MOUTARDE
Encore un exemple qui prouve combien on doit veiJIer avec soin aux derniers monients d'un mourant, el ne Tabandoniier qu'alors que sa mort est bien constatée.
li V a vingt ans environ , donnant dos .soins d la fille de Joseph Salis, boucher, jeune enfant de trois ans, je déclarai II la mère que, vu la gravité du cas et les sym|>tômes d*une nooil prochaine, je ne ciev«iis ])as hésiter à lui faire connaître les dangers que son enfant courait, et la préparer à Tidée de la perdre bientôt, peut-être môme dans la journée. Cela dit, je partis; il était huit lirures du matin.
Vers les onze heures, traversant le village [jour aller à une de mes terres, je vis la [H)rle de la boutique fermée; je l'ouvre, j'entre, je m'informe; on me dit que la petite tiiie vient de rendre le dernier soupir. Je crojsis bien à une mort nroehaine, mais il n'était pas dans ma pensée Qu'elle dût arriver sitôt. Je demande à voir l'enfant : j'entre dans la chambre, je vais au berceau, je ne vois rien; on avait jeté le linceul sur la figure de la morte. Dominé toujours par la Tuûme pensée, je découvre l'enfant; elle avait tous les signes de la mort empreints sur ses ii-ails, son corps était glacé, son haleine ne ternissait point le miroir; bref, on pouvait croire qu'elle n'était plus, et pourtant je me répétais : Elle ne devait pas mourir ce matin. Avec cette persuasion, j'applique de larges sinapismes aux cuisses, deux vésicatoires aux bras, et l'essave de faire avaler un peu (le vin sucré a l'enfant, pendant qu'on la fric^ lionne avec une brosse sur diiférentes parlies du corps ; bientôt la première cuillerée devin est avalée; j'en donne deux, trois;
on redouble les frictions L'enfant est
aujourd'hui une grande et belle fille de vingttrois ans !
MORTIFICATION, s. f., mortificatio , se <lit, en chirurgie, des parties frappées de THort. Ainsi la gangrène est une mortification des parties charnues; la nécroUf la mortification d'un os, etc.
MOTILITÉ, s. f., motilitoêf de moitêê, mouvement : faculté de se mouvoir. — Ce mot est synonyme de contractilité.
MOUCHETURE, s. f. Voy. Scarification.
MOUSSE DE CORSE, s. f., Helminthotorton. — C'est une plante marine {fucus Ae/mnthocorton des botanistes), qui dépend, comme l'on sait, de la nature oes algues, et se recueille sur les rochers qui bordent l'Ile de Corse, sur les côtes de la Sardaigne, etc.
Ce végétal cryptogame est composé d'une multitude de fibres tenaces, formant de petits faisceaux en forme de mousse, d'un roux tirant sur le fauve ; ces faisceaux se composent d une innombrable quantité de petits ramuscules horizontaux h leur base, en alêne ^ leur partie supérieure, bifides ou trifides ^ teur sommet, offrant des nodosités à l'entlroil où ils s'écartent.
D'un goût salé très-prononcé, d'une odeur u eau de mer très-forte, quand elle est mouil- !^et la mousse de Corse, quoique n'existant ^t&mais pure, jouit de propriétés anthplmin-
thiques très-prononcées, les algues marines auxquelles elle est mêlée ayant les mêmes propriétés: aussi, son usage, comme vermiluge, remonte-t-il à une haute antiquité, suivant les uns, ou seulement à l'année 1775» époque à laquelle Stanopoli aurait fait connaître les heureux elTets de l'administration de ce fucus pour la destruction des vers intestinaux.
Quoi qu'il eu soit, il sufiit qu'elle agisse efiicacement, pour, que nous disions comment on l'administre et à quelles doses on doit la douner.
Généralement je l'ai fait prendre en décoction, dans l'eau mêlOe avec du lait, à la dose de quinze grammes pour cent quatrevingts grammes d'eau, blanchie avec du lait bien sucré; les enfants boivent cela avec plaisir, croyant, pour la plu[>art, prendre du café au lait. On en fait aussi une gelée avec la cassonnade et le vin rouge , que l'enfant mange sans dégoût, et qu'on lui donne à la dose de deux ou trois cuillerées à bouche» chaque jour. Voici la formule de cette gelée. Housse de Corse, 4 livres»
Vin rouge, 12 [unies.
Cassonnade blanche, 2^ livres.
Mettez la mousse dans une bassine, ver- • sez paiMiessus le vin rouge, laissez infuser vingt-quatre heures, faites bouillir, passez, remettez sur le feu après avoir lyouté la cassonnade, clarifiez et passez de nouveau, faites ensuite réduire jusqu'à 25 livres environ, essayez-la en la mettant un peu refroidir.
Dose: trois cuillerées par jour, chacune une heure avant chaque repas ; on continue pendant trois ou guatre jours.
MOUTARDE, iinapis nigra et aI6a, plante de la famille des crucifèreâ, de la tétradyuamie siliqueuse. — Ces graines seules sont employées, soit à l'intérieur œmme stimulantes, soit extérieurement pour déterminer delà rubéfaction. Ayant dit, à l'article Sinapisme, comment la moutarde peut être a|)piiquée au traitement des maladies, nous n'avons plus qu'à parler de son administration par les voies gastriques.
C'est la moutarde blanche que l'on prescrit généralement pour l'usage interne. A la dose d*une demi-once à une once, elle pur^e convenablement ; ce que Cullen avait déjà constaté , car il la donnait comme laxative. Pour qu*olle asisse ainsi, il est inutile de la concasser, et il sufiit que le malade en avale les graines, le matin à jèun, ou le soir en se mettant au lit, pour qu'elle produise l'effet désiré. Du reste, on peut la prendre sans inconvénient au commencement du repas, et Ton obtient encore des évacuations sans coliques.
En outre de cette propriété, les graines de moutarde blanche peuvent être conseillées avec avantage dans les dyspepsies occasionnées par la faiblesse de I estomac. Ainsi, eu la faisant prendre à madame de S..., à la dose d'une cuillerée à soupe, immédiatement avant le déjeuner et le dtner, si's digestions sont devenues plus facilest et l'appétit s*est