AIR
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que au-dessus d*une partie quelconque tie la surface de la terre divisée en couches îiorizoulalcs inQniment minces, et chacune do <!0S couches pressée par le poids de toutes celles qui sont au-dessus d'elles; la pression supérieure se transmettant à toutes celfes
- qui sont au-dessous, il devra en résulter par conséquent, que la densité des couches et leur force élastique allant en décroissant à partir de la surface de la ten*e, l'air sera si rare, si léger & une certaine élévation audessus du niveau de la mer, que sa pression extérieure n'étjuilibrant plus la pression intérieure exercée pari air, des hé-
. morragies et surtout des hémoptysies se manifesteront. Ce n'est pas que l'iiomme ne puisse vivre dans un air très-raréfié, puisque Cuença et Quito, situés à 1600' toises au-dessus du niveau dé la mer, sont habités ; puisque les observateurs envoyés pour mesurer la terre sous Téquateur ont vécu longtemps sur la crôte du mont Pinchincha, qui s 2471 toises et demie de hauteur au-dessus du niveau de la mer; mais cela n'empêche pas, et c'est une règle générale, que les individus qui veulent atteindre le sommet des monts les plus élevés éprouvent, lorsqu'ils sont parvenus à une certaine hauteur, des vertiges, des nausées, des hémorrai^ies, de la faiblesse» un malaise universel qui les oblige à rétrograder. Il est vrai qu'à cette hauteur Tair est non-seulement très-rare, mais encore qu'il est très-froid, et l'on sait que si Tair modérément froid diminue le voluuie du corps, stimule les organes, augmente leur énergie tout en diminuant la transpiration cutanée, l'air excessivement froid, lorsqu^il parvient à vaincre la résistance vitale que le calorique interne entretenu par le mouvement, certaines boissons, etc., opposent à son intensité frigorifique, rend l'homme grelottant, frissonnant, si roide, si gêné dans ses mouvements, si accablé, qu'if résiste à peine, ou ne peut absolument résister à uneiorce invincible qui l'invite au repos. S'il succombe, le froiddes extrémités gagnant ler tronc, la peau se durcit, devient violette, ïes capillaires sont frappés d'une stupeur profonde, les membres s engourdissent; bientôt le sommeil succède à cet engourdissement, la respiration se ralentit, le pouls disparaît et l'individu meurt dans cette espèrce de sommeil produit par la congélation^ Disons, en passant, que cette mort est douce, sans souffrance, et qu'après avoir combattu contre la sensation nénible du froid, l'homme se plonge dans le sommeil éternel delà mort sans lutte et sans agonie ; qu'il peut rester engourdi plusieurs jours ))ar le froid sans perdre la vie, qui est pour ainsi dire suspendue; que l'action destructive du froid ne porte quelquefois que sur les doigts du pied ou de la main qui tombent en gangrène sans que les autres parties du corps aient souffert, etc.; afin que si le hasard conduisait jamais ceux qui nous liroui, et qui ne savent pas que Tindividu qui sentie besoin de dormir, meurt s'il s'arrClc, ils usent de toute la force de leur vo-
lonté et de leur inflaeice sur l'esprit de leurs compagnons pour les faire rétrograder et renoncer à leur périlleuse entreprise, sitôt que le besoin do repns se ferait sentir. Et si le malheur voulait qu'un voyageur égaré dans les neiges fût trouvé gisant et sans vie , il faudrait aFors, les fonctions suspendues commençant toujours par se rétablir du centre à la circonférence, commencer par faire des frictions excitantes sur la région du cœur et des poumons, après avoir préalablement couvert les extrémités de neige ou de compresses trempées dans l'eau froide, précaution essentielle, indispensable; car, quand on excite trop promptement les extrémités engourdies, la vie peut s'éteindre localement, faute d'ôlre en coramunicatîou avec les organes du centre, dont l'activilé vitale est encore suspendue.
Mais si le froid resserre et rétrécit les corps, s'il en augmente la cohésion, les rend fort roides, diminue considérablement le mouvement de leurs fluides, et peu à peu les coagule et Tes gèle ; au contraire, l'air chaud étend et dilate les corps les plus durs, eu affaiblissant la cohérence et la liaison de leurs parties, et met les fluides dans un plus grand mouvement. De là les sueurs abondantes, la soif, la diminution des urines, dont la quantité va toujours décroissant à mesure qu'on transpire davantage; l'augmentation de la sécrétion biliaire, la perle de l'appétit, l'affaiblissement et l'anéantissement des forces, Texaltation de la sensibililé et de l'irritabilité nerveuse, etc. Cela étant, il n'est pas difficile de concevoir comment, avec une prédisposition pareille, les habitants de l'iliç Bourbon (Afrique) ou des Barbades (Amérique) sont saisis de convulsions après les moindres blessures; pourquoi les sujets faibles et délicats souffrent beaucoup des chaleurs, dans nos pays méridionaux; pourquoi les maladies bilieuses, les fièvres de môme nature, etc., y régnent si fréquemment, etc.
Les qualités physiques de l'air ne varient pas seulement par leur température, ce fluide présente encore des différences notables touchant sa sécheresse ou la quan; tité plus ou moins considérable d'humidité dont il est chargé. Dans le premier cas, alors que l'air est froid et sec, il passe généralement pour très-sain y parce qu'il est trèsélastique; aussi a-t-on remarqué qu'il donne de l'asilitéaux membres et répand la gaieté dans l'âme; voilà pourquoi il convient aux mélancoliques et auxhypocondriaques : mais comme tout a son inauvais côté, l'air froid et sec occasionne des maladies inflammatoires, chez les siyets forts et robustes surtout, parce que le sang s'épaissit sous son influence sans rien perdre, du moins d'une manière sensible, de son mouvement. Au contraire, quand l'air est froid et humide, il produit les mômes effets, quoique d'une manière moins prononcée, que la chaleur sans humidité ; c'est-à-dire que le relâchement sera moins considérable, et que les fluides n'étant plus comprimés et forcés par leur résistance na-
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