‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 182 sur 209 · SYNCOPE · texte numérisé non relu

SYNCOPE

se termine par une crise heureuse, ou d'one manière funeste en vingt-quatre heures.

Elle est contagieuse et reconnaît pour cause, soit le relâchement de Ja peau, soit un trop grand alllux des humeurs vers la périphérie du corps, et leur dissolution.

Les indications curatives de la suette, ou épidrosej pour me servir d'une expression plus moderne, consistent donc à torréfier la peau et à combattre la décomposition, la dissolution des humeurs. Pour remplir à U fois ces deux indications, on donne de demionce à deux onces de chlore par jour, mêlé à de Teau, ou bien l'acide sulfurique et IV lun. On peut se servir également, avecarantage, d'une infusion de sauge, vineuse ou aqueuse, de l'agaric blanc, à Ta dose de cinq à trente grains par jour , en même temps

S|u'on emploie les fortifiants sous toutes les ormes à l'extérieur ; c'est-à-dire qu'on emploie localement les lotions avec le vinaigre, l'eau froide, les acides minéraux affaiblis, les applications de glace, etc., tout ce oui, en un mot, peut resserrer la peau et en lermer les orifices exhalants.

 propos d'épidrose, nous devons faire observer qu'il est certains individus qui, par suite d'une disposition spéciale , sont sujets à des sueurs considérables aux pieds, aux mains ^ aux aisselles, aux parties sexaelles (épidroses locales), presque toujours accompagnées d'une altération de la sécrétion, qui lait que celle-ci exhale une mauvaise odeur. Comme cette incommodité devient par là fort désagréable , quelques personnes tentent de s'en débarrasser, ce qu'on obtient facilement ; mais nous devons les prévenir qu'elles s'exposent à des maladies tort graves (perte ae la vue, de l'ouïe, asthme, phthisie pulmonaire, etc.) , dont il est trèsdifficile, pour ne pas dire impossible, de les Îcuérir. Nous avons connu, à Cette, unporteaix qui , ayant supprimé , par des astringents, une sueur très-abondaute des pieds, par laquelle il était fortement incommodé, fut atteint d'une paralysie de la sensibilité seulement (anesthésie) des extrémités infé; Heures , que rien n'a pu guérir. Delpech lui avait proposé l'application du feu ; mais il ne voulut pas s'y soumettre. Employaitil les sudoriuques les plus actifs, il suait de partout, excepté des jambes, qui étaient constamment sèches comme du bois. Nous le perdîmes de vue.

SYNCOPE , s. f. , de cruyxôirrw , je tombe ; perte subite de la connaissance, du sentiment et du mouvement, avec affaiblissemeol ou suspension totale du pouls et de la respiration, sueur froide , etc. — La syncope n'est pas toujours instantanée; quelquefois, au contraire, un sentiment de malaise, la pAleur du visage, le refroidissement des extrémités, des vertiges et le tintement dV reilles la précèdent, et quand le malade re vient à lui , il éprouve encore durant quelques instants, de l'anxiété dans la région do cœur , des nausées , parfois des vomisse* paeuts, et même des convulsions.

Ce qui y prédispose , ce sont le tempéra-

dSS

SYPHILIS

£VPH1LIS

nient nerveux, la faiblesse constitutioDoelle 0(1 consécutive à de longues maladies , une hémorragie excessive; et ce qui l'occasionne fort souvent , c*est généralement les affections morales, par antipathie, par la vue d*objets dégoûtants, par Témotion qu*on éprouve quand un accident arrive à quelqu'un qu'on affectionne ou autre, et aussi i évacuation {irompbe d'un grand abcès, d'une collection agueuse considérable. Une vive douleur, l'inanition, la présence des vers dans le tube digestif, une lésion organique du cœur ou des gros vaisseaux, etc., peuvent aussi la déterminer.

On doit rechercher avec beaucoup de soin la cause de la syncope, attendu que ce n*esl qu^ators qu'elle a cessé d'exercer .^on action sur le moral ou sur le physique que l'individu reprend entièrement ses sens, et renaît en quelque sorte à la vie. Est-ce l'inanition? Après que le sujet a repris ses sens, parce qu*on l'a placé dans une position horizontale, qu'on lui a aspergé do l'eau à la figure , ftût respirer des sels, etc. (Voy. Saignéb), un peu de bouillon, du vin sucré, un bon potage même, le ranimeront complètement. Mais , s'il s'agit d'une syncope hystérique , on se trouve bien de naettre sous le nez de la personne, soit des plumes brûlées, soit un ognon coupé en deux, dont l'odeur pénétrante produit généralement de très-bons etlels, etc. (Koy. Hys- TÉRiB.j Bref, la syncope doit être traitée, nous le répétons, suivant la cause qui la détermine.

SYPHILIS, s. f. (vérole, maladie vénérienne), syphilis lues venerta. — C'est le nom que l'on a donné à l'infection syphilitique, n'importe quelle que soit la voie de contagion par laquelle elle se communique d'individu à individu, et la forme qu'elle affecte.

Nous disons la voie de contagion, car nous ne sachons pas qu'elle se communique auircment que par le contact d'une uorsonne impure, g&tée, atteinte de la maladie vénérienne , avec une personne saine qui en est infectée à son tour. Ce contact a lieu par le coït, par des baisers, par l'application au virus sur une surface dénudée , etc. ( une petite plaie à la peau) ; soit que le virus s'écoule des parties sexuelles, ou qu'il séjourne ^ la surface d'un ulcère (chancres syphilitiques) , ou qu'il se communique, par le sang corrompu de la mère ou d'un père vérole, à l'enfant qu'ils procréent, etc.

Nous avons dû insister sur l'énumération de ces diverses causes, attendu que la mala* <ii6 vénérienne se manifeste par des symptômes divers, suivant les individus d'abord, mais surtout suivant une foule de circonstances que nous ne connaissons guère, mais que nous apprécierons dans les pnénomènes morbides qui les caractérisent. Etudions d abord les causes do la syphilis et les symptômes divers de l'infection vénérienne , suivant la nature de la cause qui l'a produite.

Par le contact immédiat et le rapprochement des sexes, rinfectionsyphiliticjuedonne lieu, le jplus fréquemment, à une inflammation de la muqueuse urétrale chez l'homme, *irélrale« urétro-vat^inale, ou simidemcnt va-

ginale chez la femme, et cette inflammation prend le nom de blennorrhée syphilitique^ de gonorrhéCf vulgairement cAoude-pûse, a cause de l'écoulement qui l'accompagne.

Cette pbicgmasie se compose généralement d'une période inflammatoire ou d'irritation spécifique , à laquelle se joigtieut , quand la maladie est grave, des irritations consensuelles diverses (phymosis , paraphymosis, bubon, tuméfaction du testicule); et d'une période de rémission ou de crise qui, si elle n'a point lieu, annonce le passage de la plesmasie h l'état chronique. Nous en avons parlé assez longuement (art. Blennorrha- 6ib) pour n'y pas revenir dans celui-ci. Mais ce sur quoi nous insisterons, c'est qu'au lieu d'un écoulement, le coït impur détermine sur le gland chez l'homme, dans les parties sexuelles chez la femme, des ulcérations de nature syphilitique, qu'il est facile de recon*nailre à leur aspect d'un blanc sale, h leurs bords durs, épais et comme déchirés, renversés en dehors, et au peu do douleur qu'elles causent, quoiqueparaissantlardacées a la surface. Remarquons, en passant, que les chancres ont un autre siège apparent que les parties de la génération : ils attaquent souvent aussi la gorge, soit que les individus des deux sexes se livrent a des baisers impurs et libertins, soit qu'ils ne surviennent que longtemps après une cohabitation contagieuse , à la suite de l'infection générale , dont ils sont un des symptômes caractéristiques. Nous disons un des symptômes, parce qu'en dehors de ces ulcères , dits s.Ypniliti- (jues, la maladie vénérienne constitutionnelle se décèle par des condylomes, des exanthèmes à la peau , des gonflements glandulaires , des douleurs' ostéocopes , des caries , etc. , formes diverses sous lesquelles nous allons successivement Tétudier.

Chancre vénérien , ulcère syphililique, Reconnaissable aux caractères organiques que nous lui avons assignés, le chancre, soit qu'il se manifeste aux parties génitales, soit qu'il affecte la gorge, tend toujours à s'étendre en surface et en profondeur : c'est pourquoi, une fois développé sur les amygdales, où la matière virulente agit d'abord, il gagne, de

f proche en proche, l'intérieur de la bouche, la angue, etc., sans y être précédé ni par des boutons ni par des pustules. 11 peut se développer aussi spontanément sur ces parties.

C'est pourquoi , attendu que tout chancre doit être considéré comme le commence^ ment de l'infection générale , et qu'il serait imprudent , dès lors , de laisser s'enraciner de plus en plus cette infection, le traitement antisyphilitique général ne doit pas être différé. D'ailleurs, si, comme nous l'avons fait observer , les progrès du chancre vont Xoxx^ jours croissant, ne faut-il pas tout mettre en usage pour les empêcher de s*étendre davantage? Il est bien entendu gue, s'il existait des symptômes d'inflammation locale, il faudrait recourir immédiatement aux émissions sanguines, et n'employer les antivénériens qu'après que l'inflammation serait dissipée. Parmi les médicaments qui jouissent de la

SYPUILIS

SYPHILIS

propriété de guérir radicatement les chan* cres, et qui, eu outre, détruisent commune- Kient la dyscrasie syphilitique , nous plaçons au premier rang l'or , employé en irictions sur ou sous la langue, n'importe (quand le malade ne répugne pas à avoir cet organe j d'une couleur noirâtre); et mieux quand l'ulcère sypliilitique est ailleurs qu'à la gorge , administré à l'intérieur, môle à la dose d un grain à huit onces de sirop de salsepareille, dont le malade doit prendre une cuillerée à bouche, matin et soir, dans une lasse d'infusion d'onontf. Quand le flacon est vidé , on fait un nouveau mélange d'or et de sirop , mais on diminue d'une once la quantité de ce dernier , tout en mettant la même quantité d'or, de manière que l'individu, en prenant chaque matin une cuillerée de la préoaration , se trouve augmenter de temps en temps la dose du métal aurifère, le sirop étant diminué d'une once à chaque nouveau mélange. A l'aide de ce moyen fort simple dans son administration, des lotions avec Teau de chaux, des applications de cérat de Galien, bien frais, pour les parties génitales , des gargarismes adoucissants pour la gorge; en un mot , avec des soins de propreté , les ulcères se cicatrisent, et l'on n'a pas à craindre les accidents consécutifs , la guérison s'opérant du dedans au dehors par extinction de Tempoisonnement, et non par suppression de ses effets. Â ce propos, nous devons faire observer que le traitement purement local, auquel on n'a recours que trop souvent , h Taide de la cautérisation avec le nitrate d'argent, la potasse caustique, l'alun ; ou bien que la cicatrisation que l'on obtient par les lotions, avec une dissolution de sublimé, de zinc, de précipité rouge, de vitriol bleu, etc., a pour résultat, après la guérison du chancre, de donner lieu à la reproduction de la maladie sur un autre point, ou h l'apparition d'autres symptômes qui attestent que le virus syphilitique existe toujours dans la masse des numeurs. Ainsi, après la suppression d*un ulcère aux parties sexuelles, on voit apparaître des chancres à la gorge, des taches , des pustules à la peau , etc. , preuve qu'on ne doit pas trop se hâter d'obtenir la cicatrisation de l'ulcère, ot qu'il vaut mieux qu'il guérisse de lui-même, et par un traitement anlivénérien à l'intérieur, que parce que Ton l'aura traité localement. Si Ton manque de confiance dans le muriale d'or, le chlorure d'or et de soude ou autre préparation aurifère, on peut le remplacer par le mercure soluble de Hahnemann, qu'on administre à la dose de deux grains par jour, en l'augmentant journellement d'un grain, jusqu'à ce que l'haleine acquière l'odeur propre au mercure, ou qu'il survienne des douleurs dans les gencives, un léger gonflement des glandes du cou, sisnes précurseurs ou commencement de la salivation. Notons que le plus souvent , par un traitement interne, le chancre se cicatrise, du septième au huitième jour, sans l'emploi d'aucun topique , ot que cependant la prudence commande de continuer encore pen-

dant sept à huit autres jours l'emploi du mercure. On peut en réduire ladosekuu grain par jour seulement.

Bubons. ï\ n'est pas rare q«e la gonorrhéfl et le chancre s'accompagnent de la tuméfaction des glandes de l'aine (bubons^ vulgairement poulains , et du testicule , orchite syphilitique). Ces engorgements , qui ne sont qu'un symptôme sympathique de l'irritation inflammatoire , disparaissent généralement avec la cause qcri les a produits, l'inflammation urétrale cédantau traitemenlaDtiphlogistique. Cependant on associe h ce traitement, soit des fomentations avec Teau blanche tiède (Pr. : acétate de plomb liquide, 15 grammes [demi once] ; verse/ et agitez dans une pinte d'eau) ; soit l'application des cataplasmes émollients et narcotiques. Si les enj^orgcments sontdouloureux, et s'ils persistent après que les symptômes d'inflammation sont calmés, on doit les considérer alors comme l'indice d'une infection très-avancée, et qui nécessite l'emploi immédiat desantivenériens à l'intérieur, administrés comme il a été dit précédemment. Enfin, il arrive parfois, mm très-rarement , que des bubons se déclarent sans gonorrhéé ni chancre , et comme symptômes de l'infection syphilitique ; dans ce cas exceptionnel, il faut agir comme dans tous les cas d infection générale.

Condylome, Les excroissances charnues molles et indolentes qui se montrent aui parties génitales de l'un et de l'autre sexe, au périnée, autour et à l'intérieur de l'anus, qu'on nomme condylome, exigent, elles aussi, un traitement antivénérien général, interne, sous l'influence duquel elles disparaisseoi en ffénéral , en même tera|is que les chancres. S'ils persistaient , on doit les exciser et les cautériser.

Maladie vénérienne proprement dite. Quand l'infection secondaire, générale, du virus syphilitique ne se manifeste encore que par les signes divers que nousf ayons énumérés (écoulements, chancres-, bubons, coudylomes, l'angine chronique, des exanthèmes au front, etc.), ce qui constitue le premie^deg^* delà maladie vénérienne,letraitementparror, ou le mercure, ou l'argent, etc., suffit pour

f;uérir le malade, sans danger consécutif pour ui. Cependant, si on n'adoptait pas notre méthode par l'or dans le sirop de saisepareille,et qu'on préférât le mercure, il sérail bou,tout en en usant, de prescrire en même temps une tisane dépurative, de garder la ehambre pendant toute la durée du traitement, et jiisquà ce Que les prodromes de la salivation mercurielle aient disparu, quand le ptyalisroe se manifeste ; de manger peu, d'éviter Jes acides et de s'abstenir d'aliments Acres, salés, épi* ces, aigres, de boissons excitantes.

Quand la maladie est ancienne, que l'organisme est profondément affecté, qu'il survient des exostoses syphilitiques, des caries, de^ exanthèmes de même nature sur toute la surface du corps, consistant en pustules, en bulbes, en vésicules, en tubercules, etc., de nature vénérienne ; que leur aspect cuivré faii distinguer des exauthèmes delà même forme.

SYPHILIS

SYPHILIS

mais d*une (oui autre nature et d*une couleur spéciale, suivant la dyscrasie humorale qui leur donne naissance ; dans ce cas , disje, on doit employer les médicaments les plus actifs et ceux sur lesquels Texpérience fiermet le plus de compter. Delpech , avonsnous dit» employait la liquour de Van-Swieten, ou les pilules de Plenck ; M. Lallemand te louait beaucoup de cette même liqueur : donc» on peut les prescrire en toute confiance. En quoi consiste-t*e]le , et quelle est la formule des pilules de Plenck? La voici : Liqueur de Van-Swieien.

Pr. : Muriate suroxygéné de mercure [sublimé corrosif)^ 8 grams.

Eau distillée, 1 livre.

F. dissoudre le sublimé dans S. Q. d'alcool : M. à Feau distillée. Cette liqueur doit être conservée dans une bouteille bien bouchée.

Dose. Dans les premiers jours , on administre la demi-dose (une cuillerée à bouche) dans un verre de lait coupé ou d*eau d*orge. Après quelques jours, on donne la dose entière ( deux cuillerées à bouche ) , à prendre une le matin, et Tautre le soir.

Nota. 25 à 30 grains de sublimé sont nécessaires pour opérer la guérison radicale : ils suffisent communément.

Pilules mercufielles de Plenck.

Pr. : Mercure distillé, 1 gros.

Mucilage de Komme arabique, 4 gros.

Eteignez parfaitement le mercure, et ajoutez ensuite :

Extrait de ciguë, 1 gros.

F. des pilules de 2 grains.

Dose. On donne 4 à 6 de ces pilules par jour.

Le sublimé dont se compose la linueur de Van-Swieten, et qui forme la base des pilules de Plenck, est surtout utile chez les personnes qui ont déjà beaucoup pris de mercuriaux, et qui ont acquis par la une disposition si prononcée à la salivation, que quelques grains d'un oxide ordinaire de mercure suffiraient pour les faire saliver, et les obli-

fer à suspendre le traitement. On peut donc employer sans inconvénient, et le continuer longtemps, dit Uufeland, en observant les règles suivantes : on le donne sous forme pilulaire, aQn qu'il se dissolve lentement ; puis dans un véhicule nmcilagineux (pour émousser son action caustique immédiate sur les membranes de Testomac et de l'intestin) et associé à l'opium, afin de prévenir les effets nuisibles qu'il pourrait produire sur les nerfs gastriques et intestinaux : le spasme d'estomac , des nausées , la colique, la diarrhée. De là résultent les pilules iV23i^ que je regarde comme celles qui conviennent le mieux pour le traitement de la syphilis. Je les ai toujours employées, souvent pendant des mois entiers.

Pr. : Sublimé corrosif, 2 grains ;

Eau distillée, Q. S.

Faites dissoudre ;

Ajoutez : opium pur, 2 grains ;

Miel, un scrupule ;

Mie de pain blanc. Q. S.

Faites soixante pilules.

Ou en donne cinq le matin et cinq le soir,

et Ton augmente peu à peu, de manière è en prendre jusqu'au double lorsque le mal est opiniAtre. 11 va sans dire que le malade doit se tenir chaudement et suivre un bon régime; boire une tisane de salsepareille ou autre^ prise en abondance ; user de bains chauds, qui sont de puissants auxiliaires du traitement.

Je dois faire remarquer encore que le sublimé étant sujet k affecter les poumons, il faut nécessairement lui substituer une autre préparation, et, par exemple, la suivante, chez les personnes prédisposées à la phthisie pulmonaire:

Pr. : Précipité rouge» 1 grain.

Antimoine cru, 2 scrup

Extrait de réglisse, Q. S.

Faites quatre-vingts pilules, k prendre de la même manière que les pilules au sublimé.

Ces nouvelles pilules sont aussi efficaces et quelquefois plus efficaces même que les précédentes. Dupuytren ajoutait deux grains d'extraits de gaiack chacune des pilules de sublimé opiacées, qu'il prescrivait dans les [>roportions d'un seizième, d'un huitième, d'un quart de grain de sel pour un tiers de grain ou un demi-grain d'opium. Le malade en devait prendre trois par jour. Voici sa formule :

Pilules de Dupuytren :

Pr. : Résine de gaïac, 2 grains ;

Extrait eommeux d'opium, un tiers de grain ;

Deuto-chlorure de mercure, un sixième de

grain pour chaque pilule.

Règles générales. Varier les formes du médicament sous lesquelles on le donne , quand celle qui est administrée ne produit pas l'effet désiré ; suspendre de temps en temps l'usage du mercure pour le reprendre ensuite; ne pas se découraser de la persistance des symptômes, et ne laire aucun écart de régime ; cont'nuer pendant quelque temps encore le traitement, après que les signes apparents de l'infection générale ont complètement disparu ; voilà ta conduite que le médecin et le malade doivent tenir : car la cessation des symptômes ne suffit pas pour

Erouver que le sang et les humeurs sontassez ien dépurés pour que le virus syphilitique ait été complètement détruit et ait perdu conséquemment l'aptitude à reproduire le principe contagieux. Or, attendu que si l'on cesse trop tôt le traitement, on risque devoir les signes de l'infection reparaître avec la même forme ou sous un autre aspect, il est prudent et sage, nous le répétons, de continuer encore l'emploi de ce spécifique, h petites doses, pendant un certain temps. On se réglera, pour la longueur du régime de précaution^ sur celle qu'on aura mise à obtenir la disparition des symptômes, c'est-à-dire

3ue, piusil aura fallu insister sur l'emplnî es moyens généraux pour les dissiper, plus aussi on devra en prolonger l'usage après être arrivé à ce résultat. Après quoi, s'il y a encore nécessité, on ne devra pas perdre le malade de vue, lui conseiller un traitement dépuratif non mercuriel, ou aurifère ou argentifère, etc., et s'assurer de temps à autre si de nouveaux symptômes syphilitiques n'apparaissent pas.

sinsLis

SYPHIUS

Smhilis invétérée. On rappelle ainsi lorsqu elle est fort ancienne, et qu'elle fait pour ainsi dire corps avec h viOi qu'elle a attaqué et désorganisé les parties les plus profondes; que guérie» ou du moins supprimée p^r u{i traitement antivénérien, la maladie 4*epa-

, rait sans cesse sous des formes modifiées.

' Dans ce cas, il est bon d'employer les frictions mercurielles, qui agissent bien plus sûrement, puisque le mercure pénètre l'organisme par la voie des vaisseaux lympha-

once èunconcedecese) par bain); ou bien on lefrictionneà la plantedes pieds, chaque soir, avec un gros de pommade de Ciriilo, qui n'a pas l'inconvénient de produire la salivation.

Pr. : Sublimé corrosif et sel ammoniac, de chaque k grammes (un gros) ;

Axonge, 30 grammes (une once).

M. — Une cuillerée à café représente la valeur d'un gros.

Nous préférerions cette méthode d'employer les mercuriaux, si nous étions forcé <i*en faire usage, parce que nous considérons le ptyalisme mercuriel comme un grand mai. Quant à ceux, au contraire, qui n'ont de confiance dans le traitement anlivénérien qu'alors qu'il a prr)duit la salivation, voici comment ils procèdent : chaque jour on fait une friction avec un ou deux gros d'onguent mercuriel, sur un point quelconque de la surface du corps, que Ton a le soin de varier, et on continue ainsi en présentant simultanément des bains tièdes et un régime sévère, ou même l'abstinence totale, jusqu'à ce qu'on voie survenir la salivation. Celle-ci se déclare ordinairement au milieu d'un mouvement d'irritation fébrile, et il faut Tentretenir à un degré modéré, durant un laps de temps pms ou moins long, selon l'intensité de la maladie. Cette méthode est incontestablement la plus énergique, mais aussi la plus violente. On peut la considérer comme une véritable crise, c'est-à-dire avec sesavantages, mais aussi avec ses inconvénients : sesavantages, en ce que, pénétrant en tous points lorganisme, en le saturant, pour ainsi parler, de ses molécules métalliques, et en attaquant par là le virus avec toute sa puissance, partout où il a pénétré, il l'extirpe en quelque sorte cf le repousse au dehors ; mais par la même raison qu'il exerce surles tissus vivants, on général, une action destructive, de mftme nar la déperdition de salive qu'elle entraîne, humeur indispensable à la digestion, et par suite à la nutrition, il produit un aifaiblisseinent extrême, la consomption et le marasme, si l'on pousse trop loin la salivation, chez les sujets qui y sont prédisposés. D'après cela, on ne doit y recourir qu'à la dernière extrémité, et toujours avec prudence, avec modération, en se gardant bien de l'appliquer chez les sujets avancés en âge ou chez ceux qui août déjà fort affaiblis. Dans ce cas, mieux vaudrait essayer d'un moyen qui suftit fort souvent pour obtenir la guérison. Il consiste à faire boire journellement au malade une

décoction de deux onces de salseparcilkr dans deux livres d*eau, réduites à une livre par l'ébullition. Cette boisson doit être consommée tout entière dans la journée et continuée longtemps.

i*ai dit, en parlant delà salivation, qu'il /ovr fefUreêénir à un degré modéré ^ durant un lapt de temps plus ou moins long... Si je n'écrivais que pour des médecins, ces indications générales seraient suffisantes, sans doute; mais comme notre Dictionnaire ne leur est pas destiné, nous croyons nécessaire de donner quelques nouveaux développements ï ce sujet. Pour cela, il nous suffira de résumer les précef)tes que Boerhaave a tracés dans onze de ses immortels aphorismes, dont plusieurs auteurs nous ont donné la traduction en ces termes :

1^67. Quand le corps est couvert de pustules, qu'il existe des douleurs dans les membres, des fatigues nocturnes, des ganglions suppures, des douleurs ostéocopes, que le malade a eu plusieurs gonorrnées, jugez nue l'infection syphilitique existe, et alors il faut amener la salivation.

1M)8. Pour l'obtenir, on abreuvera pendant plusieurs jours le malade d'une grande quantité de tisane.

IVGO.Puis, toutes les deux heures, il prendra une petite dose de calomel.

11^70. Quand l'haleine commencera à devenir fétide, que les gencives deviendront douloureuses, que les dents sembleront s'allonger, il faudra examiner s'il convient ou da s'arri>ler,ou bien de réprimer les symptômes.

l{i'71. Une salivation de trois ou quatre livres par jour est suffisante.

H72. Moindre, elle doit être excitée par le menrure.

1^73. Plus abondante, elle doit être mod'^'ée par des lavements émoUients, les purgatifs, les sudorifiques.

iklk. Si le mercure foit irruption du cAté du ventre, l'opium et les sudorifiques sont indiqués.

14^75. Si la gorge, la bouche, les gencives, sont tuméfiées et trop douloureuses, on prescrira les remèdes indiqués dans l'aphorisme 1(^73, et des gargarismes adoucissants ou des collutoires.

14^76. Cette médication doit être continuée jus(]u*à l'entière cessation des symptômes, orriinairement pendant trente-six jours.

ikn. Alors, pendant trente-six jours, il faut ne donner le mercure qu'à une dose trèsmodérée, pour entretenir toujours une légère salivation.

Ces préceptes de Boerhaave, disetit MM. Trousseau et Pidoux, sont encore suiris

1)ar tous les médecins jaloux de guérir radicaement leurs malades, et lorsque ceux-ci consentent à se soumettre à ce traitement.

Biais, si, on général, on se propose le môme but que Boerhaave, et si on produit, à l'aide du mercure, les effets que recommande ce grand praticien, on n*est pas également d'accord sur le choix des préparations mercurielles et sur leur mode d'administralion. Les uns emploient les frictions avec Ks

SYPHILIS

SYNIILIS

oiigucnls sur les cuisses, sur les bras, sous les aisselles, sur les parties génitales ; les autres préfèrent les bains de sublimé, suivant la méthode de Wedeking et de M. liécamier; ceux-ci veulent des fumigations de cinabre» dans un appareil où la tête ne soit pas plongée; ceux-là pr<^ furent le traitement interne, et donnent, à Teiemple de Boerhaave, le calomel, le mercure oru éteint; mais les plus célèbres des médicaments inter* lies sont Je sublimé et les ioduresde mercure.

Nous avons écrit le mot iodurede mercure; de là à l'emploi thérapeutique de Tiode, dans le traitement de la syphilis, la transition est toute naturelle.

Administré conjointement avec le mercure dans la plupart des cas de maladies vénériennes chroniques, on était dans Tincertitudesi les succès obtenus par l'association de deux médica men ts. éga lemen t actifs comme résolutifs, étaient imputables au mercure seul, ou bien à Tiode, ou bien à la combinaison de ces deux agents. La question a été décidément tranchée par le docteur Vallace, de Dublin, qui a aémontré, d*une manière authentique, que Tiode est aussi eflicace que le mercure dans le traitement delasypnilis constitutionnelle. Nous trouvons, dans le Journal des connaissances inédicO'Chirurgicales^ Paris, tome IV, pag. 137, que, « sur 142 syphilitiques traités, savoir : 6 alfectés d'iritis; 6 d'engorgement du testicule ; 10 demaladies diverses des os et tks articulations; 97 de svphilides cutanées; 20 de lésions de la membrane muqueuse de la bouche, du noz.de lagorgi'; 3 femmes enceintes, dans le but de soustraire le fœtus à 1 infection syphilitique ; tous se sont parfaitement trouvés de son administration.

La préparation à laquelle il a donné la préférence, c'est la miœlura hydriodaiis potassœ^ jqui consiste dans la dissolution de deux gros d'iodure de potassium dans huit onces d'eau distillée, et dont la dose est de une cuillerée à bouche quatre fois par jour, soit. 60grammesdemixtureou2grammesd'iodure.

Depuis la publication de cette statistique, qui remonte déjà à une vingtaine d'années, uien des expériences ont été tentées en France, et les succès obtenus ont été assez constants pour qu on ait déclaré qu'il ne faut pas hésiter à recourir à l'iode, lorsque le mercure a été inefUcace, ou qu'il est tro[) diflici-* lement supporté.

Mais ce n'est pas seulement contre la syphilis constitutionnelle que l'iode s'est montrée efDcace : ce médicament peut être aussi très-eflicacement employé, nun-seuiement dans la blennorrhagie, aux doses de 20, 30, k^ et même 50 gouttes» matin et soir, dians des potions gommeuses que le malade preûd eu une fois; mais encore, dans les bubons vénériens, appliqué localement en pommade. H. Hichon , qui est un des médecins qui ont préconisé l'iode dans ces sortes de cas, use, eu l'administrant, des précautions ci-après indiquées.

S'agit-il de la nlennorrhagie? il gradue les doses d'iode de la manière suivante : pre-

mier jour, 15 gouttes le matin; second jour» 20 gouttes; troisième jour, 25; quatrième iour, 30. II commence ensuite à en donner 15 gouttes le soir, et il augmente de la sorte jusqu'à 30 gouitps matin et soir. 1! reste à cette dose pendant trois ou quatre jours, et s*il ne survient pas des signes d'irritation gastrique, il arrive à 40 et mêm^ 50 gouttes deux fois par jour.

S'agit-il de bubons? après avoir calmé rinflammation développée dans le ganglion lymphatique, M. Richon fait faire» sur la tumeur même, cinqou six frictions chaque jour, pendant quelques minutes , soit avec un gros ou même deux gros de teinture diodo, soit, ainsi gue nous l'avons déjà dit, a^ec la pommade iodurée.

Assurément, il y a un peu d'exagération de la part de M. Richon dans les rapports qu*il nous a faits sur la rapidité des guérisons qu'il a obtenues, rapidité bien diti'érente de celle qu'il nous a fallu pour obtenir la résolution des engorgements inguinaux, et encore ne l'avons-nous pas toujours obtenue*, néanmoins nous ne prétendons pas que l'iode doive élre, je ne dis pas repoussé, mais négligé dans ie traitement des maladies vénériennes.

Il est un autre moyen, Yabstinmee absolue , qui compte quelques partisans. Mérite-t-ello la confiance qu'ils lui accordent? H est certain que , soit seule , soit associée à de petites doses de sublimé, l'abstinence absolue est très-puissante contre les syphilis constitutionnelles invétérées. Mais nous devons faire observer que la privation d'aliments n'a souvent pour effet que de répercuter en quelque sorte le virus à l'intérieur, ce qui Élit Que les symptômes reparaissent aussitôt que le sujet est remis à Tusage d'une bonne nourriture. C'est une remarque que nous avons faitechez un sj^philitique oui avait déjà perdu un œil» à la suite d'une opnChalmie vénérienne, et qui était menacé de perdre l'autre. Pendant son traitement, qui ne consista durant longtemps qu'en de la galette sèche des marins, pour toute nourriture, les symptômes parurent s'amender ; mais ils reprirent de plus belle dès que le sujet ^outa de nouveaux aliments à sa galette. A propos d'abstinence , nous ferons observer encore que la débilité primitive, ou consécutive au développement des symptômes vénériens « étant lort souvent la cause que la maladie résiste aux moyens les plus énergiques , il faut tonifier le système vivant, au moyen des martiaux, du quinquina , de Tarnica, sans quoi on n'obtiendra jam/iis Textinction de la cachexie humorale.

N'oublions pas de dire aussi que les ma« lades qui sont tourmentés p^r des douleurs ostéocopes nocturnes, trouvent du soulagement dans l'écorce de garou qui, en décoction, à la dose de deux gros par jour, seuln ou associée à la salsepareille, passe pour être véritablement spécifique. Autre remarque : assez fréquemment, sur la fin du traitement, ou quand il est très-avancé» il apparaît un état morbide particulier qui pro-

TABAC

TABAC

vient, ou de ce que le malade a suivi son traitement sans méthode , sans s^assujettil' aux règles hygiéniques qui lui ont été posées , et principalement d'éviter le refroidissement, ou de ce qu'il a poussé trop loin I usage des mercuriaux. Cet état particulier est ce qu'on appelle la maladie mercurieUe , qui mérite une sérieuse attention, et qu'on reconnaît à ce que les symptômes s'aggravent et se perpétuent par l'emploi prolongé du mercure. Le principal moyen , en pareil cas, c'est d'envoyer le malade aux eaux thermales sulfureuses, ou de lui faire prendre des bains sulfureux chauds ariificiels. Toy. Bain. 1 Parlerons-nous de la syphilis latente ou j larvée ? Sans doute , puisque c'est elle qui I entretient et perpétue certaines maladies i chroniques, que le malade et le médecin luimême sont tout étonnés de trouver si opiniâtres, si rebelles aux moyens ordinaires. Bans ces cas, que ce soient des spasmes, des convulsions , la paralysie , des obstructions, etc. , qu'on ait à traiter, le praticien s'informera si le malade n'a pas jadis été infecté, et si c'est un enfant, si le père ou la mère n'étaient point gâtés auand ils l'ont procréé. S'il est méthodique aans ses interrogations et expérimenté, il découvrira souvent que depuis l'époque de la naissance ou celle de l'infection, il s est présenté une succession de phénomènes variés, s'enchaînant les uns aux autres, mais dont aucun n'avait été considéré, à tort, comme vénérien. £n pareille circonstance, dès les premières doses de mercure données à titre d'essai, il obtiendra des effets avantageux aussi rapides qu'étonnants,

et ce doit ^tre un motif d'en venir immédiatement à un traitement antivénérien régulier. Reste que, dans tous les cas où Tonsoup^

Sonne l'infection syphilitique , mais surtout ans ceux où elle est manifeste , rien ne doit être négligé pour la combattre : la syphilis constitutionnelle réunissant tout ce qu'une affection morbide peut avoir de répugnant , de désagréable , d'affligeant, aox souffrances les plus pénibles, aux chagrins les plus cuisants, aux dangers les plus réels. C'est-à-dire que, tandis que d'une part elle imprime son affreux cachet aux plus nobles attributs de l'homme physique , soit en lui déformant ou lui rongeant le nez, qui est I ornement du visage, soit en altérant sn voix, qui est la plus belle expression de la dignité morale de l'être humain; d'autre part, par les souffrances incessantes , par l'odeur infecte et repoussante qui s'exhale des parties ulcérées, etc. ; elle rend l'individu à chargea lui-même etaux autres,fréquemment accablé, durant sa vie entière, de tourments et d'emiuis jusqu'à un âge avancé, heureux encore (ou malheureux) quand la syphilis ne devient pas mortelle, par consomption, par colliquatioo, par hydropisie. Puisse ce tableau des infirmités que la maladie vénérienne [)roduit, rendre chastes et continents ceux qui sont portés aux plaisirs sexuels ; ou s'ils ont succombé à la tentation, et qu'ils aient été infectés, leur inspirer le désir et la volonté de s'en remettre à leur docteur du soin de les en débarrasser , en se conformant en tous points à ses prescriptions, quelques sévères et rigoureuses qu'elles paraissent.

TABAC, s. m., nicotiana tc^acum, genre de plantes de la pen tendrie monogynie,L. , de la familledessolanées,J.,que'Jeanmcot, ambassadeur du roi de France, François il, à la cour do Portugal, introduisit le premier dans son pays. 11 envoya des graines de cette plante à Catherine de Médicis (1560), et lui en indiqua en même temps les vertus et la manière de s en servir.

Ses caractères physiques sont : calice d'une seule pièce, en godet, découpé en cinq segments aigus, et légèrement velu : corolle monopétale, en entonnoir, d'une couleur rose purpurine ou ferrugineuse, à tube deux fois plus long que le calice , à limbe plane , ouverte en godet , et à cinq divisions égales, courtes et [pointues ; cinq étamines rapprochées du stigmate avant la fécondation , formant une espèce de couronne, mais qui s'éloigne lorsque cet organe a été fécondé; capsules ovoïdes, coniques, creusées de quatre stries à deux loges, s'ouvrant au sommet en quatre parties, et contenant un grand nombre de semences très-Qnes : l'embrion des graines est courbé, placé dans l'axe du périsperme ; fleur en granicule à l'extrémité des rameaux; tige de quatre à cinq pieds, cvlindrique, forte, grosse comme le pouce, légèrement velue, et pleine de moelle; feuilles grandes, ovales, lancéolées , sessiles , et

même prolongées sur la tige , de l'un et l'autre côté de leur insertion ; leur sommet est aigu, leur bord légèrement onde, leur surface velue et à nervures très-apparenies, leur couleur un peu jaunâtre, ou d'un vert pâle. La racine est fioreuse, rameuse, blauche, et d'un goût fort acre.

Les chimistes se sont beaucoup occupés, dans leurs analyses, du nicotiana tabaeum, et il résulte de celles qui ont été faites par MM. Posselt et Reimann, que les feuilles fraîches du tabac contiennent une base alcaline végétale {la nicoline)^ une huile volatile {lanicotiane)y de l'extractif, de la gomme, de la chlorophylle, de l'albumine végétale, du gluten, de l amidon, de l'acide malique, du chlorydrate d'ammoniaque, du chlorure de potasse, du nitrate de potasse, et quelques autres sels. On trouve également ces mêmes principes dans les tabacs préparés et de plus, ainsi que l'avait annoncé Vauquelin, du ca^ bonate d'ammoniaque et du muriate dechaux, provenant, sans doute, de la décomposition mutuelle du sel ammoniac et de la cbaust qu'on y ajoute pour lui donner du montant.

C'est pour cela que l'infusion du tabac en

f)oudre est sensiblement alcaline, tandis q'}0 e suc de la nicotiane est acide; c'est aussi la présence du carbonate d'ammoniaque qu*

TABAC

Page 1