‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 111 sur 209 · INFLAMMATOIRE · texte numérisé non relu

INFLAMMATOIRE

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lu.* iipporlant en pathologie do préciser estrnits caractéristiques de cet élément des mahilies, que c'est contre lui et |>our le détruire lorsqu'il existe seul et forme une maladie essentielle, ou alors qu'ail marche associé À (i'aulres étals morbides, qu on mit en usage le traitement antiphlogistique.

LèS lieux où on Tobserve le plus familièrcoeot comme essmtiaUté morbide, ce sont les pays froids où règne un air vif et sec, et qui, iiar leur position topogranhiquc, reçoivent liabitnellement le souftle des vents du nord. Les personnes qu'il attaque, ce sont princi- |)aleuient les jeunes gens doués d*uneconstitutioufurte et vigoureuse; les adultes, chez les- 4{m!s le système sanguin prédomine sur les autres systèmes (tempérament sanguin, plédorique]; les jeun es âlles,lorsque la puberté mi leur procurer une. vie nouvelle et des «tstsatioDS jusqu'alors inconnues, si, après

rt*&e époque et à cause de la révolution qui stsL opérée^ elles cessent, par accident, ^étre menstruées, sont alors éminemment fiélhoriques; il en est de même des femmes |U5sé Tâge critique, et de tous les indivis (lus enfin qui, après s'être livrés longtemps i de violeuts exercices, cessent de s'y livrer pour mener une vie tranquille, oisive, sédentair-e, ou qui avaient un llui héfmorroldal habituel qui s'est supprimé, etc.

La saison durant laquelle il éclate, c'est onlinairement après un hiver rigoureux, pendant lequel les hommes, guidés par un préjugé funeste, se gorgent d'aliments grossiers et indigestes , salés ou épicés, usent de liqueurs fortes, abusent des vins généreux, espérant ranimer par là leurs organes engourdis, exciter leurs fonctions digeslives Qui languissent, et résister davantage à l'inciémcnce des saisons. Eb bien, que certaines de ces causes agissent concurremment sur oueloues individus, chez tous ou du moins chez la plupart, la plus légère indisposition, occasionnée par la cause la plus simple, sera suivie du développement des symptômes in- ^ammatoires.

Ils deviennent appréciables pour le ma« lade, en ce que, sans être précédés par aurun prodrome, ils éclatent le matin par un f'issoD peu intense, qui ne se renouvelle pas si la maladie suit une marche régulière. A ce frisson succède le sentiment d'une chaleur générale, s'accompa^nant d'une activité fjus grande de la circulation du sang. Cellen se fait parfois avec une violence tt^Ue, que le sang vient faire irruption et jaillit par les ouvertures naturelles ((lux hémorragiques). Ace moment, les battements du cœur sont forts et secs ; le pouls est remarquable {tar la fréc^uence, la diireté et la plénitude de ses pulsations ; les j;eux sont vifs et brillants, »ts conjonctives injectées, le front rouge et «^»aud, Ics lèvres rouges et sèches, en un i"ot, la face est rouge et animée, vultueuse iDÔrne ou gonflée comme la peau de la surface du corps, dont la transpiration est dimiïjuée ou totalement supprimée, suivant le ^•'gré dérélisme et de sécheresse du tissu

cutané ; la respiration est peu gênée, mais fréquente, forte, anhéleuse; le sujet se plaint do céphalalgie tixe« il aime à respirer un ah* frais ou froid ; tourmenté par la soif, il désire des boissons fraîches ou placées, qu'il croit propres à éteindre le feu intérieur qui le consume, parce qu'elles dissipent momentanément l'ardeur et la sécheresse de la bouche. Sa langue, humectée dès le {)rincipo, devient plus lard rpuge, blanchâtre et sèche comme les narines, la bouche et les lèvres ; quelquefois elle est fortement sil'onnée ou tendue et sanguinolente; les urines, tantdt blanches et taolût d'un rouge vif et transparent, déterminent par jeur âcreté un sentiment de cuisson ou de feu ardent sur la mu* queuse de l'urètrr; des matières dures et sèches séjournent dans le rectum et ne sout expulsées qu'après des eiforts douloureux : ce qui explique la sensation de chaleur et de sécheresse que l'individu dit ressentir dans le bas-ventre.

Si à ces symptômes généraux et ordinaires, communs à tous les cas, nous ajoutons quelques phénomènes morbides particuliers et acciuentels, qui s'oifrent parfois isolément à l'observateur, il devienura impossible de commettre des erreurs de diagnostic, et de s'en laisser imposer par ces phénomènes, fort inquiétants pour ceux qui Ignorent, mais non pour ceux qui savent qu'eux aussi font partie du tableau symptomatologique de l'état morbide inflammatoire, et peuvent se montrer sans en augmenter le danger.

Nous placerons dans cette catégorie l'hydrophobie, que Vogel a vue éclater spontanément; le délire frénétique, avec battement violent du cœur et des artères temporales ; une ditlicullé de respirer, très-grande, extrême, s'accompagnant de la sensation d'un poids qui pèserait sur la poitrine, et même d'une douleur marquée en respirant; les vomituritions de peu de durée uu les vomissements par lesquels certains malades sont tourmentés; une agitation qui les oblige à changer de position et à quittei leur fit sans trop savoir pourquoi, etc.: symptômes qui annoncent un état d'irritation extrême; une phlegmasie latente, interne ou externe; une éruption prochaine ou déjà commencée; une évacuation critique, etc.

Les maladies inflammatoires se terminant, en généial, par des hémorragies plus ou moins abondantes qui leur servent de crise , ou peut prédire qu'elles arriveront, quand aux symptômes que nous avons énumérés comme les annonçant, se joiffoent, savoir : Poar V hémorragie nasale : la douleur de tête avec des élancements qu'accompagnent l'ardeur du visage, u^ regara vif et pen;ant, des yeux hagards, larmoyants ou même versant des larmes involontaires ; la chaleur et la rougeur du front, les hallucinations des sens, la tuméfaction et la rougeur de la caroncule lacrymale, quinesont pas le produit d'une irritation locale accidentelle ; le dévo« loppemenl ou gonflement insolite des artères carotides, leurs battements précipités et plus

INFLAMUATOmE

sensibles qu'à Tordinaire ; la dyspnée , la rougeur, la chaleur et la douleur du nez qu'accompagneni ranosmie, ou seulement le

Iiruritdes narines; le tintement des oreilles ; e pouls est dur et dicrote, grand, fort et comme intermittent ; les extrémités se refroidissent; il y a élévation ou gonflement lé^r des hypocondres, sans douleur.

Pour les fmnstrues : la oAleur de la face, les yeux cernés d*un cercle bleuâtre, livide et plombé accidentel ; des lassitudes spontanées, le gonflement des mamelles» des douleurs gravatives aux lombes, un sentiment d*ardeur et de chaleur poignante qui se pronage le long de l'épine dforsale. Certaines remmes éprouvent des coliques, et d'autres de la céphalalgie; quelques-unes des douleurs à la matrice ou seulement des élancements dans les parties sexuelles; chez toutes le pouls est inégal, irrégulier et rebondissant.

Pour le /Itcx A^mofYotdo/ ; douleurs gravatives et sentiment de tension dans le dos et les lombes; borborv^mes, chaleur et prurit au rectum ; légers fnssons avec chaleur à Texterieur; envies d'uriner et d'aller à la selle; diminution des urines, pouls dur, serré, et, suivant Bordeu, inégal, roide et tremblottant.

Rien n'est plus nécessaire, en médecine clinique, que de constater la présence et d'apprécier la valeur (par une analyse raisonnée) des symptômes qui forment l'élément inflammatoire, et des épiphénomènes qui surviennent spontanément, si Ton veut préciser les C4is où l'on doit agir, et ceux où il but tout attendre des forces médicatrices de la nature. Dans ce dernier cas, soit qu'on ait à espérer une hémorragie, des sueurs ou des unnes critiques, car certaines sécrétions peuvent également servir de crise à l'élément inflammatoire (Foy. Crisb), le rôle du praticien est fort simple : il se croisera les bras, pour ainsi dire, attendant, dans une sage et prudente expectation, aue la force vitale aecomplisse les actes qu'elle a préparés; au contraire, si l'on juge qu'il faille agir, l'indication curative est invariable, il faut : 1* tirer du sang au malade, en proporlionnaift la saisnée aux forces du sujet, à son Age, et la répétant jusqu'à ce que les symptômes se seront amendés; 8* faire boire aboudamment des boissons rafraîchissantes tièdes; 3* plonger l'individu dans un bain tiède et l'y laisser longtemps ; k* le tenir à une diète très-sévère; 5* combattre la constipation par des lavements émollients; en un mot, employer le traitement antinhlogistique dans sa plus grande extension. Puis, quand tous les symptômes se seront calmés, quand la fièvre aura disparu, on donnera des potages maigres, du laitage, quelques végétaux, et peu à |)eu oc arrivera à une nourriture pjus substantielle; en observant aux individus prédisposés h la pléthore et aux maladies inflammatoires ou'ils doivent se nourrir principalement de végétaux, ne boire que de l'eau pure ou de l'eau légèrement rougie aux repas, faire beaucoup d'exercice, dormir

JNSOLATION t!

peu la nuit, jamais dans la journée, évit< enfin, de se faire trop de sang.

INFUSION, s. f., infusio, de tn/îmdo, verse dedans, j'introduis. — C'est une op ration pharmaceutique qui consiste k vers un liquide bouillant quelconque, cooiroi nément de l'eau filtrée ou de l'eau de fo taine, de puits, sur un médicament solid pour en extraire les vertus oiédicamenleuse

C'est ordinairement avec des feuilles des fleurs que se font les infusions; les r cines et les bois, exigeant une actioa pli

fouissante et plus prolongée du liquide $\ e solide, doivent être employés pour U décoctions. Notons que l'infusion diffère de Macération {Voy. ce mot), en ce quelasépi ration de la partie médicamenteuse pour i mêler au liquide se fait à froid dans cet! dernière opération.

INFDSOIIIES, s. m. pi. — C'est le doi qu'on a donné aux animalcules microsoom ques qui se développent dans les liquide aqueux, alors qu'ils contiennent des soinf bmces animales ou végétales en suspensiMi ou en dissolution.

INGESTA, s. f. pi. — Mot latin mvM par Halle pour désigner, parmi les cdo^: qui font partie de la matière de l'bygiéne celles qui sont introduites dans le corps pai les voies alimentaires. Les aliments, k boissons et les assaisonnements sont donc des ingesta.

INJECTION, s. f., injeetio, de injicere, jeter dedans. Action d'introduire avec nn« seringue un liquide quelconque dans uoe cavité naturelle ou une ouverture arlilicieile du corps ; exemple : les injections dans le conduit auditif, dans l'anus, l'urètre, le vagin, etc, dans la tunique vaginale, les Listes, etc.

Certaines précautions' sont nécessaires quand on reçoit une iqjection, eu é^nïh 1 effet aue l'on désire obtenir : ainsi, s'il s'agit d une iiyection-lotion, de propreté, on peut laisser écouler de suite le liquide iujecté; mais s'il s'agit d^une injection aslrio-

Î;ente, ou d'une injection narcotique, Je luaade doit être place de manière que le liquide soit çardé pendant quelque temps daos la cavité où il a été poussé. Un quart d*beure esl, en général, jugé nécessaire pour que e médicament agisse ; ce temps écoulé, oa le laisse échapper, et le siqet prend la position qui est jugée la plus convenable i la maladie qui réclame les injections.

INSOLATION, s. f., insolatio, a/wiwrw»

de mêohre, exposer au soleil. C'est le ooin queron a donné à l'exposition prolongée uu corps au soleil. Si l'impression modérée m rajons solaires est utile à l'économie animale qu'elle réchauffe et ranime, un soleil irpf ardent, pendant les grandes chaleurs, agi^ | sant avec une trop grande intensité, )ff devenir cause de fluxions sanguines cérébrales, qui donnent lieu à des hémorragies nasales, à l'inflammation cérébrale, e( mé^e | au coup de sang, apoplexie sanguine, tor bien de moissonneurs, en effet, q***» j""*/!^! iant au milieu des champs et en^^^ ^ ^

INTfMSlOlV

INTERTRICO

6It

soleil brûlant, tombent comme frappés de la foudre [Kiur ne plus se relever 1 Combien de soldats qui» pendant une longue marche, ba*' jetants et couverts de sueur, s*évanouissent en chemin, et sont menacés de périr, eux aussi, d*apoplexie ou d*une congestion sanguioe pulmonaire I Combien d'individus qui, en revenant de la chasse, sont rentrés au logs dans un état de véritable folie, causée par l'iDsolation 1 Combien de gens qui yxmi m baigner ou faire une partie en mer, qui en reviennent avec un érysipèle I Donc, Tin- 5olatiOD doit être évitée, puisqu'elle est une raase puissante de maladie. Faisons rcmar- ({uer, toutefois, qu'elle n'agit pas toujours (i'uoe manière si funeste, et que, ainsi que Qous le disions en «commenvant, Taction bienfaisante d'une douce cliaieur est fort utile aux convalescents, aux anémiques, à ifiQsceux, en un mot, chez qui la chaleur Hk vie manquent \^àr épuisement.

INSOMNIE. Foy. Agryphib.

INSPIRATION, s. f., intpirath. — C'est le prenQter acte de la respiration, celui par lequel l'air inspiré pénètre dans le poumon ei commence cette série de mouvements qui donnent lieu aux phénomènes indispensables de l'HÉVATOSB (Foy. ce mot), et à ceux trèsimportants de la phonation. Voy. Voix et

FiBOLE.

INSUFFLATION, s. f., in$ufflaiio. -- Opémion par laquelle on fait pénétrer, en l'in-* saillant, dans unecavité quelconque du corps, une vapeur ou un gaz, le soufHe respiratoire, lir expiré. C'est principalement oans i*as« phvxie des nouveau-nés, dans l'asphyxie par submersion ou celle produite par des gaz délétères qu'on se sert des insuOIations, pratiquées avec un soufflet ou avec la bouche, {•our ranimer les aspbyxiques. liais la thérapeutique ne borne pas k l'aspbjxie les motages qu'elle peut retirer des insuffla-- (iooa : elle se sert tantôt des insufflations de poudres ou de collyres pour guérir l'inflam* malien chronique de Toeili on empêcher la formation des taies à la cornée : tantôt des insufflations de gomme arabique en poudre, ou de ratanhia pulvérisé dans les narines» pour arrêter une epistaxis inquiétante. On i^ii des insufOations dans l'œil quand de la |M)us$ière s'est îniroduite entre les pau-*pières, etc.: donc, c'est une opération par- Msnécessaire etqu'il s'agit de savoir utiliser.

INTENSE, iNTBKsiTÉ; tnleiuufi tfilenai/a«. ^ Mots adoptés par les pathologistes pour ^iprimer que ta chose dont on parle possède s^'S qualités naturelles à un haut degré; par ciemple, on dit qu^une cause est inien$e V^m elle a beaucoup d'énergie; qu'une uialadie est tnlen^a quand les symptômes $oui iK)rtés è un certain degré de violence et ^e gravité; mais On réserve plus particuliàr^nient le mot ifUensiié pour la maladie et ses symptômes.

INTEMSION, s. f., inimuiô. - C'est une [expression consacrée pêf les chirurgiens à 'a réunion immédiate de^ bords d'une plaie Bccidentelle ou volontaire, qui divise les ^m\i$ (Tu corps vivant; ml dtt alors que la

Diction?!, db MiiMinB.

plaie a été réunie par premiife intemtonj de suite. Elle s'obtient à l'aide d'un baiiclagt^ unissant, ou par la suture, ou par le inoy^'n de bandelettes affllutinalives, qui font quu les narties divisées étant m^iiotenues rapprochées, elles se collent et se cicatrisera immédiatement et sans suppurer.

INTERMITTENCE ou Intermission, s. f., tnlermtasto. — Se dit de l'intervalle qui se* pare deux accès do fièvre ou deux attaques d'une maladie, intervalle pendant lequel le malade est presque dans l'état naturel Dans les fièvres d'accès, intermittence équivaut à apyrexie. Par analogie, on a appelé in ter- Diittence du pouls, cet état de l'artère où après un nombre de pulsations régulières

3ui frappent le doigt, il en manqué une ou e<ix.

INTERMITTENT, adj., ifi/frmt7/m«, de intermittere. — Telle est l'expression usuelle dont on se sert pour désigner les fièvres d'accèsi en général, sans en indiquer le type. Cesl pourquoi, quand 0|i a voulu parler avec plus de précision, on a supprimé Tadjectif pour lui en substituer un autre plus explicatif : c*est*àHiire qu'on se sert des mots quotidienne, tierce, quarte, etc., pour désigner que l'accès de Aèvre revient tous les jours, tous les deux jours, etc. Voy. Fièvres p'Accte.

INTERTRIGO, s. f., excoriation qui a lieu par le frottement d'une partie de la peau sur Tantre. — Ce mot, qui vient de ttro je frotte» tnler entre deux, a été accepté par les dermatologues, ou si Ton veut en pathologie cutanée» pour désigner une variété de itarrai^B (Koy. ce mot)» celui produit par le frottement ou par le contact de matières Acres sur la peau ; aussi le remarque-t-ou surtout au plis des aines et des cuisses, des fesses, à la partie interne des cuisses ; chex les femmes qui ont des pertes blanches Acres, au périnée, et sur les bourses chez lliomme, etc. L'enfant qu'on laisse au berceau croupir dans son urine et ses fèces, celui qui est trop gras tout comme ceux qu'on maintient trop serrés dans leurs maillots, etc., ils y sont également sijyets.

Ce qui caractérise l'intertrigo, eest la rougeur erysithémateuse de la [teau, cVst-àdire que celle-ci est d'un rouge vif, tendue, luisaute, et présente çà et là des excoriations, des fissures, qui s'accompagnent par fois d'une démangeaison assez vive. L'indi- Vidu y porte les ongles, se gratte, déchire la peau, et alors ce n'est plus seulement un prurit, c'est une démanseaison insupportable, des picotements très-vifs, des étancements même qui produisent l'insomnie. Il faut donc, quand il existe, se hAter de le dissiper.

Le traitement qu'on a proposé consisU^,. quand l'intertrigo est léger, à saupoudrer avec des poudres absorbantes (lycopode» amidon, etc!) les prties excoriées, ou A les lotionner avec 1 eau de son, la décoction do raeîne de guimauve, etc., ou toute autre in« fusion émcd liante { mais si le mal est trèsétendu, la cuisson vive, le {irurit insuppor-

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tâblc, il fiiudra recourir aux cataplasmes émollients (de graine de lin^ de fécule de pommes de lerre, etc.) rendus légèrement narcotiques par Taddition de quelques gouttes de laudanum. Les bains entiers d*eau de son,les lotions avec l'eau de Goulard opiacée conviennent également. Ces moyens ne suffiraient pas s'il V avait une Acreté dans le sang(dyscrasiedartrouse),ou si l'excoriation était produite par des flueurs blanches : il faui donc, en toute circonstance, avoir égard à la cause déterminante.

INTESTIN, s. m., intestinum^ r^r^/My.— On nomme généralement intestins Tensemble des parties gui composent le canal alimentaire, à partir de Testomac jusqu'à l'anus : c'est ce que le vulgaire appelle 4es ioyaux.

Ayant dans l'espèce humaine de quatre ou cinq fois la longueur du corps, c'est-à-dire, de vingt à trente pieds chez l'adulte, l'intestin, considéré dans son étendue et sa ^rosfSeur, change plusieurs fois de nom : ainsi, non-seulement on le divise en intestin grêle et gros intestin, mais encore on dit que le premier est formé de trois parties : !• le duodénum, qui fait suite à l'estomac, et dans ie((uel le foie et le pancréas versent lès fluides qu ils sécrètent, ce gui a fait considérer cet intestin comme le lieu où la clfylificatioa s'accomplit ; 2* le jéjunum^ qui vient après ; 3* l'iWon, qui termine la portion grêle du tube digestii.

De même le gros intestin est partagé à son tour en trois parties qui sont, dans l'ordre de succession, le ccrcam, le colon et le rectum.

Cylindrique dans sa forme, plus ou moins large dans ses différentes portions, muni à l'intérieur d'un grand nombre de replis val- Tulaires, sur lesquels se trouvent les bouches absorbantes des vaisseaux chylifères, et formant de nombreuses courbures, la pAte alimen- ^airequi parcourt lesinteslinsest retenue dans sî marcne, le chyle y est ex[»rimé par les contractions successives qu'ils exécutent ; le chyle est pompé, tandis que les matières extercorales, arrivant à l'extrémité de l'intestin, « sont rejetées par l'acte de la défécation : telles bont les fonctions du tube intestinal.

IODE, s.m.,tocfium. A l'histoire de l'iode se rattachent nécessairement les noms de Courtois, qui l'a découvert dans les «aux mères de soude de varec; de Gay-Lussac, dont les travaux ont puissamment contribué à le faire connaître; de Coindet, qui le premier en a introduit l'usage dans la thérapeutique ; de Gairdner, qui en a étudié avec soin los propriétés et Ta défendu des reproches qu'on lui adressait; et d'autre.s,qu), dans leur enthousiasme, ont dépassé peut- ' être les bornes de la prudence en l'administrant, soit à des doses trop élevées, soit sans prendre les précautions convenables. Qu'en ' est-il résulté ? que, parsuitedel'abusqu'oo ea a ftitt, surtout en Suisse, où les compatriotes de Coindet en ont usé empiriquement, des accidents divers s'étant manifestés, ils tircQt classer l'iodo parmi les poisons les plus énergiques et les plus dangereux. C'est pourquoi, tandis que des hommes n'^flécltis cherchaient

à étudier quels étaient les effets généraui que ce remède produit, ils s'occupaien aussi des moyens qu'on peut lui oppose quand il produit des effets toxiques, et ces lorsqu'on a été mieux Qxé sur tes uns et le autres que l'iode a définitivement pris ran^ parmi les médicaments les plus précicu!

dans tels ou tels cas pathologiques. Faison* donc connaître l'iode, disons quels sont s(>< effets généraux, ses antidotes, et nous discu terons ensuite à quelles maladies il est ap proprié.

L iode est un corps combustible, sim^dc, non métallique qu'on a découvert, avons-nous dit, dans les eaux mères de soude de varec, el qu'on rencontre aussi dans un grand nooibre d*eaux minérales. Obtenu par des procédés chimiques que nous ne décrirons pas, il so présente sous la forme de paillettes gris o'acier, très-faibles, d'une odeur analogue à celle du chlore , mais moins sutTociuitc, d'une saveur chaude et corrosive ; il fond à 107' c. ; à 175<» il se volatil.se sous fonne de belles vapeurs violettes, que l'on.neul itcy bien voir en jetant un peu d'iode sur un charbon enflammé. Peu soluble dans feau, il se dissout très- facilement au cootraire dans l'alcool. Mis en contact avec la peau^ il j forme une tache jaun^, qui disparaît bieatêt d'elle-même ; enfin, si on le mêlo à l'amidon ou à toute autre substance qui eu contient, il lui imprime une belle couleur bleue.

Les effets généraux que Tiode produit sur l'organisme vivant, recueillis d'après de DonibreusMes observations pratiques, sont, ^ haute dose : 1* une irritation de l'estofflac d des intestins, marquée par cîes vomissemenis opiniâtres, une douleur vive à la région éjùgastrique, etc.; ^ le gonOement des eitrfmités inférieures ; 3" 1 amaigrisseinerU géoé* | rai ; W" une oppression morale que les maia- 1 des regardent, au milieu de leurs plus vives douleurs, comme l'état le plus pénible à supporter ; 5* des phénomènes nerveui qui <e rapportent à l'exercice dos sens et dçi mouvements, surtout chez des individus irntables ; 6** le tremblement musculaire, qui est le phénomène morbide le ])lu$ reiuarqua- We. Aussi Gairdner en a-t-il profilé pour bien connaître le degré d'exciutien nerveuse déterminé par l'iode. Pour cela, il élail dans l'usage de iaire porter par le malade, dans 'i main, un objet léger qu'il devait soule«*f lentement; s'il y avait surexcitation uiédic^ menteuse, le tremblement ne manquait f»^ de se manifester.

On a signalé aussi, comme résultats nécessaires de ladminislration deriode,aiû|* cette fois à des doses convenables, une *^^ * vite plus grande de la circulation du m^ une augmentation de la chaleur à w If •

,qui devient le siège d'éruptions e^n/^Î^J.' tiques diverses ; el encore des accidents ce

. braux, sans gravité si Ton veut, mais asse inquiétants pour le malade : ils consislo k de la céphalalgie sefaisant sentir ^f^' ment au front, et s'accoiûf>aonant o ^'' j^^ meiits assez douloureux dans les /^^^

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oreilles, quelquefois des tintements et des éblouissements passagers. Ei même temps la sécrétion des urines augmente* pourvu toutefois qu*il n'yait nasdes sueurs trop abondantes, auquel cas rurine coule même en moindre quantité que dans Tétat ordinaire.

Les effets physiologiques de l'iode ne se bornent pas à ces phénomènes : après quelques jours de son administration Tappétit augmente d*une manière notabks et les fondions digestives s'exécutent avec une perfection inaccoutumée, et la constipation accompagoe celte exagération de Tappétit, à moins toutefois que Tanorexie et la diarrhée ne surviennent, comme cela s'observe chez les personnes dont le tube disestif est fort irritable avant l'emploi du médicament. Enfin on remarque parfois une salivation iodique, (lui peut devenir assez forte pour forcer h suspendre l'emploi du remède. Si à cela nous «joutons le mal de gorge continu, avant-courreur des troubles du côté des voies digestives, l'insomnie, l'excitation des organes de la génération chez la femme, nous aurons dit, ou à peu près, tous les phénomènes remar-* quables que l'on a généralement constatés. Quoique les cas d'empoisonnement par Kioile soient excessivement rares, il pourrait se faire que, par inadvertance, ce médicament éiaot donné à très-forte dose, occasionnAt des accidents toxiques; il importe donc que nous sachions que l'opium a été considéré comme le meilleur moyen à employer contre les accidents qu'il produit. Gairdner, qui en a indiqué remploi, attendait, «ivant de l'administrer, d*avoir, par d'abondantes boissons délayantes et des lavements émoi lients, calmé en partie Tirrikation des voies gastriques ; Substituant l'extrait de ciguë oude jusquiame à l'opium, dans le cas où les syn!ipt6mes toxiques ne cédaient pas à l'emploi de ce dernier. On peut aider l'action de celui-ci par un bain pris chaud ; il concourt beau* coup à calmer le spasme et les douleurs épi* gastriques. Reste à préciser les maladies contre lesquelles l'iode peut être administré.

En première ligne nous placerons le goUn: car c'est par lui (jue les expériences ont commencé, et voici pourquoi : Courtois, ayant trouvé de l'iode dans l'éponge calcinée, et celle-ci jouissant depuis longtemps d'une certaine réputation dans l'engorgement de la glande thyroïde, Coindet eut l'idée d'appliquer l'iode au traitement de cette alfection. Ayant donc administré aux goitreux de la teinture d'iode à l'intérieur et à l'extérieur, il obtint des succès très*marquants, qui lui permirent de rendre publiques les expériences qu'il avait faites. Dès ce moment ce fut H qui répéterait les expériences du médecin genevois, à qui étendrait l'application de cet agent médicateur aux malades qui, par leur uature, se rapprochent du goitre. Et, comme il fut reconnu que ce remède agissait à la manière des mercuriaux, on Tassocia d abord au mercure dans le traitement des maladies syphilitiques, et plus tard on l'employa seul, quand ou eut reconnu qu'il les guérissait éga-

lement. Mais n'anticipons pas, et revenons au goitre.

Il paraîtrait, d'après un grand nombre d'observations auxquelles je pourrais joindre les miennes, que l'iode n'offre pas un médicament d'un succès aussi assuré que nos confrères de la Suisse l'ont prétendu. A

3uoi cela tient-il ? A la différence bien évîente qui existe entre le goitre des Alpes et celui qui se développe à Paris, plusieurs observateurs ayant fait la romarque que le bronchocèle contracté dans les pays de montagnes se guérit par le seul lait du retour des malades dans les con!rées où cette maladie n'est point endémique. Cela est si vrai, qu'au rapport d'Itard, il y avait, lors de son passage a Lausanne, un pensionnat dans cette ville consacré à de jeunes Anglais,qui tous étaient atteints de goitre, et auxquels pourtanlon ne faisait aucun traitement, parce qu'on savait bien aue le retour dans leur pays suffirait pour les guérir. 11 n'est donc pas étonnant qu'en expérimentant sur des sujets pareils on ait obtenu des effets remarquables.

Du gottre à la scrofule^ il n'y avait pas grand chemin à faire ; et bientôt chacun essaya si ce médicament pourrait être efllcace contre la phthisie scrofuleuse, contre le carreau, les tumeurs blanches, etc. Dans ces cas, comme dans les précédents, nous n'avons constaté que des insuccès, toutes les fois que nous avons eu recours h l'iode, lorsque' la maladie était arrivée à une période avancée, et malheureusement que je ne suis pas le seul qui ait échoué, puisque je lis dans le Traité de T Auscultation tnédiatet 3' édit., par M. Laennec : <c L'iode et ses composés ont été, dans ces derniers temps, vantés comme moyens propres à favoriser l'ab* sorption des tubercules crus, aussi bien qu'à en nâter le ramollissement ; h peu de tuccè» des tentatives faites par Laennec, à l'hospice de h Charité, et dont j'ai rendu compte dans la Revue médicale^ cahier de juin 1825, le firent promptement y renoncer. Il ne paraît pas qu'aucun autre praticien ait eu lieu de s'en louer, et j'en connais même qui, loin de regarder les préparations d'iode comme un remède applicable au traitement des affections scroiuleuscs, les banniraient voiontiers de la matière médicale [c'est aller trop loin), comme étant propres à favoriser le développement des tubercules. Mon honorable maître et ami M. Récamier, m'a dit avoir rudes sujets scrofuleux, soumis à l'usage de l'iode, devenus phthisiques, avec une rapidité qui ne permettait pas de méconnaître 1 influence désastreuse de la médication à laquelle on les avait soumis. Môme remarque a étcfiiite par mon ami M. Flandin ; j'en dirai moimême à peu près autant.»

Ce que nous avons dit de la scrofulose, nous le dirons égdement du cotiez. Ce n'osi pas (jue nous ignorions qu'Ullmann a écrit avoir employé pendant plusieurs années rnydriodate do potasse, dans les cancers avec une eflicacité telle qu'il im« craint pas de le pLicer parmi les médicameuiy

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les plus utiles contre ces sortes d*affections, même dans les cas les plus désespérants et Jcs plus désespérés ; je sais qu'il a dit en avoir obtenu aans le traitement de cancers au visage, aux mamelles et à la mâchoire , dos effets si surprenants en quelques jours, qu'ils autorisent les expériences les plus hardies; et cependant, comme je Tai administré , rhydriodate de potasse, en teinture à rintérieur, en pommade à l'extérieur, et que je ne crois f^as avoir retardé la terminaison fatale que cette terrible affection entraîne, je pense avec quelques praticiens cfuî, comme moi, jugent froidement les faits, que s'il y a diathëse cancéreuse ou cancer vériîable, l'iode ne le guérira pas. Qu'il opère la résolution d'une glande squirrheuse, soit: mais faire davantage, c'est malheureusement où il n'arrivera pas.

A propos de résolution des glandes, ne pourrait-on pas conseiller l'iode en frictions sur les mamelles, aux religieuses, chez qui le cancer est si commun, à cause delà compression qu'elles exercent sur leur gorge, pour la faire disparaître? 11 nous semble que, par la faculté que ce médicament possède d'atrophier en quelque sorte le système glandulaire, il seraitpossible,endiminuantla glande mammaire, et en l'afrophianl, de prévenir led&veloppementd'unemaladiequi n'ti causé que trop de ravages dans les commuilautés religieuses.

Quoi qu'il en soit, si l'iode ne peut guérir ni prévenir le cancer, il est une maladie ou il guérit, et cette maladie, c^est la syphilis constitutionnelle dont elle dissipe îes svmptômes, ainsi qu'une foule d'observations irrévocables 1 ont démontré (Yoy. Syphilis) ; aussi n'insisterai-je pas sur ce point. Toutefois je ferai remarquer en passant que, appliqué au traitement de la salivalioa mercurielle, l'iode a la propriété de l'arrêter.

CTcst Knod qui a fait cette découverte, et plus tard, ce remèdeayant été administré par JKl uge à dix-sept malades de l'hôpital de la C narité, à Berlin, il s'en est suivi quela douleur et legooQemem des glandes, elle pthyalisme ont cessé au bout de quatre à six jours. La dose aîministrée a été de deux grains par jour, etpuis portée peu àpeu à quatre grains. Voici la formule de Kluge :

Pr. : Iode, 5 grains.

F. dissoudre dans,

Esprit de vin, 2 gros.

Ajoutez*

Eau de cannelle, 2 on.l;2.

Sirop de sucre, ^ IjS once.

Mêlez.

Dose : commencer fabord par quatre demi-cuillerées par jour, et arriver petit i petit à les prendre entièrement pleines. Puisque BOUS en sommes aux maladies dyscra- ' siques f disons un mot des maladies de la peau.

Comme l'iode a été {généralement associé aii mercure, dans le traitement des maladies cutanées, il en résulte qu'on ne savait trop h laquelle d?s deux préparations attribuer l'a-

roélioratipn obtenue ; cependant 5=1 Ton cm sidère que chez un malade de Tbôpital Saint- LouTS, affecté d'un /«pusscrot'uleux, la teinture d'iode, administrée pendant plusieurs mois à l'intérieur, Ta été sans avantage aucun; il semblerait que ce •médicament ne convient pas généralement dans tous les cas où la scrofulose se montre comme complication des maladies exanthématiques.

Et contre les maladies arthritiques, quelle est son action ? Ecoutons M. Gendrin.

« Parmi les maladies les plus rebelles, la goutte est sans contredit une des plus graves et des plus douloureuses; le grand nombre de médicaments qu'on a préconisés contre la goutte, comme tous les ouvrages dont elle a été le sujet, l'attestent assez. Tant d'efforts jusqu'à présent stériles, doivent inspirer la plus grande retenue à celui qui ne veut pas s'exposer à grossir inutilement lo catalogue, déjà si étendu, des médioamenls anti-arthritiques. Cette réserve, si elle doit engager les praticiens è douter, ne doit pas cependant arrêter leurs efforts, pour étendre les ressources de l'art contre une aussi redoutable affection. C'est dans cette persuasion que je signale un médicament dont j'ai fait usage avec des succès très-prononcés dans le traitement de la goutte, soit pour r-ésoudre les engorgements chroniques et les concrétions articulaires, qui sont h résultat des attaques réitérées de cette maladie, soit pour guérir les narox jsmes aigus h toute leur période. Ce médicament est l'iode, dont l'emploi rationnel et convenablement dirigé est sans inconvéniertts. J'ai été d'abord por té h employer l'iode à l'extérieur, dans d('s tumeurs goutteuses anciennes, parce qu'il a été préconisé dans les tumeurs articulaires chroniques ; son action résolutive a été si active, que je me suis demandé s'il n'^^issalt pas, dans ces cas, sur la nature même de la maladie. Suivant celte indication, j'ai l'ait usage de ce médicament contre les paroi)smes aigus de la goutte, à l'extérieur et à l'intérieur; un succès dans un violent accès de goutte, chez un homme très-fort, in*a engagé à multiplier mes observations. Sept malades atteints de goutte aiguë et violante ont été depuis complètement à l'abri des retours des accidents. Un malade a passé huit époques d'accès, trois en ont passé cinq» un en a passé quatre, deux en ont passé trois sans rechutes. Be quatre sujets attaqués de goutte avec tophus et engorgement chronique des articulations, deux sont tout à lait guéris depuis plus de quatre ans, et n'ont employé l'iode qu'à l'extérieur, mais pendant un temps prolongé : un est guéri depuis un an, et un est encore en traitement* Chez tous les malades, l'actien de l'iode a été secondée par un régime convenable, analeptique et légèrement tonique, pour la goutte chronique ; adoucissant pour la goutte aiguë. » Je ne me permettrai qu'une réflexion relativement h ce passage du ménaoire de M. Gendrin : c'est qu'il en résulterait qu'' l'iode pourrait bien être le spécifique de la goutte, alors qu'on n'en découvrira jamais» uj

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aiHecHoiis goutteuses no arthritiques n'âyunt pas^toutes la môme nature. {Voy. Uoutte.)

Le^autres maladiescoDtrelesqueiles Tiode a été employé* avec des succès divers, sont : Yaminorrhée et ia dysménorrhée « la leucor-rkée^ certaines névroses^ les kysUê de Tolaiff, Vhydrocile^t etc. Arrétons-oDOua à ceUe dernière, pour parler d'un proeédé pro[K>sé parH.Ricord, pour guérir ojb cette maladie.

Ce praticien éclairé emploie la teinture d*iode étendue d*eau distillée , et appli<;(uée sur la tumeur, à l*aide de compresses qui en sont imbibées, et dont on enveloppe le scrotum. Les différent» degrés> auxquels, il. emploie cette teinture^ sont les- suivants : pour quatre-vingt seize grammes d'eau distillée, il met quatre, huit, douze ^' vtngt-(]uaire grammes de teinture d*lode. Chez les malades dont la peau est très^délicate et l'épiderme mince, lapin» faible proportion sun>t: torsqu'iiy ammns de sensibilité et plus de (lureié dans les tissus, on augmente la quantité de teinture. Ihfaut, pour que le médicament agissOf que les muades éprouvent une sensation de chdeur assez vive, mais supportable, et que, sans brûlure ni vésication, la peau des bourses brunisse ;*répiderme se parcheminé,, e^ forme des écailles qui, se aélachant,Jaissenl voir au-dessous une sorte detranspiralÂOD grasse qui s'est établie. Tant qukm n obtient pas ces résultats, il fuut augmenter la dose de la teinture d*iode, celle de Teaudistillée restant la même ; mais quand on est arrivé à produire ces effets, on s'en tient au degré de concentration de la teinture, en renouvelant deux fois par jour les compresses qui en sont imbibées. S'il sur* vient de la douleur, on suspend pendant quelques jours, et on reprend ensuite jusqu'à disparition complète de riiydrecèle Le traitement demande un mois en général.

On a beauconn multiplié les préparations d'iode et ses modes d'administration ; néanluoins la teinture alcoolique^ qui s'obtient, d'après Coindet, en faisant dissoudre auarame-huit grains d'iode dans une once d^au distillée, est le médicament dont on use généralement, et dont j'ai presque toujours usé; elle se donne è la dose de quaire à quarante gouttes, trois fois par jour, dans une cuillerée de sirop de guimauve ou d'eau gomlueuse sucrée. Cela remplace le sirop iodique^ qui se prépare en mêlant à froid 20 gouttes de teinture alcoolique par once de sirop de *ucre : on peut en prescrire depuis une demi-once jusqu'à quatre onces dans les vingtquatre heures. Si l'on veut se servir de la hoisêon iodée^ on. fait dissoudre un grain d'iode dans un litre d'eau.

Alors q|u*on veut administrer l'iode en suhilance, cesl l'iodure de potassium (hydriodatede potasse) qu'il faut préférer. Wallace qui le préférait a fa teinture pour l'usage interne, en portait la dose jusqu'à un demigros sans inconvénient. A propos de doses, nous ferons remarquer qu'il semblerait, d'après M. Buchaoan, deGiascow, et les observations de M. Forget, que l'association de

io«le à l'amidon, i>ar parties ésçafes, permet-

trait'deporter joumeliement la dose de Tiodo à l'énormequantité de soiiante-douzo grains, ei cela-sans accidents aucuns. Un malade do H. Forgetaprifl ainsi, pendant quarante-huit jours,, cent trente-huit onces, près de neuf livres d'iodure d'amidon, représentant 3,336 grains ou près de six onces d'iode, soit soixante-six grains, ou un gros environ par jour, sans inconvénients. (Bulletin thérapeutioue de Miquel.)

Parmi les autres préparations d'iode, nous citerons Viodure de fer^ très-bien appropriée à la chlorose qui se manifeste chez les jeunes personnes scrofuleuses ; l'iodure d'arsenic, employée Saint-Louis contre certaines dartres rongeantes, tuberculeuses, etc. ; enfin la I)ommaae iodurée, qui se compose en mé- , ant quatre grammes et plus d'hydriodate ' de polasae, à seize grammes d'axongé. On remploie en frictions sur les tumeurs que l'on veut résoudre.

IPÉCACUANHA, s. m., Psyeothria emeiica (MutTs),caJ1coccaipécacuanha(Gomez et Brotoro, Schreber, etc.) ; plante qui nous vient du Mexique, et qui est classée dans la pentendrie mono^nie, L., famille des rubiacées, J. Sa racine, la seule partie du végétal qui soit employée en médecine, n'a commencé à être connue en France que vers le nulieu du dix-septième siècle ; Margraff* et Guilh.*Pison rapportèrent les premiers du Brésil, oi^ ses propriétés anti-dyssentériques étaient déjà fort connues ; mais par une fatalité singulière, dit Alibert) « les meilleurs remèdes sont^ presque toujours ceux oui rencontrent' le phis d'obstacles. » Aussi tes médecins ne liront aucune attention aux écrits de Pison, et les efforts du docteur Legras,.pour en répandre l'usage, échouèrent contre FindiGMrenoe générale. Il était réservé d'accréditer i'ipécacuanha, qui le mérite bien, au charlatanisme, qui accrédite, hélas ! tant de choses qui le méritent peu. Reste qu'en 1686, Grenier ayant rapporté du Brésil cent cinquante livres d'ipécacuanba, dont il ne savait comment se défaire et tirer parti, s'associa un médecin hollandais (]yi exerçait à Paris, Adrien Helvétiu», à qui il 6t connaître les vertus anti-dyssentériques de la racine de cette plante. Après quelques expériences heureuses, sur des hommes obscurs, Helvétius ayant guéri- le Dauphin luimême d'un flux de sang, il obtint de Louis XIV Tautorisation de faire, à l'Hôlel- Dieu, des expériences- publiques sur les vertus anti-dyssentérjli^ues desonarcane. Puis la réussite de ces expériences lui firent obtenir du roi le privilège exclusif de débiter son remède, et il reçut en outre une récompense de mille louis. Cependant Helvétius, en associé I>eu scrupuleux, gardait pour lui les honneurs ' et les profits, et, lorsque Grenier voulait revendiquer sa part des bénéfices, il fut forcé d'intenter un procès en parlement au docteur. L'ayant perdu et très-indigné de la mauvaise foi d'Helvétius, Grenier divulgua le secret, et dès ce jour I'ipécacuanha fut lancé dnns le domaine public.

La racine dipécacuanha est communément

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IPÉCACOANHA

brune ou cendrée, diversement tortueuse, hérissée de petilsanneaui proéminents, inégaux et rugueux : elle contient une moelle ligneuse, qui ressemble à un fil, et dont il est très-facile de séparer Técorce friable. Sa saveurest acre etamère, son odeur herbacée ou nauséal>onde. Réduite en poudre et mise en contact avec la peau dépouillée de sou éptderme, elle y suscite une inflammation îocale des plus énergiques, h laquelle on a attribué ses propriétés vomitive et purga^ tive, lorsqu'on Tingère dans les organes di* gestifs. Il est certain que, mis en contact avec la muqueuse de Testomac ou de l'intestin, il peut être placé à côté du tartre stibié, quoi* que sou action soit moins rapide que cello de ce dernier ; il le compense en durant davantage.

Les vertus vomitives de l'ipécacuanha en font un médicament très-précieux dans les embarras gastriques bilieux, contre lesquels on craint raction trop irritante' des préparations antimoniales ; il convient en outre dans les diarrhées et les djssenteries bilieuses, alors qu'un foyer saburral eutretient l'irri* latioui et que fa maladie se prolongeant, la nature contracte une sorte d'habitude de répéter fréquemment les évacuations, l'activité contractile du tub^ intestinal étant considérablement augmentée. C'est spécialement dans ces cas qu'on peut dire que l'ipécacuanha n'agit eiucacement qu'alors qu'il détermine des selles. On conçoit que tant ({ue la cause matérielle qui produit le dévoiement existe, le flux du ventre ne ce-* dera pas ; or, quand Tipécacuauba, par l'ef* fet vomitif» rompt Thabitude vicieuse que la nature a contractée, détermine un mouvement anti-péfistaltique prononcé, et qu'en outre, comme purgatif, il débarrasse les intestins de cette cause matérielle ; on conçoit, dis-je, que cette triple action le rende réellement salutaire. De môme, dans les flux diarrhéiques ou djssentériques chroniques, atoniques, entretenus par une sécrétion trop abondante, une exhalation surabondante de la muqueuse des intestins, si l'ipécacuanha n'évacue pas et n'irrite pas les

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bord l'excédant des mucosités, et produit ensuite l'astriclion des vaisseaux exnalaiits.

Nous avons profité de cette excitation que l'ipécacuanna produit, pour guérir cer^ laines dyspepsies, pour faciliter les digestions, lorsque l'estomac affaibli fonctionne mal ou imparfaitement : dans ces cas, qua-^ tre, cinq, et huit pastilles d'ipécacuanha, d'un qiiart de grain chacune, ont été on ne peut plus avantageuses. C'est comme à titre d expectorant ; rien n'est plus eflicace, dans les catarrhes pulmonaires chroniques, que ces mêmes pastilles, prises aux mêmes doses. J*ai connu quelques vieillards qui en ont fait un usage journalier pendant les dernières innées de leur existence, qui s'est prolongée, pour certains, jusqu'à quatre-vingtdouze ans Ce même avantage se remarque

dans la coqueluche: nous sommes dans l'habitude, au début de la maladie, de faire tomir les enfants avec le sirop d'ipécacuanha, tous les deux jours; par ce moyen, si nous n'abrégeons pas toujours la durée de la maladie , nous éloignons du moins les quintes de toux et les rendons moins violentes : nous prévenons ainsi rinflammation consécutive des poumons , entretenons l'appélit; ce qui permet de bien nourrir le sujet et d'emptehor qu'il ne s'affaiblisse.

A propos d inflammation pulmonaire, nous ne pouvons passer sous silence, la méthode qu'avait adoptée V. Broussonnet , mon maître et mon ami, dans le traitement des pneonoonies. Je veux parler de l'administration de Tipécacuanha à haute dose, dans ces sortes de cas. Nous laisserons parler ce praticien habile, qui joiçiait une rare modestie à un immense savoir, mérite bien rare aujourd'hui : on y trouvera plus d'un enseignement.

« On m'a demandé souvent d'exposer la méthode que je suivais dans l'emplui de ripécacuanha à hautes doses, poui le traitemeut des fluxions de poitrine; méthode que quelques personnes ont bien voulu appeler mienne, quoiqu'elle leur appartienne aussi bien qu'à moi, puisqu'elle dérivait dea principes qui nous étaient communs.

Nous n'avons jamais , en effet, conçu, ks uns et les autres, l'espoir de connaître une maladie, être abstrait y en nous bornant à étudier sa forme concriu^ et toujours nous nous sommes servis des symptômes, comme des matériaux dont l'esprit dispose pour arriver aux signes! Pour cette raison, nous acceptons avec reconnaissance toutes les inventions mécaniques qui peuvent perfectionner l'exercice de nos sens, et le stéthoscope a été de ce nombre : sc^ usage a confirmé des vérités que la nhilosophie médicale enseignait depuis longtemps.

Aussi, quoique devenus plus savants, et suivant mieux les altérations pathologiques que subissent les poumons et leurs enveloppes dans la fluxion de poitrine, nous n'a« vous pas pour cela cherché à éditier uuc méthode Inérapeutique sur une base aussi étroite. Et c'est en analysant les nombreux éléments qui composent presque toujours la fluxion de poitrine , que nous avons vu

au'elle était bien rarement une simple ioammation dont la saignée fût le remède unique. , . .

« Tandis que j'étais occupé de l'étude de cette maladie, le hasard, qui illumine que quefois les petites comme les hautes inteihgences, me mit sur la voie de l'usage de l'ipécacuanha ; voici à quelle occasion.

« Daos l'automne de 1796, je fus appelé anprès de Mad. de C..., qui venait d'être fra|jpée d'apoplexie. Cette personne, âgée de 60 ans^ mangeait beaucoup et buvait du vin. Virilement constituée, en apparence, ele avait assez de barbe fiour être oblisée de la faire raser régulièrement, et de la voiler sous une couche de fard ; d'un autre coie, elle offrait, avec les attributs de son sexe,

IPECAGUANHA

IPËCACUANIIA

un timbre de voix très*doux, et iwe exiguïté très-remarquable des vaisseaux sanguins. Je ue trouvai d*autre indication è remplir que celle d'exciter le vomissement ; en conséaucDce, je iîs avaler deux grains de tartre eiriétique dans une tasse d'eau : il n'en résulta rien, le ré|)étai plusieurs fois ce médicameol, et toujours sans effet, quoique la malade en eût pris 25 grains dans Tespace (1 une heure. Mais quelle fut ma surprise en Toyautse dissiper graduellement tous les symptômes de Tapoplexie, qui disparut en entier deux jours après» à Taide d*un purga-^ lifl Je répétai» dans la suite»cette expérience» et toujours avec le même succès.

< « Comme j'étais fort éloigné de considérer Tapoplexie comme une maladie identique, et que je retrouvais une partie de ses éléments dans les fluxions de poitrine» je leotai, dans quelques-unes de celles-ci» Téoiiliçiue k hautes doses» et j/eus à m'en louer. i^usieurs années après, j'appris que des médecins avaient voulu généraliser cette manière de médication^ en T^iccompagoant toutefois de fartes saignées. Je ne fus ni surpris de leurs succès, qu'ils proclamaient» ni de leurs revers,, dont ils ne parlaient pas;, la fortune les servail quelquefois.

• Mon père m'avait appris à me servir de l'infusion de Tipécacuanha dans le cours (les fièvres putrides. A l'imitation de notre ânc[eD,le respectable M. Farjon, médecia ileriiopital Sdint-£loi, j'ordonnais avantai;eusement dans certaines fluxions de poitrine un loch composé avec l'infusion de l'iléacuanha et la manne en larmes (6 grains île TuD, et une once de l'autre pour 6 onces ile potion). Enfin nous traitions habitueUement dans ce pays-ci avec l'ipécacuanha beaucoup de flèvres puerpérales confondues iûdislioctement depuis sous le singulier uoni de péritonite. En considérant ces docuipenls pratiques, j'eus l'idée de substituer Tipécacuanha au tartre émétique à hautes ^oses. Et comme je savais que les médicauients altérants n'agissent que lorsqu'ils sont vilssous [corjpora non agunt nisi' solutàj^jQ ils infuser- l'ipécacuanha et me gardai bien tle le donner en substance. »

< Mes expériences portèrent surtout sur iHte espèce de fluxion de poitrine que j'ai rencontrée fréquemment dans les hôpitaux^ ^l que Baillou a si bien décrite h l'aide de ^épidémie qui régna pendant plusieurs an* nées à Paris» où elle enleva beaucoup de utonde rt quelques personnages célèbres, leisque Jeanne d'Albret et Charles IX. La déiiomination de Cacoethes que lui imposa dlors ce médecin hippocratique, est juslitiée parce qu'il dit de celte maladie. Ce sont, en '-ll'et, des fièvres catarrhales putrides qui, par des causes appréciables pour ceux qui savent les étudier, portent plus spécialeiDtntsur la poitrine où elles se localisent ànx yeux du vulgaire. Parmi les éléments qui cunslituent cette espèce de fluxion de poitrine, ou voit prédominer quelque chose Je nerveux [mali moris) oui, associé à l'in- Uaiumation» donne à celle-ci une activité

délétère et décomposante. Baillou avait constaté ce fait, et en parlant de Touverture des cadavres de Jeanne d'Albret et de Charles IX il dit : Corpus pulmonis putre erat et saniosum^ et fetenlissimum, »

« Cette réunion de l'élément nerveux et de Tinflammation» imprime à la maladie une gravité d'autant plus alarmante, que les naoyens ordinaires pour la traiter sont inutiles et souvent nuisibles : ainsi la saignée augmente la faiblesse; l'opium supprime l'expectoration; les toniques redoublent lin^ fièvre. »

« Après quelques essais, je me convainquis que l'ipécacuanha à haute dose, donné avant le septième iour, était le meilleur remède pour affaiblir l'élément nerveux et simplifier la maladie. Souvent j'ai ajouté à la potion quelques gouttes de laudanum, et fait appliquer les sangsues» dont les effets» à mon avis, sont plus antispasmodii^ues Su'antiphlogistiques. » (Journal de la société e médecine pratique de Montpellier 18 W ;. tome II).

A quelle dose doit-on porter KipécacuanhaT Broussonnel le donnait en iniusion à la dose de hO grains dans six onces d'eau édulcorées après la colature avec une once de sirop de fleurs d'orange. Cette potion était administrée par cuillerées de deux en deux heures dès le début de la maladie et continuée jusqu'à ce que la guérison fût assurée.

On a pu remarquer, en parcourant îe mémoire quei'ai transcrit du professeur Broussonnet, qu on est dans l'usage, à Montpellier, de traiter avec Vipicacuanha^ à petite dosCf beaucoup de fièvres puerpérales : ce n'est, pas seulement dans le Midi que cette méthode est adoptée , puisque M. Pidoux déclare» dans son Traite deTnérapeulique,que,. attaché pendant cinq ans à 1 Hôtel-Dieu de Paris» à un service de soixante lits de femmes» il n'a jamais manqué d'administrer l'ipécacuanha aux femmes en couche, qui y arrivaient en assez grand nombre, et que ce médicament, donne aux nouvelles accouchées, quelle que f&t d'ailleurs l'alTectiou locale dont elles étaient atteintes» n'a jamais^ occasionné le moindre accident ; au contraire» dans presque tous les cas» il a obtenu ou la^ guérison, ou un notable amendement. Cette méthode , dit-il » qur3 nous avions vu suivre à Récamier, est employée» à l'Hôtel- Dieu de Paris» par cet ingénieux praticien» de* puis près de quarante ans. Bupreste» personne n'ignore que cette manière de Uraiter les maladies puerpérales avait été adoptée par Doulcet, qui a obtenu» lui aussi, des succès très-éclatants ; par Mme Lachapelle, qui en signala les bons effets ; par Gardien, qui indique les cas dans lesquels il est bon d'y avoir recours, etc.

L'.ipécacuanha, administrée titre de vomitif,, se donne communément à la dose de OMatre déci^rammes jusqu'à seiic ( de 8 à 30 et 32 grains) dans quatre onces, environ, d'eau pure tiède. J'ai (K)ur habitude de fractionner la dose en trois prises, que le ma-

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