‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 122 sur 209 · MALADIE · texte numérisé non relu

MALADIE

ministère; heureux celui qui fait de sa profession une providence, qui pénètre dans tous les secrets do l'infortune pour en adoucir l'amertume, sans chercher d'autre satisfaction que celle que donne la pratique du bien, sans ambitionner d'autre salaire que celui d'une conscience qui l'approuve I »

MALADIE, s. f., morbus ou vô^oc, iraSoç, Topposé ou l'absence de la santé. — On dé* finit la maladie, le trouble permanent d'une ou de plusieursfonclions de l'économie, porté jusqu'au point d'exiger un effort médicateur de la force vitale, ou les soins attentifs d'un médecin, pour rétablir Tharmonie corporelle oui constitue la santé. Ayant dit, article Affection, en quoi celle-ci diffère de la maladie, nous n'avons donc pas à revenir sur ce sujet; mais ce sur quoi nous insisterons, c'est sur la division des maladies qu'il convient d'adopter au lit des malades.

Depuis 1602, époque à laquelle Félix Platcr essaya de donner une classification des maladies, jusqu'en 1799, année de la publication de la nosologie philosophique par Pinel, on a vu se succéder tour à tour les classifications de Sauvages, 1732; do Linné, 1763; de Vogel, 1764; de Sagar, 1772;deCullen, 1778; de Macbride (même année) ; de Vitet (idem) ; de Selle, 1789; de Bauuies, 1801, etc., qui toutes, ont été plus ou inoins défectueuses ; aussi les avons-nous abandonnées pour adopter une division excessivement simple, et basée sur la connaissance des éléments et des sub-éléments des maladies. C'est-à-dire que, pour nous , il y a des maladies simples , des maladies composées et des maladies compliqtiées. Les premières, qui sont fort peu nombreyses, se composent, ainsi qu'il a été dit, dun élément ou d*un sub-élément isolé, existant seul, et constituant seul la maladie; exemple : l'état inflammatoire, l'embarras gastrique, l'anémie, certaines névralgies périodiques, etc.; au lieu que j'appelle maladie composée , celle que par l'analyse et la synthèse on reconnaît être constituée par plusieurs maladies se liant et s*associant ensemble chez le même individu. Ainsi, ànolre sens, la fièvre gastrique bilieuse est une maladie composée par la fièvre, d'une part, et l'état saburral, de l'autre; la pneumonie simple est une maladie composée par la fièvre et par l'inflammation ; et si la pneumonie est bilieuse, elle se compose de la fièvre, de l'état saburral, et de l'inflammation, etc. De telle sorte que la maladie composée peut offrir deux, trois, quatre états morbides et plus, s'associant, et exigeant chacune un traitement spécial, à moins que parmi elles il y eu ail de symptomatiques.

Enfin, ce qui pour nous forme le caractère distinctir des maladies compliquéesy ce sont les cachexies ou états diathésiques qui changent la maladie en affection, et par exem- K' I : rophthalmiescrofuleuse ou syphilitique, l'étudiant, on constate qu'elle se compose de l'inflammation de la conjonctive, mais qu'à cette phlogose se mêle un état dyscrasique du sang qu'il faut nécessairement détruire, si Ton veut que l'inflamma-

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t^f^u de Vœil guérisse. Ainsi , à Taide de eetie divisioDt le praticien û'a pas àchercherle nom nosologiqne qu*il peut donner à la maladie qu'il a sous les yeux (à moins qu'il ne veuille faire de la science* et alors il peut adopter une des dassifîcations connues), mais à s'enquérir si la maladie est simple* compo* sée ou compliquée. Dans le premier cas* il n'y a qu'une seule indication à remplir* et, une fois remplie * le malade guérit; dans le second cas* au contraire, il doit compter de combien d'étals morbides* divers* essentiels» la maladie se compose* afm d'attaquer toujours l'état prédominant (ou oui presse le plus), de manière à réduire peu a peu la maladieà l'unité; tandis que dans le troisième cas* tout en agissant de môme, il faut avoir in* dispensablement en vue l'état diathésique ou constitutionnel do l'individu. Cette di« vision des maladies* unie à la connaissance exacte des éléments et scb-éléiiknts des maladies (Foy. ces mots) et des phénomènes pathologiques particuliers aux dyscrasies * simplifie tellement, ce nous semble* la curation des maladies et des affections pathologiques* que nous n'avons pas hésité k l'adopter dans notre enseignement et à l'exposer aujourd'hui.

Maladie bleue, s. f. Voy. Ctanosis.

MALADIES MENTALES. — Depuis l'idiotisme, qui n'est qu'un défaut de connaissant ces ou I abolition plus ou moins absolue soit des fonctions de I entendement, soit des affections du cœur, jusqu'à la manie* pendant les accès de laquelle il y a une si grande perversion des facultés intellectuelles* que l'âme cesse d'exercer la moindre influence sur les instincts brutaux de l'organisme, il y a une foule de nuances qu'il est assez facile d'apprécier, mais oui ne changent rien ou pas grand'chose à la nature de la maladie. Et cela devait être ; car, que le vice organiaue qu'on remarque au cerveau* organe de 1 in* telligence* ou à ses enveloppes membraneuses ou osseuses* produise l'idiotisme* l'imbécillité, la mélancolie* la monomanie, la manie ou folie* n'est-ce pas que ce sont des degrés divers ou formes diverses de l'aliénation mentale? N'est-ce pas que dans chacun de ces états* il y a une exaltation ou une diminution ou une perversion plus ou moins profonde des fonctions organiques de l'encéphale? Ce qui semble prouver (jue oui* c'est que la fièvre* l'Ivresse, l'action des narcotiques et de tout ce qui porte le sang au cerveau produisent une aliénation mentale passagère, momentanée ; tandis qu'on a vu souvent cette maladie cesser par le déplacement ou le transport de l'affection sur un autre point, et par exemple* par la phtbisie pulmonaire. Toutefois* il faut le dire* il y a une différence bien manifeste entre certains de ces états : ainsi l'idiotisme* qu'il soit di^erminé par un vice originaire qui empêche le développement des facultés intellectuelles, ou par des coups reçus à la tête, un chagrin profond* une vive frayeur* la joie, l'abus des saignées, une inflammation chronique du cerveau, une hydrocéphalie com-

mençante, une ou plusieurs attaques d'apoplexie, etc.* se reconnaît au défaut d'expression du regard et de la physionomie du sti> t'et 7 sa figure est comme inanimée, ses sens lébélés* ses mouvements purement insiioctifs ou automatiques; plongé dans une sorte de stupeur habituelle* d'inertie insuriuoDtable* il marmotte quelaues sons inarticulés. An contraire* dans la mélancolie qui est la m»ladie des hommes à l'imagination exaltée, de^ grands penseurs* des poètes* des ambitieux, et qui* ie plus souvent* reconnaît pour causes la tristesse, des chagrins profonde ou Id plupart de celles qui produisent l'idiotisme, mais plus particulièrement un amour malheureux, une ambition déçue, un sentiment trop énergique de ses devoirs* l'excès de> plaisirs vénériens, l'abus des spiritueux et des narcotiques, la suppression d*une hémorragie habituelle* d'un exutoire* etc., la mélancolie* dis-je, se décèle par l'aspect paie, livide et amaigri do la face et de toute i¥ bitude du corps* par un caractère défrul, ombrageux* irascible* un sommeil agité et troublé par des images lugubres* des terreurs fantastiques* mais surtout à une itiée fixe qui absorbe* en quelque sorte, touie l'existence de l'individu et acquiert le pins haut degré d'exaltation; ainsi* le mélancolique pousse la passion de l'amour jusauiu fanatisme ou à un véritable délire ; la colère, jusqu'à la fureur la plus violente ; la veo* geauce* jusqu'à la cruauté la plus barbare. C'est pourquoi, à mesure qu'il avance eu âge, la morosité de son caractère allant toujours croissant, le trouble de ses facultés intellectuelles finit par une sorte d'aliénation nieutaie, ou* si 1 on veut, par une assodation bizarre d'un certain ordre d'idées, s'accompagnant des émotions les plus vives et les plus tumultueuses.

Enfin, quant à la monte ou à h folie, dont les causes sont encore les mêmes que pour les autres vésanies de rintelligeuce, on la distingue en manie délirante et en manie sans délire^ c'est-à-dire* que dans ce dernier cas, les facultés intellectuelles n'ont éprouté aucune sorte d'altération* an lieu que les fonctions affectives sont essentiellement lésées; aussi le maniaque a-t-il une propulsion singulière à des actes de fureur, même sanguinaire, à de3 actes de violence. Au contraire* dans la manie déliranie , taolAl. ei sans qu'il y ait aucun changement relative ment aux sens de l'ouïe* de la vue ou du toucher* quelques-unes de ces fonctions f^^ vent être perverties à ce point de donner lieu à des erreurs insolites. L'illusion peul être même portée jusqu'à ne voir aucun des objets présents et a faire prendre des images fantastiques pour des réalités. Cette classe d'aliénés à hallucinations est même assez nombreuse* et rien n'est plus singulier que < bizarrerie de visions, d*auditions,etc.,q^"^ éprouvent individuellement : et par excfflp^ on remarque la lésion d'une ou de plusieurs fonctions de l'entendement et de la volonté, avec des émotions gaies ou tristes, eiW^ gantes ou furieuses. Remarquons, toutefois.

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jue le délire ne porte quelquefois que sur ju seul objet; le malade raisonne bien» cause même agréablement sur bien des sujets, la politique» les sciences» les arts ; mais lossitdt que son idée se fiie sur Tobjet de soQ délire» e*est alors au'il tient les propos les plus incohérents» qu il s'exalte et q[ue» si m le contrarie, il entre en fureur. C est ce iju on appelle la monomanie, ou délire ma* Diaque sur un seul objet. Enfin, une dernière obseryation sur la manie en général» c'est qu'elle est continue ou périodique» et dans ce dernier cas elle revient par accès réguliers ou irréguliers.

Quoiaue les maladies mentales soient canclérisées par une aberration des facultés intellectuelles , on aurait tort de croire que ktraitement moral soit le seul qu'on puisse nettre en usage. 11 a certainement une in* toice non contestée, mais il est positif que, te la majorité des cas, la guérison est due ni moyens physiques. Ce doit donc être un DOlif de nous servir des deux voies qui ooas sont offertes pour arriver jusqu'à l'Ame qui, débordée en quelque sorte, maîtrisée l«r la bête et les organes iVoy. mon Intrthkelion au Dictionnaire des Passions), ne peut commander ni à Tune ni aux autres, d'où les troubles divers que les maladies neotaies offrent à l'observateur. On doit donc, remontant à la cause organique qui

riQt produire Faliénation mentale, chercher délniire l'irritation locale ou sympathique du cerveau, afin de rétablir 1 équilibre entre la puissance psychique et ia puissance vitale vicieusement influencée par l'organsQoe. Et comme le contre -poids le plus important du cerveau est le système oerveui du bas- ventre (ce qui explique, comme le remarque Rufeland,Vinaction des iniislins et des viscères abdominaux dans tous les cas de folie intense), il faut donc btre entrer ce système en jeu.

Le plus puissant de tous les moyens à employer dans ce but» c'est le- vomitif dont Coi est un des plus zélés partisans et que Esquirol administrait avec beaucoup d'avantages, dans la plupart des cas de mélancolie iîec stupeur ; mais, ainsi que l'observe Macliride,il faut en général donner aux fous de ^es doses d^émétique ou d'un cathartique pour les émouvoir aune manière sensible, ^.insister beaucoup sur leur emploi, car les â'iteés sont surchargés d'une grande quan- Hl^ de flegmes, dont on ne peut mieux les ^lébarrasser, dit Monro, que par les vomitifs '^Pélés. 11 a moins de confiance dans les P<i^Atifs, son observation particulière l'ayant WDrtttii h constater qu'ils ne produisent pas ^ussi bons efl'ets que l'usage fréquent des «ûèliques. i

. }à se place encore le traitement par la amj, moyen très-puissant d'exciter le sys- Ktue nerveux. Bien des gens connaissent 1 histoire de cette jeune fille devenue folle et lourde, qui s'échappa dans un bois où elle ij^sia cinq jours toute nue et sans prendre le nourriture, et qui guérit par cette diète

absolue, quoiqu'elle eût été exposée pendant deux jours à une pluie continuelle.

Viennent ensuite les irritations à la surface du corps, et parmi elles, l'application des sinapismes aux extrémités inférieures, des vésicatoires sur divers points, du séton à la nuque, de la pommade slibiée sur la tête préalablement rasée, du cautère à la partie

tiostérieureducou, surlesépaules ouïes bras, l est certain que ces moyens sont éminemment utiles, soit comme dérivatifs, soit pour remplacer un écoulement supprimé, ou une maladie exanthématique ren/rce; soit en imprimant un nouveau modcrd'action au centre sensitif. La preuve ? C'est qu'on a inoculé la gale avec succès, et appliqué des moxas derrière le cou ou sur le crâne ; que M. Esquirol a guéri deux jeunes filles atteintes, depuis plus d'un an, de mélancolie avec stupeur, en usant de ce dernier moyeu, du moxa, appliqué sur la partie supérieure de la nuque. En moins de quinze jours, elles entrèrent en convalescence. Quand elles furent guéries, elles déclarèrent avoir ressenti, au moment de ropération,un torrent defeuseré-

Iiandre dans tout le corps, et que dès lors eur intelligence avait commencé à reprendre son activité. Du reste, puisqu*on a vu des fous guérir par des brûlures accidentelles, pourquoi 1 ari n'emploierait-îl pas le moxa et le feu ?

Doit-on employer les évacuations sanguines? Oui, dans le principe, chez les sujets jeunes, forts, furieux ou méchants, quand une hémorragie est supprimée, quand on soupçonne une congestion sanguine au cerveau, ou une phlogose de cet organe; mais plus tard, non, la saignée faite au pied par une large ouverture, comme on le conseille, pouvant jeter le malade dans un affaissement et une hébétude funestes ; à plus forte raison, si on abuse des dépléllons sanguines. C'est probablement parce qu'il en avait remarqué les mauvais effets, que Pinel les proscrivait presque exclusivement du traitement de la folie, déclarant que les cas où la saignée est judicieusement pratiquée, sont extrêmement rares, et que ia stupeur et l'idiotisme peuvent en être la conséquence fâcheuse. Pratiquée ad deliquium^ dit-il, la saignée est un des moyens les plus téméraires qu'on puisse se permettre.

Cette sentence portée par Pinel a été confirmée plus tard par Esquirol qui déclare, k son tour, avoir vu la folie augmenter, soit après une, deux et trois saignées, soit mémo après des règles abondantes : la tristesse passer à la manie et à la fureur, aussitôt après la phlébotomie. Disons cependant que ce praticien ne proscrivait pas la saignée dans les cas où nous avons dit qu'elle était praticable ; qu'il en étendait môme l'emploi aux aliénés menacés d'apoplexie.

Par contre, prétendant ou'on a proscrit avec trop de sévérité les évacuations sau« Ruines, Georget conseille, afin d'éviter les inconvénients qu'on assure en avoir été la suite, de les combiner avec les applications réfrigérentes sur la tète et l'action oes agents

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révulsifs. 11 recommande aussi les saignées locales , parce que leur aclion est plus direcle et qu il n'y a pas perle de sang inutile et superflue, et parce que, réitérées avec ménagement, elles sont sans inconvénient, même chez des individus qui paraissent très-faibles. Nous n'ignorons pas que Rush, un des plus grands praticiens des Etats-Unis, s'est prononcé bien plus fortement encore en faveur de la saignée dans les maladies mentales, et qu'il donne pour raison : 1" la force et la fréquence du pouls, Tinsomnie, l'agitation des malades ; 2" que l'appétit n'étant pas interrompu chez les aliénés, étant même augmenté cbez certains, ils deviennent trèsfacilement pléthoriques ; 3° l'importance de j l'organe malade, le cerveau, et sa structure ' délicate, qui l'empêche de supporter longtemps, sans être exposé à une désorganisation permanente , un dérangement anormal quelconque, celui même que produisent ou qu'augmententl'insomnie, les chants, les cris et les mouvements désordonnés auxquels les fous se* livrent ; k* l'absence de toute issue directe pour le transport au dehors de la cavité crânienue, de l'épanchement séreux qui accompagne toute inflammation membraneuse ; 5° les cures accidentelles qui ont suivi la perte d'une énorme quantité de sang, et par exemple la gaérison d'insensés qui ont voulu se détruire en se coupant la gorge ou en s'ouvrant de gros vaisseaux, et qui ont recouvré la raison par l'hémorragie abondante qui a suivi cette tentative; 6"* enfln tes cures qu'il a obtenues en Pensylvanie. Nous savons aussi qu'il conseille de saigner largement à la première attaque de la maladie, de tirer de vingt à quarante onces de sang, à moins qu'il n'arrive des syncopes, et de pratiquer la phlébotomie, s'il est possible, l'insensé étant debout. Entin, que d'après lui, les ventouses scarifiées ne doivent être employées qu'après la réduction du pouls au moyen des saignées générales ; qu'on doit être plus avare du sang dans les aliénations produites par les habitudes de l'ivresse; plus prodigue de sang dans la folie que dans toute autre vésanie cérébrale, etc.; et cependant nous pensons qu'on doit être très-réservé dans leur emploi, et ne les employer jamais chez les personnes débiles.

Indépendamment des moyens déjà énumérés, et qui agissent d'une manière indirecte sur le système nerveux , la cure de l'aliénation mentale réclame l'emploi des médicaments qui peuvent produire une moditicatiori directe et en quelque sorte spécifique sur l'encéphale. Les principaux, ceux dont fexpérience a constaté reilicacité, sont, la digitale administrée à haute dose (30 ou U) grains par jour en infusion), queCox regarde comme le meilleur moyeu, après les vomitifs, contre la folie. 11 va jusqu'à dire qu'on ue doit regarder comme incurable aucun cas d'aliénation dans lequel on n'aurait pas fait usage de ce remède, particulièremeut si te pouls est fort et fréquent. La meilleure manière de l'administrer, c'est d'en augmenter graduellement la dose jusqu'à ce qu'on

soit arrivé à faire prendre douze grAmmes (3 gros), chaque jour, d'une teinture très-cba^ gée, prétendant que l'administration de ce médicament, qui tient habitueliemeotle pools dans un état de ralentissement très-marqué, produit d'excellents résultats. Nos propres expériences nous ayant conduit àcousidérer ces propriétés attribuées à la digitale, comme non constantes, nous dirons, sans prétendre nier l'efiicacité de ce remède, qu'il n*agit point par son action directe sur la circul<v tion du sang et que, dès lors, il v aurait du danger, selon nous, à le portera d'aussi hautes doses.

Quant au camphre que Rennier cooseille à grandes doses (jusqu à un demi-gros par jour) dans la manie furieuse, il peut également être tenté, mais avec modération, ainsi que les autres narcotiques, quoique Sydeoham ait dit qu'on pouvait les euiplo/er utilement. Ceci s'applique surtout àropîuoi tant vanté par Wepfer, qui, s'il a guéri quelquefois, a produit plus souvent de fâcoeur effets, soit parce qu'il a Thabitude ûemstiper, soit parce qu'il congestionne M^ment le cerveau; s'il est salutaire, ce ne peut être que chez les sujets très-faibles, et alors qu'on reconnaît que Taliénation tient i l'atonie cérébrale.

A propos d'atonie cérébrale, nous dirons que, généralement, les aff usions d'eau froidn sur la tête et sur toute la surface du corps* et l'usage intérieur de ce liquide pris eu quantité considérable, produisent d'excellents etfets; que cette atonie étant généralement liée à un état de faiblesse de tout l'organisme, il faut,' dans ce cas, employer les analeptiques, les toniques les plus puissants. Je dis plus, les analeptiques sullisent seuls, quelquefois, puisquon lit dans Ësquirol* qu'il a vu des aliénés victimes de la plus affreuse misère, privés longtemps d'une nourriture suillsante, de tout moyen de propreté, arriver à la Salpétrière dans le plus déplorable marasme ^ et qu'il a rendus à la raison par un régime alimentaire sain, régulier, quelque boisson amère, des bains de courte durée. « Chose remarquable, dit^il, les progrès du rétablissement des facultés intellectuelles coïncidaient d'une manière marquée, manifeste , avec le retour des forces et de l'embonpoint. » Une décoction légère de quinquina, une quantité modérée de bomie viande, une nourriture saine et fortiûaote, les observations des règles hygiéniques»

suffisent donc dans ces sortes de cas.

I^éanmoins en aucune circonstance ou ne doit pas oublier de remonter aux causes d' la maladie, afin d'agir directement contre elles ; plusieurs faits authentiques, quoique en petit nombre, établissent que des indiridus ont été guéris de la folie par révacuation d'une grande quantité de vers. On conçoit que si l'état vermineux cause la folie, iHoit être avantageux d'employer les mercuriaui comme anthelmintiques, et même de les ré-

féter plusieurs fois. Dans ces cas on n'a pas craindre la salivation, puisque, au dire de bien des praticiens, elle est avantageuse aui

MALADIES MENTALES

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siiéiiés. Cependant nous croyons que micui vaut Inviter, à moins qu'on ne soupçonne une origine syphilitique à Taliénation n)en-

taie.

Traitement moral des aliàuUians menUUes,

Il peut être partagé en deux classes, celui qui est commun à toutes les espèces d*aliénaliûD et celui qui convient à Vindividualité du malade, qu'on ne saurait déterminer, du rcsle, qu après Tavoir bien étudié.

Daos la première classe, le but qu'on doit se proposer, c'est de faire dominer la raison sur la déraison, quand les facultés inteliecluelles ODt pu acquérir un certain développement. Ce mode d^agir est celui de toute bonne (^jucation, car il n'est rien qui ressemble ))l(is à la folie que les caprices de l'enfant mai élevé, l'entêtement et le mauvais naturel des jeunes gens, la déraison de quelques :^iQltes, les passions insensées de quelaues ridilards. Le traitement moral des aliénés n'est donc autre chose que l'art de dévelop- ;cr certains sentiments honorables, affectueux, etc., qui servent à étouffer les mauvais (Yoy. mon Dictionnaire des Passions]. C'est pourquoi la première habitude qu'il faudra faire contracter à l'aliéné c'est l'ohé'uiance: et ce serait mal commencer son tdiioaiioD que de le laisser agir comme une jeune tille volontaire. L'insensé doit aplireadre k obéir en tout, même eu ésard aux Hus petites choses : il faut souvent lui comiiiiinder, à dessein, le contraire de ce qu'il leui faire, et ïy contraindre avec douceur, liais avec sévérité. On doit l'habituer éga- (•'tuent aux exercices de l'esprit et du corps, uais surtout de ce dernier, rien n'étant plus rupre à chasser de l'Ame Tidée fixe qui obsède. Qu'une fatiçue physique au grand ir. dans ces lieux riants et solitaires. Inu-*

air

lile de dire au'on varie l'occupation suivant le degré d'éuucation que le malade aura relue et son genre de folie.

En dehors des exercices corporels et de loccupation qu'on aura imposée à l'aliéné, tien oest plus propre aussi à le guérir que les impressions agréables qu'on produit sur Mîs sens par des jeux, |)ar la musique, qui «leree sur l'ftme une influence si salutaire, i|uelle calme et rafraîchit en quelque sorte tpltation de notre imagination en délire. <'«st, du reste, sur ces principes que les %pliens avaient basé leur traitement de la nâancolie. L'histoire de ces peuples nous <^flseigne qu'aux siècles éclairés de l'ancienne %vpte, il y avait, aux deux extrémités de ^<îtic contrée , alors très-peuplée et trèsjlorissante, des temples dédiés a Saturne, où 1^ insensés se rendaient en foule et où les prêtres, profitant philanthropiquementdeleur (crédulité confiante, secondaient leur guéri- ^^y prétendue miraculeuse, par tous les '"o^eos naturels que l'hygiène peut suggél^f ; jeux, exercices récréatifs de toute es- P^f chants agréables, musique mélodieuse, P^menades dans des jardins fleuris , dans ^^ bosquets ornés avec un art recherché, reu n'était épargné pour agir toul à la fois ^^T les sens et 1 esprit, et sauf les peintures

voluptueuses qu'on exposait avec profusion aux regards des mélancoliques, images séduisantes, qu'on ne saurait exposer ^ans danger à tous les regards, tout était nier* veilleusement disposé pour le but qu'on voulait atteindre. Ainsi, tantôt on faisait respirer aux malades l'air frais et salubre du Nil, en les promenant sur les eaux du fleuve dans des bateaux décorés avec art et «au milieu de concerts champêtres; tanlÂt on les conduisait dans des lies riantes où , sous le symbole de quelque divinité protectrice, on leur procurait des spectacles nouveaux et ingénieusement ménagés; des sociétés agréables et choisies ; tous les moments enfin étaient consacrés à quelque scène gaie, à des danses grotesques, à un système d'amusements diversifiés et soutenus par des idées religieuses. Pourrait-on croire que la réunion de tous ces moyens, si habilement ménagés, associés à un régime bien assorti et scrupuleusement observé, nût rester sans influence sur l'âme des mélancoliques, et ne pas opérer les changements les plus salutaires dans Tordre habituel de leurs idées? Impossible d'avoir un pareil sentiment; car il serait contraire à la raison* Cela est si vrai, qu'aujourd'hui tous nos établissements publics d'aliénés réunissent aux conditions de salubrité tout ce qui, par sa nature, peut être mis à la disposition des fous, et est capable de produire» par ses effets soutenus» une diversion favorable au tourment qui le)» agite.

11 est une chose importante, que le méde* cin doit recommander dans le traitement des maniaques furieux, et«chez tout insensé qui, dans ses accès, tend à se détruire ou h détruire; qui casse, brise et tuerait son semblable s'il en avait la liberté. C'est que, du moment où l'accès va commencer, l'indi^ vidu doit être renfermé dans un lieu obscur, dans une chambre matelassée pour qu'il ne se blesse pas, dans un endroit enfin où il soit à l'abri de. toute impression extérieure,

f propre à agir sur ses sens, et qui pourrait 'agiter. Pondant qu'il y est renusrmé, on se borne à lui donner des boissons délayantes ou acidulées, s'il veut en prendre, et on lui sert sa nourriture. Puis, quand l'effervescence est un peu calmée, ou lorsque l'accès n'est pas très-violent, on laisse à l'insensé la liberté de courir, de s'agiter, de se promener dans un jardin ou une cour clos, eu le contenant simplement avec un gilet de force, si on craint qu'il commette quelque acte de violence ou qu'il se blesse lui-même. Sur le déclin, on augmente de plus en plus la liberté des mouvements et on l'isole des insensés agités et furieux.

Dans les intervalles de raison on emploie les moyens physiques dont nous avons indiqué les propriétés, et on marque au malade un grand intérêt, une bienveillance affec* tueuse ; s'il commet une faute, on l'en punit par des privations, pour revenir aussitôt aux movens de douceur et de condesceiidance. C'est aussi dans les moments de calme qu'il convient surtout d'exercer une grande

IfAIAMES MENTALES

surveillance sur les gens de service, a&o de les eoipècher de se porter envers raliéoé à des propos oflTensanU ou à des actes de violence.

EnQn, la tète du maniaque restant encore faible durant la convalescence, et ses diva* gatiotis ou ses écarts désordonnés pouvant se renouveler pour les motifs les plus légers* il faut que ce reste d'agitation et d'efferves* cence se calme par degré, soit par Tusage des bains tièdes et des boissons relAchantes auquel on revient de temps en temps; soit par la ponctualité rigoureuse avec laquelle il employera son temps, à un travail des mains qui Toccupe sans le fatiguer. Ce n'est que quand la raison est parfaitement rétablie qu'on doit permettre une entrevue avec les parents, ou les discussions pour des inté^ rets de famille.

Revenant à Thyçiène morale, nous dirons qu'il n'est rien qui contribue davantage à la guérison des insensés et qui la raffermisse, que le développement des sentiments reli-' gieux. « C'est là (dit Hufeland, et nous partageons entièrement ses convictions) le cou* ronnement du traitement moral. Le principe moral est ce qu'il y a de meilleur en l'homme; ce qui, à proprement parler, le fait homme, l'essence de son essence ; ce à quoi, par conséquent, sa pensée ^t ses actions raisonnables peuvent encore se rattacher, alors même que tout le reste manque. De là le pré«> cepte de conduire les aliénés à l'église, et la nécessité de leur donner un prêtre éclairé. » De là aussi, ajouterons-nous, la nécessité de leur donner pour gardiens des religieux qui, par leur patience, leur douceur, leur dévouement et rinstruciion religieuse qu'ils donneraient au mania(}ue, rendraient peut-être à la société bien des individus qu'elle a repoussés et qui n'y rentrent plus. Zimmermann, dans un voyage qu'il fit à Paris, eut occasion de voir dans les grands hôpitaux trois espèces de fous : les fous par oi^eil, c'étaient des hommes ; les fous par amour, c'étaient des fliles ; les fous par jalousie, c'étaient les femmes : elles avaient t'air d'autant de furies. Eh bien I n'est-ce pas qu'en développant le sentiment d'humilité chez les uns ; 1 amour de Dieu et du prochain, de la vertu, de la chasteté, de la résignation chez les autres, tous ces sentiments avec le sentiment d'abnégation de fioi*-mème chez les dernières, on verrait moins de fous peupler nos hospices? C'est une vérité incontestable et qui se rattache spécialement au traitement moral appliqué suivant le caractère individuel ou l'espèce particulière de folie de chacun. Ainsi, chose remarquable, rien n'est plus rare, même chez les prostituées, que le délire erotique; chez elles, d'après les observations pratiques de Parent Duchatelet, il roule sur des idées d'ambition, d'honneur et de richesse. Il a pourtant chez certaines une plus digne, je dirai presque une plus honoivble origine, car il est des prostituées qui l^erdent la raison, parce qu'elles ne peuvent souffrir sans effroi, sans abattement, sans trouble, Ik>ubli général des hommes, et à

MALADIES iœMTAl£8

1)lus forte raison leur haine, leur mépris et eur universel dédain. Oui, la seule pensée de cet état a fait tomber plusieurs prostituées dans l'aliénation. Déjà Pariset en avait bit la remarque et siçnalé è l'attention des pvf sonnes qui suivaient ses visites à la Salpétrière une jeune fille qui ne disait jamais rien en public, maisqui, lorsqu'elle se crorait seule, ne cessait de répéter ; « Que je sois malheureuse d'avoir abandonné la vertu 1 comment supporter le mépris général, comment vivre dans l'humiliation l...» ëd imitant la Madeleine repentante ou la femme adultère ; en se jetant aux pieds du Christ pour en obtenir le pardon. Ah ! combieu Ja religion aurait d'accès dans des Ames que le remords agite ainsi 1

En somme, le traitement des aliénés eiigp, de la part du médecin, un tact et des connaissances médicales qui lui permettent de discerner, parmi les moyens physiques pn»posés, ceux qui peuvent être administrés avec le plus Krand succès, i;t {luis beaucoup d'adresse et d'art pour se servir des secours que la morale lui offre ; et, de la part des ^m qui entourent de leurs soins l'insensé, beiacoup de patience, beaucoup de douceur, ils agiront concurremment avec d'autant plus d activité que la maladie sera moios ancienne , et qu'elle ne dépendra pas d'uue prédisposition héréditaire, l'hérédité étant une condition malheureuse d*incurabilité.

Nous ne terminerons pas cet article saas dire un mot de l'emploi de la musique dans le traitement des maladies mentales. Pour peu qu'on soit versé dans l'histoire des temps primitifs, on sait que déjà, dans Tauttquité , l'harmonie était employée comme moyen thérapeutique, et l'exemple de David délivrant Saûl de sa mélancolie, en jouant de la harpe, est là pour nous donner uoe preuve éclatante et convaincante de l'efficacité dii ce moyen dans les vésanies de lin* teliigence. Que dis-je, David 1 s'il faut en croire Galien, Esculape serait le premier qui a employé la musique comme moyen de guérison, puisque au siège de Troie il s'en servit contre la folie. Et pourtant, malgré ces exemples, malgré qu'on sabhe bien que les sons musicaux exercent une très-grande influence sur l'esprit qu'ils distraient, sur les sens qu'ils charment; qu'ils açissenl, en un mot, de la manière la plus douce, la plus agréable, la plus heureuse sur le système nerveux tout entier, qu'ils ébranlent, qu'ils distendent, dont ils calment l'érétisme et ia surexcitation (Voy. Musique), ce n'est guère que depuis peu de temps qu'on s'occupe sérieusement d'introduire la musique dans le traitement des aliénés, celie-<2i agissant tout à la fois sur le physique et le moral d'individus qu'il faut tout k la fois distraire et apaiser. 11 est à croire que les succès déjà obtenus deviendront un eiicouragemefit pour les homniies qui, par devoir ou par humanité, se consacrent au service de cette classe d'infortunés dont la raison s'éçsre par moment sur certains sujets, et qui, dans leurs

MALADIES MENTALES

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accès de folie* deviennent un objet d'horreur et de pitié.

A l'étude des maladies mentales se rat-tache une question de haute philosophie médicale» oui intéresse h un assez haut point messieurs les ecclésiastiques ; à qui ce Dio tionoaire est destiné, pour que nous consacrions Quelques pages à la discutiT. Je veux parler au suicide, que certains médecins considèrent comme une maladie. Nous ne pou* Tons mieux réfuter une pareille opinion, qa>D reproduisant un article que nous avons h\i paraître dans le Manitewr du soir de Paris, à Toccasion d'une brochure que M. le docteur Bourdin a publiée, dans le but de faire accepter cette manière d'envisager le suicide. Voici comment nous nous sommes eiprimé pour le combattre.

I L'homme est tellement tourmenté en ce lis monde par le désir de la célébrité, ou par riobitiotj de s'ériger en réformateur des idées reçues ; ou bien, ce qui est plus louable, par le besoin de contribuer au perfectionnement des sciences et des arls, et de tra- Tailler par là au bonheur de la société, qu*il soumet toutes choses è ses investigations, que rien n'échappe à ses recherches. Il rapproche doDc, il compare les faits anciens et les obsenratioDs modernes, il les commente dans l'espoir d'en déduire des conséquences plus ou moins riçoureuses (pratiques), ou plus ou moins spécieuses (systématiques), selon la uaturede son esprit, ou la moralité de la |iensée qui le dirige; tout comme il rapproche, il examine, il étudie avec soin les aoc- (riues diverses que l'on a tour à tour professées, afin d'arriver, s'il se peut, à fonder une doctrine nouvelle, qui ne soit, ou tout au moins ne paraisse être ni l'une ni l'autre de celles que nous connaissons, alors qu'il est éfideut, pour un observateur attentif et capable, que c'est absolument l'une d'elles siiigalièrement modifiée ou différemment présentée. J'ignore quel a été le motif véritible ifui a dirigé 1 auteur de la brochure doDt j'entreprends aujourd'hui la critique : mais comme ie crois à la sincérité de ses convictions pnilosophico-médicales; que j'ai d'ailleurs acquis la certitude, en le lisant, <pi*ii a agi dans un intérêt philanthropique, Jt' vais, en lui tenant compte de ses bonnes intentions, lui faire une part méritée de la valeur matérielle de l'œuvre qu'il a entreprise.

«Jadis de sa valeur nuUérMUy car, quoique n'ayant pas été convaincu par la logique de 11. le docteur Bourdin, que le sutcxde €$t ^nemonomanief et par suite, tout en n'admettant pas avec lui des cireonstanees aitinuarUei [K)ur TOUS les suicidés, elc, etc., je me plais ^ reconnaître que cet ouvrage est remarquable à plus d'un titre : remarquable d'abord par la lucidité d'exposition, par la net teté cle l'enchaînement des détails, par quelques critiques spirituelles (je répète tout cela pour prouver que je l'ai jugé sans passion); mais remarquable surtout par la pro<- IHJsiiion fondamentale que l'auteur a la préiendon de faire accepter par les législateurs,

DlCTIOnN. DE MÉDECINE.

par les prêtres, par les philosophes, par les médecins. £lle Ggure en télé de. son livre et en fait le sujet.

« Pour atteindre ce but, et dans la persuasion intime où il est, que la queslion qu'il se propose de traiter touche aux plus grands irUerits de rkumanité^ en ce Qu'elle est â la fois moralCf religieuse et médicale^ ce que nous ne contestons pas, M. le docteur Bourdin accuse ses devanciers, sans fondement, je crois, d'avoir mal vu, mal jugé, mal interprété les faits, et, par conséquent, d'en avoir tiré des déductions fausses, erronées. Il définit ensuite le suicide, fait l'historique de cette sorte d'aberration de l'intellect, considérée dans ses symptômes, sa marche, sa durée, son type, sa nécroscopie, ses causes et son traitement ; répond à quelques objections qui ont été faites à son système, et arrive enfin aux conclusions suivantes, objet de son travail : « Vu la parfaite analogie qu'il y a entre le suicide et les autres monomanies, CELUI-CI n'est qu'une variété de celleslà. Le suicidé ne mérite ni blâme, ni louange ; détruire avec la logique et l'inflexible vérité Védifice suranné des lois civiles et religieuses, serait une œuvre éminemment morale et philanthropique. »

«Les efforts tentés par M. Bourdin, pour motiver ces conclusions et les faire adopter, ont-ils été couronnés d'un plein succès? Si j'en juge par les impressions qui me sont restées, après avoir parcouru avec attention, et l'esprit dégagé de toute opinion préconçue , l'ouvrage dont je viens d offrir la rapide analyse, je répondrai franchement et sans hésitation : non. Pourquoi ?parce que, malgré tout son mérite, l'auteurn'a pu me convaincre que les propositions doctrinales qull a formulées et développées, sont la conséquence rigoureuse dos faits, et parce que la plupart de ses critiques m'ont paru plus spécieuses que solides; c'est pourq^uoi je reste moimême parmi ses antagonistes. Toutefois, je m'empresse de le dire, je ne serai pas son antagoniste absolUf car il est certains points de sa dissertation, d'un intérêt secondaire, il est vrai, quant au fond, mais néanmoins fort importants, sur lesquels je suis complètement d'accord avec lui Parmi ces points, un des plus dignes d'être meiitionnés, c'est celui oii M. Bourdin signale la salutaire influence du christianisme contre les causes qui conduisent au suicide. Comme ce passage est un des plus marquants» nous laisserons parler l'auteur.

« De toutes les doctrines qui ont régné dans le monde, dit-il, nulle ne contient d'aussi riches trésors de mansuétude et de miséricorde; nulle ne peut mieux remplir l'esprit humain et le dominer, que la salutaire doctrine de TEvangile. Elle donne aux faibles la force; aux puissants l'humilité; aux malheureux la résignation; aux cou pables le pardon; à tous l'espérance. Elle aide à supporter les angoisses de la misère, les tortures des passions, le supplice oes positions hérissées de dangers ou d épreuves douloureuses ; elle fortifie l'Ame contre les

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