PURGATIFS
npivfoitov-SiXyoct (Jouleur faciale. — Il esl synonyme de tic douloureux^ Névralgie de là FACE. Voy. ce mot.
PROSTRATION, s. f , prostrcUio. — Appliqué à rétude des forces vitales et à la désignation de leur état, le mot prostration, prostralio virium^ indioue l'absence complète ou privation des lorces radicales , et |)ar conséquent une grande faiblesse. Voy.
ÀDTIViMlE.
PRURIT, s. m., pruritus^ démangeaison à la peau. — Cette sensation n'est, généralement parlant, qu'un symptôme des maladies exanthématiques, dont le traitement doit lui ^ire applique. Disons toutefois qu'elle peut également exister seule, et acquérir un tel degré de violence et d'opiniâtreté, qu'elle ne laisse pas un instant de repos. Dans ce cas, par 1 agitation continuelle et l'insomnie qu'elle produit, elle peut constituer une vérilable maladie qui n'est pas sans danger, puisqu'elle peut amener un amaigrissement
excessif et la mort : c*est rare, mais on Ta
vu.
Traitement, Pour dissiper le prurit, il faut nécessairement que les moyens prescrits soient appropriés à la maladie dont le prurit est le symptôme ; mais s'il existe seul, le meilleur remède à mettre en usage pour l'apaiser, c*est le bain tiède, notamment le bain de vapeur. L*application fréquente des ventouses, et les eiutoires sont conseillés si le bain ne guérit pas.
A propos de prurit, nous devons faire observer que les femmes qui sont restées longtemps dans le célibat, les jeunes veuves, les personnes mal menstruées, éprouvent nssez communément aux parties génitales, principalement à la vulve, des démangeaisons fort pénibles à endurer, qui le.s fati* Kueni beaucoup et qu'on ne guérit pas facilement.
Eloigner la cause, quand il y a'congestion menstruelle ou hémorrhoïdafe ; enlever les ascarides, si par hasard il s'en était glissé dans la vulve ; lotionner ces parties avec de l'huile pour asphyxier ces insectes : voilà en quoi consiste le traitement. Les lotions ' ^^s parties génitales avec une eau chargée de savon à l'huile de coco, ou avec une faible dissolution de sublimé dans l'eau de roses, sont fort utiles.
PSOITIS, s. f., psoitiSf inflammation du psoas. — On reconnaît que le psoas est enflammé à une douleur à la région lombaire, s'étendant vers le dos, la hanche et la cuisse; douleur qui augmente soit lorsque le malade veut se soulever ou se retourner dans son lit, soit lorsqu'il veut allonger ou fléchir la cuisse. Et comme le siège du mal est profond, il est rare que le gonflement ou la ten- ^}on inflammatoire devienne manifeste à J'exlérieur : ce qui fait que l'on confondrait la psoïte avec la néphrite, si celle-ci ne s'accompagnait de dimcultés d'uriner et de constipation.
Existant plus fréquemment h l'état chronique qu'à l'étataigu, et quoique non habituelle- Hieni mortelle par elle-même, l'inflammation
du psoas entraîne souvent des suites graves et la mort même, le pus que le tissu enflammé fournit, quand la maladie se termine par suppuration, pouvant s'épancher spontanément dans le bas-ventre. Heureusement que c'est fort rare ; mais ce qui ne l'est pas, c est que le pus fuse par le bas et produit des abcès par congestion.
Le siège et la continuité des douleurs qui ont précédé la formation de l'abcès mettent facilement sur la voie de la nature et de la cause de ce dernier ; et quant au psoïtis, on découvre généralement qu'il est de nature rhumatismale, quoique cependant il puisse être déterminé par des lésions physiques externes (coups, chutes, efl'ortS musculaires ) sur la région lombaire, par une congestion hémorrhoïdale, etc.
On le guérit en appliquant quelques sangsues, en usant des bains tièdes, du mercure à l'intérieur et en frictions, des vésicatoires, etc.; et s'il passe à l'état de suppuration, par l'ouverture de l'abcès. Yoy. Abcès PAR congestion.
PTYALISME, s. m., ptyalismus. Salivation abondante et presque continuelle. — Elle so montre assez souvent chez les individus oui usent des mercuriaux, et, dans ce cas, elle est symptoma tique des aphthes syphilitiques. Voy. Syphilis.
PURGATIFS, s. m. plur., purgativui, de puraarey purifier. Au singulier» purgatif est le nom générique que l'on a donné aux médicaments qui déterminent des évacuations intestinales.
Suivant leur degré d'activité, on a distingué les purgatifs en laxatifs ou minoratifs^ c'est-à-dire en médicaments qui déterminent la purgalion sans irriter (manne, casse, magnésie , etc. ) ; et catartiques , pu qui agissent plus fortement que les précédents (sels d'epsom, de Glaubert, etc.); et endrostiquesy ou qui sont très-énergiques. On conçoit que la nature du mal, le tempérament et l'âge du sujet doivent déterminer le praticien dans le choix qu*il a à faire de telle classe plutôt que de telle autre.
Ayant donné dansdifl'érents articles, parci par-!à, les formules les plus usitées de ces trois classes de purgatifs, nous allons en donner quelques autres non moins usitées, mais qui n'ont pas encore trouvé place dans nos colonnes.
* Pilules (TAnderson, Pr. : Gomme--gutte et aloès succotrin... de chaque, deux gros. — Huile volatile d'anis... trente gouttes. — Sirop simple... Q. S. pour F. S. A. des pilules de quatre grains.
Elles purgent a la dose de trois à quatre. Quand on ne veut que se tenir le ventre libre, on en prend une seule le soir en se couchant.
Potion drastique de Lamure, Pr. : Séné mondé, trochisques d'agaric, turbith gommeux... de chaque, un gros. — Cannelle en poudre... douze grains. — Crème de tartre... quinze grains. — F. infuser pendant douze heures dans six onces d'eau bouillante ei
QUASSIA
QUASSIA
Wk
bUroz. Ajoutez : Sirop de oerprun... une once.
On l'emploie comme un bon purgatif dans les différentes hjdropisies.
Poudre de longue rtc, ou thé de Saint-^Germain. Pr. : Semences d'anis et bois de bétel.. . une livre, santal blanc et santal rouge... de chaque, une livre et demie. — Semences de pourpier... deux livres. — Séné... une livre. — F. S. A. une poudre.
Elle est purgative et tonique prise depuis dix grains jusqu'à demi-gros, dans une cuillerée de vin.
Limonade anglaise. Pr. : Crème de tartre... une once. — Borax, vingt grains. — Sucre râpé... quatre onces. - - F. dissoudre dans trois ou quatre verres d'eau, à prendre un verre de demi-heure en demi-heure.
PUSTULE MALIGNE, s. f.— C'est le nom vulgaire de l'anthrax, ou charbon malin.
Il consiste dans la phlegmasie gangré* neuse de la peau et du tissu cellulaire sousjacent, produite par l'application immédiate d'un principe virulent particulier provenant des animaux, et se manifeste sous la forme d^une vésicule séreuse à base livide, bleu&tre ou noirâtre, placée sur une tumeur circonscrite, dure et entourée à sa base de phjrctènes remplies elles-mêmes d'une sérosité roussâtre. Ces pustules, dont le siège le plus fréquent est à la nuque et entre les épaules, sont assez communément symptomatiques de la fièvre ataxique ou ataxoadynamique, et mettent la vie du malade en danger, les parties internes ne tardant pas à participer elles-mêmes de l'inflammation
gangreneuse de la peau, qui semble se propager du lieu oùt elle s*est manifestée \ IV ganisme tout entier.
Le premier remède à employer dans cette affection, c'est un vomitif et les antiseptiques ou médicaments employés contre TA- DYNAMiE (Foy. ce mot), et non, comme on le dit, contre la putridité ; puis ou a recours au traitement local, qui consiste dans l'incision cruciale de la vésicule, poussée jusqu'au vif, et la cautérisation. Quand la maladie est légère, il suflit souvent de quelaues scarifications et de fomentations avec 1 eau chlorurée.
PUTRIDE, adj., putridus^ pourri, corrompu : nom que les anciens donnaient à la dissolution ou à la corruption des humeurs. Pinel a très-improprement accolé cet adjectif au mot Fièvre, pour en former sa classe de fièvres adynamiques ou putrides. % Adtnamib, Bilieux (e/^men^).
PUTRIDITÉ, s. f., putridttas. - Même remarque que pour le mot Putride.
PYOGÉNIE, s. f., pyogenia, de jrûo» yht;\(i génération du pus.
PYROSIS, s. f., de nvp, feu : vulgairement, fer chaud. — 11 est synonyme de Soda. Foy. ce mot.
PYURIE, s.f., pyuno,deirOov «O^i», j'urine le pus. — Elle consiste dans l'éjection d'une matière purulente mêlée aux urines, et se montre communément comme symplomatique de l'inflammation des reins ou -de la vessie. On Ta vue quelquefois aussi sertir de crise à une phlegmasie pulmonaire.
QUARTE, adj. f., febris ^uartana.- Tel est le nom que les anciens avaient adopté, et qui a été conservé par les modernes, pour désigner une lièvre dont les accès reviennent tous les quatre jours inclusivement. II y a donc deux jours d'intervalle entre les accès. S'il en est autrement, c'est-à-dire si les accès reviennent pendant deux jours de suite, et ne laissent liWe que le troisième jour, alors la fièvre est dite douMe quarte^ et tri-^ pie quarte quand les accès ont lieu tous les jours, mais de manière que l'accès du pre* mier jour répond à Taccès du troisième, et l'accès du second jour à l'accès du Quatrième, etc« On a bien donné encore d autres dénominations à la fièvre quarte, mats elles sont sans aucune importance théorique etoratique,
QUAsSIA, s, m., quasêia^ genre de plantes de la décandrie monogynie, L.;de la famille des magnaliers, J« -- On en compte deux espèces qui sont employées en médecine ; le quassia amara, amer, qui croit spontanément à Surinam, et se plaît sur les bords des fleuires, dans les lieux tempérés et abrités ; et le quassia simarouba^ arbre de l'Amérique méridionale, et qui a joui d'une très-grande vogue, parce qu'il futaduiiuistré avec beau-
coup d'avantage dans la dyssenterie épidémigue qui régna en France en 1718.
Tout ce qu^n dit des propriétés pbpiques du quassia amara, c'est qu'il est d'une extrême amertume, et qu'à très-haute dose il cause des vertiges et des vomissements. • Tout ce qu'on sait du quassia simarovba, c*est qu'il est amer comme le précédent, mais qu'il en diffère en ce qu'il contient de l'acide gallique et du tannin, alors que Taotre n'eu contient pas.
Reste que l'expérience ayant constaté que le quassia, malgré son amertume, n'est pas très-échauffanl, on peut donc l'employer comme stomachique, et si on voulait en modérer l'activité, il suffira de faire boire, pajdessus la prise de quassia, un verre d'eau de poulet, comme Barthez l'a pratiqué plusieu^ ibis avec avantage. On lui a attribué a«-^^ des propriétés fébrifuges, mais il les ^^ sède à un si faible degré, qu'on a renoncé a s'en servir : enfin certains médecins le ^^ tent également comme autiscrofùleui.
Quant au quassia simarouba, malgré son efficacité dans la dyssenterie, dont il > déjà été fait mention, malgré les élog?^ qu'en ont fait plusieurs praticiens irès-estimés du dernier siècle, on ne s'en stn
QIINQUIXA
QUINQUINA
guère plus aujourd'hui. Toulefois, nous ferons remarquer , en passant , que ses
Eropriétés anlidyssentériques pourraient ien tenir aux propriétés vomitives dont il jouit évidemment» comme Tonl démontré les expériences de Desbois de Hocliefoit, de Bichat, etc., qui rangent la poudie de simarouba parmi les substances émétiques.
Dans tous les cas, toutes les fois qu'on veut se servir de Tun ou de l'autre, ou de tous les deux, à titre de stomachique, de toliigue, etc., il faut employer soit l'infusion à froid (macération) d'un demi-Kros à un gros de quassia concassé dans un kilogram. d'eau, ou il doit rester pendant douze heures avant d*être bu, par doses d'une once ; soit l'infusion à chaud, dans laquelle il suffit de laisser une heure seulement le sima-rouba avant de le couler.
On prépare aussi une teinture de qiHissia en laissant digérer trente-deux grammes de poudre de quassia dans cent quatre-vingtdouze grammes d'esprit de vin. La dose en est de trente gouttes dans un véhicule approprié à la nature de la maladie.
La noudre de simarouba s'administre à la dose ae trente à trente-six grains par jour, divisés h cinq ou six prises égales, et convenablement espacées. Sa décoction et son infusion se préparent avec deux gros d'é- Corée concassée pour deux livres d'eau, et suivant les mêmes procédés que pour l'infusion du quassia amara. |j;ile se donne aux mêmes dos-es.
QUINQUINA^ s. m., ctitcAona ; genre de plantes de la pentendrie monogjnie, L.; famille des rubiacées, J. — Ce genre compte UD très-grand nombre d'espèces qui sont toutes ou des arbres ou des arbrisseaux, cultivés la plupart dans l'Amérique méridionale ; mais celles qu'on emploie de préférence en médecine sont plus particulièrement connues sous le nom générique d*EcoBCBS DU PÉROU, cortcx peruviafiuSf kina kina des pharmacologues. C'est-à-dire que, d'après Thompson, les soixante espèces environ d'écorces de quinquina connues, sont formées en quatre groupes sous les noms de i* quinquina gris: 2"* quinquina jaune; ^ quinquina rouge; &"* quinquina orangé.
Voici, en général, les caractères que Ton a assignés à chacun d'eux.
i* Quinquina gris ou 6rtin, de Loxa, ctnchona officinaliSf L., cinchona condaminea. Son caractère distinctif est fondé sur la forme de ses écorces grisâtres eu dehors, rougefttres en dedans, fines, roulées, d'une saveur amère franche.
^ Quinquina jaune, cinchona eordifolia^ pubeseen$9 microcaniha. Il croit sur les monlagoes froides et élevées du Pérou, et se reconnaît à la teinte iaune rougeâtre de ses écorces, qui sont plates, ont un grand volume et beaucoup d'épaisseur. Leur texture ^st Qbreuse et la saveur amère quand on la mftche, mais elle ne laisse aucune astriction i la langue ni au gosier.
On distingue trois espèces de quinquinas
JAUNK8 : le quinquina calysaya ou jaune royale qni est fourni, dit-on, par le cinchona lancifolia; ]e jaune carthagine^ tonmi par le cinchona olivafolia , et le quinquina rof/alf ou écorces choisies des cinchonas lanctfo^ lia et ovalifolia,
3* Quinquina kqhù^j cinchona oblongifotia^ magnifolia^ que l'on recoqnaît aisément à la sunace interne de son écorce, qui est d'une couleur rougeâtre, bien plus foncée quand elle est mouillée, et cependant moins amère et plus astringente que les précédentes.
4* Le quinquina orangé, cinchona tunita^ lancifolia^ nitida^ qui ressemble tellement au quinquina jaune, qu'il faut nécessairement les pulvériser et comparer les poudres; alors la couleur fauve ou jaune de miel de l'un d'eux en décèle l'espèce ; en outre, le quinquina jaune n'imprime pas seulement à la langue une saveur amère, mais il est d'un goût aromatique très-manifeste, sans pour cela être très-astringent; au contraire, il l'est très-peu.
Analyses de quinquinas. Sans entrer dans des détails superflus, nous ferons observer u'en 1820 MM. Pelletier et Caventou, guiés par les recherches de Gomes et de Reuss,
{)arvinrent à isoler des écorces de quinquina a quinine et la cincbonine, découverte qui a rendu et rend journellement de bien grands services à la médecine, les expériences ayant prouvé que, dans ces deux alcaloïdes, et surtout dans le sulfate de quinine, réside la propriété antipériodique du quinquina. La possède-t-elle a un degré supérieur à celle du quinquina en substance ? Quelques praticiens, et M. Golfin est do ce nombre, répondent par la négative, assurant qu'en outre du sulfate de quinine il y a encore dans les quinquinas d'autres principes fébrifuges* très-actifs, qui ne se mêlent pas à ce sel.
On pourrait peut-être dire du quinquina et du sulfate de quinine ce qu'on dit des eaux minérales naturelles et arlificielles. Ces dernières ont sans doute les mêmes propriétés que les autres, mais comme on n a pu analyser exactement les eaux minérales naturelles, il en résuite que celles que l'on compose ont un moindre degré d'activité. Ce n'est pas que leur action sur l'économie^ tout comme l'action du sulfate de quinine contre les fièvres, ne soient assez constantes pour qu'on doive en user avec confiance ; mais qu'est-ce que cela prouve? Le plus Çrand ae tous les avantages qui parlent en laveur de la quinine, c'est qu'on évite aux malades la répugnance qu'ils éprouvaient généralement à prendre le quinquina en poudre, et nous devons avouer que ce motif est seul assez puissant pour la préférer, dans les cas ordinaires.
Effets physiologiques du quinquina. Donné en substance et à petite dose, 1 ingestion du quinquina dans l'estomac, même à très-petite dose, cause un sentiment de chaleur incommode, de pesanteur et d'irritation dans/ ce viscère : quelquefois il est rejeté par le vomissement, d'autres fois il cause du dé-
QUiNQUiNA
QUINQUINA
voiement. Quand il est gardé, il survient parfois, quelques heures après son ingestion, des étourdissemenls, le bourdonnement des oreilles, des tintouins, des éblouissements, de la céphalalgie arec une sorte de trismus ou resserrement spasmodiquedes mâchoires. A la longue, il donne lieu à des douleurs d'estomac qui prennent, chez certaines personnes, une intensité remarquable. Partant, le quinquina ne saurait convenir aux personnes satiguines, irritables, chez qui la sensibilité de l'estomac est exaltée. Mais quels bienfaits n'en retire-l-on pas, au contraire, chez les individus faibles, cacochymes, scrofuleux, lymphatiques, chez lesquels les tissus manquent de ton, et qui, par conséquent, se trouvent dans des conditions organiques telles qu'il faut stimuler, exciter, tonifier, ce que le quinquina fait parfaitement. Ainsi, toutes les fois qu'il s'agit d'activer les fonctions digeslives qui languissent, de relever les forces, de changer le mode do vitalité de l'appareil gastro-intestinal le quinquina , comme amer et comme tonique, agit très-efficacement. J'ai eu tellement à me louer du vin de quin-
3uina,au Malaga, comme stomachique, d'une écoction d'écorce de quinquina mêlée au lait comme tonique, que je ne saurais trop recommander d'y avoir recours. Du reste, ma recommandation est d'accord avec l'expérience des plus grands praticiens, pour qui les amers en général et le quinquina en
f particulier sont très-utiles contre les scroules. Et par exemple, « Nous nous sommes borné ou quinquina, dit Bordeu ; nous le regardons comme un des stomachiques les plus puissants ; il n'a jamais manqué de redonuerde l'appétit, dodissinerles langueurs , d'estomac, et celte sorte de dévoiemcnt et de faiblesse oui arrive souvent aux écrouelleux. » D'ailleurs, le quinquina est un des amers qui étendent le plus leur action sur le sang et sur toute la machine. Les belles cures que Morton a faites avec ce remède, et qui le lui ont trop fait vanter, suffiraient pour établir ce que nous avançons,*si Ton ne savait, outre cela, les etfets surprenants qu^l a produits dans quelques cas de gangrène ; en mon particulier, je l'ai vu opérer des guérisons vraiment étonnantes. Mais pour nous renfermer dans la maladie que je viens de nommer, je déclare avoir souvent observé, comme je l'ai déjà dit, qu'il redonne de l'action au jeu de la respiration, ranime la vie et la gaieté chez le scrofuleux, et qu'il change, eu moins de temps qu'on ne saurait le croire, l'état de leurs ulcères, en leur donnant une consistance, une sensibilité habituellement nécessaire, ce que les baumes ne produisent point. Joignez à cela qu'il y a presque toi^jours, chez les écrouelleux, des espèces de redoublement de fièvre, de douleurs ou de tumeurs plus ou moins marqués, qui tiennent à la débilité de leur estomac, qu'il faut souvent relever avec certaines précautions, et vous reconnaîtrez que le quinquina doit parfaitement convenir.
De même, le quinquina est singulièremeut approprié, soit dans l'état de faiblesse qui suit les attaques de goutte (Barthez), soit dans le rhumatisme qu'accompagne l'affai* blissement nerveux de tout le système ; et à cette occasion, on peut répéter ce qu'en ont dit, trop généralement peut-être, Villis et autres, qu'il délivre non-seulement de l'attaque de rhumatisme, mais encore qu'il garantit de la rechute si on en continue longtemps l'usage. Remarquons toutefois qu'il ne faudrait pas trop se hâter d'en venir à l'administration de ce médicament dans ces sortes de cas, car si on le donnait avant la coction et les évacuations critiques qui
Suelquefois ne se déclarent que fort lard, fixerait la matière goutteuse, et empêcherait qu'elle pût être ensuite évacuée. Mais aussitôt que les évacuations critiques ont diminué notablement les douleurs, et que les rémissions de la fièvre sont deyenues plus longues, rien n'empêche qu'il ne soit donné.
En outre, lequinqu ina est lemeilleurmojen
3 uel'on puisse employer,soitdanslagangreae es poumons, maladie dans laquelle les meilleurs médecins l'ont employé avec succès, lors môme que l'hépatisation développée autour de l'escarre gangreneuse était fort étendue; soit dans l'angine gangreneuse, alors que la prostration des forces est très-prononcée, etc. Aussi un conseil généralement donné dans ces sortes de cas, c'est qu'il faut le prescrire dès le commencement, et à aussi haute dose que possible. Bruning assurait qu'il n'avait pas perdu un seul des malades qu*il avait traités de cette manière, pourvu qu'il eût été appelé à temps. Si l'état de la gorge le permet, il faut employer le quinquina en substance, à la dose de vingt à vingt-cinq grainSf qu'on étend dans quelque potion acidulée, et qu'on répèle fréquemment.
Huxham préférait la teinture de quinquina alexipharmaque, à lacjuelle il cioutait douze à quinze gouttes d'élixir vitrioiique. Ce remède, qui est antiseptique, et qui soutit nt les sueurs, est surtout utile lorsqu'on a lieu de présumer que la maladie a été contractée par voie de contagion.
Ce n'est pas tout, car si nous passons à unautreorare de maladies, les hémorrbagies
f)ar exem))le, nous voyons encore que toutes es fois que le fiux de sang s*accompagne d'atonie ou de ftiiblesse, les toniques généraux sont parfaitement indiqués, et qu'il convient, surtout dans les hémoptysies de cette espèce, derecourir au quinquina. Tou^ ceux qui ont un peu lu savent que Wagner a beaucoup recommandé cette pratique* et qu'il donnait, de deux en deux heures, tîd^ grains d'écorce du Pérou en substance dans les hémorrbagies pulmonaires. U faut bien que ses succès aient été bien marquants
f>our çiue ce praticien ait fait un précepte de 'administration du quinquina dans les cas de cette nature.
Somme toute, comme amer et tontine, le
! quinquina convient toutes les fois qu il y a aiblcsse stomacale et faiblesse graôralcj
QUINQUINA
QLINQUIISA
n'importe les accidents morbides qui accompagnent cette faiblesse ou qui en sont la conséouence.
Mais c*est moins comme tonique et amer que le quinquina a été employé; c'est sur* tout comme fébrifuge ou aniipériodique : il convient donc que nous nous arrêtions, un instant à l'examen du parti qu'on peut retirer de cette propriété.
A titre d*antipériodique, le auinquina convient, est indisr)ensable dans les Hèvres intermittentes et dans les fièvres rémittentes, quand on a détruit les complications; dans tous les cas de fièvre rémittente ou intermittente pernicieuse, aussitôt crue le caractère insidieux est reconnu (roy. Fièvres). II convient aussi dans les pnlogmasies ou inflammations viscérales ou autres, quand la fièvre consécutive affecte une marche irrégulière, c'est-à-dire lorsqu'elle quitte le type continu pour prendre le type rémittent ou intermittent. 11 convient encore dans les hémorrhagies périodiques sans fièvre, dont les exemples sont assez communs, et auxquels on ne fait peut-être pas aujourd'hui assez d'attention. II convient, en outre, dans certaines névroses ou névralgies non fébriles, marquées, elles aussi, par des retours plus ou moins réguliers et plus ou moins espacés : il convient enSn, toutes les fois
3ue les principaux symptômes d*une malaie affectent, dans leur réapparition, une sorte de périodicité bien manifeste ou larvée ; dans tous ces cas, la périodicité constituant le fond de la maladie, ou tout au moins une des complications les plus importantes, qu'il faut se h&ter de combattre.
El comme tout ce que nous avons dit du
Juinquina s'applique également au sulfate e quinine, à titre d antipériodique, s*entend, et non comme tonique, il ne nous reste plus, pour terminer ce que nous avions à mentionner du quinquina et de ses préparations, uu'à parler de son mode d'administration. A ce propos, les auteurs de thérapeutique se sont adressé plusieurs questions que nous réboudroiis avec eux.
T" Question. Faut-il donner le quinquina^ avant, pendant^ ou après Vaccès? Toujours quand Taccès est terminé, et le plus loin possible de l'accès à venir, afin que le médicament ait modifié l'organisme avant la nouvelle invasion fébrile. Si pourtant la fièvre i^tait quotidienne et que les accès se prolo!ijSeassent tellement (jue l'accès qui tinit se liât avec l'accès qui va venir, alors il faudrait donner le quinquina à la fin de la période de sueur, en deux doses très-rapprochées ; observant de donner toujours la plus forte dose la première et de bien espacer ou graduer les suivantes. Quand la fièvre est tierce et qu'on a un jour d'intervalle, il suffit de donner lequinquina en trois ou quatre doses pareilles le jour de l'apyrexie.
ir Question. A quelle époque de la maladie faut-il le donner? Cela est subordonné à la nature de la maladie ; car dans les fièvres rémittentes ou intermittentes simples, on P^ut attendre le septième accès, surtout si
chaque accès nouveau est moindre, la fièvre disparaissant assez souvent d'elle- mémo après celte époque. Si, au contraire, la fièvre est compliquée desaT)urres, il faut commencer par évacuer les premières et les secondes voies (faire vomir et purger), avant d'en venir au quinquina, les évacuants, tout en enlevant la cause matérielle, produisant une perturbation nerveuse, organique et vitale sufiisante Siour fixer la fièvre et en empêcher le retour, fais si les accès prennent la forme insidieuse, le quinquina doit être donné immédiatement après la rémission des symptômes, si la fièvre est rémittente ; sitôt que l'accès pernicieux est passé, si la fièvre est intermittente* dififérer d'un jour peut compromettre les jours du malade, attendu qu'il périra inévitablement au troisième accès.
III' Question. A quelles doses faut-il donner lequinquina? Autrefois on administrait la poudre de quinquina à la dose de huit ou douze grammes, dans les fièvres ordinaires, et s'il s y mêlait des symptômes graves, dangereux, on la portait à vingt-quatre et même a trente-deux grammes. Il est même des circonstances où on en administrait une plus gran Je quantité, mais ces f^its sont excessivement rares. Si l'on veut que le remède agisse plus sûrement, il faut fractionner cette dose en un peu moins de prises, et les donner très-rapprochées, afin que, l'effet de l'une maintenant l'effet de l'autre , leur activité s'augmente par la réunion de ces effets. Je ne parle pas de l'extrait de quinquina, car on ne l'emploie plus aujourd'hui. Et quant au sulfate de quinine, j'en donne habituellement de douze à quinze grains, et cette quantité m'a toujours suffi.
IV* Question. A quels intervalles les doses doivent-elles être répétées ? Tant que les accès de fièvre ne sont pas arrêtés, je donne les douze grains ou les quinze grains de sulfate de quinine en trois prises de deux en deux heures, aussitôt que l'accès est terminé ; je les rapproche davantage lorsque l'anvrexie est plus courte que six iieures. Quand l'accès ne paraît pas, je donne encore une nouvelle dose de quinine par précaution, et puis j'attends quelt[ues jours, les jours appelés paroxistiques, avant de donner de nouveau le quinquina : ainsi, dans une fièvre tierce qui aura été rebelle, la prudence veut que le sixième jour à dater du jour de la cessation des accès, on administre de nouveau douze ou quinze grains de sulfate de quinine. Il est d'autres praticiens qui préfèrent donner tous les jours, pendant quelques jours encore après la guerison, de petites doses de ce sulfate : nous ne désapprouvons pas cette méthode qui, elle aussi, a ses avantages et est calquée sur celle des anciens médecins.
y* Question. Par quelle voie faut-il faire pénétrer le quinquina? Ordinairement on le donne par la bouche ; cependant on peut le donner en lavement, le faire absorber par la peau à l'aide d'un vésicatoire que l'on ouvre ou du cautère que le malade porte (quand il en 'porte ui.-j ; dans quelques cas, je l'ai
RAUllTiS
RACHITiS
employé en pommade dans le creux de Taisselte, en frictions sous forme de teinlure à la partie interne des cuisses et des bras. Il est encore un autre moyen qu'on a proposé, mais dont nous ne nous sommes point servi encore» c*est Tapplication de cataplasmes vineux de poudre de quinquina. Ces cataplasmes doivent être fort larees et sont mainienus pendant huit ou dix heures. On les appliaue sur le veulre que Ton doit avoir le soi a ae faire savonner avec soin auparavant. Cette application des cataplasmes e^t une imitation de la méthode de Pye, qui faisait mettre du quinquina en poudre dans un sachet que le malade devait porter sur Testomac.
Préparation de quinquina, -^ Poudre. C*est la préparation la plus simple. Nous avons dit à quelles doses on la donne comme antipériodique : disons maintenant que, comme tonique, on la prescrit à la dose de cinq à dix
S;rains, deux ou trois fois par jour. La meileure manière ou du moins la plus commode pour la faire avaler, c'est de faire bouillir des pruneaux, et quand ils sont cuits, d*en pincer un par une de ses extrémités pour en extraire le noyau, et de placer la poudre à la placedecelui-ci,après avoir soufué dans l'ou* verturepour distendre les parois du pruneau. Il faut introduire ce fruit dans la bouche par son extrémité ouverte, pour que, dans le mouvement de déglutition, il ne soit pas comprimé et ne rejette pas la poudre dans la cavité buccale.
Infusion et d^cocl ion. On prépare Tinfusion en jetant une livre d'eau bouillante sur un ou deux gros de quinquina concassé. Cette quantité doit être consommée dans la journée, soit seule, soit coupée à éçale quantité de Tart. Ce mélange est le mode d'aaministrationde Tinfusion de quinquina que j'ai adopté depuis longtemps , et il me réussit bien.
Quant à la décoction, elle se prépare en faisant bouillir Técorce concassée, dans la proportion d'une demi-once à une once de quinquina pour une livre d'eau. A cette
dose et ainsi préparée, la décoction décorée de Pérou peut se donner comme fé^ brifuge. Si on veut rendre la décoction plus active, il faudra mêler à Teau deux ou trois onces de fort vinaigre, avant d'^ mêler le quinquina ; il facilite la combinaison de la quinine et de la cinclionine avec Teau, qui par là se charge davantage des sels amipériodiques.
Vin de quinquina. Aujourd'hui, quand on veut avoir bientôt du vm de quinquina, on fait dissoudre un à deux grains de quinine dans deux onces de vin d*£spagne oudeLuoel que l'on donne par cuillerées dans la journée comme stomachique. Mais si on leveutdoQner comme antip.ériodique, onfaitdissoudre douze grains de sulfate dans quatre onces de vin, que l'on fait prendre en quatre fois, d'après les règles précédemment posées.
Sirop de quinquina. On ne remploie guère que comme tonique & la dose de une à deux onces par jour» une cuillerée avant chaque repas.
Teinture de quinquina.Le procédé ordinaire consiste à prendre deux cent cinquante-sii grammes de quinquina concassé, trente*deax grammes d'écorce d'oranges anières sèches, et un kilogramme et demi d'eau-de-vie à vingt degrés. D'abord on introduit les deui premiers ingrédients dans un matras et on n'y verse que la moitié de l'alcool indiqué. Le vaisseau qui contient ce mélange est exposé pendant six jours au soleil ou à un bain de sable et agité par intervalles. Au bout de ce temps, on décante, et on verse sur le marc l'autre moitié d'alcool, pour qu'il sV
{)ère une seconde digestion entièrement anaogue à la première. Les deux liqueurs sont ensuite réunies et ou les tiltre. La dose en est de quatre à seize grammes par jour.
Cinchonine et $es $et$. Leur action étant de moitié moindre que celle du sulfate, leurs doses doivent être deux fois plus considérables que celles de ce dernier médicament.
QUOTIDIENNE, adj., febrii quotidiana; fièvre dont les accès reparaissent régulièrement tous les jours.
RACHITIS, s. m., rachitii^ de p«xftc, épine dorsale» parce qu'il y a communément déviation de la colonne vertébrale dans la maladie qui porte ce nom. — Quoique plus commun depuis l'âge de six à neuf mois jusqu'à quatre et sept ans; que plus tard, le racnitis peut néanmoins se manifester h d*autres époques de la vie, c'est-à-dire dans l'Age adulte et môme dans la vieillesse , et être sous la dépendance d'une cachexie syphilitique, scrofuleuse, scorbustique, ou arthritique. Les lieux bas et humides sont ceux oii on l'observe le plus fréquemment ; et il se développe habituellement à la suite de la suppression des maladies cutauécs, de lonanisme, etc.
Les premiers indices du rachitisme sont :
le développement physique du coriis lent et incomplet, la difficulté que l'enfant éprouve à se tenir debout et à marcher, le gonflement des tètes des os surtout au [>oignet, ce 3ui est souvent le premier et l'unique signe e la maladie : cependant, dans la majorité des cas, on remarque la maigreur de toutes les parties, le gonflement du bas-ventre, la grande disproportion de la tète avec le crâne et les extrémités, une solidité prématurée que les os contractent, le dév^loppemeot précoce des facultés intellectuelles, et d'autres fois l'idiotisme. En outre) vient un QQOment où. les os longs se courbent, ainsi que les côtes et le sternum, ce ^\xi donne lieu aux symptômes d'asthme; vient un moment où l'épine se dévie, et que certaines parties
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osseuses, le bassin surtout, se gonflent et se déforment, ce qui amène la claudication ou le boiter en marchant. Vient un moment enlin où ratODie, la flèvre lente se déclarent et sont suivies de la mort du sujet.
Gardons-nous de croire que parce qu*il y a un commencement de rachitisme» Tenfant se déviera inévitablement, car non-seulement la maladie peut se dissiper, et se dissipe souvent d'elle-raôrae à mesure que le corps se développe et croit , mais encore on peut favoriser cette heureuse révolution à raide de certains moyens. Disons pourtant, pour être complètement vrai, que quand la courbure du rachis, du sternum, des c6tes et des jambes, est parvenue à un haut degré, alors il est à croire que cette diOTormité générale ou partielle persistera toute la vie.
Le rachitisme ayant sa cause prochaine dans la dyscrasie scrofuleuse, ûxée sur le système osseux, le traitement que nous avons indiqué , article Scrofules ( Yoy. ce mot ) , lui convient parfaitement , surtout en ce gui concerne le régime auquel Tenfant doit être assujetti. Il est pourtant quelc^ues moyens sur lesquels on doit plus particulièrement compter, ce sont les bains de malt, d'eau salée, et, & défaut, les lotions sur le tronc et les extrémités, avec parties égales d*aIcool de genièvre et d'eau froide. Â propos du bam de mer, nous ferons remarquer que sur les places du littoral de la Méditerranée et pnncipalement sur la plage de Cette, on a l'immense avantage, à la sortie de l'eau, de se rouler et de se sécher le corps avec du sable chaut, ce oui forme un bain de sable ajouté au bain saié. Il est (&cbeux que dans les villes où l'industrie fait tant de progrès, on n'ait pas encore songé à entasser dans certains établissements du sable fin, pris sur les rivages de l'Océan ou de la Méditerrannée, qu'on pourrait chauffer artiGciellemeut ou naturellement, suivant la saison de l'année. Avec ce sable chaud et les bains d'eau salée, on aurait presque tous les avantages du bain marin-sahlé.
A l'intérieur , on retire de très-srands avantages d'un mélange de poudres calcaires et de fer, que les enfants digèrent très-bien eu substance; et par exemple :
Pr. sucre blanc, un scrupule ; — coc|uilles préparées, un demi-scrupule; — limaille de fer , un à deux grains ; — cannelle, un grain ; — H. et foites une poudre à prendre matin et soir.
S'il y a constipation, on doit y joindre un ou deux grains de rhubarbe en poudre. Enfin, on obtient également des résultats avantageux, soit de T'huile de foie de morue, à la dose d'une cuillerée à café, matin et soir ; soit d'une purgation saline, tous les huit jours (un demi-verre, ou un verre d'eau de Sedhtz } ; soit des frictions sèches avec des flanelles imprégnées de parfums aromatiques , surtout le long de l'épine ; Mit du sirop antisoorbutique de Portai, etc. RAGE, s. f., rabies. — La plupaç^ des auteurs considèrent comme synonymes «les
mots rage et hydrophobie^ et cependant, b la rigueur, cette dernière n'est qu'un symptôme de l'affection rabiéique, symptôme à peu près constant , mais qui cependant peut manauer quelquefois. Le fait le plus remarquable de cette espèce, est celui d'un paysan qui, ayant été mordu par un chien enragé, et ayant contracté la maladie, permit non-seulement qu'on lui fit des aspersions continuelles d'eau froide, mais encore il en buvait avec plaisir et n'en redoutait point l'aspect : il n'en mourut pas moins enragé. Qui n'a vu d'ailleurs des chiens enragés ne pas avoir horreui* de l'eau, cdtoyer des rivières, ou les traverser à la nage pour assouvir leur envie de mordre ; donc rhydrophobie ne fait pas partie constitutive essentielle de la rage , ce n'est donc pas elle.
Jedisplus,lH plupart des praticiens s^accordent sur ce point , que Thorreur de l'eau peut survenir spontanément et accidentellement comme symptôme d'une foule d'autres maladies qui ne sont pas la rage, et par exemple, de l'hystérie, de l'hypocondrie, de certaines fièvres épidémiques chez les enfants, de certains cas d'angine inflammatoire, etc. ; donc l'hydrophobie n'est pas la rage : rage et hydrophobie ne sont donc pas synonymes. Aussi ne les confondrons-nous pas.
La rage proprement dite, appelée par certains frénésie aboyante^ pantnophobtef etc. , est une affection spasmodique, une maladie convulsive dont les accès se terminent par un délire furieux, quelquefois sans fièvre. Ce qui la caractérise principalement • ce sont : un léger frisson au début, la céphalalgie, un pouls petit et concentré, des nausées ; et puis la dureté et l'inégalité des battements artériels, un sentiment d'ardeur et de constriction à la gorge, le regard fixe et étonné, les yeux rouges et enflammés, la bouche et les lèvres écumeuses, la déglutition diflicile, la respiration suspirieuse, le sentiment d'une chaleur brûlante à l'épi- Kastre, quelques vomissements de matières bilieuses, roussAtres; l'horreur des liquides ( hydrophobie ) accompagnée de soif trèsintense. Cette horreur est telle, que le mala le ne peut même supporter Faspect de l'eau; à sa vue, il éprouve une agitation spasmodique de tout le corps , qui ne cesse qu*alors qu'on éloigne le vase qui la contient. Et qu'on ne croie pas que c'est un effet de l'imagination, car on a vu des ma*lades dociles prendre le verre sans le regarder , le porter rapidement à la bouche, et, malgré ce mouvement d'une volonté bien prononcée, éprouver, au moment où le liquide arrivait près des lèvres, un mouvement de répulsion invincible qui portait le bras en arrière. Tout cela se passe dans la première période.
Dans la seconde , aux symptômes d^à énumérés, et qui ont plus ou moins augmenté d'intensité, s'ajoutent les suivants: langue sortant de la bouche, oui est sans cesse tenue ouverte, et d'où s écoule une sauie écumeuse. liB malade cherche à la
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jeter sur toutes les personnes qui j*approchent , et est tourmenté par une envie démesurée de les mordre; il satisfait môme cette envie en mordant avec une sorte de fureur tous les objets qu*il peut atteindre. A cette époque de la maladie ^ sa voix est rauque, la soif intense ; le moindre bruit, la simple agitation de Taîr, l'aspect d'un corps brillant, le mettent en frénésie; sa respiration est de plus en plus difficile, inégale, il y a menace de suffocation ; le pouls devient petit, inégdl , défaillant, convulsif , la peau se couvre d'une sueur froide , et la mort ne tarde pas à metti^e fln à ce tableau déchirant. II l'est quelquefois d'autant plus, que les malades conservant leurs facultés intellectuelles, même dans les accès , conçoivent toute l'horreur de leur position,Ja crainte effrayante qu'ils inspirent : il en est quelgues-uns même qui, sentant venir Taccès, invitent les assistants à les attacher, tendent docilement et tristement leurs bras pour qu'on les charge de liens, et prient leurs parents, leurs amis de s'éloigner.
Par quoi la rage est-elle produite ? Nous n'admettons que la contagion, à la suite de la morsure faite par un animal enragé luimôme. Nous disons un animal enragé luimême , attendu que nous ne considérons pas comme des cas de véritable rage ceux qui sont dus à une tout autre cause.
Ici se présentent quelques questions trèsimportantes» surtout pour les habitants des campagnes. Et par exemple, quels sont les animaux qui peuvent contracter la rage et la communiquer? Quelles sont les causes de cette maladie chez ces animaux? A quels •signes reconnaît -on qu'ils sont enragés? i*" Quels sont les animaux ^ui peuvent contracter la rage^ et la communiquer?
Lesanimaux carnivores, c'est-à-dire leloup, le chien, le chat et le renard, sont ceux qui deviennent spontanément enragés , ce qui est fort rare pour les animaux herbivores, qui peuvent cependant, à leur tour, être atteints de rage, s'ils sont mordus par un loup, un chien ou un renard qui l'est déjà : tels le bœuf, l'âne, le singe, la fouine, la martre, qu'on a vus contracter cette affection et la propager.
En est-il de môme du coq, du canard, de la poule, etc.? ou, en d'autres termes, ces volatiles peuvont-ils être atteints de rage, et leur morsure peut-elle la donner ? 11 est certain que quand ces oiseaux sont fortement en colère, les blessures que leur bec produit ont déterminé parfois des accidents fâcheux, hydrophobiaues. A la vérité, nous n'affirmons pas que les phénomènes observés fusseut de véritables accidents par virus rabiCque; mais il suffit qu'ils aient été suivis de mort, pour qu'on prenne les précautions convenables toutes les fois qu on sera blessé par un oiseau furieux, et par exemple, la poule qui défend ses poussins.
^ Quelles sont les causes qui produisent la rage chez les animaux ?
Les causes qui produisent (dit-on) la rage chez les animaux $ont de deux ordres.
Ainsi bien des gens admettent que la prj. vation de la boisson et des aliments, de la boisson surtout, durant les fortes chaleurs, la déterminent; d'où la barbare coutume d'empoisonner les chiens, ou du moins de répandre du poison dans les rues des grandes cités pendant la canicule. Si ceux gui ordonnent de pareilles mesures avaient lu attentivement Volney, ils se seraient convaincus que c'est agir par une aveugle routine et sans nécessité, la rage étant inconnue dans l'Asie, la Syrie et jusque sous la zone torride. De même, si les personoes qui conservent la croyance au'une nourriture trop animalisée peut également déter* miner la rage, voulaient bien consulter les voyageurs, elles apprendraient qu'en Asie, où les habitants ont une sorte de vénéralioa pour les chiens, ces animaux, quand ils deviennent vagabonds , sont recueillis dans des hôpitaux qui leur sont spécialement consacrés : là, on les nourrit principalement avec des viandes j et pourtant rien de plus rare que de les voir devenir enragés. Ainsi, les causes de la rage spontanée sont e/icore entièrement inconnues.
3^ A quels signes reconnatt - on la rage chez les animaux ?
Voici ceux qu'on cite comme les plus ordinaires : d'abord, il faut considérer comme suspect tout animal qui quitte sa demeure pour errer à l'aventure, qui mord sans être agacé, à moins qu'il n'ait habituellement ce défaut. En outre, s'a^it-il du chien, il devient triste et solitaire, il cherche l'obscurité, n'aboie plus, ne prend aucune nourriture solide m liquide, et il s'irrite facilement contre les gens qu'il ne connaît pas; cependant , il respecte encore son maître : s'il marche , sa démarche est chancelante , sa gueuft et ses oreilles sont jiendantes, toujours sa respiration est précipitée.
Dans une période plus avancée, ranimai ne connaît plus son maître, il a les yeux hagards, le regai'd étincelant; il court à droite, à gauche, sans direction déterminée; la vue d'un liquide lui procure parfois des convulsions de la mâchoire inférieure, ses dents claquent par le battement des mâchoires, la langue est boursouflée et reste pendante; il s'échappe de sa gueule et de ses narines une grande quantité d'une salive écumeuse; il grogne sans abover; tous les objets qui frappent sa vue l'irritent , il s'élance sur eux et les mord avec fureur. Cet état va croissant, mais il survient bientôt un abattement général à la suite duquel le chien est pris de convulsions qui terminent sa vie. La mort arrive du troisième au quatrième jour.
Certaines expériences ont été tentées pour s'assurer si le chien est enragé : ainsi on a conseillé de tremper un morceau de viande dans la bave de l'animal suspecté d'avoir contracté la rage, et de le jeter a un autre chien qu'on aura exprès laissé longtemps à jeun pour qu'il soit affamé. Si malgré son violent appétit il ne touche point à la viande, c'est une preuve, assure-t-on,
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que la sali? e est imprégnée de Virus rabiQque.
ReveDons à l'homme et demandoDS-nous si la contagion par la morsure d'un animal enragé est la seule espèce de communication admissible. Si nous soulevons cette auestion, c'est pour la sécurité tant des inividus qui soigent les malheureux qu'un chien enragé a mordus, que oour celle des personnes qui ne peuvent faire le choix des viandes dont elles doivent se nourrir. Je m'explique. Plusieurs médecins, fort capables d'ailleurs, ont prétendu au'un individu sain pourrait contracter la maladie pai la seule aspiration de l'air expiré par un animal enragé, et môme par les émanations qui s'exhalent de soa corps après sa mort; tandis que d'autres veulent que la bave écumeuse(|ui s'échappe de la bouche du malade soit mise en contact avec la peau. Pour eux il n'est pas besoin qu'il y ait solution de continuité ou blessure pour que la maladie se communique, alors que d'autres affirment que si le tissu cutané est intact, la contagion rabiéique ne se fera
ris. On conçoit que des opinions pareilles celles émises parles partisans de l'infection aérienne ou de la contagion sans blessure et par simple contact, doivent effrayer betu* coup les parents du malade et ceux qui sont appelés à lui donner deis soius, et qu'il importe dès lors d'établir guelle est la confiance qu'il convient d'avoir dans leurs affirmations. Pour moi je crois qu'il faut que la salive pénètre par une blessure dans les tissus vivants pour que la rase se communique, et je me fonde, pour établir cette proposition, sur certains faits qui établissent qu'on a touché et retiré avec le doi^t, de la nouche des malades, une salive épaisse et écumeuse
aui les gênait beaucoup, sans que la contagion e la rage se soit opérée.
Et quant aux animaux dont on se nourrit, si l'on nous demande : Un animal mort enragé donnera-t-il la maladie & ceux qui mangeront de sa chair? nous répondrons avoir lu I" que Le Camus, docteur régent de la faculté de médecine de Paris, a assuré à Lorry, si*n confrère, avoir mangé, sans accident aucun, de la chair d'animaux morts enragés ; 2^ qu'on a vu à Nudole (duché de Mantoue), des bouchers, avides d'un sordide gain, vendre impunément la viande de bœufs assommés après avoir éprouvé les symptômes de la rage ; donc la communication de cette maladie ne se ferait pas par les voies gastriques. Cependant, quelques médecins ayant iriié des lails contraires, la prudence veut cju'on s'en abstienne.
Un individu mordu par un chien enrasé le devient-il immédiatement lui-même ? Non ; et ce n'est quelquefois qu'après un laps de temps assez long, à dater du jour de la morsure, que les premiers symptômes de la maladie se manifestent. Cependant on a cru , d'après de nombreuses observations, pouvoir assigner au virus rabiéique un temps d'incubation de trente à quarante iours, avant de donner des signes de sa présence dans l'économie. Pendant tout ce temps, l'individu
parait jouir de la meilleure santc'', ou bien son sommeil est troublé par dos songes effrayants: il croit voir l'animal qui l'a mordu, il s'enveloppe de frayeur dans ses couvertures, et pousse de {profonds soupirs. La plaie ou les morsures, si elles ne sont pas encore cicatrisées, changent d'aspect : elles rougissent déplus en plus, leurs bords se renversent et se boursouflent, et si elles s'étaient cicatrisées, la cicatrice devient douloureuse, et la douleur, qui n'a rien de spécial , s'irradiant de pioche en proche, gagne tout le corps. Dès ce moment, le sujet éprouve do l'anxiété, un sentiment d'angoisse a la région épigastrique ; il perd l'appétit, la gaieté, cherche la solitude pour y cacher sa tristesse, et ne s'occupe que des circonstances qui ont amené l'accident dont il a été la victime. S'il veut dormir, son sommeil est agité par des rôves sinistres; il s'éveille en sursaut, éprouvant des soubresauts des tendons ; enfin la partie mordue s'entle de plus en plus, devient livide, les cicatrices se rompent, et il 3'échappe de la plaie une sanie sanguinolente... C en est fait, la rage est déclarée, et l'art dès lors n'a plus de pouvoir sur un mal si redoutable. Heureux le mrdec-in, s'il peut,
f)ar les secours que la morale et la religion ui fournissent, adoucir les rigueurs d'un sort si déplorable I Du moment où il est constant que la cause
I)rochaine de la rage consiste dans l'inocuT ation d'un virus spécifique, la première indication qui se présente, c'est d'attirer au dehors le virlis inoculé , et de cautériser la partie qui a été mordue. Mais comme l'homme de l'art n'est pas toujours à portée de donner les premiers secours au blessé, disons ce qu'il faut faire en attendant qu'il arrive. Avant toute chose, on applique une ventouse sur les morsures, pour qu ehe aspire le sang qui se trouve dans la blessure; puis on lutionne celle-ci avec une dissolution tiède de potasse, de sel ammoniac, de sel do cuisine, de savon, de cendres de sarments passées au clair, qu'on fait pénétrer aussi profondément que possible dans la plaie ; si on n'avait rien de tout cela, mieux vaudrait les laver à grande eau tiède et froide même, que de ne pas les lotionner. Si le chirurgien n'arrive pas, on fait ensuite des scarifications profondes et multipliées autour de la blessure, afin de la mettre bien à découvert, en ayant le soin d'emporter auparavant les bords de la plaie, à cause que c'est toujours là qyela bave est plus communémentuéposée, et on réapplique de nouvelles ventouses. Si la partie mordue s'opposait par sa forme à l'application des ventouses, on y suppléerait par l'application des sangsues, moyen bien intérieur au précédent, il est vrai, mais du moment où celui-ci n'est pas applicable on n'a plus à choisir. Ces précautions prises, on cautérise avec précaution toute l'étendue de chaque morsure; rien ne doit arrêter le praticien, ni les cris du malade, ni ses larmes, pas même ses injures : une timidité déplacée exposant les jours du sujet.
Les caustiques dont on peut user sont le
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beurre d'antimoine, l'un des i»lus énergiaues
3ue nous possédions, l'eau forte, une forte issolution de potasse caustique , le fer rougi à blanc, etc. H est bon, quand on se sert de ce dernier, de verser à mesure qu'on retire le fer de la i)laie, une assez grande quantité d'eau froide sur la brûlure; ce iiauide tempère la douleur et celle-ci se calme en peu de temps.
Se sert-on du beurre d'antimoine ou d'un autre caustique, voici comment on procède: On prend un bourdonne! de charpie d'un volume proportionné à l'étendue de la plaie, on le saisit avec des pinces, on le trempe dans la dissolution préparée d'avance, et on le fait pénétrer profondément dans la plaie; puis on le couvre de charpie non imprégnée de caustique, et on maintient le tout a l'aide d'une compresse et d'un bandage convenables.
' Cette application du caustiaue doit être renouvelée autant de fois qu on le jugera convenable : au bout de quatre heures son action étant terminée, on doit y revenir, et ce n'est qu'alors que l'escarre a trois ou quatre lignes d'épaisseur qu'on s'arrête. La prudence veut encore que, malgré.la cautérisation, on couvre sur-le-champ l'escarre avec un large emplâtre vésicatoire, qu'on laisse à demeure pendant six à sept heures, c'est-àdire jusqu'à ce que les vésicules soient bien formées ; alors, on les perce et on en fait le pansement. Le vésicatoire doit être entretenu jusqu'à ce que l'escarre soit tombée : si la chute de cette dernière se fait trop longtemps attendre, on la provoque par des incisions ménagées, mais oui doivent l'atteindre dans toute sa proiondeur.
L'escarre détachée, la pluj^ait des chirurgiens sont d'avis d'entretenir longtemps la plaie en supuuration, en la couvrant d'un plumasseau cnargé de temps en temps de poudre de cantharides et d'un onguent suppuratif. Cette précaution nous parait bonne, surtout si on craignait eue la cautérisation n'ait pas été complète, inutile de dire aue si la plaie est sur le trajet d*une artère, d un nerf, d'un tendon, on doit soigneusement éviter qu'il soient atteints par le caustique; ce qu'on obtient en les recouvrant ou en les enveloppant, autant que possible, de charpie rftpée et imbibée d'eau froide ; si les plaies sont à la figure, s'il survient des végétations aux morsures, il faut les cautériser avec le nitrate d'argent, afin d'éviter les difformités, etc.
Y a-t-il une époque passé laquelle la cautérisation n'est plus efficace 1 Sans doute ; le moment le plus favorable pour celte opération, c'est Tinstant le plus rapproché de l'accident; cependant, le professeur Baumes nous a assuré, dansses leçons à la faculté de Montpellier, l'avoir utilement employée trois jours après l'événement. Kiavalle rapporte une observation analogue, fait d'autant plus précieux à recueillir, que l'enfant qui avait été mordu le fut à nu, et qu'on ne pouvait révoquer en doute que l'animal qui avait faitia morsure étaitenragé, puisque
ceux qu'il mordit après l'enfant moururent delà rage. Partant, il croit que la cautérisation peut être utilement tenté» après la formation des cicatrices, pourvu toutefois qu'elles n'aient pas déjà éprouvé un changement défavorable en sensibilité et en couleur. Il est donc d'avis, si Ton est /appelé fort tard, découvrir les cicatrices d'un vésicatoire et de cautériser ensuite la plaie par la méthode indiquée. Tel est le traitement local ou préservatif de la rage , auquel nous croyons devoir associer l'emploi de oueU
aues moyens internes, prineipaiement au ébut, et parmi ces moyens, les sudoriflques et les antispasmouiques. Le repos absolu, la privation de la lumière, ou bien l'exercice à pied ou à cheval, la fatigue, des distractions agréables, et tout ce qui peat rassurer la moral, ne doivent pas être négligés. Sous ce rapport nous ne serions pas éloigné qu'on fit prendre à la personne mordue, si elle en avait le désir, un de ces breuvages ou de ces alimetits (l'omelette de Sommière) qui jouissent d'une grande réputation de êpécifieiié ou de préservatif de la rage; le sujet ayant l'esprit en repos et l'imagination tranquille, quand il a avalé avec confiance, n'importe quoi sur lequel il compte.
RATANHIA, s. m., mot péruvien, qui veut dire plante traçant sous terre^ et par lequel on désigne dans la province de Huanuoo le Krameria triandrade la flore du Pérou : le ratanhia appartient à la tétrandrie monogynie, de la famille des polygalées. On le rencontre aussi au Mexique. Il crott spontanément dans les lieux sablonneux et arides, et préférablement sur les collines exposées au soleil. On le récolte après les pluies d*automne, parce que c'est l'époque de l'année où tous les végétaux sont moins nourris. La racine de ratanhia (on n'emploie qu'elle en médecine) est de la grosseur d'un demi* pouce environ', et longue d'une aune à peu près. Elle est recouverte par une écorce assez épaisse, rouge, et celle-ci par un épiderme noirâtre, rude au toucher et friable. Sa saveur est âpre, amère, styptique; elle n'a d'odeur que lorsqu'elle est mise en décoction; pendant que le liquide bout, on sent une odeur de tuf terreux assez marquée.
L'analyse chimique de la racine de ratanhia a fourni à Peschier de Genève : I* un acide particulier (acide kramerique); presque la moitié de son poids de tannin; une petite quantité d'acide gallique, etc.
Depuis longtemps les naturels du Pérou se servaient de la racine de ratanhia pour nettoyer les dents, les affermir dans leurs alvéoles, et pour donneràleurs gencives ainsi qu'à leurs lèvres une belle couleur rosée; mais il était réservé à la sagacité de Ruiz, savant botaniste espagnol, d'en apprécier les pitipriétés astringentes, découverte au'il Gt en 1784. Le travail que Ruiz publia douze ans plus tard (1796), dans les mémoires dé l'académie royale de Madrid, ayant été traduit en français par de La Moite , chacun sut quelles étaient les vertus de ce médicament, mais
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