MALADE
ils ne voient pas. Ce n'est pas tout: ou a remarqué communément, relativement aux prescriptions qu'ils font, qu'elles portent toujours sur des médicaments vulgaires , connus dans les lieux qu'ont habités les personnes de leur condition, et que si plusieurs somnambules sont consultés pour le même suietf ils n'ordonnent aucuns le même remède, pas même des médicaments ayant les mêmes propriétés, mais des substances ayant des propriétés différentes ou opposées. Donc on doit croire fort peu aux facultés médicales des somnambules, et, pour notre part, nous ne leur accordons pas notre confiance. Et comment en aurions-nous, puisque les somi^ambules ne peuvent pas voir même dans luur propre corps? Ce n'est pas qu'ils n'en aient les prétentions; niais les recherches réitérées qu'a faites M. Rostan à ce sujet, lui ont apnris que, malgré tous les efforts qu'ils fout, ils n'arrivent qu'à éprouver quelques sensations intérieures; jamais il n'a obtenu que des descriptions ou tout à fait fausses, ou du moins fort erronées. Or, s'ils ne voient pas en eux, comment peuvent-ils voir ea autrui? Après ces considérations, on ne sera point étonné que nous ne donnions pas la description du procédé généralement employé pour produire le sommeil magnétique, le somnambulisme, etc., etc.
MALACIE ou Malacu, s. f., malacia ou ftahmioL. — Il signifie la dépravation du goût qu'on rencontre chez les femmes grosses, ciiez certaines chlorotiques et chez la plupart des enfants qui ont des vers.
Cette dépravation a cela de singulier, qu'elle porte ceux qui en sont atteints, à manger des substances qui ne sont pas alimentaireSi ou qui généralement répugnent à tout le monde. Et, par exemple, les biographes de Zacutus Lusitanus disent qu'il avait la manie de manger ses excréments et la démangeaison de manger ceux des autres : voilà bien, je l'espère, une véritable malacia. M. Paparel avait le môme tic.
MAL CADDC. Yoy. Epilepsie.
MAL D'AVENTURE. —C'est le nom qu'on a donné aux abcès qui se forment aux doigts è la suite des piqûres : il est synonymç de ToDRNioLE et de Panaris [Voy. ces mots).
MAL DE CœUR. Voy. Nausées.
MAL D'ENFANT. — On désigne ainsi, soit les Mot'CHEs (Voy. ce mol], soit lus véritables douleurs qui expulsent le fœtus de la matrice. Voy, Accouchement.
MAL DES ARDENTS. Voy, Erysipèlk.
MAL D'ESTOMAC. Yoy. Cardi algie, Gastralgie, etc.
MAL FRANÇAIS. — Dénomination que l'on a donnée en France, pondant le xvi' siècle, à la maladie vénérienne.
MAL (Haut). Voy. Epilepsie.
MAL DE MER. Voy. Vomissement.
MAL DE MÈRE. - 11 est synonyme de Vapeurs. Voy. HvsTéRiE.
MAL DE SIAM. — Nom donné à la fièvre jaune. Yoy. Typhus malin.
MAL DE TÊTE. Yoy. Céphalalgie.
MALADE. - Objet de nuire constante sol-
licitudç, l'être souffrant qui réclame noi soins et nous demande de le soulager dei maux qu'il endure, ne se doute point, géué ralement, qu'il dépend le plus souvent d lui-môme, c'est-à-dire de sa docilité h suivn les avis de son docteur, de se procurer li soulagement au'it désire obtenir : à \m tour, l<s gens ae la famille, ou les personne; étrangères qui l'entourent, se croient dispeu ses de suivre rigouretAsement les ordonnance par trop sévères du praticien, et se prèleu parfois avec trop de complaisance auxcapri< ces du malade, qui, hélas 1 n'en a souveu que trop de caprices; d'où il suit que c'es un bien mauvais service qu'ils lui rendent; car la guérisou n'est fromptement possible que si, le médecin faisant tout ccquicoii vient, le malade et tous ceux qui l'approciienl concourent au même but.
Hippocrate l'avait si bien senti, qu'après avoir dit, dans son premier aphorisme , qut* « l'art est long, la vie courte, le jugeiu^;?/ difficile et l'expérience périlleuse, » il ajoi/fe. nous le répétons : Il faut non-seulemad^^ le médecin fasse ce qui convient^ f^ais tmu que le malade^ ceux qui rapprochent (t m ce qui rentoure^ concourent au même bni. Ainsi le père de la médecine, tout en laissai! au médecin une bien grande responsabilité, lui laisse du moins la consolation qu'il nesl pas seul responsable de ses insuccès, puid* qu'il ne peut pas toujours avoir la certitude que ses prescriptions ont été fidèlenaeot rem plies. Or c'est généralement quand les assisi tants s'en écartent le plus, qu'ils lui jellenl \i pierre si l'individu succombe.
Pour éviter ces conséquences douiJJeuiepi fâcheuses, gue doit faire le praticien? lidoit| par de judicieux avis, diriger ceux qui sun( appelés à le seconder dans la tâche boocH rabïe, mais bien difficile et parfois fort p(H nible, qui lui est conQée; éclairer de ses conseils le malheureux qui souffre, et luiinspi^ rer une grande confiance, soit dans refQcacile des moyens qu'il va mettre en usa^e, soit surtout dans la nécessité de robservalioflilt'^ règles hygiéniques qui seront prescritos Voilà ses devoirs ; mais ils ne se bornent p3^ là, et s'il est des cas où il doive s'arrêter a des détails minutieux, c'est quand il donne ses avis aux parents et aux garde-malade^ sur la manière dont ils doivent agir, cl sut la nécessité de se soumettre eux-niôniesaux déterminations qui auront été prises ou le seront ultérieurement, dans Tintérôl du iwlade ; sur leur exactitude à administrer e> médicaments aux heures et aux doses indiquées par l'ordonnance; de ne s'écarter n' rien de ce qui a été arrêté, fallût-il contrarier les goûts du sujet ou vaincre se répugnance. En d'autres termes, rhomme deUri doit tout coordonner vers un but unique, '«
guérison, quand elle est possible; ^^^^ff soulagements et des consolations quaDd ^j mal est incurable ; et le malade, et ceux qui '"
prodiguent leurs soins affectueux, tloivc seconder son zèle et sa vigilance pour u^i' rendre ses clforts impuissants. Aiusii eu rr fléchissant à ce qu'a dit Hippucrale, on ^^"'
MALàDE
que le rôle de chacune des parties intéressées diffère ; que le malade et ceux (|ui Tappruchent sont en Quelque sorte entièrement poitifM dans les obligations qu'ils ont à rem« plir, tandis que le médecin seul est actif. Ils sont passifs, en ce sens qu'il sufUt ae leur eiactitude et de leur bonne volonté; au lieu que le praticien est actif, parce qu'il doit étudier la maladie , s'instruire par cette élude et instruire les autres; qu'il doit tout juger, tout calculer, tout prévoir ^ pour avi* ^rani moyens de tout attaquer, de tout détruire.
11 c'y arrivera que s'il s'arme de beaucoup de fermeté et de modération; s'il reprend irec patience, et jamais avec aigreur, ceux qui s*écarteront des règles qu'il a posées; s'il lear rappelle souvent, toujours, que la moindre imprudence, la plus petite infraction, peut paralyser Faction des médicaments, proroduer un effet contraire, ou occasionner des recDutes souvent funestes. Il doit donc allier la douceur et la bonté à une fermeté inébranlable, dût-on l'accuser d*entètement et de dureté; je dis plus, dût-il être accusé iimpolUeêse^ car il doit éloigner lesimpor* tuos, et obtenir pour son malade le calme et h trauquillité qui lui sont nécessaires, pourvu que le malade veuille s'y prêter! Je ais, par expérience, que c'est chose bien difliGife; qu'on rencontre parfois des sujets indociles et acariâtres, qui restent inactiis et oisifs lorsqu'ua exercice modéré et quelquefois même violent leur serait nécessaire; qui vivent dans la solitude , lorsqu'ils trouve* nieot dans le monde et dans des conversations agréables, ou dans des promenades répétées, un délassement pour leur esprit, une occupation utile pour leur intelligence et Imssens agités; qu'il en est d'autres oui se )ivreul à des mouvements brusaues, à la colère, et poussent de hauts cris lorsque leur l|uiirine faible et délicate, leurs poumons eu-lammés, exigent les plus grands ménagement, etc., etc. Eh bien, dans ces circons- Unces fâcheuses , le médecin doit redoubler 'le patience, renouveler cependant avec fermeté ses instances et ses conseils, et si le malade se refuse opiniâtrement d'y souscrire, ii s'éloignera pour ne plus revenir, si Tindi- ^idudoit trouver ddns l'abandon où le laisse ^n docteur une leçon salutaire. Qu'un sorrfide intérêt ne le retienne pas, carune proimon qui est toute d'abandon et de dé*- Touemeot doit être aussi toute de sacrifices.
^us ce rapport, on ne saurait trop recomïDander à ceux qui exercent l'art de guérir, utHre affectueux et bons pour la classe indi* Kente; c'est elle qui doit être surtout l'objet ^^ leur constante sollicitude, non-seulement i cause de l'intérêt qu'elle inspire, mais en- <^ parce que le malade lui-même , et tout fc.qm l'entoure, agit souvent et sans le vouloir, contrairement aux désirs et aux prèscnptioDs du médecin. C'est donc un devoir de redoubler pour elle d'attentions et de vigilaoce, puisque, ainsi que ie disait Alibert : ■C'est surtout la médecine faite pour les indigouts qui^peut dignement honorer notre