‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 140 sur 209 · NERVEUX · texte numérisé non relu

NERVEUX

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quelques symptômes d'attection catarrhale ; ou bien la douleur est entièrement irrégu- .ière ; les accès ne durent que quelques secoudes ou quelques minutes, mais ifs se renouvellent iréquemmeat et varient beaucoup pour leur intensité, leur retour et leur durée: c'est ce que Ton appelle le tic doulourmx,

2* La névralgie sous-orbitaire. Dans celleci, la douleur commence souvent au trou sous-orbitaire, et de là se porte à la joue, à la lèvre supérieure, à l'aile du nez, & Tangle nasal des paupières. Parfois elle remonte vers le trou du nerf, et affecte particulièrement les filets nerveux dentaires, ceux qui se distribuent au sinus sous-maxillaire, au palais,àlaluette,àla base de la langue ;enlin elle s'irradie souvent à tout le côté de la face.

Dans rintensité de la douleur, il y a quelquefois excrétion de salive et de mucus nasal, des contractions spasmodiques des lèvres, le malade redoute de parler et de remuer la mâchoire.

3* La névralgie maxillaire: ce qui la distingue, c'est que la douleur part ordinairement du trou mentonnier, se répand au menton, aux lèvres, mais elle y est rarement bornée , car presque toujours elle remonte dans le canal maxillaire, s'étend aux différents rameaux que cette branche fournit è la tempe, aux dents, aux alvéoles , sous le menton et au côté de la langue. Celte névralgie, plus rare que les deux précédentes, est presque toi'jours irrégulière.

Outre les névralgies de la face, il en est d'autres qui attaquent les membres abdominaux, ce sont :

A La névralgie ilio-scrotalCf ou celle dont la douleur part de la crête de Vilium^ suit le cordon spermatique, et se porte au cordon et au testicule, dont elle détermine la rétraction : néanmoins la sécrétion de l'urine n'est point altérée , ce qui distingue cette névralgie de la douleur néphrétique.

B La névralgie fémoro-poplitée (sciatique vraie de Cotunni) : elle a de particulier aue le plus ordinairement la douleur part de réchancrure ischiatique, se répand de là , en suivant les ramifications du nerf, au sacrum, à la face poplitée de la cuisse, où elle exerce sa plus grande activité ; et gu'elle se propage le long du bord péronnier de la jambe, jusqu'à la face plantaire du pied:

Quelquefois cependant elle semble partir u pied pour remonter à la cuisse. Dans le commencementia douleur est souvent continue ou n'a que des rémissions courtes plus ou moins marquées ; mais par la suite elle devient intermittente, irrégulière, et se renouvelle surtout le soir et la nuit.

C La névralgie fémoro-prétibiale ou crurale. Depuis l'aine oii se trouve le nerf crural, la douleur se répand sur la face rotulienne de la cuisse, s'étend principalement sur le côté tibial de la jambe, à la malléole interne et au dos du pied.

D La névralgie plantaire : moins étendue que dans les cas précédents, la douleur est bornée aux nerfs plantaires du pied.

£ La névralgie tubita^ digitale : dans celle-

ci la douleur commence ordinaiteiueiitau coude, et, suivant Tavaut-bras, se {lorteau bord externe de la main.

F Les névralgies anomales Chaussier a classé sous cette dénomination certaines douleurs, ordinairement chroniques, dont le siège varie à l'infini. Ainsi on trouve portés à cette classe le clou à la tête, le lumbago, là gastrodynief etc.

Les causes et le traitement des névralgies sont absolument les mêmes que ceux des autres maladies nerveuses {Vov. Elémbst nerveux), et il n'y a que le sie^e qu'elles occupent qui oblige de varier lapplicalion des moyens thérapeutiques. Et poartaot nous ferons remarquer d'une manière générale que les narcotiques, surtout la potion de belladone cyanurée (quatre grains d'extrait de belladone, dissous dans une demi> once d'eau de laurier-cerise); la pooime épineuse, datura stramonium^' en extrait à la dose d'un huitième ou d'un demi-graio; les douches, les bains froids, les vésieatoires volants pansés avec la morphioe, ie moxa, déploient une efficacité toute spéciale; que nous nous sommes très-bien trouvé dass les névralgies faciales et autres^ de la pommade de belladone en frictions sur le trajet de la douleur ; de la teinture de caurphre opiacée (eau-de-vie camphrée avec addilioii de h grammes de teinture tbébaïque par 90 grammes d'eau-de-vie) également en frictions sur les points douloureux, des baios salés, etc. ; et quand la névralgie affecte un type périodique, rien n'égale l^fficacilé du

auinquina et des ferrugineux, du carbonate e fer surtout à la dose de vingt-quatre grains par jour pris en deux doses égab, une le matin et l'autre le soir.

Rèçle générale, dans tous les cas de névralgie, il est bon de s'assurer si elle ne dé* pendrait pas d'une cause mécanique ou matérielle, une exQToissance osseuse, des tubercules sous-cutanés, etc., pouvant, par la compression qu'ils exercent sur le nerf, déterminer une douleur névralgique. C'est principalement dans ces cas, très-rebelles d'ailleurs, qu'on peut recourir à la section du nerf, proposée par les chirurgiens et qui a été pratiquée avec succès dans la névralgie faciale, tic douloureux et autres, qui ont leur siège dans un rameau nerveux peuimportaul. Si on se décide à la pratiquer soi-naéine) m la facilité que les bouts du nerf divisé oot à se réunir , il faut leur faire supporter une perte de substance assez cousidérable pour aue leur réunion immédiate ne puisse avoir lieu, la maladie pouvantse renouTeler après la cicatrisation des parties divisées; ce qui n'a pas lieu généralement, quand oa a pris la précaution que nous venons de mentionner.

Il est encore une chose à laquelle oo dou

nombre, de quelque degré de spinitis voir d'autre origine qu'un long processus phiogistique de quelques envcloppt^^ des

NEVROSES

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Derfs on de quelque autre partie qui exerce lussi des tiraillements et des compressions sur les filets nerveux très-importants ; or, comme bien des névralgies dépendent de riuflammation du névrilemme et du tissu celtuiaire, il n'y a pas de doute que la méthode aiitipljlogistique doit, dans les cas de cette nature, procurer du soulagement; c*est pD(m]uoi quand les forces du sujet le perr mettent, il est sage de faire une ou plusieurs saignées locales dans le traitement de ces névralgies. Hais, attendu cependant que cette iuflammation est en général de nature rliuinatismale, il ne faut pas insister sur les (iéplétious sanguines et en venir de suite à d'autres moyens que l'expérience démontre être plus efGcaces. Voy. Sgutiqub, Tic DoiLoiTRBUx, etc.

NÉ\liOSES, s. f.,nftirose5, de vtvpov, nerf. —Ce qui constitue la névrose, c'est une exaltation (érétisme), ou une diminution (adynaluie, paralysie), ou enfin, une perversion d'activité nerveuse, une anomalie organique ou vitale, qui s'appliqrue tant au sentiment < activité sensonelle) qu'au mouvement (activité musculaire) et aux facultés de T&me. En d'autres termes , les névroses s'annonrcDt soit par des désordres des fonctions de ] entendement et de la contraction musculaire ; soit par des contractions locales, des diminutions ou une abolition du sentiment et du mouvement dans certaines parties; soit enfin par une sorte de stupeur généraleavec des lésions plus ou moins marquées de la respiration et des mouvements du cœur et des artères.

Les phénomènes qui les caractérisent peuvent donc se passer, premièrement dans les 0K6ANBS DBS SEif 8 , et constitucr l*pour l'o- KEiLLB, la dysécie, la paracousie, la surdité. (l'otf. ces mots.) 2* Pour la vue, la berlue, la (iipiopie, Yhémiralopie, la nyctalopie, l'amurose. (Voy. ces mots.) 3* Pour le tact, yhyperesthéste ou Yanesthésie. k' Pour le GocT, des maladies oui ap^jartiennent égalenient aux névroses ae la digestion , etc.

Secondement, dans 1 bntendbment, et constituer les névroses des fonctions cérébrales. FJIes sont comateuses (apoplexie, catalepsie, ^pilepsie, etc.), ou sans coma (hypocondrie, mélancolie, manie, idiotisme, somnambulisme, hydrophobie).

Troisièmement f dans la locomotion et la vûii, et être constituées par la douleur névralgique, le spasme tétanique, le spasme clonique ou convulsions, la paralysie, etc., d'une part, ou par ce qu'on appelle la voix convulsive , l'aphonie nerveuse » d'autre pari.

Quatrièmement y dans les fonctions nutritives : à cette classe viennent se rattacher soit les névroses de laÂ9efltofr(spasme de l'œsophage, gastrodynie, pyrosis, vomissement spasmodique, mérycisme, anorexie, dyspepsie, boulimie, pica, colique nerveuse, colique de plomb, etc.), soit les névroses de la respiration (asthme convulsif, coqueluche, les divers genres d'asphyxie, etc.),

soit les névroses de la circulatton (palpitations nerveuses, svncopes, etc).

Cinquièmement, les névroses de la ainÈni- TiON, qui comprennentlanaphrodisie, le dyspermatisme, lesatyriasis,lepriapisme, pour l'homme, la njrmphomanie ou fureur utérine, et l'hystérie pour la femme.

Rien n'est plus variable que la marche et la durée de ces maladies. Passagères, elles peuvent amener rapidement la mort ; sinon elles, peuvent durer pendant la vie entière, ne reparaître que par accès plus ou moins éloignés. Plus ou moins forts, et passer d'une forme à autre. Nous avons recueilli et publié dans le temps une observation si curieuse do ces transformations successives, que nous ne pouvons résister au désir de lui donner une plus grande publicité que celle qu'elle a obtenue par son insertion dans le Bulletin de l'Académie royale de médecine, ce Bulletin Q'élant lu que par les médecins.

Epilepsie fantastique ; contracture du bras gauche ; hallucinations d'une autre espèce ; lumbago ; raideur des muscles du dos ; wn-' blyopte : strabisme , etc.

Mademoiselle M...., âgée de onzeans, non réglée, eut en 1832, on ne sait par quelio cause, quelques attaques dont ses parents n'ont nu nous dire le nom ni les principaux caractères. C'étaient selon eux des mouvements convulsifs avec perte de connaissance et écume à la bouche. La malade en fut délivrée à l'aide de certaines poudres qu'on lui lit prendre.

L'année suivante, à peu près à la mémo époque, les attaques se renouvelèrent, mais SI peu intenses, qu'elles sedissipèrentd'ellesmêmes et sans les secours de Tart ; enfin, en 183fc, encore à la même époque, c'està-dire vers le milieu d'octobre, les attaques reparurent; très-légères d'abord, elles furent en augmentant d'intensité et de nombre ce qui décida sa famille à nous faire appeler , c'était le 26 octobre. Je m'enquis alors de tout ce qui s*était passé et je trouvai la jeune enfant, assez forte et développée pour son flge, dans un accès d'épilepsie avec fantasme ou hallucinations. Voici ce dont nous fûmes témoin*

Depuis quelques minutes la malade était couchée sur le dos et assoupie, lorsque tout à coup elle se redresse brusquement sur son séant, jette un kchaua 1 (c'est le cri du crocodile), et regarde fixement à droite comme s'il y avait de ce côté quelque choso qui fût pour elle un objet d'etfroi. Elle fit alors de violents efforts pour s'en éloigner, gUssa de droite à gauche sur son lit, d'où elle serait inévitablement tombée si quel* qu'un placé à ses côtés ne l'eût retenue. Pendant qu'elle s'efforce de fuir le monstre

aii s'offre à ses regards, elle pousse des cris aintifs, sa fiRure s'anime, sa respiration est entrecoupée, ses lèvres sonttremblautea et de sa bouche découle une blanche écume. Dans ce moment l'enfant n'entendait rien, ne voyait point les personnes qui Teulottraient, et, frappée de terreur, elle témoi-

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Suait par ses cris et ses gestes le (rouble ont elle était agitée.

Dès rinvasion de l'attaque les extrémités supérieures se contractèrent, savoir: les bras contre les parties latérales de la poitrine, les avant-bras au devant des bras et les mains vers la partie inférieure et antérieure au-dessus des avant-bras ; en un mot, les membres supérieurs depuis le coudejusqu*auboutdesaoigts,représentaient par la forme le cou du cygne. Le pouce était appliqué contre la paume de la main, et les doigts légèrement fléchis, mais roides.

Cet état dura jusqu'à ce que la jeune fille sembla s'assoupir de nouveau : alors on lui prit les mains et en exerçant sur elles de légères tractions, on provoqua un mouvement d'extension prompt et indépendant de la malade, de telle sorte que pendant dix à douze secondes les bras furent complètement allongés, les doigts étendue et écartés. Bientôt mademoiselle M... les ramena dans leur position naturelle, ensuite elle ourrit les veux, regarda tout le monde d'un air hébété et fiirit par nous reconnaître tous. Nous lui demandâmes si elle se rappelait ce qui venait de se passer; elle répondit oue non : tout ce qu'elle savait, c'est quun homme aux proportion^ athlétiques s'avançait vers elle pour l'égratigner et lui lançait au visage des insectes noirs qui la mordaient, tandis qu'un petit enfiint, placé auprès du çéant, la menaçait d'une fourche qu'il tenait à la main. Nous lui demandâmes encore si elle souffrait.— Oui, dit-elle, j*ai la tète lourde et douloureuse, l'estomac aussi me fait mal, j'ai chaud. En effet, la température de son corps était élevée, son visage rouge, ses veux brillaots et pourtant la cir^ culation et les autres fonctions paraissaient être dans l'état naturel. 'Prescription: huit 8an{|sues aux malléoles, deux onces d'huile de ricin à titre de révulsif et de vermifuge, régime antipblogistique.

La perte d'une assez grande quantité de sang, des selles répétées et une légère amélioration dans l'intensité des attaques, tels furent les effets sensibles que la malade retira de ces moyens. Dix sangsues furent ensuite appliquées h l'épigastre etenlevèrent la douleur qui avait son siège au creux de l'estomac, puis huit autres sangsues, placées derrière les oreilles, dégagèrent la tète et dissipèrent la céphalalgie. Enfin, la chaleur à la peau diminua à son tour, et tout semblait

( promettre une guérison {irochaine, lorsque es attaques reprirent une intensité nouvelle, et malgré quelques autres déplétions sanguines, malgré remploi de l'extrait de jusquiame à la dose de demi-grain, trois fois par jour, des bains de pied siQapisés, des lavements laxatifs, des pastilles de caloraei, etc.; elles empirèrent a oe point aue tous les jours la malade avait un accès de huit à neuf heures du matin, un aeeond, mais plus léser que le premier, i^onze haures, un troisièane, bien moindre encore, h trois heures de Taprès-midi, un <piatrième el domier.

très-bénin, à cinq heures; pondant la nuit calme parfait.

Le retour des accès b heure fixe nous di^termina à essayer du sulfate de quinitie. Le 19 novembre, mademoiselle If... ec prit six srains, dans ses moments lucides. €e iour-ià, les accès se montrèrent moins violents, et pourtant le bras droit qui était retti contracté depuis la veille au ma/tn, quoi-

Sju'on eût employé pour le détendre des eforts assez grands pour produire des douleurs vives, se détendit de lui-même; mais rélat de relflcliemenl fut tel que la malade ne pouvait au'avec beaucoup de peine fléchir l'avant-uras sur le bras, et qu'il lui était impossible de porter la main au roer^on. Elle ne pouvait pas non plus lever le bras, se plaignait de l'épaule quand on l'aidait dans ce mouvement, et abandonnée à elle-mèoie, elle prenait la position qu'offrent les individus qui ont la clavicule fracturée.

Les 10, 11 et 12 novembre, le sulfate de quinine fui continué à la dose de buitgrains

{)ar Jour, et l'épaule frictionnée avec, de 'huile camphrée; les accès allèrent eo diminuant de nombre et de durée. Le 13, celui de huit heures du matin fut le seul qui se montra.

Le 13 novembre point d'attaque, bras gauche toujours dans le môme état : mêmes moyens. Pendant cinq jours encore, màtmoiselle M.... a continué de faire usage du sulfate de quinine à la dose de ({ualre grains par jour seulement et fait frictionoer son bras avec le baume Opodeldoch; le calme s'est maintenu et la faiblesse du bras a persisté.

Le 18, la malade se trouvant mieux, elle fut en ville, se promena longtemps, et ren* trée dans sa chambre, elle ressentit vers les huit heures du soir de légers mouvements convulsifs qui se répétèrent le leudeiuain 19, malgré l'emploi de la quinine. Le jour suivant, ce fut de nouvelles attaques quiédatèrent, mais si fortes, si rapprochées, au'elles laissaient à peine un quart d'heure a'intervalles lucides entr'elles. On remarquait encore cette différence entre ces attaques e( les précédentes que le fantdme était placé du côté gauche et que l'épileptique se frappai! le dessus de la tête avec sa main droite, hs sangsues furent de nouveau apfiliqnées, uoe deiixième dose d'huile de ricin fut adioinistrée et les pieds encore trempés dans de l'eau chaude rortement sinapisée : rien nV péra au gré de nos désirs.

Le 2%, j'ordonnai que quatre grains i^ sulfate de guintne Aissent administrés, lorsqu'il ferait nuit, par doses de trois grain>. vu qu'après le coucher du soleil jusaul son lever il y avait suspension complète des attaques.

Le 25, l'accès du matia fut trè»-violeDt. la mahide fit presque le tour du lit en se traînant ; elle jetait de hauts cris, déchinii sa coiffe, se tirdt les cheveux, et était dans une agitation telle, que la plupart des ^^^^ iants se retirèrent, ne pouvait supporter plus longtemps un spe<Mele pareil tutot^^

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(iras gaache qui, depuis quinze jours (le 8), s*étaU h peine contracté, se contracta fortement, et quand l'attaque fut terminée, il fut flextbie, libre et fort oomme le bras droit.

Cette attaque a été la dernière de cette nature ; ce sont aussi les dernières doses de quinine que Mlle M... a atalées. Elle fut mise h Tusage du lait, matin et soir, d*une tisane rafratchissante, des crèmes de riz, d'une nourriture légère, des bains de pieds à la moutarde, et il lui fut conseillé de se tenir le ventre libre à t*aide des lavements. A dater de ce jour, plus d*accès fantastique.

Néanmoins, la malade n*était pas au terme de ses souffrances. Ainsi, le 30 novembre, elle se plaignait de maux de reins qui devinrent très-vifs les jours suivants, et puis se calmèrent. Le 2 décembre, deux petites tumeiirs rouges et douloureuses se manifestèrent au-dessus des hanches ; elles se dissipèrent par la simple chaleur du lit ou d*une. ceinture que Teniant porta habituellement^ et par remploi des frictions huileuses cam^ nhrées. Le tt, elle éprouva de la roideur dans le dos et les omoplates, ce qui Tobligeait h se tenir courbée : les frictiims sur le racbis, avec rhuiie de jusquiame la dissipèrent en queU ques jours. Le 13, Mlle M... eut une petite Mtaque : elle ne dura que cinq minutes, et différa des précédentes en ce que la jeune fille, en s'assoupissant, balançait la tète à droite et h gauche, comme une personne qui s^eodort. Les avant-bras étaient trem- Idants et élevés du manière à former un lé- Kcr angle aigu avec les bras qui étaient placés dans leur position naturelle.

A la suite ae cette attaque, qui se répéta matin et soir pendant quelques jours, la malade s'aperçut que sa vue s'atfaiblissait. Le 15, elle ne vit les objets qu*avec Tœil droit, Je gauohe distinguait seulement la lumière des ténèbres ; néanmoins, les objets eitérieurs s*y peignaient également, les pupilles se contractaient i la clarté du jour et ^ dilataient dans Tobscurité ; en un mot, il n'y avait aucune différence sensible dans les globes oculaires, et pourtant la vision était disliacle du côté droit, nulle du côté Rau* che. Ce u*est pas tout, lorscjue la malade voulait voir un obiet, elle était obligée de {)orter ses regards vers un point éloigné à droite; il y avait donc strabisme, mais strabisme d'une nature particulière, puisçiue les deux yeux suivaient la môme direction, ou qu'il y avait la plus parfaite harmonie dans leurs mouvements. Ainsi, par exemple, lorsque, placé en face de la jeune fille, je lui disais : R^ardez-moi, ses deux yeux se portaient sur la personne qui se trouvait è ma (fauche, et c'est moi seul qtt*elle voyait. Fermait-elle Tœil gauche, la viciation était la même.

Mlle M... nous ayant, caché qu'elle eût éprouvé de nouveau quelques petits accès, nous lui CQQseillAme^ d'iustiller, de temps an temps, une ou deux'gouttes de laudanum liquide de Sydenham entre les paupières de l'cûl affecté, de les frotter légèrement, (!e fairequelques jOtionssurces parties avec

DlCTIORN. DB MkDBGl!IK.

de Teau de plantain, et de placer un tésicatoire au bras gauche.

Le 17, à la suite d*un noutel accès, la vision fut rétablie dans Tœil gauche ; cependant il y avait elQcore un peu de strabisme, soit <}ue l«s deux yeux fussent ouverts, sotl

Îue 1 un des deux, n'importe lequel, restll ^rmé : mêmes moyens.

Les attaques reparaissent le fS, toujours légères; ce jour-ld, seulement, on me fit

fart de leur niapparition, ce qui nous décida prescrire une once d*httile de ricin, k l'effet do produire une irritation inleitinale qui, en déterminant un mouvement fluxioni^aire sur l'abdomen, devait dégager la tète; plus quatre pilules, contenant chacune un grain d'assa-fœtida, un grain de camphre, et un grain de castoreum, h prendre, deux le matin et deux le soir, buvant par^dessus une tasse d'infusion de feuilles d oranger»

L'huile de ricin, prise le jour mème> procura quelques selles qui n'eurent aucun ré« sultnt avantageux sur les attaques et la vision.

Le 19, la malade avala les quatre pilules : néanmoins les accès eurent lieu, uniemalfn et un le soir, ayant tous les deux le mémo degré d'intensité. Le strabisme disfiarut alors presque entièremenr, et il fallait y prêter une I)îen grande attention pour roconnaître qu'il existait encore.

Le SO, Mlle M... prit encore quatre pilules; l'attaque du matin seule se manifesta : le stra*bisme avait cessé. Enfin , le 21 et jours sui*^ vanis, jusqu'au 29, la jeune fille a continué l'usage des pilules, et aucune autre attaque ne s'est manifestée : cessation complète de toute médication, aliments nourrissants, exercices à l'air libre : tels sont les moyens qui fureut recommandés pour confirmer la guérison.

AT. B. Je croyais avoir obtenu cet heureux résultat (depuis deux ans nous n'avions pas été rappelé ), et je me réjouissais d'avoir k le constater, lorsque, pbur plus de sôreté, et afin de ne pas induire mes lecteurs en erreur, je crus devoir aller aux informations. On m^apprit alors que Mlle M... était restée huit k neuf mois sans éprouver la moindre altération dans sa sautée mais que, plus tard, les attaques s'étaient renouvelées et persistaient encore, les [»arents ajant re* nonce à la faire soigner.

Béfiexism, Quand nous avons attiré Kaltentiondenos confrères (en 1837)$ureefait d'épUepsie fantastique, et en attirant encore sur lui aujourd'hui l'attention de nos lcc-> teurs, c'était, et c'est moins pour constater redicacité momentanée des remèdes qui ont été employés, que pour faire connaître certaines particularités que nous allons signaler; et, par exemple :

1* La forme de la maladie : c'est, nous lo croyons du moins, un cas unique d'^ilepgie^ avec hallucinations des sens de la vue et du tact pendant l'accès. Les visions fantastiques peuvent bien se montrer, comme attaques nerveuses, et nous avons rapiiorté autrefois ( )8SS |, dans la Revue médicale^ l'hiôloire d'une jeune fillede onze ans, qui, après avoir

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éprouvé dos accès épiIe{)Uco-hystériquc3i fut prise d*une hallucihaUon, pendant laquelle elle vit, daos 1q principe, 4eff poupées fort jolies qu*elle appelait de la voix et du

f;este; et plus tara, des polissoos qui lui aiaaient des niches ; m^is, che; cette enfant, les accès étaient sans pertQ de conqaissance, et, quand les hallucinations les remplaçaiei^ti il n y avait pas attaque et fantasme tout à la fois.* Dans robservation ci-dessus, au contraire, la vision fantastique n'avait lieu que pondant Tattaque, e( disparaissait après elle; voilà pourquoi nous presorivîmes le sulfate dequipipe avant d'epployer les pilules anr tisfiasniodiquesy dont noua avons toujours retiré de si grands avantages. Ces deux faits diffèrent donc entre eux, quoique cependant ils aient eu de compun que plusieurs attaques avaient lieu pendant le jour, et que les nuits étaient entièrenicnt calmes ;

2* La conBervation de deux seneaùiQnff la vision ei le taot^ et d'une eeule faculté^ h mémoire 9 pendant Tacoès d*épilepsie, alors qu'on a toujours observé la perte absolue du sentimept et des facultés intellectuelles ;

9" Le retow annuel de< Qliaquea depuis deux années. Nous confessons que c'est également h cette circonstance que nous devons d'avoir fait précéder les antispasmodiques par l'extrait salin du quinquina ;

Â**" La suspension des attaques pendanê la ;;»}>. pile ferait supposer que l'impression de la lumière du jour, en augmentant la susceptibilité perveuse, rendait la malade plus disposée à la répétitiop des attaques ; ce qui eut lieu aussi chez l'autre jeune hal^ luctnée dont nous avons parlé ;

5** La paralysie du bras gauche survenue à la suite d'une forte contraction musculaire, et spontanément dissipée après une con-> traeiion spaamodiaue de même nature ; et pendant la durée de l'accès, Vobjtl fanlasti-que se montrant du côté paralysé.

Voilà deux anomalies fort singulières dont l'explication doit, ce nous semble, échapper ï tous nos moyens d'investigation. On pourrait bien pourtant, ens'appuyant sur la théorie généralement admise à l'endroit des congestions cérébrales, les attribuer àunmouvementtluxionnairesanguin,signalé

Kr la rougeur et Vanimation de la face, par tatdes yeux qui étaientvifset brillants, par les contractions musculaires, etc.;fluxion qui a«rail agi pendant quelques jours et à différents intervalles sur les couches optiques et les corps striés, et donné lieu aux mou-* vemenls oonvulsifs des membres supérieurs et des membres inférieurs, et plus tard, à la paralysie du bras gauche ; ou bien, préten-* are que ce mouvement fluxionnaire agissant avec plus d'intensité à droite qu^à ganehe, la branche ophthahnique droite de la. cinquième paire aura été vicieusement exaltée, (loù l'hallucination fantastique de ce côté ; mais ce ne sont laque des conjectures ; car est-il sftr qu'il y eut engorgement cérébral et lésion m l'une des deux couches opti*^ quea1£t ea supposant qu'ils existassent, comment oat41a cfisparu ? comment la para-

lysie s'esMIIe spontanément dissipée? admettrons-nous une résorption spoQtaaîet Mais alors, de qnelle manière expliquai la vision fantastique à gauche pendant la durée de la paralysie ?

5* ^insuffisance de certains moyefM,LaiUh ture de la maladie nous étant iuconnue, U plupart des remèdes n*ont été administrée par nous que d'une manière empirique ou par la méthode c^juvantibus et Mentious; il n'est donc pas étonnant que la plupart d'en^ tfe eu^ n'aienljouj d'aucune niScacité ;

6^ Les effets delà quinine. Quoique ce sulfate n'ait pas eu des effets réellement curateurs, cependant iJ a chaque fois dénaturé les attaques et suspendu leur retour pendant uq temps plus ou nmias long ;

V Vamaurose et le strabisme. Il n'est pat rare de voir ces deux états se montrer comme symptômes des maladies convnlsivea, mais je ne sache pas que dans les cas de cette nature, cités nar Morgagni et autres, ramaurose se soit uxée sur un seul œil, ni que le strabismeait consisté dans une direction vicieuse des deux yeux à la fois. Voilà pourquoi nous dirons qu il y avait vue louche, sirabismus a luscitate proprement dit. Cette distinction admise par les auteurs, et rqetée par quelques modernes, mérite d'être conservée, aGn de classer les faits pareils à oelni que nous avons remaraué ;

9* EnQn, l utilité des anii$pasmùdique». Elle est incontestable, puisque dès leur administration les attaques ont cessé, et que la malade est restée nuit ou neuf mois ssos en avoir d'autres.

On nous demandera peul-étre : Pourquoi.

le sulfate de quinine ayant procuré une amélioration notable, n'avez-vous pas persévéré dana son empfoi ? Parce que, dans le I>rinQipe, noua n'étions guidé que par l'anaogie, et nous agissions en empirique (foy. méthodes de guérir )> tandis que sur la fin, éclairé par l'analyse, nous reconnûmes uo état nerveux essentiel, une névrose, que le traitement lui-sméme décelait. Voici d'ailletirs quel fut notre raisonnement : Les névroses sont essentielles ou symptomatiques; dès lors si Iqs attaques, les convulsions et les épiphénomènes post^eurs dépendaient d*une indammatioD cachée, latente, ou d'un état vermineux, eto., les antipblogistiques, les révulsifs et les vermifuges auraient calmé la violencedes symptômes ; si, anxtmtraire» la maladie était sous la dépendance de l'état pÉRioDiGiTà (Fey. ce mot), Tex trait do quinquina l'aurait probablement guérie ; or, ces médicaments n'ayant pas eu cet avantage, il fallait donc employerceux qui agissent (fune manière directe sur le système nerveux vi* cleusement affecté; les succès que bous avions déjà obtenus par les pilules prescrites fixèrent notre ohoix.

N. B. Je n'ai pas hérité à entrer dnns tous les détails de celte observation, malgré sa longueur et les réflexions qu'elle nous a inspirées» soit à cause de sa rareté et de sa sinf;ulariié, soit aus«t à cause qu'élu nous olre un exemple du chargement succes:)îl

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