SAIGNÉE
SAIGNEE
phalique; 3* la médiane basilique; h" la médiane commune; et 5* la cubitale. Quand ces veines ne sont pas apparentes en cet endroit, on les ouyre à Pavant-bras^ au poignet, ou sur le dos de la main.
Comment pratique-t>on cette opération?
Il faut se munir a*un vase pour recevoir le sang, d*eau tiède, d*une éponge, de vinaigre, de deux compresses carrées dUnéçale grosseur et pliées en plusieurs doubles, (Tune Imnde roulée longue de deux mètres, large de trois centimètres, d'une bande écarlate et d*une lancette. L'appareil préparé, le malade étant couché horizontalement, ou placé sur son séant , ou assis sur une chaise d'une hauteur convenable, on s'assure de la situation de l'artère brachiale et du tendon du muscle biceps par rapport aux veines, le bras étant déjà aécouvert jusqu'à quatre ou cinq travers de doigt au-dessus du coude, et tout yètement trop étroit ayant été ôté; puis, dans les cas ordinaires, on applique la ligature à trois centimètres au-dessus de l'endroit que l'on doit piquer; ou bien on la rapproche jusqu'à sept a huit millimètres, quand les veines sont très-roulantes. Pour bien poser la bande, il faut l'appliquer à plat, en faisant deux tours que Ton serre
Sar degrés jusqu'à ce que les veines se gonent, mais pas assez pour arrêter le cours du sang artériel et faire manquer le pouls au poignet. Dès qu'on s'est assuré qu'elle est convenablement serrée, on l'arrête par un nœud à rosette simple. Cela fait, on pose le bras à demi fléchi sur le lit ou sur les genoux du malade; on l'y laisse pendant quelques instants, durant lesquels on choisit et Ton arme sa lancette de manière à ce que la Jame forme un anrie aigu avec la chasse, et on place ensuite 1 extrémité de cette dernière a la bouche, le talon dirigé du côté de la main oui doit opérer la section du vaiss('au. Ennn on saisit le bras, on l'étend au degré convenable, et Ton exerce sur sa face antérieure quelques frictions de bas en haut, pour faire remonter le sang près de la ligature et gonfler la veine; on assujettit celle-ci avec le pouce à la même distance à peu près que la ligature; et saisissant la lancette par son talon avec le pouce et le doigt indicateur, on appuie les autres doigts sur le membre, pour donner à la main un point d'appui, et on enfonce obliquement la pointe de 1 instrument jusqu'au vaisseau dans leijuel il doit pénétrer. L'ouverture est-elle jugée n'être pas assez grande, on relève la main pour retirer la lancette perpendiculairement, de manière è agrandir l'ouverture avec le tranchant antérieur de la pointe.
11 n'est pas toujours possible d'opérer de la sorte; amsi, quand la veine est profonde ou roulante, il faut la piquer perpendiculairwientf de peur de la manquer, et l'on peut même, lorsqu'elle est peu apparente parce que le bras est très-fort et gras, marquer avec le bout de l'ongle ou un peu d'encre le point oiï on l'a reconnue et où Ton est sûr de Patteindre. On y réussit bien mieux encore en faisant u'ie profonde et large inci-
sion au bras plutôt qu'une petite; elle est même nécessaire quand il y a beaucoup de tissu cellulaire sous la peau, soit afin d'éviter les saiffnées blanches, soit la formation d'un tromous. Du reste, le sentiment d'une résistance vaincue et la sortie de quelques gouttes de sang font connaître que la yeiue est ouyerte.
La veine piquée, le sang sort en arcade: on le reçoit dans un bassin, et pendant qu'il s'écoule, le bras étant soutenu, on recommande au malade de tourner le lancetier dans la main, la contraction des muscles faisant passer le sang des veines profondes dans les veines superficielles, ce qui accélère le cours de ce liquide.
La quantité qu'on en doit tirer yarie suivant l'flge, la vigueur de l'individu, l'intensité des sjrmptômes inflammatoirest etc. ; el quand on juge qu'on en a extrait suffisamment, on pose le pouce de la main gauche sur la plaie, ou bien, chez les sujets maigres, on tire la peau voisine eu dehors, pour détruire le parallélisme; on ôte la ligature et on fait fléchir le bras, qu'on nettoie avec une éponge humide s'il est sali par le sang; puis on essuie la blessure, et on applique dessus une petite compresse, sur laquelle on en
f»ose une plus large, maintenant l'une et 'autre avec la bande disposée en huit do chiffre, en ayant l'attention de laisser pendre du côté eiteme un fil de quatre à cinq pouces, que les croisés doivent laisser libre; on termine par des circulaires en haut et en bas, et l'on noue en dehors les deux chefs de la bande, à moins qu'on ne préfère assujettir le dernier bout avec une épingle. La Eose de l'appareil terminée, on ramène en as la chemise et les vêtements (à moins qu'on n'ait ôté ces derniers); on recommande au malade de tenir le bras fléchi rapproché du tronc, et la paume de la main tournée du côté de la poitrine, et de se garder, pendant vingt-quatre ou trente-six heures, de grands mouvements ou d'efforts considérables.
Voilà comment on procède généralement.
Eh bienl sans contester l'utilité de cette manière de procéder, nous dirons hautement que depuis que nous exerçons la médecine nous avons fait un bien granil nombre de saluées, et que nous avons toujours réuni la
tilaie par première inten&ion avec du diachyum appliquée sur l'ouverture de la peau : et {'amais il n'est survenu aucun accident. Ine fois sur cent peut-être, il nous est ar^ rivé que l'abondance du sang a empêché le diachylum d'adhérer à la peau et de maintenir la piqûre fermée, alors nous avons opéré comme il a été dit ci-dessus. Hors ces cas fort rares, nous nous sommes affranchi, nous le répétons, de tout appareil, à la grande satisfaction des malades, et toujours sans que nous ayons eu le regret de nous être écarté des règles qui nous avaient été tracées par nos maîtres.
Quand il y avait indication de saigner plusieurs fois le malade et que nous voulions rouvrir la mémo veine, quelques heurts
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après la saignée» nous mettions sur la plaie un peu de cérat pour empêcher la réunion des parties divisées et nous procédions ensuite comme nos confrères ont Thabitude de le faire; mais la seconde ou la dernière opération faite, nous réunissions Touverture par première intension. Quoi qu'il en soit, pour pratic[uer celte seconde saignée, on applique la ligature, et quand la veine parait gonflée» on donne un petit coup au voisinage de la piqûre; ou bien encore, on place le pouce sur la plaie, on y fait remonter le sang par des frictions répétées, et quand )a veine est gonflée et tendue, on ûte subitement le pouce. Quelques-uns veulent qu*oa détruise les adhérences commencées de la petite plaie aveo un stilet boutonné; c'est un mauvais procédé qui peut déterminer la phlébite.
La saignée du bras présente quelquefois des difficultés; et par exemple, les vaisseaux peuvent nepas être apparents ;dans ce cas, il faut serrer davantage la ligature, plonger la main et Tavant-bras dans Teau chaude ; on laisse le lien à demeure, trente, quarante,, cinquante et soixante minutes, à moins que le bras ne s'engourdisse, et que le malade ne puisse plus le supporter, et pendant que la ligature est en place, on fait fortem(^nt contracter les muscles de Tavant-bras, comme le voulait Lisfranc. Lorsque ces moyens ne réus-» sissent pas davantage, mieux vaut saigner au poignet ou à la main, que de se laisser guider par les cicatrices des saignées précédemment faites; à moins cependant qu'on ne puisse piquer sur la cicatrice môme et la rompre. D'autres fois, Tarière trachialo ou le tendon du triceps sont presque collés à la veine; dans le premier cas, excepté que la veine soit fort grosse» on évite de piquer le lieu ou Ton sent les pulsations, à moins qu'onna préfère enfoncer la lancette presque horizontalement, sauf à agrandir la plaie par élévation, ou en retirant Tins^ trument ;dan$ le second cas» on fait mettre Tavant-bras dans la pronation, afin que le tendon s'éloigne et s'enfonce dans le pli du bras.
On appelle saignée blanche celle oi!t l'on n'a pas ouvert le vaisseau. Dans ce cas, si la veine parait au fond de la plaie, on replonge la lancette è une plus grande profondeur; mais si le vaisseau n'est pas plus apparent» on donne -une autre direction à la piqûre, djjo de ne la pas manquer une seconde fois; ^i OQ ne l'aperçoit pas» on en attaque une autre.
Le vaisseau, ouvert et le premier jet de «ang lancé, souvent Thémorragie s arrête immédiatement; on doit de suite en rocher* cher la cause ; car si le sang s'est arrêté, A
1»arce que la ligature est trop serrée et l'a-» »ord du sang artériel gêné, on la desserre» B ]Màroe que les vêlements trop serrés forment •tine seconde ligature: on les ôte ou on les abaisse un peu ; C parce que la ligature est trop lâche ( alors le sang coule en bavant) , on la resserre; D parce que louverture est trop petite, ou l'agrandit; E {larce que la
Sraisse bouche l'ouverture, on l'enlève avec es ciseaux» ou on la refoule en dedans avec le bout d'un stylet: F parce que le parallélisme de la plaie de la peau et de celle do la veine est détruit, il faut, en donnant au bras diverses positions, chercher à rétablir i:e parallélisme; G et si enfin la cause de l'arrêt du sang est inconnue, on donnedes petits coups secs avec le bout du doigt sur le trajet de la veine : on fait des frictions de bas en naut.
EstK^e la syncope qui suspend l'écoulement du sang, on ranime le malade en le couchant sur le dos, en lui aspergeant le visage avec de l'eau froide, en lui frottant les tempes aveo du vinaigre ou les sels (}u'oq lui lait respirer. Quant au trombus et à l'ecchymose» on remédie à l'un, quand la plaie est trop petite, en l'a^andissant; on les dissipe tous deux en imbibant la compresse avec un liquide résolutif, et en laissant le bandage appliqué pendant Quelques jours.
Restent les acclueuts majeurs de la saignée, c'est-'à'dire la piqûre de l'artère, celle des nerfs, la phlébite: dans chaque cas, c'est un traitement particulier à faire subir aui malades , et nous n'avons pas à nous en occuper ici,
Saignée du pUd. Les veines que l'^n ouvre au pied sont les deux saphènes interne et externe, rarement cette dernière à «ause d^ sa petitesse.
Pour la pratiquer on a besoin, en outre de l'appareil décrit pour la saignée du bras, d'un seau rempli en totalité ou aux (rois quarts d'eau tiède, pour que la jambe puisse y être plongée jusqu'au jarret ou h sesdeui tiers ; d'un drap plié en sept ou huit doubles, etc. Au moment de l'opération, le malade étant assis sur une chaise ou sur le bord du lit» on met les jambes dans l'eau pour faire gonOer les veines,^et on les y laisse jusqu'à oe que les vaisseaux soient bien apparents. Alors, après s'être assis vis-à-vis au malade et avoir iait le choix de la veine auil veut ouvrir, le chirurgien essuie le pied, le porte sur son genou garni d'une serviette, pose la ligature à deux travers de doi^ audessus des malléûffis en la serrant médiocrement» et fait la rosette du côté opposé à celui de la veine qu'il doit piquer. Cela fait, il replonge le pied dans l'eau pour donner le temps aux vaisseaux de se remplir» l'y laisse pendant quelques minutes qu il emploie à
{^réparer sa lancette, et, retirant le pied de 'eau, il pique la saphène en agissant de la même manière que nous avons indiquée
)our la saignée du bras. Si le sang sort en , et, on le reçoit dans un vase; s'il coule en
savant, on remet le pied dans l'eau qu on laisse plus ou moin« rougir par le sang, suir vant que la saignée devra être petite ou forte; puis on ôte la ligature, on retire le pied} on l'essuie et on applique une compresse,
3ui est maintenue par un bandage en huit e chiffres, qu'on appelle étrier. (ici encore nous réunissions l'ouverture faite par la lancelle par première inteosion.) Voici coninienl se fait Véirier : on laisse pendre au dcliors et
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sous le talan^ unjrt det^i'jdede six pouces : on vient faire quelques dotoires, ouvertes en haut, sur la compresse; puis on passe derrière le talon, sous la plante du pied, pour revenir faire des croisés en huit de chiffre , qui embrassent la jambe et le pied : on termine en nouant en dehors le3 deux chefs de la bande.
N.^. U faut prendre garde, lorsqu'on remet le pied dans Teau, que ce liquide soit trop chaud, ou le pied enfoncé trop profondément, mieux vaut le tenir b fleur d*eitu, et essuyer de temps en temps la plaie en recommandant au malade de remuer les orteils. En6u on saigne sur le dos du pied, quand la veine n'est pas devenue apparente à la jambe.
Saignée du cou ou de ta jugulaire. C'est aux iugulaires externes, droite ou gauche, qu*elle se pratique. Le vaisseau doit ôtre ouvert à trois centimètres au-dessus de la clavicule afin d'éviter de blesser les filets nerveux si on pique plus haut, ou l'introduction de Tair dans la veine si on Tattaque plus bas. Mais, avant, il faut comprimer celle-ci au-dessus de la clavicule, au moyen d'une compresse graduée, sur laquelle on presse fortement avec Je pouce, si mieux on n'aime l'assujettir h Taide d'une bande qui, passant au-devant et derrière la poitrine, prend son point d'appui sous Faisselle du côté opposé. Quand te vaisseau est gonflé, le malade étant assis l'épaule et (a poitrine garnies d'une ser* vielle h plusieurs doubles, I opérateur appli- [{ue le pouce sur la compresse, l'index sur la jugulaire même pour l'assujettir et tendre la peau, et il plonge la lancette obliquement en haut et en dehors, assez profondément pour faire une large ouverture, je veux dire une ouverluro plus large qu'au bras.
Le sang sort en jet et coule plus vite lorsque le malade meut ses michoires, comme s il voulait mâcher quelque chose ; lorsqu'il coule le long de la peau, on le reçoit avec une carte courbée en gouttière, que l'on place au-dessous de la saignée. Enfin, on ar« réte le sang en formant la plaie avec une bandelette de taffetas d'Angleterre ou une mouche de sparadrap; et si cela ne suffit pas, on y ajoute une compresse et un bandage cir^ culaire modérément serré. Larrey recommande avec raison, pour éviter l'entrée de l'air, de ne point cesser la compression entre la piqûre et le cœur avant d'avoir fermé la plaie. Assez souvent on éprouve de la difficulté à arrêter le sang; dans ce cas, un point de suture à la peau, soutenu par un bandage ordinaire, suffit.
Artê^iolouib. Elle ne so pratique guère '1^'^ la branche frontale de l'artère temporale. Les instruments nécessaires sont: un nislouri droit ou convexe, des pinces et des ciseaux, une petite aiguille' courbe enfilée u un fil ciré, une bande de deux aunes, une compresse graduée de six lignes de diamètre à son sommet, un vase pour recevoir le '^?"8> une carte è jouer pour servir de gout- ''^re dans le cas où le sang sortirait en \m- ^ail; des éponges et de Tcau tiède.
L'appareil disposé, le malade est assis ou couché; dans le premier cas, sa tète sera maintenue par un aide; dans le second, elle doit être légèrement élevée et reposer sur la tempe opposée, fixée par un aide sur un oreiller garni d'une forte alèze. S'il est nécessaire, on rase les cheveux pour reconnaître la position de l'artère, exploration qui devient plus facile guand le malade serre fortement les mâchoires : cela fait, on marque avec Fongle le lieu où l'on veut Inciser.
Le point constaté, le chirurgien corn-
f^rime avec le pouce l'artère au-dessous du ieu marqué ; puis il la eoupe en travers, en faisant une incision de trois à quatre lignes de longueur. A l'instant, le sang sort en ar« eade et par jets, avec la couleur vermeille qui lui est propre. Pendant qu'il coule, le malade tourne la tête et la laisse appuyée sur l'occiput. Un bourdonnet de charoie est placé dans l'oreille, afin d'empèeher le sang d'y entrer; et si ce liquide sort en bavant, on le dirige à l'aide d'une carte en goultidre. Parfois un caillot volumineux vient empêcher le sang de couler: il faut l'eolever a;vec une éponge imbibée d*eau tiède, ou avec les doigts ; et lorsque la quantité de sang vouluo est extraite, un doigt étant j[>)acé sur l'inci-* sion, on lave la partie du visage salie parle sang et on réunit la plaie avec dies bandelettes agglutinatives , qu'on recouvre d'uoo compresse carrée, maintenue elle-môrae par
Quelques tours de bande qu'on fixe avec des pingles au bonnet du malade. On ferait usage du bandage dit nœud d'emballeur^ dans le cas où le sujet serait agité ou très-indo* cile : ou bien, eommd ce bandage est trèsfatigant, mieux vaudrait faire un point de suture, comme il a été dit pour ta saignée de la jugulaire.
Sa?i6sues. (Leur application.) -^ Divers
f procédés ont été proposés, soit pour appliquer es sangsues, soit pour les faire tomber et les dégorger, soit pour arrêter l'hémorragie qu'elles occasionnent.
Les précautions à prendre pour leur application et lr?s faire mordre plus facilt^ment^ c'est de les laisser jeûner pendant quelque temps pour les affamer, et, si elles sont engourdies ou paresseuses, de les rouler dans un linge sec et chaud ; de frotter d'abord la partie avec un linge pour la faire rougir, et de l'humecter avec du lait, de t'eau sucrée ou un peu de sang.
On a prétendu encore qu*en arrachant une plume de l'aile d'un pigeon, et en appuyant sur le lieu où l'on veut faire prendre les sangsues l'extrémité du tuyau de cette plume teint de sang, la gouttelette qui s'en détache et mouille la peau est un appAt puissant pour la sangsue, qui s'attache et pique instantanément. Je trouve le moyen assez ingénieux, et pourtant , quand lessangsues sont trop revôches ,)e préfère pratiquer une petite ouverture à la peau, avec la pointe d'une lancette. Par ce moyen, non-seulement l'insecte a pour appât le sang , mais encore, trouvant la peau divisée, il y eufoiicoles dent^.
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Un moyen assez ingénieux de les forcer h mordre, c*est celui doal les journaui anglais nous ont donné, il y a peu de temps, l'indication. A les en croire, on peut être certain d'obtenir la piqûre instantanée des sangsues. Voici en quoi consiste ce nouveau procédé.
Après avoir nettoyé la partie avec de Teau chaude, mais sans savon, on met les sangsues dans un verre, que l'on remplit à moitié d*eau fraîche, et gue l'on retourne adroitement, pour l'appliquer sur la partie ^ui doit recevoir les animaux. Les annélides s'attachent alors à la peau avec une telle rapidité, qu'il semble au malade qu'il n'a reçu qu'une seule morsure. Quand les sangsues sont toutes attachées, on soulève le verre avec précaution, et on reçoit l'eau à la partie la plus déclive, avec une éponge ou avec des linges.
Si on voulait faire prendre les sangsues sur un seul point, on ferait un trou de la largeur voulue à une feuille de papier, on l'appliquerait sur la partie malade et on agirait comme précédemment.
Si le malade ne pouvait se mouvoir, ou si la partie destinée à recevoir les saoçsues était inégale , de manière à foire cramdre qu'en renversant le verre l'eau s'écoulât, on appliquerait une feuille de papier sur Tou^ verture du vase, a6n de pouvoir le renverser è Tavance, et on le retirerait ensuite, quand on l'aurait appliqué sur la peau.
Quand les sangsues se détachent, on lave les morsures avec de l'eau chaude, et on les recouvre d'un linçe On plié en trois ou quatre doubles, puis on met par-dessus une bouteille plate, contenant sept à huit onces d*eau chaude, pour fociliter 1 écoulement du sang.
Du reste, qu'elles soient revéches ou non, leur application varie suivant le lieu où l'on veut les faire prendre. Ainsi, lorsque la surface est très-limitée [paupières, narines, gencives, lèvres), on place la sangsue dans un tube de verre ou d'os calibré également; puis, avec un piston adapté au tube, on pousse doucement l'insecte jusqu'à l'extrémité qui est en contact avec la partie. Si l'animal se retourne parce qu'on n'aura pas eu un tube assez petit, on renverse le tube et on enfonce le piston dans l'autre extrémité : on |ieut encore saisir la sangsue avec le pouce et !e doigt indicateur à nu ou garnis d'un linge, et on l'applique par son extrémité buccale.
S'agit-il de porter les sangsues h une plus grande profondeur, dans le vagin, le rectum, etc., on les place dans un spéculum fermé de toutes parts, excepté par un point qui est celui qui doit être mis en contact avec la muqueuse. Enfin, si la surface est large, on met toutes les sangsues dans un verre, que Ton renverse sur la peau. Nous nous sommes mieux trouvé de creuser en çodet U'ie pomme de terre coupée par le milieu, ei de nous eu servir comme d un verre ; et, à défaut, d'une compresse chaude, sous laqu 'Ile ou place les sangsues, et que l'on maintient avec la paume de la main.
Est-il nécessaire de ;)Oucher l'anus avec une bandelette humectée d'huile? Nous nV vous jamais pris cette précaution, qui nom parait complètement inutile, l'odeur seule éloignant l'animal de cette ouverture.
Ordinairement, quand les sangsues sont remplies, elles se détachent d'elles-mêmes; mais si on veut les faire tomber plus tèt, on leur met sur la tète un peu de sel, du ttbic ou du poivre en poudre ou de la cendre, etc. : cependant, si on désire les conserver, mieux vaut alors repousser leur extrémité buceale du lieu où elles ont mordu, avec Tongle du doigt indicateur promené sur la peauarf^c un certain effort. Hors ce cas , dans celui surtout où, l'animal ayant pénétré dans une
Srande cavité ou à une certaine profou* eur d'une petite cavité, on aurait à craindre quelques accidents, il faudrait les prévenir en injectant de l'eau fortement salée, du vin, de l'oxjcrat, ou eu y dirigeant de la fumée de tabac.
Pour faire dégorger ie$ sangsues qu'on veut conserver, on se contente, quand on n'est pas
Sressé de les réappliquer, de les mettre ans de l'eau claire, qu'on renouvelle souvent en ayant le soin de recouvrir le vase, qui ne sera pas entièrement rempli d'eau, avec une toile assez claire pour que l'air puisse y pénétrer; mais quand on est obligé de s'en servir bientôt, on les saupoudre do cendre : on en perd bien guelcjnes-unes par ce procédé, mais celles qui résistent peuvent servir.
Enfin, pour arrêter Vhémorragiey on se sert habituellement de la compression avec une bande, de l'agaric, du ratanhia en poudre, de la cautérisation avec le nitrate d argent. pans un cas où ces moyens étaient restée insuffisants, nous nous sommes servi en 18iS, chez un enfant, de morceaux de sarmei i longs d*un centimètre et fendus à moitié : pinçant la piqûre avec les doigts et plissait la peau, nous l'avons passée dans la fente du sarment qu'un aide tenait béante ; et les bouts, revenant ensuite sur eux-mêmes, ont formé une compression permanente qui a bientôt arrêté le cours du sang.
Enfin pour les cas rebelles on a pro(X)sé la suture, qui se pratique en traversant ta petite plaie par deux de ses bords avec une aiguille mince et un fil de soie très-fio ; ou encored'appliquer une ventousequi embrasse
toutes les plaies et qu'on laisse à demeure jusqu'à ce que le sang quelle a pompé se coagule; le caillot formé fait roiocn d'un bouchon, et on doit éviter de le déplâtrer soil en ôtant la ventouse, soit en essuyant )e sérum qui s échappe tout autour Ou sang coagulé.
Ventouses scarifiées. On appelle ventouse une petite cloche de verre dont l'entrée f^si plus étroite que le fond, qui est arrondi. Cn verre ordinaire ou tout autre vase analogue pourrait la suppléer.
Pour l'appliquer il suffit de fixer sur un morceau de carton ou une carte è jouer dotix bouts de petite bougie, ou bien un peu de
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papier, de colon oud*étoupe;de poser cette c;irte sur la peau et de la recouvrir avec la ventouse : dès lors la partie rougit et se gonfle par Tafflax des liquides et leur raréfoction, et la ventouse adhère fortement à la peau. Veut-on TAter, on déprime avec le bout du doigt la peau qui entoure son bord en dehors; Tair extérieur se précipite alors l»ar le petit jour que Ton fait sous Tinslrument, et celui-ci se détache aussitôt.
Lorsque la ventouse est enlevée, on fait aussitôt avec la pointe d*uue lancette, ou une aiguille droite en fer de lance enfoncée perliendiculairement et retirée de môme, des mouchetures peu profondes; ou bien on scaritie la peau en la labourant avec un bistouri convexe ou droit. Le scariflcateur allemand, qui dégage à la fois seize ou vingt lames de lancettes à Taide d*un ressort, et fait autant de plaies en un clin d*œil, est préféré pour les personnes timides. Hais il faut avoir le soin de l'appliquer avec une force suffisante l)0ur que la peau soit tendue, et néanmoins assez modérée pour que la marche des lames ne soit pas entravée.
Les mouchetures ou les scarifications pratiquées, on réapplique la ventouse pour la lever ensuite lorsqu elle contient une certaine quantité de sang, ou que ce dernier se coagule sur les petites plaies; dans ces derniers cas il faut nettoyer la surface scarifiée avec une épongo imbibée d*eau tiède, avant de replacer la irentouse, que Ton aura eu soin de rincer dans de Teau chaude. On réiiète cette opération autant de fois gu*on le juge nécessaire, c*est-^-dire cinq, six fois, en observant toutefois que le bord n'appuie pas sur les mêmes Doints, de i>eur de trop les contondre. Ennn, Topération achevée, on essuie les petites plaies avec soin, et on les panse avec un linge fin enduit de cérat frais, et si le malade y ressent quelques cuissons, onimprègne la compresse avec l'esl>rit de vin, oui arrête très-bien l'hémorragie et calme la démangeaison des petites plaies. Cette compresse doit être maintenue avec quelques leurs de bande peu serrés.
Mainteuant que nous avons décrit les divers procédés opératoires d'après lesquels on peut tirer du sang au malade, traçons C|uelques règles générales relativement à I emploi des évacuations sanguines en général.
i* Dans toute réaction inflammatoire générale, sans fluxion, ni inflammation locale, on ouvre la veine n'importe où, attendu qu'il suflit de désemplir les vaisseaux, c'estrà-dire de diminuer la masse du sang, pour niodérer, apaiser les symptômes morbides et amener la guérison. Cependant si les phénomènes morbides dépendaient de la suppression d'une hémorragie anale ou menstruelle habituelle, mieux vaudrait peut-être ^gner au pied qu'au bras, pour rétablir ces évacuations et porter la fluxion vers les parties inférieures.
. ^ Quand au contraire il y a une phlegmasic organique avec ou sans reaction générale, ^u qu il existe une fluxion sur un point, alors
non-seulement il faut tirer du sang, mai.« encore changer sa propension à se |>orter vers le lieu enflammé, en lattirant sur un autre point, ce qu'on obtient quand on ouvre le vaisseau dans un lieu éloigné de l'organe (saignée révulsive), loin de celui par conséquent sur lequel la fluxion est imminente, qu'elle s'y forme et s'y exécute avec activité, comme aussi lorsqu'elle s'y renouvelle par reprises périodiques. Mais quand la réaction et la fluxion ne sont pas générales, on pratique la saigiée dans les parties voisines du point phlogosé [saignée dérivative), près du lieu où la fluxion finit.
L'application des sangsues ou des ventouses scarifiées sur l'endroit le plus rapproché du siège de la phlegmasie ou du terme de la fluxion constitue la saignée locale, dont on se sert quand l'inflammation est complètement bornée. Chacune de ces espèces de saignée est donc préférable, suivant telles ou telles conditions morbides : lich«)ns de les indiquer.
Les saignées révulsives doivent généralement cire employées au début de la maladie, surtout lorsqu'elle est occasionnée par un coup, une chute, et que l'on veut prévenir l'abord du sang dans les parties contuses ; tandis qu'on préférera les secoudes, lorsque la fluxion sera parvenue à l'état fixe dans lequel elle se continue avec une activité beaucoup moindre qu'auparavant (dans les maladies aiguës) ou lorsqu'elle devient faible et habituelle ( comme dans les maladies chroniques }. 11 est pourtant une exception à cette règle, c'est dans le cas où la fluxion porte sur l'une des extrémités inférieures ou supérieures ; alors, h moins que la fluxion ne soit invétérée, on l'aggraverait en ouvrant une veine située dans la même extrémité. Barthez, à qui nous devons ces observations, ajoute que, dans le cas où l'on reconnaîtrait le point de départ de la fluxion, c'est-à-dire l'organe d'où elle vient, il faut établir une dérivation constante, non auprès de l'organe où la fluxion se termine quoiqu'il soit principalement affecté, mais auprès de celui où la flux ion prend son origine; c'est comme si l'on disait : lorsque la maladie dépend de la suppression des règles, par exemple, il faut faire une saignée dérivative de l'utérus, qui est le pars mandam du mouvement fluxionnaire, et chercher à rétablir l'écoulement, dont la réapparition est ordinairement suivie de la cessation des accidents.
Enfin, dans toute douleur inflammatoire qui n'aura i)as cédé aux saignées révulsives et dérivatives, on en vient aux saignées locales, qui sont alors bien plus puissantes que toutes autres jPpur atfaiblir sympathiquement la sensibilité de l'organe qui est le siège de la maladie, le terme de la fluxiont et pour résoudre l'état spasmodique qui s'établit généralement dans cet oi^i^oe. 11 est des cas pourtant où elles sont nécessaires, avant qu on ait fait toutes ces saignées senérales, et cela afin d'abattre l'excès de cnaleur et de sensibilité des parties qui y atti*