SAIGNÉE
quand on en broie quelque temps les feuilles, unprurit assez manifeste.
Un se sert de toute. la plante de la ruta graveolens^ que Ton reconnaît k sa tige rameuse, haute de deux a quatre pieds, glau- Sue, ayant des feuilles éparses, composées, gaiement glauques, garnies d'une multitude de corps glanduleux , répandus aussi sur la tijge et les rameaux; à ses fleurs jaunes, disposées en pannicule corymbiforme, avec une bractée ; calice plane, persistant, à quatre divisions; ses pétales onguiculées; anthères biloculées, ovoïdes; style central plus court que les étamines; stigmate simple; à son fruit enfin, qui forme une capsule à quatre ou cinq loges polyspermes.
Les feuilles de rue, car ce sont elles qu*on emploie de préférence, exercent une grande action sur le système nerveux , et en parti-
culier aor le système utérin. Aussi bien des praticiens l'emploient - ils , et nous remployons nous-mème, dans les menstruations diiliciles, la dysménorrhée sans pléthore. On la prescrit encore dans certaines Dévroses, telles que Tépilepsie, Thyslérie, etc.
Quand on veut l'administrer en pondre, on la porte à la dose de dix-huit grains a demi-gros dans les vinçt-quatre heures, par doses fractionnées; et si on préfère se servir de Tinfusion , on met le double de la quantité susdite à infuser dans un kilogramme d'eau. L'infusion de rue, et mieux la décoc* tion, s'emploie en lavements, en bains de siège et en épithèmes. Se sert-on de l'extrait de rue , on le donne à la même dose oue la poudre; et si on use de l'huile distillée, ou en mêle cinq à dix gouttes à une potion emménagogue.
SABINE, s. f., sabina vel iavina^ ppi.$yjf petit arbrisseau du genre senévrier, juntperus sùbina^ dioecie monadelphie, L. ; famille des conifères, J., sur lequel les anciens ont bâti des contes plus ou moins absurdes. — On le trouve en Italie, en Portugal, en Suisse et dans tout TOrient» et dans le midi de la France.
Sa tige, haute de quinze k vingt pieds, est garnie de feuilles opposées, imbriquées sur elles-mêmes, petites, d'uue odeur forte et résineuse, d*une saveur amère et chaude, a des fleurs dioïques et en chatons ; son fruit, baie pisiforme, noirâtre, renferme deux petits noyaux.
L'action de la sabine est si énergique sur Tutérus, qu'on a prétendu que dans Tantiquité les femmes s'en servaient pour se faire avorter; on a cité même des faits qui constatent cette propriété funeste. Heureusement pour l'humanité , la force vitale sait souvent résister aux provocations les plus puis* santés, et met obstacle à de coupables projets.
Quand on veut s'en servir à titre d'emmé- DAgogue en poudre ou en extrait, comme elle est plus active que la rue, on doit commencer par la dose de douze grains par jour, qu'on peut porter cependant jusqu'à demi* gros. Si on en fait une infusion ou une décr)Ction, il faut doubler la dose, qu'on verse dans un kilogramme d'eau. On donne dix à douze gouttes d'huile essentielle dans un véhicule convenable.
SABURRES gastriques et intestinales. Yoy. articles Elêuents bilieux, Eléments mu- QUteux; Embarras gastrique, intestinal.
SAFRAN, s. m., crocus f x^oxoc, stigmate de la fleur du crocus sativw et du crocus ùfUcinalis ; iriandrie monogynie, L.; famille des liliacées, J., qui crott sm)ntanément en Perse, et qu'on cultive, en France, dans le Gaiinais, etc. — Le safran qu'on vend dans le commerce est sous forme de longs fîlaraenfs, roulés et repliés sur eux-mêmes, souples, d*uno couleur rutilante (rouge-
orangée), d'une odeur très-forte et caractéristique, d'une saveur amère, aromatique et très-âcre ; sa texture est très-tenace ; quand on le mâche, la salive prend la couleur d'aa
t'aune foncé. Ses qualités sont dues è une luile essentielle, dont l'alcool s'empare facilement.
Nul pharmacologue ne conteste les propriétés emménagogues du safran , tout comme on lui a reconnu aussi des propriétés stomachiques, toniques; ce n'est d'ailleurs qu'à ce titre qu'il agit dans les aménorrhées et les dysménorrhées atoniques. On le fait prendre h petites doses dans la soupe, ou on le môle aux aliments ; toutefois, on doit savoir que ce n'est qu'à des doses élevées qu'il agit sur le système utérin ; mais attendu qu'à grandes doses il stupéfle le système nerveux, procure l'assoupissement, une sorte d'ivresse, et n'est pas sans danger, mieux vaut donner d'autres remèdes quand on veut rétablir ou faciliter l'écoulement des mois. Yoy. Menstruation.
On n'a aucun accident à craindre en donnant le safran en poudre, depuis douze jusqu'à vingt-quatre grains ; ou en teinture, à la dose de vingt à trente gouttes, dans une potion appropriée; ou en infusiou, qu'on lait en mettant un à deux gros de safran concassé dans deux livres d'eau bouillante. On peut se servir de cette infusion pour lavements, ou bien on emploie la teinture à cet usage. Le sirop est peu employé.
SAIGNÉE, s. f., sanguinis mtssio, évacuation sanguine provoquée par l'art. — Bile comprend la ihlébotomie^ ou rouvertura d'une veine; lartériotomie j ou la piqûre d'une artère, et la saignée capillaire^ qui se fait à l'aide des sangsues ou des ventouses scarifiées. Disons comment on procède à ces ditférentes opérations.
Phlébotomib ou Saignâb proprement dite.
1** Saignée du bras. Il y a au pli du btas cinq veines principales qui peuvent êire ouvertes par la lancette : ce sont, du dehors au dedans, 1" la radiale ; 2* ia médiane tt-