger de leurs défauts, et préfèrent la vertu à tous les biens que le vice promet. Il fait plus encore, l'nomme véritablement religieux, cac il avance sans inquiétude et sans bruit au travers des faux jugements et des passionsdes hommes; il se console des mauvais succès, des indignes préférences ; il choisit l'humiliation ou l'accepte; il ne rougit nas de sa pauvreté, ne soupire pas après d autres richesses, et ne convoite pas le bien d'autrui ; il concentre ses affections sur des ob*jets qu'il puisse aimer sans se dégrader; iU se sent fort contre l'adversité, la méchanceté, le malheur, la vieillesse et la mort», parce au'il est en paix avec sa conscience» et qu'il a pour soutien Dieu.

La conclusion de tout cela est que» en anir raant, en dirigeant tous les bons sentiment» dont l'homme est susceptible, en leur donnant un but qui les rassemble, une chaleur qui les excite, une pureté q|ii les adoucit*, une vigueur qui les fortifie, sans qu'il puisse

HYGIENE

HYGIENE

ft*en séparer, )o sentiment religieux concourt pour une part immense au perfectionnement lie la société, sujet de rhygiène.publiaue. El que si l'état social, profitant du perieciiannen)ent qui s*est accompli, sait le faire tourner, à son tour, an profit de Thomme en particulier, sujet de Thyçiène privée, nous trouvons dans ces perfectionnements consécntifs, et qui peuvent être réciproques, la confirmation de nos prémisses.

Si pourtant ces preuves paraissaient insuiû^antes à quelques esprits prévenus, n'en trouverons - nous pas de très - concluantes dans le f^l suivant, aujourd'hui du domaine public, à savoir: que les Etats où l'on méprise la religioii sont plus sujets aui discor- «les civiles que les autres ; que là où la relij^ion est méprisée, le mal, sous toutes ses formes grossières et sous tous ses masques trompeurs, s*introduit facilement dans les fîmes, où il entre par des paroles, par des imiges, par d s apologies? Combien d'adolescents et de jeunes filles qui ont perdu les saintes habitudesdespremièresannees, parce qu'on les aura laissés admirer des tableaux obscènes, lire des romans licencieux, ou assister à la représentation de pièces de théâtre d'une immoralité révoltante I El, par contre, ne sait-on pas que la crainte et Tobéissiince que les frères de la doctrine chrétienne impriment dansVesprit de la jeunesse,^ointes aux saines idées religieuses et aux véritables croyances,, assurent les vertus de l'atelier, du laboureur, e;c., à tel point que M. I^uvergne, dans son important travail sur les forçats, déclarait, en 184U n'avoir pas encore trouvé au bagne un seul des élèves des frères I...

Nous admettons, dîra-t-on, que l'enseignement religieux a une influenceincontestable» réelle^surle développement et le perfeclioan<nient de l'homme moral; mais son in- Uuence est-elle aussi réelle sur le physique? Je réponds affirmativement, et voici les preuves que je puis administrer à Tappui de mon affirmation/

!^our celui gui s*occupe, en moraliste ou en médecin, au développement intellectuel et moral de Thommedans les différents âges de son existence active et passionnée; pour celui qui a pu apprécier le pouvoir de Timagtnation sur les êtres animés, c'est-à-dire le trouWeou l'activité plus grande que la puissance morale, agréablement ou désagréablement impres$ionnée»exerce sur les fonctions organiques» et hs suites fâcheuses de ces troubles fonctionnels eux-mômes sur la nutrition et raccroissement du corps vivant avant ^u'il ait acquis son entier développement physique; tout comme les conséquences heureuses que cette activité plus grande des fonctions apporte dans l'exercice des phénomènes organiques et ritaux, à l'aide desquels le corps se nourrit et crott; pour ceux-là, dis-je, la proposition que je viens d'émettre n'a pas besoin de démonstration, elle est toute faite dans leur esprit ; aussi n'est-ce point peureux que j'écris ces lignes. Les personnes à qui je m'adresse, ce sont celles qui, n'ayant pas l'habitude d'ob«erver

et de réfléchir, et par conséquent ne sachan pas grand chose d!e l'humanité ou du luoaJ en tant qu'il vit, se conserve et dépéril n'ont jamais imaginé et ne remarquent pa que les luttes incessantes, la guerre ouveM et acharnée que certaines passions font rintelligence, ou la bêle à fâme qui la cap tive et veut l'asservir» nuisent essentielle ment à l'activité vitale de l'enveloppe gros sière, de l'étroite prison dans laquelle elle fermentent, et, conséquemment, a son bien être ; en outre, que la satisfaction irréfléchi et peu mesurée ne certains appétits sensuel ruine la santé, épuise la sève de la vie e donne la mort. Eh bien, disons-le haule ment et prouvons à ces individus, s'ils non pas le coeur assez endurci et i^espril asse étroit pour se refuser à ouvrir les yeux I l'évidence, prouvons-leur qu'en instruisa'ï ou en moralisant l'être Ignorant et grossiei^ et en lui donnant par là la force de résister \ ses passions mauvaises ou d'étouflfer la ré^ volte de ses sens, l'éducation religieuse ap^ indirectement si l'on veut, mais cependiat d'une manière incontestable sur la constiti^ lion physique de l'homme qui, par celte dooi ble puissance sur lui-même, se conserr^ sain, se développe et acquiert le complu ment de la force vitale, de cotte force que k Créateur ne lui a si largement départie qu^ la condition de ne point se passionner poui les chimères ou les illusions que la paiivr^ humanité lui offre journetlemeni comme ap pât ou comme le prix de ses labeurs et M ses sacrifices; et surtout à la conditiou cx^ presse de ne point se livrer, ou du moins iA ne se livrer que très-rarement, et toujoara dans une sage mesure, à certains actes qu| flattent ses goûts, ses inclinations, et lui font éprouver bien des sensations agréables, bien des jouissances délirantes. Et cela, parceqoe^ quand ces actes dégénèrent en habitude, cQ qui arrive le plus souvent, ils nous affaiblis^ sent, nous énervent, et tarisseat en nous le^ sources de la santé et de la vie. Or, si leila est l'influence de l'enseigiiemeDl religieai» n'est-ce pas que cette influence est très-beureuse 7 Pour nous, il n'y a pas même rombre d'un doute, et pourtant, comme les preuves Que nous avons administrées poorraient paraître insufflsantes à certains esprits revêches et difiiciles à manier quand onnes'a|>puie, pour les convaincre, que sur des généralités, nous allons examiner s'il esldesfail^ particuliers dont on puisse invoquer le l^ moignage.

Ces faits abondent, vu cju'il est d'obserr»tion journalière aue la soif dévorante et loojours croissante Je 1 ambition, les tempêtes de la jalousie, les flammes brûlantes de l'amour, les terreurs imaginaires de l'avarice, la rage fiévreuse de la haine, le ferment 8i|(ri de l'envie, etc., portent une perturbation m grande dans l'exercice régulier des principales fondions organiques et vitales, que 1^^ maux les plus graves et la mort même p<*^vent s'en suivre. De même, peu de gens igfl<^ rent que les principaux pencnantsquimînenti

usent petit à petit, détruisent lacon&lil*"

HYGIENE

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sique de rhûinrao« et corroJetit soa acirlté vilale lorsqu'ils sont satisfaits sans mesure, ce qui constitue alors les habitudes TJcieuseSySOQt : 1* la mollesse ; 2' rintempénnce» qui comureDd la gourmandise et ri- Trognene ; 3* l incontineoce, qui embrasse (tfiM les plaisirs charnels, n'importe la manière dont ils sont goûtés. Or, en présence de faits pareils, est-il nécessaire de se demander pourquoi cette femme qui ne compte encore que vingt à vingt-cinq printemps, est si impressionnable â tout ce qui Tenvironne, que le moindre bruit Témeut, la moindre clarté Téblouit, la moindre humidité de Fatmosphère lui fait mal aux nerfs, le moindre (ruiternent à la peau la blesse, la moindre lontrariélé Texaspère, la met en fureur et lui cause des convulsions ? Est-il nécessaire de se demander d*où vient que cet adolesresi, qui ne devrait connaître encore que les fini et les plaisirs de la vie, s*étiole et ta mourir comme Tarbrisseau que les feux da soleil ont desséché ; ou bien pourquoi celle jeune fille, naguère si fraîche et si jo-^ lie, a perdu sa beauté, sa fraîcheur, cet dal et celle vivacité du regard, emblèmes de la jeunesse, celte gaieté, cet er\joucoient qui la rendaient si gracieuse, si aimable et si recherchée de tous? Faut-il se demander encore pourquoi cet adulte, ridé, desséché et courbé comme un vieillard décrépit, traîne une existence languissante et chargée d*ennuis; pourquoi son corps semble plier sous le poids des années et son regard accuse t absence de toute intelligence ; ou bien, d'où vient que cet homme lourd et gauche, à la démarche pesante et g^née, au visage cuivreux et hàle, couvert V^ et là de végétations apparaissant surtout $ur son nez rouge et bourgeonné , a les yeux ternes et languissants, Tbaleine fétide, ^^s lèvres boursouflées, pendantes et agitées l^r UD tremblement continuel, la peau d*un jaune particulier, flasque et couverte de rifles prématurées, les muscles atrophiés, sans force, des tremblements musculaires aux- (|uels il ne peut se soustraire, surtout le mai>Dt la mémoire si paresseuse, si obtuse, si oublieuse, le jugement aboli, les perceptions obscures et confuses, et la tète penchée ^ers la terre, comme pour dénoter 1 abrutissement dans lequel il est tombé? Non, tou- ^t^s ces questions sont inutiles, car chacun '^3Û« non-seulement que Tivro^jnedont nous jeoous d'esquisser le portrait s'abêtit tous les jours davantage et meurt abruti au moral et dégénéré au physique, mais encore »iue l'ivrognerie est l'une des principales <|auses des maux qui accablent la classe ouvrière en France; et qu'en Angleterre il ^eurt annuellement cinquante mille person- ^^^ victimes de cette odieuse passion. Cha- Jj^D sait qu'une vieillesse anticipée, c'est-à- ^ire Taffaiblissement intellectuel et les souffrances physiaues qui la constituent, sont les Icuits amers aune jeunesse passée dans les i^i6s licencieuses de la débauche et du liber- ^"'^gc; chacun sait f|ue si l'adolescent et la Jt'uuc lille sont (lOtris comme la plante qui

vit sans cutture et sans arrosagojMUléfrpar les rayons ardents du soleil, c'est que les actes coupables auxquels ils se livrent dans la solitude et l'isolement délournoni le coursdu fluide vital et en tarissent te sounce. Cha* cun sait, enfin, que la mollesse et l'oisivetédans lesquelles certaines femmes vivent, lesrendent si sensibles et leur peau si irritable, qu'elles forment comme un être- à pari parmi d'autres femmes plus durement élevéei et plus fortes. Telle était, commeexeeption, Anne d'Autriche, mère de Louis XIV,, qui, disent les historiens sans en expliquer le pourquoi, avait le derme d'une déKcatesse telle que, ne pouvant plus dormir dans des draps de toile de Hollande, elle fut obligée de coucher dans des draps en batiste; aussi le cardinal de Mazarin lui disait-il malignement : « Majesté, si vous allez en enfer, on vous y fera coucher dans des draps de toile de Hollande. »

J'ai dit ce que causent les habitudes vicieuses; eh bien, si, après avoir assisté au speclac'e dégoûtant qu'elles nous ont donné de leurs produits, nous nous reportons, |>ar la pensée, aux résultats fâcheux, mais inévitables, de l'envie, de la jalousie, de l'avarice, de la colère et des autres passions mauvaises , nous retrouvons d'autres infirmités comme conséquences, mais nous assistons presqueau même spectacle, comme tableaux; preuve évidente, nous le répétons, que les penchants bestiaux, comme les passions immorales, dégradent et rapetissent l'homme physique.

Et si, par contre, nous considérons ce qu'étaient les mœurs et les habitudes de nos aïeux, nous sommes forcés de reconnaître qu'ils devaient cette fraîcheur d'une longue

t'eunesse dans leur organisation corporelle [ une éducation simple, ignorante, fidèle aux. sentiments religieux; que, vivant dans la chasteté et la pudeur de l'innocence des premiers âges, leur corps robuste et mêle était inaccessible aux névroses de toute sorte qui tourmentent nos populations dégénérées; aussi, naïve et simple était leur parole, noble et digne était leur conduite, vigoureuse et forte était leur constitution. De leur temps, disent les historiens, on voyait des nobles et vaillants paladins, étincelants sous d'épaisses cuirasses, manier sur leurs palefrois, avoie autant d'ardeur et d'agilité que d'adresse,, d'énormes estramaçons qu'à peine les hom»mesd'àprésentsoulèventaeleursdeuxmains.

Rien ne surpassait leur bouillant courage dans le sein des batailles. Des carrousels, de brillants tournois exerçaient, sous les yeux de leurs dames, leurs membres nerveux et ^ velus; des mets simples, des chairs abondantes couvraient leurs tables, et une gaieté franche présidait, avec un vin généreux, aux festins ; pas de spiritueux incendiaires, pas d'épices ; un amour vertueux dans les iouissances n'efféminait ni les corps ni les ftmea; nuls besoins factices, nulles superfluités énervantes de mollesse et d'oisiveté; partant, aucune de ces afi'ections nerveuses, catarrhalcs, asthéniques^ qui minent nos organes.

tlVPCXX)NORIE

HYKICONDiaE

débites. Que tes lemps sont changés! Aujourd'hui la vigueur des membres est mépmée comme un témoignage de grossièreté rustique, bonne tout au plus pour d'épais artisans» des forts de la halle et des laboureurs. Aiqourd'hui» plus les femmes sont sensibles, délicates, pâles, langoureuses, et plus elles paraissent charmantes, délicieuses 1 Savez-Yous ce qu'elles gagnent à se faire cette réputation? Le chagrin de ne pro- . duire que des avortons doués d'une excessive sensibilité nerveuse, décélaiU leur impuissance. Et dire que ce changement déplo-» rable dans les mœurs et l'organisation physique de la société est ce qu'on appelle Proches OB LA CIVILISATIOH I

A nous, moralistes et philosophes calho- Tiques, à repousser une qualification pareille; à nous à répéter, avec les législateurs religieux et politiques les plus illustres : « Il seiait plus salutaire encore, pour les peuples et les individus, de vivre soumis à des religions même fausses et superstitieuses, telles que le polythéisme ou le paganisme, plutôt que de tomber dans l'athéisme ; comme il y a moins de mal h être gouverné par un des- (K)te que par des milliers de tyrans dans l'anarchie. » A nous de répéter aussi : « Les Etats, comme les individus, s'accroissent et se fortifient par le culte des bonnes mœurs, autant qu'ils se détruisent en ruinant leur existence par la dégradation et l'immoralité. » N'est-il pas manifeste, en effet, que les anciens Romains, si robustes, si musculeux au temps de leur république, sont devenus, par la dépravation et la mollesse du Bas-Empire, les plus infimes et les plus lâches des hommes ? Croit-on que les délicats tt brillants seigneurs de la cour voluptueuse de Louis XV eussent l'énergie corporelle et U mâle santé des fiers Sicambres, vainqueurs des Gaulois, leurs ancêtres? On hérite donc de la grandeur ou de la faiblesse de l'état social, sa constitution forme la nôtre, inspire nos coutumes ou déploie nos passions, et cet esprit général devient le thermomètre de la santé des peuples, soit qu'ils grandissent, soit quMIs tombent en décadence. Et comme il serait impossible, sans la puissance'auxiliaire de la religion, d'établir des sociétés régulières, des lois conservatrices da Tordre et de Tharmonie civile pour la sécurité individuelle ou la prolongation de la vie, nous tirerons de celte impossibilité la conséquence ri(joureuse de l'heureuse influence ae renseignement religieux pour moraliser les hommes,, et contribuer, par là, h leur conservation, à leur accroissement et è leur perfectionnement physique et moral.

HYPERESTBÉNIE, s. L^hyperesihenia, de «frip-96ii»*«, sur-force ou excès de force et de viKueur dans le système vivant, et en particulier, dans les muscles dont la contractililé a beaucoup de puissance.

HYPERËSTHÊSIE, s. f. , hyperesthesit, de vffif'mi9^9U, sur-sensibilité, excès de sensibilité ou de la faculté de sentir.

HYPOCONDRIE, s. f. , hypochondria, de v4cô-j^ôy9^o;, sous les cartiIages, apparemment

parce que les hypocondres sont au dessous des cartilages des côtes. — Sous Tempire d'une violente frayeur, à la suite d'une fièvre intermittente trop brusquement arrAt^^e, de l'usage des préparations d'opium, d'une vie intempérante, de Tabus des narcotioues, du passage d'une vie active à une vie o\sm et sédentaire, consacrée à des travaux de ca^ binet uu aux jouissances des plaisirs matériels des sens ; après des flux sanguins habituels, des passions tristes de l'âme, il D*est pas rare de voir l'hypocondrie se manifester comme elle se manifeste, en effeU chez Us personnes qui y sont prédisposées par une constitution nerveuse plus ou moins débili* tée. Celles dont les forces sont bien conservées, chez qui il y a pléthore accidentelle, eo éprouvent aussi quelquefois les atteintes.

Ce qui la constitue , c'est une grande et continuelle propension i des accidents nerveux qui se manifestent : 1* du côté de la ^^/e, par de la céphalalgie, des tintements d'oreilles, des vertiges, une tristesse profonde. le goût de la solitude, la défiance la plus oibbrageuse, l'esprit continuellement occupé du moi physique et de sa maladie , de sorte que celle-ci a fini par devenir une idée fixe. qui domine tout, même la raison : de là des terreurs imaginaires et souvent sans cause, les bizarreries de caractère, les pleurs et los ris se succédant avec une rapidité étonnante; 2* du côté des organes digestifs f par le dégoût ou la dyspepsie alternant avec un appétit vorace ; des douleurs gravalives avec tension de l'estomac après les repas, des flatuosités incommodes, des éructations, des rapports acides, des coliques venteuses, la constipation ou le dévoiement, et un spasme particulier semblable aux mouvements i*un serpent qui rampe , ou d'une boule qui roule, et qui, partant des. intestins, remonte jusqu'à la gorge, où elle produit un sentiment de strangulation ; 3" du côté de la poitrine , par le resserrement douloureux du thorax, la dyspnée, des palpilationsdu cœur;

4* du côté des voies tinnatrea, par la limpide aqueuse et l'abondance des urines; 5" enfifl. partout^ par des sensations spasmodiques aui formes les plus légères, quand la DMladw est légère elle-même ; mais qui, quand celleci aacquis un certaindeKré de gravité,peulse manifester par les accidents les plus graj^^ et les plus inquiétants, et par exemple: {asphyxie , la catalepsie , le délire pousse jusqu^à la fureur, l'épilepsie, r hydrophobie, le somnambulisme, maladies qu on peut mttmoins distinguer de la vraie épilepsid "® '• véritable aliénation mentale, etc.

Appartenant à la famille des né^rosw (comme toutes les maladies dont elle cm-

f)ruute la foi^me dans certains cas, et ce son es plus redoutables), on doit recbercwn» l'hvpocondrie tient è une exaltation asiwïw'

pléthore abdominale , k une irritation v«^^ raie primitive ou laétastatique , * }?. ^^^ iicnce . toutes causes qui rendent I ^^^

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