RESPIRATION
divers engorgements et principalement ceux nui ont leur siège dans le système lymphatique. Les alcalis, les carbonates et les acéiates de soude et de potasse, les savons» relirait de ciguë» les préparations d^iode» les mercuriaui» Tor, etc., sont d'excellents riiolulifs qui conviennent surtout dans les maladies scrofuleuses, maladies qui altèrent souvent les ganglions lymphatiques.
RESPIRATION, s. f., resptratio, d^>aTr;o4. — On la définit : une fonction propre aux animaux, qui a pour objet de donner au sang ses qualités vivifiantes en le dépouillant de
3uelqucs-uns de ses principes et en lui en onnant d'autres qui sont puisés dans Tair atmosphérique.
Le principe que le sang s'associe par Tacte de la respiration, c'est 1 oxyçène de l'air; le principe dont il se dépouille, c'est l'acide carbonique ; et quant à l'azote , il paraît qu'il est tout à la fois absorbé et exhalé dans l'inspiration et l'expiration. Quoi qu'il CD soit, quand la respiration est facile, douce, égale, insonore, c'est l'état normal de celte fonction. A cet état on compte chez l'homme environ trente-cinq respirations par minute pendant la première année de la Tie, vingt-cinq la seconde année, vingt à la puberté, et dix-huit dans l'flge adulte. Plus elle s'éloigne de ce nombre et des autres caractères que nous lui avons assignés, et plus aussi on voit apparaître tels ou tels phénomènes que l'on a soigneusement notés et qui servent à former le diagnostic et le pronostic des maladies. Un adjectif particulier ajouté à chacun de ces phénomènes divers suffit pour indiquer la nature de ces changements.
Et par exemple, i* la respiration est appelée fréquente ou rare^ quand elle se répète, durant un laps de tenips donné, un nombre do fois plus grand que dans l'état naturel ; et vice versa. La première annonce l'accélération de la circulation sanguine; aussi l'observe-l-on dans les réactions fébriles, et quand elle est fréquente et arande^ elle en annonce le plus haut degré Je réaction in- Oammatoire. A son tour, la rareté de la respiration indique un ralentissement ou le calme du système circulatoire sanguin, des
Kumons perméables, et le libre passage de ir, soit en entrant, soit en sortant du thorax. La respiration est-elle grande et rare^ çt se fait-elle avec de grands efforts musculairesy c'est un symptôme, de débilité profonde, et lorsqu'elle s'accompagne de sou- Prs, elle indique une syncope imminente on des spasmes.
^ La respiration est vite ou lente^ suivant <iue l'expiration succède plus ou moins fréquemment à l'inspiration : vi/e, c'est un signe de douleurs aans la poitrine, comme on robserve dans la pleurésie, oh l'inspiration est communément douloureuse ; /en/e, elle * une signification contraire ; le meilleur si- 9^^ de santé des organes pulmonaires est donc queTbomme puisse faire des inspira- |»ons irès-profomles et retenir l'air pendant *^ngiemps : notons cependant que l'excès de
DlCTIO!f?l. DK MÉDEGIXK.
lenteur de la respiration est un indice de faiblesse.
3* La respiration est grande ou profonde^ et petite : grande, quand une grande quantité d'air est aspirée sans efforts, sans anxiété et sans bruit; car, si ces phénomènes accompagnent une respiration profonde, on aoit croire à une surabondance de sang dans le tissu pulmonaire, à un spasme, etc.; petite^ elle annonce ui état contraire.
4* La respiration est facile ou difficile: k ce dernier état, et d'après ses degrés divers de gône, la dyspnée est aiihéleuse^ euepirieuse^ il y a ortopnhée ; ce qu'on attribue communément à un obstacle mécanique et matériel : la pléthore du poumon, par exemple, ou l'hépatisation de cet organe.
5* La respiration est égale ou inégale^ et son inégalité indique une irritation spasmodique des nerfs pulmonaires ou un obstacle à la respiration.
6* La respiration est bruyante ou ionore : dans ce cas elle offre plusieurs nuances; ainsi y a-t-il accumulation de mucus, de pus, de sang dans les bronches, ou un état de paralysie des poumons, la respiration est ster^ toreuse: delà le râle des agonisants : y a-t il un rétrécissement du conduit aérien, dépendant d'un état spasmodtque, ou d'une exliudation {élastique , elle est sifflante ou sibi^ lante: fait-elle entendre le bruit des grains de sel qui décrépitent sur les charbons enflammés, ou d'une feuille de parchemin sec Îu'oD froisse, elle est crépitante^ et on la onne comme symptôme pathognomonique de la pneumonie.
7* La respiration est chaude ou froide. On la trouve chaude dans l'état inflammatoire, dans l'inflammation du parenchyme pulmonaire; et ce qui lait qu'on ajoute une importance spéciale h ce caractère, c'est que parfois il est le seul signe caractéristi(iue de cette inflammation dans les tout petits enfants. En outre, quand elle existe cette chaleur de la respiration, comme symptôme d'une phlegmasie, avec froid des extrémités, elle devient d'unbien fîcheux augure. Froide^ elle dénote l'appauvrissement du sang, la mortification au poumon, la gangrène interne: on l'observe chez les agonisants.
S"" La respiration fétide ne dénote souvent que la malpropreté du malade, chose dont il est bon que nous soyons prévenus; mais elle indique aussi la carie dentaire, des saburres stomacales, des vers, la diathèse putride du sang, la suppuration du larynx ou des poumons, et l'usage abusif des mercuriaux. Notons aussi que chez certaines femmes la fétidité de l'haleine annonce l'approche des règles.
Mais ce n'est pas seulement par rapport à la respiration proprement dite, c'est-anlire h la manière plus ou moins facile et diflicile avec laquelle elle s'exécute, que le médecin doit en étudier les caractères, il doit s'en occuper aussi (toujours au point de vue du diagnostic et du pronostic des maladies), eu égard au bruit que la poitrine percutée renv^, la ionoréité et la madté du son étant des
REVULSIF
RHLBARBE
symplômes opposés qui indiquent : Tun, que r^iir parcourt librement les vésicules pulmonaires; Fautrotau contraire, qu'un épaiichement pleurétique s'est formé, qu'une portion du tissu des poumons est hépatisée, etc.
1) n'est pas, enân, jusqu'aux bruits que 1 auscultation médiate ou immédiate permet de constater qui n'aient aussi leur degré d'importance; et quoique les sienes quils Iburnissent soient souvent infidèiKS, comme toutes les fois qu'ils sont joints aux. autres signes ils ne manquent pas d une certaine valeur séméiologique, il est bon de les utiliser.
MéctmisnM de la respiration. Sitôt que Tair frappe la peau du nouveau-né, l'impression de froid qu'il éprouve en passant d'un milieu chaud dans un milieu ^ui Test moins, le |)orte à faire une forte aspiration, suivie d'une expiration rapide : Teniiini pousse un cri, et ce cri se répète plus ou moins; mais, pour qu'il puisse les pousser ces cris, il faut que le Tboeax {Voy. ce mot) s'élargisse d'abord par l'extension de ses parois et rabaissement du diaphragme, et qu'en même temps les Poumons {Joy. ce moi) se dilatent pour recevoir l'air; puis les parties revenant sur elles-mêmes, et Tair étant expiré, il frappe le larynx, et le cri se fait entendre.
J'ai dit qu'il fallait, pour que l'inspiration s'opérât, gue la poitrine s'agrandit, soit par l'élargissement des parties qui en for* ment les parois extérieures, soit par l'abais* sèment du diaphragme: eh bien 1 si, revenant sur ces points , nous voulons savoir comment cet élargissement s'opère, nous voyons d'une part que les côtes s élèvent, ce' mouvement étant rendu &cile au moyen iies facettes articulaires qui les unissent aux vertèbres dorsales, et leur permettent de se contourner; et, d'autre part, que les muscles intercostaux, internes et externes, aident par leur contraction à ce redressement des côtes, et favorisent par là la dilatation du thorax. Elle est complétée cette dilatation, par laction du diaphragme qui, en se contractant, devient plane, s'enfonce môme dans la cavité de 1 abdomen, ou, tout au moins, cesse de bomber dans la poitrine, ce qui agrandit le diamètre perpendiculaire de celte cavité.
RÉTENTION D'URINE. Voy. Ibchuaik.
RÊVASSERIE, s. f., $%ibdelirium. — Noua attirons l'attentiou sur ce phénomène, parce que nous ne voudrions pas confondre les r6« vasseries avec le délire; les unes n'étant que des rêves qui ont lieu pendant un sommeil agité, ou dans l'état de somnolence, chez les sujets faibles ; les autres indiquant une lésion plus ou moins profonde, et quelquefois sympathique, du système nerveux.
Un caractère spécial, qu'ont parfois ces rôvasset'ies, et qui sert à les distinguer, c'est qu'elles portent sur les sujets dont le malade tiût l'objet du ses occupations habituelles , ce que le délire n'olfre pas généralement. Yoy. DÉLiHB.
RÉVULSIF, iv«, s. m. et adj., rev€lUn$. — Se dit des moyens que l'art met en usage pour Uétoucner les mouvements fluxionnai-
rcs qui se font sur un organe important, et les diriger vers un autre point. Hais pour qu'il y ait décidément révulsion^ il faut quo l'excitation locale qu'on produit pour éveil- )er l'att^'Ation des forces vitales ailleurs que là où elles se portent, soit faite sur un point éloigné du siéee du mal ; sans cela, ii n y aura que simple dérivation. Bu reste, on peut voir, art. Sai6?(ée, alors qu'il est gestion de la saignée révulsive et de la saignée dérivative, quelle est la signification de ce:^ mots, dont on peut faire lapplication à l'effet que produisent certains médicaments administrés h l'intérieur.
RHAGADES, s. m. plur., de fw^'ç, ftScr, rupture. — C'est le nom que Ton a doQ*i* aux gerçures, on petits ulcères, longs et étroits, qui ont leur siège dans les iDterstice5 des plis de l'anus. Ils dépendent généralement du vice syphilitique. Voy. Syphilis.
RHUBARBE, s. f., rheum^ genre de plantes de rinnéandrie trigynie, L. ; de la famille iïkt> polygonnées, J., dont les espèces, rheum patmaium et rheum undulatutn^ constituent la rhubarbe proprement dite, la rhubarbarum des pharmaciens. — Le commerce nous offre la rhubarbe sous forme de fragments, tantôt ronds, tantôt allongés, tantôt angulaires ou ovoïdes, dont la surface extérieure est jaune et safranée: la surface intérieure est traversée par des lignes rougeàtres et blanches qui lui donnent une apparence marbrée. Sa saveur est amère, nauséabonde, aromatique, astringente ; et quand on la mâche, elle teint la salive en jaune.
Les propriétés spéciales de la rhubarbe sont d'être tonique par son amertume, purgative par l'augmentation de la contractiliti^ organique et vitale qu*elle détermine, et tK)urtant elle agit souvent comme astringente, ce qui a fait dire que son action laxative était très-fugace. Si l*on eût réiléchi h ce qui s«' passe dans les diarrhées atoniques, on sau* rait que le dévoiement ne persiste que par suite de la faiblesse du tube digestif qui eihale des mucosités dont la présence entretient ou sollicite des évacuations, et qu'en eicitant et toniflant les fibres musculaires du tnbe intestinal, la rhubarbe doit resserrer. Elle produit un effet contraire dans l'élat normal, alors qu'il suffit d'une légère siirex« citation pour déterminer des évacuatioos. Toujours est-il qu'associée à répicacuanhj en poudre, è la dose de deux grains pour u" grain, la rhubarbe nous a souvent été util^ dans la dyspepsie (la ditTiculté des digestions par faiblesse d*estomac| , service qu'elle a également rendu seule a la dose de quatre grains, prise dans la première cuillerée de sou|)e, une ou deux fois pnr jour; toujours est-il qu'elle forme un sirop purgatif trèsdoux et très-commode pour les enfants, et qu'il est des individus qui ont retrouvé l'appétit, qu'ils avaient perdu depuis longtemps, et rendu è l'estomac toute Tactivitô de ses fonctions, dont il ne jouissait plus depuis longtemps, en mâchant, tous les matins à jeun, un morceau de racine de rhubarbe, et avalant leur salive. Les premie:sjours, IV