‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 158 sur 209 · PLIQUE · texte numérisé non relu

PLIQUE

pour provoquer son développement. U n'est pas rare aussi qu'elle survienne sans cause apparente et d'une manière subite. On peut également assurer, d'après des otiservationa très-exactes, que le virus trichomatique peut se communiquer par la génération, et qu'après la naissance, il peut rester caché un grand nombre d'années dans l'économie animale, sans produire aucun effet nuisible, principalement lorsqu'on mène une vie régulière et sobre, et qu'on évite tout ce qui peut porter atteinte à la santé. Mais si quelques personnes n'en ressentent aucune incommodité notable, d'autres deviennent la proie des accidents les plus funestes.

Traitement. La plique disparaît souvent d'elle-même et par la seule puissance des forces vitales. Alibert cite un cas où dea touffes de cheveux se détachèrent spontanément du cuir chevelu, entraînant dans leur chute des fragments d'épiderme. Un semblable phénomène se remarque journellement en Pologne, et lorsqu'une plique s'est ainsi isolée, rhomme superstitieux qui la portait va l'enterrer soigneusement dans le cimetière. Dans une pareille circonstance les secours de l'art deviennent superflus : aussi est-il certain que depuis fort longtemps les habitants de la Pologne éprouvent une répugance extrême à faire guérir la plique. Ils sont accoutumés à la considérer comme un bienfait du ciel. La plupart ne voient d'autres causes de ce fléau que des influences sidérales, qu'il est nécessaire de respecter. Hais une croyance populaire repose quelquefois Sur des vérités fort importantes. L'opinion vulgaire dont il s'agit a dû résulter primitivement des symptômes graves et pernicieux qui ont succédé, dans quelques circonstances, à la suppression soudaine de la plique. Les hommes n'ont pu voir i*apoplexie, le catarrhe aiRu, les spasmes et les convulsions, les douleurs articulaires, les maladies organiques de tout genre, etc., devenir la suite funeste de la rétrocession du trichoma, sans frémir d'avance des moyens curatifs qu'on voulait opposer à cette singulière maladie.

Que faut-il faire quand la plique étend ses ravages, et quand les ressources de la nature sont impuissantes pour les arrêter? Le premier devoir est, sans contredit, d'examiner d'abord quelle est l'époque de sa marche à laquelle cette affection est parvenue, et d'étudier ensuite les différentes complications dont elle est susceptible : on adapte le plan de guéri son à ces divers cas. En second lieu, les médecins qui sont appelés à procéder au traitement de la plique, doivent Tenvisager comme le résultat d'une crise nécessaire, qui doit s'effectuer par les cheveux, les poils et les ongles. C'est une maladie errante dans l'économie animale, qui peut prendre mille formes variées. Malheur à ceux qui voudraient intercepter son abord vers ses couloirs ordinaires I Ils doivent au contraire le favoriser et l'entretenir.

Quant à la méthode qu'il faut suivre dans le traitement interne de la pliquoi elle est

' PUQUE

tmèlogud à oeile €(ni cfl^ntfenl iinitaA^m^ùi à toutes les maladies du corps bufflaini fest-^Hdirè qu'il convient d'épiéf la marche dt U nature et de la suivre dans ses len-dances* Ainsii faVcM*iser le mouvétnent sa-* lutaire qui porte le dépAt critique vers ta tdtei éllmer par des évaouatiotis conteriebIe.s Appropriées à la constitution physique des individus 9 les saburres qui surchargent les volei digostivesreieiter doucement la irans-

fiiration pdr des boissons où Ton fait enir<?r à bardane , le fumeterre , le sassdfras*^ le gaïac et autres substances végétales, qui pA-^ raissent agir d*nné manière spéciale sur les propriétés vitales des ethalànts) oser du ^ouft'edoré d*antlmoinei qu'on dît être aussi utile (et les observations semblent rafOrmer)* ^ue le mercure dans la maladie syphilitique : la réaction fébrile sera surreillee avec ^fn pour la modérer si elle est trop énergique, racorottre si elle est trop faible. Chet les vieillards et les personnes débilitées^ la crise ne pouvant s'effectuer d'elle-^mâme, les médicaments toniques sont d'une nécessité urgente pour relever les forces épuisées. Ainsi, les restaurants alimentaires, le quinquina, la gentiane, les eaut ferrugineuses, Ks amers, etc.^ sont très-bien indiquée; et si )a vérole se mêle à la plique comme oom* pljcation, cô qui arrive fort souvent, il im-^ porte d'obéir aux indications qu'une.compli^ cation pareille réclame.

A l'ettérieur, il est utile, pour faciliter )'é^ ruption de la plique, d'avotr fréquemment recours à des fomentations douces, émoi-' lientes, qui apaisent l'irritatron du coir ohe^ VAîu :d*aulresfois, au contraire, une stimu-* lation locale devient nécessaire pour attirer vers la tète la matière du tricfaoma qui doit ventr se déposer dans les cfaeveut ou dffns les ongles : c'est ^urquoi les topiques sti^ mulants, les sinapismes, les vésicatoiree eux-mêmes, sont utilement employés : tremper les doigts dans de la térébentine, ou coiffer rîndividu arec une pliçue fraîchement cou-

6éf, est souvent suivi d'un plein succès. 'ans les cas d'accidents graves, parce q\i& la matière du trichoma ne se porte pomf aux cheveux, l^etafontMoe a proposé Tinoculation, qui consiste à faire porter, pendant (]ueîques neures, un bonnet de l'^lon* ^ un individu chea qui la plique s'est réeemmeni déclarée, et d'en coiffer ensuite la personne chez qui on veut qu'elle se manifeste. Ge procéaé doit être répété jusqu'à ce que l'effet soit oblenu : pour en favoriser raetion, il est bon que ^es malades couchent dans la même chambre, afin qu'en ôtant le bonnet h l'un on en coiffe immédiatement l'autre.

PeuC-on procéder sans péril à la section des ptiqu^? Les médecins n'étant pas d'ae* cord entre eux, meux vaut s'abstenir.

PLOMB, s. m., p{tim6«mfsaturne des alchimistes). -— C^est une des substances roét»^ liques que les arts, l'économie domestique et la m^ecine mettent le plus fréquemment à contribution. Le plomb, proprement dit, est un métal moins pesant que le piatine, l'or et le m^eare, reeonnaissabte à sa couleur d'un

PtFQtÉ Kl

gris nombre, atee une teime hleuUtB asser

marquée, ce qiit lui dobAe un A^péét f^èu brillant. Il tl'est ni ductlfà, tti sonore, il m avec facilité, s'aplatit §i ôrt tè frappe f6rt^ mentt sa Saveur est Acre et ^fi odeunlésâ- ' gréable.

Laissant de cAté tout ce qtri ée rattache aux propriétés du plomb employé dénî lés am, nous ferons l'éfiumératioti de* pté^ rations diverses dont il a été l'objet et des usages médicaux de chacune d'elles^ Mais auparavant , nous dirons reîattvemetit au plomb lui-même, que c'est h tort ûti*ort A re* nonéé à faire usage deS lames minces qo'i! fournil, et dont on se servait autrefois potif Fusage externe , G'eSt-è-dire pour recdutrff les ulcères atoniqnes. SAUS dente, nM\ qu'on Ta dit, les bafideletteéi clrculaf^eHè diachylum lui sont préférables quafifi l'ulcéré fournit une suppuration abondante; mh n'est-ce paS qu'il vaut mieux se sertii* du plomb pour soutenir une cicatriée féèenié, que de la recouvrir d'une substance qtfl, comme le diacbylum, peut l'irriter el lâ Hluollir?

PréparatioM 4ê plôfnb* Le^ àuté\ïH de matières médicales plaeeni en tête, V ta /ftharge ou proloxyde de pIoÉnb detoi-Vîtretff ,

Îui ne S'emploie jamaiâ qu'incorporée arec es huiles fixes, des graisses, etc., e^est^ir» 9DBS forme d'ongnent, d'empWtres, etc. * c«l^ndant «omme elle n'esi point étrangère aux bons effets que ces emplâtres ou m onguents produisent, nous devons! eoestater son utilité «omine a^^âvaut dans ces compositions.

2* Le futufcMii ou défitoxyde rôtg» de plomba qai a les mêmes tisAfges que la litharge, pkrâe qu'il en a ies propriétés, et ne s'emploie guère différemmeUrl. Cepiéadâdit comme, lorsqu'il es4 sans mélange, Il è un» aetio» très-énergique, et excitante È^f M tissus, on s-'en sert comme esdMfrotf^oé pour réprimer les chairs bdvêeses, aviver les ulcères atoniquesy etc.

3* Lee Ê€éêë$49 é$ nlmb^ qu^on iKsUngit en acétate acide de [Âornl^/ tulgaiyentnt ^ de satum<^ , sucre de satume , «Nétaté de plomb cristallisé, et en* 90QS^cétaces ^ioat iibsolumcnt les mêmes propriétés^ qooi<}ûe le sou^-aeétale soit plus généralement dol' plo^é, on peut mêase dire soit seul effiplofé a riDtérieur# Dafis tous les ras, les acétates de plomb jouissent d# prepriétk^s astriogeiitee assez éner^qoes pour qu'on s'en serve à titre d'essai dans uae foalede^^s sïïf lesquels il est nécessaire d'arrêter aotre attention. Et par exentpte, l'aoétata depl^ a été employé k l'intérieur d?puis plusiear^ années, en Allemagne r eootre les anévri^ mes, et les médecins onU prétend» en a^ù' obtenu de borns résultais.

Je ne sais sur quelles, iodkastious se Doo^ cette pratique ; maiis ee que jesBts. fofi W^fi* c'est cfOB Laenuec a essayé \a nème médr* cament dans les nualaKiies du ccittr ai àm les hémorragies opimélires, d'awis des ceservatiens faites sur des indiviausqni ^' combent à la rachâalgie saturnine^ et (fi "

h^ PLIQIF,

résulte (Je ces observations que la seule allération constance qui s'obsepve chez ces indi- ?idos,c'estlapàleurdes tissus, et une€|uantiié de sang moindre dans tous les vaisseaux que celle que Ton rencontre ordinairement à Touverture des autres cadavres, ce qui, diHK 1^ avait fait soupçonner qu'un des principaux effets du ploDQD était de nuire à l'hématose et de diminuer par là la quantité de s^ng. Eh bien t conduit peir ce raisonnement, il a «mployé ]c9 préparations de plomb dans rbypertrophie et la dilatation du cœur ainsi que dans les apévrismes de l'aorte, commençant ordinairement à la dose de d à 4^ grains par jour, sans dépasser celle de 16 grains, et quoiqu'il ait continué ce médicament pendant des mois entieris, sans déterminer ni colique, ni d'autres accidents de la naturQ de ceui qui ont lieu dans la racbiaiçie saturnine, il peut assurer que, sans élre jamais héroïque , ce médicainent lui a puru souvent utile.

Le même auteur avait déjè fait observer ailleurs que l'acétate de plomb paraît modérer auelquefois la diarrhée des phthisiques, et plus constamment diminuer les sueurs, prétendant que c'est môme le seul moyen qiron puisse lui opposer. Je ne conteste pas la fin de sa proposition, mais ce que je con* (este, c'est la propriété anti-diarrhoîque et anti-diaphorélique du plomb dans cette terrible maladie. Déférant à une autorité que j'ai toiqours respectée , celle de Laennec , croyant aux affirmations do Fooquier, autorité non moins respectable, j'ai employé le plomb d'après la formule de ce dernier auteur, et je n'ai pas remarqué qu'il ait eu la moindre efficacité ni contre le dévoiement, ni contre les sueurs coUiqu£(tives. Ce ne doit pas être un motif pour en repousser l'emploi , tout devant être' tenté dans une affection si redoutable.

Que dirons-nous de l'efficacité du plomb contre les névroses , l'hystérie, la nymphomanie, etc.? Qu'elle est bien douteuse dans certains cas, nulle dans les autres (Ratier) , et que les faits l'apportés par les observateurs^ manquent, pour la plupart, de critique et surtout de diagnostic rigoureux. Porterons-nous le même jugement sur son emploi contre la salivation mercurielle ? C'est une question pratique assez importante pour mériter d'être discutée.

On saitque M. de la Bonnardière père avait communiqué, dès 1801, à la Société de médecine de Paris, quelques observations sur ^extrait de satunie, considéré comme propre ^ mQdérer Jeis ravages du mercure sur la bouche ; et que Cullerier, médecin en chef de I hêpitâl dèa v^nérienS) publia, trois aunées plus tard) un mémoire sur le plyalisme dans ^uel OB Ht : « L'acétalf de plomb a produit «luelque bien, mais ce n'a été que lorsqu'il adonioé^ieuàde vives (Couleurs à l'estomac, ^e n^ai* pas beaucoup multiplié les essais, parée qu ils étaient tiuls quand le remède était en petite quantité, et dangereux quand On il» portait à forte dose. » Lagncau , dans ^n traité des maladies vénériAjnes, parait

rHQlE

être absolument du même avis, puisqu'il dit textuellement : « L'extrait de saturne a élé recommandé en gargarisme, à la dose de fi' gros sur h onces de véhicule, pour coipbattre la salivation mercurielle; quoique BOUS n'ayons pu répéter les expéneuceSt nous ne croyons pas qu'on doive lui donner beaucoup de couuance, vu que les observa* lions ne nous paraissent pas assez concluan* tçs , les garg£irismes saturnins ayant été employés simultçnémepl avec d'autres médicaments.

M. de la Bonnardière combattit les assertions de Culerier ; les médecin^ prirent parti pour et contre, e( bientôt un accident nouveau, résultant de l'administration du plomo , fut constaté ; je veux parler de la noirceur des dents qu'il occasionne. L^s partisqn^ du plomb répondirent que cette noirceur ce dissipait d'elle-même ^u bout do quelques jours, et que d'ailleurs cet accideut est susceptible d'être prévenu, pourvu qu'on ait soin de bien faire rincer la bouche et d'essuyer couvent et soigneusement les dents.

Dans cette intention, Petit, qui croit à l'efficacité des gargarismes saturnins, a proposé de recouvrir chaque dent d^une couche de cire blanche ou de mie de pain frais , ajoutant, d'après Chaussier^ que ces corp9 doivent se nettoyer sans difficulté par l'emploi mécanique d un dentifrice. Les choses en étaient là lorsque M. Raillard, chargé par le président de la Société de médecine de Lyon (Desgranges) de répéter les essais déjà tentés, déclara bientôt après que, d'après ses observations, une demi-once d'acétate de plomb liquide étendu dans demi-pinte d'eau, et même uno once de plomb pour la même quantité de véhicule, quand on voulait reqdre le gargarisme plus actif, ayant é(é donnée à trenie militaires atteints de ptyalisme mercuriel, sur ce nom)>re la salivation ne s'est montrée rebelle et a pris un caractère chronique que chea; deux seulement* Il a remarqué en outre que la noirceur des denté se dissipe d'elle-même en très-peu de temps; qu'aucun accident, même lé^cr, ne s'était montré du r.ôté des organes digestifs : d'où il conclut que de tous les topiques connus et employés (jusqu'au moment où il faisait sqs expériences) contre l'irritation produite par le mercure sur les glandes saUvaircs,le plu$ sûr et le plus prompt , c'est l'acétate de. plomb liquide. Tantôt iM'a donné seul, taij- Tôt il l'associait aux purgatifs, aux yésica-; toires, aux lavements irritants, aux J)âins^

Sjénéraux, et il n'a rien observé qui*pût lii^ aire donner la préférence à l'une plutôt qu'à l'uutre de ces méthodes , leurs effets éâunt aussi prompts et aussi satisfaisants.

Deux motifs nous ont fçit renonçiT^ Tempiqi de ce moyen : le premier, ce sqrit les ^ douleurs atroces que le gargarisme a déterminées chez plusieurs de mes malades, ipalgré que, par timidité, je l'avoue, je n'eusse mis que la moitié de la dose à laquell.c on conseillait de l'élever ; l'autre, c'est la noirceur des dents. Elle disparait d'elle-môme ,

PiNEUllONlE

PNEUMOMË

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nous no le contestons [>as ; mais comme il est peu de malades qui veuillent avoir un aspect repoussant , nous leur épargnons ce désagrément. Nous faisons plus, nous leur épargnons les accidents de ta salivation en les guérissant de la maladie vénérienne sans lo secours du mercure.

En définitive, si les préparations de plomb

leurs le met

-'agit de leur emploi ,

1 eau de Goulard est généralement prescrite en collyre dans les opbthalmies calarrhales« scrophuleuses, etc., en lotions dans certaines maladies atoniques de la peau^ en imections dans les flux muqueux, chroniques de n'importe quelle cavité ( muqueuse nasale, conduit auditif externe, vagjin, urètre, rectum), en gargarisme dans Tangine catarrhale, Toedème et le prolongement de la luette, etc. Toutefois, ainsi qu^n en a fait la remarque, il est des circonstances où il faut augmenter considérablement la dose du sous-acétate de plomb, si Ton veut atteindre le but qu'on se jiropose.

L acétate acide de plomb se donne à la dose de un h douze grains par jour, à Tintérieur, par quantités fractionnées ; en gargarisme. M. Somme prétend qu'on doit porter le sous-acétate de plomb qu'on fait dissoudre dans Teau à un huitième et même un sixième du poids de ce dernier liquide ; je trouve cette dose énorme.

PN£UM0N1E» s. f., pneumoniiiSf wmv^nt , inflammation du poumon. — Les poumons et la plèvre qui leur sert d'enveloppe sont, comme toutes les autres parties du corps humain, susceptibles d'élre enflammés. Mais comme ces deux organes, malgré leur état de contiguïté, peuvent être phlogosés séparément ou conjoiulement, on a affecté des dénominations diverses pourdésignerlesiégtt de rinflammation. Ainsi on a nommé pieurésie^ la phlegmasie des plèvres ; pneumonie ou péripneumonief la phlegmasie de la substance, même du poumon; bronchite^ rinflammation de la muqueuse qui tapisse les voies aériennes, etc.

Cette distinction est-elle bien nécessaire en pratique? Aucunement ; car ce n'est point d'après le siège de l'inflammation qye le praticien se détermine dans le choix deS'inoyens curalifs, mais bien d'après la nature même de l'inflammation et des symptômes do réaction qui l'accompagnent. Et cette distinction serait-elle nécessaire, qu'il faudrait encore y renoncer, attendu que les symptômes à l'aide desquels on a prétendu pouvoir les distinguer sont fort souvent fallacieux, c'est-à-dire qu'il est des individus qui ont présenté tous les signes d'une pneumonie , et rbez lesquels, à l'autopsie , on a été tout étonné de trouver le poumon sain et la plèvre enflammée, et vice va'sa. Nous les confondrons donc dans une même étude.

La pneumonie se développe principale-" ment chez les jeunes gens et chez les pléthoriques, quoique pouvant affecter les enfants et les vieillards, je dis plus, car si nous en

croyons Billard, la plupart des enfonCs qui meurent en bas Age succombent très-souvent à une inflammation pulmonaire que rien ne décelait, et qui, par conséquent, est restée méconnue. Ce doit donc être un motif, quand on donne des soins à des êtres qui n'ont pas assez d'intelligence pour exprimer les souffrances qu'ils enaurent, de rechercher si le poumon ne serait pas enflammé; mais revenons aux causes de la peripneumooie.

Chacun sait que ceaui proauit l'inflammation du poumon ou de la plèvre vulgairemeot fluxion depoUrine^ ce sont les mêmes causes que nous avons assignées aux phlegmasies en général, et plus particulièrement la suppression de la transpiration, le corps étaot en sueur, les cris, les chants, et en mot tout ce qui détermine l'AiiGiMB ( Foy. ce mot}. C'est pourquoi les individus qui s'exposent aux variations de l'atmosphère, sans précaution , qui passent subitement du chaud au froid, etc. , éprouvent, quand leur poumoa ou leui* plèvre s'enflamme , la série des symptômes que nous plions énumérer.

Symptomatologie. Douleur plus ou moins vive, plus ou moins aiguë, plus ou moios intense, plus ou moins circonscrite dans la poitrine ; il semble, pour me servir des eX' pressions de Galien, que celle-ci soit fortetement tendue ou piquée. Cette douleur augmente par la respiration et la toux qu'elle produit, ou s'accompagne de crachats séreux teints de sang. La respiration est le plus souvent gênée et pénible, le pouls tantôt petit et concentré, tantôt dur et fort, taDtdt vite, tantôt fréquent ou plein. Une cbaleur et une irritation générales agitent le malade, la soif l'inquiète, la sécheresse de la langue l'importune, il éprouve des ardeurs en urinant, ses urines sont rares, fortement co\(h rées, et ne déposent pas le premier jour. Si on percute la poitrine, elle rend un son mat dans la pleurésie, naturel dans la pneumonie, et 1 auscultation, qui constate rabsence du bruit respiratoire dans le premier cas, fait entendre a l'oreille un râle crépitant dans le second, c'est-à-dire que l'air, en pénélfanl dans les vésicules pulmonaires pmogosées, produit le bruit que déterminent des graioi de sel qu'on jette sur des charbons araeiits. A ces symptômes se joint une réaction inflammatoire plus ou moins prononcéet Ç0 qui constitue la pneumonie franche etlegi' time ; aussi sufBt-il des saignées répétées, de boissons délayantes et oxymelées ou mtrées; en un mot, du régime antiphlogisuque» du repos de l'organe malade, etCf p<Hif obtenir la guérison.

Mais il peut se faire ((ue le malade, siu* vant une mauvaise inspiration, oa les atis d'un ignorant, aura exaspéré la phlogose

Gr des cordiaux, des stimulants; alors la Qgue sera brune ou noire, les forces pa* rattront anéanties, le pouls sera fréquend assez fort ou faible; les urines seront doo rouge vif, les yeux clignotants; il y «uraflu délire, une grande dyspnée et monacMJ suffocation. Ilne faut pas s'en laisser iinpo^r par cette apparence de faiblesse, car, s» »'»

PNEliMONIK

PNEUMOiNlS

comprime l'artère, il est facile de sentir des pulsations petites, assez fortes* qui ne se laissent point déprimer. Une sai^ée eiploralrice dans ce cas relève les forces, dilate lèpouJs et calme les accidents.

Dans d'autres circonstances, il j aura eneare quelques légères modifications dans les symptômes de Ta maladie, soit parce que la constitution atmosphérique ou médicale aura changé, soit aussi à cause du tempéra* ment du sujet, de ses habitudes, etc., c*esti*dire que, vu les alternatives instantanées de froid et de chaud de l'atmosphère, la pblegmasie pulmonaire ne sera point aussi franche; aussi légitime, on naura plus qu'tine bronchite catarrbale, un véritable ealarrhe pulmonaire. C'est pourquoi la réaction étant moins forte, il faudra moins saigner, et en venir bientôt au vésicatoire au bras.

Cette distinction de l'inflammation puloM)* naire, en légitime et catarrbale» est aautant phis importante , qu'il n'est pas rare que , dans l'un comme dans l'autre cas, à cause de la gêne de la respiration, la figure soit ani* mée et le pouls un peu élevé, ce qui décide à employer de suite les saignées , dont on pourrait se passer. Ce n'est pas qu'elles no poissent être avantageuses dans le moment même ; mais rafiTaiblissement qu'elles procurent rend 1 es convalescences très-lonçues et laisse des impressions profondes sur l'organe, c^ui, par suite, est facilement atteint de phthisie.

Enfin, dans les pays méridionaux, aux symptômes caracfénstiques de la pneumonie Tiennent s'adjoindre ceux de l'état bilieux (pneumonie bilieuse des auteurs), ce qui doit modifier encore le traitement a cause de la compoata'onde la maladie. Oui, ainsi composée, la pneumonie réclame qu'au traitement antiphlogistique on associe les évacuants émetiques et purgatifs, qui non-seulement enlèvent les saburres gastriques et intestinales, mais produisent une dérivation salutaire. Le même traitement convient si des symptômes de putridité se manifestent, ces symptômes, ainsi que nous l'avons établi (Koy. Pdtrioitâ), n'étant que les éléments inflammatoire et bilieux exaspérés.

Nous avons souvent parlé de l'utilité de la saignée dans le traitement de la pneumonie : comme l'emploi de ce moyen thérapeutioue adonné lieu à quelques débats entre les praticiens, et cela à cause des caractères divers <^u'offre l'expectoration et du parti qu'on peut tirer àe cette étude, nous devons nous arrêter un instant à bien préciser les cas o*^ la pblébotomie doit être pratiquée.

Et d'abord, nous ferons remarquer que si tous les médecins sont d'accord sur ce point que la saignée est très-bien indiquée au débat, tous ne partagent pas l'opinion qu'elle puisse être efficace à une époque plus avancée de la maladie. Quant à nous, nous croyons qu'on peut saigner tant qu'il y a des symptômes d^ crudité , c'est-à-dire toutes les fois que les crachats seront ténus, séreux ou sanguinolents, fût-ce môme au vingtième

jour de la maladie, pourvu pourtant que le malade soit jeune, robuste, que ses lorces soient en bon état et la réaction fébrile encore vive. Dans tous les cas, nous préféroo» la saignée du bras du côté de la cTooleor à toute autre saignée, l'ouverture de It reiae du bras correspondant étant la plus avaota-

Seuse de toutes quand il n'y a pas nécessité e chercher un autre lien d^élection. Ceci mérite que nous voas expliquions.

Supposons qo'aoe femme aoit atteinte d*une fluxi(m dejpoitrine avec suppression menstruelle antérieure au développement de la phle|;masie ; eh bien , dans ce cas, mieux vaut sai^r du pied que du bras, parce que, par la saignée du pied, on remplit deux indications, à savoir : chercher h rétablir l'écoulement périodique; produire un efl'et révulsif qui s'oppose à la fluxion du sang sur le point enflammé.

Autrefois, on était dans l'usage, pendant

aue le sang coule, de frictionner I endroit ouioureui de la poitrine, et de faire faire au malade de grands efforts d'inspiration, soit en l'invitant à tousser, et môme en présentant des stemutatoires sous le nez. Nous ne voyons pas trop l'utilité de ces manœuvres, et nous les citons cependant, parce que Grimaud a déclaré qu'elles sont absolument nécessaires pour déterminer l'écoulement du sang, auquel la violence du spasme semble s'opposftr, ainsi que le prouve, dit-il, une observation de Tulpius.

Ici se présente une nouvelle question : doit-on saigner la femme atteinte de fluxion de poitrine, si les menstrues apparaissent pendant sa durée ? Sennert conseillait d'attendre que l'écoulement fût bien établi, avancé môme, pour voir si la quantité de sang évacuée ne suffira pas pour diminuer, et môme pour enlever entièrement la douleur. Nous avons suivi son conseil, et nous nous en sommes applaudi ; cependant nous croyons avec Lamotte que, dans les cas graves, quand la douleur et la difficulté de respirer sont extrêmes, on peut (on doit même) saiener dans le temps de l'écoulement des règles , mais alors on saignera au bras du côté de la douleur.

Quant aux saignées locales, elles ne conviennent guère que lorsqu'on craint qu'une saignée générale n'affaiblisse trop le malade, ou bien quand la maladie est avancée et qu'on veut dégorger la partie souffrante, congestionnée. A cette époque, elles servent très-avantageusement à Tavoriser la résolution de l'inflammation , tout comme elles Î)euvent être utiles, dans le principe, nous e répétons, .quand on a à redouter les effets de la saignée générale ; mais il est bien entendu qii on n applique les sangsues ou les ventouses sur le point douloureux, que tout autant qu'il n'y a ni suppression mensuelle, ni du flux bémorrhoïdal .

Autre question : doit-on répéter la saignée tant oue le sang présente la couenne dite pfeurelique T signe manifeste, au dire de la î>iupart des médecins, de la persistance de rintlammation. Nous biftmons cette conduite,

STi

PNEGMOKIR

PNCUMOMC

r{ue nous avons vu tenir à des hoaimes IrèsreGommandables, parce que )a coueDDe ]^eu* rétique s*e$t rencontrée chez tous les Suisses bieo portants que Saroone a eu occasion de saigaev, et que Van-BwieteD, de Haen, etc.» ont fait la même observation sur d'autres individus jouissant, eux aussi, d'une bonne santé. Naus la blÂmons encore, parce que la con&îslaDoe du caillot varie selon Touverture do la veine» la vitesse avec laquelle le sang ceoiia, la forcae et la qualité du vase qui le re£oitt et Vendroil où il est exposé ; et enGn parce qa aq a vu quelquefois la eouenne iif se fermer qu'à la seconde saignée.

.Uq autre motif qui nous fait blâmer ces médecins de trop répéter les saignées» c'est que j'attribue à 1 aSaiblissecnant qu'elles procurent les eoavale^c^aea longues et pénibjés que nous avons observées dans leur pratique.

C'est «QQime quand on nous conseille de saii^ner coup sur coup afia de foire avorter rindammation* )e n'ai suivi ce conseil qu'une seule fois, la iluxicade pckitrine a été ggérie immédiatement; mais j'eus ^ lutter en&uilQ contre une fièvre ad^namique grave qui fut fort longue et mit (es jours du malade en danger. C'est pourquoi nous préférons, depuis celte époqqQ, faire des saiguées mQdérées, et les répéter plus ou moins, plu- {i{ que de tirer une trop grande quantité de sang à la fqis^ Cette règle doit être surtout observ*ée chez les individus qui ont beaucoup d'embonpoint : che^ eux, il faut désepfû^'ir les vaiss^^aux avec beaucoup de ménagement, Q(in d'éviter Vhydropisie de poitrine, qui PQUt élrQ déterminée par des évacuations trop multipliées.

||ai^ il pj^ sgmt pas d'enlevor une quantité pjus ou moin^ considérable de sang , il faut eucoreep modérer l'activité, avons-nous dit, ppr uA régime antiphlogistique. Ajoutons q)XQ ^i la maison est froide , la température de l'appartement devra être élevée à un degré convenable , et le malade couché dans son lit, QÙ. il sera modérément couvert. QueViue^ praticiens conseillent, et c'est un cQnseil \ suivre, d'exposer dans sa chambre des vases contenant des décoctions de plantQs émollieutes en ébullition, parce uue la vapeur chaude et humide qui s'en élève et se répand dans l'air que le pneumonique respire, calme Tirri talion et relâche les tissus entlammés. Les tisanes émollieutes et, ie^ lochs béchiqucs entretiendront Te^^pecr tofdtion : citons quelques formules.

I^och simple. Pr. : Se sirop d*alth«a ..« 3Q grammes. — E^u de fleuri d'prapger ... 3Qiii. -- Comme ari^bique ... 15 grammes. — Ç^i^ de tilleul ou de laitue ... t^O grammes. — % Do^e, uup cuHler^^ cj^h^u^e en heure.

ÛuajK) qn veut '^ir^ ^^ ^9fiM t)^Pc,^ on pili) quelques semences de (pelptl» Qu d|e 9qi|/combr0yOi|()ec^tcqiitlLQ, dépouillée^ del^Lir ef)i(eioppe; ou aï] (\é\8^e ïj^ b^tç dans qu^^re a^ces d'eau. Qjà, cMi{k au ciw et en sub;$litu^ ce liquiao û l'eau de iil)pul.

Ce n\*§t pas tout que de ^:mor des lo^hs.

il faut eneore, si le malade est constipé, pttH voquer une selle avec un lavement ÂmollW tièue, ou composé avec du lait sucré, qu'an administre le soir, selon Sydenham. En ou* tre, quand la réaetion est tombée, que la fièvre est lé^re, si le malade est tourmeaté par l'insomnie, oa ajoute au looh on quart de grain de sulfate de morphine , ûo Toa substitue le sirop de diacode au sârop d'altfa«a, qui est moins actif. Toutefois, il faoi prendre garde de ne pas donner des narootiques tant que la maladie est dans sa vigueur, car le malade étant assoupi , il courrait la risque d'être suffoqué par l'abondaDce de l'expectoration. Il est donc des circonstances où l'insomnie est, pour ainsi dire, néeessaire.

Remarquons encore qu'il survient ioqveot, dans les oommencements de la mala* die, une diarrhée qui affaiblit beaucoup la malade» et peut, h la longue, ameuar la aappression de l'expectoratiou. Si Ton juge que celle-ci soit nécessaire, on arrête alors le dévoiement à l'aide d*UQ lavement cqbb^ avec la graine de lin et uue tète de aavot, ou cinq gouttes de laudanum liquide de Stdenham, et, s'il ne suffit pas, on se sert de moveqs plus énergiques, roy. DuaBnia.

Voilà, en pomme, le traitement qui eeiH vient dans la pneumonie Inflaaunatoira.

Quand elle QSt unie à l'état bilieux, ce que \es symptômes indiquent» on attaque d'abord la maladie comme si Ton n'avait a combatuv) que les éléments inflammatoibb et ai|iii;i cQMBiNÉs (Y^y, ces mots) ; et quand, par les 3ntiphIogistiques, on a modéré la Qèvie ei la fluxion sanguinq qui se fait sur le poumon, Qo évacue les m&Uéres bilieuses par le haut et par le bas d'abord ; et puis, i la fin, lorsque l'expectoration est tarie, os répète remploi des purgatifs.

Une précaution indispensable à prondre, c'est de ne pas les administrer trop I6t, car ils peuvent supprime? l'expectoratioa, ce qui amène des accidents fâcheux. Sîi pareille chose arrivait , il faudrait recourir de suite aux vésicatoiresau ^rasdes jambes, aux b^^$^ et, s'ils qe rétablissaient pas la libre sortie des crachats, on eu placerait un très-graad sur le point douloureux. Le& crachais rétablis , on aide leur excrétioti avec riufusion suivante :

Pr. : D*ipécacu§nba en poudre ... dii grains. — ^au bouillante ... sii^ opccs. — F. . infuser, coulez et édulcorcz avec sirop ^c gomme adragant ... S. Q,

Dose : Une cuillerée de ()eux en detix ou de trois en trois heures.

Enfin, sous une constitution mv^qMeqseou catarrhale, le poumon peut égaleipeût s[eQ* flammer. Dans \^ premier cas, qqi constitue la fluxion de poitrine m^^^n^ o^ 'pituiteus^« 00 ss|igqe peu, qn émétlse qne fois Qti d$^ au début, Qt on ea yij^nt. au gli^ tj($t aui Tésicaioires^. Qiiaiit aqrégimq, i} (joit ^^ moin^ s^yèrq que (|aAs lies nneumonius. iofiammatojre ou mlieuse^ ^t ^u^a.urs eo rap* port avec Tétai doj^ jb/ces.

Dans le second cas, que nous nommeroos

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