SCIATIQUE
SCUTIQUE
Tapeurs de camphre , dégagées dans le lit méTne du malade, pante qu'il ne pouvait être transporté au bain. Dans les cas de cette nature , quand la forme du lit le permet, je fais parfaitement border le lit en tous sens, et cette précaution prise, on met des charbons ardents dans une bassinoire, sur lesquels on projette du camphre on poudre. Cette bassinoire est promenée dans le lit le long du membre affecté, et
auand la vapeur camphrée a cessé de se ëgager de la bassinoire, on retire celle-ci et on borde le point [tar où la bassinoire a passé. Lorsque la forme du lit ne permet pas d*user de la bassinoire , je fais placer deux ou trois chaufTereltes le long du membre, ou un tout petit moine, dans lesquels on fait dégager la vapeur de camphre.
SCILLE, s. f. , sctlla maritima : plante de rhexandrie monogynie, L., de la famille des liliacées, J., qui croît sur les rivages sablonneux de la mer, sur les côtes de TEspagne , du Portugal , de la Sicile , etc.
La racine de la scille ordinaire forme un bulbe pyriforme de la grandeur du poing, compose de sqammes brun&ires, charnues, larges, amincies sur les côtés, lesquelh'S sont recouvertes par d'autres squammcs mambraneuses , d'une texture plus One encore. On n'emploie que les écailles du bulbe, et parmi celles-ci, on préfère les écailles intermédiaires, entre les plus internes et les plus extérieures. Dans les pharmacies , les squammes de scille se vcn- <lont séparées les unes des autres, et h Tétat de siccilé. Elles ont donc perdu les propriétés caustiques que Thumidité y conserve , et qui est telle que, si on manie pendant quelques instants dos écailles de scille, les doigts éprouvent de la cuisson et une rou-
Jour vive, qui peut s'accompagner parfois 'am{)oule$ très-douloureuses. Les yeux sont aussi trèSHdésagréablement affectés par la vapeur qui s'élève des bulbes de scille. Reste que , pour avoir de la bonne scille, il faut la recueillir en automne, et q}ie les écailles qu'on emploie ne soient ni trop humides, ni trop sèches : mieux vaut cependant qu'elles approchent davantage de la dernière de ces qualités que de la première. En analysant chimiquement la scille, Vogely a reconnu un principe Acre, volatil, de la gomme, plusieurs autres substances, et enfin la Scillicinef matière amère, visqueuse, constituant la partie la plus active du végétal , et formant le tiers du bulbe environ.
Administrée à grande dose, la scille exerce TinQuence la plus énergique sur l'économie animale. Agissant à la manière des poisons narcotico-âcresyson ingestion est bientôt suivie de tranchées vives, de coliques déchirantes, qu'accompagnent des accidents ataxiques généraux très-violents, se manifestant par des symptômes résultant d'une confusion et d'une alternative de phénomènes de surexcitation et de deliqaium^ dans les fonctions de la vie animale et de la vie organique : l'estomac s'enflamme et l'individu ne
tardé pas à succomber, si toutefois la phl<>gose de ce viscère est assez vive pour d/'terminer une mort prompte. Au contraire, employée dans des proportions convenables, la scille devient un remède puissant, duut nous avons pu constater nous-mëme jour* nellement les avantages, soit comme diurt^ tique, soit pour provoquer ou faciliter Teipectoration.
Nous devons croire que l'efficacité de la scille doit avoir toujours été constante, et jamais infidèle, puisque déjà les Egyptiens dis environs de Péluse, prescrivaient trèssouvent ce végétal contre les hydropisies, fort communes dans ces contrées; il e^t même question d'un temple qui aurait été érigé en son honneur, et où elle était adorée sous le nom de kjMf<fiu»y. Quoiqu'on soit aujourd'hui moins enthousiaste que l'ont été les Egyptiens, on s'accorde généralement à prescrire la scille comme un diurétique très-actif, et gui réussit généralement, quand on l'emploie d'une manière convenable, c'est-à-dire sans timidité. Ainsi Hildenbrand déclare qu'une pratique nombreuse lui a démontré qu'il fallait donner la scille à grande dose, sans faire attention aui nausées qui en sont la suite, et même aui vomissements (à moins qu'ils ne soient trèsviolents), les mouvements qui en résultent, et s'étendent dans toutes les fibres, devenant salutaires.
Une fort bonne manière d'administrer la scille consiste à imiter Quarin qui, dans l'hydropisie, prescrivait l'extrait de scille en commençant par la dose de deux grains répétés toutes les trois heures. Quand l'épanchement dure depuis longtemps, et qu'il u'j a pas de fièvre hectique notable, il est souvent utile de joindre les amers aux diurétiques, et de leur donner le vin blanc pour véhicule, comme dans la préparation conoao sous le nom de vin diurétique amer de la Charité.
Quant à la propriété expectorante de la scille, tout le monde a pu la constater, soit dans l'hydropisie de poitrine, soit dans les catarrhes chroniques et atoniques des poumons, etc., maladies dans lesquelles les préparations scillitiques sont journellement prescrites.
Bien des médications fort actives qui ont la scille pour base, ou pour pnincipai adjuvant, sont offertes au médecin nour l'usage de la scille; ce sont : 1*" laponne, qu'on administre sous forme pilulaire, à la dose de dent, trois, quatre, cinq, six et huit grains, dans les vingt-quatre heures; ilestbond'eji fractionner la quantité prescrite, afin d'habituer peu à peu l'estomac & son action, et prévenir par le les coliques et les vomissements. On conseille aussi, dans ce but, d associtr la scille à une substance arcmatique, i /^u vin, à du vinaigre, etc.; 2" en extrait qui se donne aux mêmes doses que la poudre; S* en vin. On le compose en nlettant macérer, pendant trois ou quatre jours, 16 grammt^ de scille dans un kilogramme de vin; il doit être filtré : sa dose est d'une à quatrecuil*
SCOilBlT
SCORBIT
lerécs tous les matins à jeun. De Richart a coai{)osé un rin scilliticiue qui nous parait réunir toutes les conditions voulues ; c*cst pourquoi je vais en transcrire la formule :
Pr. : Scille, 1 once.
Ecorcos d'oranges ctj . chaaue 2 cros Calamus aromaticus, J^^ ^"*^^® ^ 8ro», Vin blanc» 24 onces.
Mettez en digestion pondant trois jours et «joutez
Oxyrael sciJlitiquet 2 onces.
Dose : trois ou quatre cuillerées (>ar jour.
4* Le vinaigre scillitiquct qui est donné à quarante gouttes dans un véhicule approprié; 5M*oxymel scillitique, préparation la plus efficace pour faciliter Texpectoration, quand on en prend une ou deux cuillerées à la fois; 6*" la teinture, qui no s'emploie guère uu'à Textérieur, seule ou môléeà la teinture ae digitale. Yoy, Hydropisib.
7* Les PILULB9 DB sciLLE COMPOSEES de la pharmacopée de Londres.
Pr. : Oignon de scille desséché, 1 gros.
Gomme ammoniaque, 3 gros.
Mêlez ensemble les | oudres, incorporezles dans le savon, en ajoutant une quantité suffisante de sirop, pour donner au mélange une consistance pilulaire.
Ces pilules sont employées avec succès dans les affections catarrnales chroniques des voies aériennes, à la dose de douze, quinze, dix-huit, vingt-quatre grains par jour, selon Tâge et l'état du malade. On peut même porter la dose plus loin.
8* Pilules scillitiques de la pharmacopée d'Edimbourg*
Pr.: Savon médicinal, 1 gros.
Baume de copahu, S. Q.
F. une masse qu'où divise en pilules de quatre grains.
On les donne dans l'hydropisie, les rétentions d'urine, è la dose de trois ou quatre le matin à jeun.
SCORBUT, s. m., êcorbutus. — Sesprincipaux caractères sont l'accablement, des taches livides dans différentes parties du corps, surtout aux extrémités, avec enflure des jambes, la routeur, la mollesse, la tuméfaction, la fongosité et le pr jrit des gencives, qui saignent au moindre attouchement, à la plus légère pression ; la fétidité de l'haleine, la vacillation et la chute des dents, la disposition aux hémorragies passives avec un état de débilité extrême , qui s'annonce lui-môme par de la dyspnée, le teint blême et la bouffissure du visage, la faiblesse ei la lenteur du pouls, etc.
Le scorbut ne se développe pas tout h coup, il a plusieurs périodes durant lesquelles les symptômes qui le constituent, légers d'abord, finissent par acquérir une grande intensité. Ainsi, la première période se distingue des suivantes par la pâleur de la lace avec une teinte livide plus ou moins
marquée, des lassitudes générales, des ta* ches cutanées et l'état gengival précédemment décrit.
Dans la deuxième période^ la déambulafion est impossible, soit par la contracture des muscles fléchisseurs de la jambe, soit à cause de l'enflure c;^uelquefois monstrueuse des extrémités, qui sont tachetées par de grandes ecchymoses livides ; au moindre mouvement et souvent par la simple exposition à l'air frais, le malade tombe en syncope ; il est sujet à des hémorragies par la bouche, le nez, les intestins et les poumons, fort difficiles à arrêter. Ses gencives, de plus en plus fongueuses et livides, deviennent le siège de vives douleurs; une odeur très-fétide s'en exhale, les jambes se couvrent d'ulcères spongieux, bleuâtres, saignant à la moindre cause, ou bien une sim|)le induration du tissu cellulaire des jambes et des pieds se manifeste.
Eutin, dans la troUirme période^ rien de plus déplorable que l'état du malade: il éprouve des douleurs sourdes, qui se font sentir dans les os des extrémités mférieures, la gangrène et le sphacèle se déclarent d'euxmêmes et sans inflammation préalable, surtout aux jambes, de manière qu'on voit auelquefois des parties entières se détacher u corps; les symptômes généraux de la lièvre putride ou ceux de l'état adynamique se mettent de la partie, des épanchements séreux se forment, et la mort arrive au milieu d'une sor.e de dissolution organique et sanguine, le sang acquérant quelquefois des propriétés corrosives très-marquées. Ainsi, on trouve dans Domingius qu'il a vu le sang corroder le linge sur lequel il se ré|>andaiU dans les hémorragies du nez auxquelles un scorbuti([uo était sujet.
Du reste, nous devons remarquer, en passant, que ce liquide ne se présente pas toujours avec les mêmes oaractères, pui.sqnr, d'après le témoignage de Und , Milman . Dehaen, Deyeux, Parraentier,Fourcroy,ctc.; il est souvent coagulable et même quelquefois couenneux : différence qui [leut tenir à ce qu'on l'a examiné au commencement de la maladie, époque à laquelle la dissolution scorbutique n'est pas avancée.
Quoiqu'il eu soit, les causes çiui produisent le scorbut sont un air humide et froid, un air vicié et renfermé, la malpropreté individuelle , la disette, une nourriture grossière, non fermentée, Fusage des viandes salées et fumées , altérées , corrompues ; le manque d'aliments frais, de végétaux ; la boisson d'une eau corromime, le défaut d'exercice , des fatigues excessives , la tristesse et l'ennui , la faiblesse constitutionnelle , etc. Toutes ces causes se réun-ssent dans les navigations prolongées ; aussi est-ce principalement dans les voyages de long cours, qu'on observe le scorbut, que ce mal est le plus redoutable et qu'il exerce le plus de ravages.
Les mêmes effets peuvent avoir lien sur terre, pendant les sièges et autres calamités générales, comme aussi dans les maisons de