MUSIQUE
Eocouragés par ce premier succès, les parents demandèrent oni on répétAt rexpérience le leademain, et, ann d'obteair un effet plus nurqué encore, on y îoignit une basse, parce que le malade jouait assez bien de cet iDsIrament. Ce jour-là des convulsions se mauifestèrent ; elles alarmèrent d'abord la lnuiille, mais bientôt des sueurs s'étant établies, les mouvements convulsifs se calmèrent, et de pius les vésicatoires, qui étaient restés complètement secs jusau*à ce moment, qu'on ne pouvait faire couler, donnèrent abondamment. £ufin le même moyen fut répété encore quelquefois, et le malade guérit, on peut dire, sans autre remède que la musique. Ainsi le système nerveux, surexcité par les stimulants, a trouvé un émollient,un sédatif, un antispasmodique efficace dans rharmonie musicale des deux instruments.
Du reste, ce n*est pas autrement que la musique a agi, soit dans le cas cité par Chat>anoo, de cette jeune fille qui souffrait depuis longtemps des douleurs vives dans un œil, que les saignées n'avaient pu calmer, et qui étant entrée un jour dans une chambre où Ton jouait du clavecin, y rpsta iix heures sans souffrir; soit chez cet individu cité par Bartbez, qui, ayant un lombago dont les doulâlirs étaient extrêmes, les suspendait ))endant des heures entières en écoutant un concert; soit chez madame F. de la H., dans les circonstances suivantes : Un jour qu'elle souffrait horriblement d'une névralgie dentaire, elle fut voir madame D., bien aimable et très-gracieuse personne qui chante fort agréablement ; après les compliments d'u*sage, madame D... demanda à madame F..
de lui accompagner çiuelques romances; mais se reprenant aussitôt, elle dit : SuiS'je donc sotte, de vous faire une pareille proposiliou dans l'état où je vous voisi Pourquoi pas, reprit madame F..., essayons, peut-être cela me fera du bien. Elle se met donc au piano, madame D... chante, une, deux romances, et, ô surprise I la névralgie avait entièrement disparu. J'ai connu aussi une dame qui cessait de souffrir de sa névralgie sciatique, sitôt que sa fille se mettait au piano, etc. Restent deux autres faits qui m'ont beaucoup étonné, et dont je garantis l'authenticité.
Premier fait. Souffrant beaucoup depuis quelques jours, de l'estomac, des reins, faible et ne pouvant se tenir longtemps debout, Mad était très-eftnuvée de son
état lorsque je lui proposai d'alleriaire unpetit tour de promenaue. nous étions dans Pété, la soirée était magnifique et je l'assurai que le grand air, la dfistraction, lui feraient du bien. Cédant k mes sollicitations elle me suit; nous partons. A peine nous avions marché dix minutes qu'elle me dit : « Il ne serait pas prudent d aller plus loin, je suis très-fatiguée, je me sens froid, et je craindrais d'être plus malade, si je m'asseyais sur un banc; rentrons. » Pour rentrer il fallait repasser devant la salle de spectacle, k peu
de distance de laquelle nous étions. Je pro* pose dV entrer, on me demande si je suis fou de laire une pareille proposition : j'insiste, je persuade, nous voilà aux premières loges... Après dix minutes, la malade no souffrait aucunement, elle avait entièrement recouvré la santé. Le spectacle terminé, nous rentrAmes au logis, et cette fois madame ne se faisait plus traîner.
Deuxième fait. Madame F. de la M... était alitée depuis deux jours, éprouvant une névrose spasmodique de la poitrine et de l'œsophage, consistant, d'une part, dans l'impossibilité d'avaler les liquides, et, d'autre part, dans une secousse convulsive des muscles de la poitrine, au moindre bruit, à la moindre sensation, par le simple acte de la dédutition; en un mot, en une sorte de suffocation h/stérique. Elle venait d'éprouver un petit accès occasionné par 1« bruit qu'avait fait, en tombant sur le parquet, une pièce de cinq francs, lorsqu'on annonce le
domestique de M. L 11 venait apporter à
madame F. de la M., de la part de son mettre, une loge pour l'Opéra : on jouait le Prophète ^ et Roger le chantait avec madame Viardot. La malade accepte, fait un effort sur elle-même, s'habille, mont3 en voiture, la voilà dans sa loge. On aurait pensé, quand elle est partie, que le bruit d une pièce de cent sous, ayant déterminé un accès» le bruit de l'orchestre allait la faire tomber en syncope : eh bien 1 il n'en fut rien; au contraire, puisque madame F. do la M... fut ramenée chez elle dans l'état le plus satisfaisant. La musique et la distraction l'avaient complètement guérie.
Encore une remarque et je termine. Assurément, on sait depuis longtemps, et tout le monde a pu l'apprécier, combien les distraC'* tiens, celles surtout que la musique produit aux personnes pour qui elle n'est pas anti-
SathiQue, sont utiles ; je ne dis pas seulement ans les maladies nerveuses , mais dans bien d'autres cas où le moral influe beaucoup sur le physique; et, cependant, nul ne songe à en tirer parti lorsqu'une maladie épidénnque menace de tout envahir. Je m'explique. Dans les épidémies et les autres fléaux de cette espèce qui désolent nos cités (typhus, choléra), et toute une contrée, Il y a beaucoup de personnes qui périssent victimes de la frayeur plut6t que ae la maladie; or. le raisonnement et l'observation prouvant eg^alement que la musique leur serait utile puisqu'elle a du moins la propriété 4e dissiper la peur, et que ce n'est souvent que par la peur ou par la crainte du danger que lAme éprouve, que la maladie pénètre le corps, elle serait donc un préservatif des maladies épidémiques. Que dis-je un préservatiff Diemerbroech, dans son TraUi ae la peste^ rapporte plusieurs observations de guerison de cette terrible affection, par le chant et la musique; et Pigray cite aussi plusieurs faits analogues.
Ainsi l'heureuse influence de la musique sur le corps vivant^ malade, ne saurait être
MYELITE
MYEUTE
contestée, et, s*il est vrai qu^elIe ait été si utile dans les cas sus-mentionnéSt si jadis elle a eu la puissance de guérir Saul de sa mélancolie, si le Ranz des Vaches donne la nostalgie au Suisse, le Lochaber no morcy le mal du pays au soldat écossais, maladie que descbants plus joyeux dissipent, etc., nous ne voyons pas pourquoi on ne Tutiliserait jpas davantage dans le traitement de ces affections chroniques qui font le désespoir du médecin, et surtout le tourment du malade, qui meurt tout à la fois de douleur, de tristesse et d'ennui. Tâchons de lui tout épargner!....*.
MUSSITAÏION, s. f., mussilatio de mussitare, murmurer entre les dents. —La mussitationconsisle dans un mouvement des lèvres que le malade exécute comme s*il parlait à voix basse : c'est un symptôme d'ataxie, qui n*est pas sans gravité.
MUTITÉ ou MuTiSME| s. f., mutiios^ de muiiUf muet. — Mutité ou mutisme signifie, rigoureusement parlant, l'impossibilité dar* ticuler les sons. Elle diffère par là de Taphonie, qui a pour caractère essentiel, Timpos-» sibilité d'émettre les sons. Ainsi le muet pousse des cris discordants sans pouvoir prononcer une parole, tandis que 1 aphone parle à voix basse, mais ne peut se faire entendre à distance, nulle onde sonore sortie de sa bouche no frappant Tair et n'étant transmise au loin par ce fluide.
MYORIASE , s. f., mydriasisy de fftu)pM9cr, faiblesse, obscurité. -~ Cette expression était synonyme autrefois du mot amblyopie; aujourd'hui on l'applique plus spécialement pour désigner la dilatation excessive de la ))upille , dont la rétraction est si grande, qu'elle semble s'effacer complètement. La mydriase est un symptôme d'hydrocéphalie, d'amaurose, etc.
MYÉLITE, s. f., de medulla ou fivtXof, la moelle : inflammation de la moelle épiuière. — La myélite, qu'on peut également appeler méningite rachidienne (l'inflammation de la substance même de la moelle étant inséparable de celle de ses membranes, reconnaissant les mêmes causes et n'exigeant pas d'autre traitement), la myélite, disons-nous, a des symptômes particuliers qui la caractérisent, et servent à la distinguer des autres maladies. A la vérité, souvent obscure dès son début, elle ne s'annonce guère généralement, comme beaucoup d'états pathologiques, que par un sentiment de malaise eC de fatigue des membres, auquel s'associent cependant la constipation, la dysurie et parfois même la rétention des urines ; mais bientôt une douleur, légère d'abord, se faît sentir dans le dos, et plus particulièrement à la région lombaire, d'où elle se propage aux membres inférieurs, quand ceux-ci n'ont pas été affectés les premiers ; car on observe souvent que la royéiite aiguë se révèle, dès lorigine, par un engourdissement des doigts ou des orteils, accompagné de gêne dans les mouvements, et parrois d'un sentiment de froid désagréable. Plus tard, les symptômes se manifestent successivement dans la tota-
lité des membres s'irradiant de proche en proche vers le tronc. Ce n'est pas tout * il peut arriver aussi que des convulsions générales et partielles se développent au début, et sans être précédées ni de rourmillement, ni de cène dans les mouvements volontaires, ce qui rend le diagnostic quelque temps incertain : mais du moment où le malade se plaint d'une douleur profonde et plus ou moins vive dans un des points de la longueur du rachis; quand cette douleur augmente par le mouvement, ou même quand on veut déplacer légèrement le sujet ou le soulever; quand elle devient plus vive aussi par le décubitus sur le dos, qu'elle se projiage dans toute la longueur de l'épine, surtout quand l'individu est couché sur un lit de plume ou sur un matelas , quand erifij elle est rendue aiguë par la pression, oh ! alors, toute incertitude doit cesser.
On doutera bien moins encore (|ue la moelle est enflammée quand, 1* il s'y joindra la contraction générale des muscles de la partie postérieure du tronc, qui peut varier depuis la simple rigidité musculaire jusqu'au tétanos ; 2* quand la douleur dorsale sera sujette, comme la roideur musculaire, à des rémissions : deux caractères patbognomoni-
2ues de la myélite, et qui servent à nous clairer quand les symptômes d'une affection cérébrale viennent accroître les difficultés du diagnostic; ce qui arrive fort souvent, les faits pathologiques établissant que l'inflammation des membranes de la moelle existe rarement sans inflammation cérébrale; ce <;|ui fait que des symptômes de méningite cérébrale s'associent aux symptômes deuiéningite spinale. Bref, dans la période d'acuité, il y a une réaction fébrile assez prononcée, se montrant pardes[mroxysmes plus ou moins réguliers, une dyspnée fréqueute, la vitesse et la force du pouls, qui eu outre est résulier et tumultueux.
Par les progrès de la maladie, les membres se paralysent, la paralysie suivant tantôt une marche ascendante et tantôt au contraire une marche descendante ; et, chose fort singulière, celte paralysie ne porte quelquefois que sur la contractilité qui est seule empêchée alors que la sensibilité n'est nullement altérée ; tandis dans d'autres cas il y a anestésie complète ou perte delà sensibilité sans perte de la contractilité musculaire ; mais ce phénomène est plus rare : quelquefois enOo une jambe ou les deux se paralysent, et cette paralysie est annoncée par une démarche particulière, une sorte de vacillation ou de titubation des membres et par quelques fourmillements dans le dos, etc.
Reste que tant que le siège de la myélite n'est pas au-dessus des régions lombaire et dorsale, les membres pelviens seuls soiU affectés, les facultés intellectuelles ne sont pas troublées, la respiration est assez libre Je pouls régulier, sans fréquence ou notablement ralenti, etc. ; au lieu q^ue s'il y a rainol* lissement (conséquence de rinflammation) de la portion cervicale, les membres supérieurs seuls sont à leur tour paralysés.
NÂRCOTINE
NECROSE