MENTHE
chez les enfants à Fépoque de la dentition, pnig aussi dans Tâge adulte, et qui doit son nom à cette circonstance, qu*elle commence au menton.
€e qui la caractérise, ce sont des vésicules agglomérées laissant suinter une sérosité purulente qui se concrète quelquefois en une croûte plus ou moins épaisse ; c'est le sycosis meniif une variété do Tacné.
Les pustules de la mentagre ont, en général, une marche rapide, deviennent promptement purulentes, se rompent au bout de quelques jours , puis se {terminent par une résolution prompte, quoique pouvant affecter aussi une marche chronique. Dans ce dernier cas, Tinflammalion plus étendue, plus profonde, plus lente, plus répétée des pustules donne lieu à ces indurations tuberculeuses isolées, qui forment le caractère de la mentagre chronique. 11 ne faudrait pas croire toutefois, que la forme tuberculeuse soit exclusivement propre à ces dernières, car on voit des mentagres qui n'ont pas plus d'un mois de durée olfrir déjà des tubercules bien caractérisés, alors que, au contraire, celte maladie se perpétue en quelque sorte pendant dos années entières, plusieurs années, sans ïierdre son caractère ou sa forme pustuleuse pure et sans complication de tubercules.
La mentagre réclame, dans son traitement, l'emploi simultané des moyens généraux et locaux, variés et appropriés aux conditions individuelles du malade, h l'intensité de la maladie. Ainsi les déplétions sanguines générales et locales, les bains tièdes, les lotions, les boissons délabrantes, d'une part, et les boissons dépuratives, les purgatifs doux, les topiques résolutifs, d'autre part, sont alternativement utiles, selon que la mentagre est accidentelle ou constitutionnelle, aiguë ou chronique, accompagnée ou non de symptômes de pléthore générale ou locale. De môme, les douches de vapeur jouissent d'uue'^rande efficacité comme résolutives, quand il y a des symptômes d'excitation locale ; tout comme les douches sulfureuses froides, toutes les fois que les tubercules persistent à l'état chronique. On a souvent recours, dans les mêmes circonstances, ou aux pommades excitantes, dans lesquelles entrent le protonitrate de mercure, le calomel, le soufre, le sous- carbonate de potasse, ou aux pommades avec l'iodure de soufre ou de mercure. Il n'est pasjusçiu'aux préparations mercuriellesqu'on ne puisse employer à l'intérieur, avec succès, quoiqu'on n'ait pas lieu de soupçonner une complication ou une origine syphilitique. Le muriate d'or en frictions sur la langue, à la dose d'un douzième à un sixième de grain (deux fois par jour), ne s'est pas montré moins efiicace. Enfin, dans les cas de mentagre rebelle et invétérée, le vésicatoire appliqué sur le siège du mal a produit d'excellents effets.
Règle générale, il est essentiel, dans le traitement de la sycosis men/t, de pallier, autant que possible, les inconvénients de la présence de la barbe avec la nécessité de
la faire. En conséquence, on lalera rareuieu! et de préférence avec des ciseaux cuurbéi sur le plat. En outre, le bien du malade exige qu'on le soumette à un traitement approprié
Voici celui dont se servait lamilièremeoi Alibert, dans toute mentagre opiniâtre : 1* pensée sauvag.) pour boisson : on peut la remplacer par toute autre tisane rafraîchissante ou légèrement dépurative ; 2* s'il j è irritation u'i peu vive dans la partie affectée, application de sangsues autour du menton; 3* tous les deux jours un bain tiède, dans lequel le malade tiendra le menton continuellemeiit plongé ; 4** se faire la barbe avec leoteur, douceur et légèreté, et surtout avec un bon rasoir, afin de causer le moins d'irritation possible, ou se la faire couper avec des ciseaux par un barbier juif.Sitôt la barbe faite, plonger le menton dans un bain local trèschaud, pendant une demi-heure environ; 5" chaque jour on répétera une ou deui fois le bain local, toujours de demi-heure à une heure de durée, et à la température de ^ R : il se composera d'une décoction de m animée par Taddition de quelques cuillems d'eau-de-vie ; 6' le soir, appliquer sur le menton du cérat soufré ordinaire,, ou on mélange de suif et de soufre , l"" le matio, nettoyer avec la pommade, de concombre ou la crème anglaise ou tout autre cosmétique analogue; 8** plusieurs fois par jour, approcher des tubercules et des pustules du menton, une croûte de pain rôtie au feu, toute chaude, pour hâter leur maturité ; 9* observer une très-grande sobriété dans le régime, s'abtenir de tous mets épîcés , de toutes boissons stimulantes , des liqueurs spiritueuses.
Suivant Aliberl, il n'est point de dartre pustuleuse mentagre. quelque rebelle quelle soit, qui puisse résister à ce traiteunent biei observé et convenablement prolongé. Toutefois, M. Giberl pense qu'il peut être fort util»? d'y ajouter quelaues laxatifs à l'intérieur et l'usage des douciies de vapeur à l'extérieur. 11 conseille également comme vie sobre et régulière, l'usage habituel des viandes blauches, des légumes frais, des fruits aqueuiet fondants ; le scûn constant d'éviter les exercices fatigants , les travaux de cabioel, k séjour prolongé dans les lieux chauds ou près du feu (dans les cas de couperose et de mentagre surtout).
MENTALES (Maladies). Voy. Mauwes