‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 163 sur 209 · OCHI · texte numérisé non relu

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ce n'a été qu*/iprès la Restauration que la racine de ratanhia est devenue un remède vulgaire en France. Et cela devait être» car il est certain, et nous l'avons expérimenté nous-mème^ que, dans les hémorrhagies pas* sives, la boisson de ratanhia est d*un puissant secours, alors surtout qu'on y fait dis-* soudre (nous l'avons fait souvent) quatre ou huit grammes d'alun. Cette infusion alumineuse convient également dans les leucorrhées et autres flux atoniques.

U y a plusieurs manières de préparer la boisson simple de ratanhia : la première .consiste è faire bouillir seize grammes de la racine dans un kilogramme d'eau commune jusqu'à réduction de moitié; à passer la décoction et . h igouter deux grammes de vinaigre ; plus, suflisante quantité de sucre pour la rendre agréable : ou bien, à faire dissoudre sur un feu lent dans trois onces d'eau, un gros d'extrait de ratanhia pulvérisé, et d y ajouter ensuite un gros de vinaigre : celle-ci se prend par cuillerée à soupe d*heure en heure.

On n'emploie guère le ratanhia en poudre que pour en composer des dentifrices, ou pour étancher le sang qui coule d'une blessure. On le fait entrer aussi dans des emfdâtres qu'on applique sur les hernies, afin lie procurer le resserrement de l'anneau, mais dans ces compositions emplastiques on préfère généralement son extrait. Bans tous les cas, et sous quelque forme qu'on l'emploie, la racine de ratanhia fournit un puissant moyen hémostatique et un astringent énergique des parties relâchées, c'est même en cette qualité qu*il arrête les*flux hémorrbagiques et autres.

RATE, s. f., lim^ «irXqy. — La |pate est un organe mou, spongieux, très-variable dans son volume, silué dans l'hypocondre gauche, au-dessous du diaphragme, au-dessus du colon descendant entre les caililages des fausses côtes et la tubérosité de l'estomac. Variable danâ son volume, on lui assigne cependant une forme allongée d'avant en arrière et de haut en bas, et aplatie de dedans en dehors, et cela dans les proportions de quatre à sept pouces de longueur, sur deux pouces de large, et un pouce d'épaisseur : elle pèse de quatre à sept onces.

La rate est formée par des petits corps membraneux, grisâtres, demi-transparents, du volume d*une tête d épingle, irrégulièrement disséminés, qui, réunis par du tissu cellulaire, forment les granulations organiques ou tissu de la rate. U sy môle des vaisseaux artériels, dont le principal est une branche de Tartère cœliaque, et les autres sont des rameaux des artères voisines, une veine qui est un des troncs qui concourent à la formation de la veine-porte ; des vaisseaux I vmphatiques qui naissent de la surface et du tissu même de Torgane; des nerfs qui Tiennent du plexus solaire, et forment Je plexus hépatique ; ils sont maintenus au moyen d'une membrane fibreuse, recouverte d'une membrane séreuse, enveloppe commune des organes de l'abdomen. Elle doit

sa couleur rouge obscur à la grande quantité de sang dont elle est pénétrée.

Usages de la rate. Se fondant sur le rolume de l'artère splénique, les physiologistes ont fait de la rate un organe sécréteur ; ainsi len uns lui ont fait sécréter Tatrabile ; les autres une humeur destinée h nourrir les nerfs ; ceux-ci le suc gastrique, ceux-lè le liquide propre à tempérer la nature alcaline duchymeondelabile,humeurqui étaittrans mise, dans le premier cas, ou h l'estomac par les vaisseaux courts, ou au cœur par la veine-porte ; et, dans le second cas, ou au foie par les lymphatiques et les veines, ou au duodénum par un canal particulier. Descartes alla plus loin : il fit sécréter à la rate deux sortes de sang ; un sang fluide trèsterne, qui était la cause de la joie ; un autre, plus tenace, qui était la cause de la tristesse, de telle sorte que, suivant que la rate envoyait au cœur une quantité plus ou moins considérable de l'un ou de l'autre de ces sangs, l'homme était rendu triste ou gai.

Non contents de cette hypothèse, certains physiologistes firent de la rate un gang;lion vasculaire ou lymphatique du sang. Ainsi, Tiedeman et Gmeiin le considèrent comme un ganglion lymphatique préparant un suc propre à animaliser le cnyle; alors que Cbaussier» le mettant dans la classe des organes qu'il a appelés ganglions glandiformes, qu'il assimile aux ganglions lymphatiques, prétend qu'il exhale de son intérieur un suc ou séreux ou sanguin qui, repris par l'absorption, va concourir à la lymphose. H en est enfin qui en font un ganglion sanguin faisant subir au sang de l'artère splénique une élaboration, qui le disposée fournir à la sécrétion du suc çastrique selon les uns,*à celle de la bile selon les autres.

Enfin, d'autres physiologistes, n'admettant aucune des opinions précédentes, ont voulu faire de la rate un diverticulum san-

Suin, soit pour Testomac, seulement penant les intervalles de la digestion, soit pour tout le système circulatoire, lors de quelques retards ou arrêts dans la circulation. Plusieurs considérations fort importantes semblent appuyer celte opinion. Voici celles qu'on a invoquées eu sa faveur.

l'^Lcs connexions nombreuses artéricitos que la rate a avec l'estomac; 2" leur origine commune; 3*les changements de volumequ'onremarque dans la rate, suivant les états de plén tude ou de vacuité de l'estomac; 4" les fonctions de l'estomac n'étant pas évidemment déterminées, celui-ci ne doit pas recevoir en tout temps la même quantité de sanç; ainsi, par exemple, lorsqu'il est plein, l'irritation produite par les aliments sur la muqueuse gastrique doit y faire affluer ce liquide, tandis que, au contraire, lorsqu'il est vide, le sang doit y être appelé en bien moindre quantité. Or les artères qui rivifient l'estomac sont trop grosses r.our pouvoir se modifier selon la quantité do sang que réclame le viscère, c'est-à-dire qu'elles no peuvent se rétrécir lorsque le liquide n'agit pas sur elles pour les dilater de nou-

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