MENTALES
MENTHE, s. f., p£»6a, meniha, genre d^ plante de la didynamie gymnosper/nie, L.; famille des labiées, J. On en disliûgjJ'^ de plusieurs espèces , savoir : la meoine poivrée^menthapiperUa^ la menthe crépwi mentha crispa^ la menthe sauvage, f»^^^^ silvestriSf et plusieurs autres, dont on npe pas. La menthe sauvage elle-naême ne^ guère employée qu'à l'extérieur : il ne re>ie" rait donc que la menthe poivrée qui est ^ plus active, et la menthe crépue qui ^^ * ^'' guère moins. Un mot de chacune d elles.
Menthe poivrée. Très-abondante u»-^; les Pyrénées et en Angleterre, où àl&i^
MERCURE
MERCURE
de beaucoup de vogue » la incnUio poivrée est recouuaissablc à ses feuilles ovalaires et péiiolées, son odeur forte , camphrée et (i.^ri^able, sa saveur chaude et aromatique, qui laisse dans la bouche, quand ou la ma- (iie, une sensation ardente» suivie immédialeiuent d'un froid vif.
La menthe est classée parmi les antispasmodiques stimulants, à cause du camphre qu'elle contient ; aussi se sert-on volontiers (le son eau distillée, dans certaines névroses, el est-elle prescrite comme adjuvant des autres médicaments. Dans le midi, ou donne quelquefois une cuillerée du suc de menthe, mêlé à de Thuile d'olive comme vermifuge, aux tout jeunes enfants. Elle jouit aussi de k réputation d*agir efficacement conti e les lièvres nerveuses. Mais pour la conservCàSil faut que la menthe soit administrée en poudre à la dose de vingt-quatre grains de deux en deux heures ; sans cela elle sera inelficace. L'eau distillée est également avantageuse à !a dose de deux à trois onces, et néanmoins, rinfusion tbéiforme de la menthe est la préparation la nlus usitée. Je ne parle l>as de sa teinture et ae son huile essentielle : un ne les emploie guère que comme parfums. Me!ithe crépue. Si elle dilTère de la précédente par ses feuilles ondulées, sessiles, par ses fleurs verticiilées , elle lui ressemble en toutes choses, quoiqu'à un moindre de- ^ré, par son odeur et sa saveur: néanmoins celle-ci est, je crois, un peu plus amère. Aussi i'a-t-on plus particulièrement recommandée dans les malaclies nerveuses abdominales avec faiblesse générale, ou seulement atonie des orgaues digestifs. Du reste, elle s'administre «le la môme manière el aux mêmes doses <juc la menthe poivrée.
MKllCURE, s. m., hydrargyrum^ d'^^pi^ T'f^>j vulgairement argent vif. — Ce métal jouedepuis tant d'années un rOiesi important dans la ttiérapeu tique des maladies, qu*on ne lira pas sans intérêt les quelques détails hisluriques que j'emprunte à Alibert sur son liistûire naturelle :
« 11 est des pays privilégiés où le mercure se rencontre très- communément et en abondance. L'Espagne, la Hongrie, la ^ûrinthie, les terres du Frioul, celles du l^aiatiuat, etc., en contiennent de riches iiiiues. La France même n'en est pas privée, mais elles s'y trouvent en très-petile (uautilé. Les voyageurs attestent aussi qu'on la découvert dans le Nouveau-Monde. Ce ^^'lal existe dans la nature sous quatre difj'^'tHinls états : 1' sous forme liquide et Veillante, c'est alors qu'on le désigne sous le i^om de mercure coulant, de mercure vierge^ ^u de mercure natif; il s'échappe quelque- »'is en globules limpides et purs de l'intérieur des roches fragiles ; souvent aussi, les "•lUiralisle*? ie recueillent disséminé dans des couches d'argile, de craie, ou même dans "•^s uiiues qui contiennent d'autres substûiires métalliques ; 2" le mercure peut ^;iKsier amalgamé ou plutôt combiné avec ! ^'©ent el dans différentes proportions. C'est ^^'««/jamena/i/ d'argent ou le mercure cir-
aental de Haiiv. On Ta rencontré aîusi daas la Caroline, la Haute-Hongrie, etc. ; 3* la troisième espèce est le sulfure de mercure, nommé assez ordinairement cinabre par les anciens chimistes ; cette mine abonde à Almaden, à Chemnitz , à Ydria et dans le duché des Deux-Ponts ; &" enfin , le mercure peut se trouver minéralisé par l'acide muria-tique. C'est l'espèce d'amalgame que Haijy désigne sous le nom de mercure muriaté, »
Classé par les anciens parmi les poisons, le mercure dut nécessairement être banni ue la matière médicale, où probablement il ne serait jamais entré si le célèbre Béranger de Carpi n'avait, par des succès i\ien constatés, proclamé son eiïir.acité dans les maladies syphilitiques, et n'était arrivé par là è lui donner une bien grande vogue. Depuis lors, les chimistes se sont mis à l'œuvre, et bientôt ce métal traité par les acides a donné des sels solubles, très-actifs, très-puissants, qui ont servi à de nouvelles expériences, et étendu l'emploi de ce médicament, qui, complètement inerte à l'état métallique, est très-énergique c^uand il est divisé ou qu'il est passé à l'état d oxyde. Parmi les préparations pharmaceutiques que Ton fait avec le mercure cru (argent virj, la plus ancienne est sans contredit :
1" L'onguent mercuricl. On ei distingue de deux sortes: l'onguent gris om simple, composé d'une partie de ntercure sur sept d*axonge ; l'onguent napo//Yam ou mercuriel double, qui contient parties égales de graisse et de métal . On ne se sert guère que de ce dernier. Quant aux autres préparations qu'on obtient avec le mercure, ce sont :
2"* Voxide rouge de mercure ou deutoxyde de mercure, précipité rouge, précipité perse^ qui, suivant la manière dont on l'a obtenu, présente des nuances de coloration pouvant varier du jaune serin à l'orangé ou au rouge.
3" Le proto-chlorure de mercure^ mercure doux, sublimé doux, aquila alba, calomel, calomélas, panacée mercurielle, sel mercuriel insoluble, précipité blanc. 11 est de couleur blanche, sans saveur, sans odeur, insoluble dans l'eau et dans l'alcool.
k" Le deutO'Chlorure de mercure , sublimé corrosif, qu'on reconnaît it s(\ i)iancheur ; en ce qu'il se cristallise en petites aguilles prismatiques ; à Si saveur métallique, flore et caustique.
5° Le sulfure de mercure , cinabre, vermillon, qui , lorsqu'il est en masse, a une couleur violette, quelquefois même noirâtre, et qui, lorsqu'il est réduit en poudre impalpable, a pris une couleur rouue : c'est alors que réellement on peut l'appeler vermillon.
6** Le proto - ioaure de mercure^ qui est d'un jaune verdâtre.
7° Le deutO'iodure de mercure^ qui, au contraire, est d*un beau rouge.
Chacune de ces préparations a des usages spéciaux : ainsi le mercure cra, parce qu'il est coulant et inerte à l'état natif, s'administre dansl'iléus; au lieu que, divisé avec l'axonge, il sertcomme topique, soit contre certains ul-
TU
HEftCURE
MERCURE
cèras.soit dansie traitement de certaines maladies^ la peau, soit pour guérir l'orgeolet et quelques autres affections de la paupière, ou comme résolutif dans plusieurs inflammations : et, par exemple, en frictions sur le bas-ventre dans le péritonite ; sur la tète, préalablement rasée, dans Tencéphalite, etc. Je ne parle pas de son emploi dans les maladies syphilitiques , ses propriétés antivénériennes étant connues de tout le monde.
A son tour, la précipité rouge est un des médicaments externes les plus utiles, les plus puissants et les plus usités. Veut-on obtenir un effet escarotjque, on l'emploie en poudre, ou on le réduit en trocbisque ; et si on désire ne déterminer qu'une action résolutive, sans exciter une réaction trop vive, on le mêle à du sucre, ou on Fincorpore à du cérat ou à des graisses. Du reste, c'est le précipité rouge qui entre dans la composition d une foule de pommades antiophthalmiques, antidartreuses, dont nos formulaires fourmillent , et que le charlatanisme et la cupidité savent d'ailleurs si bien exploiter.
Une de ces pommades gu'on emploie fréquemment à l'hôpital Samt-Louis, dans les ophthalmies dartreuses, et en particulier contre celle qui est due à un eczéma partiel, est composée avec :
Pr. : Onguent rosat , S gros ;
Précipité rouge de mercure, h grains ;
Laudanum , 6 ou 8 goût.
F. une pommade. On en prend gros comme le volume d'une grosse épingle, et on en enduit, tous les soirs, le bord libre des paupières.
On emploie aussi, à Saint-Louis, la pommade composée avec :
Pr. : Oxyde rouge de mercure, 2 grains ;
Camphre, 8 grains;
Laudanum, 10 grains ;
Onguent rosat, 1 gros.
M. S. A. qui s'emploie de la môme manière.
Et la fameuse pommade de Lyon, pour les yeux, qu'est-elle donc ? Un mélange d'une once d onguent rosat avec un demi-gros de firécipité rouge, et pas autre chose. On l'emploiedelamémemanièreque les précédentes.
Quand on veut se servir du précipité rouge, en pommade, contre les maladies chroniques de la peau, il suflit de mêler quatre srains de cette substance par gros de cérat, d axonge ou de beurre de cacao, pour avoir un médicament aussi actif qu'efflcace ;
2uelquefois même trop actif, car il faut tendre le mercure dans une plus grande quantité de véhicule pour en affaiblir l'action irritante et les phénomènes locaux inflammatoires qu'il produirait sans cette précaution.
Le mercwe doux s'emploie plus particulièrement comme purgatif et vermifuge ; administré à la dose de deux grains pour les jeunes enfants, vingt grains pour un adulte, il produit d'abondantes évacuations. Seulement, j'ai cru remarquer que lorsqu'il est administré seul, à cette dose, il détermine
aussi un état de malaise, d'inquiétude, semblable à celui que chacun éprouve lorsqu'il défaille, ou qu'il va tomber en syncope. « Il me semblait que j'allais mourir, chaque fois que le besoin d'aller à la selle se faisait sentir , » me disait une dame à qui je l'avais fait prendre. Je crois avoir remédié à cet inconvénient, en mêlant le calomel à parties égales, ou à un tiers de son poids de jalap pulvérisé.
Le calomel étant moins actif, et conséquemment moins irritant que le précipité rouge, les praticiens lui donnent la préférence lorsqu'ils veulent modifier des parties très-délicates: ainsi, celui-ci conseille d'insuffler du calomel dans la goi^e, dans le cas d'angine pelliculaire, dans la laryngite chro« nique ; celui-là le mêle à du miel dans certaines maladies de la bouche ; quelques-uns, et H. Yelpeau est de ce nombre, suspendent le calomel dans de Teau gommeuse e( l'injectent dans les fosses nasales, dans le conduit auditif externe , dans le canal de l'urètre , etc., pour exciter la vitalité orpnique de ces parties, et tarir les flux sémi, ou puitilents consécutifs à une phle^sie chronique dont ces conduits sont le siège.
De même, rien n'est plus utile pour guérir les ulcères et les plaies soraides, ou atteintes de la pourriture d*hApital, ou revêtues de sécrétions pultacées ae mauraise nature, que de saupoudrer la partie malade avec du calomel pur ou mêlé à parties égales de sucre, selon le degré de surexcitation locale que l'on voudra déterminer. C'est ce dernier mélange dont on se sert journeile* ment avec avantage pour cicatriser les ulcérations de la cornée transparente, prévenir ou résoudre les taies qui s'y forment à la sgite de l'inflammation. >
J'ai dit qu'on insufflait du calomel dans la gorge, ou qu'on l'unissait à du miel dans l'angine croupale et autres maladies de la bouche ; je dois faire observer que ce n'est ici qu'en activani» la sécrétion de la muqueuse laryngée, ou en détachant les fausses membranes à mesure qu'elles se forment, que le proto-chlorure de mercure peut être utile. Sa dose est d'un demi-grain, et même de deux à trois grains unis au miel ou è la gomme, au'on administre d'heure en beare* en le gardant quelque temps dans la bouche.
Nous dirons encore que c'était principalement dans la péripneumonie, plus encore que dans la pleurésie, que Robert Hamilloa employait le calomel, (fu'il unissait à Topium. Sa pratique à lui était, après avoir saigné et purgé convenablement, d'administrer à ses malades toutes les six, huit ou douze heures, suivant que le degré de Finflammation, ou l'aspect menaçant de la maladie semblait le requérir, un à cinq grains de calomel, et un quart de grain à un grain d'opium mélangés : il faisait boire, pardessus, une grande quantité d'eau d'orge ou ue quelque autre tisane tiède. Laennec préfère au calomel les fticlions mercurielles àbaute dose, les faits lui ayant démontré qu'elles favorisent plus sûrement la résolutioDile
MERCURE
METEORISME
l'inOammalion et la résorption dos liquides épanchés h >a suite de la pleurésie.
Quant au deuto^chïorure de mercure, ses af)[)licatioDS sont aussi nombreuses que vari(''es, son action étant plus puissante encore, plus héroïque que toutes les autres j»réparations mercurielles. Uni à l'eau distillée, il forme la liqueur de Van-Swieten, si éminemment utile dans la syf)hilis constitutionnelle (Voy. Syphilis). Uni à la dose d'un grain à une livre d*eau, dont on laissait tomber quelques gouttes dans Tœil trois ou quatre fois par jour, il s'est montré si efficace dans la première période del'ophthalmie contagieuse de Livourne, observée par Paoli en 1825, que tous les malades guérissaient ordinairement du dixième au quinzième our. Ce collyre seul, une nourriture légère, a privation du >in, sufQsaient pour obtenir ce résultat.
Dans la deuxième période, quand l'ophthalmie présenta des symptômes graves, il fallut joindre aux lotions mercurielles la saignée, les sangsues, les purgatifs, etc.
L'histoire médicale du mercure nous apprend encore que les bains de sublimé, vantés, désappréciés, abandonnés et repris, sont d*une prodigieuse eiticacité dans les maladies chroniques de la peau, qu'elles soient ou non uorigine syphilitique. Toutefois, nous devons être prévenus que, ainsi qu'on en a fait la remarque , les premiers bains que l'on prend donnent de la pesanteur de tète et une tendance au sommeil souvent invincible, quelquefois des crispations d*estomac et de très-légères coliques, suivies rarement de vomissement ou de diarrhée; mais, après les nremiers bains, i^es phénomènes cessent ae se montrer; malheureusement il s'en manifeste d'un autre ordre, qui obligent souvent à renoncer ^ ce moyen. M. Pidoux y supplée par des lotions avec :
Pr. Sublimé , 2 gros ;
F. dissoudre dans S. Q. d'alcool, <^l ajoutez :
£au distillée , 12 onces.
On met d'abord une cuillerée à café de c^lte solution dans six onces d'eau bien chaude , et on augmente graduellement jusque ce qu'on soit arrivé & une cuillerée à ^mche pour la même quantité d'eau.
1^ même auteur s'est servi, avec beaucoup d'avantage, des lotions et des injectés mercurielles dans' le prurit des parties S<^nitales, par lequel tant de femmes sont tourmentées. •
^e n*est pas tout, le sublimé pris sous Y^Q pilulaire, et combiné avec la résine jl^ Gavac et l'extrait gommeux d'opium, est '3 préparation la plus convenable qu'on P^^^se administrer dans le traitement de la Pûihisie bronchique vénérienne. Elle occajionue, d'une part, moins de fatigue que «jute autre, et d'autre part ses ellets sont ms constants. On sait que les pilules de J'up^iylrea contiennent toutes ces subs- «nces: c'est donc h elles qu'il faut recourir ^^lis ce cas. On en prend d'abord une le
DlCriONN. DE MÉDECINE.
malin et une le soir, puis deux, en augmentant d'une pilule tous les cinq jours, sans pourtant jamais dépasser te norabn^ quatre, deux fois dans les vingt -quatre lieures, jusqu'à la fin du traitement. Pendant leur usage, le malade doit se gargariser plusieurs fois par jour, avec un gargarisme composé de :
Pr. Liqueur de Van-Swieten, deux cuillerées. — Eau d'orge édulcoréo avec une once de sirop de diacode , un verre. — M.
Enfin, on cite bien des cas de gouttes qui auraient été guéris par le sublimé : n'avaientelles pas une origine vénérienne? Je me prononce pour l'affirmative.
Nous arrivons au cinabre. Peu connu jadis, appliqué plus tard aux maladies de la peau, il n'est plus employé aujourd'hui Qu'en fumigations, dans ces sortes de maladies, passées à l'état chronioue, qu'elles soient ou non syphilitiques. Pour cela, il * faut avoir une boîte fumigatoire convenablement disposée, pour pouvoir diriger la vapeur mercurielle sur tel ou tel point. La dose de cinabre pour une fumigation est de dix grains h deux et trois gros, suivant la capacité de l'appareil et la sensibilité des parties.'
Restent les iodures de mercure^ qui agissent comme altérants à l'intérieur, et dont on fait des pommades très-excitantes.
MËKyCISME , s. m. , merycismus^ de ftnf wxicaoc, rumination.— On a appelé mérvcisme une espèce de rumination à laguelle certains hommes sont sujets : les méaecins l'attribuent à une névrose de la digestion, quoiqu'elle puisse tenir aussi à une lésion organique de l'estomac.
Il paraîtrait cependant que la rumination peut être indépendante de tout état morbide, puisque, par exemple, un étudiant en médecine de la faculté de Montpellier ne ruminait pas quand il avait le soin de bien mâcher et de bien insaliver ses aliments, et qu'il éprouvait le besoin de ruminer toutes les fois qu'en mangeant il ne faisait que tordre et avaler les mets qu'on lui avait servis. Quoi qu'il en soit, les antispasmodiques toniques dans le cas de névrose ; les médicaments appropriés aux lésions organiques lorsque la rumination en provient : voilà tout ce qu'il est utile d'employer.
MÉSENTÉHITE, Voy. Péritonite.
MÉTASTASE, s. f . , metastasis, de fitOiffrattac, je change de place. — Cette expression a été adoptée pour désigner le changement d'une maladie en une autre plus dangereuse, résultat que les praticiens attribuent au transport de la matière morbifique du lieu primitif qu'elle occupait, dans un lieu bien différent. Ce ne serait donc qu'un changement de siège du mal, avec danger plus grand, le déplacement se faisant ordinairement d'une partie peu importante, une articulation par exemple, comme dans le rhumatisme articulaire, pour se porter sur un organe essentiel : d'où le danger.
MËTÊORlSMË , s. m., meteoriêmus, de fAtTÎofo.-, élevé. — Il se dit du gonflement ou
7fS
METHODE
METOODE
tension ^considérable de ratidomen, causée pnr desflatuosités.
HËTHODK, s. f., methodus ou ficM*>, de ^trà-^^f, dans le chemin : manière de dire ou de faire quelque chose avec un certain ordre et suivant certains principes ; de là, en thérapeutique, la division des méthodes curatives en méthode naturellCf méihode empirique^ et méthode ana/^H^He. Un luot sur chacune de ces méthodes, afin de prouver la supériorité de cette dernière méthode sur les deux autres.
Méthode naturelle. Il importe peu au praticien de rechercher si la science médicale est née dans un seul pajs et s*est ensuite répandue dans tous les autres ; lié aux besoins de l!homme,rart médical dut naître en même temps que lui, car, la mémo toi qui Ta as* sujetti à la mort l'ayant aussi rendu sujet aux maladies ou du moins aux diverses infirmités et incommodités qui sont inséparables de l'oi^anisme vivant, il n*est pas douteux qu*il ait usé de tous les moyens possibles pour s'en garantir ou s'en délivrer. Mais comme, dans son ignorance, il ne pouvait rien faire, ou du moins pas grarid'cnose pour se guérir, il dut en résulter' que la nature seule opéra les guérisons ; et cela lui était d'autant plus facile que, chez les premiers peuples dont l'histoire nous révèle l'existence, la manière de vivre uniforme, simple et tranquille, les habitudes douces, égales et solitaires, rendaient les occasions d^bserver l'homme et ses infirmités plus rares et plus difficiles. Il est vrai aussi que la crovance où l'on était d'attribuer les maux dont l'être humain est affligé à la colère des dieux vengeurs, fit que chacun craignit de s'armer contre les décrets célestes, en cherchant à combattre des affections nroduites par des causes surnaturelles : d*ou naquit rusage anti(|ue de se rendre dans les temples pour apaiser le dieu irrité. Si ces peuples eussent été plus éclairés et moins supci stitieux, ils auraient reconnu qu'ils devaiftnt d'être délivrés deJeurs maux, non à la di^ vinité du temple dans lequel ils s'étaient prosternés pour en entendre les oracles, mais aux seules forces médicatrices de la nature, aidée par la salubrité du lieu où le temple était situé. Le régime sévère auquel le malade était soumis , l'excitation morale gue les desservants du temple savaient si bien mettre enjeu, en déguisant, h l'aide d'un langage allégorique, la substance administrée ; un heureux hasard ^ un exercice souvent inaccoutumé, la pureté d*un air nouveau, Tespoir, la confiance et les distractions du voyage, devaient tout amener à une heureuse solution.
Mais bientôt on ne se borna pas à aller prier dans les temples, car ce même instinct conservateur dévolu à l'homme par le Créateur, cet instinct, dis-je, qui l'avait porté k chercher les moyens de se garantir des rigueurs des saisons et à satisfaire aux besoins que la nature réclame, le conduisit égale« ment à découvrir des remèdes eflTicacescontre ses Infirmités et ses souffrances. La science
de l'hommo malade devint donc dès l'origine des nations un mélange de superstition et d'empirisme, ne consistant qu'en un trèspetit nombre d'observations, que la mémoire suffisait seule pour conserver. De ra^me, l'art médical ne fut point une profession exercée par des hommes qui s'y livraient uniquement, c'était une communication réciproque, faite aux malades ou à leurs fvv rents, parles personnes qui avaient été guéries de l'affection dont on croyait l'individa attaqué, o*i par desindividus qui avaient été témoins de la guérison d'une maladie quu l'on jugeait être la même. Peu h peu, et par degrés insensibles, les vieillards à qui uoe longue vie avait donné une plus longue eipérienca, les pères de Camille, les grands qui exercent une juridiction plus étendue sur leurs enfants, leurs parents ou leurs esclaves, instruits par de fréquentes occasions d'observer, s'élevèrent au-dessus de tous par leurs connaissances médicales. Ainsi, l'art, dès son berceau, s'attira la vénéralion, se couvrit de lapourpre royale et s'enviroaM de la majesté divine, c'est-à-<iire. queJam^ thode empirique s'allia bientôt à la méthode naturelle ; mais n'anticipons pas.
On conçoit que, dans des circonstances pareilles, l'art de guérir ne pouvait atteindre un haut degré de perfection, et ses progrès de valent être très-peu sensibles, puisqu'aucune règle scientinque, aucune application de l'observation à la théorie ne renfermaii les bases des études médicales, et que la médecine n'était que l'art de prophétiser ou d*employer certaines substances , en se fondant sur des analogies ou des apparences souvent trompeuses. 1
Cet état de choses dura jusqu'au momeDi où Hippocrate, imitant 1 exem[)le que les Asclépiades, ses aïeux, lui avaient donnéi (celui de déclarerque les maladies guérissent par les moyens naturels) ; l'esprit orné des connaissances qu'il avait puisées, soit dans l leurs traditions, soit dans les inscriptions qu'il avait trouvées dans les temples dËsculape à Cos, créa la médecine. Nous savons tous qu'avant que le divin vieillard ctt écrit ses immortels ouvrages et formé des disciples capables, on s'était borné à graver sur des tables de marbre ou sur des pierre^ exposées aux yeux du public, pour le prolii de ceux qui pourraient se trouver dans le cas d'avoir besoin dessecoursde» la médecine, l'Indication du moyen qui s'était montré eflicace dans des cas semblables. Eh bien, c'est eii profitaotde ces inscriptions, nouslerépétof s qu'Hippocrate posa les fondemenlsd'uneiherapeutique qui repose sur la connaissance des causes prochaines et occultes, surlacoclion et les crises, en un mot sur les efforts médicjteurs de la nature. Il fonda donc la méthode naturel le, qui a pour objet de préparer^ifi^^' liter et de fortifier Us mouvements spont^nét de /a NATURE, qui tendent à opérer la guéruon-
Elle est indiquée, nous dit-on, toutes 1^5 Ibis que la force médicalrice manîfeste oe la tendance h affecter une marche réguliers et salutaire. Or, pour reconnaître si »?"'^
METHODE
METHODE
suit une voie sûre, il faut Tobserver et Técoûter.
Nous ne suivrons pas les progrès et les développements du naturisme^ fondé par le père de la médecine, et ne dirons point les modiQcations dont il a été lobjet de la part même des imitateurs du vieillard de Cos; franchissant les siècles» nous nous arrêterons à Thomas Campanolia, è Van Helmont, à Stahl et à quelques autres presque nos contemporains, dans les travaux desquels se trouve réuni et développé avec précision et dune manière tranchée Tensemble des doctrines médicales des médecins do l'antiquité. Et par exemple, nous lisons dans Thomas Campanella gue toutes les maladies dépondent de Vesprit vitale et que la fièvre, on particulier, consiste dans la lutte qui s'établit entre les maladies et l'esprit, ou bien qu'elle est le résultat de la colère de ce deri ier qui cherche à conserver la vie et à prévenir la putréfaction des humeurs. Une thérapeutique qui repose sur un principe pareil doit nécessairement appartenir à la méthode naturelle.
Van Helmont,qui vint après,suivitParaee]se en bien des choses ; c'est-à-dire, qu'il s'empara de rarcA^e, auquel le médecin suisse avait fait jouer un très-grand rôle; mais il lai attribua, ainsi qu'aux autres substances spirituelles, une nature plus substantielle, et, de plus, il y appliqua des idées beaucoup plus claires et bien plus précises. Voici son système :
Un être substantiel, d'une nature inter-' niédiaire entre l'âme et le corps, nommé archée, doué d'intelligence et susceptible de liassions, est chargé en chef du gouverne-
grande inuuence qu sv'stème vivant les affections oui intéressent l'estomac et la rate , et la prééminence de (OS deux organes, fameux dans l'école de Van Helmont sous le nom de duumvircU.
I)e plus, chaque organe à son archée subalterne qui ranime, dont toutes les actions sont ftommuniquées à l'archéeprincipal, et qui en reçoit des ordres. Tout est bien tant que t archée supérieur est obéi et que ses actes vitaux s'exécutent selon les idées exprimées par le Créateur ou par l'ârae, aux arcnées de ^us les ordres. Mais si des causes morbifiques, des levains de maladie, des matières contagieuses s'introduisent dans une partie, Tarchée du lieu se fâche; dans sa mauvaise humeur, il n'obéit plus au maltrcf archée, qui est à son tour fort irascible ; il en résulte des ordres bigarres, des révoltes, et par conséquent un grand trouble dans la succession des opérations ; c'est ce qui constitue la maladie. Nous ne continuerons pas et accorderons si Ton veuty avec M. Lordat, que toute celle mythologie est une allégorie sous laquelle on exprima des faits réels ; néanjûoins, comme Vaa Helmont attribuait toutc3 les maladies aux erreurs et aux souffrances de Tarchée, l'art du médecin ne devait consister qu'à étudier le caractère du principe
central commun et celui des autres divers principes inférieurs, de savoir quaud il faut réprimer leur fougue ou exciter leur négligligence, leur paresse, et quels sont les moyens de maîtriser leurs passions ou de corriger leurs écarts.
Cette doctrine fut presoue entièreroeot adoptée dans les écoles d'Ailenoagne, et vers la fin du xYii* siècle, Georges Wolfjgang- Wedel , maître de Stabl, on fut le plus zélé défenseur. Nous ne sommes donc point surpris que ce dernier ait été l'inventeur delà méthode dynamique, il ne fallait que substituer Tâme à l'archée, et c'est là ce qu'il &L Stahl a donc défini la maladie : « Tous les mouvements et les changements ayant l'Ame pour cause» et considérée celle-ci (la maladie) comme une irrégularité dans le gouvernement de l'économie animale. En d'autres termes, d'après cet auteur : « La nature est affectée dans les maladies, elle réagit contre les causes ennemies, elle excite des mouvements tonique^, des congestions, des excrétions et guérit ainsi les maladies, » c'est là V autocratie de la nature dont les anciens ont dit tant de bien. Du reste, la thérapeutique de Stahl est parfaitement d'accord avec ses idées physiologiques et pathologiques. Il croit, comme Hippocrate, que le praticien doit moins dominer la nature que lui obéir et observer attentivement ses effets. Il ne pense pas, comme Gédéon Harvey, gno le médecin doive rester spectateur oisir, mais il veut qu'on observe avec soin l'expérieuce et la nature.
La simplicité de cette doctrine lui attira de nombreux partisans, et parmi eux Bor^ deu, Lieutaud, Boerhaave, etc.: un des plus zélés fut Arnaud de Villeneuve. Pour lui, le médecin n'est que le ministre de la nature^ de cette cause première, de cette chaleur naturelle, comme on la nommée, que l'animai apporte en naissant. Ce n'est pas , dit-il , en faisant prendre beaucoup de remèdes qu'on parvient à guérir les maladies ; malheureux serait celui qui serait obligé de mettre en eux toute sa confiance. La çuérison dépend surtout de la nature; c'est elle qui prépare la maladie à être détruite, c'est la chaleur, c'est le feu qui cuit la matière morbifique, et en décide souvent l'évacuation. La médecine n'est que l'instrument employé pour seconder la nature dans son travail.
Méthode empirique. — Barthez Ta définie: toute méthode dans laquelle on cherche, par des moyens appropriés ou spécifiques, à guérir les maladies radicalement ou d'un seul coup ; et Zimmermann appelle empirique en médecine « un hoinme qui, sans songer aux opérations de la nature, aux signes, aux causes des maladies , aux indications , aux méthodes, et surtout aux découvertes des différents t^QS y demande le nom d'une maladie , administre ses remèdes au hasard , ou les distribue k 1a ronde, suit sa routine et 9Xiéconnalt son art.» D'après cela, la pluralité des médecins auraient été empiriaues. Cependant, si l'on considère que celui qui a suivi le cours d'une maladie a fait des ob-
MtTllODE
UETnODE
servAlions, et que celui qui, dans une aiTection , administre un médicament et prend garrle aui effets qu^il produit, fait des expériences, on devra établir une distinction entre eux ; car Tun , en médecin observateur , écoute la nature ; et Tautre , en expérimentant, Vinterrose.
En faisant rhistoire du naturisme, nous avons laissé Tart médical aux mains des vieillards qui, parce qu^ils avaient plus vécu et plus vu, avaient par conséquent une plus grande expérience, ce qui aurait dû hâter les progrès des sciences médicales. Et pourtant il n en fut pas ainsi , parce qu^on se borna tout à fait à Taveugle observation des règles précédemment adoptées; parce que le fils recevait comme un dépôt les enseignements de ses pères « et les transmettait à sa postérité, sans y faire le plus léger changement. Ainsi, dans plusieurs circonstances, on voyait des amis ou des voisins qui s'assistaient et se conseillaient réciproquement dans les maladies ; la médecine , considérée comme une profession séparée, était renfermée, par une espèce de monopole , dans une famille où le père ne l'enseignait qu'à ses enfants ou à ses petits-enfants, de môme que nous enseignons aux nôtres les différents métiers que nous exerçons.
Cet usage existait encore, au viir siècle , dans le Malabar , où les habitants , quoique assez civilisés , faisaient consister la médecine en la connaissance de quelques plantes, ut dans l'art de former avec ces ()lantes quelques receltes qui se transmettaient de père en tils, et qu'on se contentait de savoir. Pareille chose a dû exister parmi les médecins de l'antiquité , puisqu ou voyait autrefois à Rome, dans le temple Maffei ou Maffée, une table chargée dUnscriptions médicales qui avaient servi à composer le livre de la science, J?m6rf, scientia causalitathf ouvrage qui, d*après Mercurialis, renfermait les règles auxquelles les hommes de l'art devaient se conformer ponctuellement, s'ils ne voulaient être poursuivis et mis à mort, quelle qu'eût été 1 issue , heuretise ou funeste , de la maladie ; tandis qu'il était à I abri de toute poursuite, bien que le malade mourût ^ s'il s'y était conformé. Un pareil joug, imposé ainsi à l'esprit humain par un pareil usage adopté dans les familles, aurait nui singulièrement aux progrès de l'art médical , si le père de Ja médecine, qui fut aussi le père du naturisme (mais non son sectateur exclusif, puisau'll a fait iui-méme , dans bien des cas, de 1 empirisme), n'avait enfin, par la publication de ses immortels ouvrages , ouvert le champ aux observations et aux recherches expérimentales.
Après sa mort, quelques-uns de ses nombreux disciples restèrent fidèles aux principes qu'il avait professés , d'autres s'en écartèrent fort peu ; mais, parmi leurs successeurs , il s en trouva qui oublièrent oomnlétement sa doctrine de Taltération des humeurs dans les maladies, pour constituer la fameuse dicheîemt , d'après laquelle toute affection morl^kle -ne reconnaît pour cause
que le resserrement ou le relâchement do^ tissus, la force ou la faiblesse (Asclépiades do Pruse en Bithynie). De là la formation d'une nouvelle école dont Thémisou fut le chef, secte nouvelle qui, ayant des opinions diamétralement opposées aux humoristes exclusifs, sema la discorde parmi eux.
La science de l'homme dut en souffrir; car
Suels perfectionnements pouvait-on espérer e la part de deux écoles rivales, dont Tune n'espéiait que dans la participation constante, nécessaire et utile du principe conservateur , alors que l'autre , )e coDiiaronant à l'impuissance ansolue, professait qu'il suffit toujours de relâcher ou de resserrer pour guérir les maladies? Avouons qu'elles nen ont pas toujours souffert , attendu que des idées aussi exclusives durent faire ouvrir les yeux aux hommes sages ; ce qui conduisil x]uelques praticiens à reconnaître que la vérité n'est jamais dans un principe absolu.
Malheureusement la médecine nesebonu pas aux disputes des humoristes et des solldistes ; les alchimistes^ et surtout Paracek, paraissent à leur tour sur la scène , et prétendent soumettre l'économie animale à leur nouvelle fantaisie. Ils brûlent les livres îles anciens, et pensent anéantir avec eux toutes les lois de la nature. Sa lente observation ne s*accorde pas avec la fougue de leur esprit ; ses opérations spontanées leur déplaisent; ils veulent augmenter ses mouvements, les modérer , les changer , les diriger à volonté. Ils cherchent un remède qui remplisse toutes les indications , et ils croient trouver dans leurs bocaux l'art de prolonger la vie. Après eux viennent les mécaniciens , qui, ne voyant dans le corps de l'homme qu'un assemblage de conduits communiouaot les uns avec les autres, font dépendre les maladies des obstacles oui peuvent s'opposer au libre passage des numeurs dans ces vaisseaux, et à la stase ou arrêt de ces fluides. Dès lors, toutes les médications doivent avoir
f>our ol5jet la destruction de ces obstacles et 'emploi des moyens propres à favoriser le cours des humeurs. Par contre , la théorie chimique, à l'aide de ses ferments et de ses effervescences , crée de nouvelles altérations humorales, et les médecins sont conduits à n'avoir de conGance que dans les acides ou les alcalis. Ramazzini lui-même a été tellement dominé par, cette théorie, aui s'applique comme tant d'autres à la pathologie, qu'il s'attachait une année à traiter par des acides la maladie que l'année précédenie il avait combattue par les alcalis. Enfin, Frédéric Hoffmann fait dépendre toutes les ma ladies de la systole et de la diastole, attendu « qu'elles ne sont que la lésion des mouvements naturels , c'est-à-dire de la contraction et de la dilatation. » La contraction trop forte prend le nom de spasme , et la dilatation excessive celui d'atonie. C'est en quelque sorte le strictum et le laxum de Théunson , avec cette différence que la mécanijj"*' et l'hydraulique lui servent de base. Culje" modifie le système d'Hoffmann : ce ne^ point pour lui l'excès de Ion ou de force u«
Tîl
MLTIIODË
METHODE
7ii
son modèle, ccst une coiislridion irrilativc dont il a piis l'idée dans Chrestien- Louis HolFraaan, grand nervosislc, qui réfuta Buerhnave sur sa doctrine de l'inflammation. BnjwnetBroussais font revivre lesolidisme; mais, tout en adoptant les mêmes principes, tuut en reconnaissant les mêmes causes de maladies, tout en divisnnt également ces dernières en deux classes distinctes, savoir : les maladies sthéniques ou hypersthéniques, et les maladies astnéniqiies ou hy posthéniques, ils diffèrent essentiellement alors qu'il faut se prononcer sur la majorité numérique de chacune d'elles. Ainsi, tandis que firown déclare que sur cent maladies il y en a quairp-vingt-dix-sept d'asthéniques ou avec faiblesse, Broussais, et avec lui tous les cootre-slimulistes italiens (Rasori, Tommasini,etc. ) afUrment que, sur à peu près luiile, il n'y en a |)es une qui dépende de rijyposthénie. Ainsi, soit que les empiriques aient accordé une trop grande contiance aux essais d'imitation , et par conséquent trop d'importance aux résultats dii hasard , le plus souvent trompeur : ce qui les a conduits , nous devons le dire à leur louange , à la découverte des propriétés des médicaments et aux règles qu il faut suivre dans leur administration; soit que , partant d'uue idée préconçue, exclusive , ils n'aient vu partout que de la sthénie ou de l'asthénie, de la svstole ou de la diastole , etc. , ils ont tous négligé l'étude des causes des maladies; ils n'ont nullement compté sur les ressources de la nature , et , en voulant être exclusifs, ris ont fait un tort immense à l'art médical et sacrifié l'humanité à leur vanité ambitieuse. C'est le reproche qu'on a adressé successivement à chaque chef de secte, et Ton sait que les empiriques en comptent un assez grand nombre.
Méthode analytiaue. Quoique cette méthode soit d'origine moaerne, nous devons remonter un peu haut dais l'histoire de la médecine pour faire connaître comment Barthez, son inventeur, a été conduit à l'introduiro dans la thérapeutique des maladies.
Nous avons vu, en nous occupant des méthodes naturelle et empirique, qu'exclusivement naturistes ou etppiriques, les praticiens qui appartenaient à une école ne faisaient aucune concession aux adeptes d'une autre école, et que, par rivalité ou par entêtement, des discussions, des disputes animées en étaient le résultat ; c'est-à-dire qu'à mesure que de nouveaux systèmes ont été connus en médecine, et il parait que la manie de systématiser a existé de tout temps, il s'est toujours rencontré des détracteurs ardents à les combattre , et des défenseurs zélés à les soutenir. Heureusement pour la science et pour l'art, qu'au milieu de ces discussions interminables , des hommes doués de beaucoup de modération, de sagesse et de talent, se sont montrés , s'imposant la noble tâche do concilier les osprils divisés , ce qui donna Jifu à la formation d'une nouvelle école, Vécole éclectique ou synthétique , oui s'éleva ilaiis le iv biôcle par les soins d'Agathiuus
de Sparte , disciple d'Athénée. A cette époque, pendant que les méthodistes on disciples de Thémison , cherchaient à établir un système qui îùi distinct et séparé du dogmatisme et de l'empirisme. Athénée, d'At* talie en Cilicie, s'efforçait de soutenir la doctrine des anciens dogmatiques, en se servant, comme eux , des règles de la logicfue pour discuter ce qui était de leur profession, et fondait une école nouvelle qui prit le nom de pneumatique. Elle ne différait du dogmatisme que par le rôle important qu'elle faisait jouer au pneuma ou esprit^ qui servait aux adeptes pour expliquer les phénomènes de la nature. Athénée seul ayant admis la puissance de ce principe immatériel , actif cependant, lui seul doit porter le nom do pneumatique. Et quant à ses nombreux disciples , les efforts qu'ils firent pour se rapf^rocher des empiriques et des dogmatiques es éloignèrent de leur maître, et on vit s'élever l'école éclectique.
Parmi les membres de cette école, on distingue Archigined'Apamée, qui s'est rendu beaucoup plus célèbre qu'Agathinus luimême, ce qui l'a fait considérer comme l'unique fondateur de la secte éclectique. Mais comme, d'après Galien, il allia à la médecine (et ses élèves aussi) les subtilités de la dialectique et les sophismes les plus absurdes ; puisque ses écrits sont remplis d'énigmes que le médecin de Pergame ne pouvait expliquer, ce n'est point là que nous puiserons nos matériaux pour l'histoire de l'éclectisme médical.
Pour le bien comprendre, il faut remonter au XVI* siècle , parce que jusqu'alors on avait strictement suivi, dans le traitement des maladies, les règles que l'on trouvait consignées dans les ouvrages des Arabes et des arabistes, et que des médecins éclairés s'étant aperçus que très-souvent les principes de ces auteurs étaient en contradiction manifeste avec ceux des anciens Grecs, ils voulurent se rendre raison de cette discordance, et s'efforcèrent, sous le nom de con^ citiateurSf de réunir les deux partis, ils furent donc empirico-naturistes, mais ayant une tendance prononcée vers l'empirisme, comme le prouvent suffisamment les écrits de Théodore Zwinger et de JacquesZwinger, son fils, (conciliateurs les plus recommandables de cette époque), qui tentèrent de concilier les doctrines de Paracelse avec celles de Galien, et se donnèrent beaucoup do peine pour mettre en vogue les préparations chimiques qu'ils contribuèrent puissamment à faire adopter.
La science médicale en était encore là, c'est-à-dire que les savants différaient entre eux sous bien des rapports, lorsque Barthez parut à Montpellier, comme chancelier de l'Cniversité. Alors les oninions médicales des professeurs de la faculté de médecine^ses collègues, et des docteurs qui enseignaient dans cette ville, étaient fort divisées; mais si l'on fait abstraction des nuances qui distiuguaient les sentiments individuels, on peut rapporter toutes ces opinions à quatre doc«
ri^
METHODE
METHODE
ra
trines principales : !• celles des mécaniciens,
a ai ne roient dans Téconomie rivante que es phénomènes dépendants delà structure et de la constitution chimique des corps, ou des phénomènes explicables par les principes de physique et de chimie auxquels on rapporte tout ce qui se passe dans la matière brute. Fizes était presque le seul soutien de ce système, qui s'écroula malgré ses efforts. ^ Crite de Sauvages, qui reconnaissait que le corps est une machine organisée de manière que toutes les fonctions sont l'effet immédiat et nécessaire de sa structure; mais qui soutenait, à Tiroitation de Stahl, au*il avait besoin d*im mobile intelligent, prévoyant et conservateur, pour mettre en jeu, régulariser et perpétuer ce mécanisme. 3" Celle de Halier, qui regardait la machine animale comme différant de celle que Tart construit, en ce que certaines des pièces qui la coraposentfOutre les propriétés générales de la matière et celles qui dérivent nécessairement de leur texture, ont des principe» d'action on de force ptrticulière qui distinguent le carps vivant des autres mixtes, et au moyen desquels il croyait pouvoir expliquer toutes les fonctions et tous les actes de la vie. 4' Enfin, celle de Lacaze et de Bordeu, qui considéraient les maladies, lorsqu'elles ne dépendent pas d'un vice anatomique, comme un effet de l'altération vicieuse de l'action d'un orçane. Les altérations morbifiques se réduisent toutes à l'augmentation ou à ra£EiiibIissement excessif du mouvement et du sentiment; mais ces observations de l'énergie naturelle ne sont pas des états absolument stagnants, elles ont une marche, une progression régulière, par laquelle elles tendent à celte solution déterminée.
Diaprés ces principes, la thérapeuti(^ue consiste h hâter par des moyens appropnés la terminaison ou la solution naturelle des maladies, quand nous pouvons juger, d'après les observations antécédentes, que la tendance est favorable. £n outre, Tart peut quelauefois, par des moyens violents, suspendre, étrangler une maladie dont on redoute la crise naturelle; mais ces tentatives, disent les auteurs dont je parle, sont pleines de danger, et, à tout prendre, les ressources de la nature présentent autant de chances favorables que ces traitements extraordinaires. Persuadé, avec tous les bons praticiens, que les théories scolastiques doivent être entièrement oubliées lorsqu'on approche du lit d'un maiflde, Barthez, que son génie médiateur portait è la conciliation de tous les esprits, Barthez, dis-je , fut conduit à décomposer la maladie en 'autant d'ËLÉMRNTs (Yoy. ce mot) qui la constituent, et il puisa dans chaque système médical une idée thérapeutique, dont il fit une juste application. Etant arrivé à ce résultat avantageux à l'aide d'une analyse sévère, il donna à cette méthode d'induction le nom de méthode analytique, dont il suffit de signaler les avantages pour établir sa supériorité sur toutes les autres. Quel rôle joue, en effet, le médecin que l'esprit conciliateur de Barthez ani-
me? Il est l'ami de tous les sysléinalique5,ei ne repousse aucun système : au contraire, il compte,comme le naturiste,sur les forces roédicatrices de la nature, et attend quelquefois dans une sage expectation qu'une évacualioD critique amené la guérison ; ou bien, il tente, avec les empiriques, par des moyens éoer* giques et perturbateurs,d'enlever et détrnire tout h la fois la maladie et la cause qui l'a produite. Humoriste avec Hippocrate et ses sectateurs, il cherche à apprécier le rôle important que les humeurs, quand elles sont altérées, jouent dans l'économie animale, et il dirige ses moyens euratifs d'après les indications que ces altérations fournissent. Soiidiste avec les méthodistes, Brissot, Cullenet ses disciples, etc., il convient que la lésion des solides est très-communément la cause des maladies, et sa conviction le conduit à trouver les moyens de remédier aux désordres qu'il a pu découvrir. Connaissant Tmfluence du système nerveux sur le eorpsM- Tant, il en forme un élément particulier ce maladie, tout en ne se refusant pas à admettre l'existence des maladies sympathiques, c'esi-à-dire que l'anomalie morbide du système nerveux est, pour lui , tantôt csseotielle , et tantôt symptomatique d'une autre maladie. Enfin il se sert de l'anatomie pathologique pour déterminer le siège du mal qui a fait périr le sujet, et en tire, pour l'avenir, des lumières qui l'aideront À bieo préciser le lieu ot les remèdes locaux devront être appliqués, et a faire un bon choii parmi les remèdes oui ont, ou è [>eu près, les mêmes propriétés, il fait plus : il recherche les causes de la maladie, s'occupe de Tâge, du sexe, du tempérament , de ce qui se rattache aux constitutions atmosphériques aux constitutions médicales, etc., à tout re qui, en un mot, peut lui servir de guide pour poser les indications, et pour trouver les moyens les plus effica'res de les remplir. Ainsi, pour le médecin qui se dirige d'ap»^^ les principes de la méthode analytique, les classifications des maladies ne servent de rien au chevet du malade, et il faut décomposer la maladie dans ses affections les plus essentielles dont elle est le produit, ou dans les états morbides les plus simples qui la composent, et attaquer directement ceféiais ou éléments de maladie, par des moyensap-
I)ropriés à leurs rapports de force et dinluence.
Il est facile de s'apercevoir, d'après ce»^ légère esquisse de la méthode analjliqoj' combien dbit être puissante et nUionuell^ une thérapeutique qui la prend pour base. Elle conouit à l'heureuse applicatioo des antiphlogistiques seuls, toutes les fois(pf l'on a à combattre l'élément inflammaloire simple ou essentiel, ou une mOamœatioo franche et légitime; variant leur emploifSUh Tant qu'il y a ou qu'il n'y a pas de pnlegniasie. Trouvant que l'élément bilieuï s'associe à l'état inflammatoire, il sait, à l'exeniF de Stoll, unir les antiphlogistiques aui «^** cuants émétiques et purgatifs, ou ^^l^^^y! les vomitif? et les purgatifs seuls (fiBDû l^
fis
METRALGB
UUSME
al bilieux est dépouillé de toute complicali.m, etc. Ainsi, à Taide de Tinduction analytique, on peut faire, en médecine, une s'oieuce dont les principes soient essentielleii*>nt applicables; nous disons même que les seules bonnes théories sont celles que 1 OQ obtient de cette manière ; toutes les autres sont entachées d*bypothèse$, et avec de le bonne foi on est obligé de les repousser, suriout au lit des malades. En voulez-vous bftreuve bien claire ? Parcourez seulemeat ks livres des bons praticiens, suivez jus- 1^ j'aux conséquences Ibécapeutiques le méi;<:-i in houcète et consciencieui : vous ne urJerez pas à vous apercevoir que, quelque habitués qu'ils soient à se servir de Thypoihèse dans leurs raisonnements, ils réser- Tt-Dt surtout une scrupuleuse attention aux T^suitats cliniques. Les mauvaises théories Lont aucune influence sur leur conduite /.-alique ; ils se trouvent touiours d'accord avec TexpérieDce, car c'est d elle qu'ils ont Uré, par instinct, la bonne manière de voir, telle même que l'analyse ou l'induction découvre au médecin philosophe*
MÉTHODISTES. — Il se dit des disciples de la doctrine de Thémison, pour qci toute maladie dépendait du relâchement ou du resserrement. Ce sont deux genres de causes prochaines des atfections morbides, auxquels OQ en a ajouté un troisième , ou le çenre mixte, afin d*7 classer les maladies qui, selon les méthodistes, tiennent de l'un pu de laotre des deux précédents.
MËTRALGIË , s. f., meiralgia, de fi«T/)«, 2^ : douleur de la matrice. — En dehors des douleurs qui se manifestent dans l'utérus au momejit de l'accouchement, douleurs iodispensables à l'expulsion du fœtus, la matrice est sujette à des névralgies, douleurs nerveuses, qui sont quelquefois Irèsviolentes, et qui nécessitent une attention toute particulière. Nous ne parlons pas de ces douleurs de la mat: ice que beau^ coup de femmes éprouvent aux épo(jues menstruelies, et qui sont le résultat d une n^eastruation ditlicile (dyménorrhée), mais de certaines douleurs aiguës, lancinantes, <)û tourmentent beaucoup les femmes ner- ^«Qses, en tout temps, mais surtout après ^« leurs mois sont passés. Chez ces personnes, la nérralgie paraît tenir à un état de ^ébilité générale, contre laquelle il est bon demployer les toniaues ferrugineux, asso- <^és aux antispasmouiques locaux, aux bains «Qliers, aux bains de siège et aux injections f^K^tiques qui, en cette circonstance, font «^jwoup debien.
Touteiois, nous devons faire observer que r^'ivi*^^ pas seulement chez les personnes wWes et irritables que les métralgies se maj^esteot ; souvent aussi elles se montrent *« les femmes fortes (quoique plus rare- ^^^ que chez .es femmes faibles), ce qui j»raU lenip i un excès de vie et de sensiwinlé; alors on remarque que ces femmes, quoique vigoureuses, perdent peu habiwellemem, et qu'elles soutfrent d'autant Plus qu'elles s'éloignent davantage de l'é-
poque mensuelle. On y remédie par des applications de sangsues à la vulve,, par des bains généraux et locaux, par un régime antiphlogistique, et enCn, si ces moyens ne suffisent pas, par quelques narcotiques.
Les pilules d'extrait de jusquiame nous ont très-oien réussi dans ces circonstances.
MÉTRITE, s. f., metritiSf de fx^rpa, la matrice : inflammation de la matrice. — Que son invasion soit subite, ou qu'elle ait été
Précédée par du frisson et de la chaleur, inflammation de l'utérus se reconnaît à un sentiment d'ardeur, de pesanteur et de tension à rhypogastre,de douleur dans la mémo région, qui augmente par la pression et qui s'accompagne d'un sentiment de faiblesse générale , d'oppression des forces, et, chez quelques malades, d'une sensation douloureuse dans les mamelles , d'un mal de tète plus ou moins violent , quelquefois de rô- Yasseries, et même d'un délire léger, enfin de symptômes consensuels ou sympathiques (vomissements, hoquets, etc.).
Ces symptômes, qui se manifestent quand c'est le fond de la matrice qui est enflammes varient, pour la plupart, quand au contraire c'est l'orifice utérin qui est le siège de l'inflammation ; dans ce cas, la chaleur et la douleur se font plus particulièrement sentir dans le Yagin, alors surtout qu'on touche au museau de lanche, et cette dernière de- Tient plus vive quand la malade.urine ou va à la selle. Du reste, il n'est pas rare qu'il y ait strangurie, constipation, ténesme à un haut degré, même tous les signes de la cystite.
La métrite, en général , reconnaît pour causes les plus ordinaires les manœuvres imprudentes de certains accoucheurs pendant le travail laborieux d'une parturition difficile et lenie, la suppression brusque des menstrues ou d'une némorragie utérine par des applications froides, l'abus des plaisirs sexuels, la ménopause, des pessaires mal ou intempestivement appliqués, l'extirpation d'un polype, la rétention du délivre ou son arrachement riolent, le renversement de la matrice, l'o^iération césarienne, l'usage des stimulants locaux pour exciter l'avortement, etc. Ses terminaisons sont les mêmes que les autres inflammations organiques (résolution, suppuration, induration, gangrène), aussi ne réclame-t-elle pas d'autre traitement que ces inflammations, soit qu'elle ait une marche aiguë, soit gu'elle affecte une marche chronique. Toutefois nous signalerons, en passant, l'utilité des injections émollientes vaginales, poussées jusque dans le corps même de la matrice, ces injections aidant puissamment k obtenir la résolution de l'inflammation, alors même qu'elles sont bornées au ragin. Gardien leur attribue la propriété de servir de bain à la surface externe de la matrice d'une manière plus immédiate que les lavements, dont on reconnaît généralement Tutilité.
MÉTRORRHAGIE. Voy. HENSTRUâTion .
MIASME, s. m., {liaaita^ souiUure. — On s'est longtemps servi de ce mot comme synonyme de contagion^ mais on a fini oar lui
METHODE
(rines principales: 1" celles des mécaniciens^
aui ne Yoient dans Téconomie vivante que es phénomènes dépendants delà structure et de la constitution chiniique des corps, ou des phénomènes explicables par les principes 08 physique et de chimie auxquels on rapporte tout ce qui se passe dans la matière brute. Fizes était presque le seul soutien de ce système, qui s*écroula malgré ses efforts. ^ Celte de Sauvages, qui reconnaissait que le corps e^tune machine organisée de manière que toutes les fonctions sont i*effet immédiat et nécessaire de sa structure; mais qui soutenait, à l'imitation de Stahl, au'il avait besoin d*un mobile intelligent, prévoyant et conservateur, pour mettre en jeu, régulariser et perpétuer ce mécanisme. 3^ Celle de Halier» qui regardait la machine animale comme différant de celle que l'art construit, en ce que certaines des pièces qui la coraposentfOutre les prcipriétés générales de la matière t't celles qui dérivent nécessairement de leur texture, ont des principes d*action on de force particulière qui distinguent le corps vivant des autres mixtes, et au moyen desquels il croyait pouvoir expliquer toutes les fonctions et tous les actes de la vie. 4' Enfin, celle de Lacaze et de Bordeu, qui considéraient les maladies, lorsqu'elles ne dépendent pas d'un vice anatomique, comme un effet de Taltération vicieuse de Taction d^un organe. Les altérations morbifiques se réduisent toutes à Taugmentation ou à ra£EiiibIissement excessif du mouvement et du sentiment; mais ces observations de Ténergie naturelle ne sont pas des états abso-r lument stagnants, elles ont une marche» une progression régulière, par laçiuelle elles tendent à celte solution déterminée.
B après ces principes, la thérapeutique consiste h hâter par des moyens appropriés la terminaison ou la solution naturelle des maladies, quand nous pouvons juger, d'après ]«s observations antécédentes, <tue la tendance est favorable. £n outre, Tart peut quelauefois, par des moyens violents, suspendre, étrangler une maladie dont on redoute la crise naturelle; mais ces tentatives, disent les auteurs dont je parle, sont pleines de danger, et, à tout prendre, les ressources de la nature présentent autant de chances favorables que ces traitements extraordinaires. Persuadé, avec tous les bons praticiens, que les théories scolastiques doivent être entièrement oubliées lorsqu'on approche du lit d'un malade, Barthez, que son génie médiateur portait è la conciliation de tous les esprits, Barthez, dis-je, fut conduit à décomposer la maladie en 'autant U^ëléments {Yoy. ce mot) qui la constituent, et il puisa aans chaque système médical une idée thérapeutique, dont il fit une juste application. Etant arrivé à ce résultat avantageux à l'aide d'une analyse sévère, il donna à cette méthode d'induction le nom de méthode analytiq%i€f dont il sufSt de signaler les avantages pour établir sa supériorité sur toutes les autres. Quel r61e joue, en effet, le médecin que l'es^irit conciliateur de Barthez ani-
METHODE
me? Il est l'ami de tous les systématiques, et ne repousse aucun système : au contraire, il compte,comrae le naturiste,sur les forces roédicatrices de la nature, et attend quelquefois dans une sage expectation qu'une évacuation critique amène la guérison ; ou bien, il teote, avec les empiriques, par des moyens énergiques et perturbateurs, d'enlever et détruire tout à la fois la maladie et la cause qui l'a produite. Humoriste avec Hippocrate et ses sectateurs, il cherche à apprécier le râle important que les humeurs, quand elles sont altérées, jouent dans l'économie animale, et il dirige ses moyens curatifs d'après les indications que ces altérations fournissent. Solidiste avec les méthodistes, Brissot, Cullenet ses disciples, etc., il convient que la lésioQ des solides est très-communément la cause des maladies, et sa conviction le conduit à trouver les moyens de remédier aux désordres qu'il a pu découvrir. Connaissant Tiiifluence du système nerveux sur le corps vivant, il en forme un élément particulier de maladie, tout en ne se refusant pas à admettre l'existence des maladies sympathiques; c'esi-à-dire que l'anomalie morbide du système nerveux est, pom* lui , tantôt essentielle , et tantôt symptomatique d'une autre maladie. Enfin il se sert de l'anatomie pathologique pour déterminer le siège du mal qui a fait périr le sujet, et en lire, pour l'avenir, des lumières qui l'aideront à bien préciser le lieu oiï les remèdes locaux devront être appliqués, et a faire un bon choii parmi les remèdes qui ont, ou à peu près, les mêmes propriétés, il fait plus : il recherche les causes de la maladie, s'occupe de l'âge, du sexe, du tempérament , de ce qui se rattache aux constitutions atmosphériques, aux constitutions médicales, etc., à tout ce qui, en un mot, peut lui servir de guide pour poser les indications, et pour trouver les moyens les plus efiica'!f»s de les remplir. Ainsi, pour le médecin qui se dirige d'apf^s les principes de la méthode analytique, les classifications des maladies ne servent de rien au chevet du malade, et il faut dc^coraposer la maladie dans ses affections les plus essentielles dont elle est le produit, ou im les états morbides les plus simples qui la composent, et attaquer directement ces étals ou éléments de maladie, par des moyens appropriés à leurs rapports de force et d'influence.
Il est facile de s'apercevoir, d'après cette légère esquisse de la méthode analytique» combien aoit être puissante et ralionuelle une thérapeutique qui la prend pour base. Elle conouit à l'heureuse application des antiphlogistiques seuls, toutes les lois que l'on a à combattre l'élément inùfimm^ioire simple ou essentiel, ou une inOaturoalion franche et légitime; variant leur emploit suivant qu'il y a ou qu'il n'y a pas de phlegmasie. Trouvant que l'élément bilieux s'associe à l'état inflammatoire, il sait, à l'exemple de Stoll, unir les antiphlogistiques aui éwcuants émétiques et purgatifs, ou cniplov^ les vomitifs et les purgatifs seuls quand 16-
UETRALGS
UIASMC
tat bilieux est dépouillé de toute complication, etc. Ainsi, à Taide de Tinduction analytique, on peut faire, en médecine, une scieDcedonl les principes soient essentiellejïeni applicables; nous disons même que les seules bonnes théories sont celles que loQ obtient de cette manière ; toutes les autres soDt entachées d*bypothèses, et avec de k bonne foi on est obligé de les repousser, surtout au lit des malades. En voulez-vous la preuve bien claire 7 Parcourez seulement les livres des bons praticiens, suivez jusqu'aux conséquences thécapeuUq\ies le médecin honnête et consciencieux : vous ne tarderez pas à vous apercevoir que, quelque habitués qu'ils soient à se servir de Thypoibèse dans leurs raisonnements, ils réser- Tfnt surtout une scrupuleuse attention aux résultats cliniques. Les mauvaises théories n'ont aucune influence sur leur conduite pratique ; ils se trouvent toujours d*accord arec Texpériefice, car c*est d elle qu'ils ont tiré, par instinct, la bonne manière de voir, celle même que Tanalyse ou Uinduction découvre au médecin philosophe.
MÉTHODISTES. — 11 se dit des disciples de la doctrine de Thémison, pour qui toute maladie dépendait du relâchement ou du resserrement. Ce sont deux genres de causes prochaines des affections morbides, auxquels on en a ajouté un troisième, ou le çenre miite, aGn d*jr classer les maladies qui, seloD les méthodistes, tiennent de Tun pu de l'autre des deux précédents.
MÉTR ALGIE, s. f., metralgia, de fi«t/}«, Ayof : douleur de la matrice. — En dehors des douleurs qui se manifestent dans l'utéros au momejnt de Taccouchement, douleurs indispensables à Texpulsion du fœtus, la matrice est suyette à des névralgies, douleurs nerveuses, qui sont quelquefois trèsviolentes, et qui nécessitent une attention toute particulière. Nous ne parlons pas de ces douleurs de la matiice que beau^ coup de femmes éprouvent aux époques menstruelles, et qui sont le résultat dune menstruation ditUcile (dyménorrhée), mais de certaines douleurs aiguës, lancinantes, qtii tourmentent beaucoup les femmes nerveuses, en tout temps, mais surtout après que leurs mois sont passés. Chez ces personnes, la névralgie parait tenir à un état de débilité générale, contre laquelle il est bon d'employer les toniques ferrugineux, associés aux antispasmooiques locaux, aux bains entiers, aux bains de siège et aux injections narcotiques qui, en celte circonstance, font beaucoup de nien.
Toutefois, nous devons faire observer que ea n*est pas seulement chez les personnes faibles et irritables que les métralgies se manifestent ; souvent aussi elles se montrent cbez les femmes fortes (quoique plus rarement que chez «es femmes faibles), ce qui jtaratt tenir à un excès de vie et de sensiuilité ; alors on remarque que ces femmes, quoique vigoureuses , penlont peu habituellement, et qu*elles souffrent d'autant plus qu*elles s'éloignent davantage de Té-
poque mensuelle. On y remédie par des applications de sangsues à la vulve,, par des bains généraux et locaux, par un régime antiphlogistique, et enCn, si ces moyens ne suffisent pas, par quelques narcotiques.
Les pilules d'extrait de jusquiame nous ont très-oien réussi dans ces circonstances.
MÉTRITE, s. f., me/rt/ta, de fi«rpa, la matrice : inflammation de la matrice. — Quo son invasion soit subite, ou qu'elle ait été
[précédée par du frisson et de la chaleur , 'inflammation de l'utérus se reconnaît à un sentiment d'ardeur, de pesanteur et de tension à rhypogastre,de douleurdans la mémo région, qui augmente par la pr^^ssion et qui s'accompagne d'un sentiment de faiblesse générale , d'oppression dos forces, et, chez quelques malades, d'une sensation douloureuse dans les mamelles, d*un mal de tête plus ou moins violent , quelquefois de rôvasseries, et même d'un déhro léger, enfin de symptômes consensuels ou sympathiques (vomissements, hoquets, etc.).
Ces symptômes, qui se manifestent quand c'est leiondde 4a matrice qui est enflammé, varient, pour la plupart, quand au contraire c'est l'oriGce utérin qui est le siège de l'inflammation ; dans ce cas, la chaleur et la douleur se font plus particulièrement sentir dans le vagin, alors surtout qu'on touche au museau de tanche, et cette dernière de- Tient plus vive quand la malade. urine ou va è la selle. Du reste, il n'est pas rare qu'il y ait strangurie, constipation, ténesmeà un haut degré, même tous les signes de la cystite.
La métrite, en général, reconnaît pour causes les plus ordinaires les manœuvres împrudeutes de certains accoucheurs pendant le travail laborieux d'une parturition diflicile et lente, la suppression brusque des menstrues ou d'une nemorragie utérine par des applications froides, l'abus des plaisirs sexuels, la ménopause, des pessaires mol ou intempestivement appliqués, l'extirpation d'un polype, la rétention du délivre ou son arrachement violent, le renversement de la matrice, l'opération césarienne, Tusage des stimulants locaux pour exciter l'avortement, etc. Ses terminaisons sont les mêmes que les autres inflammations organiques (résolution, suppuration, induration, gangrène), aussi ne réclame-t-elle pas d'autre traitement que ces inflammations, soit qu'elle ait une marche aiguë, soit gu'elie affecte une marche chronique. Toutefois nous signalerons, en passant, l'utilité des injections émoilientes vaginales, poussées jusque dans le corps même de la matrice, ces injections aidant puissamment à obtenir la résolution de Tinflammation, alors même qu'elles sont bornées au vagin. Gardien leur attribue la propriété de servir de bain à la surface externe de la matrice d'une manière plus immédiate que les lavements,dont on reconnaît généralement Tutilité.
MÉTRORRHAtilE. Voy. Menstruation.
MIASME, s. m., fiucafis, souiUure. — On s'est longtemps servi de ce mot comme synonyme de cotUagion. mais on a fini par lui
MIGIUrNE
migraine:
7tt
donner un sons plus précis. Ainsi on appelle miasmes les émanations qui s*exhalent soit des matières végétales ou animales en putréfraction ou en décomposition ; soit du corps d'un individu malade, et qui, en viciant Tair, deviennent la cause des maladies ou de leur propagation. Et par exemple, les miasmes qui se dégagent des marais fangeux, par l'influence des rayons solaires, produisent des fièvres de mauvais caractère, tout comme le miasme varioque qui s'exhale du corps d'une personne affectée de variole , produit une affection semblable chez d'autres sujets.
MIGRAINE, s. f., dérivé d>i(fv-«p«vtov , moitié le crâne, hémicranie. — Nous avons réuni sous' le nom générique de Névralgie (Voy. ce mol) toute maladie consistant dans une douleur chronique , continue ou périodique, qui peut se manifester partout où il existe un nerf ou un plexus nerveux, distinguant f)ar des noms divers , qui en indiquent le siège, les maladies de môme nature, mais différemment dénommées par les auteurs : de là les dénominations de céphalée ^ hémicranie^ migraine , qui ont été généralement acceptées pour désigner la névralgie qui affecte la moitié droite ou gauche de la tète.
La migraine, dont nous nous occupons spécialement , a pour caractère principal de consister dans une douleur vive, qui heureusement n'est pas continue, car le malade ne pourrait pas la supporter. Elle revient éonc par accès , et ces accès sont plus ou moins fréquents , c'est-à-dire aue cnez tel individu ils reviennent jusqu'à deux et trois fois par semaine , alors que chez d'autres ce n'est que toutes les trois semaines, tous les mois, et même plus rarement qu'elle se fait sentir. De même , rien n'est plus variable que la durée des accès ; ainsi , tandis qiie quelques personnes, plus favorisées que les autres , ne souffrent violemment de la tôte
aue pendant quatre ou cinq heures, il en est 'autres, au contraire, qui en souffrent horriblement pendant toute la journée, iin^ deux, trois jours.
Quand nous disons horriblement^ nous ne prétendons pas établir que la douleur névralgique qui constitue lamiçraine soit toujours très-vive, intolérable , ni que son intensité est la même chez tous les sujets, nous serions en contradiction avec les faits pathologiques qui établissent que tandis que celui-ci ne souffre que modérément, celui-là éprouve une douleur extrême ; aussi voiton la douleur déterminer chez ces derniers des phénomènes sympathiques ( des vomissements) plus ou moins violents , la cépha^ lée vomitive des auteurs , phénomènes consensuels qui ne se manifestent pas chez les autres.
Les causes de la migraine sont peu connues; cependant, comme elle s'allie en général à une constitution robuste, qu'elle s'accompagne d'un mouvement fluxionnaire sanguin du côté de la tête, et cela principalement chez les plélhoriqtjcs, chez les femmes qui ne sont p!us ouqui sont mal réglées, chez les hommes
en qui un flux hémorroïdal ancien eslsii}v primé; et que, chez certains, il y a au contraire une sorte d'atonie cérébrale, il est bon de conseilleraux sanguins un régime végétal et antiphlog'stique, Tapplication de quelques sançsues à l'anus ou à la vulve , avant d'en venir aux narcotiques ot aux évacuants vomitifs, qui sont fort utiles dans les cas où la migraine est symptomatique d'une affection de l'estomac; comme cela se voit assez souvent ; mais si la migraine est purement nerveuse, voici en quoi consiste le traitement :
Prendre , au moment de l'accès , une once de café dans une tasse d'eau ; c'est un moyen héroïque qui prévient ou calme spontàntment l'accès; ou bien, au moment où la douleur de tête commence à se faire sentir, inspirer fortement un mélange de camphre et a'un peu d'assa-fœtida. Gardien dit avoir connu des individus qui éprouvaient beaucoup de soulagement de ces inspirations.
En outre, il est une chose qu'on ne doi( pas oublier dans le traitement de la roigraiBC c'est l'excrétion cutanée , Taccès d'hémicnnie étant le résultat d'une métastase rhumatismale. Et, par exemple , Morgagni raconte qu'étant encore jeune, il avait donné des soins dans son pays à un de ses camarades, sujet depuis peu de temps à une migraine extrême et des plus violentes , qui revenait tous les matins à la même heure. Différents moyens n'ayant agi que comme palliatifs, il lui donna une légère décoction de bois sudorifiaues qui , en augmentant le mouvement et ^impulsion dés liquides en circulation, procura la guérison. J'avais lu» dit-il, que ce moyen avait également réussi à Bâillon, contre des migraines intolérables revenant tous les matins à la même heure.
En pareil cas, on peut user aussi avec avantage de légers purgatifs fréquemment répétés , médicaments qui, en toute circonstance, ne peuvent nuire, puiscpie la révulsion qu'ils opèrent sur le tube intestinal produit généralement de bons effets; c'est donc un motif aussi de conseiller au malade de se tenir constamment le ventre libre par des lavements.
Pendant l'accès, que doit faire le patient? Si la douleur est très-violente, se coucher, et rester complètement tranquille; s'il a des nausées, favoriser le vomissement avec une boisson théiforme ; sinon , il inspirera du camphre et de l'assa-fœtida, il prendra du café, s'il ne l'a déjà fait. Quand l'heure du repas est arrivée, il mangera. J'ai connu un de mes confrères qui a quitté plusieurs fois le lit pour se rendre à un dîner obligé, pI qui a trouvé en bien mangeant, et peul-étro aussi dans la conversation agréable des convives, un soulagement que rien n'avait pu Iti* procurer.
L'accès passé , si les accès suivants affectent le type périodique , il est sage d employer dans l'intervalle, la veille du jour ou l'accès devra se montrer, dix à douze grains de sulfate de quinine , associés à un gram d'extrait gommeuK d'opium, qu'on divisera
NIUAIRË