‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 126 sur 209 · MELANCOLIE · texte numérisé non relu

MELANCOLIE

loroie des Maladies mbntales (Koy. ce moQ, aiusi nommée par les aûcieDS, parce qu'ils eu atlribuaieni la cause à une prétendue alrabile ou bile noire, que probablement ils avaient observée dans lesd^ections.Ce qui la caractérise surtout, c'est gu elle ne porte (ou du moins l'idée fixe qui la constitue) aue sur un seul objet, c'est donc une Téritable oiuuuuianie.

Quoi qu'il en soit, on rapporte à la mélanc<)lie, soit la panophobie^ ospèce de vision uuctume qui produit une .frayeur subite et sans fondement, frayeur que les anciens at* Iribuaient au.dieuJPan, de là son nomdeic«v, ^; soit la démanotnanie ou idée fiie que le malade éprouve qu'il est possédé du* démon. Le Tasse, à la suite des cha^ins violents et des persécutions que sa passion malheureuse pour la princesse Éléonore lui suscita, devenu déliant, ombrageux et pusillanime d'ài)ord, et fut ensuite tourmenté par le délire exclusif qui constitue la mélaucolle : il se toyait ioujour$ environné de poisons et de iuppliceSf et poursuivi par un lutin avec lefm il prétendait avoir des entretiens trismvi$. Le poëte Gilbert fut plus malheureux encore, il eut de bonne heure une constitu* tioD physique trèsndélicate par l'effet d'un travail opiniâtre prématuré. Le goût extrême pour Tétude, l*envie de s'avancer, ou, comme on dit vulgairement, de faire son chemin, le conduisirent à Paris, espérant y jouir des avantages que la capitale offre aux savants et aui artistes. 11 n'y fut pas plutôt fixé qu'il se vit trompé dans son attente : au lieu des secours et des conseils qu'il avait espéré y trouver, il éprouva des refus humiliants; alors sa vive susceptibilité, son imagination ardente, firent nattre chez lui la plus grande disposition à la mélancolie. L'injustice des hommes l'avait irrité au point qu il n'éprouvait plus d autre besoin que celui d'immoler ^ sa verve les gens de lettres qui lui portaient ombrage : c'est ce qu'il fit dans sa Satyre du xviu* siècle^ où l'état de son âme ^sl si bien dépeint. Mais il ne se vit pas plutôt en butte a un parti puissant, qu'il fut tourmenté par des craintes sans cesse re* naissantes, et il tomba dans une mélancolie profonde caractérisée par ce délire exclusif ^m : t7 se croyait sans cesse poursuivi par des philosophes qui voulaient lui enlever ses papiers. Son esprit s'aliéna au point Jja'un jour il se présenta chez l'archevêque oe Pans, qui était son bienfaiteur, et l'aborda ^n lui criant d*uii6 voix sépulcrale : Sauvez- ^oi^ de grâce, sauvez-moi ! des assassins me poursuivent, leurs poignards soat prêts à ine frapper r Sauvez-moi! Quelques jours »[>rè$, pour soustraire ses manuscrits à la prétendue rapacité de ses persécuteurs, il k$ serra dans une cassette dont il avala la ^'•^* : celle-ci s'arrêta à l'entrée du larynx,

MELITAGHE

CM

Zimmennariii, (jui tic bonne heure se lit re-

marquer par la disposition de son esprit à la mélancolie, fut si impressionné par l'invasion qui menaçait son pays pendant la révolution française, qu'il tomba, lui aussi, dans une profonde mélancolie caractérisée par ce délire exclusif : t( voyait toujours l'ennemi entrer chez lui et dévaster sa maison. Qui ne sait enfin que l'auteur de l'Emile, J.-J. Rousseau, était persuadé que tous les hommes sont ses ennemiSf et qu'il fut tourmenté h la fin de ses jours par des défiances et des craintes Goniinuelles. Il l'a dit dans ses Confessions, il l'a répété dans ses Rêveries du promeneur solitaire.

Les nosocsraphes rangent encore parmi les mélancolies j Vérotomanie ou la passion de l'amour portée au plus haut degré; la nostalgie ou le mal du pays (Yoy. Nostalgie), etc., etc. Yoy. Maladies mentales.

MELAS, s. m.,* de f&Aaf, noir. — C'est une affection cutanée, caractérisée par des taches noires. Mêlas est synonyme de Yitiligo {Vou. ce mot).

MELIGERIS, s. m., mol dérivé de piX^xnpôc, miel, cire. — C'est le nom que les chirur-

Siens ont adopté pour désigner une espèce e loupe ou de tumeur enkystée, formée par une matière qui ressemble à du miel. Voy. Loupe.

MELISSE, s. m., melissa officinalis, vulgairement citronnelle, genre de plantes de la didynamie ^ninospermie, L. , famille des labiées, J.,qui crott spontanément en France et- se plaît dans les lieux arides. — On la distingue des autres plantes, à sa tige carrée, rameuse, qui porte des feuilles opposées, dentées et en forme de cœur, à ses fleurs blanches qui naissent sous l'alsselIe des feuilles supérieures, à son calice tubuleux, bilobé , à sa corolle à deux lèvres, l'une convexe et échancrée (la supérieure), l'autre ayant trois lobes dont celui du milieu est en cœur ; enfin, à son odeur de citron assez prononcée.

Les propriétés excitantes dont Jouit la mélisse en font une boisson tonique fort agréable pour les estomacs paresseux, les personnes qui sont tourmentées par des flatuosités et dans toutes les maladies spasmodiques exemptes d'irritation. On peut en prendre n'importe à quel moment de la journée, elle ne fait jamais mal. C'est ordi* nairement en infusion théiforme qu'on en use ; cependant on vend dans le commerce de l'eau de mélisse distillée, dite eau de mélisse des Carmes qui, prise par gouttes sur un morceau de sucre, ou par cuillerée à café dans un verre d'eau sucrée, fait généralement beaucoup de bien quand on se sent défaillir.

MELITAGRE. — C'est le nom moderne que l'on a donné à la dartre crustacés itavescente d'Alibcrt, à l'impétigo des anciens. On la trouvera décrite article Dartres, la surcharge de dénominations servant plus à embrouiller l'étude des maladies qu'à la simplifier. Veut-on savoir pourquoi on a appelé cette espèce de dartres mélitagref Parce que les ci-oûtes qui se furmout par la dessic-

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