MALIGNE
sQuirrances, rend le désespoir impossible, et apprend h supporter avec résignation les vicissitudes de la vie. H n'existe donc pas de doctrine plus puissante pour mettre un fretn aux passions; pas une, par conséquent, qui soit plus propre à mettre une entrave auT causes les plus fécondes du suicide. Tant que l'homme n'a pas dépassé les limites de ia raison, au delà desquelles les )>réceptes deviennent inutiles, il peut donc se mettre avec sécurité sous la sauvegarde pnissaïUe du christianisme.
« J'ai résumé d'un seul mot le catholicisme, toute la prophylaxie de la monoraanie; c-'est qu'en ellet tout est là, et que ce mot, magique pour ainsi dire, répond à tout »
« Ayant énoncé que la plupart des raisons données par M. Bourdin, pour appuyer ses ï?roposilions et les soutenir envers et contre tous, étaient sujettes à contestation et peu propres, par conséquent, à porter la conviction dans les esprits, je devrais, ce me semble, pour justifier ce reproche adressé à l'auteur, m^occuper de la réfutation de certaines de ces propositions. Je le ferais volontiers si les limites imposées à un article de bibliographie me le permettaient; mais, forcé de me restreindre, je me bornerai à quelques observations générales.
«Et d'abord, je ferai remarquer que, pour défendre sa doctrine du reproche de marcher droit au fatalisme^ objection qu'on lui a faite, l'auteur, donnant au mot FàTALiTÊ deux siffnifications particulières, veut qu'il exprime deux idées différentes qui lui paraissent être la cause de la confusion. Ainsi, d'après lui» il y aurait un PàTALiSME matériel qu*il admet, et un FATALISME phUosophiçue qu'il rejette. On naîtrait donc, toujours d'après cet écrivain, fatalement prédestinéau 6uicide, comme on naît fatalement prédestiné au rachitis, à l'idiotisme, à la goutte, à la phlhisie; et ce qui uous surprend bien plus encore, comme ou naît aveugle, boiteux ou contrefait, un hasard également malheureux ayant présidé à la destinée de chacun de ces infortunés.
a Je le demande, peut-on seoontenter de pareilles explications ? Est - il logique de réunir et de confondre dans une marne classe, et comme étant identiques, une maladie qui se déclare inévitablement parce que l'individu y est prédisposé par un vice originel matériel, inhérent à sa constitution, et le suicide qui provient le plus souvent, mais non inévitablement, d'une cause morale (la misère, la jalousie, le désespoir, etc.), qui produit le dégoût de la vie et pousse l'homme à se donner la mort? Non : et pourtant c'est ce qu'a fait M. Bourdin. En outre, il a admis une parfaite analogie entre toutes les monomanies et le suicide, oubliant, sans doute, que ce qui constitue la mouomanie véritable, e'est cette aberration de l'intelligence qui fait que le malade délire invariablement sur le même objet. Ainsi, celui qui esi empereur est toujours empereur; celui qui est roi est toujours roi; celui qui est Dieu est toujours Dieu, etc.; il parle, il agit comme tel, et enlre en fureur si on lui conteste son
titre et sa puissance. Au contraire, loin de délirer, l'individu qu'un penchant irrésistible entraîne à sa perte, connaît paifaiteluent ta moralité de l'acte qu'il veut accomplir, et c'est ])ourquoi il se livre en lui un combat à outrance, plus ou moins long, entre le sentiment de la destruction et Tinstinct de la conservation, qui ne nous quitte jamais. Donc, l'analogie n'est pas parfaite; ou, si l'on admettait le contraire, preuant alors pour base de notre lé^slation morale et religieuse le système pbrénologique du docteur Gall, auquel M. Bourdin se rallie sciemment ou malgré lui, au lieu de condamner les voleurs, les homicides, etc., à Ji prison ou à l'échafaud, il faudrait les eorermer dans une maison de fous: législation civile que, malgré tout son génie, le médecin allemand n'a pu faire prévaloir.
«Un tort qu'a eu M. Bourdin, et il est fort
f;raye à mes yeux, c'est, à l'exemple de tous es phrénolo^istes et de tous les physiologistes anti-vitalistes, de n'avoir pas pris êb considération la part d'activité et de nui»sance accordée par les autres physiologisies à l'âme bestiale, la bête, comme l'appelul de Maistre. Celle-ci, habitant un même coris que l'Ame humaine (le corps vivant), et tou lant le diriger à sa façon, c'est-à-dire près-
3ue toujours à sens inverse des inteotiODS e la puissance psvchique, il en résulte une lutte toujours inégale dans laquelle tantôt trop faible, malgré sa suprématie, pour résister toujours aux instincts, aux penchants, aux appétits brutaux de la bête, Tâme se lasse, cède et succombe à la tentation, tandis que, dans d'autres cas, elle corabaLavecavautage et triomphe des caprices et des emportements de sa rivale, sa plus cruelle enneiuie.
« Or, si l'âme jouit toujours de son activité dans le combat que se livre l'individu qu une idée fixe pousse au suicide ; si elle conserve son libre arbitre, et elle le conserve jusqu'au bout: donc, c'est un crime, aux yeux de la morale et de la religion, que de disposer d'une vie qui ne nous appartient pas. »
MALADIES NëRVëDSKS. Foy. NâvROsa
MALADIE NOIRE. Voy. M£l£NA.
MALADIE DU PAYS. Voy. NosTAie».
MALADIE PÉDICDLAIBE. Voy. Phtbuu-
SIASIS.
MALADIE VÉNÉRIENNE. Voy. Stpbujs.
MALADIF, iv£ ; morbosus^ synonyme de valétudinaire; infirmus^ état haîbituel d'une mauvaise santé, disposition à la maladie.
MALAISE, s. m., corporis anxielas. — Seotiment d'une inquiétude vague, obscure, dont la cause est inconnue, avec trouble:^ fonctionnels évidents, mais non assez pr(^' nonces pour constituer une maladie. Le malaise se rencontre toujours mêlé au« prodromes des affections morbides, quand celles-ci n'attaquent pas spontanément et avec violence.
MALIGNE (Fièvre). — C'est le nom qu^n donnait autrefois, et que le vulgaire couserve dans certaines localités, pourdésigmr la fièvre ataxique de Piuel.
MALIGNE (Pustule). Voy. Plstdlc.