‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 18 sur 209 · ALLAITEMENT · texte numérisé non relu

ALLAITEMENT

différent, au coatraire; car, si d*uD côlé ii €sl des femmes qui n'ont pas pour l'enfant ces attentions et ces soins qui lui sont si néressaireSf il e^ est d'autres qui» mieux organisées, moralement parlant, pècbeiit par Tes conditions physiques. On préférera aônc la fioUmce dont' le lait sera plus ieune ou plus en rapport d'àse avec celui de Ta mère, celle dont I ensemble de la constitution offrira toutes les apparences de la vieueUr et d'une santé robuste, dont lés seins bien gonflés et îûen développés , seront comme crayonnés par dés ligues bleuâtres, dont le teint sera î)run,la bouche bien garnie, les dents blanches et non cariées, Thàleine douce et n'exha* lant du corps aucune mauvaise odeur, dont le caf^rctëre ne sera point irascible, dont les totce^ digestives auront utie grande énergie, ^t en qui le lait se renouvellera promptetù6r\L Inutile de dire qu'elle doit avoir des habitudes de propreté, le sommeil léger, et qti'elle sera exempte de toute maladie contagieuse. Quant è son lait, s'il a une saveur douce , agréable, sans odeur, s*il est blanc, <^gâl, et (Tune consistance telle que si on en ihet une goutte stlr l'ongle, elle y reste sans se déformer • oh ! alors , cette femme aura toutes les conditions voulues. Si, par cas , on ne pouvait les obtenir toutes, ces conditions , et qu'il fallût se contenter d'un lait ui peu vieux , comparativement à l'âse du nourrisson, on y remédierait en faisant boire abondamment à la nourrice une grande quantité d'une tisane rafraîchissante, boisson «ju'on peut également donner à l'éhfant, en I. étendant avec un peu de lait de vache. IXans tous les cas, qu il soit allaité nàr sa propre mère ou par une étrangère, elle cessera de lui donner le sein si elle est atteinte d'une maladie aiguë (la fièvre de lait et les Gèvres d'accès exceptées], et s'abstiendra de lui donner à teter après une violente colère , des convulsions pour l'enfant, pouvant être la :$uite de cette imprudence. En cas d'emportement, dès que l'émotion est calmée, on vide les^ mamelles par un moyen artificiel , ou à l'aide d'un animal, et on attend qu'une autre montée de lâit se soit faite pour mettre le nourrisson au sein.

L'apparition des mois et la çrossesse sontelles aeà circonstances contraires à l'allaitement et qui forcent à le suspendre? Pas toujours; car s'il est Vrai que le îait est moins bien constitué chez la femme réglée qu'alors qu'elle ne Test point, et cela quelquefois à ce point oue le nourrisson refuse de prendre le mamelon pendant toute la durée de la menstruation, il est vrai aussi gué toutes les fois qu'il est fort et robuste, s'il pâtit un peu pendant tout le temps que dure l'écoulement mensuel, l'enfant se refait, parce qu'il prolite bien dans les intervalles; donc on ne le cnansera pas de nourrice. Et quant à l'enfant faible, on lui donnera moins à teter, et on le nourrira artiBciellement. Il n'en est ps de même de la gestation. Sans doute on n vu des femmes enceintes continuer à allaiter leur enfant jusqu'à l'époque de la par tu l'itiou I sans qie le nourrisson en ait souf-

fert , mais ces cas sont assez rhres, et généralement quand la femme est dans cet état, son lait s'altère dans sa quantité et dans sir qualité , il est moins abondant, plus séreutv il produit le dévoleînent , l'enfhnt dépérit; il faut donc se hâter de lui donner une autre nourrice, ou de lui faire tetërun animal, si on le peu(> sans quoi on ddôpte ràtlkitemènt artiGcid.

Nous disons de lui donner à teter uh animal. Parmi lès différente^ espèces d'anithaux, en est-il qui mériteht la préférence? Oui : l'espèce cnevriè^é d*Âbord, qui, à cause do la forme et de la grosseur de ses trayons ,. que la bouché deTeAfiint saisit parfaitement, de l'abondance dé son lait, de la facilité avec laquelle on la dresse à présenter sa mamelle au nourriâ^bh, et à l'attachement qu'elle est sujette à contracter [»our lui , présente toutes les conditions désirables. Toutefois il faut user des précautions les plus grandes jusqu'à ce que l'éducation de l'animal soit faite, et parmi celles-ci, la premièie c'est d'avoir un berceau peu élevé, posé sur le sol» étroit, afin de pouvoir être placé facilement entre les jambes antérieures et les jambes postérieures de la cbèVre. Et, quant a celleci, il faut, quand on peut choisir, qu'elle soit jeune, ayant mis bas depuis peu, et n'étant pas à sa première portée ; gu elle soit d'un naturel doux et facile è diriger, et, s'il était possible, qu'elle eût déjà servi à cet usage. Ajoutons que, généralement, lé U\i de la chèvre blanche et à cornes est préférable au lait de la chèvre noire , cornue ou non , celui-ci ayant une odeur que l'antre n'a pas, et qu'en toute circonstance , on doit avoir égard à la nourriture que prend l'animal, à sa constitution, on pourrait presque dire à^ son loiosTNGRAsiE {Vôf/. ce mot), telfe chèvre étèût bonne laitière et vice vetèa. Nous ne

{varierons pas de certains avantages thérapeuiques que Tàllaitement par la chèvre offre au méaecin pour le grand avantage d'un hourrisson iiirécté; ces objets de détail ayant été traités d*une manière spéciale dans notre Dictionnaire des Passions.

A défaut de èhèvre, oh pourrait employerune finesse, au lait de laquelle certains accoucheurs donnent la préférence, parce qu*iL est celui qui se rapproche le plus par ses qualités de celui de la femme. Nous ne lo contestons pas ; mais nous ferons observer

S[uc si le lait d'flnesse convient aux enfants orts, vigoureux et sains, préférablement aux enfants chétifs, lymphatiques, scrofuleux,. le lait de chèvre conviendra mieux à ces derniers, parce qu'il est pIUs stimillaût et plus actif qiie l'autre.

Reste à parler de Tallaitement arliDbiël. Les règles à suivre pour cet allaitement É6tii : de nettoyer toiis les jours l'appareil, quel qu'il soit, et de n'y verser chaque fois que jusie la quantité de lait que l'enfant doit prendre. Ce lait aura, autant que possible, lés qualités sus-mentionnées, et, s'il n'était pus assez séreux, on le couperait avec une plus ou moins grande quantité d'eau, selon qu'il serait pluîj vieux, plus épais, ou qu'il apparlicn-

Mû

ALOES

ALOES

drail à telle ou telle espèce d*animaui : aiosit on Bièle très-peu d'eau au lait de chè- ▼pe et au lait d*Aaesse , beaucoup « au contraire, au Idit de rache. Et comme c'est ordinairement do ce dernier dont on use, vu la facilité à $'eD procurer , et son bon roeirebéy comparativement aux autres, nous pré^ riserons, h son endroit / les proportions da méhnee. en disant que, pendant le premier mois m la lactation ariincielle , le lait doit contenir les deux tiers d'eau; pendant 1^ deuxième mois, y être pour moitié ; et pour un tiers seulement, les mois suivants, iusc|u'au sixième. Si à cette épQoue l'enfant est bien portant , on lui donne au lait pur> ré* remment trait , non efaauflH en été , cbauflé ;aa bain-marie en hiv-er, observant de ne Tiettre chauflbp que la quantité qui doit être immédîateiQaént consoQunée, ou, si l'Qn donne thi tait ooupé , au^ l'eau qui servirii au mé-> 4ai^*

lions avoirs nommé l'eau : il est certain que ae liquide suffit lopqu'on n'a d^autre but que d^étendre la malièr? caséeuse du lait; il n*en serait pas de m^e dans le cas où on désirerait en augmenter la saveur sucrée, «fin de le rapprocher davantage du lait do la fenune; pour obtenir ce résultat, le petit* lait, préparé sans acide , est le meiUjeur ex* cipieot. Après lui viennent, au même titre , la décoction d'orge germé, qui contient beau* coup de matière sucrée deneloppée par la germination, etc. N'oublions, pas qu'il con* vient de renouveler le mélange au moins deux fois par jour, de le préserver, autaujt que possUile, du contact de l'air, et de le tenir dans un endroit frais pour qu il ne s'aigrisse P4S« N'aublions pas non plus, el c'est par là que je termine , qu'il esl ua préjugé ancien t non encore effacé i|u)ourd'lMii > qui porte les femmes à faire bouallic le lait donX elles nourrissent les enfants, pour lui ô.ter ^9 crudité ûn^tnaire; on comprend tout ce uoe celte conduite a de ridicule, puisque, par 1 ébuUition , le lait perd ses parties les plus fluides et les plus délicates; il devient plus épais, plus lourd, et se digère moins biea : vuilà ce qu'on gasue à le faire cuire.

A-L0$S,s.m., oToe, nomgénérique (L.)d*un suc propre 9xxx feuilles de plusieurs esi)èces d*alO(&s, «ppactenant h la famille des Asphodèles (i.). -7 tes feuilies de l'aloès sont épaisr ses, et le suc (p'on en retire est d*un brun jaunâtre , d'une od.eur nauséabonde , d'une saveur extrêmement amère, et. qui teint la SAlive enj4une. Celui dpulQn se servait aur trefois, venait i^^ butes orienjuajes, de nie de S^éfi,o^Qrq^ on le nomma aloès succotrin > et ce i)om, luî eist re^té, quoique le suc dV loès noua sq^ apporté des Qarbades et d'aur 1res lîeu^ d'AJ2lériqu^ et d;A,sie. bidépendammeat d^ $ii^cotrin, I^. plus pur et le plus soluUe, le 9oi|»mQrce fournit qnpore 1 aloès UpatiqHCn aîp^i nQmmé parce) qu'il a une

couleur analogue à celle du foie, qu*il est non transparent, plus roug^fttre qqe le decnier et aussi plus friable; et l'aloès cofto^fm, qui Q*est usité qu'en médecine hippiatrique (vétérinaire). Occupons-nous de la première es-

pèce, la seule employée en médecine: sa su* périorité sur les autres, qu'il tient de sa pur reté, lui ayant fait donner la préférence. ^ Action pkyMiologiqut de Paloiê. Adopiniatré à petite dose, de un à six grains par jo^r, pris en deux fois, l'aloès protoaue de légères coliques , qui sont suivies d'une ou de plusieurs selles diarrhéiquea ; mais ce n'est guère que cinq ou six heures après son ad*ministration que les garde-robes arrivant, et mèmOf chez quelques individus, après iiln(^qùatre heures. Son action laxative e^t donc très-lente, quoique produisant des douleurs abdominales; aussi l emploie-t-on préférablement, k cause de son amertume, dans les ca& de faiblesse d'estomac, pour faciliter les di-* gestions; toutefois il ne faudrait pas en con* tinuer trop longtemps Tiisaçe, attendu qu'il a la propriété d'attirer le sang suc les parties qu'il irrite , de congestionner les lûtes* tins et les viscères abdominaux, et d'amener des hémorragies anales, l'excitation des organes de la génération chez les hommes, et des pertes utérines, la leucorrhée, des apétits vénériens, etc., chez lesfemmes« A haute dose l'aloès agit comme tous les purgatila drastiques.

Effets thérapeuUquee. L'action de Taloèa étant, à titre a'omtfr, de fluxiannaire eanguitt et d»iaxatify bien et dûment constatée, lesprarticiens ont dû recourir souvent à ce médicsi* ment, soit dans les dyspepsies, soit dans la& constipations , soit toutes les fois qu'on e voulu provoquer l'écoulement menstru^ ou hémorroïdal , etc. C'est en effet ce qui est arrivé, et l'expérience de tous prouve que, dans les dyspepsies par atonie, quand l'a-: loès est pris pendant le repas, et à petite dose » pourvu toutefois qu il n'existe pas d'inflammation à l'estomac, il tavoriae les digestions. Est-ce en stimulant directement la surface gastro-intestinale? est-ce en débarrassant mécaniquement le canal alimentaire des, mucosités qui l'engouant?' est*oe eaaugmentant la sécrétion de la bile ? C'est proba* bkment en faisant un peu de tout cela; mais que nous importe le comment il agît, pourvu qu'il fasse au bien! De même, dans la constiiiationà laquelle les personnes lymphatiques sont très-sujettes, il est très^van* tageux de leur faire prendre de l'aloès pendant le repas , comme dans les dyspepsies : notre propre expérience nous autprise h te-r nir ce langage. Elle nous autorise aussi à af^firnier que dans les cas où il est utile d'étsr bli^ le llux hémorroïdal , l'aloès , à petites doses journellement répétéea et longtemps oontinuées. (un mois et davantage], §nit par amener la congestion sanguine et rhémorra-gie (pi'on déaire obtenir ; mais on Gompran<l que ce n'est pas dans les. cas où la suppresr sion du flux hémorroïdal détarminerait des accidents, qu'il faudrait recourir à ce médicament, à moins de l'employer comm^ drasr tique; car, saus cela, la lenteur de ses effets ne le ferait agir que comme pi|lliatif , et, quand le temps presse, on doit le liiine remplacer par des remèdes 1 lus actifs, (Fi»y. Hémorragies, Flux HiMORROïoAL.) Toulefuia,

ALOES

ALOi':XIE

disons en passant, car c'est très-importnirt en médecine pratique, qu'il est une circonstance particulière ou Taloès doit être toujours

emplojé.

On sait, et Hippocrate lui-môme en avaii fait la remarque, que celui qui est sujet à des hémorragies nasales dans Tenfance, est pris, dans Tâge adulte, d'hémorragies de poitrine, qui disparaissent quand un tlux hémorroidal s'établit, et que ce flux, qui remplace l'hémoptyste, par exemple, se montre dans la vieillesse. Eh bien, chez les individus qui crachent ou vomissent lesangaprèsavoirétélongtcmps sujets à des épistaxis, il est bond'allerau devant, si je puis amsi dire, des intentions de la nature, -et de chercher, par des moyens artificiels , à devancer l'époque où le flux hémorroïdal s'établirait. A cet efl'et, l'aloès administré à petite dose par les voies gastriques, si ces voies ne sont pas irritées ou faciles à irriter, en lavement dans le cas contraire, agit généralement d'aune manière tt èseflicace, surtout si on applique tous les deux ou trois jours une ou ou deux sangsues à Tan us.

Poursuivons Thit loire des propriétés médicamenteuses de l'aloès, et sans nous arrêter lice que chacun sait, que dans l'aménorrhée il agit absolument comme dans la suppression du flux hémorroïdal, nous dirons que toutes les fois que, par suite d'une disposition constitutionnelle ou autre, il se faithabituellement une congestion vers les parties supérieures, qu'on veut détourner, l'aloès est encore très*bicn indiqué. Expliquons ma pensée.

J'ai trouvé, je ne me rappelle pas où, que, par cette propriété qu'a l'aloès de provoquer vers les organes du petit bassin une irritation vive et passagère, mais continue, par son usage journalier, il rend chaque jour des services bien précieux lorsqu'on veut combattre des maladies de l'encéphale et de la poitrine, qui, bien que graves, ne s'accompagnent pas de lésions proiondes du tissu. J'ai vu à Cbarenton, dit l'auienr à qui j'emprunte ce passage, M. Esquirol, modiQer avantageusement par ce moyen, d'anciennes disfiosiiions aux congestions cérébrales, et le docteur Olivier d'Angers en a obtenu aussi de trèsbons effets dans certaines paraplégies. Pour ina part, je regrette qu'on ne m ait pas dit de quelle nature étaient ces paraplégies ; car j'ai lu dans Bartbez qu'une dame impotente des extrémités inférieures, pat suppressiond'un flux hémorroïdal qui durait depuis six mois, ayant pris de l'aloès, fut guérie par le rétablissement du flux supprimé, qu'il détermina.

Enfin, aux propriétés susdites et incontestables de l'aloès, nous ajouterons sa propriété /ermifuge. Non -seulement elle est aussi constante que les autres, mais aux yeux du filiis grand nombre de praticiens, la matière médicale no posséderait pas de remède plus puissant pour luer ou pour expulser les vers. Elle est efiicace, soit qu'on applique sur le ventre des cataplasmes laits avec le suc •frais de la plante, comnie le veut Thomas Salisbury ; soit qu'on l'administre à Tinté-

ri^ur. Quelquos.auteurs nient qu'il en soii ainsi, sans réfléchir que la faiblesse favorise la formation des verset que l'aloès, en tonifiant l'intestin, devient vernaifuge. Puis, en supposant que Rediart dit vrai, quand il a affirmé que des lombrics vivent quatre jours dans une solution d'aloès; l'effet [>urgalird42 ce médicament le rend encore vermifuge, puisque les vers sont entraînés dans les selles qu'd produit.

Mode d* administration. Comme stomachique et fluxionnaire, l'aloès se donne, ainsi qu'il a été dit,è petite dose. Comme purgatif anthelminthique,il s'administre à celle de dix grains à demi-gros ; mais il est bien rare qu'on ait recours à ce remède pour expulser les vers, tant d'autres médicaments pius efficaces ayant cette propriété. C'est généralement en pilules argentées qu'où l'administre. Pour les composer, il suffit de ramollir la poudre d'aloès, en la battant avec quelques gouttes d'alcooi^ etd'ajoulerle reste de la poudre pour amener la pâte à la consistance pilulaire. On peut remplacer l'alcool par un sirop, du miel, n'importe : et quand on a formé les pilu\e3, on les met dans une botte contenant des débris de papier à argenter, et on agite la boîte après l'avoir recouverte. Ordinairement les pilules d'aloès sont d'un grain chacune.

L'aloès s'administre, avons-nous dit, en lavement : pour le préparer, on en fait dissoudre un demi-gros à deux gros dans un jaune d'œuf, ou on le mêle à deux gros dd gomme arabique, et on délaye le mélange dans une livre d*eau tiède.

A l'extérieur, on se sert de la pommade d'aloès en frictions sur le bas-ventre, comme vermifuge. La préparation de cette pommade est fort simple ; elle consiste à mélanger quatre grammes d'aloès avec deux gros de fiel de bœuf épaissi, deux gros d'huile pétrole et deux onces d'axonge. 11 y a encore le vin et la'teinturc d'aloès ; mais on ne s'en sert guère;leur amertumeétant fort désagréable : toutefois la teinture peut remplacer la pommade.

ALOPÉCIE, s. f., iX^mxia, «ÀMir»};, renard, cet animal étant sujet à une maladie qui fait tomber le poil. — Pour les anciens, l'alopécie consistait dans la chute ou le changement de couleur des cheveux; c'est plus que cela pour les modernes, puisqu'ils étendent la définition de l'alopécie à la chute de tous les poils en général, ou seulement de quelques-uns en particulier, qui se dessèchent, blanchissent, se fendent et tombent, «aiij 9^« le surpeau se détache. Je fais cette observation parce que si l'épiderine tombe en écailles pendant ou après la chute du poil, on emi>loie le mol pelade^ au lieu d'alopécie. Quoi qu'il en soit, les cheveux étant les poiis qui tombent le plus communément, c'est d*eux principalement que nous nous occuperons.

Généralement on attribue leur chute à la nutrition imparfaite du cheveu, qui manque nécessairement denourrKure chez lessuji'is faibles, cacochymes, chez les vieillards cl à la suite de certaines maladies aiguës ou v:luo-

ALOPECIE

ALOPECIE

iih|ues. C'est pourmioi on la remarque dans )(> scorbut, ddiis le troisième degré de la j^hthisie pulmonaire, à la suite des fièvres typhoïdes graves. Pour ma part, j'ai vu une ji'ivne personne perdre sa belle chevelure à la suite a uue de ces fièvres (fièvre ataxo-adynaniique, putride et maligne des anciens), dont j ai eu le bonheur de la guérir. On rencontre également Talopécie, avec scorbut, dans certaines dartres et plusieurs espèces de teigne, tout comme chezlesindividusquiontéprouvé ou éprourent de violents chagrins oud^autres éisotioDS pénibles deVâme : les excès vénériens, les coatentions d*es[)rit, certaines pro fessions qui obligentd*avoir'Ia tête presque coBStainment couverie (Fétat militaire), la diatbèse syphilitiquejes couches, la produisent également.

Aussi simple à décrire que facile à recon- Dallre, Talopécie a pour caractères spéciaux (|D*ell6 est tantôt congéniale, et tantôt au contraire te résultatde nos mauvaises habitudes, de DOS vices ou d-une maladie. Dans le pre* ^ier cas» qui certainement est très-rare, on <est tout étonné de voir un enfant appartenant à des parents qui n'ont pas eu d*affec- (ion à laquelle on puisse attribuer ce singulier phénomène, naître fort et vigoureux, «"xempt de toute altération morbide du cuir chevelu, et néanmoins ne présenter aucun Vestige de ctieveux. £n pareille circonstance il est lK)n d'être prévenu que la pousse des i'beveux peut avoir lieu naturellement à six mois, à un an, et même h une époque plus reculée, puisqu'il est des individus qui sont restés sans cheveux jusqu'à leur vingtième année. C'est une bizarrerie des fonctions du système capillaire fort extraordinaire sans iieute^maisc*esl un fait qu'il faut noter, tout bizarre qu'il est, et peut-être aussi parce qu'il est «très-bizarre.

Cne autre remarque qu'il importe de mentionner, c'est que si l'alopécie se manifeste h la suite d'une maladie aiguë ou d'une affection chronique, il peut se faire, et cela n'est pas rare, que des cheveux de même nature et en auantité considérablerepoussent au même endroit. Mais si la nutrition de ces nouveaux cheveux est imparfaite, ils tomlieront à leur tour, et seront remplacés, cette fois, par des cheveux bien plus rares ; enfin s*il survient une troisième alopécie, elle laissera )e crâne largement dégarni. Quant & la calvitie séniie, si elle ne s'établit pas de la mémo manière que la précédente, elle n'en rcconnatt ]^às moins la môme cause prochaine, qui consiste ou dans la diminution l>rogre^sive de la cavité des bulbes capillaires, on de Toblitération du canal qui monte le \&ù^ des cheveux, conditions qui nuisent essentiellement l'une et l'autre à leur nutrition; de là leur chute d'une part, et la fin de leur pousse de l'autre.

Quelles que soient les difficultés qu'on éprouve & faire repousser les cheveux quand ifs sont tombés, et cela surtout quand Talopécie est héréditaire, ou de les empêcher Retomber lorsqu'ils ont cette tendance, on

ne doit rien négliger pour obtenir Tun et l'autre résultats.

A cet eflel, il faut rechercher avec soin si l'alopécie lient à un vice constitutionnel qu^il faille nécessairement combattre, ou simplement à une nutrition imparfaite des cheveux ; et, si r^lopécie est congéniale, attendre qu'il plaise à la nature d'en faire pousser. Hors ce cas, il est indispensable, quand les cheveux tombent abondamment, de les couper très-court, de les brosser souvent et de lès oindre avec une pommade composée de moelle de bœui^d amidon et de sel marin décrépite, exactement mélangés.; ou iivec la pommade de Dupuytren; ceUe de Stéage; et de les lotionaer avec une dissolution de sulfate de cuivre, etc. , si on ne veut, ce qui serait bien mieux encore, raser la .tête et la recouvrir de laine.

Les cheveux coupés excessivement courts ou la tête rasée, le cuir chevelu peut se trouver dans des conditions bien dilïérenles;ou son tissu est lâche et privé de ton, ou bien il est sec et recouvert décailles. Voulez-vous raffermir la peau et la tonifier? lotionnez-la avec la décoction de feuilles de noyer, de marrhube, de petite centaurée, de moutarde, etc.; avec un vin aromatique ou des aromates plus ou moins étendus ; faites des embrocàlions avec les huiles de laurier, do lavande, de genièvre ou do camomilles, etc. Voulez-vous au contraire la ramollir? prescrivez des applications émollientes, onctueuses, celle des mucilages et des cataplasmes de graine de lin, d'une forte décoction déracine d'althéa, des huiles d'olive, d'amande douco bien fraîche, et sans Additions autres que des topiques analogues. L'alopécie tient-elle h un état dartreux de la peau? servez- vous des lotions sulfureuses rendues onctueuses avec des corps gras, ou plus ou moins stimulantes par l'addition ou soufre, du calomel et de quelques préparations de plomb. Notez qu'il faut être très-réservé dans l'emploi de ces derniers moyens. £nfin, si l'alopécie est symptomatique d'une syphilis constitutionnelle, commencfez par le traitement anti-vénérien, sans lequel toute tentative sera inefficace. On pourra bien, à l'exemple de certains praticiens, laver les parties affectées avec une décoction de s^né, de romarin, de funogrec ; les frotter avec de la graisse de serpent ; les tamponner avec de l'huile de myrthe, de césame, etc. ; mais sans trop compter sur elles, l'expérience n'ayant pas confirmé les affirmatiorrs de ceux qui les ont préconisées. Nous leur préférerions les sinapismes, les eaux fortement sa* Yonueuses ou les eaux sulfureuses; l'eau de son, dans la décoction de laguelle on a fait dissoudre quatre ou cinq grains de mercure doui, etc., moyens qui ont été également ccnseillés dans ce cas. Mais, nous lerépétons, si ces médications jouissent de quelque efficacité, c'est à titre de moyens secondaires seulement, le traitement ânli-syphilitiquo étant le seul véritablement curateur. — jPoihniade Dupuytren. Pr.: moelle de bœuf... de* mi-livre; — acétate de plomb cristallisé ...

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