MUQUEUX
ranimé. Du reste, nul doute que, comme tous les stimulants, la graine de moutarde blanche produit une excitation avantageuse des voies gastriques, alors surtout que des mueosilés tapissent les parois de Teslomac. Par ces mêmes motifs, i\ faudrait se garder de prescrire la moutarde aux gens qui ont ce viscère irritable, et surtout lorsqu'il est légèrement phlogosé.
En dehors de ses efTets thérapeutiques, la moutarde est généralement employée sur nos tables comme condiment : elle ne saurait convenir, comme la graine, qu'aux estomacs paresseux, exempts d'irritation, à moins que Tirritation ne se complique d'atonie; car, du moment où une partie, n'importe laquelle, est réellement faible, il n'y a nul inconvénient è la stimuler. En conséquence, les moutardes préparées que nous mangeons ne méritent ni les éloges exagérés de certains gastronomes, qui s'en servent pour atoui5erleur apoéUt, ni la réprobation dont les frappent quelques personnes pusillanimes et méthodiques, qui craindraif^nt d'être malades si elles mangeaient une bouchée déplus que de coutume.
MOXÂ, s. m., mol emprunté à la langue chinoise, par lequel les Chinois et les Japonais désignent un tissu cotonneux, qu'on obtient, en Chine et au Japon, en brisant les feuilles desséchées de Vartemisia chinensù. Ces peuples emploient ce tissu cardé, auquel ils donnent la forme d'un cône, pour ie brûler après l'avoir appliqué sur la peau qu'ils veulent cautériser : par extension, les chirurgiens appellent moxa l'escarre lésère que la combustion du duvet des feuilles d'armoise peut produire.
Nous avons dit feuilles d'armoise, nous eussions été plus précis en disant escarre produite par la combustion d'une substance i{]flammable : la mèche des canonniers, la moelle de tournesol, le lin, le chanvre, le can)phre, ie phosphore, la poudre à canon, ayant été tour à tour employés.
Parmi les procédés usités, il en est doux surtout sur lesquels nous nous arrêterons : le pre.mier, ou le procédé oriotinatre, consiste à envelopper du coton cardé avec une bande de toile qu'on arrête par une couture , de manière à avoir un cylindre de 18 à 27 millimètres au moins^ et qu'on peut grossir jusqu'à ^5 millimètres (le coton ne doit être ni trop ni trop peu comprimé); cela fait, on divise avec un rasoir ce cylindre en plusieurs fragments de 18 à 20 millimètres d'épaisseur, qu on tient ent.e deux pinces ordinaires ou dans un morceau de carton percé d'un trou (Baron Boyer), et on allume ce cylindre par une de ses extrémités, l'autre étant appliquée sur la peau, préalablement mouillée de salive. On active le feu, en souillant avec un soufflet, ou à. l'aide d'un tube : mais on doit beaucoup ménager et diriger la ventilation, pour que la combustion ne soit pas plus rapide dans un point que dans l'autre.
A l'Hôtel-Dieu, on fait macérer d'at)Ord le mton dans une forte dissolution de nitrate de potasse, selon que le conseille Percy ; par
ce moyen, il brûle tout seul, et l'effet en est aussi constant. Le procédé de Reynaud^ (^vii porte le nom de moxa tempéré^ consiste i placer, entre les cylindres et la partie sur laquelle on les applique, une pièce de drap épais, humide : leur effet est à peu près pareil à celui du vésicatoire à l'eau bouillante.
MUGUET. — C'est le nom qu'on adouné aux anh hes des enfants. Voy. Aphthe.
MUQUEUX adj., que l'on applique, soil h la désignation du tempérament lymphatifjue ou avec prédominance de la sérosité dan> le sang, soit à un élément de maladies, dans lequel on remarque également une surabondance du phlegme ou de la sécrétion des muqueuses en général.
Le tempérament muqueux des physiologistes est caractérisé par Tinaolence, la faiblesse et h timidité dusuget, qui n'ose rien entreprendre, parce qu'entraîné par un penchant insurmontable à la paresse, tous les travaux de Tesprit lui répugnent, tous les exercices corporels le rebutent. Ses chairs molles, son teint pile et décoloré, ses cheveux blonds ou cendré\ son front lar^e, découvert, uni et dont h
fieau est garnie de beaucoup de tissu cellu* aire ; ses sourcils arq,ués, délies et écartê> l'un de l'autre, sou pouls faible et lent,5es formes arrondies et sans expression, diffèrent des formes douces, quoique bieu exprimées, deschairs consistantes, etc., qui sont J 'apanage! du Tempéeambnt sanguin (Voy. ces mutv.
Ils diffèrent aussi des chairs fermes, des muscles prononcés, de la couleur foncée de la peau et des cheveux, etc., des personnes bilieuses (Voy. TEMPÉRAinfiNT bilieux): de là une distinction importante entre ces divers tempéraments, distinction d'autant plus nécessaire en médecine pratique, qu elle explique pourquoi, dans les épidémies, la mladie est plus fortement dessinée, plus intense chez tel ou tel individu que chez tels autres, et les moditications quil a fallu ou qu'il faut faire subir au traitement, suivant les individualités morbides, c'est-à-dire suivant les tempérament:»* et les idiosyocrasies. Quoiqu'il en soit, il est facile de compreuJre que SI les individus d'un tempérament sanguin ou bilieux peuvent par une habilalioa nroloogée et habituelle dans des lieux bas, numides, marécageux et privés des rayons du soleil, surtout pendant un automne frojd et humide, et alors qu'ils n'ont ()our se nourrir que des aliments peu nulrilifs» indigestes et grossiers, pour se désaltérer que l'eau des puits ou des citernes, et qu<^ néanmoins ils épuisent leurs forces pi\rûcs exercices pénibles, des veilles prolongées ou les plaisirs de l'amour; si, dis-je, ces individus, par suite d'un changement brusque ou des intempéries de la coustiiuliun atmosphérique, par un écart de régime ou toute autre cause, tombent malades, la inalBdie dont ils seront atteints présentera tous les caractères des maladies dites muqueuses par les nosologistes; à plus forte raison les maladies $e montreront-ellos très-forteaie.')t prononcées chez les individus doués dun tempérament muqueux. C'esl pourgut"
:ir> UUQUEUX
nous avons cru devoir former de Télal muqueui morbide, un élément de maladie.
Muqueux (élément). Ce qui le constitue ce sont : des lassitudes générales, une douleur gravative, ou un sentiment d'endolorisseloent et de pesanteur, que le malade éprouve aux membres et au tronc; sa conception est lente et difficile ; sa respiration, tantôt à Téiat normal et tantôt, au contraire, courte, sonore, pénible, et même intermittente : la loui est sèche ou amène des crachats muquetti ; sa salive est visqueuse et gluante; sa sueur grasse et acide; ses yeux couverts de larmes froides, et aux approches de In mort, ils sont comme noyés dans les larmes, tt quasi média in morte naionies. Le pouls est oaturel ou fréquent; il a peu ou point de soif, la bouche p&teuse et facfe, farineuse et nauséabonde t la langue recouverte â*uQ enduit UanchAtre et glutineux : on v remarque des aphthes qu'on découvre également disséminés ça et là dans la bouche. Le s^ijet éprouve en outre du malaise et do ia pesanteur k l'estomac, des éructations fréquentes, inodores, de la tuméfaction au l)as-ventre après les rejpas, et lors même que les aliments ont été pris avec goût et plaisir : un afilui de mucosités vers la gorge, des nausées, des vomissements de matières blanchâtres plus ou moins consistantes, mêlées d'un fluide visqueux, liquide, et dune saveur insupportanle, ou semblables à du frai de grenouille, insipides, acides ou amères. 11 s'y trouve souvent môles de& vers de toute espèce, vivants ou morts. L'urine e^t blanche et dépose un sédiment muqueux et grisâtre ; souvent elle se montre laiteuse (liotfmann, Vandenbosch, Double ^ etc.), et à peine elle est tombée dans le vase, qu elle devient trouble, écumeuse, blanchâtre ou rjuoueuse; elleexhaleune odeur acide parlicuiière; eutin des douleurs aux hypocondres, du dévoiement, etc., complètent le tableau.
Indépendamment de ces symptômes généraui et caractéristiques de l'élément mu- (jueux on observe aussi quelquefois, commo dans les autres éléments, des épiphéuomènes, qui ne changent rien par leur présence ^ la nature de la maladie, et par conséquent àTindication thérapeutique qu'elle réclame, inais qui cependant méritent d'être signalés Soit à cause de cette particularité de diagnostic et de pronostic, soit aussi à cause de ^^elques autres, qu'à est bon de connattroi ^'} par exemple : Ited^rer et Wagler, da»s I épidémie muqueuse de GFOttingue, ont re* marqué : i* Bes éruptions indétermioées, ^ui se montraient fort fréquemment, quelquefois au préjudice et quelquefois à Ta van- ^Se des malades; 2* des bubons, dont la signification était soumise aux conditions jnorbidesgéeérales; 3^ des collections puru^leotea dans divises parties du corps, notamment dms riatérieur des oreilles ; kr des véritables furoncles se manifestent aux épo- 4)^s de coetion et dans les teaipscritiqiies; ^* des ulcérations à la peau, qui sont assez ^équeniflaent salutaires; il se forme aussi
DiGTIOHN. DB HÉDECIHB.
MUSC
communément de légères ulcératious dans l'intérieur de la bouche, et celles-ci, qu'il ne faut pas confondre avec les aphthes, sont le plus ordinairement symptomatiques, quoique pouvant constituer parfois des crises partielles de la maladie ; 6* enfin, la gangrène, qui est presque toujours mortelle.
L'élément muqueux est gastrique ou intestinal et se présente à l'observateur, sous la forme que nous en avons indiquée, par le groupe de symptômes appelés symptômes généraux. Mais attendu que, par suite de modifications individuelles qui tiennent au tempérament, à l'âçe^ au sexe, etc., des individus, il peut se faire qu'une légère réaction fébrile éclate, ou qu'un état réellement inflammatoire se manifeste, il s'ensuivra nécessairement qu'on aura des indications diverses à remplir (Foy. FiivRBs muqueuses). De même, il n'est pas rare que l'état muqueux s'associe à l'état ataxique, h l'état adynamique ; qu'il soit coropligué par l'état vermineux. Quand il en estainsi, ce n'est plus alors une affection simple, mais bien une maladie composée qu'il faut guérir en attaquant toi^ours l'élément prédominant. (Voy. Adtnamie, Ataxie, Vers.}
Quelles indications faut-il remplir pour combattre l'élément muq^ueuxT S'il y a embarras gastrique, les vt>mitifs. Et comme des mucosités engouent ou tapissent habituellement la surface interne de l'estomac, nonseulement l'émétique doit être préféré à l'ipécacuanha, parce qu'il est plus actif et plus sûr t mais encore il convient de le répéter une ou deux fois, ce qui est sans danger puisque la muqueuse gastrique n'a aucune tendance à s'en^ammer.
Pour le même motif, dans l'embarras muqueux intestinal , on choisira, parmi ka purgatifs, les salins, qui, plus soluMes et pénétrant à travers les mucosités, vont à leui tour plus sûrement stimuler les intestins et augmenter et précipiter leurs mouvements péristaltiques. Ce n'est pas tout : attendu que les membranes muqueuses généralement relâchées sont extraordinairement disposées à l'exhalation continuelle de mucosités, il devient nécessaire de fortifier la fibre perdes amers et des toniques , et de resserrer les orifices des exhalants, ce qui devient fa-cile quand le tube gastro-intestinal a été suffisamment nettoyé. Enfin, vu la disposition de l'organisme malade à la formation des abcès, des ulcérations, etc., mieux vaut en prévenir le développement à l'intérieur,
Ear des vésicatoires appliqués de bonne eure, que d'attendre qu us se soient formés • pour en entreprendre la guérison; elle n'est pas facile, au contraire.
HDRIATB. Yag. Htdeoghlorate.
MUaiATlQUE (Acide). Yoy. Htorochlo- RIQUB (iictde).
HUSCt a. m., wiosekim: substance que l'on trouve dans une poche située vers l'anus da mosehus^ moêckiferuêf L., animal de l'ordre des chevrotins, famille des ruminants.
Cette substance, que le mâle porte dans
MUSC
MUSC
UH follicule Tolamineux placé sous le ventre» e{ dont le canal excréteur vient s'ouvrir audevant du prépuce, est très-odorante, d*une grande volatilité , demi-fluide , d*un rouge br«4i, qui ne ressemble pas mal, au premier aspect, à du sang coagulé et corrompu ; sa saveur est amère.
Nous ne ferons pas Thistoire du musc, dont les Grecs et les Arabes paraissent n*avoir pas connu les propriétés, puisqu'on lit partout qu'Aétius est le premier qui en a' parlé, fait que nous admettons, n'ayant aucun intérêt à savoir si on a dit vrai; nous ne dirons Eas non plus que le moschus moschiferus haile le Tnibet, la grande Tartarie, la Chine, et que les Patans, sujets ou tributaires du grand MogoU vont chercher le musc à Boutan pour de là le distribuer dans toute Tlnde : nous ne parierons pas de sb cherté qui fait que, malgré les avantages réels dont il jouit, on ne l'emploie guère en médecine; pour nous arrêter à ses propriétés physiologiques et thérapeutiques.
D*après les expériences qu'ont faites sur eux-mêmes MM. Trousseau et Pidoux avec du musc d'une très-grande pureté, venu de Tonkin le plus vierge qu'il fût possible de l'obtenir, les effets directs qu'ils ont ressentis en dehors de l'odeur fortement musquécy qui ne ressemble à aucune autre odeur, sont : un léger sentiment de chaleur à l'épigastre et bientôt dans tout l'abdomen, sans coliques ni dévoiement, sans la plus faible nausée, puis bientôt une sensation insolite de faim, uu besoin réel de manger.
Après deux oa trois heures , un mal de têle s'est fait sentir, occupant surtout les tempes et Tocciput, mal de tête plutôt névralgique que résultat d'une congestion sanguine ; car le système circulatoire est resté très-calme ; puis quelques vertiges, et entin, un peu plus tard, une vive excitation des organes génitaux. Nous n'avons éprouvé, disent-ils, m sommeil, ni sueurs, ni rien de plus, si ce n'est <iue nos excrétions ont exhalé une faible odeur de musc.
Le prix exorbitant auquel on vend le musc Jusqu'à 160 francs ronce} est cause qu'on n'a pas un bien grand nombre d'observations qui établissent incontestablement ses propriétés thérapeutiques dans telles ou telles maladies. Cependant ses effets antispasmodiques ont été assez bien constatés dans les maladies nerveuses non fébriles, dans l'hystérie, par exemple, pour que nous n'hésitions pas à le conseiller contre les aocidents hystériques. Nous nous fondons, soit sur le fait rapporté par Pringle, d'un cas d'hystérie compliquée d'asthme, qui céda à l'action du musc; soit sur celui de Forestus, qui fit cesser un paroxysme hystérique en frictionnant la vulve avec un liniment composé d'huile de lin, de musc et de safran; soit encore sur les observations d'hypocondrie , sœur jumelle de l'hystérie , guéries par l'administration de ce roédica-
Mais ce n'est pas seulement contre les affections hystériques et hypocondriaques que le musc s'est montré eliicace, il a été
que i<
SI utile, si énergique dans les convulsions qui sout la suite de la rétropulsiou de la miliaire, que Quarin n'a pas craint d'avancer
3u'on trouverait difficilement, dans ces sortes e cas, un remède plus puissant que le musc, remède gui selon Huxnam porte à la peau sans exciter une grande chaleur. Il est certain, ajoute-t-il, qu'aucun moyen n'est plus propre à procurer des sueurs égales, douces et bienfaisantes, qui sont bientôt suivies d'un sommeil tranquille.
Il paraîtrait aussi que toutes les fois qu'une attaque de goutte est troublée par une faiblesse radicale de la constitution et par des mouvements spasmodiques, douloureux des fibres musculaires, ou des autres parties que parcourt l'humeur de la goutte, un demi-dragme de musc administré toutes les six heures, serait très-efficace. Dans ces cas, le docteur Williams a remarqué que ce médicament relève le pouJs, calme les soubresauts des tendons et les spasmes fibrillaires et autres sans causer ni forte chaleur, ni agitation : il serait donc, dit Barthez, aussi anodin que l'opium sans eo avoir les inconvénients. Chose certaine, toutes les fois qu'on aura à redouter uue conj^eslion cérébrale, le musc devra être préfère; son excitation de l'encéphale n'étant rien en comparaison de celle que lopiuiQ détermine.
Enfin le docteur *** a guéri l'atonie du membre viril par l'usage du musc donné intérieurement à un vieillard presque octogénaire; Frank en conseillait 1 usage dans la suppression d*exan thèmes ou de la trans^ piration chez les jeunes cens, et les femmes douées d'une vive sensibilité; les médecins et les chirurgiens en recommandent Teoi-
Ïloi dans le tétanos traumatique, etc.; et [M. Trousseau et Pidoux, tout eu lui contestant, dans la plupart des cas, les avantages que nous avons signalés, affirment néanmoins que dans les maladies inflammatoires en général, elles pneumonies en particuliert lorsque le déliré se montre avec les symptômes d*une susceptibilité nerveuse, le musc est un des moyens qui en triomphent le plus rapidement.
Mode d'adminisiraiion. Le musc se donne de bien des manières. Cullen, qui lui attri* buait des propriétés d'autant plus énergiques qu'il est plus odorant, recommande de le donner en substance et pense que la dose de deux à quatre grains qu'on donne communément comme dose ordinaire, peut être forcée jusqu'à vingt-cinq et trente grains; les médecins russes et allemands la portent iusau'à un gros en vingt-quatre heures. Fui- > 1er le donnait en julep à la même dose; d'autres en forment une teinture connue en pharmacie sous le nom de teinture de Paracelse, teinture de Quercetan, etc., qui ^ > donnent à la dose de cinq à douze goiittes. Mais sous quelque forme qu'on l'adaimstf^ >
MCSCLI?
MUSIQUI.
)| faudrait avant de l'employer .savoir si i'odeur du musc peut être supportée par le malade, certaines personnes'^ des femmes mêmes, lorsqu'elles se trouvent dans un lieu fermé dans lequel s'exhale une forte odeur de musc, éprouvant immédiatement ées sjncopes et d'autres accidents fâcheux. Où conçoit gue chez ces personnes, il faudrait choisir parmi les antispasmodiques» relui qui se rapproche le plus au musc par ses effets thérapeutiques, et lui donner la préférence.
MUSCLE, s. m., muaculua, de fcv^v, dérivé de fiû.% rat. — On donne ce nom à un organe charnu, rouge, mou, composé d'un assemblage de Gbres plus ou moins parallèles entre elles, irritables, contractiles, ordinairement tendineuses ou aponévrotiques à leurs fitréuiités, et s'iroplantant aux os qu'elles meuvent en totalité ou en partie.
Les muscles sont susceptibles de plusieurs divisions, et d'abord selon qu'ils sont soumis ou non à la volonté; de là les muscles dits muscles de la vie animale, ou muscles volontaires^ et les muscles hors l'empire de la volonté ou muscles de la vie organique, muscles involoniaires. Ensuite on a distingué les muscles en trois ordres bien distincts, qui diffèrent essentiellement par le lieu qu'ils oecupent, par leur structure, et surtout par leurs usages. Ainsi, au :
l*' ORDRE, ou muMcUs à grands mouvemenls de flexion^ d^exiension ou de rotation^ se ratlâchent les muscles des membres, ou locomoteurs par excellence, dont la forme allongée, quoique différente pour la plupart d'entre eux, favorise singulièrement les usages ; au:
2* ORDRE, ou muscles du tronc à mouvc'^ menu bornés^ concenirés^ se groupent ceux dont la largeur est le principal caractère, eu ^gard surtout à leur peu d'épaisseur : ceux*n,oa pourrait les appeler résistants, à cause des efforts qu'ils font pour résister au déplacement, et maintenir l'équilibre continuellement rompu par le déplacement des membres inférieurs, et ramener constamment la Hgne de gravité du corps dans le centre. Enfin, au :
3* ORDRE, OU muscles à expression^ eulanéSf àmouvemenis tris-variés^ semblent se réunir plus particulièrement les muscles de la face, des sens, des organes de la déglutition. Or, si l'on examine les muscles de ces trois ordres, le muscle, en général, étant formé de faisceaux, les faisceaux de fibres, et les libres de filaments, on verra, par cet exainen, que les muscles appartenant au pretnier ordre ont une structure analogue, c est- Mire qu'ils sont composés en grande partie de fibres rouges, ordinairement terminées per une portion allongée, blanche, appelée lendon ; que les muscles rangés dans le deuxième ordre, composés aussi de fibres (^uges, contractiles, sont remarquables en ce que, dans plusieurs muscles, la partie blanche l'emporte, qu'elle est épanouie sous
forme d'une toile mince, qui, n'étant pas susceptible de contraction, ôtc à la partie contractile la faculté d'agir sur des surfaces qu'il eût été inutile et même nuisible du mettre en mouvement ; tandis que dans le troisième ordre, les muscles, en général peu volumineux, sont néanmoins tout muscle, ce qui était nécessaire à la variété et à I«i
f)romptitude de leurs mouvements; aussi eur caractère spécial est-il de se perdre à la peau, où la plupart adhèrent de toutes parts : ici point de tendon, point d'aponévrose, point de fizure déterminée et semblable pour tous, tant la nature a été prévoyante jusque dans les moindres détails de notre organisation. Ainsi, muscles allongés et tendineux, f^our la locomotion et les services divers que es bras peuvent nous rendre; muscles larges et résistants, pour empêcher que le tronc perde son centre de gravité dans les exercices divers auxquels nous nous livrons, et prévenir les chutes et autres accidents qui sont la suite de la perte d'équilibre du corps; muscles petits et variés, mobiles comme la pensée, afin que la face, nos sens, nos organes se prêtent avec une merveiU leuse facilité à exprimer ou h trahir nos sensations, à donner plus d'expre;sion à notrii physionomie, plus d'activité et de rectitude a nos organes sensoriaux, plus de flexibilité à la voix, etc. Tout a donc été prévu, calculé par la sagesse suprême : nous n'avons qu'à nous incliner avec amour et reconnaissance devant la puissance du Créateur, oui nous a rendus si parfaits, et à admirer les mystères de la création, dont lui seul connaît les secrets.
HDSEAUDE TANCHE, os tincœ. —La plu-
r»art des anatomistes appellent encore ainsi 'orifice de la matrice, qui leur a paru avoir quelque ressemblance avec la bouche du poisson nommé tanche»
MUSIQUE, s. f., musica^ de fiovcisni, qui dérive de fwO*», muse. —C'est l'art de produire des sons harmonieux et cadencés qui nous émeuvent et nous impressionnent de manière à agir tout à la fois sur le moral et le physique.
Si nous avions à faire l'histoire des effets physiologiques de la musique sur le corps numain, nous remonterions à cette époque où les arts florissaient dans la Grèce, et où les législateurs avaient tellement compris l'influence de l'art musical sur les masses en général et les individus en particulier» qu'il était défendu, sous les peines les plus graves, de rien changer à son rhythme» le genre adopté étant en harmonie avec les institutions et les mœurs du pays. Nous rappellerions qu'il fut un temps où Solon ranimait» par la puissance magique de la musique, le courage des Athéniens, fatigués et découra-* gés par les lenteurs du siège de Corintbe ; où Thermandre calmait, par les accords de sa lyre, les séditions de Lacédémone ; où Timothée savait exciter tour à tour la force d* Alexandre par les accents bdliqueux du
I13SIQIIE
misiauE
mode phrygien, el la calmer par les accords doux el paisibles du mode hypophryp^*^- Nous ferions remarquer encore que chaque nation a une modalité particulière d'harmo* nie relative à son cHmatj à la constitution physique de ses sujets, imitative de leurs penchants et de leurs mœurs, c'est-à-dire que la musique est mélodieuse et passionnée chez les Italiens, grave et fortement expressive chez les Allemands, froide et sans couleur chez les Anglais, âpre, rude et invariable comme le climat et le caractère du Russe et du Japonais, plate et dénuée de sensibilité comme dans certaines parties de l'Amérique. Enfin nous répéterions avec M. Landouzy : « Rien n'est plus évident que la propension imitative que chacun sent en lui-même lorsqu'il est excité car lerhythme musical. On se sent égayé, épanoui, ému, transporté d'enthousiasme ou de volupté, de fureur el de plaisir, suivant l'impression et l'expression sonores dont on est frappé. Cette transmission merveilleuse des idées, par des sons modulés, est même si prompte et si vive, qu'on doit, dans une fouie de circonstances, en craindre les effets sur les personnes dont la sensibilité est facilement mise en jeu. II est certains rhythmes qu'il faut éviter de faire entendre trop souvent h des femmes nerveuses ou d'une iaible complexion, ou à des jeunes gens délicats et trop excitables. C'est surtout chez les jeunes filles gu'il faut éviter cette impression magnétique de la musique I Qu'on se garde avec précaution des accents qui peignent les sentiments tendres et affectueux l La mélancolie amoureuse, presque toujours méconnue des médecins, parce qu'elle se déguise sous mille formes diverses, est souvent la suite d'une mélodie molle et langoureuse; et ces sensations vagues et indéterminées, ce penchant aux contemplations ascétiques, et beaucoup d'accidents nerveux et hystériques , si fréquents aujourd'hui chez les jeunes femmes, proviennent souvent de cet abus que l'on fait, en musique, de l'expression imitative.
Mais ce s'est point des effets physiologiques de la musique que nous devons nous occuper, chacun ayant pu en ressentir sur soi la force et la puissance; ce que nous avons è constater, ce sont ses effets thérapeutiques» et ce n'est guère que par des exemples qu'on peut les établir. Disons toutefois , avant de les produire » que ce n*est généralement qu'à titre d'antispasmodique que la musique peut être employée.
Do quelque manière qu'elle agisse, toujours esl-il qu'on trouve, dans Desessart, Sue la musique ayant été employée penant UB accès de catalepsie qui durait depuis trop longtemps, l'accès fut abrégé par l'effet de la musique ; 2* dans Pomme, qu'il a fait avorter, à l'aide de la musique , une attaque d'hystérie , pendant laquelle le malade avait entièrement perdu Tusage de ses sens ; 3° dans Sainte-Marie.
qu'an individu, étant dans une des attaques auxquelles il était sujet, et durant lesquelles il avait le corps roide, la déglutition impossible, les yeux immobiles, etc., leva la tète et sourit sit6t qu'on fit de la musique à ses côtés ; V qu'une jeune personne siqette k des accès de catalepsie» pendant lesquels on àf^ pelait un joueur de narpe, parce qu'on avait remarqué que les sons de cet instrument loi faisaient ait bien 9 offrait de particulier qu'aussitôt que le harpiste avait oommeoeé à jouer de son instrument, la malade se le» vait, s'acheminait vers la harpe, avançait les mains comme pour pincer les cordes, et même les pinçait quelquefois. La corde ne se trouvait-elle pas en harmonie, la jeune personne éprouvait alors une sensation pénible qui se manifestait par un frémissement général. Enfin, un jour que, prise d'une attaque dans le cabinet de M. Draparneaud, celui-ci, qui avait entendu parler des effets de la musique sur cette malade, toucha d'un harmonica qui se trauvait sous sa main pour voir et juger par lui-même , elle en fut si offensée» que 1 attaque devint ptusiniemeet se prolongea davantage. Ainsi, chez tous, l'effet de la musique était ressenti, quoiqu'il 7 eût pert« du sentiment. Mais si les effets de la musique sont ressentis, alors que les seos ne sont plus impressionnés par les causes ordinaires, à l'exception près de l'organe de l'ouïe, qui semble s'éveiller sous càlaioes impressions spéciales (Voy. Audition), quels eâets ne produira-t-elie pas quand les sens seront éveillés I Ils sont très-remarquables, et en voici la preuve :
Un jeune homme de vingt*six ans était at* taqué, depuis quelque temps, d'une fièrre ffiguô avec délire continuel. Comme on s'imaginait que son état dépendait d'une grande faiUesse, on usa et l'on abusa des eoraiauz, dos vésicatoires, du quinquina. Rien ne le retirant de sa stupeur, Desessart propcss d'essaver la musique; mais l'autre médecin consultant s*y refusa, prétextant que lorsqu'on emploie des remèdes singuliers, si Toti ne réussit pas, le public se moque du docteur et le blAme de ses inisuccès. Desessart, qu\ avait à cœur de faire son expérience, prenant sur lui la responsabilité ae Tessai projeté, fit placer un joueur de violon dans une chambre voisine de celle où le jeuiifl homme était couché, et qui communiquait avec elle par une porte, lui recommandaot de jouer d abord dans l'endroit le plus éioi-
|(ne, et d'avancer ensuite peu à peu. A peine e violoniste était depuis deux oioutes jouant près de la porte, que le malade ouvrit les yeux, leva la tète et k tourna du côté d'où venaient les sons. On l'eiamioft alors, et on reconnut que le pouls s'était mnimé, puis sa physionomie s'anima» la Ace rougit, des larmes coulèrent de ses 7^^^ (sans les secousses du diaphragma, qui constituent le pleurer), des borborygmes se firent entendre, ils furent suivis de quelques* selles; les urines coulèrent» et la lan^» qui était chaude et sèche» commença à a b^mecteré