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IIHlIMATlSME
RHUMATlSIfE
grène? Par suppuration, non; iftkT imlurfttton, oui , d*après les faits recueillis par Le- Toui et M. Récaroier; par gangrène »'Stoll» Uupuytren, Barthez, etc., Taffinnent; et nous nous inclinons devant rautori té de noms si recomm^ndables, quoique n'ayant jamais observé cette terminaison du rhumatisme.
Diafno^ic. — Le rhumatisme a tant d*analOi^ie avec la goutte dsns la manière dont il se manifeste, il est si facile de les confondre ensemble dans tant de cas, qu*il ne sera pas sans intérêt, je pense, d*énumérer les caractères fondamentaux qui les différencient. Voici ceux que notre expérience nous permet d'indiquer comme «les plus caractéristiques.
Le rhumatisme attaque de préférence les parties musculeuses et membraneuses : la goui te se jette sur les articulations.
Le rhumatisme n'est point essentiellement lié h ues désordres de la digestion , et même il s'accompagne, dans la plupart des cas, d'un très-bon appétit : la goutte coïncide habituellement, toujours même dans les accès, avec des dérangements de l'appareil digestif, ou bien elle j succède de près.
La goutte revient à des époques plus ou moins régulières: le rhumatisme ne présente pas autant de régularité ; il peut n'attaquf^r qu'une ou deux fois dans la vie.
La première attaque de goutte ne dure souvent que quelques heures ; il est rare que quelques jours sutlisent [)0ur le rhumatisme.
Les métastases sont lentes et rares dans ce dernier, fréquentes et promptes aucoutraire dans la goutte.
La goutte ne se manifeste guère avant l'âge de quarante à quarante^inqans; et c'est à cette époque que Ion commence h être moins exposé au rhumatisme. La goutte donne, dans l'urine et les autres sécrétions, des si-
(;nes d'une d^scrasie particulière, parmi esQuels on distingue surtout des concrétions tophacées autour des articulations, et des sédiments calcaires dans l'urine : le rhumatisme n'offre rien de semblable.
Le rhumatisme se développe après un refroidissementt une impression extérieure; il se produit du dehors au dedans: la goutte survient à la suite, et pat l'effet d'altérations de la digestion et de la chyliGcation ; elle pousse du dedan$ au dehors ; elle apparaît comme un dépôt critique, à l'extérieur, d'un principe morbifique particulier, engendré à l'intérieur; mais il n'est pas rare que le rhumatisme revête une forme aulhentii|ue. et vice versa.
L un et l'autre peuvent se montrer aussi associés aux affections élémentaires, et constituer le rhumatisme ou la goutte inflammatoires; bilieux, nerveux, etc. Il est bon de tenir compte de ces associations tiiverses pour bien asseoir les bases du traitement à adopter; celui-ci ne devant pas être le même dans tous les cas.
Traitement. ^ Sans la curation de toute maladie rhumatismale, il faut s'en tenir à l'idée qu'elle lire sa source de la peau; qu'elle a pour matière, pour principe mor-
bifique. une Arrêté séreuse, provenant de h perspiration arrêtée. Il y a donc deux indications fondamentales à remplir, pour guérir l'état rhumatismal : 1* celle de rétablir oa suppléer la fonction cutanée, et 2* celle d'éloigner r/lcreté séreuse, soit par une crise naturelle (par la peau surtout), soit par une crise artificielle (vésication, suppuration). Il va sans dire qu on doit avant toute chose détruire les complications gastriques, pléthoriques, etc., s'il y en a.
Mais quand on n'a affaire qu^au rhumatisme, s'il est sans fièvre, rien de plus utile que d'exciter une abondante sueur par Tadministration des préparations antimoniales, les bains et les demi-bains chauds d'eau savonneuse ou salée, le bain de vapeur même. En disant d'abondantes sueurs, nous ne prétendons pas qu'il faille les obtenir instantanément, nous iiensonsau contraire qu'il vaut peut-être mieux entretenir le malade dans un état habituel de forte moiteur pendant plusieurs jours, que de le faire alMndamment suer dans le principe. Ainsi, nous avons vu, alors que nous étions chef de clinique, le professeur Lafabrie, traiter tous ses rhumatiques par des boissons préparées avec la décoction dedeuxoncesdes boissudorifiques :GaïactSassafras,salsepareille,squi) e pour un litre d'eau, édulcorée avec le miel; et par l'administration journalière de vingt grains de poudre de Dower, par petites prises de quatre grains, avalées de quatre en quatre heures ; par une alimentation légère 0^ demi-portion ou les trois quarts), et par le repos absolu au lit. Après dii, douze, quinze jours, les malades sortaient guéris.
A la même époque, le professeur Rroussonnet traitant, comme médecin militaire, les soldats de la garnison atteints de rhumatisme, leur tirait du sang par la lancette, leur administrait les évacuants émétiques et purgatifs ; et bientêt, en quelaues jours, ces soldats quittaient l'hêpital, débarrassés de leur rhumatisme. Je me rappelle au*ayant fait remarquer h Lafabrie la rapidité de ces guérisons, comparativement à celles qu'il obtenait , il me répondit : La méthode de Broussonnet est plus expédilive, c'est vrai, mais elle est moins sûre, parce qu'elle n'«ist pas naturelle; aussi ses malaaes sont-ils plus exposés que les miens h des rechutes, je vis, en effet, plusieurs des malades traités par Broussonnet revenir : ceux de Lafabrie, une fois sortis de l'hêpital, n'y rentrèreut pas. Reste qu'il faut observer avec soin, en toute circonstance, les tendances que la nature affecte; car si elle tend h juger la maladie par les selles ou par les urines, les purgatifs et les diurétiques peuvent être utilement administrés; au lieu que, si la crise parait vouloir se faire par les sueurs, rien ne sera plus avantageux que les sudorifiques. Quarin dit qu'il n'a pas trouvé daiis les affections rhumatiques de remède plus puissant que trois à quatre onces de rob de sureau, pris dans la journée par doses fractionnées; d'autres preKTeni la douce-amère,
RHUMATISME
RHUMATISME
surtout quand il y a état phloristique, otaîa qtroQ doit employer à fortes aoses (jasqu'i une demi-once en Yîngt-quatre heures), si Ton Teut en obtenir du soulagement. Tou« jours est-il que toutes les fois qu*il y aura possibilité de guérir le rhumatisme en poussant lentement et doucement à la peau, on sera certain d'une çuérison plus sûre et plus durable qu'en brus(^uant la maladie. C'est ce qu'on appelle guérir par la méthode naturelle.
A cet effet, on peut ajouter, aux moyens internes déjà énumérés, certains moyens extérieurs qui remplissent localement la même indication ou, si Ton veut, qui produisent une crise locale : ainsi la chaleur qu'on obtient par le taffetas gommé, la flanelle et principalement celle qui a servi aux uiiroiti«rs, la laine imprégnée de son suint, tes pelleteries et surtout la peau de chat sauvage, les frictions avec le Uniment ammoniacal non camphré, l'emplâtre de jusqiiiame avec Topium, celui de ciffuë, les cataplasmes narcotiques qu'il ne faut pas laisser trop longtemps en place, et par^lessus tout les épispastiques jusqu'à effet vésicant sur la partie malade, .ou immédiatement auprès d elle (si un premier ne suffit pas, on en ajoute un second qu'on place auprès le lendemain ) : en voilà tout autant qu'il en fout pour guérir le rhumatisme. Cependant nous ne passerons pas outre sans dire un mot du froid et des répercussifs* que l'on a également préconisés pour empék^r la fluiion rbumatiqùe de se faire.
Les réfirigérants et les répercussifs enlèvent momentanément la douleur et l'irritation, mais ils exposent à une métastase dangereuse vers l'intérieur ou à des affections chroniques locales ; si Ton peut s'en servir, c'est dans les rhumatismes chroniques opiniiîtres, du traitement desquels nous nous occupions tout à l'heure.
Que dirons-nous drs émissions sanguines locales ? Quelles ne valent pas mieux. Sans doute elles suppriment avec promptitude, BOUS eu convenons volontiers, la réaction ou travail intérieur de la force vitale ; elles font taire la douleur en enlevant l'irritation; mais elles ne détruisent pas le rhumatisme lui-même, et exposent, comme le froid, à des ■nétastases fâcheuses. Remarquez qu*il ne s*sgit point ici du rhumatisme cAaud, car celui-ci étant accompagné ou compliqué par un état inflammatoire local, rougeur, chaleur ^t gonflement de la partie, alors si la réac- «^stiou est forte, générale, s'il y a fièvre, les lignées générales et l'application des sangsues on des ventouses conviennent et sont salutaires, non contre l'affection rhumatismale, sachons-le bien, mais pour foire cesser nnOammation qui s'y trouve jointe; et comme les choses ne se passent pas ainsi dans le rhumatisme froid, il y aurait du danger à le traiter de la même manière.
Reste qu'on doit avoir égard dans le traitement du rhumatisme à ta constitution et aux complications dont trois méritent une attention sérieuse :
1* L*état phtoyiêiique. Quand le sujet est jeune et pléthorique, et, dans ce cas, fe traitement et le régime antiphlogistique (saignées, sangsues, nitre, etc.),. conviennent parfaitement , nous avons dissipé comme par enchantement un rhumatisme articulaire de Tépaule, chez un sourd-muet âgé de vingt-deux ans^ par une saienée au bras, où le rhumatisme s'était fixe, pratiquée au moment de l'exacerbation de la oauleur.
Dans la matinée, tout mouvement de l'articulation était impossible, le lendemain, le jeu des surfaces articulaires était entièrement libre et sans douleur.
S* L'état nerveux qu'on rencontre chez les personnes sensibles. Dans ce cas, les antispasmodiques, l'opium lui-même, sont nécessaires ; et c'est surtout dans ces sortes de rhumatisme, alors qu'il n'y a ni chaleur ni rougeur de la partie, que les frictions avec la teinture d*opium camphrée du docteur Chrestien font merveille, celles avec la pommade de belladone agissent aussi trèsneflicacement, etc.
S* Enfin l'état gaelrique^ qui peut être bilieux ou muqueux, et qui, dans l'un et dans l'autre cas, nécessite l'emploi des évacuants émétiques et purgatifs. Bans eux les antirhumatismaux les pi us puissants sont sans effet, et par eux on guérit souvent, et quelquefois.très-vite, le rhumatisme, sans le secoursdes antirhumatismaux t)roprement dits»
Quand le rhumatisme ne câe cas à un traitement rationnel, qu^il est opiniâtre^ tnvétéréf il faut agir en quelque sorte d'une manière empirique pour en obtenir la Kuérison. Bien des moyens ont été proposes à cet effet, et chacun d'eux n'ayant pas mal de preneurs, nous n'avons plus que l'embarras du choix. Malheureusement, et je l'ai dit en maintes occasions , ce luxe de médicaments proposés contre l'affection rhumatismale décèle aux moins clairvoyants notre misère pharmaceutique, ou du moins notre ignorance sur la cause prochaine ou la nature de cette affection , si variable dans ses sources qu'il est impossible d'avoir un spécifique à lui opposer. C'est pourquoi nous proposerons d'employer pour la combattre :
Le tartre etibié à petite et à haute dose : les vomissements répétés qu'il produit dans l'un et l'autre cas détruisant les complications qui pourraient exister. Et puis comme les préparations antimoniales poussent à la peau, le tartre stibié peut encore être utilo en provoquant une abondante transpiration. Laennec, Delpech, etc., qui sont, parmi les médecins français, les premiers qui en ont répandu l'usage, étaient dans Thabitude de donner l'émétique (oxyde blanc d'antimoine) à la dose de deux gros par jour dans six onces d*une potion gommeuse ou d'eau de roses, à prendre une cuillerée de deux en deux heures, et ils aflirment qu'en moins de dix à douze jours on voyait disparaître la douleur et le gonflement de l'articulation chez les malades à qui on l'administrait. Néanmoins Laennec a observé que ce médicament réussit moins bien quand il y a