‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 181 sur 209 · SOUFRE · texte numérisé non relu

SOUFRE

SPERl^tE

leur Ul un long et large baquet rempli d*eau froidei ot place de manière qu ils ne puissent se lever sans plonger leurs pieds dans le liquide : la sensation qu'ils éprouvent suffit pour les réveiller aussitôt.

I SOUFRE, s. m., sulfur ou sulphur. — Le soufre est une substance simple ou indécomposée, répandue avec profusion dans toute la nature, qu'on trouve en très-grande quantité aux environs de plusieurs volcans en Italie, qu'on relire des pyrites parla distillation, etc. Il est si connu par ses propriélés physiques, que je ne m'arrêterai point à les décrire. Toutefois, nous devons faire observer que, lorsqu'on soumet le soufre à une chaleur modérée, peu forte , il s'élève en poudçe fine que les chimistes nominent /leur de soufre ; c est sous cette forme qu'il est employé pour l'usage médical.

Le soufre a incontestablement des propriétés lûxatives très-marquées, et une vertu antidyscrasique manifeste, à ce point que les praticiens les plus renommés le considèrent comme spécifique de certaines maladies de la peau, les atiections dartreuses par exemple. Un fait certain, c'est que d'une part, les vidangeurs, les plâtriers et autres individus qui Tivent habituellement dans un air chargé d'exhalaisons sulfureuses » ne contractent jamais de maladies du système dermoîde; et d'autre part, il n'e;>t pas de médecin qui n'ait constaté ses avantages dans ces sortes de maladies. Et comment n*en scrait-il pas ainsi, du moment où il provoque des selles, et qu'il donne une activité plus grande aux fonctions du système exhalant ? N'est-ce pas, que ce sont des conditions qui promettent la dépuration du sang et des humeurs, quand on sait les entretenir pendant longtemps ? C'est chose tellement connue et admise que ce n'est pas la peine d'insister.

Lorsqu'il est bien purifié , le soufre peut être administré de plusieurs manières irèssimptes et très-commodes. Mêlé à de la mélasse, on en forme des bois; è de la gomme adragant et du sucre, on en fait des pastilles, qu'on prend à la dose de douze, dixhuit ou vingt grains par jour. A l'extérieur, le sO'ufre, uni a de la grarsse de porc, forme un excellent onguent, tout comme quand on l'um't au cérat de tiaiien ; dans le premier cas, on a un fort bon remède contre la gale, dans te second, un bon topique pour los affections herpétiques et autres. Qui ne connaît d*atUeurs l'utilité des eaux snifui*euses en bains ou en boissons, dans ces sortes de cas?

Reste que^ combiné avec Tammouiaque, la potasse, la soude et la chaux, le soufre forme ce qu^on nomme le foie de soufre^ qui s'administre en substance à la dose de ^atre à six grains, ou en boisson, & la quantité de six décigrammes pour «un litre d'eau. De même, en dissolvant le soufre dans une huile essenlietle, les pharmaciens obtiennent les baumfis de soufre, aa'on distingue en oni>/, térébenihinét succinéf funipérinéf etc. On en donne vingt gouttes dans un véhicule convenable.

SPASME, s. m., spasmus, fnzMiiic, de ««« , ic contracte.— Pris dans son acception la ulus large, ce mot signitie toute anomalie aans l'ac'tivité nerveuse, soit qu'elle consiste dans des alternatives de contraction et de relâchement des fibres musculaires ( spasme chronique, convulsions} [Voy. Cohvulsioiis], soit au contraire qu'il y ait raideur tétanique, spasme tonique {Voy. Tétanos), soit cnhn qu il s'agisse (f une perversion, par exaltation de la sensibilité, Hypérestuénie. Toy.ct mot.

Ces anomalies présentent des modiflcations infinies suivant I organe qui en est le siège; mais, comme elles ont toutes la môme nature^ le même caractère, et ne font qu'une quana il s'agit de l'indication curative fon; aiueataie, nous renvoyons le lecteur à rarlicle

£<TÀT NEAVfiCXa

SPÉCIFIQUE, s. m. et adj., speci/icus.- On appelle spécifiques, en thérapeutique, les médicaments qui ont la propriété de guérir presque inévitablement certaines maladies auxquels ils sont appropriés, et cela sans qu'on sache comment ils agissent. Nous ûisons presque f car s'il fallait que, pour être déclaré spécifique, le remède guérisse toiijours, nul doute qu'il n'v en aurait aucun qui, rigoureusement parlant, méritât ce nom. Mais attendu que le quinquina et ses préparations guérissent les fièvres d'accès, rémittentes on intermittentes ; que le soufre fait disparaître les dartres ; les mercuriaux, l'or, etc., guérissent de la syphilis, de la scrofulose, etc.; il y a donc des spécifiques, et nous devons remercier la Providence de nous les avoir l'ait connaître.

SPERME,' s. m., (semence, liqueur séminale), semen^ sperma^ avU^tn^ de efrc^, je sème : hutpeur sécrétée par les testicules, d*où elle est portée dans des réservoirs nommés par les anatomistes vésicules séminales j pour de là être ensuite, pendant le coït, lancée dans la matrice iiar les conduits éjaculateurs, et servir à la fécondation du germe renfermé dans l'ovaire.

Ce sperme se mêlant durant l'éjaculation à l'humeur liquide et laiteuse de la prostate, il résulte de ce mélange une liqueur qui a donné aux analyses laites par Vauquelin 900 parties d'eau, 60 parties de mucus animal d'une nature particulière, 10 parties de soude, 30 parties de phosphate de cbaui et quelques traces d^ydmcnlorate et peutêtre de nitrate de chaux.

Quand elle est recueillie sur une plaque de verre et examinée au microscope, immédiatement et même une demi-heure après qu'elle a été dardée, ou bien longtemps après qu'elle a été mise è sécher sur une plaque de verre, mais qu'on Ta préalablement délayée avec un peu d'eau, on peut apercevoir dans ce nouveau liquide, les animalcules, petits insectes microscopiques, au con)s très-effilé, qui se meuvent avec facilité. II n'en est pas do même du sperme desséché sur du linge qui aura été froissé, le frottement broyant les animalcules, et empêchant parconséqueut ni qu'on puisse en apercevoir les muave-^

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lueuts^ oi môme qu^on les puisse disliuguer. C^cst peut-ôire à cette circonstance que nous devons d^entendre des hommes très-remarquables nier Texistence des zoospermes séminaux. Celte erreur est d'autant plus grossière, que M. OrQIa a pu les distinguer et en apprécier le mouvement dans des taches de sperme restées depuis plusieurs années sur une plaque de verre, et délayées, ainsi que nous l'avons déjà dit, avec un peu d'eau. . Je vais plus loin : si Ton en. croit la plupart des physiologistes, ce serait à la présence de ces animalcules, que la matière sé« mioale devrait sa propriété fécondante ; et la preuve ç|u*ils administrent en faveur de celte opmion, c'est qu'on ne trouve ces insectes ni dans le sperme des enfants avant la puberté» ni dans la semence des vieillards alors qu'ils sont inféconds.

Reste que le sperme est nécessaire à la re* produetion des espèces animales, à la fécondation des germes, et qu'il doit posséder certaines conditions physiques et vitales, pour remplir, dans l'acte de la multiplication^ te rôle auquel le Créateur l'a destiné. '

L^ sperme n'est pas toiyours é^aculé dans le coït ; il l'est aussi quelquefois involontairement, soit pendant la veille ou le som-^ meil , par la seule influence morale et sans état anorinal de l'individu^ soit encore durant le sommeil et la veille, conlinuellement, par suite d'un état morbide qu'il faut dissiper. Dons le premier de ces cas, la

Krte involontaire de semence s'appelle polr tion, et dans le second, on remarque tous les phénomènes que les auteurs ont attri bu^ à l'état pathologique apfielé spervmiorrkée. Occupons-nous de Tune et de l'autre, sous le nom générique de pertes séminales.

Pertes èémnaleê. Pendant longtem[)S les auteurs ont compris, sous le nom de poilu- «ont, les évacuations involontaires de semence qui ont lieu soit à des intervalles plus ou moins éloignés et par la simple excitation morale ; soit à la perte séminale involontaire,, continuelle, même en dehors de toute pensée voluptueuse, confondant ainsi sous un mtoie titre les pollutions pro^ prement dites et la spermatorrhée. Amour- (i*hui, commettant la même faute, quelques médecins réunissent les pollutions aux pertes séminales sous la dénomination de spermatorrtiée. C'est manquer d'exactitude , les pollutions engéoéral, et principalement la plupait d'entre elles » différant essentielle- Oient des pertes séminales habituelles, incessantes, de ce qui constitue, noua le répé-> Ums, la spermatorrtkée«

Pour éviter un pareil reproche, nous ap-

G lierons pollution toute éjaeulation invo^ Ataire plas ou moins ft-équente de sperme qui a lieu tantôt la nuit {poUuiio fêocinma)^ aimihtQ de rêves voluptueux; et lantoC s'accomplit dans la jompée {pêlluiio dnirtiaj, eoQs l'inflMnca d'une eicitalion morale un peu vive, ou à la moindre exeilalioft pbysî- VWL Comne ces sortes de potlulions, et principalement les nocturnes^ aoal une excrélion naturelle pbysietogique, si Von peut

ainsi dire, chez les hommes Jeunes, pléthoriques et continents, qu'elles ne peuvent dès lors porter aucune atteinte k la santé, que si elles devenaient trop fréquentes , nous nous bornerons à mentionner que les moyens d'éviter ces excrétions consistent dans uu régime antiphlogistiquc, c'est-à-dire composé presque en totalité d'aliments végé* taux, de lailaee, do boissons aqueuses, de bains tièdes, d'exercices corporels, etc., évitant le contact et la vue de tout objet qui pourrait éveiller desdésirs erotiques. Le cam- |)hre, que nous avons proposé contre le priapisme, préviendrait peut-être aussi les pollutions on évitant les érectionsqui les précèdent généralement. Et quant à ccLlcs qui ont lieu a Toccasion de la moindre excitation morale, comme leur éliologie et leur traitement sont communs avec l'élioloçie et la curation de la spermatorrhée, nous allons faire successivement rénumération des causes prédisposantes et occasionnelles de ces sortes de pertes séminales, et nous dirons ensuite comnxent on les combat.

En tôte des causes qui prédisposent h la spermatorrhée, nous placerons les excitations excessives des parties génitales par le oôït ou par la manustupration, la lecture des mauvais livres, Téquiiation forcée, le cafét les boissons alcooutiues, le thé pris avec exagération , le seigle ergoté, les cantliarides, etc. Puis viennent nrritation ou l'inflammation des testicules, des canaux déférents, des vésicules séminales, à la suite des rétrécissements urétraux anciens, la dilatation des conduits ^aculateurs par les efforts violents et prolongés de l'urine, et des parties situées derrière un obstacle étroit. On a encore noté la présence des ascarides dans le rectum, la constipation, des ulcérations, des brides, des tumeurs au voisinage de l'anus, et certains vices de conformation, auxquels il n'est pas possible de remédier.

Les effets de ces pertes séminales sur la constitution physique et sur le moral des hommes qui les éprouvent, c'est de les conduire insensiblement tfu plus haut degré de dépérissement [ Yoif. Anbuib par lacoNTi- NBficR), et. d'abattre le moral à ce point qu'il n'a plus que le dégoût de la vie : aussi la perte trop considérable de cette substance qui donne la vie, a cola de particulier, qu'elle compte parmi les causes qui mènent le plus fréquemnïent au suicide. Mais ce n'est que quand les pertes séminales existent depuis longteedfis, que Ton remarque ces phénomènes moraux-et physiques.

II est d'autres caractères à l'aide desquels on reconnaît les cas récents de ceu\ qui ne le sont pas. Ils consistent en ce que» pour les premiers, on voit rouler dans les urines et au fond du vase, quand on les examine avee soin, des granulatioas de volumes variables» demi-transparentes, assea sembla* blés à des grains de semoule. Les malados sont avertis du passade de ces gramdatîfMis

Kr un frèlament qui tient k la deosîlé de irine. Il en est mAme un bon nombre qui éfiroftvenl des phénomènes (larticuUers :

SPINA-BIFIDA

SPINA-VENÏOSA

ainsi les uns ressentent des conlracliors spasmodiqucs dans les vésicules séminales, leur verge se rapetisse, se retire vers le pubis ; d'autres éprouvent une douleur au périnée, à la marge de l'anus, un frisson, uu élancement général, etc. Plus tard, ces indires disparaissent et les granulations dont nous avons parlé, sont remplacées par un nuage que I on a comparé à celui qui se forme dans une décoction d'orge un peu conc entrée, mais il faut y remarquer la jnésence de points brillnnts.

Le traitement des pollutions trop fréquentes est en même temps celui de 1 onanisme ou de l'incontinence, sans l'extinction duquel il n'y a pas de guérison à espérer. Et même temps, un autre but principal à atteindre c'est, dans le principe, d'écarter les causes éloîg'^ées, c'est-à-diré les irritations viscérales, les vers, les saburres gastriques, la constipation ; de détourner l'imagination des pensées voluptueuses dont elle aime à se nourrir, d'occuper l'esprit à des travaux sérieux, d'éloigner les aliments et les boissons excitantes, d'éviter les lits doux, d'y rester coucher sur le dos; enfin il est bon ile contracter l'habitude de se lever matin.

Mais si l'amaigrissement de l'individu est tel que l'anémie soit très-prononcée , s'il ne

Eeut aller à la srile, rendre ses urines, monter cheval, entrer en érection sans «^aculer une quantité de liqueur séminale plus ou moins abondante; si cette liqueur a perdu de sa consistance, de sa couleur, son odeur, ses zoospermes, et finit par ressembler de plus en plus au mucus et au fluide prostatique : alors il faut employer nécessairement le traitement tonique indiqué contre l'apauvrissement du sang {Voy. Anémie, Chlorosk, etc.) ; c'est-è-dire que, vu l'état d'épuisement dans lequel se trouve l'individu, on recourt au traitement tonique par les analeptiques et les martiaux; et on unit aux moyens précités l'emploi de certains médicaments appliqués sur les parties de la génération. Ainsi, les to-

[nques réfrigérents, les douches froides sur es orgues génitaux, les lavements frais, la cautérisation du canal de l'urètre, les injections astringentes dans la vessie, comme dans le catarrhe vésical (Voy. Cystite) : tels sont les procédés dont il laut savoir faire usage.

Nous ne devons pas oublier de signaler l'application d'une ligature modérément serrée sur la verge, comme d'un moyen proposé contre les pollutions nocturnes. Ii est certain que, si elles n'ont lieu que pendant le sommeil, et pendant l'érection, la douleur que le malade éprouve au pénis, quand les corps caverneux se dilatent et que la verge se redresse, suffisent pour éveiller l'individu avant que Téjaculation se soit opérée.

SPHACÈLB, s. m., sphaeeluê ou ^^«xqIoç.

C'est le nom qu'on donne à la gangrène, quand elle occupe toute l'épaisseur d'un tnembre.

SPINA-BIFIDA, ou Hyororachis , de vl»^ i^X'f f collection d'eau dans le rachis. — Ainsi que son nom l'indique^ l'hydroràchis,

ou spinn-bifida, est une maladie caractérisée par un épanchcment de sérosité k la Îiartie inférieure de l'épine dorsale, qui, orsqu'il est formé, se présente sous la forme d'une tumeur molle et transparente au lieu indiqué , et s'accompagne quelquefois de II paralysie des extrémités iniérieures.

Le plus souvent consécutive h une hydn> pisie du cerveau, quoique pouvant être primitive, rhvdrorachis ne diffère en rien de l'hvdrocépnalie , et rst aussi dangereuse

3 u elle, puisqu'elle amène les mêmes accients.

Le seul traitement qu'on lui ait oppose, c*est l'acupuncture combinée avec la compression : nous ne savons pas qu'elles aient jamais réussi.

SPINA-VENTOSA , s. m., nom fort impropre qu'on a donné au gonflement inflammatoire des os. — Cette maladie, qnon a encore nommée pédarlroeace ^ dénoroinatiou qui ne convient (ms plus que la précédente, consiste dans l'intumescence des extrémités des os, qui, devenues plus volumineuses, sont criblées extérieurement d'une multitude d'ouvertures ; tandis que leurs cilités intérieures sont remplies par le tissu médullaire, qui v forme des végétations plus ou nK)ins considérables, les surfaces articulaires restant saines, ou du moins n'étant que très-peu altérées.

Les signes qui font reconnaître le spina ventosa sont : les douleurs sourdes et incessantes de la partie affectée , la difformité du membre et I impossibilité de s'en servir, la fièvre hectique par résor, tion des matières ichoreuses que la partie enflammée fournit, l'épuisement des forces et la mort. Voici, da reste, à quels caractères on le distingue des autres maladies du système osseux.

Dans la Càbie {Voy. ce mot), rarement il se forme une tumeur oss!»use, ses progrès se faisant de dehors au dedans, et vice verM pour le spina-ventosa. Dans l'ostéosarcome, indépendamment de la tuméfaction de l'os, il y a aussi celle qui provient du développement d'une substance lardacée, résultant de la dégénérescence des chairs, du tissu cellulaire et des vaisseaux : les parties affectées n'offrent pas cet aspect dans le spina veo* tosa. Dans l'exostose, la tumeur osseuse conserve la dureté et la densité ordinaires, ce qui n'a pas lieu dans le pédartrocace, dans lequel les os s'écartent en se dilatant, et deviennent criblés, frangés, rongée dans toute leur épaisseur. Et d'ailleurs, cet étal s'accom|)agne toujours d'ulcérations fistule jses, ce qui n'arrive pas dans l'exostose. Knfin , le pédartrocace diffère des tumeurs ra^bitiques des enfants, en ce qu'il att«nt de préférence les adultes, qu'il j a iafiaio* mation osseuse (non dans le rachitis)» et que les os deviennent fragiles et très-pulpeux.

Traitement. Le spipa-ventosa n'étant a|h préciable qu'alors qu'il a déjà fait des pnH

§rès , son traitement ne consiste guère ifue ans l'ablation de la portion d'os affectée, ou dans l'amputation du memhre.

h'^LÉNiXE ou spieniiti^ de «irUvy rate : in-

SQUIRRIIE

StOHACACE

flammalion de U rate. — Elle est caraclérfsée, connue tonte înQaiiQination « par des douleurs gravatives, pongitives, se faisant sentir dans la région de la rate » qui est tuméfiée et douloureuse à la pression. A un haut degré» elle s^accompagne de fièvre, et dans certains cas de vomissements de sang.

Les causes et la nature de la splénite ne différant pas de celles de l'inflammation du foie, nous renverrons, pour le traitement, à ce qui a été dit à Tarticle Hépatitb (Voy. ce mot), les moyens de curation étant absolument les mêmes.

SQUINE, s. m., smilax cAma, arbuste de la diœcie hexaodrie, L., famille des asperges, ' introduite dans la matière médicale vers Tan Ibdo.— Cette plante croit en Chine, au Japon, dans la Perse septentrionale, à la Jamaïque, dans la Vii^inie, les Carolines, etc. On se sert de sa racine, qui est de la grosseur du poing, sarmenteuse, ligneuse, noueuse, pesante, dense, assez dure, recouverte d'un épiderme lisse, d'un fauve rougeâtre; elle est d'une teinte plus foncée intérieurement. Elle est inodore et un peu âpre au goût.

Les nouveaux traités de thérapeutique disent peu de chose touchant les propriétés médicamenteuses de la squine , tout ce qu'on a écrit dans les siècles précédents tenant de l'exagération ou de l'enthousiasme des premiers hommes qui avaient intérêt à la préconiser. Elle peut avoir quelque efQcacité dans les pays où on la cueille, dit Alibert, mais elle est peu active quand elle a vieilli dans le commerce. Ses propriétés, du reste, ont beaucoup d'analogie avec la salsepareille.

Comme elle, on l'emploie en décoction à la dose de seize grammes pour un kilogramme d'eau, qu'on fait réduire de moitié par l'ébullition : rarement on la donne seule, mais toujours associée aux autres racines sudoriliques.

SQUIRKHE (le Dictionnaire de l'Académie écrit Squirrb], s. m., squirrhuê^ 9*iopoç. — Les patbologistes donnent ce nom à toute tumeur dure, indolente ou douloureuse, formée par la dégénérescence du tissu propre des organes où elle a son siège. Cette affection, qui se remarque plus souvent dans les glandes que dans les autres tissus, succède assez souvent aux phlegmasies chroniçiues ou aux inflammations qui ont été traitées par les astringents.

II est plus facile de prévenir le squirrhe que de le guérir quand il est développé; dependant on peut encore, par un traitement convenable, obtenir la résolution de ces sortes d'engorgements. A cette intention , nous nous sommes bien trouvé du chlorure d'or et de soude, dissous dans le sirop de salsepareille ; nous l'avons associé aux purgatifs et à un régime approprié, soit dans l'engorgement squirrhéux du col de la matrice par cause scrofuleuse ou vénérienne , soit dans d'autres squirrhes de même nature O'oy. ScROFULK, STPBaisj[. C'est, du reste, le seul bon traitement à lui opposer, les principales indications à remplir consistant à

Dictions, de Médecine.

attaquer le vice dyscrasique du saàg et à augmenter l'activité du système absorbant.

Quant à la dégénération squirrheuse, on la prévient en traitant méthodiquement les maladies qui la précèdent.

STAPHYLOME, s. m., staphyhma. — On nomme ainsi une affection du globe de l'œil dans laquelle la cornée perd de sa transparence et forme une tumeur allongée, blanchâtre ou perlée» qui proémine hors des paupières et empêche les rayons lumineux de pénétrer dans l'œil : d'où la cécité complète, ou tout au moins la perte presque complète de la vue*

Cette maladie de la cornée, plus fréquente dans l'enfance que chez les adultes, et ordinairement la suite de plaies, de contusions, de l'ophthalmie, de l'affection varioleuse, etc. , n'est jamais susceptible de guérison quancl une fois elle est développée : il faut donc recourir, pour éviter la difformité qu'elle procure, à l'évacuation des humeurs de l'œil et au placement d'un œil artificiel.

Quelques nosographes appellent également ttapkylome la procidence ou hernie do l'iris à travers une ouverture contre nature de la cornée transparente. Nous préférons conserver à cette maladie de Tiris la dénomination de hemit tn'5tenne,et réserver celle de staphylome pour la perte de la transparence de la cornée. Voy. Vision.

STÉATOME. Voy. Loupes.

STHÊNIE, s. f., Sthenu, Sthéniqub, i/Aen\e%is^ de vGtvoc, force, puissance. — Le mot sthénie est généralement employé, par les méthodistes surtout, pour désigner que les forces vitales sont en puissance: d'où la dénomination delnaladies sthéniquès ou avec excès de forces, par opposition è celle de maladies ùsthéniques ou par ftiiblesse. Voy. AnrNAUîE.

STIMULANT, ii«Te, s. m. eiac^j., Wtmtilans. — Les thérapeutes appellent stimulanto toute substance médicamenteuse qui a la faculté d'exciter plus ou moins prompte ment l'organisme, d'une manière sensible pour le malade et apparente pour le médecin, et cela par l'augmentation de la ehaleur animale qu'elle détermine. Les stimulants diffèrent dès lors des toniques, en ce que l'effet des premiers est immédiat et passager , tandis que celui des seconds est moins prompt peut-être, mais plus durable.

STOMACACE, s. m. formé de arifuc xùotia, mal de bouche. — Le stomacace consiste dans une affection de la bouche qui a pour caractères : exhalation d'une odeur fétide, putride, avec enduit épais de la langue ; ramollissement des gencives, qui laissent facilement suinter le sang : cô qui le fait considérer comme un symptôme de la cadieïie scorbutique.

Il est certain que chez les adultes le stomacace présente souvent ce daractère ; mais chez les enfants, il peut tenir è un état gastriaue, catarrhal, et régner épidémiquement.

C'est pourquoi, en donnant de bonne heure un vomitif, on guérit quelquefois d'un seul coup la maladie. S'il ne suffit pas, on administre soit les purgatifs, soit les aci-

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.4les en gargarismet comme dans Téruption aphtheuse. ËnGn, si le slomacace est symplomatique du scorbut, on lui applique le traitement de cette affection .

STRABISME, s. m., strabismusy de vr/Ba^oc, Jouche : défaut d*harmonie dans Faction, mv inégalité de force, dos muscles de Tun et rautre csil, qui fait que Tindividu regarde de travers, les deux pupilles de ses yeux ne suivant pas la même direction.

Comme cette vicialion de la vision provient souvent de la mauvaise habitude où sont quelques nourrices des campagnes de placer le berceau de leur nourrisson en face du jour, nous signalons cette cause, atin .qu*on n'y eipose pas Tcnfant.

Le traitement de celte affecUon est purement mécanique : il consiste principalement en besicles ou lunettes, dont le point central seul est transparent ; de manière que si ta strabite veut voir les objets, il faut qu'il s'effonce de ramener les pupilles en face du point central des verres. Dans. ces derniers temps, on a proposé la ténotomie. C'est une opération qui compte déjà plusieurs succès, mais dont les difficultés exigent une main exercée.

STRANGURIE. Voy, Rétention d!urine.

SUCCIN, s. m.ysuccinum (karabé)^ ambre jaune, electrum; substance bitumineuse (résineuse fossile) d'une couleur jaune tirant a l'orange, qu'on trouve enfouie dans la terre, presque toujours au voisinage do la mer, et principalement de la mer Baltique ou sur les bords de la Méditerranée, recouverte découches ligneuses appelées bois minéral ^quien sont considérées comme la matrice.

Ses qualités pbvsiques sont : corps dur, semi-transparent, léger, présentant une cassure conoïde, inodore, mais acquérant une odeur asréable par le frottement, et passant alors à l'état électrique résineux, d où lui est venu le nom d'electrum^ ou tire-paiUe. Il s'allume et brûle avec une flamme jaune et yerdAtrCf et la fumée qu'il répand est d'une odeur suave.

Tous les traités de matière médicale font tin grand éloge du succin, auquel on attribue des propriétés antispasmodiques. Je m'en suis servi, surtout en vapeurs, dans les affections .rhumatismales et goutteuses, avec assez d'avantage pour que j'en mentionne ici les effets ; j ai associé aussi le sirop de karabé à d'autres substances antispasmodi-

aues qui ont agi efficacement; et cependant, est bien d'autres remèdes en qui j'ai beaucoup plus de confiance.

Cela u'empécbe pas qu'on ne puisse prescrire, soit la teinture de succio à la dose de vingt à trente gouttes dans une boisson appropriée; ou bien l'huile essentielle, à celle de quatre, cinq et six gouttes dans une potion antispasmodique. Le sirop de karabé, dans lequel l'acide succinique se trouve uni àJ'o*' pium, est souvent employé dans les potions, calmantes ; entin , chacun sait que Teau de luce se prépare en versant quelques gouttes djhuile de succin dans un flacon rempli d'auimoniaque caustique, dont les propriétés u:U été beaucoup vantées dans les défail-

lances, les asphyxies, et pour cautériser Ic^ plaies faites par les animaux veniraeui. Il faut agiter le mélange jusqu'à ce qu'il ait acquis une couleur blanche et comme laiteuse.

Pour employer le succin en vapeurs , on verse cette substance pulvérisée sur des charbons ardents, et on expose la partie douloureuse à la vapeur qui se dégage (Voy. Sgutiqub) ; ce moyen remplace avantageusement le camphre, quand le malade est désagréablement affecté par l'odeur de ce dernier médicament.

SUCCUBE, s. m., succubm , du latin iub cubare, coucher dessous. Ce mot, qu'on a fait synonyme de Cauchemar, nociuma op^ presstOy ephiaUes^ èftukmç^ sentiment d'un poids incommode à l'épigastre pendant le sommeil, avec gène de la respiration, rêves effrayants, etc. ; et d'iNCUBE, incubui^ asthma nocturnus (Galien), du latin incumbert, se coucher dessus, en grec irvtyaXiuv , du verbe irvéy&i , j'étouffe ; im^^U , du verbo httiiùl^, je presse dessus , j'opprime ; ou l^càJ^T^r, du verbe j^Uofiac, je saute dessus; ce mot. disons-nous, sert à désigner une névrose delà respiration, qui a pour caractère particulier et spécial que ceux qui en sont atteints rêvent qu'un corps pesant est appuyé sur leur poitrine. Pline appelait cette maladie ludibria Fauni , parce que, suivant une erreur populaire, fort en crédit de son temps, une sorte de démon (incube) prend la Ggure d'un homme pour abuser clés femaies pendant leur sommeil. Aujourd'hui on ne croit plus à ces sornettes, qu'écartent du reste, de tous les esprits, la variété des symptômes ou sensations diverses que les malades éprouvent durant leur sommeil^ ou du moins dans les songes pénibles qui viennent les troubler.

Elles consistent, ces sensations, nous le répétons, dans les formes les plus variables, suivant les sugets. Ainsi, te) rêve qu^il est endormi sur le bord d'un précipice, et il éprouve les angoisses les plus pénibles à la vue des dangers qu'il court ; tel autre rêve que le feu a pris à son lit ; celui-ci que les voleurs se sont introduits dans sa chambre, celui*là qu'il est poursuivi par des brigands^ etc. ; et tous s'étonnent de ne pouvoir ni bouger, ni fuir, ni crier. L'imminence de danger, l'inutilité de ses efforts , qu*il ne peut s'expliquer, jettent chacun d'eux dans une perplexité si cruelle, que sa figure et ses membres se couvrent de sueur ; enfin, après quelgues secondes de souffrances, le réveil parvient à calmer cette profonde commotion. Ce n'est pas tout ; certains malades éprouvent à la région épigastrique un seo* timent de pesanteur, de suffocation dont ils cherchent a se rendre compte ou à deviner la cause, et que bientôt ils attribuent à la

I)résence d'un être malfaisant, ou d'un trèsourd fardeau. Quelques-uns croient voir un chaty un singe, un chien^ un ours, un monstre se glisser doucement -par le pied du lit sous les couvertures, pour venir s'asseoir sur la région de l'estomac ou du cœur, ou, s'élançant d'un bond, tomber sur leur poitrine. Alors ils poussent des cris, ou du

StS

surxùftc

SUDORIFIQIES

moins font des elTorts pour crier; des mou- Teiuents presque convulsifs se manifestent; le pouls s*accelère, la face prend tour à tour uue expression diiïérento, variable, et ils se réveillent enfin , après un temps plus ou moins long, d'une agitation violente.

Les causes du cauchemar peuvent être de plusieurs sortes, à savoir : la pression méca* nique qu*exerceun estomac trop plein (souper tropcopieux avecdes aliments indigestes, accumulation de vents); une pléthore sanguine, générale ou locale, du has-ventre, ou le décubitus sur le dos avec le tète basse, ce qui favorise également Taccumulation du sang ou des vents à la région précordiale ; un raptus ou mouvement fluxionnaire du sang vers le cerveau, surtout lorsqu'il dépend des excès de veilles, de la lecture assidue e( prolongée de contes fantastiques, d'une émotion vive, de chagrins violents. Dans ces circonstances, un sommeil profond devient à peu près impossible, le cerveau est comme assiégé pendant la nuit par des milliers d'hallucinations qu'il rapporte à la poitrine, à l*épigastre, dans tous les membres; il réagit par les nerfs sur les poumons, le cœur, les téguments, et ainsi s expliquent les troubles quelesujetéprouvedanslesionctions respiratoire, circulatoire, et l'abondance des sueurs.

En outre de ces causes, qui ont une in- Ouence directe sur le cerveau pour y déterminer les phénomènes svmpathiques qui donnent lieu à l'incube, il on est d'autres qui paraissent, siéger principalement dans le cœur, dans les gros vaisseaux, dans le foie, etc. Ainsi, la plupart des vieillards asthmatiques, par exemple, sont sujets è ressentir en dormant des sensations inexprimables vers la poitrine, etc. Reste que, dans Tétude de cette névrose, dont la cause prochaine parait consister dans une affection spasmodique des nerfs précordiaux , avec retentissement consensuel de cette affection sur l'encéphale, il faut, autant que faire se peut, remonter à l'origine des phénomènes anormaux qu'on observe.

Le traitement consiste à éloigner les causes occasionnelles ; à faire cesser la pléthore générale ou locale par des déplétions sanguines opérées avec la lancette (phlébotomie) ou par l'application de quelques sangsues au fondement, à la partie interne des cuisses, ou à la partie antérieure du thorax; à dissiper les vents, au moyen d'une boisson Sazeuse ou aromatique, non alcoolique (eau de Seltz aux repas, limonade gazeuse, sirop d éther); à combattre la constipation ; à éviter le décubitus sur le dos, en se couchant sur t'un ou l'autre côté du corps, sur celui qui permettra le plus de goûter un sommeil tranquille; à s'abstenir de la lecture de tous ouvrages qui exaltent l'imagination ; en un u^ottà mettre tout en usage pour éviter cette excitation cérébrale à laquelle nous avons attribué les phénomènes spasmodiques qui, par leur nature, constituent la maladie dont j)u désire empêcher les retours. El quoique le, succube ((ui provient d'une maladie orga- ^^'que du foie, d'une hypertrophie du cœur.

de l'oblitération des gros vaisseaux, résiste presque toujours aux efforts les plus sagement combinés, ce ne doit pas être un motif d'abandonner le malade h sa triste destinée; au contraire, on doit redoubler de soins et de dévouement pour porter quelque adoucissement h ses maux, le cauchemar, chez lui, devenant presque habituel pendant les premières heures du sommeil.

SUDORIFIQUËS, s. m. et adj., sudorificus, se dit des médicaments qui provoquent la sueur; il est synonyme de Diaphorétique. Voy, ce mot.

Généralement, les médicaments que Ton administre pour provoquer la diaphorèse ou des sueurs plus ou moins abondantes sont pris parmi les substances stimulantes, ou qui produisent une excitation modérée ou forte de l'appareil vasculaire. Eh bien I nous ferons observer à cet égard que, nonseulement dans la plupart des cas, l'excitation trop véhémente déterminée parlesudorifique produit un effet contraire au but qu'on se propose ; mais encore que, parfois, une excitation très-modérée est encore trop forte pour produire des sueurs, et ne les détermine pas. Expliquons-nous :

Dans les affections apvrétiaes, catarrhales, muqueuses, etc., rien n empêche qu'on n'excite fortement l'organisme; aussi, le vin chaud , le punch, l'infusion de sureau, de violette, etc., bus en abondance , finissent par provoquer d'abondantes sueurs ; mais dans les maladies avec fièvre forte, avec chaleur de la peau considérablement augmentée, le spasme de l'organe cutané s'opposant à l'exhalation de la sueur, les meilleurs sudorifiques dans ces cas, ce sont les réfrigérants, le petit lait, l'eau de veau, Teau de poulet, etc., qui, en rafraîchissant le sang, calmant la fièvre, abaissant la température du corps, dissiperont la contraction spasmodique des orifices exhalants, et la transpiration s'établira immédiatement. C'est dans ces cas qu'on peut dire des antiphlogistiques que, convenablement administrés, ils fout

Îlus suer qu'une triple dose de sudorifiques. out est donc conditionnel en thérapeulique, et c'est la connaissance de ces conditions morbides qui constituent l'art médical. B'après cette manière d'envisager l'action des médicaments employés pour produire des sueurs, il n'est guère de substances aromati-

S[ues, stimulantes, toniques d'une part, raraichissautes ou antispasmodiques d'autre part, gu'on ne puisse faire figurer parmi les sudonfiques; toutefois, nous conformant h l'usage, qui classe parmi les diaphorétiques le gaïac, le sassafras, la salsepareille, la squine (ce sont les quatre bois généralement désignés sous le nom de bois sudorifiques) ; le sureau, la bourrache, le coquelicot, etc. ; l'antimoine, la poudre de Bower, etc. ; nous les considérerons comme plus spécialement sudorifiques que tout autre médicament. Yoy, ces mots.

A propos de sudorifiques, nous devons parler, ce me semble , d'un procédé ( l'hydrothérapie) dont un simple campagnard,

'^ITi

SUDORIFIQUES

SUDORIFIQUFS

Wl

Priessnilz , habitant un hameau reculé de la Silésie, a doté la thérapeutique. Acceptée avec enthousiasme par quelques médecins, qui ont presque élevé des autels à son inventeur, elle a été accueillie, au contraire, avec une froide réserve par le plus grand nombre ; et nous devons dire que ce n'est pas sans raison, puisque, malheureusement pour rhumanité et pour les adeptes de la nouvelle secte, non-seulement on ne retire pas tous les avantages qu'ils promettaient, et que quelques-uns promettent encore de ce procédé ; mais ce qui est bien plus fâcheux pour eux, c'est que le nombre des malades qui se rendent annuellement à GrœfTemberg (où Priessnitz a fondé un établissement qu'il dirige lui-même) pour y réclamer ses soins et y trouver leur guérison, va diminuant de plus en plus chaque année : la vogue a passé. Cependant l'hydrothérapie a eu trop de retentissement , elle a encore trop de prôoeurs, surtout en France, pour que nous ne consacrions pas quelaues pages à l'exposition de cotte méthode de guérir les affections les plus diverses.

StiDATio?r. Dans cette méthode, qui a pour objet de provoquer des sueurs abondantes, afin d*obtenir la dépuration du sang et de torréQer Inorganisation par le froid, le régime et l'exercice, il faut, si on veut atteindre ce <louble résultat, s'y prendre de différentes manières, c'est-à-dire par différents procédés. Et , par exemple, veut-on obtenir la sueur? on agit, dans le plus grand nombre de cas, de la manière suivante :

Le malade, entièrement nu ou couvert d'un peignoir en flanelle, se place allongé sur le dos, ayant les jambes étendues et les bras appliqués le long du corps, sur une

f;rande couverture de laine épaisse et moeleuse. On roule ensuite les deux portions flottantes de la couverture sur le corps, en ayant soin d'en enserrer les bords au-dessous du malade. La partie inférieure, qui dépasse les pieds, est relevée et roulée sur les pieds et les jacnbes.

L'application de la couverture doit ètro -serrée aux jambes, aux cuisses et à l'abdo* men ; exactement faite, sans être serrée à la poiirine et au cou, pour ne gêner ni la respiration, ni la circulation. Le point important dans ce procédé d'emmaiilottemeat est d'appliquer exactement les bords et les coins supérieurs de la couverture autour du cou et au-dessus des épaules, afin d'éviter l'accès de l'air sur le corps, qui empêcherait la concentration de la chaleur ; on recouvre le malade d'une autre couverture, et même d'un édredon, selon la saison* La face et les parties supérieures de la tète sont seules exposées à l'air.

Cet enveloppement ne laissant aucun vide par lequel l'air extérieur puisse arriver jusqu'au corps, il s'ensuit, au bout d'un certa n temps (demi-heure, uce heure, uni» heure et demie et même plus, selon la disfiosition physigue du si^et ou l'état thermométrique de l'air), une concentration de chaleur telle, qu'il en résulte Tapparition de la sueur. Ce

qu il y a de remarquable dans le développa ment de ces phénomènes, c'est que leur manifestation et leur intensité n'ont pas lieu d'une manière progressive : ainsi, tel malade restera une heure sans éprouver une chaleur incommode, chez lequel, cinq uiiuutes après, cette sensation est intolérable. 11 en est de même de la sueur : elle sera longtemps à se manifester, et puis, presque tout à coup le malade s'en trouve inondé. Notii bien que ces phénomènes se produisent sans que la circulation et la sensibilité soient excitées, puisque la plupart des malades sont portés au sommeil et s'endorment mèoie pendant leur enveloppement/

Aussitôt que la sueur est manifeste , on ouvre la croisée pour que le malade respire un air frais ; on lui fait boire, à chaque dii minutes, un quart de verre ou un demi-verre d*eau froide : plus il boit, plus la sueur devient abondante. Notons aussi que ce procédé sudatoire n'est pas nouveau, puisque, en France, longtemps avant qu'il y ml question de l'hydrothérapie, on se servait de couvertures de laine pour faire transpirer les malades (cet usage est presque populaire dans certaines contrées) ; là preuve, c'est ((ue le docteur Pougens, notre collègue, dit textuellement, dans son Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, imprimé eu 1813, article Rhouatism b : 9 Faites coucher le malade avec u^e chemise de flanelle, entre deux couvertures de laine^ sans draps deioiU, pendant trois jours consécutifs ; il résulte de ce moyen des sueurs considérables. On lui administrera en même temps les sudorifiques en bols, en pilules ou en poudres, avec une tisane de môme nature ; le quatrième jour, on le transportera dans un autre lit, et on supprimera les remèdes. » Donc Priessaitz n'est fjjàs l'inventeur du procédé ; toutefois il mérite un brevet de perfectionoemeai, puisque la sueur arrive plus vite.

Il est certains malades qui, à cause d'un excès de sensibilité de leur peau, ne peuvent supporter le contact immédiat de la laine sur le corps. A ceux*là, on leur fait mettre un peignoir en toile ; mais il faut qu'il soit sans manches, afin qu'ils puissent s'en débarrasser aisément et vite , en même imfs que de la couverture, pour se jeter au bain après la sudation ; ou bien on soumet le malade è Temmaillottement humide, dont il sera parlé plus loin.

Quant aux asthmatiques et è tous les individus qui ne peuvent rester couchés d«u$ une position presque horizontale, et qu'on ne peut par conséquent emroaillotter, on le< place, enveloppés de la tête aux pieds d une couverture de laine, assis sur un fauteuil eii bois dont le siège est formé de barreaux u;| peu écartés les uns des autres (un fauteo" de jardin, par exemple) ; on place une lampe h esprit-de-vin allumée sur le parquet andessous du fauteuil ; on recouvre ensaite l6 malade et le siège qu'il occupe d'une ou deux couvertures de laine, avec le soin de les bien appliquer autour du cou , sans le trop serrer, laissant la tête compiéteiwfw

SUDORinQUES

SDDORIFIQDES

libre et exposée h Tair : les mêmes soiAs doivent être donnés aux malades, comme dans la procédé précédent.

EuptOEi BB L^BAU. En hydrothérapie, Teau est emiployée eitérieurement en bains généraux, QMii-bains et bains locaux ; en aspersioQS, lotions, fomentations ou ablutions; par application, a¥ec des draps et des corn* presses mouillés ; par la percussion, en douches à colonne, à ondée, en pluie, en arrosoir; intérieurement en gargarisme, iiyec- (iou et boisson.

Sa température varie depuis 6 jusqu'à 25 degrés centigrades. Voici quels sont tes dif* férents modes d*administration de l^eau :

Bain$ généraux ou grands bains. Ils sont proscrits généralement à la suite de TeminaillottemeDl ; c'est-^-dire que quand on juge que la sudation est suffisante, on dékirrasse le malade de son maillot, on ne lui laissa que la couverture qui est appliquée sur le corps, et on le conduit au bassin. Arrivé là, il met bas sa couverture, se mouille rapidement, avec les mains, la tête et le devant de la poitrine, et se jette au bain, dont Teau varie de huit à quinze degrés centigrades, en raison de la constitution deTindividu et de sa puissance réactive.

La durée du bain est également variable : de quelques secondes seulement pour les uns, on peut le prolonger jusqu'à quatre et cinq minutes pour d'autres ; ceux qui sont faibles ne font que se plonger dans 1 eau, et en sortent de suite.

Le malade doit faire dans le bain le plus de mouvements que possible, en se frictionnant vivement toutes les parties. Il plonge une ou deux fois la tête dans l'eau, pour <|ue toute la surface du corps en reçoive l impression, et qu'il ne puisse survenir la moindre congestion sanguine nulle part.

Au sortir du bain, la peau commence à rougir, et l'eau qui la mouille se vaporise. On recouvre le malade d'un drap de toile un peu grosso, avec lequel on l'essuie, tout en je frictionnant fortement sur le corps. Ces frictions doivent être faites avec vitesse et continuées jusqu'à ce que la peau soit bien r >uge. Cela fait, le malade s'habille prompteiuent, et va se promener au grand air, d'an pas gymnastique, en remuant les bras. Par cet exercice la réaction s'accomplit, une douce chaleur se manifeste à la peau, la transpiration se rétablit et le malade éprouve "n état de bien-être très-agréable ; il se sent plus agile et plus fort qu'auparavant. Alors il modère son pas, boit u'i verre d'eau fraîch« de temps en temps, el, après une heure «u une heure et demie de promenade, il rentre el se met à table.

Tous les malades redoutent le bain froid, ^^ première fois qu'ils en usent. On évite ^^*lo appréhension par les précautions les plus simples. Voici comment on procède : dès son entrée à l'établissement hydrothéra- Pique, le malade est frictionné deux ou trois mis par jour, et pendant deux ou trois jours de suite, avec un linge trompé dans l'eau »ralche ut exprimé. Cette opération habitue

le corps au contact de Peau , donne du ton au système eutané, te dispose à transpirer plus facilement ; l'emmaillottement se fait ensuite, et ce jour-là le malade est frictionné comme les jours précédents.

Le lendemain, la friction est remplacée-

Êar un demi-bain à la température de dixuit à vingt-cinq degrés. Les jours suivants, on augmente la quantité d'eau du bain, tandis qu'où diminue sa température de deux ou trois degrés, selon, au reste, que la réaction se manifeste plus ou moins vite^ De cette manière, on arrive progressivement aux bains entiers de dix et huit degrés.

A la longue, ce bain devient un plaisir; quand le malade s'v complaît trop, il feut I en faire sortir après le temps fixé précédemment, un bain trx)p prolongé rendant S lus difficile la réaction qui doit le suivre. ir, chacun sait que la manière dont se fait la réaction est la boussole qui dirige le médecin dans le traitement nydrothérapique.

Dans la pratique de l'hydrothérapie, il ne faut jaoïais perdre de vue les deux règles suivantes : la température des bains doit être d'autant plus basse que la chaleur du corps est plus élevée, tout en tenant compte cependant de la susceptibilité de chaque individu; la température de l'eau doit être progressivement diminuée jusau à ce au'on arrive au degré convenable à cnacun d eux.

Demi-bain. Pour prendre eo bain , le malade s'assied dans une baignoire contenant environ trente centimètres d'eau, dont la température varie de six à vingt degrés centigrades : il y reste plus ou moins, selon l'effet ou'oo désire oDtenir. Sitôt qu'il est dans 1 eau, il se frictionne te bas-ventre et la poitrine, pendant qu'un aide lui frictionne les extrémités inférieures, et un second le dos et les reins : de temps en temps ce derniet lui verse sur la tête de Teau prise dans la baignoire. Après un séjour de dix à quinze minu tes dans l'eau , selon l'impressionnabili té du malade et la nature de sa maladie, il faut l'en sortir.

Bain de siège. Ce bain se prend dans un baquet en bois ou dans une petite baignoire en métal, et dans lequel s'assied le malade. La température de Teau varie, comme pour le grand bain, de six à vingt-cinq degrés centigrades, et la durée du bain doit être de cinq a trente minutes, et plus.

Ces bains sont très-souvent emploj^és en hydrothérapie , comme antiphlo^isliques , toniques et révulsifs, combinés toujours avec le traitement général.

Ils sont particulièrement indiqués dans les catarrhes de la vessie et de Tutérus , et il convient d'en prendre deux par jour, à une température de seize à dix-huit degrés d'abord, pour arriver progressivement à celle de sept à huit degrés. Pendant la durée du bain, le malade doit se frictionner l'ainlomen.

Une promenade d'environ une demi-heure doit précéder et suivre le bain de siège; et s'il ne produit pas une surexcitation des extrémités inféneures, on fera bien d*en prendre un le soir avant de se mettre au lit.

SUDORIFIQUES

Bains des extrémités. On ne s'en sert guère que pour le traitement des exanthèmes chroniques, des plaies, des caries osseuses, des douleurs rhumatismales, etc. Ces bains doivent être pris pendant au moins une heure tous les jours, et peuvent être remplacés avantageusement par l'application de compresses imbibées aeau, par des injections, par des douches locales à lance ou à arrosoir.

Bain de pieds. On le prend en trempant les pieds dans un baquet contenant un pouce d'eau seulement. Quatre à cinq minutes suffisent : on augmente la réaction consécutive par une marche précipitée à la sortie des pieds du bain.

Ce pédiluve doit être précédé d'une promenade d'un quart d'heure au moins. On l'emploie comme antispasmodique dans les névralgies de là tête; comme révulsif, dans les phlegmasies de l'œil, de la gorge, etc. On doit V joindre l'application de compresses imbibées d'eau froide sur la partie souurante.

Pendant la durée du bain, le malade se frotte les pieds l'un contre l'autre, ou contre le fond du baquet, ou bien il les frictionne fortement avec la main.

Bain de tête. Pour un bain de têle, il faut étendre un matelas à terre, sur lequel on couche le sujet, la têle débordant l'extrémité du matelas, et plongeant dans un vase peu

t)rofond rempli d'eau. On immerge d'abord a nuque, puis un côté de la tête, ensuite le côté opposé, et puis de nouveau la nuque. Chacune de ces immersions dure un quart d'heure. On renouvellel'eau deux ou trois fois.

Ce bain peut être avantageusement remplacé par des compresses qu'on renouvelle souvent, le malade étant assis ou couché. Ne pas oublier que les bains partiels sont toujours employés concurremment avec le traitement général.

Douches. Elles sont un des principaux procédés h^drothérapiques, et cependant on ne l'emploie qu'après que le sujet a été souimis pendant un certain temps aux autres procédés. On en distingue de plusieurs sortes : 1* la douche ordinaire ou grande douche j formée par une colonne d'eau de deux pouces environ de diamètre provenant d'un vaste réservoir élevé de trente à trentecinq pieds au-dessus du sol ; 2" la douche à onde : c'est une nappe d'eau tombant d'un mètre de hauteur dans un bassin où il y a ouinze centimètres d'eau pour servir de demi-bain au malade, en même temps qu'il reçoit la chute d'eau en nappe sur la partie soutirante ; 3* la douche en pluie ^ sortant d'un tuyau terminé par une surface criblée de trous, et sous laquelle l'individu se place; k* la douche en poussière , formée par des milliers de petits jets convergeant (fe tous côtés vers 1 axe de l'appareil, que le malade, assis ou debout, reçoit sur toute la surface du corps è la fois ; 5* la ûowche ascendante h jet simple ou en arrosoir ; 6' enfin la douche à direction variable^ dont le tuyau flexible s'adapte à un tube en forme de lance ou à une pomme d'arrosoir et permet d'appliquer facilement la douche à toutes les surfaces du

SUDORIFIQUES

corps et d'en modiOer l'effet par la direction qu'on lui imprime.

La durée de la grande douche est de einq minutes. On ne la reçoit jamais sur la tête: avant de la recevoir, le malade doit avoir le soin de se croiser les deux mains au-d^^^sus, pour abriter le crâne de la chute d'eau. Celle-ci doit être dirigée plus ou moins obliguement quand elle tombe sur les autres parties du corps et principalement la poitrine et le creux de l'estomac.

La force et la durée de la douche doit être relative à l'Age , à la constitution du malade et à la nature de la maladie. Pendant que le malade est dessous, il doit se f^i^ tionner vivement toutes les parties du corps, qui toutes doivent être rapidement et successivement douchées; les mouvements que le malade se donne, aidant à la réaction qui va suivre. Inutile de redire qu'après la douche le malade doit se promener; mais ce que nous devons nécessairement faire ol^ server, c'est que la grande douche ne doit jamais être dirigée sur la colonne vertébrale, dans les affections de la moelle et dans la faiblesse des reins.

La douche en poussière et la douche lleiible sont des moyens plus doux que les bains g(^néraux, les frictions, et partant d'un effet plus avantageux.

' Quant à la douche en nappe, que l'individu reçoit étant assis ou allongé dans le bassin où il y a six pouces d'eau, et à la douche eu poussière, chacune d'elles ayant des propriétés différentes , elles doivent convenir préférablement à tels ou tels cas : c'est au médecin à les déterminer.

Immersion. On désigne ainsi l'action de plonger instantanément les personnes dans un grand bassin ou dans une baignoire reuiplie d'eau, et de les en retirer aussitôt. Celle opération, qu'on réitère plusieurs fois de suite, convient surtout dans certaines névroses des muscles soumis à la volonté.

Nous ne parlerons pas des ablutions, des affusions, etc., ces objets ayant été traités ailleurs.

Enveloppement humide. Cette opération ne diffère de l'enveloppement sec que parce que, au lieu d'une première couverture de laine dans laquelle le malade est enveloppé, on le roule dans un drap de toile qui a été trempé dans l'eau, puis fortement tordu. Il ne faudrait pas, parce que le contact du drap humide sur le corps est désagréable, et même pénible quelquefois, renoncer à s'en laisser envelopper ; car dès que la réaction s'opère, et on ne l'attend guère tpe quelques minutes, le drap s'échauffe, l'humidité se vaporise, et l'on se trouve enveloppé d'une fomentation chaude, douce, agréable.

Ce procédé convient surtout aux personnes qui ont la peau sèche, rugueuse, chaude, irritable ; à ceux qui y éprouvent des démanf;eaisons, etc., tout en observant pour elles es mêmes soins et les mêmes précautions prescrits dans Temmailloltement sec.

La durée de l'emmaillottement humide e»t ordinairement d'une heure. On attend que

SUDORIFIQUES

SIIDORIFIQUES

le drap soit sec et que le malade ait bien chaud avant de Ten sortir; de môrae , on évite de le faire suer, à moins qu*il n'ait une maladie chronique de la peau.

Au sortir de cet enveloppement, on prati-

3ue des ablutions et des lotions, et Ton oronne un demi-bain et quelquefois un bain entier, dont la durée et la température sont relatives aux règles précédemment posées.

De Vabreybung. Expression allemande qui signifie fomentation générale du corps au moyen d'un drap imbibé d'eau. Pour la pratiquer, le baigneur trempe un drap de toile un peu grosse dans un baquet plein d'eau froide, le retire et le laisse égoutter ; puis il le déploie et le tient à deux mains, les bras étendus, et le jette par derrière sur la tète et le dos du malade. 11 n'est pas difQcile de se figurer, même sans l'avoir éprouvé, l'impression vive, profonde, pénible que Ton doit ressentir quand ce manteau de glace se colle sur les chairs. Eh bien I cette sensation n'est que passagère, et ^ftce aux frictions que le baigneur fait aussitôt, avec les deux mains, par-dessus le drap, sur le dos, les reins et les jambes , pendant que le malade se frictionne, de la même manière, les parties antérieures du corps , la réaction s établit bientôt. Quatre à cinq minutes de frictions suffisent, et quand une chaleur agréable se fait sentir, on essuie le malade avec un drap sec, il s'habille et va se promener, si le temps le permet, sinon il fait un exercice quelconque, qui supplée à la promenade.

L'action de l'abreybung est si peu profonde, si passagère, qu'il devient communenient nécessaire d'en réitérer l'application deux ou trois fois de suite. Dans ces cas, après chaque friction, le malade se remet au lit pendant cinq minutes, et après la dernière on l'envoie promener.

FoMEifTATioNS LOGÂLKS. Ceinture abdominale. Elle consiste en une bande de toile, large de cinquante à soixante centimètres, longue d'environ deux mètres et demi, qui, après avoir été trempée dans Teaufroide dans un tiers de sa longueur seulement, et exprimée par une forte torsion, pour en extraire Teau soraboudante , est roulée entièrement autourde Tabdomen etde la région des reins, en commençant parla portion mouillée, sur laquelle on roule ensuite la portion sèche, de manière que l'une recouvre exactement l'autre, afin que l'air extérieur n'y arrive pas. Cette bande est maintenue en place *avec deux rubans de fil et des bretelles.

Il en est de cette application comme des autres : c'est-à-dire qu'à une sensation de froid de courte durée succède une sensation de chaleur qui sèche la ceinture : aussitôt il faut la retremper et la réappliquer, si on ne veut que la peau du ventre s'irrite.

L'application de cet appareil provoque gé* néralement,sur l'abdomen, l'éruption de boutons et de furoncles, qui varient par leur loruie, leur couleur et leur volume. Ce n'est |K}int un motif qui doive en faire suspendre i*einploi, puisqu on en a vu chez certains individus qui étaient dt'gà si'cs , alors ((ue

d'autres apparaissaient et que d'autres étaient en suppuration.

Deê compresses mouillées. Ce sont des pièces de linge pliées en plusieurs doubles, trempées dans 1 eau froide, exprimées et appliquées ensuite» comme topique, sur les parties malades, et maintenues exactement à Taide d'une bande de toile sèche qui empêche l'accès de l'air et le refroidissement de la partie recouverte. Sitôt qu'elles commencent à s'échauffer, on doit tes renouveler. Du reste, on les emploie, conjointement avec les bains de siège, dans les maladies où ils sont avantageux. Yoy. Baih de siège.

Emploi de l'eau a l'intérieur. Comme boisson, il va sans dire que plus l'eau dont les malades feront usage sera fraîche, vive,, limpide, inodore, aérée, dissolvant le savon sans former de grumeaux (Voy. Eau), et meilleure elle est pour leur usage. 11 inir- |)orte donc qu'elle réunisse autant que possible toutes ces qualités, puisqu'elle compose toute la boisson des malades, soit aux repas, soit dans l'intervalle qui les sépare. Ainsi, dès le matin, le malade est-il emmaillotté ? il boit chaque dix minutes ou tous les quarts d'heure, un quart ou un demi-verre d'eau. Se promène-t-il ? il boit aussitôt qjie la réactio'i est complète. L'un et l'autre cessent de boire une demi-heure avant le repas, et ne recommencent que deux heures après.

Règles générales. 1* I) faut attendre que le premier verre d'eau bue à jeun soit passé avant d'en boire un second, et ainsi de suite pour les autres ; de cette manière, l'estomac s'habitue à l'eau, et on finit par en prendre une grande quantité ; 2" il est nécessaire de se promener lorsqu'on doit boire plusieurs verres d'eau, et on s'abstieiU de boire si l'on a froid ; 3* hors des repas , la température dcstinéo. à la boisson sera de sept, huit et dix degrés centigrades; elle peut être à une température moins élevée lorsqu'on mange ; k^ enfin, la quantité d'eau prescrite varie selon le tempérament, l'âge, les forces vitales et la nature de la maladie. Et, par exemple, les femmes boivent moins que les hommes, les enfants et les vieillaros moins que les adultes, les Ij^mphatiques moins que les. sanguins, les bilieux et les nerveux, etc., etc. De même les personnes qui ont l'estomac faible doivent boire peu à la fois, et n'arriver que par gradations presque insensibles à boire davantage.

Ayant dit que l'eau pure compose toute la boisson des malades, je dois ajouter que si cette règle est absolue à Grafenberg, il n en est pas de même en France, où l'on permet un peu de vin pur et beaucoup d'eau rougie aux repas, quand l'état des malades l'exige.

Des injections. Leurusa^^e est si commun, soit par l'anus, ce qui constitue un lavement d'eau froide, soit dans les parties sexuelles et autres ouvertures naturelles, qu'il est inutile que nous nous arrêtions à l'emploi de ce moven,très-usité.d*ail leurs depuis longtemps.

Voilà quels sont les moyens que Fhydrothérapie ou hydrosudopathie (expression plus moderne) met en usages suivant qu'elle veut

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iléterminer dos sueurs générales ou partielles appropriées à la nature de la maladie. Sansfloute qu'à ces moyens de guérison les hydrothérapeules ajoutent encore, comme moyens adjuvants, certaines règles hygiénigues auxquelles les malades sont assujettis , règles qui sont relatives à Fair qu'ils doivent respirer, ^ux vêtements dont ils se couvriront, aux exercices qui leur sont permis, au régime alimentaire auquel ils devront s'assujettir ; mais ce n*est point ici le lieu oit nous devons nous occuper de ces objets de détail ; et si je me suis appesanti, dans cet article, sur l'exposition des procédés hydrosudopathiques, c'est parce que, si je m'étais borné, par exemple, à dire qu'on administre les bains de pieds dans les névralgies cérébrales, l'ophtbalmie, etc., les personnes qui n'ont pas des notions en hydrothérapie, supposant que le bain de pieds à l'eau froide ne diffère point du bain de pieds ordinaire à l'eau chaude, et voulant essayer de ce moyen, plongeraient les pieds du malade jusqu'à la cheville dans l'eau froide, et les y laisseraient longtemps peutêtre, alors qu'il ne faut qu'un pouce d'eau et les autres conditions énumérées pour que le bain soit pris d'après les règles priessnitziennes. Partant, ou il fallait n'en pas parler du tout, ou nous condamner à en parler longuement, pour éviter des méprises fûcheuses: nous avons préféré prendre ce dernier parti, quoique les articles do ce Dictionnaire ne comportent pas, en général, de si longs détails.

En résumé, voici comment les journées des malades sont employées dans l'établisseracpldePriessnitz,àUrœffemberg.l°Dèsqua- Ire heures du matin, réveil , emmaillottement, transpiration, bain froid, promenade ; 2^ à huit heures du matin, déjeuner et nouvelle promenade ; 3** midi sonnant, douche ou bnin de siège, suivis de l'exercice au grand air ; 4" à une heure, dîner et puis la promenade ; !^° la digestion faite, nouvel emmaillotlement. ou bien applications locales par douches, bains partiels, etc. ; G** souper à stpt heures, puis coucher.

N'ayant à considérer dans cet article que l'action sudatoire de rhydrothéra[)ie, et non à disserter sur sa valeur thérapeutique, nous dirons qu'elle peut être utilement employée dans une foute de maladies chroniques; mais qu'il n'y a guère qu'un médecin instruit qui puisse en bien diriger l'emploi. Vouloir l'appliquer indistinctement à tous les cas et chez tous les individus, ce serait une faute grave, l'expérience ayant constaté fort souvent non-seulement ses insuccès, mais encore ses dangers.

SUËTTE, s. f., morbtM sudoriferus^ maladie sudatoire, à cause des sueurs excessives 3ui la caractérisent. — Les pathologistes ont onné le nom de 9ueUeh une fièvre pestilenr tielle ataxo-ad^namique, typhoïde, régnant parfois épidémiquement dans certaines lo- <*.alité9, caractérisée par la prostration des forces» des palpitations de cœur, l'inégalité et la fréquence du pouls, et les autres symp* tô:ues du TTruts h^lin (Voy. ce mot), et qui

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