‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 127 sur 209 · MEMBRANE · texte numérisé non relu

MEMBRANE

Mi!;MNGE$

calion de Thumeur visqueuse que les pus* tules fournissent sont jaunes ou légèrement verJAtres» et peuvent être comparées au suc gommeui de certains arbres ou à du miel desséché: de là la dénomination de mélitagre.

MEMBRANE, s. f., membrana ^ foi-cySy nom générique par lequel les anatomistes désignent un tissu organique mince, souple, dilatable, tantôt blanc, tantôt gris ou roûgeAtre, variant dans sa structure et ses propriétés vitales, roulé en forme de tubes, ou étalé en larges surfaces, et destiné à protéger certaines parties contre les agents extérieurs, à favoriser les fonctions des viscères dans la composition desquels il entre, etc.

Bichaty qui le premier a réellement bien étudié ces corps organiques, divise les membranes en simples et en composées. Puis il sous*diTise les premières, les membranes simples, en trois ordres, savoir :

1*" Les membranes muqueuses ou villeuses, ainsi appelées à cause du fluide muqueux oui (iu humecte habituellement la surface fibre. Elles sont considérées par la plupart des anatomistes, comme la portion rentrée de la peau, grande membrane tégumentaire externe.

Déployées à la surface interne des organes creux qui communiquent à Textérieur par les diverses ouvertures dont la peau est percée^ on reconnaît, en en étudiant les dispositions, qu'elles se continuent sans interruption avec la peau elle-même, au niveau de toutes ces ouvertures et adhère intimement avec elle. Reste que, soit qu'on examine la muqueuse dans sa grande surface gastro-pul^ monaire^ ou dans sa surface génilo-urinaire , on reconnaît partout la môme organisation, c*est-à-dire qu'on découvre qu'elle est parsemée en tous points d'une grande quantité de petites glandes muqueuses qui sont un des grands émonctoires de l'économie animale, et par où s'échappent les restes de la nutrition. Ce n'est pastout, on constate encore qu'elle est douée partout d'une très-grande sensibilité et arrosée par un très -grand nombre de vaisseaux superficiels.

2** Les membranes séreuses^ que Bichat a encore sous-divisées en deux genres, dont le premier comprend les membranes des grandes cavités en général (arachnoïde, péritoine, ])lèvre, etc.), et le second, les capsules muqueuses ou synoviales, mieux dénommées membranes synoviales^ le liquide qu'elles sécrètent n'étant plus aqueux, ténu, formé de sérosité^ mais visqueux et gluant, en un mot, de là ^nortf.

La disposition des membranes séreuses considérées en général varie. Ainsi, dans les grandes cavités, elles forment des sacs sans ouverture, repliés sur eux-mêmes et refoulés par les organes qu'ils revêtent comme s'il y avait deux sacs l'un dans l'autre, à l'instar d'un bonnet de coton dont on se coiffait jadis et dont bien des gens se coiffent encore aujourd'hui, particulièrement la nuit; de telle sorte que la face externe des séreuses est en partie en rapport avec les parois des cavités

et en partie avec l'organe qu*elles enveloppent. Leur face interne au contraire libre, mais en rapport constant, contracterait des ^adhérences, comme on le voit après l'infiammation pleurale, péritonéale, etc.; mais comme elles sont habituellement lubréfiées par une sorte de vapeur humide qui en humecte la surface et facilite le glissement des feuillets l'un contre l'autre, quand les organes dont ils limitent les mouvements se meuvent ; il en résulte que cet accident n'arrive pas. De même leur élasticité et leur extensibilité les mettent à l'abri des ruptures.

Quant aux membranes synoviales, on Ws rencontre dans les cavités articulaires, au'e!les tapissent en s'adaptantparfaitement à leurs inégalités, à leurs saillies. Le jeu de ces parties , la liberté de leurs mouvements demandaient qu'elles fussent humectées par un liquide plus consistant que la sérosité ; la n^turey a pourvu, caria synovie que nousavoo^ dit en lubréfierla surface est un liquide ri^ gueux, filant« analogue à du blanc d'œuf,'^/ iormé d'eau, d'albumine, de gélatine et da quelques sels.

Ajoutons qu'aux membranes synoviales se rapportent les gaines des tendons , fort im-

})roprement nommées bourses muqueuses :ks èuillets séreux inter-musculaires, etr.

3* Les membranes fibreuses sont divisées en deux sections, dont l'une comprend ie< aponévroses d'enveloppe, les aponévroses d'insertion, les capsules fibreuses des articulations, les gatnes fibreuses des coulisses des tendons; et la seconde renferme le périoste, la dure-mère, la sclérotique, etc.

Toinours adhérentes et continue.^ par leurs deux ^ces aux parties voisines, jamais libres et humectées d'un fluide particulier, on recoonaît les membranes fibreuses à leur asnect gris-foncé dans le plus grand nombre, blanc et resplendissant d'un brillant argentin dans les aponévroses. Ayant toutes pour base comnmne une fibre d'une nature particulière, dure, élastique, insensible, peu contractile, leurs usages sont d'augmenter Ja solidité des organes qu'elles enveloppent, de maintenir les muscles dans leurs places respectives, de favoriser le jeu des articulations, le glissement des muscles et de la peau; d'accélérer la circulation veineuse, etc.; aussi les trouve-t-on tantôt en forme de sacs» tantôt en forme de gaines cylindriques, tantùl en manière de toiles, etc.

Restent les membranes composées , qui Bichat a distinguées en fibro-séreuses^ séromuqueuses et fibro-muqueuses ; et enfin, les membranes inconnues dans leur organistttion, ou connues, mais isolées, qui ne peu; vent être classées méthodiquement : aussi n'en parlerons-*nous pas, la descriptioD d^ ces membranes trouvant sa place à Vendroil des organes qu'elles constituent ; exemple* l'iris pour l'œil , la pie-mère pour le c€^ veau, etc.

MENINGES, s. f., méninges^ de im^fj'^* membrane. — C'est le nom que Cbaussier j donné aux membranes qui enveloppent 1^ cerveau. Elles sont au nombre de trois : 1'

MENSTRUATION

MENSTRUATION

OU

la durc-mère, qui est la plus extérieure : elle est fibreuse ; 2* rarachnoïde, qui vient ensuite : elle est séreuse ; 3» la pie-mère enûn, qui consiste dans un^ multitude de Taiseaux sanguins entrelacés et réunis par un tissu cellulaire lâche.

MÉNORRHAGIË, s. f. Voy. Menstrua-

TIOX.

MENSTRUATION , s. f. , menstrtfatio ^ écoulement des menstrues, des mois^ règles, ordinaires; ce qui équivaut à évacuation )>iTiodique et mensuelle du sang par la tuatrice.

Celte évacuation, qui a lieu chez les Qlles, les femmes qui ne sont ni enceintes ni uourricos, à quelques exceptions près , depuis l'âge de la puberté jusqu'à l'âge critique, est sujette à des variations qu'il est important de connaître. El, par exemple, rien n'est variable à l'état physiologique comme l'époque de Tapparition première des menstrues et celle de leur cessation, ce oui tient, ainsi qu'on en a fait Tobservation , à la différence des climats, des mœurs, des habitudes et du tempérament des femmes. Elle est telle, cette oifférence, que dans les réglons équatoriales, les filles sont réglées coinmnnément de huit à dix ans, et, quelquefois môme, avant cet âge ; puisque, si nous en croyons Prideaux, Cadhisja aurait été menstruée à cinq ans, serait devenue à cet âge l'épouse de Mahomet, et admise à sa couche trois ans après; au contraire, dans les W's froids, la Sibérie, la puberté n'arrive qu'H dix-huit ou vingt ans. Enfin , dans les climats tempérés, les règles apparaissent de douze h quinze ans. Et comme la femme reste habituellement réglée pendant trente années enyinon, il doit nécessairement en résulter que l'âge critique sera plus hâtif dans les climats chauds que dans les régions froides, cl vite tersd. Dans les uns et les autres, une vie active et laborieuse retarde l'apparition dps mois, dont l'oisiveté, au contraire, avance i'époquc : dans les uns et les autres la puberté est retardée ou hâtive suivant la pureté et Tinnocence des mœurs, ou suivant la dépravation et le libertinage, etc.

. U menstruation varie encore par la quantité du sang rendu, c'est-à-dire 1* par rapport à la fréquence des retours menstruels, qin ont lieu chez le plus grand nombre de i^iumes tous les mois, ou tous les quinze f'u vingt jours, alors que chez les autres, ce '•est que tous les mois et demi ou tous les ♦^<?ux mois que les règles se montrent ; - relativement à la perte qui a lieu aux "î'^raes époques entre deux femmes de nature et de tempérament différents; ainsi, il ^'st notoire que certaines personnes fortes, ^jgoureuses, perdent beaucoup de sang à abaque menstruation, tandis que certaines autres, moins bien constituées, n'en perdent que très-peu, sans pour cela que leur santé en soitaltéree. Cela s'observe surtout chez cerlainw filles lymphatiques, dont l'écoulement se '^"le quelquefois à quelques gouttes de *''»p pendant un jour ou deux, et qui, néan- "tuins, se portent fort bien, tout comme chez

les femmes grosses et grasses, qui, habituellement, sont moins abondamment réglées ?ue les femmes maigres. Même remarque a té faite dans les climats du Midi, oit Ton voit des jeunes personnes pâles et minces perdre mensuellementunograndequantité do sang, mais, où on a observé aussi que ces personnes ont habituellement une très-grande amplitude du bassin et que ce caractère est toujours en rapport avec le développement des organes génitaux. De là natt une expli** cation toute naturelle de l'abondance de Técoulement mensuel, fait qui s'expliriue assez bien, d'ailleurs, par la lascivité qui est propre à ces mômes personnes.

Enfin, il n'est pas j'usqu'aux jeux, aux amusements, aux plaisirs, aux passions, aux exercices, aux excès de table ou autres, qui n'exercent une influence marquée sur la femme, non-seulement pour hâter en elle la première époque menstruelle, mais encore pour rendre plus aboTidante la quantité de sang perdue à chaque époque. Reste que si on voulait déterminer rigoureusement cette quantité , on poserait dos chiQ'ros arbitraires, Hippocrate l'ayant portée h deux hémines attiques, ce qui équivaut à quinze onces d'après ButTon, tandis que dans nos climats, on ne la porte que de quatre h six onces ; et assurément ce n'est constant ni en Attique ni chez nous.

A propos de variations menstruelles, il en est une d'autant plus importante à signaler qu'elle n'est pas commune et qu'elle est fort lîizarre: nous voulons parler des déviations menstruelles ou hémorragies supplémentai* res. Tous ceux qui ont beaucoup lu sans avoir observé, et, à plus forte raison, ceux

aui ont beaucoup lu et observé, ceux-)?», is-je, saventque Hciwig parle d'une petite fille qui, de sept à treize ans, fut réglée par les yeux ; Stoll, d'une femme de vingt-deux ans qui l'était par le nez ( Solenandcr cite un fait pareil); Ruland, d'une autre qui le fut par la bouche; ZImmermann, d'une personne dont les règles se sont manifestées successivement par l'angle de l'œil, par les oreilles, par les gencives, par les mamelles,

8ar l'ombilic, par l'extrémité du doigt, etc. >r, si ces hémorragies se font tous les mois, alors que les règles ne coulent pas par l'utérus, et si elles n'influent pas stir la santé des personnes, on doit les considérer comme supplémentaires et ne pas s'en inquiéter. Nous ne prétendons pas qu'il faille laisser la nature contracter ces habitudes vicieuses de déviations menstruelles; mais tout en ten-* tant de rétablir l'hémorragie, si elle est consécutivement supplémentaire à une suppression des règles, ou de l'attirer vers les organes utérins, si elle est primitive, comme cela se voit à l'époque de la puberté, on no doit pas en porter un pronostic fâcheux. On trouve la preuve de ce que j'avance, non-seulement dans les faits déjà cités, mais encore dans les suivants qui offrent une tout autre importance Et, par exemple, nous avons trouvé dans Laeunec que Tulpius a vu une hémoptysie périodique

UENSTALATION

remplacer pendaDt trente ans les règles ; et dans les Nouveaux Acte$ de la nature un fait où cette hémorragie supplémentaire s'est renouvelée pendant quarante ans.

Enfin, il est encore uue anomalie menstruelle qui a lieu à Tépoquo de la puberté et qui se rencontre aussi ordinairement k l'âge critique» c*est que, pendant la nubilité» les mois» après s'être montrés une ou deux fois, se suppriment, puis se remontrent pendant quelque temps d'une manière fort irrégulière, jusqu'à ce qu'enfin ils apparaissent tout à fait régulièrement ; tandis que, à Tépoque critique, après s*être supprimées pendant un ou plusieurs mois, les menstrues reparaissent de nouveau avec plus ou moins de régularité encore, et ne cessent définitivement qu'après des retours d'une irrégularité plus ou moins tranchée ; et presque toujours chez les jeunes filles comme chez les femmes de quarante-cinq à cinquante ans» sans dérangement de leur santé.

H est très-important de connaître toutes ces variations, déviations et anomalies menstruelles qu'on peut appeler normales, afin de ne pas s'en inquiéter tant que l'organisme vivant n'est pas fâcheusement afiTecté chez les personnes non régulièrement menstruées, perdant peu ou beaucoup, et chez qui le sang a pris une tout autre direction que la voie naturelle, la nature ayant, pour ainsi dire, ses caprices qu'il faut savoir respecter. Et, par exemple, soit dit en passant, tout le monde sait que les règles, quand elles se suppriment chez les femmes bien réglées, sont un indice de grossesse ; eh bien 1 par une de ces bizarreries organiaues qu'on ne peut comprendre, il est des femmes qui ne sont réglées que pendant la grossesse et point après l'accouchement, de telle sorte que ce qui est un signe de la gestation pour les unes est un signe opposé pour les autres.

La conséquence de ces observations est que nous devons admettre une rétention morbide et des rétentions non morbides , etnenous occuper de la première de ces rétentions, qu'alors qu'il se manifestera une réunion de symptômes anormaux ou pathologiques, an-nonçant que la nature medicatrice travaille à leur rétablissement. C'est à ce moment seulement qu'il y a lieu de recourir à un traitement.

11 se compose de moyens hygiéniques et de moyens thérapeutiques qui seront entièrement opposés, suivant que la suppression menstruelle est occasionnée par la pléthore ou que du moins celle-ci en est la conséquence, comme cela s'observe dans les aménorrhées déterminées par une imprudence, c'est-à-dire par le refroidissement ( celui des pieds surtout), par un écart de régime chez les personnes fortes, vigoureuses, habituellement bien et abondamment réglées, etc., ou bien au contraire qu'elle dépendra de Vatonie générale ou avec appauvrissement du sang, comme cela se passe chez les chlorotiques. Dans le premier cas, s'il survient de violcn-

ll£NSTKUATK>N

ttis coliques avec une réaction inflammatoire, franche, bien marquée (la fièvre), les meilleurs emménagogues sont la saignée da pied ou du bras, et si la réaction n'est pas lorte, la pléthore peu considérable, on se contente de l'application des sangsues à la vulve.

Cette application exige quelques précautions si l'on veut qu'elle soit très-profitable, c'est-à-dire qu'il faut, si Cétatde la malade 1$ permet 9 attendre pour les poser, l'époque où les mois avaient l'habitude de se montrer, la nature déterminant habituellement à cette époque un afHux de sang plus considérable vers les organes utérins. C'est aussi pour le même motif, qu'au lieu d'employer une grande quantité de sangsues afin d^ob(enir une abondante évacuation, il vaut mieux n'appliqruer tous les matins pendant quelque$ jours ne nombre de jours de la durée des règles ), quatre sangsues, ou deux sangsues seulement si la femme perdait peu. Eo même temps, on fait prendre journellemeot un bain tiède ( il nous a réussi bien des fois , des pédiluyes très-chauds émoUients, des fumigations émoUientes aux parties delà génération : on place sur le même endroil des cataplasmes émoUients et narcotiques à une température élevée, qui doivent être assez grands pour recouvrir également la région hypogastrique ; on administre des la- Tements adoucissants, et on prescrit un régime convenable.

. 11 consiste, pour la femme sanguine, car c'est toujours d'elle que nous nous oc€u|)Od$, dans l'habitation des lieux bas peu éclairés; dans un exercice proportionné à ses forces

Shysiques; dans une alimentation insufsanté et prise parmi les aliments végétaux, le laitage, les boissons aqueuses, avec proscription de tous mets excitants, de toute liqueur alcoolique, en un mot, de tout ce qui peut donner beaucoup de sang ou exciter 1 énergie du système vasculaire sanguin. Une fois l'orKasme inflammatoire calmé, od ne tire plus du sang et on continue le régime indiqué jusqu'à l'époque mensuelle suivante; alors on recommence pendant quelques jours une nouvelle application journalière de deux ou quatre sangsues par jour.

Au contraire, chez les personnes en qui l'aménorrhée est svmptomatique de la faiblesse générale, qu on sait accompagner habituellement l'appauvrissement très-marqué du sang ; chez ces personnes, dis-je, quoiqu'on remarque de la dyspnée, des palpitations de cœur, des coliques assez violeotes, etc., on ne doit jamais saigner ni appliquer une seule sangsue. C'est ici le cas surtout de ne pas s'en laisser imposer par la coloration habituelle delà face chez certaines jeunes filles au teint blanc et rose, chez qui n y a fausse pléthore et dont on retarderait ou empêcherait même la réapparition du flu^ menstruel. Chez les unes et les autres, un air vif et sec, une nourriture succulente, des bains froids, un régime tonique, les fflaftiaux, en un mot tout ce qui peut «irifA'/* le sang, contribuera aussi à faire disparai-

HeNSTRUATION

MENSTRUATION

ire les coliques, l^essoufDement, les battenents iusolites du cœur, etc.; à établir ou rétablir les menstrues.

11 est deux classes de femmes qui tiennent le milieu entre les pléthoriques et les anémoues, ce sont les personnes nerveuses et les ly^P^^^^^^S' ^^ bien, on traite les premières par la méthode antiphlogistique et rafraîchissante ou par la méthode restaurante et tonique, suivant que par leur organisation elles se rapprochent davantage des pléthorii^ues ou des anémiques : c'est surtout rhez les jeunes filles nerveuses et débilitées [sans une grande faiblesse phj^sique) que les rrictioos avec la teinture d*opium camphrée, pratiquées deux ou trois fois par jour à la partie interne des cuisses, comme le recomuandait Chrestien, ont merveilleusement secondé l'action des autres médicaments.

Voici la formule que ce praticien nous a bissée de sa teinture antiipasmodique cam^ pkrée.

Pr. : d'opium brut, 1 gros.

de camphre, 4 çros.

d'eau-de-vie, 1 livre.

Faites macérer pendant trois ou quatre jours et filtrez. La dose en est d'une cuillerée a bouche pour chaque cuisse k chaque friction, qui doit être faite avec la main nue. Ce moyen, en agissant comme tonique attractif et antispasmodique, attire lesang vers les parties sexuelles, et rompant lespasme des vaisseaux utérins qui s'oppose quelauefois à son libre écoulement au dehors, eniavorisela réapparition. A rintérieur,lajusquiame,les potions calmantes, éthéréesounon, contribuent efficacement aussi à l'effet que l'on veut obtenir, et Ton doit se hâter d'autant plus d'y avoir recours qu'on ne peut se refuser d'admettre, avec M. le professeur GolQn, qui pour moi ^i une autorité, que si certaines aménorrhées sont très-rebelles, c'est parce qu'il j a» chez la plupart des femmes, une exaltation de la sensibilité toujours assez prononcée, qu'il faut nécessairement modérer si l'on veut obtenir des autres emménagogues un ^ffet marqué. 11 croit donc que, cnez ces lemmes, les opiacés unis à un régime convei^able sont les seuls moyens qu'ilTaille mettre ^Q, usage. Nos succès avec les frictions (opiacées de Chrestien nous permettent de Partager cette manière de voir de M. Golfin. EoÛn, chez les femmes lymphatiques dont '<^san^ est habituellement un peu appauvri, i|n unira au régime des chloroliques l'emploi ^«^ médicaments réputés emménagogues.

rarmi eux nous signalerons, comme les ayant Kcscrits avec succès, les pilules de rue et uaioès (un grain do chaque par pilule), administrées comme le pratiquait M. Lalle- !^8Dd à Montpellier, savoir : six le premier l^ur, neufle second et douze le troisième jour, ^uxépoaues menstruelles. On les suspend ^!^suU6 le reste du mois menstruel. Delmas ^J^utait avec avantage deux grains de seigle Wté par pilule, lorsqu'il soupçonnait une ^"«rlie de la matrice. C'est principalement j'^tw les cas de cette nature, que les vésica- ^'Jires, à la partie interne des cuisses, entre-

tenus pendant longtemps, les sinapismes fréquemment renouvelés et Télectricité conviennent. Onemploiecelle-ci,$oit sous forme d'étincelles lancées sur les parties sexuelles et la région utérine, soit par commotions dirigées à travers le bassin, du sacrum au pubis ; soit par l'électro-puncture à la région inguinale ; etc.

Nous avons dit que toutes les fois que la suppression des règles ne déterminait pas des phénomènes morbides graves, il fallait ne prescrire que des moyens hygiéniques et temporiser. La même prudence nousestsurtout recommandée, lorsqu*on ignore par quoi celte suppression estdéterminée, la grossesse étant la cause la plus naturelle d'une rétention mensuelle. Or, comme souvent les femmes n'y croient pas, ou qu'elles la dissimulent, surtout lorsqii elles ne sont pas mariées, c'est principalement dans ce cas que les saignées et les emménagogues doivent être sévèrement proscrits ; on les proscrira même quand il survient des accidents hystériques, ces accidents étant eux-mêmes fort souvent sympathiques de la gestation, ainsi que nous l'avons remarqué dans plusieurs cas. On conçoit que, en pareille circonstance, la plus grande circonspection doit être apportée dans le choix des movens h employer, et qu'il faut être d'autant plus sévère, d'autant plus réservé, céder d'autant moins aux instances de la jeune fille, qu'elle insiste davantage pour être saignée, ou pour qu'on lui donne des remèdes énergiques Par une condescendance coupable, onpouridit provoquer un avortement et voir se détruire en quelques instants une bonne renommée, acquise comme praticien et comme houime, ou, ce qui est non moins fftcheux, s'exposer aux reproches amers de sa propre conscience. Pour éviter les embarras où il se trouve quelquefois, le médecin doit prescrire aux personnes qui veulent absolument être médicamentées, des substances inertes , insignifiantes, tout en ayant l'air d'ajouter une grande confiance à leur efficacité, et cela, afin d'éviter qu'elles ne s'adressent k des charla* tans puà des matrones qui, moins scrupuleux ou moins éclairés, n y regarderaient pas d'aussi près. Il temporisera donc, nous le répétons, pendant trois ou quatre époques, dételle sorte qu'en cas de grossesse, celle-ci ne puisse plus se celer. Par le, il mettra sa conscience en repos et sa réputation à l'abri.

Les mois ne se suppriment pas toujours entièrement chez les filles et les femmes hors l'état de gestation ; souvent, au contraire, au lieu d'une

AMÉifORAHÉB (amenorrhea^ de, «, fc<vof, peu, sans mois, sans écoulement mensuel), il y a seulement

Dtsménoabhêb (djpmenorrhea^de Svc« f^n^Cf pitùf écoulement dilucile des mois). Dans ce dernier cas, les règles coulent aux époques ordinaires ; mais, soit qu'elles se fassent abondamment, ou qu'elles le montrent en petite quantité et comme goutte à goutte, istrangurie menstruelle des anciens), Pécoulemeat sanguin est accompagué» à chaque i^

MENSTRUATION

MENSTRUATION

TvO

2 onces.

3 onces.

1 oticc.

riode, do douleurs dans le ventre, dans le dos, dans les lombes, semblables à celles de la parturition; de céphalalgie, de borborygraes, deflaluosilés, do vomissements, d'une grande anxiété, et d'accidents nerveux plusou moins graves, qui précède. it quelquefois ou suivent durant quelques ji?urs Tapparition du flux sanguin, ou ne se manifestent que pendant sa durée.

Celte menstruation douloureuse et difficile qui se remarque le plus fréquemment chez les femmes ardentes, passionnées, stériles, qu'elle rend malades pendant huit à quinze jours par mois, et qui provient habituellement ou d'une irritation ou d'une débilitatiou locale du système utérin, et parfois de la plétlure ou de la rigidité de la fibre; celte dysménorrhée, dis-je, se combat efficacement, lorsqu'elle ne tient pas à une cause mécanique (clitorisme, abus du coït), par les bains tièdes, les tempérants, les fomentations émollientes et narcotiques sur le bas»ventre, par quelques petites doses de sirop de diacode seul ou d'opium môle à une potion huileuse, exemple :

Pr. : d'huile d'amande douce, d'eau de fleurs d'oranger, de sirop de morphine, Mêlez.

Dose : une cuillerée ae deux en deux heures :

Fardes pilules composées a /ec un grain d'assa*fœtida, un grain de camphre et un çrain de jusquiame chacune, à prendre trois parjour; et s'il y a chaleur et prurit des parties génitales, par l'application sur les parties mêmes d'une décoction de morelle et de jusquiame. Dans quelques cas aussi, les sangsues à la vulve ou au fondement, les ventouses scarifiées au plat des cuisses, sont parfaitement indiquées ; et chez les femmes fortes et robustes la saignée du bras. On a remarqué 3ue ces moyens conviennent principalement ans la strangurie mensuelle , lorsque les règles 06 coulent que goutte à goutte. 11 va sans dire que s'il y a atonie, on doit substituer les toniques aux débilitants, c'est-à-dire les bainsfroidsauxbains tièdes. le fer, les eaux martiales aux boissons adoucissantes, tout en employant contre la sensibilité nerveuse vicieusement exaltée, l(*s antispasmodiques et les narcotiques dont nous venons de parler.

Si les écoulements qui se font par l'utérus pèchent par le défaut de quantité, c'est-àdire par les difficultés avec lesquelles le sang coule, ou par la rétention complète tle ce liquide, ils pèchent aussi par leur abondance excessive, ce gui constitue la métror-^ rhagie ou ménorrhagie^ vulgairement la pertB utérine. Disons quelques mots de celle-ci.

La n ÉTRORRH AGiB {metrorrkagia^ de fi4 rpoc, f^yvôfit^ je romps la matrice, menstruation excessive gui, par son abondance, constitue la perle utérine) est fort difficile à déterminer, caria quantité ne prouve rien, certaines femmes ayant l'habitutlc, nous dirons môme le besoin de perdre une grande quantité de sang

Ce n'est donc que nar les effets de cette pcrio qu'on p^ut en calculer li^s inconvénients, eux seuls pouvant en fournir la mesure: c'est-à-dire que si l'écoulement sanyjin, quelle ou'en soit la quantité, est suivi a umh grande raiblesse, d'un refroidissement général ou du froid des extrémiti'S, de dyspnée, de défaillances ou de syncopes, de la politesse ou de l'intermittence du pouls, alors il constitue réellement une hémorragie utérine pathologique.

Nous disons quelle qu'en soit la quantité, attendu que ces accidents peuvent se manifester chez la jeune fille ou chez les femm»-» débiles à la suite d'une perte de sang proportionnellement bien peu abondante, bien moindre même que les fiux ordinaires choz les personnes bien constituées. Remarquons cependant, qu'il n'est pas nécessaire que les accidents consécutifs à l'hémorragie soieu j)ortés à ce degré de faiblesses pour (pie l'hémorragie puisse être considérée comme ui étal pathotnçique, le nom de niénorrlwgiH étant généralement appliqué à tout fiuï a ' dure trop longtemps (une scmiaine et yU^ ou qui revient trop souvent.

Celte prolongation de rh^morragic iimsuelle, ou ses retours trop répiUés , (jn'» i peut attribuer, soit à l'atonie de toul le Materne ou au relâchement de la fibre utérine; soit à une vie sédentaire, lors surtout que lalimentation est trop succulente, les boissons trop stimulantes, la vie trop oisive i so\i am penchants sexuels trop exaltés (doù lo nanisme ou l'abus du coït); soit à des couchts trop fréquentes, etc. , et qui se manifcsletil surtout dans les irritations et les lésions or ganiques de la matrice (le cancer, ulcère (i«* cet organe) ; la raétrorrhagie, disons-nous, niérite, pour être convenablement traitée, au'or ait égard aux distinctions pratiques éiablif-i pour ces sortes de perles, et qu'on sait ^tn' entièrement fondées sur l'expénenre. N»»»*» voulons parler de la division des perles ulérities admise par les nosologistes en génénil et les accoucheurs en particulier, en mélrorriia* gies actives^ métrorrhagies passives^ mélrorrhagies spasmodiques^ei métrorrhagies 5ymptomatiques, division d'autant plusimporlanle, au lit des malades, au'elle oblige le raéderin à rechercher de quelle sorte de métrorrhagie il a à s'occuper, ou mieux, quelle est la nature de la perte.

Partant rie ce principe, il a à examiner si la femme est forte et robuste, si elle a abusé dis liqueurs spiritueuses ou d'épices, des cjiiménagogues, des jouissances répétées de> plaisirs de l'hyménée, surtout durant la j-eriode de la menstruation ; si elle se livre a | des exercices immodérés, à la danse et e» particulier à la valse, cette danse yoW tueuse qui exalte tout à la fois l'imagim»»'''" et les sens, et qui produit d'ailleurs d'autre inconvénients graves, par les tournoieroeiiw rapides qu'on exécute ; si elle a fait un u^J hapituel des chaufferettes, ou s'est livn*^ à quelque passion violente comme la P^' un excès (Je colère. Dans les cas de cei e nature, déterminés par ces causes,

MENSTRUATION

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inénorrhagîe lienl généralement à la vigueur delacotislitutioa, et le diagnostic est ordinairi'inent assez facile à établir, attendu que In femme a la face animée, les pommettes colorées, les jeuir rouges scintillants , le \m\s fréquent, fort et dur ; que le sang rendu est épais et vermeil , riche en fibrine, pauvre en sérosité, qu'en un mot, on remarque en elle une réaction générale fébrile, inflammatoire, qui Indique l'excès des forces radicales : au contraire, le médecin nobservera pas ces phénomènes de réaction organique et vitale, si Thémorragie est uniquement produite par la susceptibilité plus grande des organes générateurs , qui dénote uQ cïcès 'de forces ou de pléthore locale, tomme cela se rencontre chez quelcpies femmes délicates. Dès lors, puisque ces deux variélés de la raénorrhagie diffèrent par leurs tfds consécutifs, ne serait-ce pas mal agir que de les traiter de la même manière ? Nous «rions d'autant plus condamnables, que, d'a« prèsBichat et bien d'autres, cette seconde variété est bien plus fréquente que celle où il y a pléthore générale ; et ajouterons-nous, bien plus difficile à combattre; l'une [Vactivé) se j.*uérissant d'elle-même, en quelque sorte, par la perte continuelle du sang, tandis quePautrc h passive) j peut conduire à la mort par la faiblesse qu'elle produit, si l'on no parvient, à l'aide de moyens appropriés, à changer la direction vicieuse ou sang et à calmer la surexcitation organique qui entretient la Aulion habituelle.

Ce n'est pas tout : il faut considérer encore, dans le premier cas, si la pléthore ne serait pint raréfactive {Voy. PLÉTaoRE), l'indicaimn qu'on tire de celle-ci étant bien différente de celle qu'on déduit de la pléthore réelle, et les règles pratiques voulant que, tout en agissant contre l'état pléthorique réel ou raréfactif, on cherche h écarter les causes occaôionnelles de l'hémorragie; car si elles continuaient d'agir, il serait impossible d'arrêter la perte, au lieu que Vablation des causes stimi seule quelquefois, pour la modérer et la tarir.

A cette intention, on fait placer la femme dans un lieu frais et bien aéré où elle doit prderune position horizontale, le bassin un peu plus relevé que le tronc et la tête, sur un lit dur [quand on n*a pas des' matelas en crin <>u des paillasses en paille de seigle ou de ^^mnu on place des planches entre les raa- It^^las en laine pour durcir le lit) et modérétjjeot couvert ; on lui donnera abondamment ijuoe boisson rafraîchissante prise tiède ou ji froid (petit-lait, limonade, eau de riz acidulée avec les sirops de vinaigre, de groseilles, ^.Ic.l; des lavements pour combattre la consignation, des doux laxatifs tels que la pulpe des tamarins, la casse, la crème détartre, J'^c., et le nitre mêlé à la conserve do roses (♦ gros pour 4 onces, dont la malade prend gros comme une muscade quatre, six et huit wis par jour), selon la violence des symptômes.

Le bain tiède peut être utile dans ces cas, w« plus forte raison les manuluves. M. Lor-

dat nous a dit avoir arrêté une perte utérine

f»ar rimmersion prolongée des bras dans 'eau tiède , ajoutant que ce moyen lui avait été conseillé par Lafabrie, dont les conseils l'ont souvent dirigé dans les cas épineux de la pratique. Quant au bnin entier, comme on le redoute généralement, nous devons faire remarquer que nous l'avons employé plusieurs fois, et chaque fois avec un bien assoz marqué, pour oser en conseiller Tusagn. Dans un do ces faits observés, il s'agissait d'uno veuve de trente ans qui, après avoir éprouvé du malaise, vit ses mois reparaître avant l'époque habituelle. La perte durait déjà dopnis quinze jours et s'accompagnait d'élancements assez vifs dans l'épine du dos, de douleurs aiguës à l'épigaslre : lorsque h différents intervalles, il arriva à la maiodede vomir deux gorgées de sang, et d'expectorer des crachats sanguinolents, ce qui l'affecta beaucoup: une de ses sœurs était morte à dix-neuf ans d'une hémoptysie survenueaprès la cessation de ses règles. Elle voulait donc quitter la ville qu'elle habitait, pour aller mourir, disaitelle, au sein de sa famille, et nous éprouvâmes beaucoup de difficultés à l'en dissuader. Cependant, étant parvenu à force d'insistance et en affectant une grande sécurité à relever son moral, elle consentit à suivre le traitement que nous lui avions conseillé, le traitement antiphloçistique, consistant en boissons nitrées, bains liedes, à 23" R., etc. L'effet de la première immersion du corps dans l'eau tiède fut de déplacer la douleur dorsale qui se porta à la région lombaire, de calmer la sensibilité de 1 énigastre, d'arrêter l'expectoration sanguinolente, de procurer en un mot un mieux être qui, augmentant à chaque nouveau bain que la malade prenait, finit par arrêter complètement le flux utérin.

Dans la seconde variété de l'hémorragie active, il faut calmer l'excès de vitalité dont jouissent les organes de la génération en général, et la matrice en particulier, par les bains de siège, les bains de vapeurs, les injections vaginales émoUientes ; et si la perte s'accompagne de grandes douleurs à l'utérus, il ne faut pas hésiter à appliquer quelques sangsues aux parties sexuelles. Dessessart a vu ces insectes, posés à la vulve dans un cas de cette nature, procurer un etïet avantageux que les saignées générales n'avaient point produit.

En outre, rien n'ajoute à l'action des sangsues comme l'application des ventouses sèches placées sur les membres supérieurs, les frictions, les rubéfiants, les vésicatoires que l'on fait camphrer quand on redoute 1 action des canthnrides sur la vessie; à moins qu'on ne préfère employer les vésicatoires au garou, la pommade ammoniacale, etc. •

Nous avons nommé les ventouses sèches : doit-on les appliquer aux mamelles dans l'hémorragie utérine, ainsi que l'a recommandé Hippocrate, à raison de la correspondance intime, de la sympathie qui existe entre la matrice et ces organes? Les praticiens ne sont pas bien d'accord sur ce pomt : ainsi.

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tandis ^uo les uns craignent que Tirritalion occasionnée dans les seins par rappiication des ventouses se communique à la matrice, et augmente la perte en y attirant le sang; les autres» au contraire, prétendent queTirrilation des glandes mammaires devient un attractif puissant propre à détourner la fluxion sanguine, qui se fait avec trop d'abondance vers 1 utérus, et qui, en attirant le sang aux mamelles, produit ainsi unerévulsionsalutaire. Gardien est de cetavis et motive son opinion sur les avantages qu'on retire dé la succion du mamelon, soit pour prévenir l'inflammation et Tengorgement de la matrice à la suite des couches, soit pour modérer les lochies trop abondantes. Ajoutons, pour être exact, qu'il en réserve cependant l'emploi pour les cas de ménorrhagie où les forces vitales, inégalement réparties, sont accumulées vers l'utérus, qui jouit alors d'un excès de vie aux dépens des autres organes.

C'est aussi dans cette variété et dans les hémorragies anciennes et passives que, toujours d'après Gardien, les vomitifs réitérés recommandés par Hippocrate paraissent avoir été utiles. Nous les avons employés chez une dame qui nous parut présenter quelques symptômes de gastricite, ci nous croyons pouvoir affirmer que les efforts du vomissement n'ont pas été sans influence sur la guérison de notre malade. Ce qu'il y a de certain, c'est qu*après qu'elle eut abondamment vomi, sa perte fut beaucoup moins abondante, et bientôt elle s'arrêta tout à fait.

Les ménorrhagies passives^ ainsi que leur nom l'indique, soit qu'elles se manifestent consécutivement à une ménorrhagie active, soit qu'elles surviennent spontanément chez les femmes débiles, à la suite d'inquiétudes, de chagrins profonds, de veilles immodérées, de l'abus des plaisirs sexuels, comme cela se remarque chez les prostituées, ou après un accouchement laborieux, une lactation prolongée, etc. , exigent qu'on se hâte de les arrêter, leur influence étant bien plus fâcheuse et leur présence bien plus inquiétante que celle aune hémorragie active, attendu qu'en affaiblissant de plus en plus une femme déjà affaiblie, on a à craindre sa dégénérescence en hydropisie et la mort : heureusement que l'art oflre des ressources puissantes à opposer à de si fatales terminaisons. Toutefois, nous ferons remarquer qu'il est deux conditions particulières h la femme, qu il faut considérer, à savoir : si l'atonie est tout à la fois générale et locale, ou seulement locale. Dans ce dernier cas, on se hâterait moins d'employer les restaurants et les toniques généraux, alors (ju'ils sont indispensables dans le premier. Ainsi, après avoir autorisé une nourriture succulente, le suc des viandes, le vin vieux, le repos absolu, le calme le plus parfait des sens, de l'esprit et des organes générateurs, on prescrit des boissons froides légèrement astringentes (limonade végétale, minérale, la décoction de racine de ratanhia acidulée, etc.), les applica- Uonâdemënie nature sur les parties génitales,

les manuluves froids, et tous les moyens de révulsion précédemment indiqués. En mime temps, on donne l'alun que, d'après Helv^ tins, on peut élever à la dose d'un demi-gros, toutes les demi-heures dans les pertes violentes, et que bien des auteurs et nous-inême avons donné avec avantage. Notre manière de l'administrer, c'est de faire bouillir une once de racine de ratanhia pendant uoe demi-heure dans un litre d'eau, d'ajouter è la colature 8 grammes d'alun, et de faire boire cette boisson édulcorée avec lesiropd'écorce d'oranges amères, dans le courant de la journée.

A propos du sirop d'écorce d'oranges, nous dirons que nous l'avons préféré à tout autre,

Êarce que Louis Septal et après lui Jami!» [amilton ont recommandé une forte décoction d'écorce d'oranges aigres ou bigarades, comme le meilleur moyen qu'on puisse employer contre les métrorrhagies atooi-

aues.La formule qu'ils employaient consisie ans :

Pr. : Ecorce d'orançes atuères qui ne soient pas tout à fait mûres, n** 7 ;

Faites-les bouillir dans :

Eau de fontaine, trois livres qui doi?eDi se réduire à deux livres ;

Passez, faites fondre dans la colature :

de sucre, 1 quari

Ajoutez :

Elixir de vitriol, 60 gouttes.

Dose : une cuillerée à bouche toutes les trois heures.

Nous préférons à cette boisson celle de ratanhia alumineux, à laquelle nous associons les martiaux en substance et en boisson, et les toniques de toute sorte, cuQiiue cela se pratique dans les chloroses coolirmées, durant lesquelles on voit survenir dev hémorragies utérines symptomatiques.Nous avons signalé plusieurs cas de cette nature à Tattention de l'Académie royale de uiéd^ cinede Paris, dans le travail qui lui fut soumis en 1837.

Enfin, il n'est pas jusqu'au tamponnemeot qui ne doive être employé dans les cas graves, moyen assez facile dans les pertes utérines qui surviennent après raccoucbement.

A ce propos, nous ferons remarquer que le professeur Delmas était dans l'habiiude de donner un peu de vin et de bouillon» petites doses, mais rapprochées ; de frictioDner la matrice et de la resserrer avec les deux mains placées sur le ventre. Il racontai! même être parvenu à arrêter une hémorragie qui avait résisté à tous les moyens, ensa^ seyant sur l'abdomen de la femme, m d'exciter ainsi une compression exacte et continue de l'aorte.

Plusieurs autres moyens ont été conseillés dans ces sortes d'hémorragies, et par exemple : on prend un citron qu'on prive de:>t'ij écorce et qu'on pointillé en tous sens avt une épingle, on le porte avec la «wi» dan» l'utérus et en le comprimant fortement oiie" exprime le suc contre les parois de 1 <j[^^^^^' L'irritation que l'acide citrique vroduii a

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siifliponr faire contracter la matrice et arrêter Ifar là l'hémorragie.

Un autre moyen fort utile aussi, c'est Tintrodiiction d'une vessie dans l'utérus : une fais placée, on la remplit d'eau froide ou glacée, on la tient fermée à Taide d'un robinet ou d'un lien, et on la laisse k demeure jusqu'à ce qu'on ait senti que l'organe s'est contracté, sentiment qui indique que Thémorragie doit s'arrêter.

Nous n'avons rien à dire de la deuxième variété de la métrorrhagie passive, si ce n'est qu'il faut un peu moins insister sur les moyens généraux, les moyens locaux suffisant> dans la plupart des cas, pour amener la guérison.

£D6n, dans la métrorrhagie spasmodique^ ou qui se déclare chez les femmes d'une cûDslitution irritable, faciles à émouvoir, à la suite d'une frayeur, de la colère ou de la jalousie concentrée, on tire un très-grand jiarli des calmants et des narcotiques, alors que les autres médicaments échouent. Toutefois, comme les maladies spasmodiques en général (Foy. Névroses) sont sthéniques ou asthéniques, il convient d'unir aux antispasmodiques le traitement des hémorragies actives ou passives, ou, si l'on préfère» d'associer les antispasmodiques au traitement em-* ployé dans les autres cas. Ainsi, lorsqu'il soupçonne qu'un excès d'irritabilité ou de sensibilité nerveuse de la matrice occasionne ou entretient l'écoulement sanguin, le praticien doit nrescrire les injections vaginales avec une aissolution d'opmio, et administrer les opiacés à l'intérieur. Kïen n'empêche même, dans ce cas, d'employer les moyens proposés contre la strangurie utérine ; les mêmes médicaments ayant la propriété de rompre le spasme des vaisseaux de la matrice et de calmer la sensibilité nerveuse de cet organe. Oui, chose étonnante pour celui qui ne sait pas se rendre compte de l'organisme et de l'effet des médicaments, la même médication qui favorise l'établissement des règles dans. uu cas, arrête dans un autre l'écoulement trop abondant de sans nar la matrice. Pourquoi 7 Parce que l'exhallation et la rétention sont de même nature.

Restent les hémorragies xyinpiomatiqueê.

Comment les traile-t-on7 En attaauant la maladie essentielle; et, par exemple, si la uiétrorrhagie est symptomatique d'un état Inlieui, on emploie les vomitifs que la plu- \^x\ des praticiens conseillent et que nous ^^o\\% employés nous-même (nous le rappelonsl avec succès.

Ménopause^ époque critique, âge de retour» Nous avons dit, au commencement de cet article, que le médecin ne doit s'inquiéter de \\ suppression ou des irrégularités menstruelles que si elles donnent lieu à 'ies phénomènes anormaux, ces irrégularités et la suppression détinitive des mois avant Daturellement lieu h l'époque critique. Nous croyons devoir revenir sur ce sujet, afin de donner quelques avis aux femmes qui, ces- **^ini de payer le tribut menstruel, cessent ajsbi d'être aptes à la fécondation.

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im

D'ordinaire, disions-nous, la femme cesse d'être menstruée de quarante-cinq à ci nquanto ans : eh bien, cette règle n'est pas absolue, puisçiu'on cite des faits où les femmes ont vu jusqu'h l'flge de soixante et même de soixante-dix ans (Haller), jusqu'à la centièoM année et plus encore (Mém. de l'Académie des sciences) ; et, par contre, puisque dans les pays chauds, en Perse, en Asie, etc., elles cessent d'être réglées à trente ou trente-cinq ans. En conséquence, on ne doit pas f)l us considérer cette dernière circonstance comme un des cas d'aménorrhée, qu'on ne considère les cas de règles prolongées comme des pertes utérines.

Mais quelle que soit l'époque de leur cessation, mieux vaut qu'elles diminuent peu à peu de quantité, et qu'elles manquent de temps en temps une fois, deux fois, et puis reparaissent , pour redevenir plus rares encore jusqu'à leur cessation complète, que lorsqu'elles se suppriment tout à coup et brusquement. Dans ce cas, il y a des femmes qui éprouvent des bouffées de chaleur, des sueurs passagères et même des exanthèmes à la peau, ce qui dénote une tendance des humeurs à se porter vers la périphérie du corps, effet éminemment salutaire; chez d'autres, au contraire , on observe des frissons, du froid, ce qui doit faire craindre une fluxion et des congestions internes. Et comme ce moment de la vie de la femme est, pour ainsi dire, décisif pour le reste de ses jours, il importe de surveiller ces effets divers de l'âgecrilique, pour favoriser les uns et poui empêcher les autres.

Ainsi, quand, è dater de ce momeni critique^ la feo^me acquiert de l'embonpoint, prend des forces, commence à jouir d'une bonne santé, qu'elle rajeunit, en un mot, le médecin n'a rien à faire pour elle, que de lui conseiller un régime régulier, les soins de propreté et un exercice modéré : mais si, au contraire, la femme éprouve les symptômes d'une congestion sanguine sur un organe important, des hémorragies par les parties supérieures, des accidents nerveux, des indurations glandulaires, etc. , il doit la saigner de loin en loin, tous les six mois, tous les ans, lui faire appliquer les ventouses aux cuisses, attractif énergique qu'on ne saurait trop recommander, en lui recommandant aussi de se tenir le ventre libre par l'usage fréquent d'une cuillerée à café de crème de tartre, dans un verre d'eau sucrée ; en outre, il la purgera fortement tous les mois. Enfin, chez celles où il reconnaît un vice dyscrasique ou humoral, le praticien établit un cautère au bras ou à la jambe ; il donne quelques antispasmodiques aux femmes nerveuses, etc. Du reste, les bains fréquemment répétés, un exercice régulier et soutenu, mais sans fatigue, un régime approprié à la constitution et aux forces de la femme , préviendront chez elle les accidents que la ménopause entraîne quelquefois.

MENSTRUES. Voy. Hbnstruàtion.

MENTAGRE, s. f., mentagra. — C'est une espèce de Dabtbb (Voy. ce mot) qui s'observe

MENTAGRE

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