‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 177 sur 209 · USI · texte numérisé non relu

USI

SCROFULES

SCROFULES

aux facultés intcUectuelleSt le cbagrii^ la tristesse ; soit par des maladies exanthématiques répercutées^ etc.; et chez lesjeuoes enfants, rabus de ropiiim ; de là» la nécessité do remonter h la nature de ces causes JtOUT établir les règles de traitement de Tafèction scrofuleuse.

Mais» comme celle-ci est constitutionnelle» il faut s'armer de courage et de patience quand on entreprend la guérison d*un malade entaché du vice scrofuleui» un temps fort long devant s^écouler avant d'avoir obtenu les effets du traitement lent et diflicilc» qull convient d'employer. Et comment n*en serait-il pas ainsi» du moment où il faut agir sur la nutrition, pour modifier etcorri-

f;er la fonction entière de lachjrlification» de 'assimilation et de Tanimalisation ; toutes les parties du corps étant formées d'éléments de mauvaise nature» l'édifice animal tout entier étant construit avec de mauvais matériaux. C'est pourauoi» avant d'énumérer les moyens tant généraux que locaux » diététiques» pharmaceutiques ou spécifiques»

qu'il convient de mettre en usage ; tous les auteurs de médecine pratique commencentils par tracer les règles générales du traitement de l'état scrofuleux ou constitutionnel» delà cachexie ou dyscrasie écrouelleuse. Elles consistent» ces règles : 1** dans la soustraction du sujet à l'inQuence des causes qui peuvent favoriser le çerme qu'il apporte en naissant ou qui s'est implanté plus tard en lui ; 2" dans l'emiiloi bien dirige des secours tirés de l'hygiène et de la thérapeutique ; 3* dans le choix des époques les plus lavorables au traitement» car il en est qui le sont plus ou moins» et d'autres, qui no le sont pas du tout è l'action des agents dont on veut se servir.

Nous disons» 1* soustraire le sujet à /'tnfluence des cawes^ parce que si l'enfant naît de parents scrofuleux et au'il soit nourri par sa mère ou par une autre femme scrofuleuse» loin Que la chvlificatiou, l'assimilation et l'animaiisation oe cet enfant s'améliorent par rallaitement » sa constitution tout entière se détériorera tous les jours davantage» au lieu que s'il est nourri par une femme forte» vi-> goureuse ou par une chèvre» son organisme se ressentira probablement des avantages de cet allaitement étranger ; d'ailleurs l'expérience ajantétahliquedes parents scrofuleux» ou atteints delà syphilis» procréent des enfants scrofuleux en venant au monde ; l'affection écrouelleuse n'étantbien souventqu'une syphilis déc^énéréi) et modifiée à la seconde génération, pourquoi ne ferait-on pas à la chèvre des frictions mercurielics qui» on dormant au lait des qualités médicamenteuses, le rendraient propre à épurer les humeursdu nourrisson ? {Voy. Syphilis}. De môme, si les localités inlluent beaucoup par leur position, sur^ Foxisteice de cette affection ; s'il c*st vrai que les climats tempérés sont ceux où, on la rencontre le plus fréquemra: nt, qu'une atmosphère humide et froide dans laquelle on vit habituellement, a sufli pour la développer chez desindividus quiavaicutséjournj

dans des contrées chaudas et sèches» et la preuve, c'est que Cooper assure avoir vu des enfants en grand nombre qui»veoas sains des Indes, ont contracté en Angleterre des maladies dépendantes de l'affection scrofuleuse» et vu périr dans le même pays et par ces maladies, des indigènes des lies de ta mer du sud. S'il est vrai» enfin» que la plupart des singes que l'on transporte des pays chauds dans nos climats tempérés meurent de la phthisie scrofuleuse, etc.,

f>ourrait-on espérer de modifier et changer a constitutio*! organique de l'enfant, en le laissant» pendantTes premières années de sa frêle existence, sous 1 influence d^un mauvais climat ? Non, il faut donc qu'il soit transporté ailleurs.

Ce n'est pas tout encore : on a reconnu que les aliments composés de matières féculeutes non fermentées, les châtaignes, les pommes de terre, la bouillie, enfin toutes les substances qui, sous un volume considérable» contiennent peu de matériaux susceptibles de s'assimiler au corps vivant » favorisent le développement de ''.et état morbide général, et qu'il en est de mAme de l'usage des boissons non fermentées \ n'est-ce pas dès lors qu'il faut donner aux individus une nourriture plus animalisée» plus nourrissante, qui, sous un petit volume» contienne beaucoup de roaténaux chylifères ? qu'ils doivent boire des vins généreux» des liqueurs fermentées, etc. ?

La vie inactive, avons-nous dit, le défaut d'exercice» et l'impulsion trop tôt donnée aux facultés intellectuelles » favorisent je vice scrofuleux» soit parce qu'ils coïncident avec le peu de changement d'air , ?oit parce qu'ils nuisent au libre exercice des digestions qui sont longues et difl[ici)es. Or,

2ue faire pour remédier à ces inconvénients? 'est fort simple: prescrire des exercices gymnastiques proportionnés aux Itrces de renfant» occuper son esprit pour le distraire et l'amuser plutôt que pour en faire un jeune savant ^ laisant coïncider les heures de locomotion» de course» de sauts, etc., aveo colles où la température du iour est la plus élevée eu biver, la plus modérément chaude eu été.

Quant à la malpropreté» on doit y veiller h tout Age. Ainsi» nous le répétons, rindlcation principale est de soustraire l'eufant à riufluence de ces causes susdites» qui toutes sont généralement débilitantes , et en particulier à l'usage prématuré de ronaniioïc et du coït, rien n*étant plus puissant pour déterminer la manifestation du vice scrofuleux«

On a bien noté aussi» comme cause do scrofule» la grossesse, une dentition dinitw râccroissement trop rapide, les passions tristes ; mais nous croyons que, sans une prédisposition bien mahifesle, la maladie n'éclatera pas , la dentition n'ayant été irré-

Îjulièrc et lente, l'esprit chagrin, etc., 'lacs ws aits observés, que parce que Je germe niorbilique fermentait à l'intérieur eimamfesl*» déjà» par ces signes, sa fâcheuse iiiflucnce.

SCROFULES

SCROFULES

Daus tous les cas, ce ne serait qu'une cause iodirecte dont on doit beaucoup moins se préoccuper. Reste que l'étude de i*étiologie, de la scrofulose est, on ne saurait trop ie redire, d*une très-haute importance ; si importante même, que nous ne craignons pas de répéter encore, avec certains de nos confrères : étudier les causes de cette affection, c'est l'étudier tout entière; car, sublaia €auta ioUUur effectué est un axiome qui troure principalement ici son application.

2* Le choix des secours que rnjçiène et la thérapeutique fournissent ne saurait être non plus indifférent pour la guérison de l'affection scrofuleuse ; car si, par les moyens hygiéniques appropriés, nous en avons d^à indiqué quelques-uns, on tend à modiûer favorablement l'organisme, les agents thérapeutiques doivent nécessairement tendre au même but. Expliquons-nous. Faire respirer au scrofuleux un air pur, sec et chaud, renvoyer à la campagne où il puisse se livrer aux exercices de la promenade en plein soleil, à pied, à cheval ou en voiture ; exercices qui doivent ôtre proportionnés à sts forces ; qu'une nourriture saine t animale, que des boissons toniques (vin, bière), prises en quantité lui soient accordées : qu il soit vêtu de flanelle et de laine ; qu'il se bai-

Î;nede tem|>s en temps dans un bain d'eau saée, à la rivière ou à la mer en été ; que son sommeil soit court et goûté, sur un lit un pou dur, garni d'une couchette de plantes aromatiques ; qu'il occupe son intelligence è des lectures qui ornent l'esprit et forment le cœur aux bonnes actions; qu'il évite les excès en tout genre : voilà toute l'hygiène qui lui convient.

Quand aux médicaments, il en est un grand nombre }>armi lesquels on jpeut faire un choix. Ainsi, après les spécifiques , nous placerons en première ligne, le café de gland de ekénet dont nous avons beaucoup entendu vanter les propriétés antiscrofuleuses par nos maîtres ; ce café est d'autant phis avantageux , qu'il fournit un aliment d'excellente qualité.

Eu seconde ligne, nous plaçons, quoique pouvant et devant être donnés en même temps gue les glands de chêne torréfiés , le ^tftnfutna, sous tontes les formes, les or^-

1 traitons martiales^ la gentiane^ le houblon , es fficj d'herbes de la famille des crucifères, ou les fondante végétaux. Les plus efQcaces sont au printemps, les sucs de pissenlit, de chiendent, de fumeterre, do pas-d'Ane. Hufeland prétend avoir vu le dernier surtout, produire d'excellents effets, pris tous les matins à la dose de deux à quatre onces dans du bouillon de viande dégraissé : on y joint les vins d'absinthe, de gentiane et les sirops formés par les mômes plantes ou celles que ion a classées parmi les végétaux dépuratifs. Puis vient le mercorot vaoié par les uns, et dont lefiicacité a été conle^tée par les autres, ce qui provient peut-être de ce que les cas n'étaietit pas les mêmes et que l^s médecins qui ont guéri la scrofulose |»ar les mercuriaux avaient aii'airc à une de ces

affections scroluleuses par dégénérescence syphilitique, et vice versa pour les autres. Bans tous les cas, si on veut s'en servir, il est nécessaire de l'associer au soufre ou à l'antimoine, pour prévenir la salivation, ou, chez les enfants, pour empêcher qu'il ne purge, La meilleure forme est donc, pour les siyets jeunes délicats, Téthiops minéral et antimonial, avec la magnésie et la rhubarbe, d'après la formule suivante : Pr. : d'éthiops minéral... un à trois grains ; magnésie carbonatée... une once; rhubarbe... deux gros; racine de valériane... un demi-gros ; oléosucre de fenouil... une demi-once. Faites une poudre... Dose : une ou deux fois ce qui en tient au bout d'un couteau ; ou bien, autant de grains par jour que le sujet a d'années, jusou'à huit grains.

L'iode a été fortement préconisé dans ces derniers temps, soit .comme moyen de traitement général, soit aussi comme destiné à combattre les engorgements glandulaires. Nous l'avons employé assez souvent avec avantage, tant en teinture , à la dose de quinze gouttes deux fois par jour, pour les enfants de dix ans, et vingt gouttes pour les adultes, tant en pilules associé au fer, pour Que nous le préconisions nous-même. Nous ferons observer, cependant» qu'il faut en user avec modération, à cause del'allération profonde qu'il porte dans l'organisme. Il est donc prudent de s'en abstenir chez les sujets délicats et de ne l't^mployer que dans les cas opiniâtres ; et même, dans ce cas, ne ne faut-il pas l'employer d'une manière continue.

Nous n'adresserons pas le même reproche au chlorure d'or et de soude ou au muriate d'or, proposé par le docteur Chrestien dans le scrofule, attendu que, quoi qu'en puissent dire les détracteurs de ce médicament» on en retire de bien grands avantages dans une foule de cas. Pour notre part, après avoir vu Chrestien Tadministrer longtemps à la dose d'un quart de grain, d'un demi-graîn, d'un grain même par jour, h des ^>ersounes atteintes de syphilis avec dispusition organique h la phthisie scrofuleuse, nous Tavons donné iious-même, et avons constaté ses succès, soit dans les mêmes cas, soit dans l'ophthalmie strummeuse, etc. C*est pourquoi nous nous plaisons à proclamer son efticacité, qu'on l'administre h l'intérieur pour combattre Tétat dyscrasique des humeurs, ou qu'on l'applique comme topique en |K)mmade sur les ulcères syphilitiques, dont il change évidemment l'aspect et liAte la cicatrisation. Voy. Syphilis.

Pendant le cours du traitement, ou administre de temps eu temps, tantdl les vomitifs afin de débarrasser l'estomac et les {iremieres voies des saburres et des vers qu'ils peuvent contenir; tantôt les nurgatifs qui agissent aussi comme vermiiuges, et augmentent en outre l'activité du système lymphatique, ce qui est utile pour épurer le sang, et lésoudre les engorgements. A cet effet, nous donnons volontiers, tous les huit jours, à nos scrofuleux un verre d'eau du

Page 1