‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 159 sur 209 · POISONS · texte numérisé non relu

POISONS

poeumonie catarrhale ou catarrhe pulmonoire ^ c*est d'après la réaction fil^brile quMi bulse^uider: si elle manque, les excitants sudorifiques font avorter rintlammation et dissipent la douleur. Nous avons vu produire cet effet au punch , au vin chaud , comme boisson sudorifique, à Tinfusion des fleurs de sureau et de tilleul, etc.; mais c'est surtout à réraélique à titre de vomitif qa*il faut avoir recours dans ces circonstances. Puis viennent les vésicatoires sur le point douloureux, les lochs simples ou kermétises, i'oiymel simple, l'infusion d'ipécacuanha, etc. Yoy. ëlémkiit càtarrhal.

Bref, en toute circonstance, c'est la maladie r^ocomitante qui doit iiter spécialement Tattention du praticien, Tinflammation ne iournissant qu'une indication secondaire. Et pourtant, nous je répétons, l'expectoratiOD doit être surveillée avec soin , attendu qu'elle est une crise locale indispensable à la résolution complète.

Une nouvelle et dernière preuve de la nécessité de s'occuper, avant toute chose, de la maladie concomitante se trouve dans le fait suivant , assez curieux pour être rapporté.

Le sieur Caries, maçon. Agé de cinquante ans environ, d'un tempérament sanguin, au teint coloré , nous tit appeler, le 10 avril 1835, nour lui donner des soins. Exposé la veille à un froid humide assez vif, il éprouva, dès le soir même, de légers frissons, des lassitudes, de la courbature, et, dans la nuit, un point de côté qui l'empôcha de fermer l'œil. Bientôt la toux survint; elle s'accompagna d'abord d'une expectoration séreuse, mais en quelques heures, les crachats présentèrent quelques stries de sanç, et puis furent presque entièremeni sanguinolents.

Rendu chez le malade dans la matinée , nous le trouvâmes couché sur le dos, cette position étant pour lui la plus avantageuse, et la douleur augmentant par le plus petit mouvement. La flgure était animée ; la chaleur de la peau plus élevée que dans l'état naturel, sans pourtant qu'elle fût brûlante. Le pouls était petit et ses battements précipités; l'appétit restait conservé, la langue nette, la soif supportable, et les autres fonctions dans l'état normal, moins cependant la respiration, qui était courte et élevée, l'inspiration augmentant la douleur ainsi que la toux. La percussion rendait un son mat, et l'on s'assurait, par le stéthoscope , de l'absenr« du bruit respiratoire dans le lieu affecté. Nous avions donc à combattre une pleuro-nneumonie.

Les forces radicales {Voy, Forces) nous paraissant en très-mauvais état, et pour ainsi dite épuisées, soit par les travaux pénibles auxquels Caries se livrait journellement, soit par son genre de vie, qui n'était pas trèsconfortable , nous renonçâmes à la saignée et fîmes appliquer quinze sangsues sur le siège de la douleur, ordonnant qu'on laissât couler les piqûres et qu'on les recouvrit d'un cataplasme émollicnt : le malade fut en

DiCTSONN. DE MrnpciNE.

outre soumis à un régime sévère : tisane d'orge miellée , crèmes de riz légères, et bouillons maigres.

Le soir, les symptômes fébriles étaient moindres, le point de côté moins vif, et pourtant il y avait toujours beaucoup de sang dans les crachats.

Le onze, au matin, tout étant comme la veille, sauf l'expectoration qui était moins sanguinolente, nous prescrivîmes les mêmes moyens. Bans l'après-midi , après quelques légers frissons que le malade ressentit, principalement dans la longueur de l'épine dorsale, la douleur devint plus forte, la soif Ï)lus vive, la température du corps s'éleva et 'expectoration sanguine fut plus abondante; une sueur chaude et générale, mais peu copieuse, termina la scène, après quoi tout, rentra dans le même état que la veille au matin.

Le douze, à sept heures du matin, Carlos nous montra plusieurs serviettes entièrement couvertes de crachats sanguinolents qu'il avait expectorés pendant le redoublement et une partie de la nuit ; néanmoins, son état n'avait point empiré. Faisant alors une revue rétrospective de tout ce qui s'était passé, nous pensâmes çiu'au lieu d'une véritable pleuro-pneumonie, c'était une fièvre pernicieuse pneumonique que nous avions à traiter, et nous prescrivîmes l'administration immédiate de douze grains de sulfate de

Suinine, dissous dans une ou deux gouttes 'eau de Rabel et mêlés à 30 grammes de sirop de diacode ; le malade en prit la moitié à huit heures environ et l'autre moitié & dix heures.

Nous revîmes Caries h midi, il était dans le calme le plus parfait, le point décote avait entièrement disparu, et on ne remarquait plus le moindre filet de sang dans les crachats.

Tout se passa assez bienles jours suivants : mais lequinze,dans la journée, de nouveaux frissons s'étant fait sentir, le point de côté ayant reparu ainsi que l'expectoration san- Kuine, nous prescrivîmefs une nouvelle dose de quinine, qui décida la guérison. Caries, dès ce jour, entra en convalescence ; elle lut courte et rien ne la troubla.

Les faits tie cette nature ne sont pas rares, car nous en avons observé plusieurs dans notre pratique : traités de la même manière, ils l'ont toujours été avec les mêmes succès; ce qui fait que dans toute fiuxion de poitrine, sitôt qu'il y a une exacerbation ou une rémission manifeste, je n'hésite pas d'employer le sulfate de quinine, préférant l'incoiivénient d'avoir provoqué l'exaspération des symptômes, si je me tromnais, chose h laquelle on peut reméiier, à la douleur de voir péilrmon mal:ide du troisième au quatrième jour, malheur auquel on ne remédie jamais.

PODAGRE. Voy. Goutte.

POISONS, s. m., venenum^ toxicum^ ro^txôv. — C*est le nom générique que l'on a donné h toute substance qui, introduite par absorption ou autrement dans l'économie animale.

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