MILIAIRE
en doozo pillules. Elles devront 6ire prises dans la journée.
MILIAIRE, adj. — Il est pris substanti- Temeut pour désigner une éruption cuta- My pyretique ou non fébrile, qui consiste on de petites élévations pustuleuses ou boutous rouges d'abord, isolés ou rassemblés, surmonlés dès le deuxième jour d'une vésicule de couleur jaunâtre , qui devient bieutôt blanche et transparente, en formant un petit globule sur le sommet du bouton, qui ne tarde pas lui-môme à tomber en écailles C est à la ressemblance des boutons avec do petits erains de millet, que la maladie eiupruDle Ta dénomination qu*on lui a donnée.
Plus commune chez les femmes que chez les hommes, chez les nouvelles accouchées et les personnes d'une constitution faible et délicate, que chez celles qui sont dans de meilleures conditions organiques; plus familière aux localités basses et humides, aux individus qui se nourrissent mal, aux femmes leucorrboiques ou affectées de fleurs blanches, à celles qui mènent une vie sédentaire, oisive, qui vivent dans Tennui, la tristesse ; quoique reconnaissant le plus ordinairement pour cause déterminante Vabus des sudorifiques dans le cours des maladies aiguës , la uniiaire peut à son tour affecter celte marche ou se montrer sans fièvre. Alors elle a une durée souvent fort longue, indéterminée; et il reste dans le tissu cutané une prédisposition manifeste à sa reproduction incessante.
Quand la miliaire s'accompagne de fièvre, le médecin doit considérer l'éruption comme un fâcheux phénomène qu'il est bon d*éviter oadefflodérer,s'ilestpossible, en modérantla lièîre elle-même. C'est pourquoi il recommandera d'entretenir dans la chambre du malade une température modérée, que son 1 i t soit modérément couvert; il évacuera avec soin les premières voies avec des purgatifs rafraîchissants (en particulier les tamarins), et administrera à l'intérieur les acides citrique o'j sulfurique, les tempérants en un mot, dont on use habituellement dans les maladies éruptives avec fièvre.
Mais s'il s'agit d'une miliaire chronique noq fébrile, alors les évacuants émétiques et purgatifs conviennent, ainsi que les acides, les Qitreux et le quinquina. Ils sont indiqués depuis le moment de l'éruption à la pau iusqu'à la desquammalion, tout comme les vésicatoires, auxquels il faut nécessairement recourir lorsque le cerveau parait s'affectar ; toutefois la prudence veut qu'on les recouvre de camphre, et que ce médicament soit donné à l'mtérieur, son action étant puissamment sédative du système nerveux cérébral dans les cas de cette nature.
Nous ne terminerons pas cet article sans faire remarquer que, dans certaines provinces , dans le Nord surtout , les éruptions niiliaires attaquent communément les fem- (ues en couches, ce qui tient à la constitution particulière de l'atmosphère, à TélaC delà l»cau, aux couvertures dont on les sur-
charg.c, etc. Quand elle se manifeste , elle n affecte pas toujours la même forme, c eslà-dire qu'on observe des éruptions diverses, suivant telles ou telles des conditions individuelles qu'on n'a point spécifiées, mais qu'on est forcé de soupçonner. Ainsi tantôt l'exan* thème est composé par des vésicules blanches ou cristallines , transparentes et diaphanes, remplies d'une sérosité claire et limpide; tantôt la couleur des boutons est la même, mais ils se trouvent implantés dans une petite tache rouge purpurine (miliaire h base rouge), et tantôt entin l'éruption est complètement rouge. Mais, quelle que soit la forme qu'elle affecte, elle peut se manifester sans troubles fonctionnels et même sans réaction fébrile, et s'annoncer par des démangeaisons et des picotements è la peau, survenant au milieu de sueurs copieuses, ce qui rend la peau rugueuse : ou bien elle apparaît spontanément et sans symptômes précurseurs. Dans ce dernier cas, elle dure de quatre à sixjours, et comme l'appétit est conservé et le sommeil tranquille, il suffit que la femme ne s'expose pas imprudemment à l'air froid pour que l'éruption disparaisse. Au contraire, quand elle s'accompagne de chaleur, d'un prurit incommode, alors il est utile de recourir immédiatement au bain tiède, et puis on administre les vomitifs, que nous savons être très-efficaces contre la complication gastrique des maladies et qui dissipent en même temps le spasme de la surface du corns par la transpiration insensible et quelquefois aussi par la diapborèse abondante qu'ils déterminent.
Du reste, on ne se comporte pas différemment chez les femmes en couches que dans les autres cas, car l'éruption miliaire ayant disparu de l'hôpital de Vienne depuis cjue la méthode rafraîchissante y a été substituée à la méthode stimulante (De Haen), il doit suffire d'un régime convenable pour prévenir ces éruptions et même pour les guérir guand elle se sont déclarées. C est pourquoi, si nous supposons que lamiliaire s'accompagned'une fièvre sui generiSf nous considérerons la fièvre comme la maladie essentielle , concomitante, quelle que soit sa nature, et nous la traiterons sans avoir égard à l'éruption qui, n'étant aue symptomatique, cédera au traitement général.
Règle générale: l'éruption miliaire se faitelle pendant le cours d'une fièvre adynamiaue, d'une fièvre bilieuse ou autre, les taches ont-elles un caractère fâcheux, il no faut guère s'occuper d'elles, et ne proportionner le danger qu'à la gravité de la maladie principale, elle seule devant fixer l'attentioa du praticien.
Il peut se faire pourtant que dès l'apparition de l'éruption, un empirique ait employé les réfrigérants à la peau, et que l'exanthème ait été répercuté. La conduite à tenir dans ce cas varie nécessairement suivant les effets consécutifs à la rétrocession. Ne se déclare-t-il aucun accident fâcheux, il n'y a qu*à observer attentivement le malade et h le tenir constamment dons une bonne oldouce"
MISERERE
MISERERE
lempérature. Survient-il du dévoiemenl, comme il peut servir de crise à la miliaire, il faut le respecter tant qu*il n^affaiblit pas l'accouchée. Y a-t-il au contraire des symptômes cérébraul, pulmonaires ou autres indices d'un transport mélastatique de l'éruption sur.un organe important , on doit s'empresser de rappeler 1 exanthème à la peau par des sinapisipes, des vésicatoires, des bains chauds, et donnera Tintérieur le camphre et le musc. Nous avons retiré de bons effets, dans un casdecette nature,de Tipécacuanha donné à doses nauséeuses^ c'est-à-dire produisant des nausées sans déterminer le vomissement. Ce moyen nous avait été conseillé par Broussonnet'(Victor), notre maître, pour tous les cas de rétrocession d'une éruption exanthémalique, alors qu'on aurait h craindre qu'un vomitif fixât l'éruption à l'intérieur, en irritant trop fortement les organes digestifs.
MlNORAÏlF » s. m. — En pharmacologie, médicament qui purge lentement. Il est synonyme de laxatii.
MlSÉRÉRÉ, Ileus , Passion iliaque , •>!•;, — Tel est le nom qu'on a donné à une maladie qui consiste dans une affection de l'intestin iléon. On l'appelle aussi volvulus^ mais son nom vulgaire est Miséréri,
Ce qui le caractérise , c'est une constipation opiniâtre, avec vomissement des aliments et des boissons introduits dans l'estomac, puis des sucs gastriques, et, enfin, des matières fécales ; avec anxiété et douleur vive autour de l'ombilic et dans le trajet du colon.
La passion iliaaue est essentielle ou symptomatique , c'est-a-dire qu'elle est consécutive à une inflammation des intestins (entérite), soit que cette inOammation ait été occasionnée par une cause externe, soit qu'elle provienne d'un obstacle mécanique situé dans le tube intestinal (accumulation d'excréments durcis dans les gros intestins , corps étrangers tels que les concrétions pierreuses, des noyaux, des fruits , mais surtout la présence des vers , imperforation de l'anus, rétrécissement calleux ou squirreux du canal, surtout à la jonction du colon avec le rectum). Elle est produite aussi par l'étranglement d'une hernie , les coups et les chutes sur l'abdomen , pendant la digestion , par une compression extérieure de l'intestin, par des atiections morales vives, etc. Il est très-important, comme on le pense bien, de remonter à la connaissance de la véritable cause de l'iléus, afin d'éviter des méprises , le plus souvent funestes, comme nous le prouverons tout à rheure.
Pour le moment, occupons-nous à établir que le canal intestinal atfecte une telle habitude de mouvements anti-péristaltiques ^cause prochaine de l'iléus), que tous les efforts de l'art doivent tendre & détruire cette habitude vicieuse, et à rétablir l'ordre naturel dos mouvements péristaltiques : une fois qu'ils sont rétablis, le malade guérit.
Etablissons encore que, dans certaines circonstances , il y a invagination d'un bout
d^intestin dans un autre intestin, ce qui raccourcit beaucoup la longueur du canal, et donne lieu \ des phénomènes étranges. Ceci me rappelle un fait dont M. Lordat noas a entretenu dans ses Leçons de [>hysiologie, à la Faculté de Montpellier. Voici ce fait : une femme atteinte de miserere ayant fait ai>peler les docteurs ***, ces messieurs jugèrent à propos de lui faire administrer un lavement irritant : il fut rendu par le vomissement. On plaça alors m suppositoire dans le fondement ( c'est un corps cylindrique formé habituellement avec le beurre de cacao, qu'on enduit d'une substance ayanldes propriétés analogues aux effets qu*on veul obtenir), il fut également vomi dans l'espace d'un Pater et d'un Ave. Un second sup()ositoire remplaça le premier, et, pour qu'il ne fût pas rejeté par le vomissement, on rattacha à la cuisse avec un fil : ce Ql fut rompu, et le suppositoire rejeté par la bouche. £ofin, un troisième suppositoire fut iutroduil, et on recommanda à la femme de le \m avec la main. Le lendemain elle racoDU qu'elle avait été obligée de le sortir, parv« que quelques instants après qu'il avait été placé, il s'était manifesté dans l'intestin un mouvement de succion ou d'aspiration qui l'avait beaucoup fatiguée. Mathœus, Dunuet, Gorter, Gaubius, etc., citent des faits de ce genre.
En présence d'une disposition, ou plutôt d'altérations organiques pareilles , que doit faire le praticien 7 Son premier soin , quaod il est arrivé auprès du malade, c'est de s'assurer s'il n'y a pas de hernie ; car, l'omissico de cette précaution frappant le traitemeui de nullité, l'individu périrait inévitablement. Ici il ne faut point s'en apporter aux dénégations du 'sujet , car il ignore souvent luimôme qu'il a une hernie, ce qui arrive surtout quand elle est peu volumineuse, et, si c'est une femme , comme par pudeur elle cherche à la cacher, il faut, avec beaucoup de ménagement et de réserve , procéder minutieusement à l'examen de tous les points où une hernie peut se manifester, le traitement de l'étranglement herniaire pouvant seul prévenir la mort.
En procédant à cet examen, le médecin recherchera en même temps s'il n'y a pas Entérite (Foy. cemot), les moyens indiqués contre cette espèce de phlegmasie étant seuls applicables à l'iléus.
Nous ne disons pas qu'il faille aussi ex-
f)lorer ranus,iparce que s'il y a oblitération, e malade et les parents, vous en informent eux-mêmes, l'ouverture anale pouvant avoir été bouchée par un corps étranger (des idi' tières endurcies , des noyaux de cerises ,; mais ce que nous mentionnerons, parce qu6 le fait est fort extraordinaire et peut paraître incroyable, c'est qu'on peut vivre plusieurs années, avec un pareil vice de conformation* Nous en trouvons la preuve dans rhistoir» d'une jeune flile très-jolie, bien constituée, à cela près que l'anus était imperioréi qui rendait habituellement ses exciénjefli^ par la bouche. Elle mangeait» dit Tauleur,
MISERESIE
IIISERERE
Je cotle observation, comme une personne en bonne santé, et an bout de trois jours elle sentait un malaise, suivi de douleur k la région abdominale : bientôt les matières fécales étaient reietées par le vomissement. Celui-ci arrêté, elle se lavait la bouche avec uue eau aromatisée, pour en 6ter la mautaise odeur, et tout allait bien, pendant trois autres jours, époque à laquelle le vomissement se répétait de la même manière. La jeune fille avait quinze ans, quand le fait fut recueilli par le médecin à qui M. Lordat, de qui je le tiens, Tavait emprunté, et elle jouissait d*une bonne santé. Aussi, je ne cite ce fait que pour sa singularité. Mais revenons au traitement de l'iléus.
Hors les circonstances d'inflammation , de hernie étranglée, ou d'oblitération anale accidenlelle, il faut, à l'aide des irritants in estitttui et des antispamodiques, chercher à /établir le cours des matières fécales par lt$ voies inférieures, ce que l'on tentera dabord en employant le calomel, à titre de purgatif etd'anthelminlhique, les vers, avonsnous dit, pouvant déterminer l'iléus. Cela fait» on peut donner encore, pour rétablir les mourements péristaltiques intestinaux, le mercure' coulant ( argent vif) en nature, son poidsdevant nécessairement l'entraîner vers roriâce inférieur du canal intestinal. Nous D*igriorons pas que quelques praticiens blâment l'emploi de ce procédé, mais comme d'aulres l'approuvent, et entre autres Van- Svieten, Pages, nous pensons que, même dans le doute, mieux vaut essayer que s'abstenir. Toutefois, nous mettrons pour cou- <ition de sou administration, comme l'ol)serve Quarin, que le malade boira, avant d'ayaler le mercure, et immédiatement après /avoir pris, ou du bouillon gras ou une gorgée d'huile, cette boisson ayant été recommandée.
La dose h laquelle l'argent vif peut être administré est généralement d'une demi- «▼le d'abord, que l'on peut porter jusqu'à trois livres. Ambroise Paré ail avoir guéri plusieurs malades, en leur faisant prendre simplement dans de l'eau commune cette dernière et énorme quantité de mercure; lûais, comme l'a observé Bonnet, ce deraiïDélal, donné avec une pareille profusion, pouvant (entre plusieurs autres inconvénients •^ à cause du froid qu'il porte essentielle- •J^enl avec lui) éteindre la chaleur naturelle Qu tube digestif, ou tout au moins la diminuer à l'excès, et produire la gangrène, DJieux vaut n'en nas donner, ou, si l'on veut fn user, imiter Henri Abhers, qui l'administrait à une dose bien modérée, ayant le soin d*obvier à ses effets refrisérants par un lavement de vin de Crète, qu on donnait au malade aussitôt qu'il avait avalé le mercure. Enfln, Frédéric Hoffmann dit avoir uomié à un malade une livre et demie de mercure avec quelques onces d'huile d'amande 'pce, lui faisant boire, suivant le procédé, u? bouillon gras. Cinq heures après Tadmiûislration de ce remède, le ventre s ouvrit; "«écoula environ une livre du métal, et
les symptômes se modérèrent. Pendant les quatorze jours suivants et au delà, tputes les déjections alvines furent chargées d'une porlion du mercure, et les forces coromen-çaient à se rétablir, lorsque survint tout à coup un tremblement de tous m^ membres, et le malade fut impotent de ses mains pendant plus d'un mois. Cet accident était-il occasionné par le mercure ? on peut le supposer, et alors on est conduit à l'employer avec beaucoup de ménagement. Mieux vaudrait même, et nous le préférons, emi>h»yer les huileux à l'intérieur et le froid à l'extérieur, car l'on a constaté, d'une part, que les huileux, et par exemnie l'huile fraîche de lin, à la dose d une cuillerée toutes les heures, a produit souvent plus d'effets qu'un fort drastique.
Mais si, au bout de quelques heures, cette huile n'a déterminé aucune évacuation, on donne alors, comme le conseille Hufeland, un purgatif composé avec:
Pr.:demannechoisie, \
De tamarin, | 1 once de chaque.
De sel amer, )
F. bouillir dans douze onces d'eau da fontaine, jusqu'à réduction de huit onces.
Ajoutez sur la fin :
Feuilles de séné, 2 gros.
Mettez ensuite fondre dans la colature:
Extrait de jusquiame, 8 grains.
Et édulcorez avec du sirop simple, fonce.
Dose : deux cuillerées k bouche toutes les deux heures. On fait prendre ensuite uue cuillerée d'huile de lin.
Hufeland recommande en outre d'avoir le soin d'administrer de temps en temps la potion de Rivière, pour prévenir le vomissement. Cette potion ayant un mode particulier d'administration, nous allons le faire connaître.
Pour administrer sa potion anti-émétique^ Rivière mettait vingt-quatre grains de carbonate de potasse (sel d'absinthe) dans une cuiller, et en emplissait une autre de suc de citron. Cela fait, le malade avalait instantanément le sel et l'acide, celui-ci le dernier, afin que la combinaison chimique se fit dans lestomac.
C'est assurément un fort bon moyen d'arrêter le vomissement, et pourtant plusieurs médecins ont imaginé d'ajouter de l'opium a cette potion, et de la donner glacée, dans le choiera; voici comment ils procédèrent.
Le sel , uni à un demi-grain d'opium (8 gouttes de laudanum de Sydenham le remplacent), était délayé dans une cuillerée d'eau glacée, que le malade avalait, buvant immé* uiatement après, une cuillerée à bouche de suc de citron à la glace. Pour ma part, je crois que ce dernier mode d'employer l'auliémétique serait préférable dans l'iléus nerveux, soit à cause de l'action sédative de l'opium,. soit aussi à cause de l'impression du froid que la boisson glacée détermine. Du reste, il y a longtemps que l'on a conseillé non-seulement l'eau très*froide par petites gorgées, et môme l'eau glacée» ou
ri5
MISERERE