SCORBUT
SCOEBLT
détention où tous les movens Uo salubrité no sont pas toujours faciles à obtenir, soit des administrations, soit des individus euimftmes : c*(^st à cette cause que nous avons dû , étant élève en médecine , d*avoir pu étudier le scorbut. I) régna épidémiquement 1^ la maison centrale de Montpellier, mais il y lit peu de victimes , grdce à l'activité et au savoir que déploya en cette circonstance (comme toujours) M-, Lordat, médecin de rétablissement. Sa bienveillance pour moi, m*ouvrit les portes de cette prison et je suivis assidûment les progrès de l'épidémie.
Elle affecta (comme le scorbut de terre le fait habituellement) une marche clironique, dura cinq ou sii mois, sans entraîner des accidents graves, quoique bien des malades eussent des héroorraçies nasales, de la diarrhée ; ce qu'on regarde généralement comme de mauvais signes, en ce que ces accidents symptomatiques semblent indiquer une mé* tastase interne de raffection cutanée. Dans ces circonstances, Tinfusion d'ipécacuanba, le cachou, agirent efficacement contre le dé- Toiement; la limonade minérale, du bon vin, d*excellent bouillon, etc., arrêtèrent Tépitalis; brer, presque tous 1(^8 malades guérirent.
Tout indiquant dans le scorbut une tendance à la dissolution du sanç, à la putridité, comme disaient les anciens et comme s'exnriment encore quelques modernes, à la diminution de sa vitahté, de sa plasticité, Tindication principale doit être dans le traitement de cette affection, d'enri** chir, de vivilier cet aliment yital, pour qu'à son tour, il tonifie l'organisme. Parmi les moyens proposés, le docteur Lind, à qui nous devons des eipérienccs comparatives sur les remèdes les plus vantés contre le scorbut, s'est assuré que le suc de cochléaria, le quinquina à haute dose, les amers, la décoction nés bois sudoriGques, les végétaux frais, les fruits mûrs (groseille , pommes , prunes) avaient absolument les mêmes propriétés curatives à un égal degré. Mais le plus sûr moyen de guérison, dit-il, c'est 1 éloignement des causes qui ont produit la maladie, et ce qui le i^rouve, c'est qu'aussitôt qu'un équipage affecté de scorbut est misa terre, peut boire de la bonne eau et manger des végétaux, des fruits, il guérit avec la plus grande facilité. Du reste, il est un moyen réservatil' qu'on emploie avec succès dans es voyages de long cours : c'est la propreté parfaite à bord, les lotions et la ventilation des entreponts, l'exercice et les distractions que l'on procure aux matelots; l'usage de la bière, de la limonade et de la choucroute.
La driche estd'uneeflicacité remarquable, assure-t-on, pour prévenir et guérir le scorbut des gens de mer, l'orge germé étant émi* iiemment antiputride.il n'est donc pas étonnant qu'on lui ait attribué une grande partie des succès que le capitaine Cook a obtenus dans le fameux voyage dont il a donné la relation.
Une autre prescription qui jouit également «te b;*auuoup U'efficatité, c'est le lait écrémé
et coupé avec la décoction du bois de sassafras; Boucher, praticien distingué, qui nous honorait de son amitié et de ses conseils, assure en avoir retiré quelque bien dans la première stade du scorout, quand il y avait un fond d'âcreté et d'épaississement des humeurs et que les toicces digestivcs n'étaient pas en très-mauvais état. Voici d'oilleurs comment il s'exprime à cet égard : « Bien des médecins ont préconisé, à cette période de l'affection scorbutique, les vertus du lait; mais, tandis que Ettimuller, Willis, Bruiner, Pitcarm, Alberti, Martini et Clerc en oui célébré les avantages, Morton a déclaré que la diète blanche est très-nuisible aux scorl)utiques. Voulant m'assurer de la vérité, j'ai administré le lait de chèvre, et les heureuses tentatives que j'ai faites m'autorisent à en conseiller 1 usage. » Il ajoute que le lait de chèvre est plus salutaire quana on nourrit l'animal avec des plantes antiscorbutiques.
Poumons, nous donnons la préférence au
Îfuinquina, qui tient le premier rang parmi es toniques, et qui, par conséquent, est le remède le plus efiicaoe qu'on puisse opposer au scorbut. Il est d'ailleurs d'autant plus utile, qu'il apaise cette petite fièvre erratique, anormale, qui se montre le soir; qu'il rétablit l'aclion languissante des forces vi^ taies, arrête les hémorragies et cbangebientôt, par la vie nouvelle qu'il donue au saog, l'aspect des ulcères* en leur donnant une plus vive couleur.
Ayant déjh nommé \h ehoucrauie^ je ferai remarquer que les Anglais lui aecerdant une très-grande confiance, en font un approvi* sionnement immense pour la marine. Sa ré-*
[mtation antiscorbutique lui vient de ce que e capitaine Cook en faisait distribuer deui ou trois fois par semaine à ses équipages, et qu'on attribue ^ cette distribution la sanlé parfaite et vraiment extraordinaire dont jouirent tous ses hommes, ofOeiers, soldais et matelots sans exception, durant une oavigation de trois années et dix*huit jours, dans tous lescltmats,depuisle5^*degreoûrd jusqu'au W» sud. Dans ce long voyage il ne perdit que quatre hommes; un qui mourut d'une malaaie de langueur, sans aucun mélange de scorbut, deux autres qui se noyé* rent malheureusement et un quairiime qui fut tué par une chute, de manière que des cent dix-huit personnes qu'il avait en pa^ tant d'Angleterre, il n'en perdit que quatre, je le répète, et sur ces quatre un itul de maladie, sans symptftmes scorbutiques.
Les autres moyens curatifs, non moins actifs, dont on a eu à se louer, ce sont: le suc de citron à la dose de six à douze onces par jour, et employé aussi à l'extérieur pour le pansement cfes ulcères, La levure de oitr* qui s'est montrée, non moins salutaire, $oit intérieurement à la dose de quatre à douze onces, soit extérieurement en lotions. Le Sirop antiscorbutique du docteur Por^^- Pr.: Racine de gentiane quatre gros- — de garance, deux w- Quinquina, deux w»
SCROFILÉS
SCHOFULES
tSG
padne de raifort sauvage, demi once.
Cresson de fontaine, Q. S.
Oocbléaria, Id.
Muriaie surotygéne de mcrciipe, î grains.
Onflill bouillir les racines avec le quinquinsy dans deux livres d'eati réduites à une. Dupasse la décoction, on ajoute une livre ctdemiede sucre, on clarifle avec deux blancs d*œuf, on (hit cuire ce mélange jusqu'à consistance de sirop, et on té passe.
D'une autre part, on pile dans un mortier, les feuilles de cresson, de cochléaria et les racines de raifort, on les exprime, pour avoir six onces de suc que l'on flltre à froid , on ajoute onze onces de sucre réduit en poudre grossière, on chauffe au bain-marie jusqu'à ce que le sucre soit dissous ; on passe ei on ajoute ce sirop au premier.
KnQn, on fait dissoudre le sublimé (muriaie surotygéne de mercure), (fans environ un gros d'alcool, et on le môle exactement flU sirop.
On donne ce sirop à la dose d'une ou deux onces, dans une tisane appropriée. Il convient dans les maladies delà peau, dans les «ifTections scrofuleuses, scorbutiques et les maladies vénériennes invétérées.
Quand la faiblesse est extrême, on donne les toniques et les acides minéraux à Tin teneur. Aux ulcérations de la bouche, on oppose le miel rosat, l'acide muriatique, la dé* coction de calamus aluné. On panse les ulcères scorbutiques avec de la pulpe de ca* rottes fraîches, fréquemment renouvelée, et on se sert de la Sabine en fomentations et en bains. Elle produit des effets extraordinaires et vraiment spécifiques contre les ulcérations, même lorsqu'il y a carie.
SCROFULES» 8. f. plur. ( ëcrouelles ; , 9cropkulœ^ êtrumm : état dyscrasique ooos-' titutionnel, qui existe soiis deux formes, c est-à-dire, 1" comme disposition à la maladie scrofuleuse; 2* comme maladie déclaréei Noua avons donc è l'étudier dans ces deui conditions.
tes signes extérieurs à l'aide desquels on reconnaît la première des formes de l'état dyscrasique scrofuleux sont dès l'enfance , une lètefort^rosse, surtout àrdcciput,un cou court el épais, des tempes déprimées, des mâcFioires larges, des cheveux blonds, la peau d'un beau blanc, les joues rosées, les yeux presque toujours bleus, à pupilles dilatées, le gonflement de la lèvre supérieure, où ouelqDefois il se forme des gerçures avec un écoulement jaunAtre ; le nez rouge et douloureux, les yeux chassieux, le suintement de derrière les oreilles, le corps entier, plein, rebondi, bien nourri, et néanmoins des chairs molles, flasques et comme spongieuses; le bas-ventre est nlusdéveloppe que de coutume, et quoique le sujet dont 1 esprit vif et développé d'une manière précoce, ait de lagaltéetdes reparties fort spirituelles, on remarque en lui un air de nonchalance très-prononcé. Avec une constitution pareille, unie à une prédisposition hérédi-
taire, il est rare que Taffection scrofuleuse n'éclate pas tôt ou tard.
Ses préludes sont, outre le suintement des oreilles, la chassie des yeux, la rougeur du nez, etc., dont il a été parlé, des hémorragies nasales fréquentes, de renchi(rènemcnl, de l'oppression, de Tirrégularitéuans l'acte digestif (nausées, rapports acides), le développement des vers intestinaux, la constipation ou le dévoiementi enfin, le gonflement et Tinduratiou des ganglions lymphatiques superficiels, d'où le nom dogangtile êcrofaitu$e donné è cet engorgement, qui se termine ft*équemment par toiy^ppuration.
Dans ce cas, voici comment les choses se passent : le ganglion, de mobile ou roulant qu'il étaitsous la peau, devient le siège d'un empâtement qui persiste longtemps h cet étal. Cependant, après être resté quelquefois des années et.tières mou et parfaitement indolent , cet emp!\tementgangiionnairc devient peu à peu volumineux, durcît ; des douleurs s'y développent, la peau qui le recouvre rougit, s'Ouvre, et donne issue à un pus floconneux et ténu. L*ulcère qui résulte de la formation de l'abcès glandulaire et de sa rupture, est onlinaîrement de forme oblongue, à bords taillés en biseiu, à fond rouge, pAle et souvent çrisAtre, il se recouvre de végétations fongiformes et mollasses, reste longtemps à se cicatriser, et ses alentours, rarement douloureux, présentent une coloration blaffirde, lie de v]n,qui annonce combien peu il y a de vitalité dans les parties. Aussi les cicatrices qu'on obtient à la longue, offrent-elles beaucoup d'irrégularité et persistent-belles à être difformes toute la vie.
Mais, oe n'est pas seulement è l'état d'engorgement, d'abcès glandulaire et d'ulcère scrofuleux cutanés, que la cachexie écrouclleusesemanifeste. Elle sedécèieaussi en donnant lieu à Kengorgement des glandes mésentériques (Yay, UAnnfeAu) ov en altérant la substance des poumons de manient ày for mer des cavernes ou foyers de suppuration. (Foy. Phthisie), et alors il est rare que l'individu guérisse.
Je dis plus : quoique ne se manifestant par aucun symptôme spécial autre que ceux de rét.U constitutionnel, dont nous avons tracé le tableau, le vice scrofuleux n'en imprime pas moins son eachtt à une foule de maladies dont laguérison serait impossible, si oti n'associait pas le traitement antiscrofuleux aux moyens locaux que la maladie en traitement réclame, et par exemple, l'ophthalmio scrofuleuse, la carie scrofuleuse, etc.
Causes. Indépendamment de la pridifpo- Wlîan héréditaire à l'affection scrofuleuse, il y a encore celle qui est favorisée, soit par l'habitation des lieux bas et humides, une mauvaise nourriture dans les premières années de la vie, rallaitement artificiel, ou Tal- Jaitement maternel par une mère ou une nourrice affaiblies, ayant un mauvais lait, nraladives, soit par une existence passée au milieu d'un air impur, renfermé, animalisé; le défaut d'exercices corporels, soit par une impulsion communiquée de trop bonn^ heur a